15.11.12

07:09:03, Catégories: Top 10  

Suite et fin de mon top 20 des meilleurs films d'horreur ! Enjoy !

The thing de John Carpenter (1982) :

L'histoire : Des scientifiques américains postés dans une station en Antarctique doivent faire face à un monstre inconnu

Mon avis : Remake de La chose d'un autre monde de Christian Nyby (1951), The thing de John Carpenter est bien plus que cela. C'est peut-être le plus grand film de ce réalisateur américain qui a toujours œuvré dans le domaine fantastique.

Il faut dire que les qualités de ce film sont multiples et on frôle la perfection. Il y a d'abord la thématique du film. Dans the thing, il est question d'un monstre à combattre. Sauf que le monstre n'est pas un monstre habituel. C'est un organisme qui imite parfaitement toute forme de vie et prend son apparence. Il est donc très difficile d'affronter cette fameuse chose qui se trouve au départ dans un chien puis passe par le corps d'êtres humains. L'excellente séquence du sang pour reconnaître qui est contaminé (la chose ne pourrait-elle pas être vue comme une métaphore du sida ?) par la chose prouve bien qu'il est impossible à l'oeil nu de pouvoir se douter d'un quelconque changement chez un être humain.

Ensuite, The thing reste remarquable par ses effets spéciaux. Le film a beau dater de 1982, le travail de Rob Bottin est toujours aussi impressionnant. Que ce soit lors de la transformation du chien en un horrible monstre dans la cage aux chiens ; que ce soit les transformations d'hommes en créatures abominables ou l'homme qui se fait sectionner ses deux bras par la chose, il faut reconnaître que les effets spéciaux continuent d'être prenants.

Côté ambiance, le film est sans nul doute un modèle du genre. Du début à la fin, il y a dans The thing une tension permanente. Les différents personnages du film vivant dans un endroit isolé, en plein coeur de l'Antarctique, on comprend clairement qu'ils n'ont aucune échappatoire possible. Ils ne peuvent s'en remettre qu'à leurs choix. Le film est oppressant et la fin est d'une noirceur absolue.

L'atmosphère tendue du film est d'ailleurs accrue par l'excellente bande son d'Ennio Morricone qui pour le coup donne l'impression d'avoir fait du John Carpenter au niveau de sa musique.

On remarquera également dans ce film sa distribution, avec en tête d'affiche un Kurt Russell (MacReady) qui est charismatique et apporte sans conteste un plus au film.

Au final, The thing est un film d'horreur qui continue de marquer durablement des générations de spectateurs. La préquelle à The thing, sortie en 2011, est regardable mais complètement inutile.

Freddy : les griffes de la nuit de Wes Craven (1984) :

L'histoire : Une jeune fille, Nancy Thompson, fait des cauchemars sur un homme qui porte un pull-over rouge et a des lames de couteaux au bout des doigts. Elle se rend compte qu'elle n'est pas la seule à faire ce cauchemar. Une des amies de Nancy est tuée par ce mystérieux personnage alors qu'elle était en train de dormir.

Mon avis : Avec Freddy : les griffes de la nuit, Wes Craven révolutionne le cinéma d'horreur. Il y a d'abord ce tueur mythique qui est brillamment interprété par Robert Englund. Freddy est un homme au visage brûlé, qui porte constamment sur lui un pull-over rouge et a des lames acérées au bout des doigts qui crissent. A la différence d'un Michael Myers, Freddy joue avec ses victimes avant de les torturer. Il faut preuve d'un cynisme certain et constitue un parfait croque-mitaine. A l'image d'un Michael Myers, c'est un être qui semble indestructible.

Ensuite, Les griffes de la nuit est un film original par son sujet même. L'idée d'un tueur qui va commettre ses crimes lorsque les gens se mettent à dormir et donc à rêver est particulièrement bien vue. Cela permet des scènes où se mélangent rêve et réalité, même si au final les meurtres commis dans les rêves se matérialisent bien dans la réalité.

D'ailleurs, le spectateur a l'occasion d'assister à plusieurs scènes bien marquantes. En plus de meurtres variés qui sont généralement assez gore, Wes Craven propose quelques scènes d'effroi remarquables, à l'image de la célèbre scène du bain où l'héroïne, Nancy, commence à s'endormir et des lames arrivent au niveau de ses cuisses.

