Archives pour: Janvier 2012

31.01.12

06:45:00, Catégories: Test / Critique  

Par Flo001fg

Avant de réaliser « Two eyes staring » (« Zwart water »), Elbert van Strien réalisa plusieurs courts-métrages, dont trois d’entre eux sont sortis en DVD aux Pays-Bas chez Accento films sous le titre « 3 Films van Elbert van Strien ». On y trouve tout d’abord « The hidden face » (« Het verborgen gezicht »), court métrage de 2004 également présent sur les éditions françaises de « Two eyes staring », « Forbidden eyes » (« Verboden ogen »), un court métrage de 2002 et enfin « Still world » (« Wereld van stilstand») un autre court datant de 2005. Tous les trois et « Two eyes staring » d’ailleurs aussi, ont pour point commun de développer l’idée qu’on est entouré de personnes venus d’ailleurs, que ce soit d’un monde extra-terrestre, d’un monde parallèle ou encore de l’au-delà.

« The hidden face » est un très beau court métrage, étrange, à la photographie très soignée narrant l’histoire d’une petite fille gardée par sa grand-mère. La jeune fille a toujours eu peur de la maison de sa grand-mère, mais malgré cela, elle a toujours aimé passer du temps avec elle, même si sa grand-mère a l’habitude de faire toujours les mêmes choses… Alors le jour où celle-ci semble différente et lui offre notamment des gâteaux différents de ceux habituels, elle imagine tout de suite avoir affaire à une inconnue. Le réalisateur va réussir à créer une réelle ambiance mystérieuse à son court métrage, intriguant le spectateur, tout en laissant constamment planer le doute sur le fait qu’il puisse s’agir de l’imagination de l’enfant, jusqu’à ce final virant vers le fantastique.

« Forbidden eyes » est, quant à lui, un autre court métrage, tout aussi étrange et mystérieux, où le réalisateur va aborder le sujet de la timidité et du mal-être de l’adolescence à travers l’histoire d’un adolescent, amoureux d’une jolie jeune fille de sa classe et persuadé que lui et ses parents viennent d’un autre univers. Ce court métrage à la photographie tout aussi soignée, va également virer vers le fantastique, tout en laissant une nouvelle fois planer le doute sur le fait qu’il s’agisse du fruit de l’imagination du jeune homme ou pas…

Enfin, « Still world », le troisième court métrage et certainement le moins accessible, va être tout aussi réussi esthétiquement parlant, filmé en noir et blanc avec l’originalité d’être en plus composé essentiellement de photographies. On suivra cette fois un petit journaliste persuadé de l’existence d’une théorie du complot, dont les autorités seraient à la tête et dont le but serait de figer le monde, condamnant toute originalité et tout anti-conformisme. Son enquête va alors le mener aux limites de la folie et de la paranoïa, jusqu’à une conclusion particulièrement bien vue… Toutefois, même si ce court métrage sera loin d’être inintéressant, il sera assez difficile d’accès de part sa complexité et sa structure narrative particulière.

"The Hidden Face"

Si vous avez envie de découvrir plus en détails l’œuvre de ce réalisateur talentueux, je vous conseille vivement de faire l’acquisition de ce DVD d’autant plus qu’il est pourvu de sous-titres en français sur les trois courts-métrages. Dommage en revanche que les commentaires audio ne le soient uniquement en anglais… En bonus, on trouvera pas mal de galeries photos, une bande annonce, un comic strip dessiné par Elbert, un petit film surprise et des biographies. Le DVD contient également des interviews radio en néerlandais uniquement accessible via le menu néerlandais. Il est à noter que la jaquette a la particularité d’être d’un côté en néerlandais et de l’autre en anglais.

"Forbidden Eyes"

Vous pouvez vous procurer ce DVD directement auprès de l’éditeur via Amazon.co.uk ou via Amazon.de.

"Still World"

3 Films By Elbert Van Strien - Edition hollandaise

3 Films By Elbert Van Strien - Edition hollandaise
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30.01.12

07:00:00, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo200

Synopsis:

Suite à des recherches sur une nouvelle molécule, une négligence de laboratoire pharmaceutique va entraîner la propagation d'un fléau fulgurant transformant les hommes en morts-vivants. Un petit groupe de survivants, oubliés dans une ville évacuée et mise en quarantaine, va tenter de survivre dans cet environnement hostile. Parmi eux Martin et Frank, deux flics, Éric et Fabrizio, deux jeunes malfrats, Alice, dont le mari Thomas est suspecté d'infection, Jérémie et sa fille Jade, François, un alcoolique fataliste, et le docteur Varda, chercheur spécialisé dans l'étude de la molécule. Malgré les tensions qui règnent au sein du groupe, tous vont tenter d'unir leurs forces pour sortir de cet enfer.

Mon avis:

Après s’être attaqué au film de guerre avec "The cross roads", puis au film de mafia avec "Chronique d’un affranchi", David Aboucaya nous offre pour son troisième long-métrage un très sympathique hommage aux films de zombies des années 70-80. On retrouve dans "Dead line" la même équipe qui avait tourné dans les deux films précédents et ce qui frappe tout de suite, ce sont les progrès faits par certains acteurs au niveau de l’interprétation apportant notamment plus de fluidité dans les dialogues. D’ailleurs contrairement aux autres films du metteur en scène, celui-ci repose beaucoup moins sur les épaules de Manuel Gonçalves; le duo Lucas Pedroni et Natale Naccari ayant par exemple pris ici beaucoup plus d’importance, au point d’être cette fois au même niveau.

L’histoire est classique, mais tient suffisamment la route pour qu’on suive le film avec intérêt. On sent assez rapidement que le réalisateur a voulu rendre hommage à des films comme "Dawn of the dead" de George A. Romero ou encore "Le prince des ténèbres" de John Carpenter. D’ailleurs cette influence de Carpenter se ressent également fortement au niveau de la musique, simple mais particulièrement réussie. Les références ne s’arrêtent pas là, puisqu’on remarquera entre autres un maquillage très réussi à la fin du film inspiré de "L’enfer des zombies" de Lucio Fulci.

