29.01.14

06:00:00, Catégories: Test / Critique  

Par Flo001fg

Synopsis :

Pierreffite-sur-Seine, 1980.

Brahim, 10 ans, habite avec sa famille dans l'usine de construction de grues dont son père, d'origine marocaine, est le gardien. les films à la télé, la cour de l'usine, celle de l'école, les potes, constituent son univers. Un royaume apparemment aussi immuable que la vieille grue qui nourrit son imaginaire jusque dans ses rêves, la nuit. C'est une période pleine de nouveautés pour le jeune Brahim. Il se lie d'amitié avec Salvador, qui lui raconte son Chili, Pinochet, son père disparu. Il découvre aussi la photographie, sa nouvelle passion, grâce à un vieil Instamatic Kodak.

Mais à l'usine, on annonce un délocalisation du site dans le sud de la France. L'usine ferme, la famille doit emménager ailleurs...

Mon avis :

Après avoir réalisé plusieurs courts métrages documentaires et de fiction, le réalisateur franco-marocain Brahim Fritah, se lance dans la réalisation d'un long métrage autobiographique à petit budget, faute de financement suffisant lui permettant de mettre en chantier un autre projet plus ambitieux...

Dans "Chroniques d'une cour de récré", Brahim Fritah met en scène ses souvenirs de jeunesse passée dans une usine de Pierrefitte-sur-Seine, une usine dont son père immigré était le gardien. La cour de récré ne sera pas celle de l'école que le jeune garçon fréquentait, mais bien la cour de l'usine où il vivait.

Le cinéaste nous livre un film touchant, frais comme on n'a pas souvent l'occasion de voir, aidé par une mise en scène inspirée et originale. On retrouve évidemment le style du réalisateur avec notamment l'utilisation à plusieurs moments de photos comme il l'avait déjà fait dans son court hyper touchant "La femme seule", où il donnait la parole à Akosse Legba, une africaine devenue une esclave moderne en France ; chez nous et de nos jours...

Mais revenons à "Chroniques d'une cour de récré", Brahim est magnifiquement interprété par le très attachant Yanis Bahloul, qui joue avec beaucoup de naturel. Espérons que ce jeune garçon aura l'occasion de continuer à faire du cinéma, car il a vraiment beaucoup de talent!

Il est ici accompagné du non moins talentueux Rocco Campochiaro dans le rôle de Salvador, un garçon d'origine chilienne avec qui il va se lier d’amitié. Pourtant au départ, les relations étaient assez tendues entre les deux retardataires de l'école, mais les punitions ensemble finiront par les rapprocher...

Dans le rôle du père, on retrouve Mostefa Djadjam ("Nuit de chien", "Munich", "L'équilibre de la terreur"), qui avait déjà joué pour le cinéaste dans "Le train" ; il y interprète avec beaucoup de justesse un homme humble et respecté de tout le monde.

Dans le rôle de Moustache, son ami ouvrier, Vincent Rottiers ("Narco", "L'ennemi intime", "À l'origine", "Renoir") est également parfait, de même que Philippe Rebbot ("Monsieur l'abbé", "Tous les soleils", "Mariage à Mendoza") dans celui du directeur d'école.

Le réalisateur nous dépeint avec ses chroniques une banlieue bien loin de ce que l'on peut connaître actuellement, où il faisait bon vivre et où les gens étaient solidaires. Une autre époque! D'ailleurs, celle qui est décrite ici, c'est plutôt celle de la fin des années 70 et non des années 80.

L’histoire se passe en 1980, comme si le cinéaste avait voulu montrer la fin d'une période et le début d'une autre à l'image du film où la famille du jeune Brahim va être contrainte de déménager suite à la délocalisation de l'usine. Il décrit en tous cas magnifiquement cette période et évidemment les quarantenaires ne pourront qu'être touchés par ce témoignage.

Brahim Fritah ne se contente pas par contre de nous livrer une simple autobiographie, il nous livre également sa vision d'enfant avec notamment quelques passages oniriques où il nous fait part de ses angoisses d'enfants, ce qui donnera lieu à de très belles scènes.

Quel beau voyage dans le temps ! Les décors, les costumes, les coupes de cheveux, tout nous ramène plus 30 ans en arrière ; les punitions totalement impossibles de nos jours, la découverte des premiers films en 3D à la télé... Ah, que de souvenirs ! Et évidemment nos premiers émois amoureux...

Pour un premier long, franchement c'est une réussite! Quelle très jolie surprise! Merci monsieur Fritah !

"Chroniques d'une cour de récré" est sorti le 5 novembre 2013 chez Jour2fête dans une très belle DVD collector double DVD digipack. Le film est présenté au format 1.85, 16/9ème avec pistes françaises Dolby Digital 2.0 et 5.1. Les bonus se composent d'une interview du réalisateur Brahim Fritah de 12 minutes et de la bande annonce sur le premier DVD et de 4 court-métrages de Brahim Fritah : "La femme seule" (2004, 23’) ; "Le train" (2005, 17’) ; "Le tableau" (2008, 45’) ; "Une si belle inquiétude" (2011, 12’) sur le second DVD.

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