30.12.09

10:15:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Doghouse

Pour son troisième long métrage (après notamment le très sympathique Evil aliens), le réalisateur anglais Jake West persévère dans la comédie horrifique décapante avec ce Doghouse qui brillera par son humour incorrect, son action virevoltante surfant sur un aspect sanglant omniprésent et plus que jouissif pour ainsi offrir à son spectateur un moment de pur délire jamais répétitif en sachant renouveler ses situations régulièrement.
Le script va laisser une bande d’amis se retrouver pour un week-end qu’ils prévoyaient festif dans un bled paumé, mais hélas pour eux, une fois arrivés sur place ils vont découvrir que toutes les femmes du village se sont transformées en des zombies aussi débiles que sanguinaires.

DoghouseD'entrée, le métrage va s'attacher à nous présenter séparément par de brèves séquences chacun des principaux personnages se préparant à se retrouver pour partir ensemble en week-end, en les mettant si possible en conflit avec le sexe faible, que ce soit une petite amie récalcitrante à cette idée ou encore une rencontre d'un soir rancunière, pour de la sorte avancer d'emblée les traits de caractère et le profil de chacun, comme Matt, ce geek tenant une boutique de bande-dessinées et autres jouets d'horreur et de science-fiction. Le but de ce week-end étant de remonter quelque peu le moral de Vince, abattu par son récent divorce, en l'emmenant à Moodley, un village perdue au milieu de nulle part où l'un d'eux y a un pied à terre mais étant surtout intéressant parce que les femmes y sont quatre fois plus nombreuses que les hommes, offrant ainsi l'espoir à chacun de pouvoir se payer du bon temps au pub local.

DoghouseCette présentation des protagonistes mettra en outre en évidence le côté macho plus ou moins évident de chacun tout en étant visuellement rythmée et vive, en introduisant notamment un arrêt sur image le temps d'avancer le nom de chacun dans un style proche du "comic book". Les retrouvailles se feront dans un pub le temps de quelques vannes toujours machistes et avançant l'esprit rebelle du groupe et notamment de Neil, un dragueur invétéré irrévérencieux et provocateur. Hélas pour eux, la personne devant les emmener jusqu'à leur destination à bord du van loué avec chauffeur sera une jeune femme largement attirante, ce qui calmera quelque peu leurs ardeurs tandis qu'ils vont prendre la route de Moodley, réputé donc pour abriter quatre fois plus de femmes que d'hommes.

DoghouseMais ce sera un endroit vidé de toute vie humaine qu'ils vont découvrir alors qu'ils vont se séparer en plusieurs petits groupes, certains commençant par aller inspecter le bar local, tandis que Matt ira reluquer la devanture d'une boutique de sorcellerie. Le métrage installera alors un climat d'attente largement prenant, en plaçant ici ou là des indices de mauvaise augure, telle cette empreinte de main ensanglantée sur un mur, tandis que Neil entendra dans les toilettes du bar une personne vomir tripes et boyaux, jusqu'à ce que la vérité éclate dans une furie dantesque avec l'apparition de ces femmes zombifiées qui bien entendu vont se mettre à pourchasser Neil et ses amis dans tous les coins de la ville.

DoghouseJake West arrivera de fait à donner une originalité probante à ses zombies au féminin puisque chacune d'elles aura une spécificité souvent liée à un métier, avec par exemple cette coiffeuse armée de deux paires de ciseaux, tandis qu'une autre, habillée en mariée sera armée d'une hache, pour ensuite avancer aussi bien une dentiste qu'une sorcière affublée d'une épée ou encore une énorme ménagère ventripotente gargantuesque. Leur démarche mal assurée mais plutôt rapide et cadencée offrira un style et un graphisme inédit qui continuera d'enjoliver l'intrigue, sans oublier bien sûr leur capacité à faire n'importe quoi et éventuellement même à s'entredéchirer pour une proie, symbole ultime de la bêtise féminine ici exacerbée avec humour par le réalisateur.