Le maquillage, tout comme les effets spéciaux, sont d’ailleurs l’un des atouts du film, avec leur côté très eighties, qui devraient plaire aux amateurs du genre, souvent fortement attachés au charme de cette période bénite que sont les années fin 70 et 80 en ce qui concerne les films de morts-vivants. Le manque de moyens se fera finalement peu ressentir dans ce domaine, à part sur quelques effets spéciaux sans grande importance comme ces quelques fumées faisant un peu trop artificielles sur des bâtiments victimes des assauts des infectés. Tout comme dans "Chronique d’un affranchi", les toulonnais seront certainement ravi de voir certains quartiers qui leur sont familiers, filmés ici sous un angle qu’ils n’ont probablement pas l’habitude de voir, car il est plutôt rare de les voir aussi désertifiés que là !

Après une scène de fusillade où David Aboucaya démontre une fois de plus qu’il est particulièrement doué pour filmer les scènes d’action, malgré des moyens limités, le film se termine sans happy end et même avec une touche de cynisme et d’humour noir plutôt bien vus. Une nouvelle fois, David Aboucaya endosse les multiples casquettes de producteur, réalisateur, scénariste, monteur, compositeur et même acteur et une nouvelle fois, il s’en sort admirablement ! Chapeau bas !

"Dead Line" mérite d’être vu, alors au lieu de dépenser bêtement vos sous en achetant des blockbusters plein pot dès leur sortie, soutenez plutôt le cinéma indépendant, surtout que dans le cas de "Dead Line" le prix de lancement est des plus abordables !

La sortie chez Emylia (sous sa marque Asilum) est annoncée pour le 7 février 2012. L'éditeur proposera comme à son habitude une édition combo DVD + Copie digitale illimitée. Le film sera présenté au format 1.85, 16/9ème, avec des pistes 5.1 Dolby Digital et DTS Dolby Surround, ainsi qu'en 2.0 AAC pour la copie digitale. Quant aux bonus, ils seront composés d'un commentaire audio du réalisateur et d'instants de tournage.

Dead Line (DVD + Copie digitale)

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24.01.12

06:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Intouchables

Réalisateurs : Eric Toledano et Olivier Nakache

Date de sortie : 2 novembre 2011

Origine : France

Durée du film : 1h52

Avec : François Cluzet (Philippe), Omar Sy (Driss), Anne le Ny (Yvonne), Audrey Fleurot (Magalie), etc.

Par Nicofeel

Allez, ça y est je me suis enfin décidé à aller voir le film-événement. Entendons par événement le film qui fait recette avec au dernier pointage 18 millions d'entrées !
Intouchables est donc une incroyable réussite au box-office. Toute la question est de savoir si tout cela est bien mérité d'un point de vue artistique.
Intouchables raconte l'histoire d'amitié entre deux hommes : Philippe (François Cluzet) et Driss (Omar Sy). Tout sépare ces deux hommes, Philippe est riche, tétraplégique, cultivé. Driss est pauvre, en parfaite santé et dénué de culture.
Pourtant, le film – qui se base sur une histoire vraie (on voit d'ailleurs à la fin du film des images des vrais personnages) – va s'attacher à montrer qu'au-delà des différences sociales, tout est possible.
Les réalisateurs Eric Toledano et Olivier Nakache prennent le parti audacieux de traiter d'un sujet grave : le handicap, avec beaucoup de dérision. C'est ce qui fait au demeurant la force et la limite de ce film.

La force dans le sens où Omar Sy fait du Omar Sy, à savoir un humour communicatif façon Canal Plus où avec sa bonne bouille et avec des vannes « naturelles », il amuse le spectateur. Omar Sy a beau être dans ce film l'auxiliaire de vie, c'est lui qui fait l'attraction la plupart du temps. Entre les blagues qu'il balance à son employeur, les gestes étonnants qu'il commet (virer le voisin qui gêne avec sa voiture comme un malpropre ; mettre de la musique funk juste après de la musique classique) et la drague continuelle qu'il fait à l'une des employées de Philippe, Omar Sy qui joue le rôle de Driss est la vedette du film. Et puis Driss arrive par moments à se montrer sensible car il fait clairement comprendre au spectateur que même si l'on est handicapé, l'essentiel est de continuer de vivre et de faire des choses qui plaisent. Dans cet état d'esprit, on constate qu'il traite son employeur comme s'il n'avait pas de handicap.
La faiblesse du film tient à son côté extrêmement caricatural. Tout cela a beau être inspiré d'une histoire vraie, on n'échappe pas à certaines facilités scénaristiques. Entre un patron richissime qui vit dans l'opulence et à l'inverse un garçon de banlieue qui est issu d'une famille nombreuse et commet des vols, on est franchement dans le stéréotype. Sans compter que si l'esprit du film sest plutôt sympathique, il faut reconnaître que l'on est en permanence dans les bons sentiments. On a d'un côté le garçon de banlieue révolté qui laisse rapidement place au mec sympa. Quant à l'employeur, il est cool et il laisse tout passer. Tout cela n'est pas pas très crédible quand même.
Par ailleurs, certaines scènes prouvent que le film ne fait pas dans la finesse et se révèle même presque dangereux sur le fond. Le début du film, avec le duo Philippe-Driss, qui s'amuse à rouler à fond dans Paris et à berner des policiers, n'est pas forcément bien vu et n'est pas un modèle en matière de sécurité routière. Et puis le moment où Driss déclare à Philippe qu'il ne faut pas qu'il agisse comme un handicapé (il cite le téléthon) n'est pas respectueux de ces personnes qui vivent avec un handicap au quotidien. Au mieux on est dans la maladresse, au pire on est dans la bêtise.
Au niveau de la distribution, Omar Sy est très bon dans le rôle qui lui a été confié. Incontestablement, il est l'âme du film, tant dans ses relations d'amitié avec son patron que dans ses pitreries. François Cluzet n'est pas mal non plus, même si son personnage apparaît beaucoup trop lisse.
Au final, Intouchables est une petite comédie française qui a l'avantage d'être humaniste et a le défaut d'être un peu facile au niveau de son écriture. Intouchables est largement regardable, même si son incroyable succès demeure pour moi un mystère. Nombre de films de l'année 2011 sont meilleurs d'un point de vue qualitatif et auraient mérité un succès commercial plus important.

