Archives pour: Novembre 2009, 16

16.11.09

07:35:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Les vies privées de Pippa Lee
Réalisatrice : Rebecca Miller
Durée du film : 1h34
Date de sortie du film : 11 novembre 2009
Avec : Robin Wright Penn (Pippa Lee), Keanu Reeves (Chris Nadeau), Alan Arkin (Herb Lee), Winona Ryder (Sandra), Julianne Moore (Kat), Monica Bellucci (Gigi Lee), Maria Bello (Suky Sarkissian), Blake Lively (Pippa adolescente), etc.

Par Nicofeel

Après un succès d'estime avec son premier film, The ballad of Jack and rose (2006), la cinéaste Rebecca Miller nous revient avec Les vies privées de Pippa Lee. Elle adapte à cette occasion son propre roman.
La réalisatrice va s'intéresser entièrement à son personnage principal, Pippa Lee, une mère de famille bien rangée qui a son époux et ses deux enfants. Mais, proche de la cinquantaine, cette Pippa Lee commence à se poser des questions. Robin Wright Penn est le gros plus de ce film. Elle incarne incontestablement à merveille cette femme qui se remémore son passé et se pose des questions sur son présent. Le passé débute avec la naissance de Pippa Lee puis on insiste sur son adolescence pour finalement arriver au moment où passé et présent se confondent.

Bénéficiant d'un excellent directeur photo et d'une mise en scène très astucieuse, Rebecca Miller réussit parfaitement à faire la jonction entre le passé et le présent. Dès le début du film, on a droit par exemple à un plan d'une grande finesse avec dans le même plan le présent (dans le bas de la maison on a la réalité) et le passé (dans le haut de la maison Pippa Lee et sa maman). Le lien est également fait entre le passé et le présent avec un simple travelling. On a aussi des raccords assez astucieux où un gâteau crée un lien entre le passé et le présent. Tout cela a évidemment pour but de montrer que le passé et le présent sont inextricables pour Pippa Lee. Les phases de transition sont même parfois assez violentes avec des fondus au blanc.

Ce qui n'est pas illogique car la réalisatrice indique clairement que la charmante Pippa Lee, épouse modèle, a eu une adolescence pour le moins contrariée. Elle a consommé des médicaments à grosse dose, elle a pris de la drogue, elle a fréquenté des gens peu fréquentables et a assisté à un suicide.
La cinéaste met le spectateur en situation de voyeur dans le sens où toute la remise en question de Pippa Lee nous est narrée. On sent que cette femme est éprise de liberté et voudrait quelque part changer de vie. D'ailleurs, la réalité se révèle pour elle beaucoup moins rose que prévu : elle se rend compte que son mari la trompe avec une de ses meilleures amies (Winona Ryder dans un rôle bien dépressif) et a la désagréable impression que le monde s'écroule autour d'elle. Ce n'est pas anodin si la cinéaste nous montre à plusieurs reprises Pippa Lee en train de fumer. Ce petit détail indique clairement qu'elle a envie de changer de vie. Elle veut juste vivre.

Pippa Lee va finalement lier amitié et même plus avec un jeune homme atypique, interprété par un Keanu Reeves qui fait preuve d'une finesse et d'une sensibilité qu'on ne lui connaissait pas forcément. Celui qui était cantonné aux rôles caricaturaux dans les super-productions (Matrix, Constantine) vaut plus que les railleries dont il peut être l'objet. Ici, il est un personnage essentiel qui contribue au (relatif) succès de ce film.

Les vies privées de Pippa Lee finit par être victime de ce qui aurait dû constituer son point fort : sa distribution. Notons qu'outre Robin Wright Penn et Keanu Reeves, le film regroupe des stars telles que Winona Ryder, Julianne Moore, Monica Bellucci ou encore Maria Bello. Le problème est que le film, avec sa succession de personnages, finit par prendre des allures de film chorale un peu brouillon. La réalisatrice aurait dû se limiter à quelques personnages. C'est d'autant plus dommage que tous les acteurs sont bons. On aurait pu espérer simplement que les caractères des personnages soient un peu plus élaborés.