Une autre qualité du film tient de la relation qui s'établit entre Freddy et la jeune Nancy (bien interprétée par Heather Langenkamp). Cette dernière fait tout pour se débarrasser de Freddy. Elle a ainsi compris qu'elle doit le ramener dans la réalité pour le faire disparaître. Mais c'est loin d'être évident et ce jeu du chat et de la souris va émailler avec succès la fin du film. Le final va au demeurant se révéler au demeurant bien mesquin.

Freddy : les griffes de la nuit constitue un slasher atypique puisqu'il repose sur un postulat fantastique des plus intéressants. La musique du film, signée Charles Bernstein, accroît le côté inquiétant de ce film qui mérite plus que jamais d'être vu ou revu.

From beyond de Stuart Gordon (1986) :

L'histoire : Deux scientifiques, le docteur Edward Pretorius (Ted Sorel) et son assistant Crawford Tillinghast (Jeffrey Combs) réussissent à mettre au point une machine, le raisonnateur, qui permet d'accéder à un sixième sens. Sauf qu'en l'utilisant, cette machine réveille des monstres. L'expérience tourne court avec le décès de Pretorius et l'internement de Crawford dans un hôpital psychiatrique.

Mon avis : Avec From beyond, le sympathique Stuart Gordon (Re-animator) adapte une nouvelle de Lovecraft. Si au début du film l'ambiance paraît assez lourde, rapidement tout cela est annihilé par un traitement décomplexé. Stuart Gordon réalise un pur film d'horreur avec d'abord de vilains monstres. On a l'occasion de revoir le docteur Pretorius qui a muté et est devenu particulièrement horrible. Son retour donne lieu au demeurant à une scène mémorable. Ensuite, From beyond n'hésite pas à procéder à quelques débordements gore, à l'image de ces moments où Crawford se comporte comme un cannibale, étant sous l'effet du sixième sens et du tube qui a poussé sur son visage qui a tout de l'attribut phallique.

D'ailleurs, si l'érotisme du film reste léger, il n'empêche qui est clairement sous-jacent. Pretorius est un être libidineux adepte de bondage. Quant à la psychologue interprétée par la belle Barbara Crampton, elle devient une véritable nymphomane lors d'une scène où elle porte des habits sado-maso.

From beyond est un film qui joue habilement sur l'horreur pure avec quelques scènes bien gore, sur la monstruosité de certains êtres (les personnages transformés prouvent l'influence du réalisateur de Society, Brian Yuzna, sur ce film dont il est le producteur) et sur la survenance du surnaturel. C'est un film d'horreur bien prenant, qui bénéficie en outre de la musique de Richard Band qui renforce l'aspect inquiétant de l'ensemble.

Le jour des morts-vivants de George A. Romero (1986) :

L'histoire : La Terre est désormais contrôlée par les morts vivants. Seule une poignée d'hommes tentent de survivre.

Mon avis : En 1986, George A. Romero met en scène avec Le jour des morts vivants le troisième volet de sa trilogie des morts vivants (qui s'est depuis agrandie). C'est une ambiance fin de monde qui prévaut dans la mesure où la Terre appartient désormais aux zombies. On suit la vie quelques humains, à savoir des militaires, des scientifiques et des civils qui se sont cloîtres dans une sorte d'entrepôt, sous la Terre (tout un symbole).

Comme à son habitude, Romero ne se contente pas de livrer un simple film de zombies. Il a un discours social à faire passer. Les hommes doivent non seulement combattre les zombies mais aussi réussir à s'entendre, ce qui est loin d'être évident. Les militaires estiment que le pouvoir leur revient et ils n'ont aucune finesse d'esprit. Leur chef, le capitaine Rhodes, est interprété par Joseph Pilatto qui en fait des tonnes, mais cela a le mérite d'illustrer le manque d'intelligence de ces militaires. Du côté des scientifiques, le professeur Logan est quasiment un docteur fou – ce qui lui vaut le surnom de docteur Frankenstein – qui tente de domestiquer les zombies . Si les méthodes qu'il emploie ne sont pas au dessus de tout soupçon, il n'a pas tort sur le fond quand il déclare : « le comportement social c'est ce qui nous différencie des êtres inférieurs. »

Le personnage le plus clairvoyant est finalement la seule femme, Sarah, interprétée par une impeccable Lori Cardille. Tout à la fois déterminée et fragile, elle a bien compris qu'on ne peut pas s'en sortir seul : « nous sommes dans une situation désespérée. On doit compter sur les autres. »

En plus d'un propos riche sur le fond, Romero propose au spectateur un film d'horreur dynamique, sans temps mort. Si les séquences d'action ne sont pas très nombreuses, elles sont pour autant bien gore, à l'image de ces séquences où des hommes voient leur peau arrachée ou leurs membres écartelées. Le travail de Tom Savini concernant les effets spéciaux de maquillage est d'un incroyable réalisme.

