30.10.09

08:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Scarce

"Survival" teinté de "torture-flick" indépendant, ce Scarce n'offrira certes que peu d'originalité au sein d'une intrigue codifiée, mais arrivera sans mal à devenir captivant et même parfois dérangeant, aussi bien grâce à une violence gore bien présente et sadique que par son ancrage au milieu d'un hiver rigoureux qui a du rendre son tournage largement harassant.
Le script va laisser un trio de jeunes rentrant d'un séjour à la neige tomber entre les mains de deux cannibales bien décidés à en faire leur dîner.

ScarceLe métrage se montrera tout de suite surprenant et fascinant avec cette première séquence avantageuse suivant en plans serrés et courts un homme chevelu et barbu, entièrement nu et couvert de sang et de blessures courant dans une forêt montagneuse le souffle court et visiblement complètement déboussolé et apeuré pour bientôt escalader quelques rochers et disparaître de l'écran afin de pénétrer dans une grotte pour bientôt se mettre à pousser des hurlements de terreur atroces. Cette entame du film plongera directement le spectateur dans une ambiance lourde et graphique qui contrastera plus que frontalement avec la légèreté de la présentation des personnages principaux qui va suivre.

ScarceEn effet, ce sera sur un mode volontairement "fun" de nous allons faire la connaissance de Trevor, Dustin et Owen, trois jeunes gens en vacances dans le Colorado pour y faire du surf des neiges qui nous allons notamment découvrir lors de leur dernière soirée sur place pour une fiesta qui mettra en évidences les particularités de chacun, accro à la drogue douce pour un Trevor fumeur de pétards, dragueur pour Dustin qui trouvera sans mal une minette, tandis que Owen restera à l'écart. Bien que traînant quelque peu en longueur cette mise en place des protagonistes restera vive et délivrera un humour certes assez grossier mais qui restera quand même plutôt souriant tout en nous gratifiant de quelques plans érotiques définitivement gratuits.

ScarceEnsuite, nous allons retrouver ce trio s'apprêtant à prendre la route du retour chez eux, pour quelques séquences de dialogues dans leur véhicule qui vont parachever la présentation sans pour autant réussir à rendre ces personnages attachants ou même véritablement sympathiques, tandis qu'une tempête va menacer sérieusement leur périple de retour, les obligeant même à un arrêt dans un snack miteux dont les deux réalisateurs s'amuseront à gonfler l'aspect répugnant (le cuisinier crachant sur ses œufs en train de cuire, par exemple), avec en prime des clients guère engageants, crasseux et suspicieux, qui symboliseront de manière caricaturale les "rednecks" campagnards.

ScarceAvant qu'une brève altercation éclate, Owen aura eu le temps de demander à un quidam le chemin d'un gîte afin qu'ils puissent s'arrêter pour la nuit, et ce sera en suivant les indications de cet homme qu'ils vont avoir un accident envoyant leur voiture dans le décor, mais surtout blessant Trevor sérieusement à la jambe. Les deux autres vont bien entendu se mettre en quête de secours dans ce milieu isolé pour rapidement tomber sur une baraque désertée de tout habitant qu'ils vont commencer à inspecter à la recherche d'un téléphone, bientôt stoppé dans leur quête par l'arrivée du propriétaire des lieux, Ivan, un homme d'un certain âge à l'allure sèche et menaçante mais dont le ton doucereux tranchera pleinement avec la violence verbale des autochtones vus lors de l'arrêt au snack. Cet homme se proposera immédiatement d'aider les jeunes, d'abord en retournant à leur véhicule pour découvrir, de manière attendue, que Trevor a disparu, puis en leur proposer de passer la nuit chez lui, la tempête menaçant toujours, avant le lendemain de les conduire en ville.

ScarceL'intrigue s'installera alors durablement dans la tanière de cet homme vivant seul après le décès de sa femme et ne vivant que de sa chasse, personnage qui sera évidemment inquiétant derrière ses attentions prévenantes, notamment lorsqu'il évoquera la nourriture qu'il donnera à ses invités, cette première partie étant bientôt terminée lorsque Ivan va assommer successivement les deux jeunes au petit matin, pour laisser enfin le métrage se corser et réellement devenir impactant, puisque cette longue mise en situation du métrage aura eu tendance à s'éterniser sur des situations pas toujours convaincantes et surtout ne laissant aucun doutes dans l'esprit du spectateur quant aux intentions de ce Ivan.

