12.09.12

05:00:00, Catégories: Interview  

Par Flo001fg

Le jeune réalisateur Ludovic Bornes, auteur de "Une Épine D'amour" sorti le 5 juin chez Emylia, a eu la gentillesse de répondre à mes questions.

"Une Épine D'amour" est un film réaliste sur la drogue qu'il est important de soutenir car les bénéfices iront en faveur de l'association Béthel, qui lutte contre la toxicomanie.

Comment est né "Une Épine D'amour"?

"Une Épine D'amour" est né de ma collaboration avec Jean-Claude Schembri, qui m'a offert l'opportunité de réaliser mon premier long-métrage, en me proposant un scénario de film préventif contre la drogue, se basant sur le vécu d'une de ses amies d'enfance "Fabienne".


Comment a débuté votre collaboration avec Jean-Claude Schembri?

Si ma mémoire est bonne, ma première collaboration avec Jean-Claude, s'est faite sur un projet à lui "Izbak sur l'île des Embiez", ou j'avais pour mission de réaliser un reportage photo de l'événement réalisé.

Ludovic Bornes derrière la batterie... et Jean-Claude Schembri du groupe Izbak à la basse!

Comment avez-vous fait votre casting et comment notamment avez-vous réussi à obtenir que Ambroise Michel et Daniel Beretta participent à votre aventure?

Pour être honnête avec vous, la majeure partie du casting s'est faite grâce à nos amis et à des pique-assiettes (oui malheureusement quand on a une petite production et la naïveté du débutant, on ne s'entoure pas forcément des bonnes personnes aux bonnes intentions !).
Sachant que le film était destiné à la base à la prévention pour les écoles, pour représenter la capitale de la culture 2013 de Marseille (ma chère ville !), je me suis dit qu'il serait peut-être bon d'intégrer le comédien Ambroise Michel (plus connu sous le nom Rudy de "Plus belle la vie"), pour que sa présence nous aide dans nos démarches, et tout simplement profiter de sa médiatisation, à l'époque quotidienne, pour faire connaître le projet et notre cause que l'on défendait.
Pour vous dire la vérité sans trop m'étaler, je regrette beaucoup cette collaboration avec M. Michel. Et ça pour plusieurs raisons…

En ce qui concerne Daniel Beretta, c'était plus un plaisir personnel qu'autre chose. Vous ne le savez peut-être pas mais M. Beretta, est un très grand artiste, comédien, doubleur et chanteur. Il est connu pour être la voix française de Lumière dans "La belle et la bête" (de Disney) et d'Arnold Schwarzenegger (que vous retrouverez dans "Expendables 2"). Ce que j'ai beaucoup apprécié chez Daniel, c'est qu'il se met vraiment au service du film sur lequel il travaille, que ce soit un blockbuster ou une petite production (dans notre cas), il ne juge pas. Il fait son travail proprement, rapidement, professionnellement... C'est le Terminator ! Et en plus il est humble, pas comme certains...

Je trouve que Jenny Antoine est vraiment étonnante dans le rôle de Lysa, mais que vous auriez pu développer un peu plus son personnage afin qu’on éprouve un peu plus d’empathie pour elle. Pour quelles raisons n’avez-vous pas approfondi plus son personnage alors que votre film est tout de même relativement court ?

Jenny Antoine a été la première à intégrer et soutenir le projet, j'ai pu remarquer que c'était une femme sur qui on pouvait compter et qui s'investissait énormément. Personnellement je pense qu'elle nous a offerte les meilleures scènes grâce à son interprétation, surtout pour la scène dans la salle de bain (à noter qu'il n'y a pas de doublure pour le passage de la piqûre). Malheureusement suite à des événements personnels avec Jenny Antoine, nous avons dû avec regret se séparer d'elle, ce qui a eu pour conséquence la mort prématurée de Lysa dans le film. J'en suis le premier désolé.

Au début du DVD, vous parlez avec Jean-Claude Schembri des difficultés que vous avez rencontré pour obtenir des aides, à tel point que vous avez fini par vous débrouillez seuls. Pouvez-vous nous en parler un peu plus et comment vous avez réussi à financer?

Oui effectivement nous avons rencontré des difficultés à financer le film, pourtant c'est pas faute d'avoir essayé ou insisté ! La région, les collectivités territoriaux, le CG13, on a frappé vraiment à toutes les portes, mais rien, et le plus scandaleux c'est quand, je vois que ma ville, Marseille, qui "représentera la capitale de la culture de 2013", ne nous apporte aucune, aucune aide ! Je rappelle que c'était un film pour faire de la prévention et qu'on avait "une icône" de Marseille avec nous Monsieur Michel de "Plus belle la vie".... Une incompréhension de plus ... Du coup moi, Jean-Claude et avec la grande aide de sa femme Grace, nous avons fait "en image" une sorte de pot commun pour avoir dans les 5000 €. C'est donc avec ce budget là qu'on a pu faire le film.