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18.01.12

06:00:00, Catégories: Test / Critique  

Jeu sur le forum de dvdpascher : élisez votre top 20 spécial romances

Bonjour à tous,

Le jeu du top 20 est renouvelé et c'est tant mieux. Après un top général, un top spécial films d'animation et un top spécial thrillers, on vous propose de continuer le jeu avec l'élection de votre top 20 spécial "romances".

Surfeur51 vous invite actuellement sur le forum de DVDpasCher, dans la rubrique Cinéma, à participer à un topic intitulé « vos 20 romances préférées. »

Le principe est le suivant :
les personnes qui sont intéressées envoient directement un message sur ce topic le top de leurs 20 romances préférées.

Cette liste doit être classée car le nombre de points octroyé à chaque film dépend du classement que vous lui accordez.

La méthode de notation de chaque top 20 est la suivante :
1er 75 points
2ème 64 points
3ème 54 points
4ème 45 points
5ème 37 points
6ème 30 points
7ème 24 points
8ème 19 points
9ème 15 points
10ème 12 points
11ème 10 points
12ème 9 points
13ème 8 points
14ème 7 points
15ème 6 points
16ème 5 points
17ème 4 points
18ème 3 points
19ème 2 points
20ème 1 point

Vous pouvez envoyer votre top 20 jusqu'au 14 février inclus.

Surfeur51 procédera quelques jours après à la synthèse des résultats.

N'hésitez pas à être nombreux à répondre !

Bonne journée à tous et bonne réflexion pour choisir votre top 20 spécial romances ! Votre âme romantique va chavirer à fond !

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17.01.12

06:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film :Shame

Réalisateur : Steve McQueen

Date de sortie au cinéma
 : 7 décembre 2011

Origine : Royaume-Uni

Durée du film
 : 1h39

Avec : Michael Fassbender (Brandon), Carey Mulligan (Sissy), James Badge Dale (David), Nicole Beharie (Marianne), etc.

Par Nicofeel

Cela faisait trois ans que l'on était sans nouvelles de Steve McQueen (homonyme du célèbre acteur), réalisateur qui avait fait sensation avec son premier film, Hunger, un biopic politique particulièrement rude à regarder.
Ce jeune réalisateur, épuisé par ce premier film, avait envisagé un temps d'arrêter le cinéma. Bien lui en a pris de ne pas avoir pris cette décision.
Car avec ce second long métrage, intitulé Shame (littéralement « honte » en français), il livre à nouveau au spectateur un film intense et riche sur le plan thématique.

Shame raconte la vie de Brandon (Michael Fassbender, qui était déjà l'acteur principal dans Hunger), un jeune homme qui paraît bien sous tous rapports : il dispose d'un appartement qu'il tient correctement ; il fait attention à être constamment propre sur lui ; il a un travail qui lui rapporte une coquette somme d'argent chaque mois. Donc tout semble aller pour le mieux dans la vie de Brandon. Sauf que tout ceci n'est qu'une façade et si l'on gratte un peu, la situation de ce jeune homme est loin d'être idyllique.

Le réalisateur Steve McQueen montre que Brian est accroc au sexe. Il a un besoin viscéral de sexe comme un drogué a besoin de sa dose pour se sentir mieux. Dès le début du film, on voit Brandon en train de se masturber, dans tous les endroits – chez lui sous la douche ou dans les toilettes - qui lui permettent de s'adonner à ce plaisir personnel. Par ailleurs, il regarde des vidéo sur Internet et paye à domicile des prostituées. L'addiction au sexe pour Brandon est telle qu'il se trouve dans la nécessité de regarder des vidéo porno et de se masturber dans les toilettes sur son lieu de travail.

Brandon voit sa vie morne mais parfaitement huilée être déstabilisée le jour où arrive brusquement sa sœur cadette Sissy. Cette dernière va faire indirectement prendre conscience à Brandon de l'anormalité de son quotidien. Pour masquer sa dépendance au sexe et éviter d'être en relation avec sa sœur, Brandon trouve un substitut : il se met à courir plusieurs fois, le soir, histoire de se défouler.

Brandon a besoin de sexe mais il est incapable de ressentir des émotions pour quelqu'un. Il n'arrive pas à avoir une relation stable et équilibrée. Son histoire d'amour avortée avec une collègue de travail qui s'était montrée aimante et compréhensive le prouve clairement. Tout comme le discours de Brandon à cette femme, Marianne, sur le mariage et les relations homme-femme. Cette incapacité à aimer et ce besoin continu de sexe est révélateur d'une grande solitude. Brandon est d'autant plus seul qu'il vit à New York, une ville tentaculaire où il n'est qu'un anonyme parmi d'autres. Que ce soit à don domicile ou à l'extérieur de celui-ci, Brandon fréquente des lieux de vie particulièrement froids et impersonnels, une manière pour le réalisateur Steve McQueen de souligner que le sexe qui est évoqué dans le film est mécanique et dénué d'émotions. Cette misère sexuelle est sans nul doute le résultat d'une absence de liens sociaux pour Brandon.

Dans un autre genre, la situation de la sœur de Brandon, Sissy, est aussi alarmante d'un point de vue personnel que celle de son frère. En outre, cette jeune femme est instable de manière générale : elle ne vit que de petits boulots et n'a pas de logement.
Sissy couche à tout va avec des hommes après être tombée immédiatement amoureuse de ceux-ci. Elle est incapable d'avoir une relation stable avec quelqu'un. Elle ne fait que des rencontres éphémères avec des hommes mariés. De plus, le fait de s'accrocher tant bien que mal à son frère Brandon est une façon pour Sissy de chercher à conserver un lien social. Ses nombreuses tentatives de suicide attestent de son état moral pour le moins incertain.

Sissy et son frère Brandon sont victimes l'un et l'autre d'une solitude extrême (sans compter un lourd passif familial qui est implicitement évoquée) auquelle ils tentent d'échapper par des moyens différents.

