13.02.12

06:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Du poison dans l'eau du robinet

Réalisatrice : Sophie Le Gall

Durée : 90 minutes

Date de sortie du film
: le vendredi 7 octobre 2011, au festival international du film écologique de Bourges

Par Nicofeel

Journaliste à France 3, Sophie Le Gall a choisi de réaliser un documentaire sur un sujet au thème universel : l'état de l'eau potable que l'on consomme quotidiennement au robinet.

Avec un titre tel que Du poison dans l'eau du robinet, on se doute que le constat risque d'être implacable.

On débute d'ailleurs sur les chapeaux de roues en apprenant que si l'eau du robinet contient de l'aluminium – et ce afin de la rendre plus limpide – on observe dans plusieurs villes françaises des taux d'aluminium supérieurs entre 4 et 20 fois à la norme réglementaire !

Ces chiffres sont d'autant plus inquiétants que seize millions de Français boiraient chaque année de l'eau traitée avec de l'aluminium. Or, ces traces d'aluminium s'accumulent dans le cerveau et sont susceptibles de favoriser la maladie d'Alzheimer.

Le documentaire signale que des solutions existent pour éviter l'aluminium. Ainsi, Paris (qui n'est tout de même pas une petite ville !), l'aluminium a été proscrit depuis plus de 30 ans. Dans la capitale, on ajoute des sels ferriques qui peuvent parfois donner une petite couleur à l'eau. Mais que vaut-il mieux défendre ? Une eau potable ou une eau claire qui semble pure mais qui risque d'être dangereuse pour la santé. La réponse semble évidente. Reste à faire évoluer tout cela.

Très engagée, la réalisatrice n'a pas hésité à prendre contact avec les grands groupes français qui distribuent l'eau en y ajoutant de l'aluminium. Suez n'a pas souhaité s'exprimer sur le sujet. Quant au représentant de Veolia, il n'a pas fourni d'explications quant aux raisons de la distribution d'une eau qui ne respecte pas la norme en matière de teneur d'aluminium.

Sophie Le Gall pose des questions pertinentes et s'en prend aux personnes directement concernées.

La journaliste s'intéresse ensuite à la question des nitrates et des pesticides dont les taux dépassent bien souvent largement la norme. Elle cite l'exemple de l'Eure-et-Loir, département de France le plus contaminé.

Sophie Le Gall a réussi à interviewer un maire qui semblait embarrassé sur la question, et a fini par déclarer la phrase suivante, qui est proprement incroyable : « Oh madame, on a aucun malade, aucun mort. »

Sur les 5 communes testées dans le cadre du documentaire, seul un maire informe la population du danger de la qualité de l'eau au regard du taux de nitrates et de pesticides. Une nouvelle fois, Sophie Le Gall explique que des solutions existent.

Ainsi, la DDASS a décidé d'interdire la construction de lotissements dans une commune, tant que des travaux ne seraient pas fait pour améliorer la gestion de l'eau.

Il faut dire que cette eau – dont l'autorisation d'exploitation est délivrée parfois par dérogation (où le maire s'engage à faire les travaux nécessaires) - est dangereuse pour les femmes enceintes et les nourrissons.

A leur niveau, les citoyens peuvent aussi espérer faire évoluer les choses par eux-mêmes. Ainsi, on apprend que dans une affaire qui est allée devant les tribunaux, la SAUR (société spécialisée notamment dans la gestion des services d'eau et d'assainissement) a été condamnée pour avoir vendu de l'eau non potable.

Le documentaire va encore plus loin dans son constat accablant en montrant notamment que le radon, un gaz radioactif, circule dans l'eau. Or, il est difficile de mesurer sa présence dans la mesure où la réglementation française ne prévoit pas de rendre en compte le radon !

Et ce n'est pas tout. L'eau contient également des médicaments. Même après avoir été traitée, l'eau contient encore 80 % de résidus de médicaments car les stations d'épuration ne sont pas prévues pour cela ! Tout cela est très réjouissant !

Parfaitement transparente sur le sujet et cherchant à mettre en lumière les risques auxquels peut s'exposer le consommateur en buvant de l'eau du robinet, Sophie Le Gall n'y va pas par quatre chemins. La journaliste demande des informations au directeur de la communication de Veolia qui paraît gêné sur le sujet. Les élus interviewés sont dans l'ensemble à peine plus sereins. Sophie Le Gall va jusqu'à montrer en direct au représentant d'une société censée filtrer l'eau sque son système ne marche pas.

A la fin de ce documentaire, on est tout à la fois surpris, agacé et inquiet par ce que l'on vient d'apprendre. Merci Sophie Le Gall pour nous avoir informé des dangers qui nous guettent à boire l'eau du robinet. Pour ma part, mon premier geste en tant que citoyen a été de rédiger cet article ! Mon premier geste en tant que consommateur a été d'acheter des bouteilles d'eau et arrêter de boire l'eau du robinet.

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