Voilà donc un film majeur du cinéma d'horreur à revoir sans plus tarder.

La mouche de David Cronenberg (1987):

L'histoire : Un brillant scientifique, Seth Brundle, tente de mettre au point un système révolutionnaire de téléportation. Lors d'un essai qu'il effectue lui-même, une mouche se glisse à l'intérieur du téléporteur.

Mon avis : La mouche de Cronenberg est un film très intéressant et ce à plus d'un titre.

Le savant, Seth Brundle, incarné par un très bon Jeff Goldblum, qui a fusionné avec une mouche, ne se transforme pas en une mouche géante mais plutôt en une créature qui n'a jusqu'alors jamais existé. L'aspect de Seth Brundle change progressivement sans que celui-ci puisse faire quelque chose. Il souffre d'un mal incurable. La connotation dramatique est dès lors perceptible. De ce point de vue, il n'est pas absurde de penser que la maladie dont souffre Seth Brundle constitue une métaphore du virus du sida.

Mais le problème n'est pas uniquement physique pour le savant. S'il est incontestable que l'allure de Seth Brundle dégoutte de plus en plus le spectateur (certaines scènes sont assez impressionnantes, comme celle où Jeff Goldblum perd ses dents, ses ongles et ses oreilles), il y a plus grave.

En effet, Seth a de plus en plus de mal à se faire comprendre de sa bien-aimée, la belle journaliste Veronica, dont il était tombé amoureux peu de temps avant sa téléportation. La partie « insecte » qui est en Seth prend progressivement le dessus sur la partie humaine. Seth s'en rend compte. Il voit bien qu'il a de plus en plus de mal à contrôler ses émotions.

Ce long métrage n'est pas seulement un film d'horreur, c'est également un thriller. On peut même y déceler une thématique romantique par la relation qui s'établit entre Seth et Veronica.

Ce film, qui a été l'un des plus gros succès en salles de Cronenberg , notamment grâce à des effets spéciaux qui n'ont pas pris une ride, donne l'occasion au spectateur de s'interroger sur plusieurs questions bien contemporaines : les rapports entre l'homme et la science, les rapports entre l'homme et la maladie, les problèmes qu'ont les gens à communiquer.

En somme, La mouche est un film d'une grande richesse et d'une grande variété sur le plan des idées.

Hellraiser de Clive Barker (1987) :

L'histoire : Un homme, Franck, devient le propriétaire d'une boîte maléfique qui l'envoie dans un monde de douleur et de plaisir.

Mon avis
: Avec Hellraiser, le romancier britannique Clive Barker adapte un de ses courts romans, Hellbound heart. Le cinéaste représente dans ce film des thèmes qui lui sont chers : monde parallèle, passion, érotisme, érotisme, horreur. Hellraiser est à la base une histoire de passion : Franck paye ainsi pour ses plaisirs masochistes ; Julia vit quant à elle une passion pour Franck comme le prouve les nombreux flashbacks où l'on assiste à ses ébats amoureux. C'est précisément la passion de Julia pour Franck qui va l'amener à commettre des actes répréhensibles. Pour redonner forme humaine à Franck qui réussit à s'échapper de son monde parallèle de douleur, elle n'hésite pas à tuer des gens et à les donner en pâture à Franck qui se régénère en leur prenant leur sang.

Les effets spéciaux du film sont bien prenants, en dépit de l'âge du film. La renaissance de Franck donne lieu à une scène bien dégoûtante au cours de laquelle un squelette visqueux s'anime progressivement. Quant aux cénobites, ces êtres horribles qui s'apparentent à des démons et qui résident dans le monde parallèle, ils sont créés à partir de latex et font plus vrais que nature.

Sans compter les meurtres commis, quelques scènes gore sont remarquables, à l'instar de l'écartèlement dont est victime Franck.

Le film est aussi réussi par l'atmosphère lugubre et pesante qui se dégage du film. Hellraiser se déroule ainsi quasiment en huis-clos, les rares scènes d'extérieur ayant lieu la nuit.