Avec un tel sujet, le réalisateur Steve McQueen aurait pu aisément tomber dans la vulgarité mais il évite brillamment cet écueil. Les scènes de sexe ne sont jamais explicites. Elles sont suffisamment claires pour que l'on comprenne ce qui se passe à l'écran.

Si Shame se révèle un film intéressant, c'est aussi et surtout pour sa distribution qui réussit à faire corps avec le sujet du film et donc avec les personnages qu'ils interprètent. Comme dans Hunger, Michael Fassbender est impressionnant de maîtrise à tel point que l'on a l'impression qu'il est Brandon. Le prix de la meilleure interprétation masculine qu'il a obtenu au festival de Venise est totalement mérité. Quant à Carey Mulligan (vue récemment dans le formidable Drive), elle joue bien le rôle de cette fille très fragile sur le plan psychologique.

Quelques mots aussi sur la bande son du film qui donne de l'intensité à celui-ci en mariant à merveille musique classique pour les moments sombres (du Jean Sebastien Bach joué par Glenn Gould) et musique de « boîte » pour les moments plus sereins et apaisés (Genious of love de Tom Tom Club, I want your love de Chic, etc.).

Au final, Shame est un film important qui traite de la solitude morale et de l'addiction sexuelle qui peut en découler. Le réalisateur Steve McQueen convainc pleinement et on attend déjà avec une certaine impatience son prochain film.

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16.01.12

07:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Les fantômes de Sodome

Réalisateur : Lucio Fulci

Date de sortie au cinéma : 1988

Origine
 : Italie

Durée du film
 : 84 minutes

Avec : Claudio Aliotti (Paul), Maria Concetta Salieri (Céline), Robert Egon (Willy le nazi), Jessica Moore (Marie), Teresa Razzaudi (Annie), Sebastian Harrison (Jean), Joseph Alan Johnson (Marc), Zora Kerrova (la succube), etc.

Par Nicofeel

Lucio Fulci est le réalisateur de grands films d'horreur comme L'au-delà et L'enfer des zombies mais aussi de très bons gialli avec Le venin de la peur et La longue nuit de l'exorcisme.
Ce cinéaste transalpin est également coupable de films de qualité particulièrement médiocre qu'il a tourné à la fin de sa carrière. C'est le cas des ridicules Murder rock et d'Aenigma. Les fantômes de Sodome fait malheureusement partie de cette liste de films.
Le scénario du film n'est pourtant pas mauvais en soi. On suit six jeunes gens (trois garçons, trois filles) qui se perdent en France et décident de passer la nuit dans un manoir dont ils n'arivent pas à s'échapper. En fait, ce manoir est hanté et ces jeunes vont devoir faire face à des fantômes de nazis qui ont été tués pendant un raid aérien lors de la deuxième guerre mondiale alors qu'ils s'adonnaient à une orgie.
La première scène du film montre d'ailleurs ces nazis en train de festoyer avant de connaître un tragique destin. Cette scène, pas franchement bien filmée et très érotique, est révélatrice à elle seule du film.
Car on a beau essayer, il n'y a quasiment rien à sauver de ce long métrage. La mise en scène de Lucio Fulci est paresseuse, si bien que ce cinéaste, pourtant connu pour créer des ambiances morbides et surréalistes, ne parvient pas à instaurer la moindre tension.
Les fantômes des nazis ne sont visibles qu'en de rares occasions. Les scènes qui retiennent l'attention et empêchent le spectateur de s'endormir sont peu nombreuses. Le fantôme qui s'appelle Willy est le seul qui intrigue un petit peu. Ainsi, c'est le cas lorsqu'il s'en prend à une jeune femme pour lui faire l'amour de façon quelque peu violente. Et puis c'est le cas dans une autre scène quand il invite un des protagonistes du film à faire avec lui une partie de roulette russe (avec une femme comme enjeu) originale. On s'attend à ce que le jeune finisse par décéder. Eh bien non. Il faudra pour cela attendre le combat entre deux des jeunes gens. Fulci va d'ailleurs insister sur cet unique mort pour insister à plusieurs reprises sur la décomposition du cadavre. Cela constitue a priori l'un des seuls éléments véritablement horrifique du film.
Pour le reste, on est balloté entre ennui et scènes érotiques. Si le film ne comporte quasiment aucune scène d'horreur, en revanche il n'est pas avare en séquences érotiques. Les actrices du film sont visiblement peu farocuhes pour montrer leurs seins. C'est ainsi qu'entre les actrices qui jouent les jeunes filles et celle qui interprète le rôle d'une succube, on est servi côté érotique.
Cela a le mérite d'éviter au spectateur de sombrer totalement dans l'ennui. Ce qui serait fort dommage car le final du film est d'une bêtise sans nom et vaut à ce titre le coup d'oeil.
Les acteurs sont d'un niveau équivalant à l'intérêt du film. C'est dire leur performance !
Au final, Les fantômes de Sodome oscille entre navet et nanar et est sans conteste l'un des pires films de Fulci.

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12.01.12

06:30:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Carnage

Réalisateur
 : Roman Polanski

Date de sortie du film au cinéma : 7 décembre 2011

Durée du film : 80 minutes

Avec
 : Jodie Foster (Penelope Longstreet), Kate Winslet (Nancy Cowan), John C. Reilly (Michael Longstreet), Christoph Waltz (Alan Cowan).

Par Nicofeel

Après un Ghost writer d'excellente facture, le cinéaste Roman Polanski nous revient avec un nouveau film. Sélectionné en compétition officielle à la 68ème édition du festival de Venise, Carnage est l'adaptation de la pièce de théâtre française Le dieu du carnage (2006) de Yasmina Reza. Au passage, on notera que si le film est censé avoir lieu à New York, le tournage a été effectué dans un appartement en région parisienne.
On voit très vite que l'on a affaire à un film qui correspond très bien à une pièce de théâtre.
Il y a d'abord une unité de lieu : le film se déroule de façon quasi exclusive dans un appartement.
Et puis il y a aussi une unité de temps car à l'image de la durée du film, les événements ont lieu eux aussi sur l'espace d'une heure vingt. Pendant cette durée, le scénario du film se met rapidement en place.

