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10.02.12

06:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Take shelter

Réalisateur
 : Jeff Nichols

Date de sortie du film au cinéma : 4 janvier 2012

Durée du film : 120 minutes

Avec : Michael Shannon (Curtis LaForche), Jessica Chastain (Samantha LaForche, Toya Stewart (Hannah LaForche), Shea Whigham (Dewart), etc.

Par Nicofeel

Décidément les films sur la fin du monde ont la cote actuellement. Après The tree of life de Terrence Mallick et Melancholia de Lars Von Trier, un autre cinéaste évoque cette question, mais avec un traitement très différent.
Jeff Nichols, très remarqué lors de la sortie de son premier film Shotgun stories en 2008, profite de Take shelter pour approfondir une thématique qu'il apprécie particulièrement : la cellule familiale. Dans shotgun stories, on assistait aux déchirements de demi-frères. Dans Take shelter, c'est la figure du mari et père de famille qui est mise à mal.
En fait, Take shelter fait beaucoup penser à Shining, même si le cadre du film n'a rien à voir. En effet, le principal protagoniste, Curtis LaForche (joué par Michael Shannon, déjà vu dans Shotgun stories), est un bon père de famille, qui travaille dans une société de travaux publics, qui va progressivement perdre pied avec la réalité.
Curtis LaForche est convaincu qu'une tempête d'une grande ampleur se prépare. L'une des premières images montre d'ailleurs Curtis en train d'observer un ciel menaçant et d'être trempé par une eau qui a un aspect jaunâtre. Curtis est appuyé dans sa certitude lorsqu'il apprend à la télévision que des gens sont décédés suite à des conditions climatiques particulièrement étonnantes.

Curtis est pourtant le seul à être certain qu'une catastrophe climatique se prépare. Il va progressivement s'éloigner de son entourage, ses amis et même sa famille avec notamment son idée un peu folle d'agrandir son abri anti-tempête. Il en viendra même à perdre son emploi. Le cercle vicieux semble infernal et pour ne rien aider, Curtis est victime d'hallucinations et fait des cauchemars horribles. C'est en cela que le film s'apparente à Shining. Curtis finit par avoir du mal à distinguer ce qui est réel de ce qui relève du cauchemar. A partir du moment où il voit en rêve sa femme lui faire du mal, on se dit que les événements risquent de tourner très mal.
Le réalisateur Jeff Nichols parfaitement bien à inscrire le doute dans la tête du spectateur : jusqu'à la fin du film, on se demande si Curtis est devenu fou ou si au contraire c'est un homme qui est visionnaire. De plus, jusqu'à la fin on se demande s'il va à un moment donné s'en prendre à sa famille. La photographie du film est très belle, laissant le spectateur dans le doute de savoir si Curtis est malade ou non.
Le film bénéficie à cet égard d'une distribution de qualité. Michael Shannon est excellent dans le rôle de Curtis, cet homme qui voit le monde autour de lui s'écrouler et qui reste malgré tout sur ses positions initiales. Le réalisateur fait bien ressentir l'angoisse qui s'empare progressivement de Curtis. Quant à Jessica Chastain, elle est ici Samantha, l'épouse de Curtis. Elle est parfaite dans ce rôle. Avec son côté rassurant et aimant, elle est le contre-pied idéal de Curtis.
Si les qualités du film sont indéniables, il n'est pas parfait pour autant. Ce long métrage est surtout victime de sa durée. Les deux heures apparaissent bien trop longues. En montrant à plusieurs reprises Curtis qui a des hallucinations, le film est quelque peu redondant et sa relative lenteur risque de désespérer plus d'un spectateur. Ce qui est fort dommage car on peut se dire qu'avec une durée bien plus ramassée, par exemple 1h30, le film aurait pu être franchement excellent.
Ceci est d'autant plus dommage que certaines scènes sont réellement très réussis. On pense en particulier à deux scènes. La première est celle où Curtis est avec toute sa famille dans l'abri anti-tempête et que sa femme l'invite à ouvrir l'abri car il n'y a rien de dangereux à l'extérieur. Cette scène est très forte sur le plan émotionnel. On ressent d'une part tout l'amour de Jessica pour Curtis, qui souhaite coûte que coûte sauver son mari, et d'autre part, toute la détresse de Curtis qui est certain qu'à l'extérieur c'est le chaos qui sévit. La seconde scène marquante est à ce propos la scène finale, qui prend des allures de fin du monde.
Au final, si Take shelter est un film qui peut se targuer de nombreuses qualités, il est malheureusement plombé par sa durée qui fait perdre une partie de son attrait. On espère que le cinéaste pourra éviter cet écueil la prochaine fois. Si tel est le cas, on pourrait assister à un grand film.

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