Archives pour: Décembre 2011

17.12.11

19:21:07, Catégories: Top 10  

Le top des 20 thrillers préférés par les dvdpascheriens :

Par Nicofeel

Pendant un mois, les dvdpascheriens ont eu l'occasion d'envoyer le top de leurs 20 thrillers préférés.

Un grand merci à Surfeur51 qui s'est occupé de recenser le classement des différents films.
22 personnes se sont prêtées au jeu, ce qui constitue un très bon score quand on sait qu'il s'agit d'un top thématique très spécifique.

Merci donc à : asiafan, Barbe-Noire, Bridoli, dale cooper, Evilfred, falaise jessica, flo001fg, ghostwolf, ikkoku59, Johnny-Fan, kakashi3561, kenshiro, langeikki, locktal, Minimyr, nico, nicofeel, Pierrot44, reno11, Surfeur51, wood, yannickv, qui ont fait part de leurs thrillers préférés !
Alors désormais roulement de tambours. Voici donc la liste des 20 thrillers qui ont obtenu le plus grand nombre de points :
1. Seven (David Fincher, 1995, Etats-Unis)
2. Le silence des agneaux (Jonathan Demme, 1991, Etats-Unis)
3. Old boy (Park Chan Wook, 2003, Corée du Sud)
4. Usual suspects (Bryan Singer, 1994, Etats-Unis)
5. Le nom de la rose (Jean-Jacques Annaud, 1986, France)
6. Psychose (Alfred Hitchcock, 1960, Etats-Unis)
7. La mort aux trousses (Alfred Hitchcock, 1959, Etats-Unis)
8. La nuit du chasseur (Charles Laughton, 1955, Etats-Unis)
9. Memento (Christopher Nolan, 2000, Etats-Unis)
10. Sueurs froides (Alfred Hitchcock, 1958, Etats-Unis)
11. J'ai rencontré le diable (Kim Jee-Woon, 2011, Corée du Sud)
12. The chaser (Na Hong-Jin, 2009, Corée du Sud)
13. Basic instinct (Paul Verhoeven, 1992, Etats-Unis)
14. Memories of murder (Bong Joon-Ho, 2004, Corée du Sud)
15. Mulholland drive (David Lynch, 2001, Etats-Unis)
16. Black book (Paul Verhoeven, 2006, Pays-Bas)
17. Reservoir dogs (Quentin Tarantino, 1992, Etats-Unis)
18. Une balle dans la tête (John Woo, 1993, Hong-Kong)
19. Les oiseaux (Alfred Hitchcock, 1963, Etats-Unis)
20. Fight club (David Fincher, 1999, Etats-Unis)

On notera de prime abord qu'il s'agit de thrillers récents, voire très récents qui constituent ce top 20.

En effet, Seven et Le silence des agneaux, qui sont les deux grands vainqueurs (aussi bien en nombre de points obtenus qu'en nombre de citations) datent respectivement de 1995 et 1991.
Le thriller le plus ancien qui est cité date de 1955. Il s'agit de La nuit du chasseur de Charles Laughton, un classique en la matière qui constitue aussi un film très étrange. Les autres classiques qui sont cités sont les films d'Alfred Hitchcock qui réussit d'ailleurs à placer 4 de ses films dans ce top 20. C'est largement le cinéaste le plus cité. Il faut dire que les thrillers ne sont pas nés dans les années 90 ou dans les années 2000, même si les films cités dans les divers tops pourraient le laisser penser.
C'est clairement Hitchcock qui est le maître en la matière. Des films comme Sueurs froides ou Psychose sont des films matriciels qui ont été largement repris et ont influencé énormément de réalisateurs.

Un film comme Mulholland drive (qui se place en 15ème position) est clairement sous influence de Sueurs froides.
Pour information, un réalisateur français, Jean-Jacques Annaud arrive en 5ème position avec Le nom de la rose. Dans les différents tops précédents (top général, top des 20 films d'animations), on n'a jamais vu un film français aussi bien placé.

Du côté des pays, les Etats-Unis trustent largement en tête et sont omniprésents. Que ce soit un réalisateur « ancien » comme Hitchcock ou des cinéastes plus récents comme David Fincher, Quentin Tarantino, Bryan Singer ou Christopher Nolan, les Etats-Unis sont présents à 13 reprises dans ce top !

Cependant, ce qui ressemble à une hégémonie tend à s'estomper depuis quelques années avec une arrivée en force de la Corée du Sud qui réussit à placer plusieurs films dans ce top. Des thrillers comme Old boy, J'ai rencontré le diable, The chaser, Memories of murder, qui sont sortis entre 2003 et 2011, prouvent au demeurant que cette nation devient actuellement incontournable au niveau des thrillers.

Un film comme J'ai rencontré le diable est d'ailleurs sorti au cinéma cette année !

Voilà !

Je remercie à nouveau Surfeur51 pour son lourd travail et les dvdpascheriens qui se sont prêtés au jeu.

Si vous cherchez un bon thriller, vous voyez désormais vers quels films vous tourner.

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16.12.11

06:30:00, Catégories: Interview  

Par Flo001fg

Après une interview de l'un de ses réalisateurs, Christophe "Trent" Berthemin, c'est cette fois l'actrice Lavandra May qui a eu la gentillesse de répondre à mes questions à l'occasion de la sortie DVD du film "Echap" chez l'éditeur Emylia.

Bonjour Lavandra. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Bonjour, je m'appelle Lavandra, et je suis comédienne.

Vous êtes en quelque sorte à l’origine d’« Echap », puisque c’est vous qui avez mis en contact Dist et Trent, les deux réalisateurs. Comment les avez-vous connu ?

Je ne dirai pas que je suis à l'origine d'Echap, puisque je les ai présenté mais il me semble qu'ils ne sont pas particulièrement resté en contact à ce moment là et qu'ils se sont recroisés plus tard. Mais l'idée d'être à l'origine du projet me plait assez, je vais la garder.
Je les connais tous les deux depuis des années, à l'époque où Dist commençait à faire de la photo je crois et Trent depuis plus longtemps encore, on organisait des concerts dans une même salle, chacun avec notre asso, je dirai vers 2004. Mais la première fois qu'on s'est vu c'était au rayon films d'horreur d'un supermarché !

Quels souvenirs gardez-vous du tournage ?

Un tournage détendu mais sérieux et intensif. De très très longues journées de travail (environ 20h rien que ça) mais dans une bonne ambiance

Quel regard portez-vous sur votre prestation dans ce film ?

Il y a vraiment une scène, enfin une réplique particulièrement, pour laquelle je ne peux pas ne pas me demander si c'était possible de la jouer encore plus mal (rires).
Il y a des moments où forcément on peut se demander pourquoi les réal ont gardé telle ou telle prise mais étant donné qu'on avait peu de temps pour tourner, on n'a pas pu refaire chaque prise 10 fois. Alors forcément, et comme on est souvent nombreuses dans les plans, un mauvais regard, un bafouillage, ça limite très vite le choix et je pense qu'ils ont malheureusement parfois du garder la moins ratée plutôt que la meilleure prise.
Bien sûr je suis convaincue qu'avec plus de temps on aurait pu faire mieux, répéter, plus s'imprégner, et bien sûr je ne suis pas totalement satisfaite de mon jeu, mais je doute pouvoir l'être un jour à 100%. Je suis dans une optique où il faut toujours tenter de s'améliorer et d'apprendre. Pour Echap et vu les conditions je pense que je ne m'en sors pas trop mal même si certains passages m'embarrassent (rires).

Connaissiez-vous certaines actrices du film auparavant ?

Je connaissais Eliska et Graziella, et même si l'intérêt des tournages c'est aussi les nouvelles rencontres, je pense que c'était vraiment un plus que certain/e/s se connaissent déjà, étant donné le peu de temps qu'on avait, c'était important d'être tout de suite à l'aise.
Je devais d'ailleurs être la plus "confortable" de ce côté là puisque je connaissais aussi les réalisateurs, le directeur photo et un petit peu notre régisseur/preneur de son/comédien Thibault.

Pensez-vous que l’exposition médiatique de certaines actrices du film soit un atout pour le film ?

Il faut être honnête, à part auprès d'un petit public particulier, absolument aucune actrice du film n'est vraiment médiatisée, connue, ou quoi que ce soit, pour le moment ça ne sort pas de niches.
Je pense qu'on apporte toutes une petite part différente du public, parce qu'on a toutes des gens qui nous suivent. Évidemment, ça aide le film, mais dans des proportions minimes. Si l'une d'entre nous avait été vraiment médiatisée ça aurait été un énorme coup de pousse, mais finalement le film a su exister sans ça.

Êtes-vous satisfaite de l’édition DVD de « Echap » ?

