26.10.09

07:25:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Love camp

Autre film de WIP (Women In Prison) du prolifique réalisateur Jess Franco tourné dans le sillage du sordide Women in cellblock 9, ce Love camp sera quant à lui presque exclusivement orienté vers un érotisme omniprésent qui servira à illustrer une intrigue servant de prétexte pour avancer une nouvelle fois les thèmes favoris du sous-genre, pimentés par des relations troubles entre les protagonistes.
Le script va suivre les déboires de quelques demoiselles enlevées par des guérilleros afin d’être assujetties à la discipline d’un camp où elle devront satisfaire les combattants venus y chercher le repos du guerrier.

Love campDans son introduction, le métrage va suivre plusieurs enlèvements dont vont être victimes des demoiselles d’horizons bien différents puisque ce seront d’abord deux prostituées attendant le client qui vont être attrapées par des soldats, alors qu’ensuite ce sera une jeune femme endormie chez elle qui sera réveillée sans ménagement et emmenée, laissant alors une troisième séquence bien plus originale et volontaire voir une jeune mariée s’apprêtant à consommer sa relation avec son mari être stoppée dans ses ardeurs par ces militaires qui vont assommer l’homme et emporter avec eux la demoiselle malgré ses protestations bien inutiles. Ces scènes rapides lanceront le métrage de manière efficace mais également souriante avec des dialogues volontairement décalés.

Love campEnsuite l’intrigue va laisser les captives progresser difficilement dans une jungle présentée comme dangereuse (avec de méchants serpents rôdant aux alentours mais que nous ne verrons jamais…) avec ces mercenaires de pacotille faisant semblant de se frayer un chemin au milieu de la végétation avec leurs serpes et éructant plus que de raison après les jeunes femmes éreintées par cette longue marche, tandis que nous allons découvrir la raison de ces enlèvements puisque le chef de la guérilla, Gino de Guerra, va annoncer à l’une de ses fidèles collaboratrices qu’elle va avoir la responsabilité d’un camp destiné à recevoir des demoiselles qui devront assurer la relaxation et le repos des combattants de la "Révolution", idée parallèlement utilisé dans le SS girls de Bruno Mattei tourné la même année.

Love campL'arrivée au camp respectera le cahier des charges du genre, avec scène de douche appuyée et s'attardant logiquement sur les attributs des demoiselles pour ensuite laisser la nouvelle gardienne en chef (affublée de deux sbires qui évolueront tout le long du film topless) qui se sera obligatoirement parée d'une cravache, énoncer aux nouvelles arrivantes les règles strictes du camp et la raison de la présence des jeunes femmes en ses murs, tout en ayant l'occasion de prouver sa cruauté lorsque l'une des captives va tenter de s'évader pour finalement narguer ses geôlières, elle finira tout simplement décapitée, mais sans que Jess Franco n'ait recours au moindre effet sanglant, la suggestion faisant le reste.

Love campCette mise en condition passée, le métrage va conjointement proposer des situations typiques du WIP, pour des crêpage de chignons entre détenues, avec au centre de la discorde une jeune vierge (qui aura quand même auparavant subi les assauts de la cravache de la responsable du camp, trop heureuse de s'amuser un peu…) que tentera de draguer une lesbienne et s'attirant les foudres d'autres prisonnières, mais également quelques petites séquences de sévices en représailles à ces violences, notamment pour une mémorable scène au cours de laquelle deux des femmes séquestrées recevront de coups de fouets, la seconde, interprétée par une bien mauvaise actrice, aura un mal fou à simuler la douleur et nous gratifiera de grimaces tordantes, tandis que l'inévitable plan d'évasion viendra alimenter quelques rebondissements du dernier acte, même si pour une fois Jess Franco sera moins pessimiste quant à l'issue finale et au sort réservé à son héroïne.