Le synopsis du film est le suivant : un enfant de 11 ans a tapé sur un autre de ses camarades après avoir été traité de « balance » et lui a notamment cassé deux dents. Les parents de l'enfant victime reçoivent les parents de l'enfant agresseur. A aucun moment, on aura droit au point de vue des enfants. Roman Polanski se limite au point de vue des parents, et c'est déjà suffisamment réjouissant.
Car avec ce film, Carnage, Roman Polanski prend un malin plaisir à brocarder le milieu bourgeois. Ce huis-clos fonctionne avec seulement quatre personnages principaux : il y a d'un côté les parents de l'enfant victime, à savoir Michael Longstreet (John C. Reilly) et son épouse Penelope Longstreet (Jodie Foster) et de l'autre côté les parents de l'enfant qui a mal agi, Alan Cowan (Christoph Waltz) et son épouse Nancy Cowan (Kate Winslet).
La force et l'enjeu principal du film de Roman Polanski est de montrer un changement d'attitude entre les protagonistes en à peine 1h20, la durée du film. Au départ, les relations sont courtoises. Les Longstreet se révèlent de manière assez surprenante très compréhensifs et acceptent de recevoir très calmement les Cowan en leur offrant du café et du gâteau. Quant aux Cowan, même s'ils sont quelque peu coincés, ils sont eux aussi polis.
Mais les choses vont progressivement s'envenimer. A plusieurs reprises, on a l'impression que les Cowan vont partir (ils sont sur le seuil du départ) mais ils restent à chaque fois et l'ambiance devient à chaque retour de plus en plus tendue.
Roman Polanski semble suggérer que derrière les apparences il y a la vraie personnalité des gens. Quoique dès le départ deux personnes ne trompent pas leur monde : on a d'un côté Pénélope Longstreet qui défend les causes nobles, et notamment les droits de l'homme bafoués. De l'autre côté, on a totalement son opposé avec Alan Cowan qui est un avocat de renom qui est prêt à défendre les causes les plus pourries, et même des causes très discutables lorsque l'on le voit à plusieurs fois avec son portable en train de défendre l'un de ses clients, qui a mis sur le marché un produit pharmaceutique qui est loin d'être au-dessus de tout soupçon.
En plus de ces deux personnes que tout oppose, il y a Michael Longstreet et Nancy Cowan qui vont progressivement se lâcher et déballer des propos qui sont tout sauf politiquement corrects. On passe ainsi d'une certaine retenue à des insultes.
Avec un agacement qui monte et sous l'effet de l'alcool, tout le monde révèle d'une certaine façon son vrai visage et il y a de quoi être amusé. Certaines scènes sont franchement totalement jouissives, comme ce moment où Nancy Cowan se met à vomir ou lorsqu'elle balance le portable de son mari dans l'eau ou quand elle envoie valdinguer les fleurs de son hôte.
Sur la question de la responsabilité des enfants et in fine des parents dans la question qui l'occupe à la base, personne n'est d'accord et c'est la raison pour laquelle la situation s'envenime grandement. Le film propose une réflexion intéressante sur le thème universaliste de la violence. Car il n'est nul besoin d'en arriver aux mains pour que la violence soit présente. Une violence verbale est déjà une forme de violence.
Dans ce joyeux jeu de massacre, il va sans dire que l'interprétation des acteurs est essentielle. Roman Polanski ne s'y est pas trompé, en faisant appel à des acteurs d'expérience qui ont bénéficié de nombreuses récompenses. Tous sont très bons dans leurs rôles, que ce soit Jodie Foster (Penelope Longstreet), Kate Winslet (Nancy Cowan) ou John C. Reilly (Michael Longstreet). Mention spcéiale pour ma part à Christoph Waltz qui est excellent dans son rôle d'avocat pourri qui n'est pas mieux sur le plan humain.
Si Carnage n'est pas le film le plus ambitieux de Roman Polanski et n'est à ce titre qu'un film mineur dans sa filmographie, il n'empêche que c'est une ouvre très plaisante à regarder.

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11.01.12

07:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film :Echange standard

Réalisateur
 : David Dobkin

Date de sortie au cinéma
 : 28 décembre 2011

Durée du film : 1h52

Avec : Ryan Reynolds (Mitch Planko), Jason Bateman (Dave Lockwood), Leslie Mann (Jamie Lockwood), Olivia Wilde (Sabrina McArdle), etc.

Par Nicofeel

Réalisateur de comédies américaines qui ne vont pas chercher bien loin (Shangai Kid 2, Serial noceurs, Frère Noël), David Dobkin continue avec un film sorti en fin d'année 2011 qui ne devrait pas non plus rester dans les annales.
Il s'agit d'Echange standard, un film où le synopsis consiste à nous montrer l'échange de vie entre deux amis : d'un côté, on a Mitch Planko, un célibataire fainéant qui ne fait rien de sa vie, sinon de fréquenter le plus de filles possibles et de l'autre côté, on a Dave Lockwood, un bon père de famille qui a 3 jeunes enfants et une excellente situation professionnelle. L'idée de faire changer de corps et donc de vie les personnages n'est certes pas d'une grande originalité mais il peut se révéler intéressant s'il est bien utilisé.
Le problème est que dans le cas présent on tombe rapidement dans deux écueils : d'une part, la vulgarité (alors que l'on imagine que le film est censé être plutôt grand public) et d'autre part la caricature. Ainsi, le film débute avec une blague scato au goût relativement douteux : un des enfants (un bébé, je précise) de Dave Lockwood, chie sur son père alors que ce dernier était en train de changer sa couche. La suite directe est du même acabit avec l'ami de Dave, Mitch, qui se révèle d'une incroyable vulgarité. Et puis pour arriver, au fameux « échange », les deux amis se mettent à uriner dans une fontaine. Quelle finesse !