Je suis satisfaite qu'il y ait une édition DVD tout court !
Je pense que c'est un DVD honnête, il y a pas mal de modules en bonus, dont la totalité de la bande originale -qui plait beaucoup- et je trouve que c'était vraiment une bonne idée.

Vous êtes également réalisatrice et monteuse. Pouvez-vous nous parler un peu de ce que vous avez fait dans ce domaine ?

J'ai réalisé quelques courts-métrages, mais ces dernières années je reste plus dans l'ombre, au montage, pour des making-of, des clips, des podcasts...

Est-ce que le fait qu’ « Echap » ait été réalisé avec un tout petit budget ne vous a pas aussi donné envie de réaliser un long-métrage ?

Oui et non. Oui parce qu'on se dit que si on sait bien s'entourer tout est possible avec peu (mais ça reste "peu" et pas "rien"). Et non car je n'ai pas l'impression d'avoir des choses à raconter (et j'ai du mal à envisager une réalisation aujourd'hui sans être l'auteur du scénario) en ce moment, j'ai plus envie de jouer. Mais un jour peut-être.

Vous avez tourné dans des films pour les grands (j’adore votre expression !) pendant trois ans. Qu’est-ce que vous a amené à en faire et pour quelles raisons avez-vous arrêté ?

Je ne sais pas pourquoi j'ai dit ça comme ça ! Dans ma tête je me suis dit c'est pour un DVD je peux peut-être pas dire porno, enfin je sais pas, je trouve ça un peu ridicule, comme si j'assumais pas. Mais si ça fait rire certains ou que d'autres trouvent ça mignon tant mieux.
J'ai fait du X pour beaucoup de raisons et ce serait bien trop long de l'expliquer ici. Pour moi c'était simplement faire des films, même si ça a finalement été bien plus.
J'ai arrêté parce que j'avais fait le tour, les tournages intéressants (les "vrais" films) étaient rares et le reste ne m'amusait plus.

Pouvez-vous nous parler de votre activité de modèle ?

C'est une activité que j'ai mise de côté depuis un an car je n'ai plus de temps à lui consacrer, et on ne me faisait plus aucune proposition intéressante. On ne me voyait plus que comme une actrice X et on ne me proposait que de refaire les mêmes choses encore et toujours, et j'avais l'impression de me battre avec du vent pour tenter de faire des choses nouvelles.

Vous avez participé pendant quatre ans à une association qui organisait notamment des concerts sur Nancy. Est-ce que la musique joue toujours un rôle important dans votre vie ?

Je suis forcée de répondre non. Depuis que je suis sur Paris, même si l'offre est beaucoup plus grande, je vais finalement à peu de concerts. J'aime les petites salles mais je suis légèrement agoraphobe et à Paris j'ai toujours tendance à penser que ce sera petit mais blindé et donc pas supportable. En revanche je connais tout de même pas mal de groupes, et j'aimerai bien travailler plus dans la musique, faire plus de clips, et pourquoi pas en faire aussi. Mais je manque cruellement de temps.

Pouvez-vous nous parler de Mauvais Genre(s) ?

C'est un webzine qui a à peine plus d'un an, qui parle principalement de films (et plus occasionnellement de musique ou de livres) que j'ai crée à l'origine parce que je voulais que mes chroniques s'adressent à un public un peu plus large que les seuls lecteurs de mon blog perso, et je n'avais pas envie d'écrire gratuitement pour les autres. Depuis 2 autres chroniqueurs m'ont rejoint, et ce serait intéressant que l'équipe s'agrandisse encore.
J'aimerai beaucoup y ajouter un podcast régulier, et avoir plus d'interviews vidéo.

Vous semblez beaucoup aimé le cinéma en général. Quels sont vos styles favoris ?

De manière générale j'aime les films indépendants, je suis assez nostalgique des films des années 80, je regarde tous les films d'horreur possibles, qu'ils soient drôles volontairement au non, et je dirai que les films qui me touchent le plus sont ancrés dans la réalité, avec un gros penchant pour les road movies. Je m'intéresse aussi beaucoup au cinéma danois, qui est un petit milieu qui regorge de talents incroyables autant devant que derrière la caméra.

Quels sont vos futurs projets ?

Je dois tourner 2 films cette année, les 2 en Belgique (et je trouve ça très chouette, j'espère continuer à monter comme ça, et finir au Danemark).
Le premier est actuellement en tournage, c'est "Slutterball" de Jérôme Vandewattyne, qui est destiné au BIFFF pour son 30ème anniversaire ; et le second est "VHS Junkies" d'Alan Deprez, où je devrais retrouver un ancien collègue, Phil Hollyday.
Et peut-être un troisième mais je n'en parle pas encore...

Regardez-vous beaucoup de DVD et de Blu-ray ?

Blu-Ray non, pas équipée, de DVD oui, et de VHS encore.

Merci Lavandra pour avoir pris le temps de répondre à mes questions et pour votre gentillesse.

Merci.

Vous trouvez en cliquant ici mon avis sur ce film et des liens utiles pour trouver ce dvd.

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15.12.11

06:45:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Territoires

Réalisateur : Olivier Abbou

Date de sortie au cinéma : 8 juin 2011

Durée du film
: 1h35

Avec : Roc Lafortune, Sean Devine, Nicole Leroux, Cristina Rosato, Michael Mando, Alex Weiner, Stephen Shellen, Tim Rozon, etc.

Par Nicofeel

Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas eu l'occasion de m'enthousiasmer pour un film d'horreur, qui plus est un film francophone. C'est le cas avec l'excellent Territoires, production franco-canadienne, réalisée par Olivier Abbou.
Le synopsis du film n'a pourtant rien d'exceptionnel en soi. Cinq jeunes Américains reviennent le soir d'un mariage au Canada. Ils sont arrêtés dans le cadre d'un contrôle routier. Sauf que ce contrôle routier effectué par deux personnes particulièrement mal intentionnées, va mal se dérouler. C'est peu de le dire. En voyant le film Territoires, on pense quelque peu au cinéma de Michael Haneke et notamment aux films Code inconnu (pour le contrôle routier) ou Funny games (pour le rapport à la violence). La référence est assez claire. Cela dit, le réalisateur Olivier Abbou réussit brillamment à s'affranchir du cinéma de ce glorieux cinéaste pour montrer un film qui n'appartient qu'à lui.
La première partie est franchement bien tendue et bien vue. On assiste à une tension qui monte progressivement. Au départ ce contrôle routier se passe correctement mais progressivement tout part en vrille. L'un des contrôleurs en vient à comparer les jeunes à des animaux et surtout il n'hésite pas à humilier une des jeunes filles en la déshabillant pour vérifier si elle n'a pas de la drogue ou autre chose sur elle. Tout part carrément très mal quand les contrôleurs découvrent une petite dose de drogue. Cela a le malheur de mettre le feu aux poudres, la situation s'envenimant à tel point que l'un des jeunes se fait tirer dessus et décède.

Vous pensiez qu'on avait atteint le pire à ce moment ? Eh bien non. On en est qu'aux débuts. Car l'un des mérites du film Territoires est de réussir à établir un film tendu de bout en bout, et à exténuer le spectateur malgré un budget que l'on ressent comme modeste. Ce faible budget n'est nullement handicapant car le réalisateur obtient un résultat plus que probant, en ayant fait le choix d'un quasi huis-clos. Ainsi, pendant une bonne partie du film, on assiste aux tortures physiques mais surtout psychologiques qui sont faites à ces jeunes. Là où le film est bien amené, c'est qu'il ne joue nullement la carte du "torture porn" avec une faible présence de gore et de sexualité. Non, ici les ravisseurs ne sont pas là pour profiter des jeunes qu'ils ont kidnappé. Et c'est en cela qu'ils sont encore plus dangereux. Ces hommes sont persuadés d'avoir affaire à des terroristes (d'ailleurs, cela n'est pas un hasard s'ils les obligent à mettre des vêtements qui rappellent les prisonniers de Guantanamo), à commencer par le conducteur de la voiture des jeunes qui est d'origine maghrébine. Les jeunes ont beau tenté de se justifier, rien n'y fait. Ils sont bel et bien victimes de détraqués.
L'un des autres intérêts du film est d'insister sur la personnalité des ravisseurs. Ces hommes se sont connus lors de la guerre en Irak et l'un des deux a attrapé une maladie là-bas. Depuis, il est visiblement extrêmement remonté contre les arabes, étant persuadé d'avoir affaire à des terroristes. Le film ne se gêne pas pour critiquer une certaine Amérique paranoïaque, archi-protectionniste, sur-sécuritaire, qui a du mal à refermer la plaie de l'Irak et plus encore le drame du 11 septembre.
Parfaitement bien mis en scène et très bien joué par ses différents acteurs, Territoires est un film parfois difficilement soutenable (les tortures vécues par les jeunes font froid dans le dos) et extrêmement noir dans son propos (sans compter un final qui n'est pas spécialement optimiste), qui mérite largement d'être vu.
Voilà une découverte qui fait plaisir pour un petit film tel que celui-ci.

