07.12.09

08:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : La route
Réalisateur : John Hillcoat
Durée du film : 1h59
Date de sortie du film : 2 décembre 2009

Avec : Viggo Mortensen, Kodi Smit-McPhee, Guy Pearce, Charlize Theron, Robert Duvall, etc.


Par Nicofeel

Réalisé par l'excellent John Hillcoat, auteur en 2005 d'un très beau western crépusculaire avec The proposition, La route est une adaptation du roman éponyme de Cormac McCarthy.
La route est un film d'anticipation post-apocalyptique. On apprend qu'un éclair a créé un véritable chaos sur Terre. L'action se situe dix ans après le changement brutal de la Terre.
Première grande qualité du film : les décors. On a vraiment l'impression d'être dans un monde dévasté où la vie a quasiment disparu partout. Le soleil n'arrive plus à passer car il est obstrué par des nuages de cendres. La vie a quasiment disparu à la surface de la Terre. Il n'y a plus d'animaux et les plantes se meurent. Ainsi, à plusieurs reprises on voit des arbres qui se dessèchent et qui tombent. Et puis, il y a à plusieurs reprises des secousses sismiques qui sont là pour indiquer que ce monde est vraiment proche de sa fin.

Doté d'un très belle photographie et d'une image qui a forcément été travaillée (on pense à une couleur sépia qui accroît le côté sombre du film), La route dégage dès les premiers instants une atmosphère particulière. On sait dès le début que l'on va assister à un film très sérieux qui va poser un regard pessimiste sur l'avenir de l'Homme.
Dans un monde dévasté, John Hillcoat raconte le voyage d'un père (interprété par un Viggo Mortensen au jeu très juste) et de son fils de dix ans (interprété par un Kodi Smit-McPhee particulièrement émouvant), qui décident de rejoindre l'océan en passant par la route.
Le côté dramatique du film est renforcé par la musique expérimentale et particulièrement dépressive de Nick Cave, qui signe une nouvelle fois la BO d'un film de John Hillcoat.
Doté d'un rythme assez lent, La route pourra rebuter certains spectateurs qui pourraient avoir le sentiment de voir souvent les mêmes scènes. Mais cela serait pourtant largement réducteur. Comme dans son précédent film, John Hillcoat refuse le spectaculaire et offre au contraire un film où est lié au psychologique.

Ainsi, le film privilégie la relation entre ce père et son fils. Le premier, désabusé par ce monde qui s'écroule et par la réaction des survivants qui sont quasiment tous devenus des personnages sanguinaires, cannibales, ou encore des voleurs, cherche coûte que coûte à défendre son fils dans cet environnement où la survie est une difficulté de tous les instants. Le second, à savoir le fils, aime son père mais reste le personnage qui garde un espoir en l'homme. Il n'hésite pas à donner une boîte de conserve (chose devenue rare et convoitée) ou à solliciter son père pour qu'il fasse preuve de plus de mansuétude.

Si La route est un film d'une grande sensibilité qui en fera pleurer plus d'un un dans ses dernières scènes, c'est bien en raison de la complicité qui unit les acteurs jouant le père et le fils. Et puis il y a aussi ces très beaux flashbacks où le personnage du père se rappelle les moments heureux vécus avec sa femme ou encore la disparition brutale de sa femme.
Toujours très juste dans son ton, La route livre une réflexion intéressante sur une possible évolution de notre monde, si l'on continue à le souiller sur le plan environnemental. Le film montre également de façon très réaliste que dans une situation dramatique, l'homme devient un loup pour l'homme. Il n'y a finalement plus que la survie qui compte.
Le film réserve quelques très belles scènes, comme ce moment où le père et le fils découvrent une sorte de refuge rempli de nourriture. Ils réussissent enfin à manger à leur faim. C'est une sorte d'interlude. Car la suite sera beaucoup plus difficile.

Dans ce monde post-apocalyptique, il est bien difficile de survivre et le périple vécu par ce père qui est de plus en plus malade sur le plan physique a de quoi émouvoir le spectateur. Très pessimiste sur l'avenir de notre monde et sur l'avenir de l'homme, La route réserve cependant un vrai message d'espoir dans sa dernière scène et dans ses derniers moments. La présence de personnages bons et d'enfants est là pour signifier que tout n'est pas fini et qu'un espoir, même mince, demeure.
Voilà en tout cas un beau film qui bénéficie d'excellents acteurs, d'une photographie très réaliste, d'une bande son qui colle à la peau du film et d'un scénario qui adapte le roman à succès de Cormac McCarthy. A voir évidemment.

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