Pouvez-vous nous parler d’ "Addict", votre court métrage présent en bonus sur le DVD, que l’on peut imaginer comme étant en quelque sorte une introduction à "Une épine d’Amour"?

"Addict" est plutôt à mon goût une sorte de fausse suite à "Une épine d'amour", une histoire parallèle, Jean-Claude avait écrit cette histoire, on en a profité pour la tourner et ainsi par la même occasion tourner le générique de début de "Une Épine D'amour".

Et vos autres réalisations ? Notamment "Psychotropes" et "Georges"…

"Psychotropes" est tout simplement le pilote de "Une Épine D'amour", ça nous a servi à présenter un support pour nos différentes démarches. Pour l’anecdote, il a été sélectionné au Short Film Corner du Festival de Cannes 2011.
"Georges" est un court-métrage toujours écrit par Jean-Claude, dont il joue aussi le 1er rôle, Georges. Le but de cette réalisation était un acte "bénévole" pour soutenir la fondation Abbé-Pierre et par la suite la fameuse campagne d’Éric Cantona aux présidentielles pour ses fameux temps de paroles consacrer à dénoncer les conditions de précarités et de mal logements de certaines personnes.


Pouvez-vous nous parler également de vos autres activités en tant que monteur ou encore photographe ?

2006/2007 Mon 1er vrai projet professionnel a été un travail pour un groupe de Métal "Blazing war machine" où j'étais chargé de faire le montage vidéo d'un de leurs concerts.
Toujours dans la même période j'ai réalisé pour la batteur Franky Costanza un vidéo multi-angles de batterie au format de 18 minutes. Ma première grande fierté, car en plus d'avoir été publiée dans le magazine "Batterie Mag N°34", j'ai reçu ma première rémunération "un billet de 100 €"… Ça m’a vraiment marqué cette expérience !
Côté photo je peux dire que ça a réellement commencé lorsque j'étais venu "par hasard" sur le lieu de tournage d'Ambroise Michel, je me suis improvisé "photographe de plateau". Les photos ont plu, j'ai continué de mon coté, j'ai même sorti par la suite un livre, grâce au labo "Rétine Argentique à Marseille" consultable sur le net.

Photo signée Ludovic Bornes


Quel a été votre cursus ? Avez-vous suivi des études dans l’audiovisuel ?

J'ai arrêté l'école en 3ème, mais j'ai pu faire une école audio-visuel "AIS", je n'ai malheureusement pas pu continuer ma "formation", car durant cette période j'ai été embauché dans une agence de communication sur Aubagne.
Cependant j'ai récemment tenté d'intégrer l'école de Luc Besson, mais le destin n'a pas voulu que ça se fasse. Je me suis permis de faire une vidéo "lettre ouverte à Monsieur Luc Besson", où je lui fais part de mon point de vue sur son école et son projet d'aide aux jeunes. Suite à ça, j'ai reçu une notification de l'école me demandant pourquoi cette démarche...
J'ai alors rédigé une lettre à laquelle je n'ai toujours pas de réponse, mais j'ai eu le plaisir d'avoir le soutien de Monsieur Fremaux.


Avez-vous d’autres projets en cours ?

J’ai écris un scénario de long-métrage, mais il faut croire que personne ne veut me produire, j'ai pourtant frappé à beaucoup, beaucoup de portes, mais rien ... Pareille pour un clip.
Les démarches pour produire un film/court/clip sont vraiment insupportables, car les "vrais" producteurs ne prennent plus de risques. Rare sont ceux qui donnent la chance à des jeunes. C'est d'ailleurs ce que je voulais dénoncer dans ma lettre ouverte pour « Monsieur Besson ». Car il y a trop de foutage de gueule. Les prods veulent des "stars/valeurs sûres" pour financer un projet. Quand j'appelle un ou des agents pour proposer un scénario à Mélanie Laurent ou une autre, on me bloque sans même savoir qui je suis avec toujours la même excuse avez-vous une production ? Non... Désolé on ne prend que les projets avec des productions. C'est vraiment le poisson qui se mord la queue, et je le vis comme un paradoxe. Car à cause de cette mentalité on passe à côté de beaucoup de choses, et on a l'impression de perdre son temps et de l'argent, avec toutes ces démarches qui n’aboutissent jamais... M'obligeant à mettre mes scénarios "finalisés" dans le tiroir en espérant un jour trouver quelqu'un qui pourra bien les financer.


Merci pour vos réponses Ludovic et bon courage pour la suite!

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