05.11.09

07:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Offspring

Adapté d’un roman de Jack Ketchum (qui signa lui-même le scénario), ce Offspring avait pourtant toutes les cartes en main pour devenir un bon film terrifiant, glauque et sanglant mais hélas, il n’en sera rien, la faute à une mise en scène déficiente, à des personnages sans saveur et seules quelques situations sordides ou gore parviendront vaguement à avoir un minimum d’impact.
Le script va suivre l’attaque d’une famille par une bande de cannibales dégénérés vivant cachés dans les bois.

OffspringAprès un générique avançant par la biais de coupures de journaux la disparition d’un gardien de phare et de sa famille ainsi que des disparitions se succédant depuis la fin du dix-neuvième siècle jusqu’à nos jours, le métrage va commencer à mettre en scène ses personnages principaux et en premier lieu David, un concepteur graphique par ordinateur qui va faire une pause nocturne dans son travail et prendre l’air sur sa terrasse pour voir surgie une demoiselle habillée comme une sauvage qui va le regarder fixement avant de prendre la fuite sans se presser. Ensuite, l’intrigue va véritablement rentrer dans la vif du sujet en suivant une première attaque, celle d’une femme ivre rentrant chez elle après une soirée de beuverie, pour découvrir le corps sans vie de sa baby-sitter et être sauvagement attaquée par une bande de gamins également vêtus comme des primitifs.

OffspringCette agression n’atteindra pas franchement son but, les gamins n’ayant jamais l’air menaçant malgré leur apparition dans cette cuisine couverte de sang et de morceaux de cadavres qui sera bientôt examinée par des policiers accompagnés de Goerge, un ancien flic appelé à la rescousse car ce crime va rappeler aux enquêteurs d’autres affaires similaires non élucidées mettant vraisemblablement en cause les descendants cannibales de la famille d’un gardien de phare disparu avec les siens sans laisser de traces et qui écumeraient la région à la recherche de viande fraîche. L’origine des agresseurs sera ainsi expédiée le temps d‘un bref dialogue, tout comme le sera la présentation des différents autres protagonistes puisque nous allons ensuite retrouver David, cette fois-ci en présence de sa femme, Amy, à qui il va raconter sa rencontre nocturne, mais sans y prêter d’importance, alors que peu après, vont débarquer chez eux une amie d’Amy, Claire et son fils Luke, venus passer quelques jours sur place.

OffspringL’intrigue ne s’attardera sur ces protagonistes qui brièvement, le temps d’avancer la situation de divorcée de Claire, dont le mari, Stephen, un alcoolique notoire sadique sera comme par hasard en route pour rejoindre la ville et y retrouver Claire, ce qui nous vaudra une séquence complètement débile de présentation de ce Stephen qui va prendre en stop une punkette gothique pour tenter de l’amadouer et de la tripoter avant de la larguer au bord de la route. Cette réticence du réalisateur à essayer de donner une quelconque profondeur à ses personnages sera bien évidemment nuisible à l’intérêt que le spectateur va ensuite porter à leurs déboires qui ne vont pas tarder puisqu’à la nuit tombée, le carnage va pouvoir commencer.

OffspringEn effet, alors que les trois adultes prenaient tranquillement un verre, on va frapper à la porte, obligeant David à se déplacer pour ouvrir et voir tomber au sol la sauvageonne ensanglantée vue en introduction (et par ailleurs déjà avancée lors d’une séquence la présentant comme une adepte de l’auto-flagellation). David va forcément chercher à lui porter secours mais ce sera pour se faire aussitôt mordre copieusement au cou, tandis que d’autres assaillants vont pénétrer dans la maison par les fenêtres, lançant de la sorte une longue nuit de chasse et d’horreur à laquelle tout ce petit monde sera mêlé, aussi bien George et quelques policiers continuant leur traque des cannibales pour devenir eux aussi victimes, que Stephen, arrivé sur place et lui aussi attaqué.