Ce long métrage a aussi la bonne idée de relancer l'action avec une jeune héroïne, Kirsty, qui doit affronter tout à la fois son oncle Franck et sa belle-mère Julia mais aussi les cénobites lorsqu'elle ouvre par erreur la boîte maléfique.

Au final, Hellraiser est un film d'horreur à l'ambiance poisseuse qui crée un bestiaire fantastique passé depuis à la postérité (on pense notamment au personnage de Pinhead).

Prince des ténèbres de John Carpenter (1987) :

L'histoire : Un prêtre et des universitaires se rendent dans une église abandonnée aux fins de percer le secret d'un mystérieux cylindre de verre dans lequel on trouve un liquide vert.

Mon avis : Après l'échec cuisant du film Les aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin, John Carpenter décide de revenir aux sources du cinéma qui ont fait sa renommée : le cinéma d'horreur. Malgré un budget relativement étriqué, le réalisateur américain va livrer avec Prince des ténèbres l'un de ses films majeurs.

La première grande qualité du film est d'aller directement l'essentiel. John Carpenter ne s'embarrasse pas à élaborer une psychologie très détaillée pour chacun de ses personnages. On rentre vite dans l'action du film. Ainsi, à la demande du prêtre Loomis (clin d'oeil évident au film Halloween, d'autant que le rôle échoit à Donald Pleasance), le professeur Howard Birack (Victor Wong) et plusieurs étudiants se rendent dans une ancienne église afin d'étudier un phénomène curieux : la présence d'un étrange cylindre de verre.

L'autre grande qualité du film est sans conteste son ambiance unique. Pas la peine de chercher de l'humour dans ce film, c'est tout l'inverse. Ici, le traitement est particulièrement sérieux et cela donne lieu à un film angoissant, voire même oppressant. Car jusque dans les dernières minutes du film (qui apparaît moins désespérée que celle de The thing), on voit qu'il n'y a pas échappatoire : la menace provient aussi bien de l'intérieur avec ce liquide vert prêt à se libérer que de l'extérieur avec ces sans-abris qui semblent à la solde du seigneur des ténèbres. Sans compter ces étranges rêves qui donnent l'impression que les gens sont sous contrôle du Mal.

D'ailleurs, le film tend à démontrer que même l'alliance entre le religieux et le scientifique ne peut rien contre des forces démoniaques.

Le film est d'autant plus prenant qu'il bénéficie à nouveau d'une excellente bande son signée John Carpenter, avec notamment un score principal qui est tout bonnement admirable et n'est pas sans rappeler par son côté entêtant celui d'Halloween.

Enfin, si quelques scènes sont un peu gore, Carpenter privilégie avant tout l'exposition de scènes marquantes comme le meurtre du premier personnage qui tente de quitter l'église ; le moment où le liquide vert s'échappe ou encore l'arrivée du prince des ténèbres.

Tout cela contribue bien entendu à faire de Prince des ténèbres une œuvre majeure du cinéma d'horreur.

Candyman de Bernard Rose (1992) :

L'histoire : Helen Lyle prépare une thèse universitaire sur les légendes urbaines. Elle s'intéresse ainsi au personnage de Candyman, un tueur au crochet qui apparaît à partir du moment où l'on prononce son nom cinq fois de suite devant une glace. Helen se prête au jeu et c'est alors que des meurtres surviennent dans son entourage.

Mon avis : Candyman est sans conteste l'un des films d'horreur les plus originaux. Le mystérieux Candyman est un tueur en série noir, fils d'un esclave. La première rencontre entre Helen et Candyman apparaît tardivement dans le film. Pourtant, dans ce long métrage qui s'apparente à une enquête policière mâtinée de fantastique, on est sans cesse sur le qui-vive. Les apparitions de Candyman sont terrifiantes. Les mots qu'il prononce font froid dans le dos : « Helen je suis venu te chercher. » ; « As-tu peur de la douleur ou as-tu peur de l'au-delà ? ».

La musique du film signée Philip Glass renforce le côté mélancolique et glaçant du film.

Et puis si Candyman est à ce point réussi c'est bien parce qu'il joue sur plusieurs antinomies : les Blancs qui vivent dans les quartiers riches alors que les Noirs résident dans les quartiers pauvres, à l'image de ceux qui vivent à Calibri Green, quartier où de nombreux meurtres sont perpétrés ; le mélange entre cauchemar et réalité avec le fait de savoir si Helen n'agit pas comme si elle était Candyman. L'interprétation de Virginia Madsen, tout en nuances, dans le rôle d'Helen, apporte un vrai plus au film : on voit bien que l'esprit d'Helen est de plus en plus dérangé mais on n'a pas la certitude qu'elle est l'auteur de ces meurtres abominables, comme le prouve cette scène où elle sauve un enfant d'une mort certaine.