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14.12.11

06:45:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film d'animation : Le chat potté

Réalisateur : Chris Miller

Date de sortie au cinéma : 30 novembre 2011

Durée : 1h30

Avec les voix en français de : Boris Rehlinger (Le chat potté), Virginie Efira (Kitty Pattes de velours), Vincent Ropion (Humpty), etc.

Par Nicofeel

Le chat potté est déjà connu pour ceux qui sont des aficionados de la série Shrek. En effet, c'est lors des aventures de Shrek que l'on a été amené à faire connaissance avec ce chat charmeur, à l'accent espagnol, qui est prétentieux, aime faire son malin et se prend pour une sorte de chevalier.
Ici, le film entier est dédié au chat potté. Le réalisateur chargé de mettre en scène le chat potté est quelqu'un qui est bien dans la mouvance du studio Dreamworks puisqu'il s'agit de Chris Miller, scénariste des Shrek et réalisateur du troisième film de la série.
Le chat potté est un gentil petit film d'animation, sans véritable ambition, mais qui a le mérite de divertir petits et grands, en mettant en scène ce chat qui parle et se prend continuellement pour une sorte de héros.

Le film Le chat potté mange un peu à tous les râteliers. On se trouve tout d'abord dans un parfum de western avec l'environnement général : on se situe dans des paysages désertiques ; le chat potté entre dans un saloon où il commande très logiquement du lait ! ; le chat potté attaque une diligence. Ensuite, le chat potté est aussi dans le style qui rappelle Zorro. Il y a d'abord l'allure générale du chat potté. Il y a aussi le fait que l'action se déroule en Espagne. Enfin Le chat potté lorgne aussi vers le merveilleux. En plus du fait que le chat est capable de parler, on a son amie Kitty pattes de velours qui parle également, on a une tête d'oeuf qui bouge et parle également, on a une oie géante et puis on a aussi un haricot géant qui n'est pas au passage sans rappeler Jack et le haricot magique. J'en oublie certainement mais il est clair que Le chat potté se veut très référentiel.
En plus de ces éléments, on notera que le film est bien rythmé. Durant son 1h30, le film va à cent à l'heure. Il y est question d'aventures extraordinaires avec notre chat potté qui se montre particulièrement courageux. Il va à la recherche d'un haricot magique et d'oeufs d'or. De plus, il n'hésite pas à prendre des risques pour sauver sa copine Kitty ou son ami Humpty.
Si le côté action de ce film d'animation est très présent et est plutôt réussi (même si le film ne dispose pas d'un scénario extrêmement élaboré), Le chat potté est plaisant à regarder par son humour omniprésent. On a des personnages hauts en couleurs avec par exemple le poussin aux oeufs d'or qui fait penser aux poussins que l'on peut retrouver dans les baignoires au vu de son apparence. Et puis évidemment dans ce film, notre ami le chat potté crève l'écran. Il s'amuse à être charmeur en toutes circonstances en présence de la belle Kitty. Par ailleurs, pour attendrir les gens, il n'hésite pas à faire de grands yeux. On a droit aussi à un combat qui se transforme en duel de flamenco très drôle entre le chat potté et Kitty. Sans compter par la voix "espagnole" du chat potté qui est très amusante et par les réflexions du chat potté (" quoi qu'est-ce ?"), avec en point d'orgue le fait que le chat potté se prend lui-même pour un mythe vivant : "Je suis le chat potté. Mon nom deviendra une légende."
Au final, si Le chat potté n'est pas un film d'animation qui restera dans l'histoire, il se suit plutôt bien et reste à destination de tous, de 7 (ou moins !) à 77 ans.

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13.12.11

06:45:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Atrocious

Réalisateur
: Fernando Barreda Luna

Date de sortie du film au cinéma
: inconnue

Durée du film
: 1h22

Avec
: José Masegosa, Chus Pereiro, Cristian Valencia, Clara Moraleda, Sergi Martin, Xavi Doz, etc.

Par Nicofeel

Dans la vague des films qui bénéficient d'un filmage caméra à l'épaule qui a lieu du début à la fin du film où le spectateur assiste à une sorte de spectacle « live », on commence à atteindre l'overdose. Sans être exhaustif, on peut citer le cas du synmpathique Projet Blair Witch, de l'excellent REC, de sa suite plutôt foireuse, des Paranormal activity qui sentent le réchauffé.
Eh bien malgré tout il y en a qui ont l'idée de continuer à exploiter le filon. C'est le cas du réalisateur espagnol Fernando Barreda Luna qui montre une famille qui a décidé de passer plusieurs jours en vacances à Sitges (là où a lieu d'ailleurs un festival de films fantastiques).
L'entrée en matière du film est intéressante avec cette explication : « l'esprit est comme un labyrinthe où n'importe quoi peut se perdre. » Tout cela est très énigmatique.
Pourtant, le reste va s'avérer beaucoup moins énigmatique. Il y a d'abord l'explication de l'intrigue qui n'est pas sans rappeler le projet Blair Witch avec cette vidéo retrouvée par la police et cette légende urbaine selon laquelle en 1940, à Sitges, une jeune fille en robe rouge se serait perdue et aiderait désormais les gens qui se perdraient.
Au niveau des filmeurs dans le film, on a surtout droit au fils aîné Christian et quelquefois à sa soeur Julie.
Ceux-ci décident de filmer dans une demeure abandonnée des années 40. Cette maison est comme un labyrinthe et il est manifestement facile de s'y perdre.
A l'instar d'un projet Blair Witch ou d'un Paranormal activity, Atrocious joue sur un côté minimaliste. Les événements étranges qui se passent sont principalement à imaginer par le spectateur qui demeure éveillé par une ambiance et rien d'autre. Car à dire vrai il ne se passe pas grand chose et le film met franchement beaucoup de temps à réellement démarrer. C'est bien sympathique de faire aboyer un chien, de faire casser un verre ou encore de faire disparaître un chien, mais cela n'est pas très prenant.
Surtout, pendant un bon moment, le jeune acteur qui joue le rôle de Christian fait des pâtés de maison en tournant dans le labyrinthe. Si l'on ne tombe pas de sommeil à ce moment là, c'est bien parce que l'on souhaite savoir comment ce film va se terminer.
Bien m'en a pris car la dernière demi-heure du film est plus intéressante que le reste. En fait c'est la succession des disparitions qui pose question. Pourquoi la mère s'est-elle enfuie la nuit, sans discernement ? Comment la soeur de Christian s'est-elle retrouvée attachée à un autel ?
L'agression qui a lieu à la fin et qui peut rappeler Shining n'est pas trop mal amenée et vaut le détour. En plus, la révélation à la fin du film avec ces photos et ces images à la télévision avec une explication finale sur le tueur qui fait froid dans le dos.
Côté acteurs, il ne faut pas s'attendre à grand chose. Le film vaut surtout pour les événements qui se déroulent et non pour le jeu des acteurs qui n'est pas toujours fameux, à l'instar de cette scène où la soeur de Christian se met à crier uniquement quand elle le voit et qu'il est donc sur le point de la libérer ! Elle aurait pu crier avant pour se faire repérer !
Au final, Atrocious ne révolutionne absolument pas la mode des films à la Projet Blair Witch. Il faut s'armer de patience pour éviter de s'endormir et voir ainsi un final qui vaut globalement le coup.

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12.12.11

06:45:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : The thing

Réalisateur
: Matthijs van Heijningen Jr

Date de sortie du film : 12 octobre 2011

Durée du film : 1h43

Avec : Mary Elizabeth Winstead (Kate Lloyd), Joel Edgerton (Braxton Carter), Ulrich Thomsen (Sander), Eric Christian Olsen (Adam Goldman), etc.

Par Nicofeel

A une époque où les remakes et préquels en tous genres sont légion, il n'est finalement pas si étonnant que cela que le film culte de John Carpenter, The thing (qui était lui-même le remake d'un film des années 50 sur lequel avait travaillé Howard Hawks), se retrouve à faire l'objet d'une préquel.
C'est un cinéaste totalement inconnu, Matthijs van Heijningen Jr, qui est aux manettes de cette entreprise.
L'action du film se déroule en 1982, ce qui est somme toute logique puisque le film de Carpenter a été réalisé durant cette période. La scène d'introduction est plutôt bien faite avec ces scientifiques qui découvrent en Antarctique un vaisseau spatial et surtout un extraterrestre qui est congelé dans de la glace. C'est principalement l'extraterrestre qui retient l'attention et va faire l'objet d'une analyse.
Comme on peut s'en douter, les scientifiques vont réveiller l'extraterrestre qui sommeillait et c'est alors que va débuter un jeu du chat et de la souris.
The thing version 2011 serait plutôt un bon film si le film de Carpenter n'existait pas. Oui mais voilà cela n'est pas le cas. Du coup, on est forcé de comparer les films. Et à ce petit jeu le film de 2011 est un peu sec.

