09.04.10

13:58:12, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Plague town

Premier long métrage de son réalisateur David Gregory, ce Plague town va brillamment réussir à créer une ambiance propice à toutes les peurs et s'en servir de manière efficace et probante, sans pour autant négliger un aspect sanglant bien présent, au sein d'une intrigue hélas non exempte de petits défauts, notamment au niveau d'une présentation des protagonistes certainement pas assez explicative.
Le script va laisser une famille américaine recomposée en vacances se perdre dans la campagne irlandaise et devenir les victimes d'enfants mutants.

Plague townLa séquence pré-générique aura le don de mettre le spectateur en condition en suivant cet accouchement redouté par la future mère qui aura du mal par la suite à accepter la décision du prêtre présent sur place, ce dernier voulant tuer le bébé (que nous ne verrons pas) comme n'étant pas un enfant de Dieu. L'intervention sauvage et sanguinaire du père, qui défoncera notamment le crâne du prêtre pour un premier effet gore saisissant, sauvera la vie de l'enfant. Cette entame du film jouera aussi bien sur un certain obscurantisme religieux avancé que sur l'apparence cachée du nourrisson pour titiller efficacement l'imagination et présager du pire et son déroulement en flash-back annoncé laissera supposer que l'enfant sera partie prenante dans les violences à venir.

Plague townEnsuite, nous aurons droit à la présentation des personnages principaux qui heureusement sera impliquante, intéressante et bien rythmée pour également laisser des questions en suspens en mettant en avant cette famille composée de Molly et de Jessica, deux sœurs ne pouvant vraisemblablement pas se supporter, accompagnées de leur père Jerry, un psychologue, et de sa fiancée Annette, le cinquième protagoniste étant Robin, un autochtone ayant récemment conquis le cœur de Jessica. Jerry aura donc voulu ce voyage sous forme de retour aux sources de leurs origines en Irlande pour essayer de ressouder les siens et réussir l'intégration de celle qui compte épouser. Mais hélas pour lui, les choses vont rapidement mal tourner.

Plague townDéjà, l'ambiance familiale sera complètement pourrie par les réflexions désobligeantes de Jessica sur l'état psychique fragile de sa sœur Molly et sur la situation d'Annette, qui n'est pas sa vraie mère, et tandis que la présence de Robin ne sera pas appréciée par tous. Ensuite, leur pèlerinage en rase campagne va tourner court lorsqu'ils vont rater le dernier bus susceptible de les ramener en ville, les obligeant à essayer de trouver un refuge pour la nuit. Et enfin, le réalisateur aura pris soin de placer ici ou là des éléments troublants et de mauvais augures relatifs à des meurtres commis dans les environs récemment et la présence mystérieuse de deux fillettes au comportement étrange ne fera que renforcer cette tension naissante et déjà effective.

Plague townLa nuit approchant, le petit groupe va tomber sur une voiture française abandonnée sur un chemin (et dont un rapide flash-back hypnotique nous renseignera sur les destin funeste des occupants) et décider de s'y réfugier, tandis que Robin, bientôt rejoint par Jessica, va aller essayer de trouver de l'aide. Ce sera le début d'une escalade dans la terreur rondement menée puisque chacun des protagonistes va tomber sur ces enfants mutants adeptes du sadisme et de la flagellation à coups de branches au détour de mauvaises rencontres souvent sanglantes et imaginatives dans l'art de faire souffrir ou de tuer (le fil de fer ou encore cet enjoliveur de voiture qui deviendra une arme redoutable pour frapper violemment un visage à de nombreuses reprises).

Plague townMais ces attaques se feront dans une ambiance étrange, gothique et parfois même bizarrement poétique qui ne cherchera pas vraiment à verser dans le "survival" pour au contraire laisser le mystère et les interrogations liées à la présence de ces enfants prendre régulièrement le pas sur une action certes vive mais ne cherchant pas le rebondissement à tout prix, laissant les situations s'exposer pleinement pour bien mettre en avant les jeux sadiques et un brin pervers des enfants, tout en laissant peu à peu entrevoir quelques explications guère rassurantes et offrir au métrage une ampleur alarmante et épouvantable bien maîtrisée mais sans surprise dans son agencement (la seconde mauvaise rencontre de Robin). Cela permettra au réalisateur d'avancer son personnage unique, visuellement hors du temps et là aussi étrangement poétique, puisque cette jeune fille, Rosemary, d'une pâleur incroyable, toute vêtue de blanc et portant un masque terriblement troublant sur les yeux, aura de quoi nourrir tous les cauchemars.

Plague townPassée une première heure sans anicroche le métrage va juste quelque peu faiblir dans ses situations pour préparer la révélation finale attendue et entrevue qui sera avancée de façon assez sommaire tout en préfigurant d'un sort peu enviable pour les survivantes avec cette dernière séquence édifiante, tout en redevenant au final assez terre à terre et quitter cet univers tourmenté et onirique qui seyait si bien au métrage. On pourra aussi regretter quelques éléments complètement sous-exploités et abandonnés en cours de route, comme l'origine des troubles psychiques de Molly, ou encore le pourquoi de la disparition de la mère de deux sœurs, sans oublier ce paysan au comportement saignant lorsque son aide sera refusée.

Plague townMais ces menus défauts seront bien vite balayés lorsque la nuit tombera sur le métrage pour alors laisser cette atmosphère pleine de tension et de mystère s'installer autour des protagonistes, avec ces bruits lointains et inconnus guère rassurants et qui trouveront une résonance bluffante lorsque la vie et l'organisation de cette petite communauté sera progressivement dévoilée dans toute son horreur. Le métrage osera aussi s'attaquer aux enfants qui ici bien entendu en temps que tortionnaires recevront des coups et périront pour certains, mais cela ne deviendra jamais choquant, leur difformité avérée au niveau du visage faisant disparaître un quelconque air enfantin. Pour contrebalancer cette ambiance diabolique, le métrage n'hésitera donc pas à verser régulièrement dans un gore franc et direct, toujours brutal et sadique, qui fera vraiment mal dans l'expression d'une violence graphique forte et sauvage.

Plague townLes personnages resteront donc en partie superficiels à cause du manque de renseignements déjà évoqué, mais cela n'empêchera pas de rendre certains d'entre eux plutôt attachants, avec bien évidemment cette Jeune Molly recluse et différente des autres, tandis que l'interprétation sera convaincante en étant naturelle. La mise en scène du réalisateur David Gregory est largement efficace pour créer cette univers à le frontière de l'onirisme, bien aidé il est vrai par une partition musicale extrêmement réussie. Les effets spéciaux sont largement probants pour les nombreux effets sanglants volontaires mais sans jamais tomber dans la surenchère.

Donc, ce Plague town alignera la performance assez rare d'arriver à impliquer et à imprégner son spectateur de son ambiance terriblement angoissante et propice à générer la peur et l'inquiétude, tout en nous réservant quelque surprise violente et sanglante du plus bel effet.

Plague townLe DVD de zone 1 édité par Dark sky films avancera une image nette et sans défaut, même lors des nombreux passages se déroulant dans l'obscurité, tandis que la bande-son sera particulièrement réussie, avec une partition musicale énorme, le métrage étant ici proposé dans sa version originale anglaise, avec des sous-titres optionnels en anglais et en français.
Au niveau des bonus, on pourra suivre un making-of sympathique et revenant sur l'intégralité du projet de manière sincère et sans se parer du ton promotionnel d'usage, un retour intéressant sur la partition musicale du film, ainsi que la bande-annonce.

Pour ceux qui voudraient rencontrer ces enfants mutants baignant dans une ambiance percutante, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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