Franchement, au bout de seulement vingt minutes de film, on est plus que tenté de quitter la salle de cinéma et d'aller voir ailleurs. Mais bon, puisque l'on a payé la place et puisque j'ai besoin de regarder un film dans sa totalité pour me faire un avis, j'ai décidé de rester.
Bien m'en a pris car le film s'améliore quelque peu. Comme on peut s'en douter, Echange standard ne va pas pour autant devenir un bon film mais les choses vont mieux. Le film lâche un peu le côté vulgaire (je dis bien un peu car on a toujours le droit à certaines réflexions très limites : « bourre-moi ce gros cul petit » ; « tu renverses cette grosse pute sur le dos » ; « mangeons maintenant car j'en ai plus le cul ») et caricatural pour s'intéresser un peu plus à ses personnages et au changement dans leur vie induit par cet échange. C'est précisément quand le film n'en fait pas des tonnes via ses deux acteurs principaux qu'il est clairement le plus regardable. C'est ainsi que progressivement on voit bien que les deux principaux protagonistes prennent conscience de leur vie passée et actuelle et des erreurs qu'ils ont pu commettre, ou des choses qui restent à améliorer. Cette fois, si l'on rit, ce n'est pas de la nullité ou de la vulgarité du propos, mais bien de certaines situations qui sont réellement drôles. On pense ainsi au coup que réussit à faire Mitch en faisant signer un gros contrat en jouant à fond la carte du bluff. On peut également citer cette réflexion de Dave à Mitch : « Je ne couche ni avec ma femme ni avec celle des autres. - C'est quoi cet enfer ? - Le mariage. »
De la même manière, le générique de fin est bien marrant avec Mitch qui a décidé d'envoyer à son ami une cassette d'un film pour le moins peu glorieux qu'il a tourné...
Le film traite aussi – certes uniquement en surface - quelques thématiques qui sont bien vues : la question de l'amitié, la relation homme-femme, la relation au sein d'un couple marié.
Côté acteurs, Ryan Reynolds est au départ extrêmement exaspérant mais c'est sans nul doute dû au rôle qu'il interprète. Le fait qu'il reste vulgaire alors qu'il joue le rôle d'un cadre d'une grande société n'est pas très crédible. Heureusement, son personnage s'affine par la suite, et du coup son jeu d'acteur lui aussi paraît meilleur. Jason Bateman est plus convaincant que Ryan Reynolds et son côté timide et homme pas sûr de lui est plutôt plaisant. Quant aux deux rôles féminins principaux, formés de Leslie Mann et d'Olivia Wilde ils tirent leur épingle du jeu (peut-être en raison du jeu pas toujours très fin des deux acteurs principaux) et se montrent à leur aise dans des rôles globalement sensibles.
Au final, voilà certes une comédie qui est quelque peu vulgaire (sans compter les quelques seins qui sont montrés de manière quasi gratuite) mais qui se laisse regarder dans la mesure où, après quelques scènes d'exposition assez nullissimes, elle s'améliore un peu.

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07.01.12

06:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Warrior

Réalisateur
 : Gavin O'Connor

Date de sortie au cinéma : 14 septembre 2011

Origine
 : Etats-Unis

Durée du film
 : 140 minutes

Avec : Joel Edgerton (Brendan Conlon), Tom Hardy (Tom Conlon), Jennifer Morrison (Tess Conlon), Frank Grillo (Frank Campana), Nick Nolte (Paddy Conlon), etc.

Par Nicofeel

Réalisé par Gavin O'Connor (Le prix de la loyauté), Warrior est un nouveau film qui a comme trame principale les combats. Le film arrive après The wrestler et surtout après Fighter, qui est sorti en début d'année 2011.
C'est d'ailleurs ce qui fait la grande limite de Warrior. Le film a la malchance d'arriver après l'excellent Fighter de David O.Russell et son histoire forte entre deux frères, interprétés brillamment par Mark Wahlberg et Christian Bale.

Dans Warrior, il est aussi question d'une relation conflictuelle entre deux frères. Sauf que si dans Fighter, toute la relation et tout le passé était clairement fouillé, décrypté et ressassé, dans Warrior il n'en n'est rien. On comprend simplement ici qu'il y a un lourd contentieux familial entre Brendan Conlon, professeur de physique qui a fondé sa famille et Tom Conlon qui a déserté de l'armée. Tom est des deux celui qui est l'écorché vif, qui en veut au monde entier, et notamment à son frère à qui il reproche de ne pas l'avoir suivi avec sa mère quand ils en ont eu l'occasion. Les deux frères nourrissent une rancoeur entre eux mais aussi contre leur père.
Voilà pour le contexte mais on peut clairement reprocher au film de David O'Connor de ne pas insister davantage sur ce contentieux familial alors que le film dure tout de même 2h20 !
Même en faisant abstraction sur le film Fighter, on a tout de même l'impression en regardant Warrior d'avoir vu ce film de combat des dizaines de fois. Il faut dire que le scénario est loin d'être fin et l'histoire est même cousue de fil blanc.
On voit que pour des raisons différentes les deux frères se remettent à combattre – ce qu'ils n'avaient plus fait depuis un bout de temps – et parviennent à s'inscrire à un tournoi de combat qui regroupe 16 des plus talentueux combattants du globe. On va donc avoir droit à toute une série de combats, qui ont d'ailleurs le mérite d'être plutôt bien filmés, d'être dynamiques et de donner de l'intensité au film.
Cela étant dit, il aurait été appréciable de relancer l'action du film avec d'autres intrigues car une fois que ce tournoi est lancé, on a droit plus qu'à cela. Du coup, même si les combats sont bien filmés, ils se révèlent assez redondants. De plus, il faut reconnaître que l'on se doute bien que l'on aura en fin de compte une finale entre les deux frères. Si ce dernier combat attendu est marqué du sceau de l'intensité, notamment sur le plan émotionnel, il aura tout de même fallu attendre longtemps pour se prendre au jeu.
Du côté de la distribution, rien à redire. C'est notoirement la qualité première du film. Joel Edgerton est très bon dans le rôle de cet homme qui est acculé par les dettes et a besoin de réussir ce tournoi pour se sortir d'un mauvais pas. Il interprète très bien ce gentil garçon qui veut prouver au monde ce qu'il peut faire. L'acteur Tom Hardy lui rend parfaitement la pareille dans le rôle difficile de Tom Conlon. Ce dernier est certainement le personnage le plus complexe du film, qui doit faire avec son lourd passé qui est encore ouvert comme une plaie béante. On notera aussi la présence de Nick Nolte, impeccable dans le rôle du père qui était autrefois alcoolique, a commis beaucoup d'erreurs dans le passé et tente désormais de se racheter.
Au final, Warrior est un film qui se suit très correctement mais auquel il manque sérieusement un scénario digne de ce nom. C'est dommage car les séquences de combat sont plutôt bien fichues et on sent tous les acteurs particulièrement investis dans leurs rôles respectifs.