Car passé une scène introductive intéressante, le réalisateur ne s'embête pas la vie et se borne à utiliser dans ses grandes longueurs les idées du film de Carpenter. Ainsi, le monstre que combattent les scientifiques est capable de muter et surtout de dupliquer la personne qu'il a tué. Les scènes où l'on assiste aux transformations des êtres humains qui contiennent en fait le monstre sont plus que probantes. Les effets spéciaux du film sont même clairement la grande qualité de celui-ci. Mais bon cela n'est pas suffisant pour faire un bon film. D'autant que, comme dit précédemment, The thing version 2011 pompe allégrement sur la version de 1982.C'est ainsi que le test du sang est repris et donne lieu à une scène quasi identique à 1982, même si on a droit à une variante avec un test des dents.
The thing 2011 n'est pas un mauvais film, loin s'en faut. Mais c'est un film qui est une version quasi édulcorée du film de Carpenter. Ici, les effets spéciaux sont bien faits mais ils ne sont pas au service de scènes gore. On ne voit quasiment rien à l'écran sur ce point. Ce qui est dommage car le film de Carpenter comprenait quelques séquences-chocs qui conservaient le spectateur dans un état de tension permanente. De même, alors que le film de Carpenter peut se targuer d'une bande son d'Ennio Morricone carrément stressante, ce film n'a rien de spécial au niveau de sa bande son. D'ailleurs, si ce film de 2011 est plutôt bien emballé et bénéficie d'un rythme alerte, il faut reconnaître que l'on est jamais vraiment tendu par ce qui se passe. C'est dommage.
Côté acteurs, on a personne de spécialement connu. Cela n'empêche pas d'avoir une distribution qui tient la route. Mais encore une fois entre les acteurs qui sont présents dans ce film et Kurt Russel qui tenait le haut du pavé dans le film de 1982, il n'y a pas photo.
Finalement, ce The thing version 2011 a comme grand défaut de se limiter à effectuer une préquel du film de 1982 sans jamais prendre de risques (la fin du film, qui est correctement emballé, fait le lien entre les deux films). Ce film pompe trop l'original, avec en outre une absence d'âme et un côté consensuel qui n'est le bienvenu. En revanche, pour ceux qui ne connaissent pas le film de Carpenter, ce film pourra apparaître comme plus que correcte car, vu de manière isolé, c'est un film plutôt satisfaisant. Voilà en somme un long métrage largement regardable mais totalement inutile.

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11.12.11

06:45:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Le venin de la peur

Réalisateur
: Lucio Fulci

Année : 1971

Origine
: Italie

Durée du film
: 103 minutes

Avec : Florinda Bolkan (Carole Hammond), Jean Sorel (Frank Hammond), Silvia Monti (Joan Hammond), Anita Strindberg (Julia Durer), Stanley Baker (l'inspecteur Corvin), Leo Genn (Edmond Brighton), Georges Rigaud (le docteur Kerr), etc.

Par Nicofeel

Quand on évoque la carrière de Lucio Fulci, on pense immédiatement à ses films d'horreur dont certains sont passés à la postérité (L'enfer des zombies en 1979, Frayeurs en 1980, L'au-delà en 1981 et La maison près du cimetière en 1981). Pourtant, ce cinéaste italien a également œuvré dans de nombreux autres genres, et notamment dans le giallo (Perversion story en 1969, La longue nuit de l'exorcisme en 1972 et L'emmurée vivante en 1977).
Avec Le venin de la peur (1971), il livre sans nul doute son giallo le plus abouti, qui constitue même l'un des références du genre.
Le début du film est particulièrement marquant. Après un générique très easy listening comportant des images floues, on aperçoit une jeune femme dans un train qui tente de se frayer un chemin au milieu d'usagers puis d'hommes et femmes nus. La suite de cette scène consiste en une relation saphique entre cette jeune femme et une autre très belle femme. Tout cela correspond en fait au rêve que fait à plusieurs reprises Carole Hammond, une bourgeoise, fille d'un homme politique important. Elle raconte ce rêve à son psychiatre qui voit dans la séquence suivante, le meurtre de Julia Durer, la voisine à la vie dissolue de Carole Hammond, la victoire de la vertu sur l'immoralité.
Sauf que rapidement la réalité prend le pas sur le rêve. La police retrouve Julia Durer assassinée. Or, tous les indices convergent vers Carole Hammond (on retrouve sur l'arme du crime ses empreintes) qui constitue le coupable idéal.
Le venin de la peur est clairement à ranger dans la catégorie des gialli car il comporte plusieurs éléments qui sont propres à ce genre. D'abord, on assiste à un meurtre (que l'on revoit plusieurs fois) qui s'avère tout à la fois sanglant et extrêmement stylisé. Ensuite, qui dit meurtre dit enquête policière. Cette dernière s'avère extrêmement minutieuse. Car il s'agit de trouver pour quelle raison Carole Hammond a décidé de tuer une jeune fille qui n'a rien à voir avec son milieu. Dans la même optique, le film fait état d'un véritable traumatisme avec ce rêve mortifère que refait Carole Hammond, et qui pourrait expliquer un comportement schizophrène.
Enfin, et cela n'est pas le moindre des aspects du film, on voit bien que l'on est dans un giallo car l'érotisme est très prégnant. Cependant, cet érotisme n'a rien de gratuit. Il a pour but de vilipender une société où chacun agit comme il l'entend, au mépris de toute moralité, pourtant mise en avant par la classe bourgeoise. En cela, Le venin de la peur est un giallo qui est tout sauf conventionnel.
Si les ingrédients principaux propres au giallo sont bien présents dans ce film, Lucio Fulci n'a pas hésité à se démarquer de ce genre pour apporter une vision très personnelle. Ainsi, la société dans son ensemble est mise à mal. Carole Hammond est représentative d'une bourgeoisie qui se sent naturellement au-dessus des autres, comme lorsqu'elle répond à la question Connaissez-vous Julia Durer ? par un méprisant : « Je trouve cette question inconvenante. » Madame Hammond devient le symbole d'une bourgeoisie qui se déclare puritaine mais aspire au fond d'elle-même à une vie sexuelle libérée, débridée. Son mari ne vaut pas mieux qu'elle, lui qui trompe sa femme depuis deux ans. La bourgeoisie n'est pas la seule classe à être ouvertement critiquée par Lucio Fulci. Le cinéaste italien s'en prend aussi aux hippies qui couchent à tout-va et prennent de la drogue, sans avoir conscience de leurs actes (« quand on est défoncé on peut tuer quelqu'un et ne jamais s'en souvenir », dixit l'un des hippies). Pire, ils sont même présentés comme des gens dangereux, à l'instar de cette scène de course-poursuite entre Carole Hammond et l'un des hippies. Le point de vue social du film est assez clair.
Lucio Fulci présente également une œuvre annonciatrice de ses prochains films d'horreur. En effet, à moults reprises, on a droit à des scènes surréalistes particulièrement marquantes, dignes du chef d'oeuvre de Fulci, à savoir L'au-delà. Ici, on aperçoit des cadavres aux yeux crevés et des chiens éviscérés dans un laboratoire au terme d'une course-poursuite labyrinthique.
Et puis Le venin de la peur est un giallo atypique par le fait que l'on connaît dès le départ l'identité du tueur. Il ne faut pas chercher ici un tueur à la main gantée. Les différentes personnes qui sont accusées n'ont d'autre but que de tenter de disculper Carole Hammond, une femme impeccable sous tous rapports, en tout cas en apparence qui se sert de son rêve comme d'un alibi. Elle essaie de se faire passer pour schizophrène. Quant aux meurtres, l'originalité tient au fait que l'on voit uniquement un meurtre, et qui plus est dans un rêve (ou plutôt dans le souvenir du tueur). Les autres meurtres ne sont jamais montrés à l'écran.
Giallo très axé sur le côté psychologique, Le venin de la peur bénéficie du savoir-faire d'un cinéaste qui est déjà au sommet de sa forme, et réussit à véhiculer une ambiance dérangeante avec des gros plans, des floutages ou encore un split-screen. Le film allie par ailleurs avec brio des scènes réalistes marquées notamment par l'enquête policière et des scènes oniriques d'une grande beauté sur le plan plastique. Le travail effectué sur les décors et l'éclairage est remarquable. On pense notamment à la superbe scène initiale où Carole Hammond et Julia Durer font l'amour, dans un environnement saturé de rouge.
De plus, le film peut se targuer d'avoir une excellente bande son signée Ennio Morricone, qui compose une musique faite de mélodies très easy listening et de dissonances qui permettent de maintenir le spectateur dans un état de tension permanente. C'est au passage une des bande son les plus expérimentales d'Ennio Morricone.
Quant au casting du film, il est loin d'être ridicule. Florinda Bolkan incarne une brune énigmatique, à la beauté froide. On sent son personnage constamment sur le qui-vive. Quant à Anita Strindberg, elle apporte sa beauté naturelle et rayonnante au personnage de la pauvre Julia Durer. Outre ces deux actrices, le reste du casting demeure de qualité.
Au final, Le venin de la peur est incontestablement un giallo majeur qui prouve au demeurant que Lucio Fiulci est capable de réaliser de très grands films, et pas seulement en mettant en scène des zombies.
L'éditeur français Néo Publishing, qui a édité de nombreux gialli, ayant mis la clé sous la porte avant de distribuer ce film, il serait appréciable qu'un éditeur ait la bonne idée de sortir Le venin de la peur en DVD ou en blu ray.