Mais bon, Les vies privées de Pippa Lee demeure malgré tout un film tout à fait acceptable. La performance de Robin Wright Penn est admirable, de même que celle de Blake Lively qui joue le rôle d'une Pippa Lee adolescente, qui est confondante de naturel et qui donne l'impression d'une jeune femme qui découvre le monde.

Les vies privées de Pippa Lee est aussi une réflexion que l'on retrouve dans plusieurs films dun moment, à savoir l'usure de l'amour au sein d'un couple. Cette remarque est d'autant plus importante dans ce film que Pippa Lee a épousé un homme qui est beaucoup plus âgé qu'elle. Pourtant, contre toute attente, c'est bien son mari qui la trompe. L'épouse idéale n'a donc pour sa part rien à se reprocher. Elle peut décider de prendre un nouveau départ et donc de démarrer une nouvelle vie.

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07:30:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Spine

Ce sera en flirtant continuellement avec l'amateurisme que ce Spine viendra dresser le portrait un serial-killer adepte des infirmières pour un résultat hélas minimaliste, jamais prenant et encore moins efficace ou sanglant, avec uniquement de rares plans réussis, c'est bien peu.
Le script va laisser un tueur en série s'acharner sur quelques infirmières, tout en laissant la police sans le moindre indice.

SpineAprès une courte mais prometteuse séquence d'introduction avançant une jeune femme nue et sévèrement attachée sur laquelle va se pencher un homme barbu et portant des lunettes noires pour sortir un couteau à cran d'arrêt et la tuer, ce dernier geste étant effectué hors du cadre de la caméra, le métrage va mettre en scène Leo Meadows, un policier arrivant sur les lieux du crime pour y retrouver un acolyte en train de rechercher sans succès des empreintes. Nous aurons donc droit à quelques banalités affligeantes guère rehaussées par l'amateurisme d'une interprétation déjà d'une crédibilité plus que douteuse et venant d'entrée faire s'envoler tout espoir.

SpineLa suite ne fera hélas que confirmer ce sentiment, avec la courte présentation du personnage principal, Carrie, réceptionniste dans un hôpital qui saluera une de ses collègues appelée à devenir la prochaine victime du barbu qui va la suivre jusqu'à chez elle, pénétrer de force dans son appartement et la ligoter, sans pour autant faire preuve de la moindre violence graphique. Pendant ce temps-là, notre policier va avoir un briefing somnolant avec son supérieur, histoire de nous en apprendre un peu plus sur cette série de crime commis dans la ville avec toujours pour victimes des infirmières puis Leo va aller rejoindre la standardiste du commissariat, qui évoquera une plainte de voisinage pour du bruit dans l'appartement d'une infirmière, sans que cela n'ait mis la puce à l'oreille de personne, sauf de Leo qui va se précipiter sur place pour… arriver trop tard et découvrir un nouveau cadavre mutilé que nous pourrons cette fois-ci visualisé pour ce qui sera le seul et unique plan sanglant du film.

SpineNous retrouverons alors Carrie, qui recevra un coup de téléphone d'une connaissance, Leah, débarquant en ville et ne sachant pas où aller sauf chez elle, que Carrie va donc accueillir pour quelques palabres sans intérêt jusqu'au coup de téléphone de la police lui annonçant la mort de sa collaboratrice. L'actrice jouant Carrie se lancera alors dans un numéro très drôle au second degré pour feindre la douleur et l'émotion, arrivant même finalement à verser une petite larme. Après une tentative de meurtre avortée grâce à l'arrivée de Carrie dans l'hôpital même, une seconde partie vaguement plus intéressante viendra opposer directement Leah et Carrie à ce meurtrier qui va les séquestrer et les visiter tour à tour mais de manière furieusement répétitive pour de très vagues humiliations au caractère sexuel uniquement sous-entendu avant qu'un subterfuge ridicule et éculé ne vienne donner lieu à un final expédié et complètement foiré en étant amené n'importe comment en plus d'être définitivement bâclé.

