11.11.09

01:10:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Mademoiselle Chambon
Réalisateur : Stéphane Brizé
Durée du film : 1h41
Date de sortie du film : 14 octobre 2009

Avec : Vincent Lindon (Jean), Sandrine Kiberlain (Véronique Chambon), Aure Atika (Anne-Marie), Jean-Marc Thibault (le père).

Par Nicofeel

Auteur en 2007 d'un très intéressant Entre adultes où il faisait la démonstration de l'érosion du désir au sein de différents couples et des attitudes que cela peut engendrer (mensonges, adultère), Stéphane Brizé revient avec un film moins « documentaire » et plus romancé. Cependant la thématique reste bien quelque part la même.
Passionné visiblement par la notion d'Amour qu'il peut y avoir entre un homme et une femme, Stéphane Brizé est également très sensible aux rapports sociaux qui se nouent dans notre société. Cela n'est évidemment pas un hasard si ses deux personnages principaux sont issues de deux classes sociales complètement différentes.

Vincent Lindon interprète un maçon plus vrai que nature. Il est très attaché à son travail mais il n'a pas reçu une éducation comme le prouve la première scène très démonstrative avec la difficulté d'aider son fils au sujet d'une question d'école relative au complément d'objet direct. Il demeure quelqu'un de bien, toujours prêt à donner un coup de main aux siens comme le prouve l'aide qu'il effectue fréquemment pour son vieux père (joué par Jean-Marc Thibault). Jean va se retrouver à tomber amoureux de la fameuse mademoiselle Chambon qui est complètement son opposée. Sandrine Kiberlain est parfaite dans ce rôle de professeur des écoles qui détient pour sa part le savoir à transmettre aux enfants, qui est issue d'une classe plutôt aisée mais qui est pour sa part pas du tout manuelle. Quant aux relations familiales de Véronique Chambon (qui se limitent dans le film à un coup de fil assez solennel donné par sa mère), elles restent assez froides. Pourtant, malgré toutes ces différences entre ces deux êtres que sont Jean et Véronique Chambon, il y a bien un coup de foudre qui va naître. Mais Stéphane Brizé rappelle que tout n'est pas toujours possible dans la vie et que même si l'on aime quelqu'un, il n'est pas si facile que cela de changer du jour au lendemain sa vie.

Et à ce petit jeu, qui est le jeu de la vie, Stéphane Brizé est vraiment très bon. Il montre bien la complexité du sentiment humain et que le sentiment amoureux n'est pas évident à vivre. Il y a une vraie retenue dans les relations entre Jean et Véronique Chambon. Le film est sur ce point d'un réalisme incroyable. On croît à cette histoire qui n'est finalement jamais amenée à avoir des lendemains qui chantent. Il y a d'ailleurs beaucoup de larmes, tant de Jean ou de Véronique Chambon, qui coulent en raison de cet impossible amour. On remerciera le réalisateur Stéphane Brizé de ne jamais tomber dans la facilité et au contraire d'insister sur cette barrière entre ces êtres qui semble infranchissable. Ou presque. Même l'acte sexuel qui est vécu entre les deux n'est rien d'autre qu'un adieu. En cela, le film se rapproche de l'excellent In the mood for love de Wong Kar Wai ou encore Le temps de l'innocence de Martin Scorsese.

Le film vaut également par sa capacité à nous décrire la fin d'un couple. Jean a beau être avec Anne-Marie, jouée par une très sensible Aure Atika, il n'y a plus d'amour dans son couple. Il semblerait que le quotidien a fini par ronger le désir de ce couple. Et la cause est belle et bien entendue. Même le fait qu'Anne-Marie soit enceinte et toujours aimante ne change rien à l'affaire. La fin du film est imparable. Le mouvement en travelling arrière lors la dernière séquence indique bien que le couple n'a plus rien à se dire, que le désir au sein du couple s'est complètement désagrégé.

On ressort naturellement chamboulé par un tel film car il y a bien quelque chose de vrai dans les sentiments qui sont décrits. Et puis l'une des forces de Stéphane Brizé est d'avoir mis le spectateur dans une position d'empathie à l'égard de l'ensemble des personnages du film. Personne n'est à blâmer dans cette histoire. Chacun a ses motivations et personne n'agit pour faire du mal à l'autre. Comme le dit le célèbre proverbe, le coeur a ses raisons que la raison ignore. C'est pourquoi on peut tomber amoureux en un instant d'un être humain, quel qu'il soit. Mais comme l'indique Stéphane Brizé, un tel amour est difficile à assumer et cela peut avoir des conséquences dramatiques. Car dans cette fiction tout le monde souffre. Gageons que la grande lucidité dont fait preuve Stéphane Brizé reste un film et que les couples puissent continuer à communiquer et s'aimer.

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