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10.12.11

06:45:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Paranormal activity 3

Réalisateurs : Henry Joost et Ariel Schulman

Date de sortie du film : 19 octobre 2011

Durée du film : 1h24

Avec : Katie Featherston (Kate), Spraque Grayden (Kristi Rey), Lauren Bittner (Julie),Chloe Csengery (Katie jeune), etc.

Par Nicofeel

Après un sympathique premier opus et un deuxième opus aussi mauvais qu'inutile, c'est reparti pour un petit tour avec la saga de Paranormal activity. Alors que le premier film traitait des phénomènes paranormaux dont était victime Kate, le deuxième s'intéressait à Kristi, la soeur de Kate. Eh bien là, tout simplement, pour donner des explications au mythe, on revient sur la jeunesse de Kate et de Kristi qui vivent avec leurs parents et avec au final une question qui tourne autour de sorcières.
Alors disons le franchement Paranormal activity commence à sérieusement tourner en rond. Le film n'a pas grand chose à raconter. On sait déjà pratiquement tout.
Et puis cette mode des préquels (voir celle de The thing qui apparaît complètement inutile) ne sert franchement à rien, si ce n'est d'enrichir des producteurs peu scrupuleux.

Quant à la façon de filmer, à savoir un tournage en vidéo amateur par un homme - qui se trouve être le compagnon de la mère de Kate et Kristi – on n'est nullement surpris. Pire, on trouve le temps carrément long.
Car le film met beaucoup de temps à se mettre en route. Pendant plus de vingt minutes, on a juste droit à des bruits. Au moins ça a le mérite de ne pas coûter beaucoup d'argent ! On s'ennuie ferme.
Par ailleurs, le film est parfois très embrouillé dans ses explications, sans compter qu'on a droit à des flashbacks qui ne sont pas toujours évidents à saisir. Pour ma part, j'y arrive à peu près parce que j'ai regardé les deux précédents opus. Mais je n'imagine pas ce que doit penser qui n'a pas vu les deux films précédents. Il va certainement penser que tout cela est très brouillon.
Sans compter que le film n'est tout de même pas très rythmé. On a droit à quoi en fin de compte : à un plafonnier qui se met à bouger tout seul ; à des bruits suspects ; à une personne qui se met à léviter à un moment donné ou encore à des filles qui sont sous l'emprise du Malin. Heureusement que le film est plus prenant dans sa deuxième partie car sinon il serait proche de mériter un 0 sur 10. Là, à défaut de sauver les meubles (je ne parle pas des meubles de la cuisine qui se mettent à bouger !), le film réveille quelque peu le spectateur. Ce que l'on voit manque cruellement d'originalité et est particulièrement attendu mais au moins il se passe quelque chose.
Côté acteurs, pas grand chose à dire, en tout cas en bien. On trouve les acteurs relativement insipides au même titre que la mise en scène qui aurait pu être l’œuvre de n'importe quoi et est ici le travail de deux cinéastes : Henry Joost et Ariel Schulman. Vous ne les connaissez pas ? Moi non plus.
Film clairement commercial, Paranormal activity est aussi vite oublié qu'il a été vu. Malgré sa courte durée (à peine plus d'une heure vingt), le film est franchement ennuyeux dans sa globalité. Seule la fin mérite d'être vue, même si elle est bien tirée par les cheveux. En fin de compte, il est temps que cette franchise s'arrête.

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09.12.11

06:45:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : The human centipede (full sequence)

Réalisateur
: Tom Six

Date de sortie au cinéma : prochainement

Origine : Pays-Bas

Durée du film : 88 minutes

Avec
: Laurence R. Harvey (Martin), Ashlynn Yennie (miss Yennie), Maddi Black (Candy), Bill Hutchens (docteur Sebring), etc.

Par Nicofeel

Réalisé par le néerlandais Tom Six et sorti en 2009, le film The human centipede (first sequence) racontait l'histoire d'un savant fou qui avait décidé de créer un « mille-pattes humain » avec la bouche d'une personne reliée à l'anus de la précédente. C'est ainsi qu'avec trois victimes il invente l'idée d'un système digestif unique. Film très particulier qui jouait avant tout sur une ambiance avec un humour noir digne du dentiste de Brian Yuzna, The human centipede avait tout de même fait son effet lors de sa sortie. Ce n'était rien à côté de sa suite, The human centipede (full sequence).
Dans ce film, la vision de notre monde que propose le réalisateur Tom Six, qui est toujours aux commandes de The human centipede, est loin d'être reluisante. On suit le quotidien de Martin, l'agent de sécurité d'un parking, qui passe des heures entières au travail à visionner avec un plaisir certain The human centipede (first sequence). Martin est un homme de petite taille, doté d'un physique disgracieux et souffrant d'asthme. Rapidement, on apprend que Martin a été violé par son père dans sa jeunesse et qu'actuellement son médecin abuse de lui sexuellement. Pour ne rien arranger à l'affaire, Martin n'a jamais quitté le cocon familial, vivant avec une mère qui le considère comme un véritable enfant.

Pourtant, les faits et gestes de Martin n'ont rien à voir avec les amusements d'un enfant. Non, Martin a tellement été victime de sévices qu'il en est devenu un être dérangé sur le plan psychologique. La notion du bien et du mal n'ont visiblement pas court chez lui. Là où le film de Tom Six est franchement dérangeant, c'est qu'il nous montre une personne qui ne saisit pas la frontière entre la fiction et la réalité. Martin entend ainsi réaliser, comme dans The human centipede premier du nom, un mille-pattes humain avec cette fois-ci douze personnes. Sauf que notre psychopathe de service n'est pas un médecin. Du coup, la réalisation de son mille-pattes humain va donner lieu à une véritable boucherie.
Agressant de manière sauvage des personnes qui passent dans le parking où il travaille, Martin va réunir progressivement les douze victimes pour créer son mille-pattes humain. Si la première partie du film présente le quotidien sordide de notre principal protagoniste et sa méthode pour trouver ses victimes, la deuxième partie est celle de la création du mille-pattes humain. Et là il faut franchement avoir le cœur bien accroché pour pouvoir assister à ces tortures humaines. Les débordements gore sont légion : Martin tranche, découpe des membres, relie des gens avec des agrafes et des morceaux de scotch. Bref, si on nage en plein amateurisme, il n'empêche que c'est justement le fait que quelqu'un puisse avoir une idée aussi folle qui fait froid dans le dos. Car Martin va jusqu'au bout de ses idées et si les victimes ne sont pas consentantes, il ne se gêne pas pour les mettre au pas en arrachant des dents, une langue ou en utilisant un entonnoir pour faire passer des aliments. Le réalisateur Tom Six pousse même le bouchon un peu loin en insistant sur des éléments qui sont franchement d'un réel mauvais goût, voire même d'une moralité douteuse : c'est le cas avec une insistance sur le côté scato et surtout lors d'une scène où une femme donne naissance à un enfant qu'elle écrase pour pouvoir s'enfuir. Le cinéaste aurait pu éviter une telle scène. Car le film est suffisamment choquant en soi.
The human centipede (full sequence) est un film malsain. Outre les effusions gore, le malaise à regarder un tel film provient du fait que le tueur apparaît comme monsieur tout le monde. C'est un être qui n'a pas fait d'études de médecine et qui n'a rien de spécial pour lui. C'est en revanche une personne qui ne fait plus la différence entre la réalité et la fiction, à tel point qu'il réussit à inviter une des actrices de The human centipede premier du nom qui croit tourner dans un film de Tarantino ! De la sorte, Tom Six crée une sorte de mise en abîme de son propre film original, en lui donnant une importance plus grande car tout le monde peut avoir accès à son film.
Le côté effrayant du film est accru par l'utilisation du noir et blanc mais aussi par le fait que l'acteur jouant le rôle de Martin, Laurence R. Harvey, ne parle jamais et ne laisse donc pas échapper ses pensées. L'acteur est suffisamment expressif à l'écran pour instaurer de la peur sans avoir besoin de parler. D'ailleurs, l'acteur est marquant dans son rôle, on croit vraiment à l'existence du personnage qu'il interprète.
Au final, The human centipede (full sequence) est un film d'horreur qui se révèle extrêmement malaisant et malsain. Le propos du film n'est pas des plus clairs. On ne sait pas si le cinéaste Tom Six a uniquement pour but de choquer le spectateur en mettant en scène un tel film ou s'il a quelques considérations sociales, allant jusqu'à nous rappeler que la violence (vécue dans le film par le principal protagoniste dans sa jeunesse et dans son quotidien) est susceptible d'engendrer une autre forme de violence. Toujours est-il que ce film très controversé, qui a été censuré en Angleterre, est évidemment à réserver à un public très averti.
A noter que Tom Six a déjà en prévision pour 2013 un human centipede 3 (final sequence).

