15.12.09

08:10:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Blue Rita

Avec ce Blue Rita le réalisateur Jess Franco va nous livrer une œuvre complètement déjantée qui va profiter d'une intrigue héritée du film d'espionnage pour s'adonner à un érotisme omniprésent et largement osé, le tout dans une ambiance psychédélique et des décors excellents par leur aspect "kitsch" volontaire et définitivement assumé.
Le script va suivre les activités d'un night-club qui servira de façade pour une bande de jeunes femmes dirigées par Rita et dont la principale activité est de séquestrer des espions et autres hommes d'affaires dans le but de leur soutirer des informations grâce à des méthodes pour le moins spéciales.

Blue RitaDès sa première séquence, le métrage va donc s'installer dans ce night-club présentant des spectacles érotiques et des danseuses nues où nous allons retrouver la dirigeante des lieux, Gina, qui va rendre visite à l'un de ses clients, désireux moyennant fiances de passer la nuit avec une des danseuses, une jeune femme noire qui dansera lascivement devant lui. Avec pour seule transition le générique psychédélique, nous allons donc suivre juste après cet homme et sa conquête qui vont se livrer à un ébat sexuel visualisé de loin dans un appartement au mobilier singulier pour ensuite voir la demoiselle quitter rapidement les lieux, sans même prendre le temps de s'habiller, tandis qu'un gaz sortant du plafond va endormir l'homme. Courant dans la rue, la fuyarde sera rattrapée et éliminée par Gina, sous les yeux d'un mystérieux individu observant la scène avec ses jumelles depuis un appartement.

Blue RitaEnsuite, nous allons retrouver l'homme asphyxié qui se réveillera enchaîné nu dans une fosse au-dessus de laquelle va apparaître Rita, la responsable de ce réseau de jeunes femmes qui vont vouloir obtenir des renseignements de l'homme qui sous couvert de son métier de journaliste serait un espion. Pour ce faire, Rita va faire tomber sur lui une pâte contenant un puissant aphrodisiaque et l'aguicher en compagnie de deux de ses servantes. Cette séquence définitivement "autre" aussi bien par son décor que par son déroulement et ses demoiselles qui officieront entièrement nues symbolisera toute la déviance et l'aspect carrément délirant qui va habiter le métrage dans sa globalité.

Blue RitaEn effet, la suite sera du même acabit, pour d'abord nous renseigner sur la condition de Rita et de sa bande, des nymphomanes détestant les hommes, tandis que Rita tentera par des injections dans son intimité de retrouver goût au plaisir sexuel après qu'elle ait eu la vagin brûlé par des tortionnaires des années auparavant, alors qu'ensuite ce sera une nouvelle venue qui sera "intronisée" par Rita lors d'une sorte de cérémonie au cours de laquelle leur sang sera mêlé tandis qu'un produit sera introduit dans sa vagin. Et après le journaliste, ce sera au tour d'un boxeur arrivant d'un pays de l'Est et soupçonné d'être un espion qui sera convoité par le contact de Rita qui lui demandera d'arranger un enlèvement, lui apprenant peu après qu'un traître officie au sein de l'équipe de Rita.

Blue RitaComme on peut le voir, l'intrigue ressemblera à s'y méprendre sur le papier à celle d'un classique film d'espionnage avec traître et agents doubles travaillant en fait pour Interpol qui semblera s'intéresser de près aux exactions du gang de Rita, demande d'informations sous la menace et la torture (et quelle sorte de torture !), baston ringarde qui deviendra croustillante,et retournements de situations "imprévus" lors du final bien dans la tradition, avant qu'un dernier clin d'oeil vienne de manière savoureuse cueillir le spectateur, mais Jess Franco détournera tout cela pour en faire un film entièrement décalé, "pop" et surfant sur un érotisme de tous les instants.

Blue RitaEn effet, outre le fait que toutes les demoiselles traverseront le métrage le plus souvent dans leur plus simple appareil pour le plus grand plaisir des yeux, le réalisateur se ménagera plusieurs pauses dans ce night-club où nous pourront suivre des bribes de spectacles érotiques lascifs et souriants (l'écolière et la statue, par exemple) tout en imposant des situations bien déviantes avec ces tortures qui demeureront toujours ouvertement salaces, n'hésitant pas par exemple à laisser le journaliste en manque coucher avec celle qui sera soupçonnée de trahison, mais le réalisateur s'abstiendra de ces fameux zooms sur l'intimité de ses actrices pour toujours filmer l'action avec une fraîcheur vivifiante.

Blue RitaEn plus de cet érotisme resplendissant, le métrage pourra compter sur des décors très kitsch pour assurer un renfort efficace au spectacle, entre cet appartement aux meubles transparents et le repaire des filles qui sera truffé de gadgets délirants mais quand même assez ridicules (les gyrophares, par exemple), tandis que seront multipliées les couleurs vives et décalées pour encore renforcer ce sentiment d'assister à un divertissement "pop", la partition musicale jazzy parachevant le tout dans une ambiance souriante par tant d'excentricité et de démesure dans le traitement de situations déjà bien barrées.

Blue RitaEnfin, Jess Franco adoptera un ton vif et alerte pour suivre l'ensemble d'une action qui ne connaîtra aucun temps mort et où le réalisateur ne s'attardera pas sur les scènes érotiques sensuelles comme il l'a fait régulièrement au cours de sa carrière pour au contraire rebondir et proposer des rebondissements de manière constante et dynamique. Sa mise en scène suivra pour encore donner du rythme à l'action, avec en prime des cadrages audacieux, décalés et originaux, tout en proposant sporadiquement des plans d'ensemble magnifiques d'un Paris avancé sous un jour ouvertement touristique avec ses monuments mis en avant.

Blue RitaL'interprétation est à l'image du métrage, détendue et naturelle, portée par une flopée de demoiselles au physique attirant qui n'hésiteront pas à ses dévoiler sans fard devant la caméra nous permettant de retrouver entre autres Pamela Stanford, une habituée des œuvres érotiques de Jess Franco produites par Erwin C. Dietrich, tout comme Esther Moser, tandis que la belle Martine Fléty rayonnera littéralement et illuminera le métrage à chacune de ses apparitions, qui, bien entendu, seront toujours dénudées ou propices à un effeuillage comme lors d'un court spectacle voluptueux.

Donc, ce Blue Rita restera une œuvre largement attachante par son côté débridé et délirant qui pourra compter sur un érotisme chatoyant pour charmer le spectateur au travers de situations rocambolesques et toujours souriantes, loin de l'aspect sordide de certaines œuvres du réalisateur !

Blue RitaLe DVD de zone 2 suisse édité par VIP avancera une image très nette et ne connaissant pas de défaut notable, tandis que la bande-son sera efficace avec une partition musicale jazzy adaptée, le métrage étant ici proposé dans sa version anglaise, allemande et française.
Au niveau des bonus, outre le traditionnel documentaire sur la relation entre Jess Franco et Erwin C. Dietrich qui proposera en plus un regard sur la restauration du film Jack l'éventreur, on pourra visionner la bande-annonce du film ainsi que celles d'autres titrez de l'éditeur, parcourir une conséquente galerie de photos et d'affiches.

Pour ceux qui voudraient découvrir cet excellent moment de délire érotique, le DVD de zone 2 suisse est disponible ici ou , en faisant attention aux éditions proposées, seule celle éditée par VIP proposera la version non censurée du film en version française !

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