SpineLa première partie du métrage sera donc carrément soporifique aussi bien pour disposer d'une situation classique avec ce tueur en série à la seule particularité avancée guère originale, pour en plus ne mettre en scène que des protagonistes superficiels au possible et même complètement incroyables, comme ce policier au look impayable (avec son chapeau jaune ridicule !) le faisant plus passer pour un hippie sur le retour que pour un officier de police, tandis que cette Carrie défraîchie et fade accaparera trop souvent l'écran au détriment de cette Leah un peu plus gironde que le duo de réalisateur filmera quand même sous la douche, sans pour autant venir apporter le moindre soupçon d'érotisme au métrage.

SpineLa seconde partie aurait pu devenir plus stressante avec ce huit-clos dans l'appartement de Carrie où l'assassin va réussir à rentrer, après quelques tentatives uniquement destinées à générer un suspense qui ne montera jamais, pour parvenir à surprendre chacune des demoiselles (mais jamais le spectateur…) et les attacher chacune de leur côté dans une pièce différente. Le métrage donnera alors la parole au meurtrier qui va mettre en avant son trauma besogneux de manière aussi répétitive que monotone auprès des deux jeunes femmes pour une série de scènes sans aucun impact jusqu'à ce meurtre qui, à défaut d'être véritablement graphique puisque les coups de couteau seront une nouvelle fois donnés en hors-champ, permettra aux deux réalisateurs de couvrir leur assassin de sang de manière assez probante pour en plus se hasarder à des cadrages en gros plans zoomant sur son visage plutôt réussis et enfin quelque peu impactant. Mais hélas, la routine reprendra bien vite le dessus avec cette astuce basique qui replacera les personnages dans un conteste "normal" pour céder leur place à un final surprenant dans sa rapidité éhontée.

SpineL'amateurisme du projet se fera hélas cruellement sentir à tous les niveaux pour enfoncer un peu plus le métrage dans la médiocrité, avec déjà cette interprétation calamiteuse qui viendra gommer aussi rapidement que définitivement toute crédibilité de façon bien navrante, tandis qu'ensuite les décors ne feront jamais illusion, aussi bien pour ce commissariat de pacotille que pour cet hôpital réduit à un hall d'accueil en contreplaqué et à des décors d'intérieur d'une maison en construction censés représenter les sous-sols dangereux de l'endroit où va se hasarder une pauvre infirmière sous l'oeil du tueur. Et enfin, la mise en scène du duo de réalisateur restera plate et morne, pour ne jamais donner un semblant de rythme à l'ensemble en se contentant de suivre les personnages sans génie, et il ne faudra compter que sur ce long plan du tueur ensanglanté pour justifier un quelconque motif de contentement.

Donc, ce Spine n'arrivera qu'à ennuyer sévèrement son spectateur à cause d'une approximation plus que dommageable dans un amateurisme fatal !

SpineLe DVD de zone 0 édité par substance avancera une image continuellement granuleuse à cause d'un transfert vraisemblablement issu d'une copie de VHS qui ne fera qu'augmenter l'aspect amateur de l'ensemble, tandis que la bande-son sera juste cohérente, avec une partition musicale souvent inexistante pour en plus se monter ridicule lorsqu'elle daignera accompagner les événements. Et évidemment, aucun bonus ne viendra prolonger la vision du métrage, puisque le menu d'accueil ne proposera que de lancer le film ou d'accéder directement aux scènes.

Pour ceux qui oseraient quand même vouloir rencontrer cet assassin d'infirmières, le DVD de zone 0 est disponible ici ou !

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