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08.12.11

06:45:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la clé

Réalisateur : Sergio Martino

Année : 1972

Origine
: Italie

Durée du film : 96 minutes

Avec : Luigi Pistilli (Oliviero Ruvigny), Anita Strindberg (Irina Ruvigny), Edwige Fenech (Floriana), etc.

Par Nicofeel

Sergio Martino est un réalisateur italien qui est souvent considéré comme un bon faiseur, mais rien d'autre. Pourtant, s'il est vrai que ce cinéaste a touché à tous les genres avec des succès variables, il est incontestable qu'il a offert au giallo quelques-uns de ses films les plus marquants.
Un an après les excellents L'étrange vice de madame Wardh (1971), La queue du scorpion (1971), et deux ans avant l'implacable Torso (1973), Sergio Martino livre au spectateur un giallo atypique avec ce film au titre particulièrement étonnant : Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la clé.
On suit dans ce film un couple à la dérive. On a ainsi affaire à un riche écrivain, Oliviero Ruvigny, alors en manque d'inspiration, qui est devenu un bourgeois décadent. Il pratique de nombreuses orgies et se plaît à maltraiter sa belle épouse, Irina. Cette dernière est manifestement à la limite de la folie. Elle ne peut plus supporter sa vie actuelle. C'est dans ce contexte particulier que survient un meurtre horrible, dont la victime n'est autre qu'une jeune libraire, ancienne maîtresse d'Oliviero.
Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la clé se range clairement dans la catégorie des gialli car il comporte plusieurs éléments qui sont propres à ce genre. Le film est d'abord émaillé de meurtres sanglants (le sang qui fait plus penser à de la gouache qu'à autre chose n'a d'autre but que de renforcer le côté graphique du meurtre). Ensuite, le meurtrier est tout à la fois un être mystérieux (habits noirs, main gantée) et qui utilise une arme blanche (ici, une sorte de faucille). L'identité de ce tueur ne sera connue que tardivement. A fortiori, avec un talent certain, Sergio Martino multiplie les pistes quant à l'identité du tueur : est-ce Oliviero qui aurait un peu trop mélangé roman et réalité ? Est-ce Irina qui chercherait à faire accuser son époux ? Est-ce la jeune nièce d'Oliviero qui n'a pas l'air d'être venue dans la villa des Ruvigny uniquement pour se divertir ? Est-ce l'un des villageois ? Est-ce un personnage inconnu pour le spectateur ? Le réalisateur italien parvient à brouiller les pistes de façon habile.
Comme il y a des meurtres, on se doute qu'il y a une enquête policière. Ici, Sergio Martino a fait exprès de reléguer au second plan cette enquête avec des policiers qui n'ont aucune prise sur les événements. L'une des phrases de l'inspecteur de police est d'ailleurs significative de ce film qui fait l'objet de moults rebondissements : « Mais les problèmes ont une caractéristique. Ils ne finissent jamais. »
Enfin, et cela n'est pas le moindre des aspects du film, on voit bien que l'on est dans un giallo car l'érotisme est très prégnant. La première scène du film nous propose à cet effet une scène de sexe, avec une image qui est cependant floutée et ne permet donc pas de voir grand chose. Quelque part, cette scène est annonciatrice de l'érotisme du film qui reste extrêmement sage. Il faut dire que Sergio Martino ne cherche pas spécialement à assouvir les plus bas instincts du spectateur. Il souhaite surtout distiller un érotisme trouble et une sensualité constante, ce qui donne un vrai cachet à ce film étrange.
Car ce film est bien un film étrange. Si tous les ingrédients du giallo sont bien présents, le réalisateur a eu l'excellente idée de lui adjoindre un côté fantastique. Les décors du film participent à une ambiance gothique : la villa avec ces nombreuses portes et cette cave remplie de secrets ; le portrait de la mère d'Oliviero qui semble surveiller ce qui se passe. Surtout c'est la présence du chat qui retient l'attention. Il faut dire que Sergio Martino a repris certains éléments de la nouvelle Le chat noir d'Edgar Allan Poe. A bon escient car cela donne un vrai cachet au film. Annonciateur de mauvais présages, ce chat est présent dans tous les mauvais coups. Il sert même de raccord à certaines scènes. Et puis il va même être déterminant lors du final du film, qui avait pourtant déjà vu se succéder plusieurs twists. Ce chat de malheur apporte un vrai plus au film, permettant tout à la fois d'accroître le côté fantastique de l’œuvre (préfigurant peut-être également le chef d’œuvre de Dario Argento, à savoir Suspiria où l'on voit à un moment donné des yeux qui ressemblent à ceux d'un chat noir) et de faire preuve d'un certain humour noir (le chat blessé qui semble indestructible, le chat qui est là pour révéler des choses qui devraient être enfouies).
Notons que si le film est très riche sur le plan thématique et scénaristique, il doit aussi sa réussite à d'autres choses. Ainsi, la mise en scène de Sergio Martino est superbement travaillée, donnant lieu par exemple à des scènes de meurtres qui sont très bien travaillées. On a également la photographie du film et la musique de Bruno Nicolai (une de ses meilleures bande son) qui accroissent le côté fantastique de ce long métrage.
Quant aux acteurs, Luigi Pistilli crève l'écran avec son personnage de bourgeois décadent. Le rôle des actrices Anita Strindberg et Edwige Fenech ne se limite pas à user de leurs charmes. Ces belles jeunes femmes jouent leurs personnages avec une conviction certaine.
Au final, Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la clé constitue un excellent giallo, qui bénéficie entre autres d'un scénario très astucieux qui reste malgré tout crédible.
L'éditeur français Néo Publishing, qui a édité de nombreux gialli, ayant mis la clé sous la porte avant de distribuer ce film, il serait appréciable qu'un éditeur ait la bonne idée de sortir Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la clé en DVD ou en blu ray.

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05.12.11

06:40:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Drive

Réalisateur
: Nicolas Winding Refn

Origine : Etats-Unis

Date de sortie du film : 5 octobre 2011

Durée du film : 100 minutes

Avec : Ryan Gosling (le chauffeur), Carey Mulligan (Irene), Bryan Cranston (Shannon), Albert Brooks (Bernie Rose), Oscar Isaac (Standard Guzman), Christina Hendricks (Blanche), Ron Perlman (Nino), etc.

Par Nicofeel

Après deux films maîtrisés sur le plan technique mais où l'on ne savait pas bien où le réalisateur voulait en venir, le danois Nicolas Winding Refn est de retour. Et le moins que l'on puisse dire est qu'avec Drive ce jeune cinéaste (il est né en 1970) rend une copie très propre avec un polar d'excellente facture.
Pourtant, en soi, le film n'a rien d'exceptionnel au niveau de son histoire. On suit un homme, dont on ne connaît pas l'identité, qui est cascadeur anonyme le jour et chauffeur pour la mafia la nuit. Sa vie va être amené à prendre un tournant décisif lorsqu'il fait connaissance avec sa voisine de palier. Avec ce scénario simple en apparence, le réalisateur Nicolas Winding Refn réussit à transcender le genre du polar, au point d'être à deux doigts du chef-d’œuvre.