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06.01.12

06:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Hostel 3

Réalisateur : Scott Spiegel

Date de sortie en DVD et en blu ray : 18 janvier 2012

Origine : Etats-Unis

Durée du film : 94 minutes

Avec : Thomas Kretschmann, John Hensley, Sarah Habel, Barry Livingston, Skyler Stone, Brian Hallisay, Kelly Thiebaud, Danny Jacobs.

Par Nicofeel

Si Eli Roth n'est pas fondamentalement un grand cinéaste, il a eu le mérite de marquer les esprits des fans de films d'horreur avec ses films de tortures que constituent le diptyque Hostel et Hostel 2.
Cette série des Hostel ayant visiblement bien marché d'un point de vue commercial, il a été décidé de la poursuivre. Sauf que Eli Roth a laissé sa place à Scott Spiegel.
Le changement de réalisateur s'en ressent franchement car la qualité du film est bien moindre pour Hostel 3 par rapport aux deux films précédents.
Pourtant, les choses commencent plutôt bien dans Hostel 3. La première scène montre un couple d'Ukrainiens – qui réside aux Etats-Unis – qui est prêt à piéger un jeune homme qui a tout d'un benêt. Sauf que selon l'adage « tel est pris qui croyait prendre », c'est le jeune homme qui va piéger ce couple en les droguant et en les faisant kidnapper. Hostel 3 débute bien. Malheureusement la suite du film va s'avérer d'un nouveau pour le moins décevant.
On suit les aventures de 4 Américains qui ont décidé d'aller faire la fête à Las Vegas en l'honneur de l'un des leurs qui va prochainement se marier. Ce synopsis vous rappelle quelque chose ? C'est normal puisque cela correspond à la comédie culte Very bad trip. Sauf que la suite du film n'a rien à voir avec Very bad trip.
Parmi les défauts de ce film, on reprochera d'abord le fait que les personnages ne soient à aucun moment méfiants : « T'aimes les trucs bizarres ? » Réponse : Ouais j'adore. » Ces jeunes vont d'eux-même dans la gueule du loup et ça n'est pas très crédible.
Mais il y a pire. En effet, le concept même des Hostel a semble-t-il complètement disparu ou à tout le moins a été nettement atténué. Hostel est plaisant pour les fans car il allie un érotisme soft avec une violence certaines lors des tortures. Ici, les scènes d'horreur sont peu nombreuses (une peau arrachée ; un homme tué à coups de flèches) et surtout sont très soft. Le côté malaisant des Hostel n'est pas vraiment de mise, de telle sorte que l'on n'est pas vraiment pris par l'action que l'on voit dans ce film.
Il faut dire que le réalisateur doit faire avec un directeur photo qui est proche de la catastrophe. Car le film donne l'impression d'assister à un téléfilm avec des couleurs délavées et un certain floutage. Cela n'aide pas à rentrer dans le film.
Du côté des acteurs, ça n'est pas non plus le top du top. Les acteurs sont plutôt transparents dans l'ensemble, à tel point qu'ils n'arrivent pas à dépasser les stéréotypes de leurs personnages. 
Cela dit, le film comporte malgré tout quelques points positifs : il y a d'abord le fait que l'un des 4 personnages principaux fait lui-même partie de l'organisation qui se plaît à assister en direct à des tortures d'êtres humains. Si ce point n'est pas très crédible, il permet de relancer l'action du film. Ensuite, il y a la fin du film qui est menée tambour battant, donne lieu à un combat avec le grand méchant et surtout à des twists qui sont plutôt bien vus.
Au final, Hostel 3 a plus l'allure d'un téléfilm que d'un film. Ce long métrage ne tient pas la comparaison par rapport à des deux aînés en raison notamment d'un gore au rabais et d'un manque évident de tension. Le film reste malgré tout regardable.

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05.01.12

06:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Trick 'r treat

Réalisateur : Michael Dougherty

Date de sortie au cinéma : prochainement

Origine : Etats-Unis

Durée du film
 : 82 minutes

Avec : Brian Cox (Mr Kreeg), Anna Paquin (Laurie), Dylan Baker (Steven), Leslie Bibb (Emma), etc.

Par Nicofeel

Réalisé par Michael Dougherty, Trick 'r treat est un film d'horreur qui s'intéresse à la question d'Halloween. Sauf que, à la différence du film de Carpenter et de ses nombreux rejetons, Trick r' treat n'est pas un slasher.
Le film a ceci d'original qu'il va mélanger différentes histoires qui ont lieu dans un même lieu, aux Etats-Unis, lors de la nuit d'Halloween. Le lien entre toutes ces histoires est évidemment Halloween qui donne lieu à des moments drôles, savoureux ou tout bonnement incroyables. Le film joue avant tout sur le côté détendu de la fête d'Halloween. Il n'y a pas de tension palpable mais plutôt une remise à jour de différents mythes qui est très bien vue.
Cela dit, le réalisateur Michael Dougherty ne se limite pas du tout et donne franchement par moments dans le politiquement incorrect. C'est par exemple le cas avec le proviseur d'un collège qui a tout du psychopathe en puissance, qui n'hésite pas à inviter un de ses élèves à venir manger des friandises. Il lui donne des friandises qu'il va vomir, et pas spécialement parce qu'il a un surpoids évident. La suite n'est pas mal non plus avec le proviseur du collège qui va l'achever (et le décapiter) et l'enterrer dans son jardin. Ce proviseur étant complètement barjot, il joue avec son fils avec la tête de l'enfant, comme s'il s'agissait d'une citrouille ! Si l'on est toujours dans l'esprit d'Halloween, le côté humour noir est omniprésent.