OffspringMais hélas, l’intrigue se contentera de situations sans ampleur ni saveur pour alimenter des rebondissements trop souvent prévisibles et anodins, les attaques surprises restant systématiquement téléphonées et ne pourront compter que sur la violence gore pour avoir un minimum de valeur, tandis que les visites dans l’antre des cannibales n’arriveront pas à avoir l’impact recherché, malgré des décors glauques et quelques situations désirant trop fortement et facilement provoquer le dégoût ou offenser le spectateur par ces détails scabreux aisés mais sans jamais recevoir l’aplomb nécessaire. En effet, le métrage aura beau laisser la sauvageonne enfourcher un prisonnier devenu débile pour le violer, alors que plus tard ce sera Amy qui sera sujette à la violence sexuelle des cannibales, rien n’y fera et ces séquences resteront stériles et sans aucun effet, même lorsque Claire sera salement agressée, dénudée et mordue par ses tortionnaires jusque dans son intimité, aucune émotion ne viendra s’emparer du spectateur, qui se demandera surtout le pourquoi de ces violences définitivement gratuites mais même pas jouissive.

OffspringEn plus, les situations auront tendance à se répéter et à tourner en rond autour de la caverne des cannibales, sans jamais que leur volonté d’avoir avec eux des bébés qu’ils enlèvent à leurs victimes soit explicitée, ruinant ainsi de fait le final faussement mouvementé et leur peur de voir un des nouveaux nés malmené, et seule la violence régulièrement qui fera parfois très mal parviendra à se montrer à la hauteur, surtout en s’attaquant à des enfants, les coups portés par les primitifs étant foncièrement méchants et même parfois vicieux, laissant la métrage comporter son quota de plans sanglants, mais sans que ceux-ci soient réellement graphiques ou démesurés, il faudra compter sur les nombreux détails macabres et malsains de l’antre pour parvenir à trouver quelques originalités, et encore…

OffspringLes personnages resteront donc définitivement stéréotypés, entre l’ancien flic reprenant du service, le mari attentionné qui contrastera complètement avec l’alcoolique vicieux et gouailleur, tandis que les deux femmes rivaliseront de vacuité, tant leurs personnalités demeureront creuses et insignifiantes. Comment le réalisateur pouvait-il espérer nous faire trembler face à leurs mésaventures après cela ? En plus l’interprétation sera commune, sans aucun charisme, même venant de la part de Art Hindle qui lui aussi sera décevant, tandis que la mise en scène du réalisateur restera morne, presque télévisuelle pour ne jamais s’énerver ou parvenir à donner de l’ampleur aux temps forts du film. Les effets spéciaux sanglants seront par contre probants pour quelques morsures saignantes et autres gros plans sur ces cadavres mutilés.

Donc, ce Offspring aura tout du rendez-vous manqué pour Jack Ketchum qui ne retrouvera pas l’ambiance perverse t trouble de The girl next door pour sombrer dans la facilité et balancer des situations se voulant sordides sans aucun profondeur ni implication de la part du spectateur ! Dommage…

OffspringLe DVD de zone 1 édité par Lionsgate dans sa collection Ghost House Underground avancera une image nette et sans défaut notable, même lors des nombreuses séquences se déroulant dans l’obscurité, tandis que la bande-son sera cohérente, avec une partition musicale trop discrète et tentant en vain de se montrer étrange, le métrage étant ici proposé dans s a version anglaise avec des sous-titres optionnels en anglais et en espagnol.
Au niveau des bonus, on pourra suivre un making-of intéressant revenant bien sur la globalité du projet et son tournage, complété par un petit module sur une arrestation présumée ayant eu lieu pendant le tournage et par une série de webisodes bien plus sympathiques et attrayants. Viendront ensuite une galerie de photos assez conséquentes, la bande-annonce du film, une version du script imprimable, un petit montage musical issu des bandes-annonces des quatre nouveaux titres de la collection dont nous pourrons découvrir les "vraies" bandes-annonces séparément.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette adaptation de Jack Ketchum quand même assez médiocre alors que le sujet était porteur, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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