28.12.09

01:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Esther
Réalisateur : Jaume Collet-Serra
Durée du film : 2h03
Date de sortie du film : 30 décembre 2009 (vu en avant-première)

Avec : Isabelle Fuhrman (Esther), Vera Farmiga (Kate Coleman), Peter Sarsgaard (John Coleman), Jimmy Bennett (Daniel Coleman), Aryana Engineer (Max Coleman), etc.

Par Nicofeel

Réalisé par Jaume Collet-Serra, Esther se veut un film d'horreur dans la lignée des enfants maléfiques à l'instar de Damien ou plus récemment de The children.
L'histoire est assez simple et rappelle d'ailleurs Damien : un couple, John et Kate Coleman, qui a subi un traumatisme suite à la perte d'un enfant, décide d'adopter une petite fille dans un orphelinat, Esther. Evidemment, comme on peut largement s'en douter, l'angélisme de cet enfant n'est n'est que de facade.
Sur le papier, un tel synopsis, même s'il n'est pas très original, vaut le coup. A l'écran, le résultat est carrément proche d'être mauvais.
Le problème du film est avant tout son manque de finesse. Jaume Collet-Serra n'a pas jugé bon de faire preuve d'un minimum de nuances. On saisit tout de suite le personnage d'Esther. Avant même qu'Esther soit adoptée, on voit bien qu'il y a un problème puisqu'à l'orphelinat, elle reste isolée. Elle ne se mélange pas avec les autres enfants et développe des capacités artistiques étonnantes (la peinture) pour un enfant d'une dizaine d'années.
Mais le pire est à venir. Les événements étranges où Esther est à chaque fois dans le coup : le meurtre de la soeur, l'agression sur Daniel, qui est le fils des Coleman ou encore la mauvaise influence sur Max, la fille sourde muette des Coleman.
Les parents adoptifs d'Esther sont étonnants dans leurs réactions. Et principalement John Coleman qui, malgré un nombre important de faisceau d'indices, persiste à croire qu'une enfant comme Esther ne peut pas être à l'origine d'actes répréhensibles. Il n'arrive pas à croire sa propre femme, pensant qu'elle traverse une période difficile sur le plan psychologique. Le spectateur ne peut être que surpris de voir qu'à aucun moment John Coleman ne fasse aucun rapport entre le calme qu'il y avait dans la maison familiale avant l'arrivée d'Esther et les éléments malheureux qui se sont produits depuis son arrivée.
Mais ce n'est pas tout au niveau de l'aspect grotesque du scénario. Esther elle-même est prévisible à des années-lumière. On la voit à de nombreuses reprises en train de s'en prendre psychologiquement à Kate. L'actrice qui joue Esther est tout simplement ridicule dans son rôle. La faute probablement à une direction d'acteurs qui a dû complètement échapper à Jaume Collet-Serra.

Pour finir de nous achever, le cinéaste se permet ne nous livrer vers la fin du métrage des explications au sujet d'Esther qui ne sont pas loin d'être incroyables : venant de Russie, on apprend qu'elle est en fait passé par l'Estonie dans un hôpital psychiatrique. Et pour expliquer le côté très mature d'Esther, le cinéaste nous révèle une information pour le moins surprenante, qui laisse le film aux lisières du fantastique.
Certains éléments demeurent malgré tout surprenants, comme le fait que les cicatrices d'Esther n'aient jamais été vus par ses parents adoptifs.
Malgré tous ces défauts, Esther est un film qui se suit sans difficulté. D'ailleurs, le meilleur est à venir vers la fin où l'on assiste aux scènes les plus sanglantes et les plus dynamiques. Par contre, encore une fois, le parti pris du scénario laisse par moments dubitatif. C'est le cas par exemple lorsque Kate peut tuer Esther et elle la laisse simplement évanouie en fuyant avec sa fille. Pas très réaliste tout ça.
Côté acteurs, si Vera Farmiga sauve à peu près les meubles et que la petite Max a un jeu plutôt bon, tous les autres sont soit mauvais soit grotesques. La palme revient à Peter Sarsgaard qui est tout bonnement ridicule dans le rôle de John, ce père de famille qui ne saisit rien à cette affaire. Il ne commence finalement à comprendre ce qui lui arrive qu'au moment où Esther lui fait explicitement des avances !
Au final, Esther est un film bâclé tant au niveau de son scénario qu'au niveau de sa direction d'acteurs. Quelques scènes sont intéressantes mais elles ne rachètent pas la médiocrité de l'ensemble.

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