17.05.13

05:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : The sessions

Réalisateur : Ben Lewin

Année : 2013

Origine : Etats-Unis

Durée : 1h35

Avec : John Hawkes (Mark O'Brien), Helen Hunt (Cheryl Cohen Green), William H. Macy (Père Brendan), Moon Bloodgood (Vera), etc.

Par Nicofeel

Réalisé par Ben Lewin, The sessions est un film qui traite d'un sujet “casse-gueule” par excellence : le désir de sexualité quand on est handicapé. En effet, il raconte l'histoire de Mark O' Brien – qui a réellement existé – un homme fortement handicapé qui doit vivre la plupart du temps dans une machine pour pouvoir respirer convenablement. Mark souffre de polio (maladie de la poliomyélite) ce qui explique son très grand handicap.
Pour autant, Mark n'a pas son cerveau qui est endommagé puisqu'il a suivi des études importantes et qu'il écrit des ouvrages de poésie.
Oui mais voilà Mark se sent désespérément seul dans sa vie privée. On peut même affirmer qu'il a une certaine frustration : il voudrait connaître l'amour physique. Or, il n'a jamais eu le plaisir d'être avec une personne du sexe féminin, si ce n'est les femmes qui se relaient pour faire sa toilette et l'aider à se déplacer à l'extérieur.
Après bien des hésitations, Mark prend la décision de solliciter une assistante sexuelle. C'est ainsi qu'il va rencontrer Cheryl Cohen Green, une femme d'âge mûr, mariée, qui est une assistante sexuelle que l'on peut situer comme étant un métier à mi-chemin entre le psychologue et la personne humaniste prête à aider des handicapés. On ne connaît pas en France ce métier d'assistant sexuel mais il existe dans d'autres pays (la Belgique par exemple pour ne parler que de nos voisins proches).

Le métier d'assistant sexuel n'a rien de révoltant sur le plan moral. Il s'agit bien de faire des leçons (d'où le titre The sessions) pour permettre à des handicapés, qui n'ont pas connu l'amour ou qui ne connaissent plus l'amour, de s'émanciper sur le plan sexuel.
Ce long métrage est filmé avec beaucoup de pudeur. Au départ, on peut penser que tout cela risque d'être larmoyant (le handicap) ou quasi malsain. Mais heureusement, le cinéaste, qui a lui-même souffert de polio, a évité ces écueils. Les relations d'amour sont pour Mark une découverte progressive de son corps avant qu'il n'ait le plaisir de faire l'amour pour la première fois de sa vie. Si cela pourrait appraître de prime abord comme voyeuriste, il y a en fait beaucoup d'humour et de gentillesse qui ressort de cette relation.
En somme, on a droit à un film particulièrement humaniste, où l'amour du prochain est le leitmotiv. D'ailleurs, en parlant d'amour du prochain, le film met en scène, outre les deux principaux protagonistes, un troisième larron, qui n'est autre qu'un prêtre. Mark entretient un rapport étroit avec un prêtre qui lui donne quasiment sa bénédiction pour connaître l'amour physique en passant par une assistante sexuelle. Comme quoi, même un homme d'église peut apporter une réponse pragmatique à un problème concret. La relation entre Mark et le prêtre est d'une grande franchise, souvent très drôle par le décalage qu'il y a entre la réaction que l'on attend en principe d'un prêtre.
En fait, le film se révèle extrêmement humaniste, et sur ce point sa réussite est totale. Autant au départ le spectateur peut penser qu'il va visionner un film triste, autant à la fin c'est au contraire le sentiment de gaieté, de bonheur de vivre qui prévaut.
L'histoire de Mark O' Brien, sa volonté de vivre malgré son lourd handicap, doit servir de modèle à tout un chacun.
Si le film est mis en scène un peu platement, il peut se targuer d'un casting de qualité. John Hawkes interprète avec beaucoup de justesse le rôle difficile de Mark. Quant à Helen Hunt, elle apporte avec beaucoup de sensibilité et de tact le rôle de cette assistante sexuelle. On a droit également à des seconds rôles savoureux, avec notamment le père Brendan joué par un William H. Macy qui fait preuve toutà la fois d'humour et d'humanité et le rôle de l'assistante de Mark tenu par une Moon Bloodgood qui fait preuve en toutes circonstances d'a propos. Le film, qui repose principalement sur ses dialogues et sa distribution, est donc réussi.

Voilà donc un film sensible, intelligent qui mérite largement d'être vu. Il ne faut pas s'arrêter à sa thématique principale qui pourrait rebuter certains spectateurs. C'est avant tout un film humaniste qui traite avec courage et clairvoyance du handicap. Si sa mise en scène avait été un peu moins “télévisuelle”, on aurait pu tenir là un film de très grande qualité. Il n'en reste pas moins que le cinéaste Ben Lewin est un homme à suivre de près pour son prochain film.

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