DoghouseMais l'intrigue se proposera aussi rapidement de donner une explication à cette mutation ne touchant que les femmes, au travers d'une expérience militaire ayant mal tournée et dont nous découvrirons l'univers de manière très graphique pour ainsi adjoindre au groupe un soldat bien esseulé et ne pouvant pas apporter une grande aide. Et contrairement à ce que l'on pouvait craindre, l'intrigue, une fois installée, parviendra à rebondir systématiquement à chaque nouvel événement sans jamais s'enliser dans la redite, pour isoler les personnages dans différents lieux propices à des situations comiques démentielles et parfois même référentielles (avec une prédilection pour le western) et faire preuve d'une imagination débordante pour enchaîner les gags régulièrement macabres et autres situations délirantes ouvertement jouissives.

DoghousePour donner un second souffle à l'intrigue, une seconde vague de mutation ira encore enlaidir les zombies, mais surtout les rendre encore plus menaçants en leur ôtant cette bêtise et en les rendant bien plus agiles, ce qui occasionnera la mort de certains des personnages, pas forcément ceux attendus, tandis que le métrage continuera d'exploiter chacun de ses éléments pour se renouveler dans la bonne humeur sans jamais laisser le spectateur s'appesantir sur les faits, même lorsque des protagonistes infiniment attachants seront malmenés jusqu'à la mort par les zombies. Et que dire de cette "morale" définitivement incorrecte qui verra Vince surmonter sa douleur et mettre fin à son asservissement à la gente féminine lors d'un discours qui risquera fort de déplaire aux spectatrices n'ayant pas un solide sens de l'humour.

DoghouseBien entendu, l'aspect comique sera largement présent, aussi bien dans des dialogues excellents et souriants que pour s'appuyer sur les péripéties et les rendre régulièrement complètement délirantes et savoureuses (les balles de golf), tout en imprégnant l'ensemble du film d'un humour de tous les instants qui en plus viendra également rejoindre l'aspect horrifique qui ne sera pas le moins du monde oublié ou minimisé. En effet, Jake West va très souvent verser dans un gore franc, direct mais toujours souriant et guidé par l'humour des situations, avec des dégâts infligés aux zombies qui resteront originaux (toujours ces balles de golf…) et motivés par une volonté provocatrice parfois très (trop ?) flagrante.

DoghouseLes personnages arriveront sans mal à devenir quasiment instantanément attachants, avec cette crédibilité et ce naturel aussi vivifiant que réaliste bien entendu épaulé par un sens de l'humour dont chacun fera preuve, l'ensemble étant en plus servi par une interprétation impeccable, Danny Dyer en tête. La mise en scène de Jake West sera toujours aussi vivante et dynamique pour donner un rythme fou à l'ensemble tout en osant des plans et cadrages originaux et bien ancrés dans le contexte délirant du film. Les effets spéciaux sont ici largement probants, volontaires et efficaces pour s'adonner à un gore expansif et généreux qui restera malgré tout souvent réaliste bien que flirtant quand même régulièrement avec une outrance décapante, les maquillages des zombies étant eux aussi excellents, graphiques et originaux.

Donc, ce Doghouse avancera un spectacle incroyablement "fun", décomplexé, souriant jusqu'au délire qui devrait logiquement ravir et enthousiasmer les amateurs !

DoghouseLe DVD de zone 2 anglais édité par Sony Pictures avancera une image nette et sans défaut visible, tandis que la bande-son sera franchement efficace grâce à une partition musicale endiablée et collant parfaitement avec l'esprit du film, celui-ci étant ici proposeé dans sa version anglaise, avec des sous-titre anglais optionnels.
Au niveau des bonus, on pourra suivre un sympathique et décontracté making-of qui donnera la parole aux membres de l'équipe du film pour également revenir sur les nombreux effets spéciaux et leur création, trois scènes coupées dont une amusante et surprenante attaque, un long bêtisier montrant bien la bonne humeur ayant régné sur le tournage, deux bandes-annonces alternatives, deux spots-tv, une conséquente galerie de photos de clichés du film et de magnifiques dessins de pré-production.

Pour ceux qui voudraient découvrir ces excellents et humoristiques zombies au féminin, le DVD de zone 2 anglais est disponible ici ou !

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