Il faut dire que le réalisateur cumule les bons points dans ce film. D'abord, il y a une mise en scène fluide et extrêmement stylisée qui prouve que l'on a affaire à quelqu'un qui sait parfaitement filmer. Nicolas Winding Refn n'a absolument pas volé le prix de la mise en scène qu'il a remporté cette année au festival de Cannes. En filmant Los Angeles quasi uniquement de nuit avec de très beaux plans en plongée qui insistent sur le côté gigantesque de la ville, ou encore avec des scènes de course-poursuite qui sont très bien découpées, Nicolas Winding Refn rend hommage aux films de Michael Mann (on pense notamment à Collateral), de William Friedkin (Police Fédérale Los Angeles) mais aussi des polars hong-kongais de Johnnie To et Ringo Lam. Cependant, le film ne croule pas sous les références et prend rapidement de lui-même son envol.
Il faut dire qu'à peine le film débute que l'on est happé par la beauté des images et par la musique planante. Dans ce film plus que dans de nombreux autres, la musique tient une place prépondérante. Le premier morceau du film, Nightcall de Kavinsky (featuring Lovefoxxx) donne un côté hypnotique au film qui ne lâchera jamais le spectateur. La bande son du film, signée Cliff Martinez, est toujours agréable à écouter. Elle est entraînante tout en étant douce. Elle accompagne à merveille les trajets – notamment en voiture – du principal protagoniste du film. Donnant l'impression d'être sortie tout droit des années 80 (sauf que l'on a droit ici au meilleur, pas à des synthétiseurs ridicules), la période dont fait référence le film, la musique propose quelques morceaux de grande qualité qui continuent de trotter dans la tête du spectateur à la fin du film. On pense ainsi à l'excellent Under your spell de Desire qui fait penser à du Blondie ou encore à A real hero de College (featuring Electric youth) qui finit de nous achever sur le plan émotionnel par son électro-pop envoutante.
Mais ce n'est pas tout. La photographie du film est également superbe. Elle met à plusieurs reprises en valeur Ryan Gosling, l'acteur principal du film, en insistant sur son visage, laissant transparaître la détermination et les sentiments de ce dernier. La photographie est lumineuse en de rares occasions, correspondant lors de ces moments aux scènes de joie du principal protagoniste. La plupart du temps, la photographie du film joue sur un clair-obscur, la plupart du film se déroulant d'ailleurs de nuit. Dans ces conditions, la photographie accroît le côté intrigant de l’œuvre.
Car Drive est loin d'être une sinécure. C'est avant tout un polar bien noir où le cinéaste livre une vision désenchantée de notre société. Dans ce monde, les honnêtes gens sont rares alors que les bandits, les truands, les profiteurs, sont légion. Dans Drive, le danger peut venir de n'importe où et à n'importe quel moment. Les scènes d'action sont d'une grande violence, une violence sèche et abrupte. Certaines scènes du film sont de ce point de vue difficilement supportables pour les âmes sensibles, tant les effusions de sang sont importantes. On pense ainsi aux coups de fusil dans le motel qui donne lieu à un véritable carnage ou à la scène dans l'ascenseur qui montre la violence intérieure qui habite notre « héros ».
A cet égard, la performance de Ryan Gosling, acteur très en vue actuellement, est tout bonnement bluffante dans ce film. L'acteur réussit selon les scènes à faire preuve d'une grande sensibilité (on le voit quelquefois au bord des larmes) ou au contraire d'une incroyable violence. L'acteur, qui joue un personnage plutôt taciturne, se révèle étonnamment charismatique. Mais il n'est pas le seul à tirer son épingle du jeu dans ce film. Carey Mulligan interprète brillamment le rôle d'une jeune femme amoureuse qui refuse de faire partie de cette société violente. Aux côtés de ces deux acteurs, on trouve toute une ribambelle de sacrées trognes – Bryan Cranston, Albert Brooks et bien évidemment Ron Perlman – qu'on croirait sortis d'un film de Tarantino.
Enfin, et ce n'est pas la moindre de ses qualités, Drive parvient aisément à se démarquer du polar tel qu'on l'imagine. En effet, s'il est bien question dans cette histoire de femme fatale (le personnage joué par Carey Mulligan est celui qui amène le chauffeur à prendre de gros risques, quitte à y laisser sa vie) ou tout simplement d'histoire d'amour, tout cela prend une tournure bien particulière. Ainsi, cette histoire d'amour restera toujours en pointillés. Jamais il n'y aura de relation effective entre cette femme et le chauffeur mais on voit bien pertinemment qu'ils sont attirés l'un vers l'autre. Le réalisateur Nicolas Winding Refn conçoit aussi un polar original dans le sens où son personnage principal est très énigmatique et peu prolixe. Notre héros préfère agir plutôt que parler. Ses choix révèlent in fine sa personnalité et ses motivations : le chauffeur agit comme un ange exterminateur, cherchant à protéger la femme qu'il aime et l'enfant de celle-ci, comme s'il s'agissait de sa propre famille.
En somme, Drive accumule les qualités. Entre une musique eighties de grande classe et un héros à la présence magnétique qui semble sorti tout droit de cette époque (jean moulant, blouson orné d'un scorpion), Nicolas Winding Refn fournit son film le plus abouti et sans aucun doute un des meilleurs films de l'année 2011.

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01.12.11

06:30:00, Catégories: Interview  

Par Flo001fg

Après avoir édité « L’île » et « 8th Wonderland », l’éditeur Emylia vient de sortir « Echap », un nouveau film indépendant français au budget cette fois vraiment minimaliste, ayant fait assez rapidement parler de lui grâce notamment à la présence d’actrices venant du cinéma pour adultes. Le réalisateur Trent a eu l’amabilité de répondre à mes questions :

Bonjour Trent. Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Bonjour, je m’appelle Christophe Berthemin aka Trent. J’ai co-réalisé avec Dist de Kaerth le long-métrage Echap qui vient de sortir le 8 novembre en dvd édité par Emylia. J’avais auparavant co-réalisé un court-métrage, Rémy, dans un genre
assez différent.

Peux-tu nous dire comment « Echap » est né?

Dans l’urgence. Fin juin 2010, Dist est venu boire une bière chez moi. On parlait de ce qu’on avait envie de faire et on s’est dit qu’il fallait qu’ontourne un long-métrage rapidement. Rapidement, c’était le mois d’août de la mêmeannée. J’ai donc écrit le film en un mois pendant que Dist cherchait les lieux et le cast. On a tourné en 5 jours dans la foulée avec juste 1500 euros sans sedemander ce qu’on était en train de faire. Mais juste parce qu’on avait le besoin d’exister comme ça à ce moment-là. Le tournage a été une très belle aventure humaine et l’aventure nous a vraiment servi de thérapie. Par contre, maintenant, il va m’en falloir vite une autre…

Comment as-tu rencontré Dist ?

Par l’intermédiaire de Lavandra, qui joue Eve dans le film, il y a pas mal d’années. On a bu un coup ensemble tous les trois en terrasse à Nancy. Mais Dist m’a rappelé qu’on s’était déjà rencontrés plus tôt lorsque j’étais juré pour un tremplin musical auquel il participait avec son groupe de l’époque.

Es-tu pleinement satisfait du résultat final ? Que penses-tu que vous auriez apporté au film si vous aviez disposé d’un budget plus conséquent ?

Oh non, on n’est jamais satisfait de ce qu’on fait ou alors c’est qu’on ne peut pas évoluer. Avec un budget plus conséquent, je suis incapable de te dire ce qu’on aurait fait puisqu’Echap a été écrit dans cette logique budgétaire. Avec de l’argent, on ne l’aurait sûrement pas fait du tout mais on aurait fait quelque chose d’autre. Par contre, j’avoue que j’ai lu quelques critiques d’internautes bien remontés et je trouve ça étrange parce qu’on emmerde personne avec notre film qu’on a tourné sans budget entre nous. On leur fait une proposition, voilà tout. Le film ne se classe pas dans un genre précis, puisque sans jamais tomber dans la parodie, les scènes de peur comme celles plus drôles sont désamorcées pour que le spectateur ne sache jamais sur quel pied danser. Le film se voulait ainsi dès le départ mais c’est vrai qu’il y a quelque chose de kamikaze que de tourner comme ça, sans filet. Sauf que le kamikaze meurt et ne connaîtra jamais la suite des évènements, nous si. On se retrouve donc en ce moment aussi bien avec des gens qui disent qu’ils n’ont jamais rien vu de pire et à l’inverse, des gens qui rejoignent la page Facebook de l’esprit de Mathieu Werther pour discuter avec lui et lui demander de venir hanter leurs nuits. Et ça, ça fait vraiment plaisir. Le film existe et a l’occasion d’être vu, c’est l’essentiel.

