20.08.13

05:46:41, Catégories: Interview  

Par Flo001fg

Je vous avais parlé le mois dernier de "Woman with No Name", un court métrage western très prometteur de Fabio Soares. Ce dernier a eu la gentillesse de répondre à mes questions.

Bonjour Fabio. On te découvre grâce à "Woman with No Name", un court métrage western original et assez ambitieux. Peux-tu nous dire comment es né ce projet?

Bonjour Florent. C'est une très longue histoire, j'en ai même oublié le commencement ! L'idée d'un projet est née d'une discussion surréaliste avec Diana S - chanteuse du groupe allemand Junksista -, un synopsis improvisé à une heure tardive par conversation en ligne. L'envie de créer un univers était là. Ensuite j'ai proposé à 2 amis cinéphiles de me suivre : Renaud Lissowski et Brice Durot. Par expérience, ce genre d'aventure nécessite un échange humain bien plus important que la taille du CV. Aujourd'hui je ne regrette pas ces choix car les envies de chacun nous ont mené vers une idée aussi déjantée qu'atypique : tourner un western à Paris ! Le tout sans aucun budget.

Quels souvenirs gardes-tu du tournage?

C'est l'usage de dire du bien d'un tournage, mais les personnes présentent pourront te le confirmer : nous avons tous vécus quatre jours d'une intensité physique et émotionnelle incroyable. Cela est d'autant plus touchant que ce retour provient d'acteurs extrêmement confirmés.

Nous avions quatre jours pour tourner dans autant de décors différents, dont 3 en extérieur jour : une attaque de train à vapeur, une traversée du désert, une scène de saloon et la fin du film dans un entrepôt désaffecté. Tout cela sans aucune sécurité au planning ou sur la météo. Chaque jour était un défi, d'autant plus que je tourne sans story-board. Une volonté imposée par le désir de saisir l'histoire et les comédiens sur l'instant : un détail, une réplique, un échange de regard improvisé... Le tournage est intense car chaque scène est tournée dans la continuité. On installe une ambiance dans laquelle tous les personnages prennent vie, quitte à finalement ne retenir que quelques secondes. La débauche d'énergie est importante mais le résultat en vaut le coup.

Comment as-tu réussi à réunir un tel casting?

Au flair et au culot. Chacun des comédiens à sa propre histoire.

Avec Renaud et Brice, nous avions dressé une liste idéale : le genre de choses que tu fais pour rêver en attendant que la réalité te rattrape. Deux de mes idoles figuraient sur cette liste invraisemblable... Nous avons eu tout le monde ! Aujourd'hui encore, cela nous dépasse.

Tout a démarré de Laura Satana dont je suis un très grand fan. Elle n'est pas comédienne, mais la personnalité et le charisme qu'elle dégage étaient une évidence : Laura EST la femme sans nom. Elle a accepté tout de suite, avec une simplicité déconcertante.

Bernie Bonvoisin ("Les Démons de Jésus", "Les Grandes Bouches", "Blanche") a également accepté rapidement. J'étais gêné de tourner avec un réalisateur d'aussi grand talent, mais il a su mettre tout le monde à l'aise par son professionnalisme et son calme.

Arben Bajraktaraj ("Taken", "Harry Potter et les reliques de la mort – Part 1", "Des Dieux et des Hommes" ) a lui aussi été emballé par le projet. Là encore la pression était grande : passer de "Harry Potter" à "Woman With No Name" était une grande inconnue à gérer. À l'arrivée tout s'est vraiment bien passé.

Brigitte Lo Cicéro ("L'Exercice de l’État") est arrivée plus tardivement car son rôle n'a pas été simple à finaliser : nous avions longtemps hésité entre un personnage masculin ou féminin. Après de nombreuses recherches, personne ne nous convenait. Puis j'ai rencontré Brigitte par un ami commun, et là on peut parler de chance : une brillante comédienne ! Elle est toujours juste dans un rôle que je trouve être le plus difficile à interpréter.

Enfin, un mot sur Yannick Minvielle et Cyril Perronace, les deux hommes de main d'Arben Bajraktaraj. J'avais reçu des CV de comédiens TV confirmés pour ces deux rôles. Cyril et Yannick ne sont pas comédiens, mais deux très bons amis et anciens collègues. Je n'avais aucun doute sur le choix avant le tournage et nous n'avons pas été déçus. Yannick et Cyril ne jouent pas des cowboys... ce sont des cowboys !

Es-tu amateur de westerns spaghetti?