Et cet élément se retrouve dans toutes les autres histoires, qu'il s'agisse des enfants qui s'amusent à effrayer une autre enfant (avant d'être eux-mêmes effrayés) ou encore de l'homme qui se prend pour un loup alors qu'il va être victime d'amazones où sommeillent des loups-garous et des vampires. Le film a ceci d'intéressant qu'il répond bien à la réflexion : « tel est pris qui croyait prendre. »
Trick r' treat fait preuve d'un humour constant, sans pour autant perdre de vue la thématique principale : l'esprit d'Halloween. D'ailleurs, on notera que l'un des personnages principaux du film, qui est un étonnant petit garçon qui ouvre et ferme le film, va agir selon les actes des gens par rapport au mythe d'Halloween, à savoir le respect des citrouilles et le respect de la formule : « des bonbons ou un sort ». Cette formule correspond littéralement au titre du film en anglais.
Le film vaut également le coup d'oeil par son côté polyphonique : les différentes histoires qui mêlent psychopathes, tueurs en série, tueur en forme de citrouille, vampires, loups-garous, fantômes, sont peu ou prous liées entre elles. Il y a des jonctions qui sont effectuées, notamment par le biais de mêmes scènes qu'on a l'occasion de voir autrement (voir par exemple sur ce point l'histoire du voisin du proviseur qui doit faire face à un danger inattendu).
Du côté de la distribution, si l'on a affaire la plupart du temps à de jeunes acteurs qui ne sont pas forcément au top, cela n'empêche pas de passer un bon moment. Le film vaut en effet avant tout pour ses situations extraordinaires et par les renversements de situation qui est plutôt bien vu.
En somme, Trick r' treat se révèle une très bonne surprise. Doté d'un rythme haletant, il s'agit d'un film qui réussit très bien à mélanger différentes histoires autour du mythe d'Halloween. Doté en outre d'un humour noir bienvenu, il s'agit d'un film qui mérite largement d'être vu et a le mérite de renouveler un mythe qui a déjà fait l'objet de moults adaptations.
On attend donc avec intérêt le prochain film du prometteur Michael Dougherty.

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04.01.12

07:15:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : L'irlandais

Réalisateur : John Michael McDonagh

Date de sortie au cinéma
 : 21 décembre 2011

Origine : Royaume-Uni

Durée du film : 96 minutes

Avec : Brendan Gleeson (le sergent Gerry Boyle), Don Cheadle (l'agent du FBI Wendell Everett), Liam Cunningham (Francis Sheehy-Skeffington), David Wilmot (Liam O'Leary), etc.

Par Nicofeel

Réalisé par le peu connu John Michael McDonagh est une comédie policière à l'humour « so british ».
Tout l'intérêt du film réside dans le caractère très particulier du personnage principal : le sergent Gerry Boyle, qui est franchement un personnage incroyable. Ce policier qui s'occupe d'un petit village irlandais est loin d'être un modèle du genre : il passe sa vie au pub, il fréquente des prostituées, il est raciste et même fier de l'être (il déclare que c'est normal d'être raciste pour un Irlandais!), il détourne des saisies de la police (voir le coup des armes). Bref, voilà un personnage en soi qui est d'ailleurs parfaitement interprété par l'acteur Brendan Gleeson qui est bien dans le style de ce personnage.
La vie bien tranquille du sergent Gerry Boyle va être quelque peu chamboulée par des meurtres dont les auteurs seraient des trafiquants de drogue qui projettent de passer par l'Irlande 500 millions d'euros d’héroïne !
Le film va jouer sur une antinomie par le rapport entre le sergent Boyle et son supérieur, l'agent du FBI Wendell Everett (Don Cheadle, tout en retenue, peut-être même trop au demeurant), qui est tout son inverse. Boyle est vulgaire, peu fin, Everett est au contraire poli, posé. La relation entre ces deux personnages est assez amusante, notamment par le fait que Boyle n'hésite pas à titiller voire même manquer de respect par son langage à Everett.

Il faut dire que Boyle n'a pas sa langue dans sa poche et le film nous propose de nombreux dialogues bien gratinés. Sans être exhaustif, on pourra citer les phrases suivantes : « Y a quelque chose qui se lève et ce n'est pas ma bite. ». Boyle demande aussi à sa mère (qui est âgée) si elle a « déjà participé à des orgies. » Cette dernière lui répond tout de même qu'elle irait mieux avec un peu de cocaïne ! D'autres personnages du film ne sont pas non plus d'une grande finesse, à l'image de l'un des truands qui déclare : « comme un âne qui encule un hippopotame, c'est l'heure de la fête ! ».
Tout cela est évidemment bien lourd mais au moins cela donne un côté frais et décalé à ce film.
Car force est de constater que si l'on enlève le personnage haut en couleurs que constitue Gerry Boyle et les dialogues sortis de nulle part, il ne reste plus grand chose.
Car L'irlandais est loin d'être dénué de défauts. Le scénario du film, ultra conventionnel, traîne en longueurs et le film manque à cet égard cruellement de rythme. De plus, la photographie du film donne plus l'impression d'assister à une série télé type Derrick qu'un film.
Côté acteurs, si Brendan Gleeson est excellent dans le rôle-clé du film, les autres n'ont aucune consistance, voire même aucun intérêt.
Enfin, la mise en scène du film n'a rien extraordinaire.
Seule la musique du film est plutôt plaisante à écouter. Elle parvient à susciter un minimum d'intérêt au spectateur, entre deux blagues débitées par Brendan Gleeson.
Au final, L'irlandais est un film qui se laisse regarder mais n'a rien d'extraordinaire. Cette comédie est amusante par moments en raison du caractère particulier de son personnage principal mais sur l'ensemble le film est assez loin d'être franchement drôle. Si vous n'avez aucun autre film à voir, L'irlandais peut être un second choix.

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