Love campEn effet, le métrage avancera une héroïne puisque, parmi les prisonnières, l'une d'elles, Angela, va occuper une bonne partie du métrage au travers de sa relation avec Gino de Guerra qui va la choisir pour assouvir quelques besoins sexuels, mais les deux êtres vont être attirés l'un vers l'autre dans un mélange d'amour et de haine qui imposera des situations plus fouillées et bien moins superficielles que prévue, surtout que la gardienne en chef, lesbienne comme il se doit, sera également charmée par Angela, entraînant une jalousie teintée de méchanceté qui offrira l'opportunité au réalisateur de nous livrer d'autres séquences d'exactions et d'humiliations subies par la pauvre Angela, surtout qu'une histoire de complot avec le médecin du camp viendra aggraver la situation.

Love campBien entendu le métrage sera largement habité par un érotisme qui s'exposera continuellement, avec déjà ces prisonnières évoluant uniquement à moitié ou complètement dénudées (certainement à cause du climat tropical de cette république bananière…) et que Jess Franco scrutera avec sa caméra sous toutes les coutures, osant même des gros plans plus que salaces dont il a le secret, quand il ne cadrera pas carrément un mamelon au premier plan d'une scène de dialogues. Mais les situations du métrage entraîneront également des ébats filmés lascivement quand ce sera Angela et Gino de Guerra qui seront mis en scène tandis que lorsque ce seront des soldats qui iront rendre visite aux prisonnières, une certaine folie investira l'écran dans un délire largement souriant, volontairement comique et évidemment exagéré.

Love campPar contre, le métrage demeurera bien soft au niveau de la violence, les sévices étant montrés de manière à ne pas être accompagnés d'effusions de sang, tout en étant quand même complaisants (comme lorsque Angela sera attachée les bras en l'air dans la section des "traitement spéciaux") , laissant l'imagination faire son travail, et il faudra se "contenter" d'une agressive bagarre entre détenues qui verra cette lesbienne être rudement rouée de coups et de baffes par une autre jeunes femme complètement hystérique suite aux avances faites à la jeune vierge du groupe, puisque même cette décapitation du début du film sera désespérément suggérée, le ton général du film étant bien plus léger que lors d'autres démonstrations du réalisateur.

Love campLes personnages n'échapperont pas aux stéréotypes du genre, entre cette gardienne en chef sadique et attirée par les femmes suivant ainsi la trace de la célèbre "Ilsa" tout en étant largement moins sadique malgré la volonté exprimée, ce chef de guerre viril mais transi d'amour pour Angela, et bien entendu ces prisonnières aux caractères bien marqués, l'ensemble ne bénéficiant comme évoqué précédemment que d'une interprétation aléatoire, même si Muriel Montossé (une habituée des œuvres de Jess Franco) sera plutôt efficace dans le rôle de la responsable du camp. La mise en scène de Jess Franco reprendra les tics du réalisateur, avec ses gros plans vicieux et ces fulgurances de cadrage définitivement "autres" mais cette fois-ci l'ensemble profitera d'un rythme régulier et assez vif avec des situations renouvelées régulièrement.

Donc, ce Love camp sera une nouvelle illustration du film de WIP par un Jess Franco en forme et assez inspiré, tout en étant foncièrement sensuel et érotique !

Love campLe DVD de zone 2 anglais édité par Anchor Bay avancera une image plus que nette et sans défaut notable, tandis que la bande-son sera convaincante, avec une partition musicale basique, le métrage étant ici proposé dans sa version anglaise ou allemande avec des sous-titres anglais.
Au niveau des bonus, on pourra consulter quelques filmographies, une galerie d'affiches et une conséquente galerie de photos du film, suivre la bande-annonce de quelques autres titres de la collection dédiée à Jess franco ou (re)découvrir le passionnant petit documentaire donnant la parole au producteur suisse Erwin C. Dietrich.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce film de WIP érotique et souriant, le DVD de zone 2 anglais est disponible ici ou !

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