Archives pour: Novembre 2009, 30

30.11.09

01:33:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Bienvenue à Zombieland
Réalisateur : Ruben Fleischer
Durée du film : 1h23
Date de sortie du film : 25 novembre 2009

Avec : Woody Harrelson (Tallahassee), Jesse Eisenberg (Columbus), Emma Stone (Wichita), Abigail Breslin (Little Rock), etc.

Par Nicofeel

Très en vogue depuis l'apparition du cultissime Shaun of the dead, le film de zombie comique n'est pas pour autant toujours réussi. On a de la chance avec Bienvenue à Zombieland car on se trouve précisément avec un bon film.
Le cinéaste Ruben Fleischer ne s'est pas embarrassé avec une quelconque toile de fond sociale, comme on pouvait le voir avec Shaun of the dead. Non Ruben Fleischer s'est contenté de livrer au spectateur un pur film pop corn, complètement décomplexé. Et le film marche bien. Le mélange entre film d'action et comédie horrifique est tout à fait plaisant à regarder.

Dès le début, on entre dans l'humour très communicatif du film. On nous apprend que l'on n'est plus aux Etats-Unis mais aux Etats-Unis de Zombieland. Peu d'humains sont encore en vie alors que les autres sont devenus des steaks ! L'humour est omniprésent et le film fait même parfois dans le politiquement incorrect. Ainsi, les gros en prennent pour leur grade. Mais le cinéaste s'en sort bien en se moquant d'eux uniquement parce qu'ils sont incapables d'aller vite. Et ce manque de rapidité fait qu'ils sont à la merci de ces cannibales de zombies !

Jamais en reste pour amuser le spectateur, le film contient à différents moments des indications sur l'écran. Elles correspondent aux règles qu'a crées le personnage principal du film pour survivre dans cet univers devenu particulièrement dangereux.
Joué par Jess Eisenberg, Columbus est à la base un drôle d'adolescent solitaire. Il se trouve être le narrateur du film (en voix off). Il va rencontrer assez rapidement dans le film un autre personnage complètement atypique, Tallahassee, joué par un Woody Harrelson loin de ses rôles dans les films d'auteur. Woody Harrelson cabotine à fond mais ça fonctionne particulièrement bien dans ce film. La première rencontre entre Columbus et Tallahassee car elle est filmée comme si on assistait à un duel dans un western. Sauf que rapidement Columbus cède en montrant son petit doigt pour indiquer qu'il veut être pris en stop !

Le rapport entre ces deux personnages que tout oppose est très amusant : on a le garçon timide d'un côté et de de l'autre le pur beauf qui voue un culte à son chien décédé et qui, en plus de vouer une haine tenace aux zombies, cherche avant à trouver un twincky à manger.
L'histoire gagne également en intérêt lorsque notre duo va former un groupe avec deux filles qui vont pendant un moment les mener en bateau et les trahir pour leur propre compte. Emma Stone est parfaite dans le rôle de cette adolescente bien rapide et déterminée, et qui va constituer la femme idéale aux yeux du jeune Columbus. Dans le rôle de la chipie de service, la jeune Abigail Breslin n'est pas mal non plus.

Comme on peut s'en douter, le film va montrer progressivement une cohésion au sein de ce groupe de quatre personnes. On n'est jamais meilleur que lorsque l'on est plus nombreux et solidaire.
Le film est rempli de scènes hilarantes. On se rappellera notamment de celle où l'on voit notre petit groupe tout casser dans une boutique, juste pour le fun. La scène gagne en lisibilité grâce à l'utilisation de ralentis. Il y a aussi et surtout cette séquence énorme avec un personnage qui interprète Bill Murray. Sauf que Bill Murray s'est déguisé en zombie pour ne pas être dévoré par les cannibales. Bill Murray se révèle un hôte des plus sympathiques. Il accepte même de jouer à SOS Fantômes avec ses invités, le tout sur la musique cultissime du film !

Doté d'un rythme soutenu egt d'une mise en scène énergique qui évite heureusement de tomber dans le clippesque, Bienvenue à Zombieland est aussi un très bon film d'action. Les zombies, qui bénéficient d'excellents maquillages, tombent comme des mouches par dizaines. Et puis si le film est avant tout une comédie, il n'empêche que certaines scènes sont tout de même bien gore. Dans le délire de vouloir tuer un maximum de zombies, on a droit à une scène où on nous explique qu'il existe le titre de tueur de zombie de la semaine ! A ce titre, le personnage de Tallahassee tue un nombre impressionnant de zombies avec des armes parfois non conventionnelles (une guitare, une batte de baseball, un sécateur).
Enfin, le film retient d'autant plus l'attention du spectateur que sa musique, signée David Sardy, est très rock'n'roll.