ScarceLa seconde partie du film verra donc Owen et Dustin être attachés et malmenés dans la cave d'Ivan, bientôt rejoint par celui qui lui servira de "bras droit", Wade, un homme corpulent et franchement menaçant qui prendra un malin plaisir à faire subir quelques sévices graphiques (arrachage d'ongles par exemple) à ses victimes tout en officiant comme "boucher" puisque ce sera lui qui s'occupera de "vider" et de découper en morceaux lors d'une scène très saignante le pauvre Trevor qui aura été cueilli dans la voiture. Et même si l'intrigue avancera quelques situations classiques (avec notamment cette brève tentative de fuite rapidement avortée), ce sera lors de son dernier acte que le métrage parviendra à se montrer original, en laissant Ivan et Wade relâcher Owen et Dustin pour ensuite les prendre en chasse dans cette montagne enneigée.

ScarceMalgré son intrigue globalement classique et ses protagonistes assez fades, le métrage arrivera quand même à captiver son spectateur dès l'entame de sa seconde moitié en investissant un univers carrément glauque, malsain et que le comportement d'Ivan et de son ami Wade viendront compléter de manière efficace, puisqu'ils considéreront véritablement leurs victimes comme de la nourriture qu'il faut goûter et laisser reposer avant de tuer. Mais surtout, le duo de réalisateurs parsèmera le film de quelques idées originales comme lorsqu'ils reviendront sur la destinée de précédentes victimes pour de courts flash-backs marquants ou surtout lors de cette sévère partie de chasse à l'homme prenant place dans des décors enneigés et glaçant, parcourus par les deux victimes en tee-shirts et caleçons, les pieds nus, tandis que pour son final le métrage reviendra parcourir un univers sadique et pervers emprunté au Hostel d'Eli Roth de manière volontaire et éprouvante.

ScarceLes personnages resteront donc superficiels et guère fouillés, notamment les trois jeunes qui serviront de victimes, tandis que les deux cannibales seront plus impactants et viscéraux, même si le métrage prendra une tournure involontairement comique lorsque Wade se munira d'un masque ridicule pour s'en aller torturer ses victimes, bien que le spectateur pourra être amené à penser qu'il s'agira là d'un clin d'œil (pour le coup bien trop appuyé) des auteurs au "slasher", l'ensemble bénéficiant d'une interprétation de qualité (avec les deux réalisateurs qui joueront les premiers rôles), sans surjouage. La mise en scène du duo de réalisateurs canadiens est assez dynamique lors de scènes d'action parfaitement rendues et arrivant à nous communiquer cette impression de froid glacial, mais hélas l'exposition sera bien trop longue pour devenir presque fastidieuse et redondante, sentiment qui sera réitéré lorsque nous appréhenderons plus en avant le mode de vie des cannibales. Les effets spéciaux resteront sans hésiter un des atouts du métrage en étant volontaires, graphiques et d'un réalisme sanglant étonnant tout en demeurant toujours généreux et même parfois originaux.

Donc, ce Scarce, s'il ne sera pas exempt de petits défauts, arrivera sans mal à se montrer virulent et dérangeant dans sa seconde partie sanglante, glauque et même un brin sadique !

ScarceLe DVD de zone 1 édité par Critical Mass Releasing avancera une image nette et sans défaut visible même lors des séquences se déroulant dans l'obscurité, tandis que la bande-son sera plutôt efficace, avec une partition musicale adaptée aux différentes situations et surtout aux différentes ambiances parcourant le métrage, celui-ci étant proposé uniquement dans sa version originale anglaise, sans aucun sous-titre.
Au niveau des bonus, on pourra suivre un excellent making-of revenant largement sur les difficultés rencontrés lors du tournage, notamment avec ce froid abominable, qui prouvera bien l'implication de toute une équipe largement soudée qui aura ici la parole pour également revenir sur l'origine du projet ou sur les effets spéciaux, la bande-annonce du sympathique End of the line venant clore ces bonus certes peu nombreux sur le papier mais vraiment intéressant et donnant même une ampleur accrue au métrage.

Pour ceux qui voudraient découvrir ces cannibales assassins d'un genre particulier, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

Permalink 1497 mots par nicore, 2232 vues • 2 retours

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