Clive Barker peut être fier de Bernard Rose qui adapte brillamment une de ses nouvelles.

The descent de Neil Marshall (2005):

L'histoire : Dans le massif des Appalaches, six jeunes femmes décident de faire une expédition spéléologique. Un éboulement bloque le chemin du retour alors qu'elles ne sont pas seules dans ces grottes.

Mon avis : Pour les fans du genre, Neil Marshall est le cinéaste du bourrin mais inégal Dog soldiers, un film concernant des militaires qui se font dégommer par des loups-garous.

Pourtant, réalisé par le même cinéaste,The descent constitue le choc de l'année 2005. Le cinéaste britannique transcende le genre (le cinéma d'horreur) pour donner lieu à un survival de grande classe. Dans ce film, Neil Marshall met en scène six femmes – qui au demeurant se comportent comme des hommes – venues se débarrasser de leurs soucis quotidiens le temps d'un week-end en faisant de la spéléologie dans les Appalaches.

Dans un environnement hostile peuplé de monstres humanoïdes, ces femmes reviennent à une nature primitive et leur unique interrogation est de survivre. Le film est tendu comme rarement on l'a vu ces dernières années dans un film d'horreur. Ces jeunes femmes doivent affronter non seulement leurs peurs mais aussi les dissensions et les rancoeurs qu'il peut y avoir au sein du groupe. Toutes les actrices du film sont dans le bon ton et on les sent particulièrement concernées, comme si elles vivaient réellement ce qui leur arrive dans le film. Une mention spéciale est à délivrer à Shauna Macdonald (Sarah dans le film) et à Natalie Jackson Mendoza (Juno).

The descent est prenant de bout en bout dans un endroit obscur qui est à déconseiller aux claustrophobes. La fin du film bénéficie d'un twist des plus intéressants qui ne laisse pas de place au happy end. Voilà un film majeur du cinéma d'horreur actuel et même du cinéma tout court, à ranger aux côtés de films qu'il cite implicitement, Alien et Predator.

Eden lake de James Watkins (2008) :

L'histoire : Un couple parti en balade pour le week-end se retrouve traqué par des adolescents.

Mon avis : Le postulat de base du film est la rencontre houleuse entre un couple d'amoureux et une bande de jeunes assez hostile qui tourne rapidement à la chasse à l'homme. Le réalisateur James Watkins n'y va pas de main morte dans sa description de l'horreur avec notamment l'homme du couple qui est tabassé par les jeunes, lesquels vont l'un après l'autre le blesser à coups de couteau et de cutter.

Ce qui peut-être le plus terrible dans Eden Lake, c'est qu'on a conscience que cette attaque purement gratuite pourrait arriver à n'importe qui. D'ailleurs, James Watkins utilise au mieux les paysages naturels de l'Angleterre, et notamment cette forêt à l'intérieur de laquelle se trouve l'Eden lake, pour maintenir sous pression le spectateur.

James Watkins nous met par ailleurs en situation de voyeur. On a le triste honneur d'assister à l'effrayant parcours de ce jeune couple. Dans ce film sans compromis, de nombreuses personnes décèdent. Dans Eden Lake, la violence et le sentiment de vengeance qu'elle engendre ne semblent pas avoir de limites. On a droit pêle-mêle à : deux immolations à l'essence, un meurtre par un coup de couteau à la carotide, un tabassage mortel, une personne renversée par une voiture. Bref, tout y passe dans Eden lake et il faut reconnaître que les effets sanguinolents sont particulièrement bien rendus à l'écran.

Mais Eden lake n'est pas seulement une succession de meurtres. Ce long métrage comporte aussi une analyse sociologique. Ainsi, comme l'indiquent les informations que l'on entend au début du film et comme le montre clairement la fin bien abrupte du film, les parents de ces enfants peu conscients de la portée de leurs actes, ont bien entendu leur part de responsabilités. En effet, ce sont ces parents qui ont éduqué ces enfants. Mais concrètement que faire quand les parents sont déjà eux-mêmes des personnages alcooliques et violents ?

Ainsi, Eden lake est non seulement un excellent film d'horreur contemporain mais aussi un film qui évoque des problèmes liés à notre société.

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