Avec un casting aussi sexy, dont quatre actrices qui viennent du X, on est étonné de ne voir aucune nudité dans votre film. Même la scène du viol,ne dévoile finalement rien. Pourquoi ce choix ?

Parce que certaines des filles viennent du X justement et que le personnage de Mathieu Werther dans le film est censé être quelqu’un de très frustré. C’est en frustrant le spectateur qu’on fait monter le climat du film. Pour le viol, on voulait jouer surtout avec le son et quand il n’y a plus aucun bruit, c’est vraiment là qu’on sent un malaise. Pas à l’image.

Peux-tu nous parler un peu de ce casting ?

J’avais rencontré Noémie sur Myspace il y a bien longtemps et je connaissais Lavandra de la période où nous étions tous les deux organisateurs de concerts via des assos différentes sur Nancy. Je ne connaissais pas les autres filles et ça a vraiment été de belles rencontres. Hier, à la dédicace chez Movies 2000, on était vraiment contents d’être réunis, même s’il manquait Graziella. Quand on se retrouve tous ensemble, on sait qu’on a partagé une belle aventure humaine. Les filles ont toutes joué le jeu parce que ce n’est pas évident d’arriver sur un projet sans répet, avec un jeu qu’on voulait assez naturel et spontané, le tout en travaillant 21 heures par jour. J’aime beaucoup ces filles et je sais que nos routes vont se recroiser. Sinon, Lussi est une de mes meilleures amies et elle a accepté de suite de participer au film et pour quelqu’un dont les gens parlaient souvent de la voix, c’était amusant de la faire parler avec celle d’un autre. Et enfin, Dédo, qui est également un pote et quelqu’un dont j’aime beaucoup l’univers, nous a prêté sa voix et je sais que c’est quelqu’un qui va faire une belle carrière. Son très bon spectacle en est déjà la preuve.

Comment s’est fait le choix de faire jouer Dist dans le film ?

Rapidement, juste pour le côté pratique, pour les rôles des mecs, on a pris les gens qui étaient sur place. Thibaut, l’ingé-son joue Mathieu Werther, Dist joue Sergio et même moi, je fais une voix au téléphone. Mais je trouve que ce personnage lui va assez bien en tout cas…

Aimerais-tu passer un jour de l’autre côté de la caméra ?

Oh que non. J’ai fait de la figuration l’été dernier dans Bye Bye Blondie de Virginie Despentes et je me trouvais mauvais même en ne faisant que « figurer ». C’est dire.

Votre marraine est Coralie Trinh Tri. Qu’a-t-elle apporté au film ?

C’est avant tout une amie. Elle nous a beaucoup aidé sur plusieurs points. Déjà, lors de la préparation du film, elle a fait pas mal de promo en invitant les gens à rejoindre la page via Facebook. C’est finalement de là qu’est né le « buzz » autour du film. Aussi, d’un point de vue technique, de par son expérience sur Baise-Moi, elle nous a donné plein de conseils au montage quand on avait trop la tête dans le guidon et qu’on ne se rendait plus compte qu’il fallait couper à certains moments, qu’on avait tendance à étirer.

N’aurais-tu pas aimé l’avoir dans votre casting ?

Si. Elle a aurait pu faire une apparition mais comme le scénar avait été écrit tel quel avant, ça aurait été un personnage rajouté et donc, pas forcément nécessaire dans la narration. Mais pendant le tournage, même si elle n’était pas là physiquement, pour nous, elle était présente. Ca fait des années qu’on doit faire un court-métrage ensemble et on finira bien par le faire.

Peux-tu nous parler un peu de « Rémy » ton premier court métrage?

J’ai co-réalisé Rémy en 2008 avec Romain Basset, qui s’apprête à tourner son premier long, Fièvre, avec Catriona MacColl et que j’ai hâte de découvrir. On l’a tourné en deux jours avec une équipe bien plus grosse que celle d’Echap. C’est un conte transgénérationnel entre un grand-père et son petit-fils qui portent le même prénom, Rémy donc. Ils sont campés respectivement par Roger Trapp, qui a tourné aussi bien avec Jean Renoir que Stanley Donen, et par le jeune Hugo Le Cornec. J’en garde un bon souvenir et le film avait été récompensé au Festival de la Pub de Méribel la même année, ce qui nous avait fait très plaisir. Il est dispo sur Youtube pour ceux qui veulent le voir.

Aurais-tu aimé qu’« Echap » sorte en Blu-ray ? Est-ce que cela aurait selon toi apporté quelque chose de plus au film ?

Si le film avait été fait dans une HD parfaite, pourquoi pas. Mais là, je ne suis pas sûr que ça apporterait un gros plus technique. On gagnerait par rapport à la compression du dvd, certes, et donc peut-être que ce sera le cas un jour mais je ne pense pas que ce soit une obligation. Je n’ai moi-même pas de lecteur Blu-Ray. Par contre, j’aurai aimé pour de vrai qu’il sorte en VHS mais bon…

Fais-tu toujours de la musique ?

Non, j’ai chanté douze ans dans le groupe de métal Tawn mais nous avons arrêté depuis quelques années et ça ne me manque pas plus que ça. Mais je sais que l’envie de la scène me reprendra un jour. On a composé la BO d’Echap tous les trois avec Dist et Noémie en deux jours, donc la musique est toujours présente dans ma vie mais autrement. Aussi, les gens que j’ai rencontré à travers la musique sont encore présents dans ce que je fais, comme Lussi qui joue dans le film ou Julien Cassarino du groupe Manimal qui a composé le morceau de générique de fin. Et pour Rémy, c’était Benjamin Cahen, le bassiste de Tawn, qui avait composé la BO. Par contre, Dist, lui, prépare un nouvel album et Noémie est encore dans pas mal de groupes aussi.

Continues-tu ton travail de pigiste ?

Toujours oui, je fais les pages ciné d’un magazine dans les 3 Vallées qui s’appelle InfosNews mais aussi sur un site, Mode.fr. Mais je t’avoue que je préfère maintenant passer du temps sur mes projets. Néanmoins, avoir la possibilité de rencontrer plein de gens confirmés, c’est l’occasion de leur demander directement des conseils et d’apprendre. La preuve, jeudi dernier, au moment où les internautes Allociné commençaient à se lâcher, j’avais une interview de Luc Besson à faire. Et de discuter à ce moment précis de ma vie avec ce mec qui s’en est souvent pris plein la gueule à tort ou à raison mais qui était très calme pendant qu’on discutait, je me suis dit qu’il fallait relativiser tout ça et que j’allais apprendre aussi.

Quels sont tes futurs projets ?

Je démarche pas mal de scénarii mais depuis la sortie en dvd d’Echap, je ressens une vraie urgence de tourner à nouveau, pour passer à quelque chose de neuf rapidement, de l’ordre de la rage pure. J’ai écrit un scénario de long il y a deux semaines et je pense tourner ça vite. Ca s’appelle Légitime, c’est une comédie très noire, politiquement incorrecte, qui flirte avec le nihilisme et que j’ai hâte de mettre en place. Sinon, d’autres projets de genre sont en ce moment en écriture et on verra s’ils trouvent preneurs ou pas, même si l’un d’entre eux se fait avec une boîte de prod que j’aime, Insolence Productions.

En tant qu’amateur de cinéma, quels sont tes derniers coups de coeur ?

Comme ça, de tête, je dirai que mes derniers coups de coeur sont The Monster’s Dinner, Bellflower, Red State et Hesher.

Quels sont tes films et réalisateurs préférés ?

Je n’ai jamais vraiment su parler en termes de films ou de réalisateurs préférés puisque ça dépend vraiment des moments et de mon humeur. Mais je peux te dire que j’adore des films comme Stand By Me, Breakfast Club, Freaks, Le Chat, Canicule, la Fin du Jour, Paradis pour Tous, Dupont Lajoie, Karate Kid ou Phantom of the Paradise. Et je t’en dirai sûrement d’autres demain. Quant aux réalisateurs, ça va de Bertrand Blier à John Carpenter, de Joe Dante à Bruno Dumont. Beaucoup, beaucoup de monde…

Regardes-tu beaucoup de DVD ou de Blu-ray ?

J’ai mes périodes mais il y a des jours où j’aime enchaîner quatre, cinq films et des jours où je ne peux pas en regarder un seul. D’ailleurs, je n’ai toujours pas de lecteur Blu-Ray parce que je n’ai pas de télé HD mais ça par contre, ça ne me manque pas. J’ai un lecteur dvd et un magnétoscope et ça me suffit amplement.

Un grand merci Trent pour avoir pris le temps de répondre à mes questions !

Merci à toi !

Vous trouvez en cliquant ici mon avis sur ce film et des liens utiles pour trouver ce DVD.

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