Oui, même si je n'ai pas connu l'époque où cela passait régulièrement sur les chaînes télé. Plus globalement je suis un grand fan du cinéma américain et asiatique des années 60 et 70 : de Russ Meyer, en passant par le Chanbara (film de sabre japonais) jusqu'à la Blaxploitation.

Pour quelles raisons as-tu inclus des éléments contemporains dans ton film?

Par envie de créer quelque chose d'inattendue, et ajouter une dose d'humour. À quoi ressemblerait notre quotidien à la sauce western ? Je souhaite pousser un peu plus encore ce parti-pris sur le final cut. A mon sens il était important de revisiter le genre et ne pas juste faire un film hommage.

Il est prévu que "Woman with No Name" sorte en DVD. Peux-tu nous parler de cette édition?

Grâce à Ulule nous avons levé les financements nécessaires pour réaliser celui-ci. Cependant, nous ambitionnons un bel objet et n'aurons qu'un seul essai pour des raisons de fabrication.

Les ingé son retravaillent l'ambiance sonore, ça va prendre un certain temps étant donné qu'ils réalisent cela sur leur temps libre. De plus nous sommes en pleine réflexion sur la Bande Originale, qui sera incluse avec le DVD. Là encore nous préférons tout concrétiser plutôt que de réaliser le DVD à la va-vite. Ça prend plus de temps que prévu et sommes nous-même impatients, mais certaines étapes ne peuvent être sautées au risque de le regretter !

Comment est née ta collaboration avec le groupe allemand Junksista?

Pour résumer, j'ai rencontré Diana S - la chanteuse - il y a 8 ans de cela. Nous avons énormément d'envies communes et depuis nous collaborons régulièrement sur pas mal de projets. Pour "Woman With No Name", Junksista a réalisé une bande originale sur-mesure : 3 titres originaux, dont un avec un pianiste de jazz pour la scène de poker. À cela s'ajoute un quatrième titre dédié à la bande-annonce. L'exercice de style était ardu, les westerns spaghetti sont notamment devenus incontournables grâce à leurs célèbres thèmes musicaux, nous avons tous en tête les compositions d'Ennio Morricone, mais le résultat est vraiment parfait, à la fois respectueux du genre et moderne. C'est une chance de pouvoir disposer d'une telle richesse musicale dans notre film. Nous travaillons actuellement avec le label Alfa Matrix afin d'éditer la Bande Originale.

Sinon, pour revenir à la question, j'ai déjà réalisé trois de leurs précédents clips (Fruits, Naked Wet Hot et Department Store) dont je suis très fier. Je tourne prochainement en Allemagne leur prochain clip pour le lancement de leur nouvel album et suis impatient d'y être !


Quel est ton parcours? As-tu notamment fait des études dans le domaine du cinéma?

J'ai fait des études d'arts et à la base, je suis plasticien. Mon parcours s'est très vite orienté comme Directeur Artistique dans la publicité et la communication. Mon profil atypique m'a permis de sortir des sentiers battus et je prends beaucoup de plaisir au quotidien. Cela m'a également permis de gagner des prix, dont un à l'international.

"Woman With No Name" est mon premier film, mais le cinéma n'est pas une fin en soi. Ce qui m'intéresse le plus est de pouvoir laisser libre cours à mon imagination, que ce soit en images ou en vidéo.

Quels sont tes futurs projets?

Sur "Woman With No Name" nous allons améliorer l'ambiance sonore ainsi que quelques points de montage avant de partir en festival. Nous allons également éditer la BO par le label Alfa Matrix et sortir un Artbook du projet : 42 pages reprenant toutes les étapes créatives ! Encore beaucoup de travail en perspective.

Sinon j'écris actuellement mon second court-métrage. C'est encore un peu tôt pour en parler mais c'est un projet que je coréalise avec Noémie Alazard ("Echap"), une artiste aussi talentueuse que déjantée, et qui me tient particulièrement à cœur.

Enfin, comme évoqué précédemment, je réalise prochainement un clip pour Junksista, toujours co-écrit et coréalisé avec Noémie. Après autant de projets avec le groupe, c'était important d'apporter une mise en danger et un regard neuf pour aller plus loin, tout cela est très excitant !

Merci Fabio!

Si "Woman with No Name" vous attire, je vous invite à suivre Fabio Soares sur son site et sur sa page facebook, ainsi que sur la page facebook de "Woman with No Name" afin de rien manquer de son actualité!

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