On l'aura compris, Bienvenue à Zombieland est un film d'horreur comique qui n'a pas d'autre but que de divertir le spectateur. Et le moins que l'on puisse dire est que cette mission est largement réussie. Si vous assez une soirée tranquille à passer, où vous souhaitez débrancher votre cerveau, vous savez ce qu'il vous reste à faire.

Permalink 872 mots par nicofeel Email , 1895 vues • 1 réaction
01:30:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

She killed in ecstasy

Pour ce She killed in ecstasy, le réalisateur Jess franco va reprendre une bonne partie de l’équipe avec qui il avait précédemment tourné Vampyros lesbos et notamment la splendide actrice Soledad Miranda (première muse du réalisateur qui devait mourir tragiquement peu de temps après), pour une œuvre à l’intrigue certes très classique sur le fond mais rendue formellement riche, dotée d’un érotisme ici très "soft" et d'une partition musicale envoûtante.
Le script va suivre la vengeance de la femme d'un docteur se livrant à des expériences jugées immorales par ses pairs, ce qui conduisit l'homme à se suicider.

She killed in ecstasyAprès un générique étonnant par son aspect visuel s'attardant sur des embryons en bocaux et tranchant littéralement avec la musique l'accompagnant, le métrage va directement avancer son personnage principal Mrs Johnson, une jeune femme que nous verrons quitter une maison à l'architecture bizarre pour rejoindre le bord de mer et nous conter en voix-off son histoire pleine de désarroi causé par le manque de son mari disparu après seulement deux ans de vie commune. C'est ainsi qu'au cours d'un long flash-back l'intrigue va commencer par nous retracer les moments de joie de ce couple dont l'homme, le docteur Johnson, se livre à des expérimentations sur des animaux et surtout sur des embryons humains dans le but affiché de lutter contre la maladie et la vieillesse en rendant ses cobayes plus forts et résistants. Cette partie sera surtout axée sur l'objet des travaux du docteur Johnson tout en laissant également une petite part à un érotisme léger le temps de montrer le couple s'adonnant aux plaisirs de la chair.

She killed in ecstasyMais hélas, alors que le docteur Johnson s'en allait quérir l'approbation attendue de ses pairs de l'ordre des médecins, ceux-ci vont rejeter en bloc ses travaux, les jugeant contraires à l'éthique et même blasphématoires, comme le réalisateur nous permettra de le voir lors d'une séquence forte et écrasante pour le malheureux Johnson qui en plus d'être complètement abattu par cette décision qu'il trouvera évidemment injuste, rentrera chez lui pour trouver son laboratoire dévasté par des inconnus et sa femme en pleurs. Pris d'une crise de violence, il achèvera de saccager l'endroit, sa femme décidant alors de l'emmener dans leur maison sur une île isolée pour essayer de le regonfler. Mais rien n'y fera et la déprime scotchera Johnson sur son lit, hanté par les dires des médecins et leurs insultes qui vont finalement le pousser à se suicider en se tranchant les veines.

She killed in ecstasyCette mise en condition de l'intrigue restera assez basique tout en réussissant régulièrement à interpeller le spectateur, Jess Franco arrivant merveilleusement à retranscrire la détresse de la femme de Johnson, celle-ci n'arrivant pas à être utile à son mari, toujours muré dans ce silence pesant malgré les caresses et les gestes tendres de son épouse, tandis que la ferveur et la hargne des opposants de Johnson sera fortement mise en avant, lors de leur décision de radier Johnson, puis lors d'une conférence donnée au cours de laquelle ils n'hésiteront pas à mettre à nouveau en avant les infamies de Johnson, le professeur Walker en tête qui se lancera dans un véritable sermon, sans se douter que Mrs Johnson était présente dans l'assistance.

She killed in ecstasyLa seconde partie du métrage verra donc la vengeance de mrs Johnson envers les quatre membres de l'ordre des médecins coupables de la déchéance et de la mort de son mari qu'elle va supprimer un par un. Le premier d'entre eux sera ce professeur Walker qu'elle va draguer dans un bar en se faisant passer pour une prostituée de luxe pour une fois qu'il l'aura emmené dans une chambre d'hôtel, se rendre compte de la déviance de cet homme aimant recevoir des coups et être insulté pendant l'acte d'amour et il sera largement "servi" puisque sa conquête d'un soir va le gifler violemment mais surtout lui trancher la gorge et le castrer (ce qui sera fait bien entendu hors du cadre de la caméra…). Ensuite mrs Johnson va s'en prendre au docteur Crawford, une femme vraisemblablement lesbienne qu'elle va également réussir à attirer dans une chambre pour l'étouffer avec un coussin transparent.

