31.05.14

06:38:00, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo001fg

Synopsis :

À la fin des années 60, Linda étouffe au sein de sa famille que sa mère, aussi rigide que ses principes religieux, dirige d’une main de fer. C’est une belle fille de 20 ans, prête à embrasser la vie avec enthousiasme malgré sa timidité et sa naïveté. Quand elle rencontre Chuck Traynor, elle ne résiste pas à son charisme viril, quitte le domicile familial pour l’épouser et fait auprès de lui l’apprentissage d’une liberté qu’elle soupçonnait à peine. Chuck la persuade de ses multiples talents et l’incite à se laisser filmer lors de leurs ébats. Amoureuse et soumise, elle accepte de jouer quelques scènes d’un film pornographique. Quelques mois plus tard, en juin 1972, la sortie sur les écrans de "Gorge profonde" fait d’elle du jour au lendemain une star unique. Vivement encouragée par Chuck, Linda saisit à bras-le-corps sa nouvelle identité de reine de la liberté sexuelle.

Mon avis :

Si je vous dis « Linda Lovelace », j'en vois quelques uns qui esquisseront immédiatement un petit sourire lourdement évocateur... Si je vous parle de "Gorge profonde", évidemment cela évoquera quelque chose à tout le monde! Beaucoup d'entre nous n'avons pas vu le film, pourtant on en a tous entendu parler. Alors que les hommes béniront très certainement madame Lovelace d'avoir fait découvrir au monde entier cette pratique ô combien jouissive, les femmes dans leur grande majorité la maudiront très probablement... Allez savoir pourquoi?

Ce projet de biopic ne date pas d'aujourd'hui, cela faisait même une dizaine d'années qu'il traînait dans les tiroirs des studios hollywoodiens. Ceux qui s'attendent à voir du sexe dans "Lovelace" risquent d'être déçu ou du moins quelque peu désappointé, car le film ne se concentrera évidemment sur les incroyables performances buccales de la jeune femme, même si naturellement il ne pourra pas éviter le sujet. En fait, on va plutôt découvrir comment une jeune femme, Linda Susan Boreman, issue d'une famille très chrétienne, va devenir Linda Lovelace, l'une des plus grandes stars du porno avec seulement un film!

En 1972, alors âgée de 23 ans, Linda, une jeune femme au physique assez quelconque, va en effet avec "Deep Throat" devenir à son insu l'une des icônes de la libération sexuelle aux États-Unis. Pourtant, et c'est ce que va nous faire découvrir le film, le tableau ne sera pas si rose! Déjà, malgré l'immense succès du film qui aurait tout de même rapporté en 30 ans plus de 600 millions de dollars de recettes, Linda n'en retirera rien puisque même son cachet de 1250 dollars partit dans les poches de son mari de l'époque, Chuck Traynor, qu'elle rencontra 4 ans plus tôt.

Quatre années où la jeune femme subira la violence de son mari, ses menaces et durant lesquels il lui arrivera même de la prostituer! Eh oui, c'est assez sordide tout ça! D'ailleurs Linda n'hésitait pas à dire que lorsqu'on regarde "Gorge profonde", on la regarde en train de se faire violer! On se demande d'ailleurs comment le bonhomme réussira ensuite à se marier avec la sublime Marilyn Chambers, l'autre star de l'époque, connue pour son rôle dans "Derrière la porte verte".

Les réalisateurs Rob Epstein et Jeffrey Friedman, à qui on doit notamment le biopic "Howl" sur la vie d'Allen Ginsberg, le fondateur de la « Beat Generation », ont choisi de nous montrer au départ, la vie de Linda de façon pas idyllique, mais presque... Puis dans un second temps de nous faire voir l'envers du décors. Du coup, le choc est d'autant plus violent et on culpabilise presque d'avoir été fasciné par cette actrice légendaire et d'avoir pu fantasmer sur elle.

L'actrice Amanda Seyfried ("Lolita malgré moi", "Mamma Mia!", "Jennifer's Body", "Le chaperon rouge"), ici quelque peu enlaidie, est presque un peu trop jolie encore, mais est tout de même très crédible dans ce rôle qu'elle incarne avec une réelle conviction. Dans le rôle de Chuck Traynor, Peter Sarsgaard ("Dans la brume électrique", "Esther", "Night and Day", "Green Lantern") arrive à rendre presque attachant ce personnage assez ignoble et manipulateur. Bel exploit!

Sharon Stone ("Total Recall", "Basic Instinct", "Mort ou vif", "Largo Winch II") est tout à fait méconnaissable dans le rôle de la mère de Linda, une femme très puritaine (Tout le contraire de l'image que l'on peut avoir de l'actrice depuis son jeu de jambes dans "Basic Instinct"!).

Dans le rôle de son mari, Robert Patrick ("Terminator 2 - Le jugement dernier", "Copland", "Walk the Line") est un père émouvant tout à fait convaincant. On notera enfin la présence de Chris Noth ("New York - Police judiciaire", "Sex and the City", "The Good Wife"), James Franco ("Spider-Man 3", "Harvey Milk", "127 heures", "Le monde fantastique d'Oz") ou encore Juno Temple ("Killer Joe", "Maléfique").

Un beau casting qui y est pour beaucoup d'ailleurs dans la réussite du film. "Lovelace" se conclut par contre presque trop vite ; on en attendait un peu plus! On aurait aimer que le film aborde un peu plus sa vie d'après cette période où elle était devenue une star. Le film nous offre par contre une belle reconstitution des années 70 avec un réel soin apporté aux décors et costumes nous replongeant avec bonheur dans cette période ô combien fascinante.

"Lovelace" n'est pas le premier film à nous montrer l'envers du décor de l'industrie de la pornographie, on avait notamment eu le droit au sympathique téléfilm "Classé X" d'Emilio Estevez sur la vie des deux réalisateurs de "Derrière la porte verte" ou encore à "Wonderland" avec Val Kilmer, qui nous montrait une facette de la vie de John Holmes bien différente de celle que nous offrait le "Boogie Nights" de Paul Thomas Anderson... Alors oui, on peut regretter que la pornographie n'ait plus le même charme aujourd'hui que dans les films des années 70, mais la réalité n'était pas forcément plus enviable, même s'il ne faut pas non plus trop noircir le tableau! Pas un chef d’œuvre, c'est sûr, mais un film largement recommandable tout de même!

"Lovelace" est sorti le 14 mai 2014 chez France Télévisions Distribution en DVD et Blu-ray. Sur l'édition DVD, le film est présenté au format 1.85 16/9ème avec pistes française et anglaise Dolby Digital 5.1, alors que le Blu-ray propose le film quant à lui au format 1.85 avec une résolution de 1080p et pistes française et anglaise DTS-HD Master Audio 5.1.

On regrettera par contre l'absence de bonus alors que l'édition américaine offrait notamment un "Behind Lovelace"... Des scènes coupées auraient pu également être intéressantes surtout quand on sait que les scènes avec Sarah Jessica Parker ("Sex & The City") ont été coupées au montage! Si vous souhaitez en savoir plus, vous pouvez en revanche vous rabattre sur le DVD du documentaire "Inside Deep Throat" sorti chez Seven7 / Metropolitan Filmexport.

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