She killed in ecstasyLes deux dernières victimes sont traquées de manière plus subtile, car étant au courant de la mort des deux premiers, ils seront apeurés à chaque apparition de mrs Johnson et notamment le docteur Houston qui sera traqué (lors d'une autre séquence jouant parfaitement sur un aspect visuel remarquable, avec cette scène dans les escaliers)et succombera finalement à la tentation devant la beauté dégagée de mrs Johnson (qui aura entretemps changé de coiffure), mal lui en prendra puisqu'elle lui enfoncera une paire de ciseaux dans la nuque. Le dernier de la liste, le docteur Donen, sera quand à lui attaché, quelque peu torturé et finalement lui aussi castré, laissant une fois la vengeance accomplie un final tragique venir clore le métrage de manière nihiliste et sans appel.

She killed in ecstasySi cette sombre histoire de vengeance ne respirera pas franchement l'originalité, Jess Franco arrivera constamment à donner une ferveur visuelle à chacune des différentes séquences préfigurant les mises à mort, pour notamment magnifier la beauté de Soledad Miranda largement mise en avant lors de meurtres qui en outre avanceront un érotisme bien éloigné d'un quelconque aspect sordide dont sera parfois capable le réalisateur en étant léger en en n'abusant aucunement de ces gros plans intimes chers à Jess Franco qui ici se contentera de suivre ces séquences avec une élégance certaine et lascive. Mais l'auteur ne se limitera pas à cet aspect pour rendre son film largement impliquant.

She killed in ecstasyEn effet, les personnages seront bien travaillés et surtout cette mrs Johnson dont nous serons amenés à partager les tourments et la tristesse infinie qui transpirera littéralement au cours de certaines scènes douloureuses et émouvantes, dévoilant ainsi un aspect de la personnalité de Jess Franco rarement mis à jour, puisque ici il prendra véritablement pitié pour son personnage principal dont les souffrances internes justifieront largement ses agissements meurtriers. Et les autres protagonistes auront également un traitement de faveur pour évidemment dévoiler leurs déviances et leurs turpitudes relevant bien souvent d'un caractère sexuel puisqu'ils se laisseront tous "avoir".

She killed in ecstasyPar contre, le métrage ne sera pas du tout volontaire au niveau de la violence sanglante, pratiquant la suggestion pour ses actes ignobles (les castrations) et ne laissant que de timides effets spéciaux basiques venir ponctuer les meurtres sans aucun souci de rendre ces plans graphiques ou expansifs, et cette partie de l'intrigue liée à l'enquête policière sera heureusement minimisée avec cet inspecteur traditionnel qui ne viendra pas trop souvent empiéter sur les agissements de mrs Johnson, pour surtout délivrer la sentence finale qui résumera parfaitement la situation et proposer quelques petites touches d'humour pas si innocentes que cela à bien y regarder.

She killed in ecstasyL'interprétation est plutôt convaincante, avec bien entendu Soledad Miranda qui illuminera le métrage par sa beauté à défaut d'être une actrice émérite, tandis que nous retrouverons avec plaisir Howard Vernon (qui ici se montrera entièrement nu), mais aussi Jess Franco lui-même qui s'offrira le rôle du docteur Donen et autre petite surprise, la présence de Horst Tappert, l'inspecteur Derrick lui-même qui jouera le rôle de… l'inspecteur. La mise en scène de Jess Franco est ici plutôt vive pour ne pas trop s'attarder sur chacune des séquences, donnant ainsi de fait un certain rythme à l'ensemble, bien aidé il est vrai par la partition musicale jazzy et envoûtante qui accompagnera l'ensemble du métrage.

Donc, ce She killed in ecstasy comptera aisément partie les réussites de la filmographie de Jess Franco, par son aspect esthétique probant, son érotisme léger et misant sur la beauté effective de Soledad Miranda et par cette implication créant même l'empathie !

She killed in ecstasyLe DVD de zone 0 édité par Synapse Films avancera une image assez nette mais hélas parfois bien envahie par des défauts d'origine persistants, tandis que la bande-son sera largement efficace grâce à cette partition musicale enivrante, le métrage étant ici proposé dans sa version originale allemande avec des sous-titres anglais optionnels.
Par contre au niveau des bonus, il faudra se contenter de la bande-annonce d'époque en allemand (également sous-titré en anglais) du film.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette vengeance sensuelle et troublante, le DVD de zone 0 est disponible ici ou !

Permalink 1464 mots par nicore, 1266 vues • 1 réaction

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