02.10.09

07:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Barbed wire dolls

Film de WIP (Women In Prison) très classique sur le fond, ce Barbed wire dolls portera tous les stigmates du cinéma de son réalisateur, Jess Franco, qui ici se montrera particulièrement inspiré lorsqu'il s'agira de se laisser aller à un érotisme omniprésent ou à quelques séances de tortures mentales ou physiques dégradantes.
Le script va suivre les déboires de quelques prisonnières brimées et assujetties aux désirs d'une gardienne sadique et perverse.

Barbed wire dollsD'entrée le métrage va s'installer au sein de cette prison côtière pour une première séquence annonçant parfaitement la couleur puisque nous verrons une femme attachée (nue, cela va sans dire) subissant les coups de fouet et la pression d'une brute épaisse nommée Nestor qui, alors que sa victime sera restée six jours sans manger, osera disposer près d'elle une gamelle pleine de nouilles, mais sans qu'elle puisse y toucher, pour une torture mentale bien vicieuse et qui se prolongera suffisamment pour déranger, entre les plaintes et les tentatives d'apitoiement de la femme et les cris et ordres hurlés par ce Nestor qui semblera bien entendu jouir de la situation et de sa position de dominateur (surtout qu'il aura pour témoin le gardienne en chef de l'endroit et le médecin des lieux) envers cette femme dont le motif d'incarcération sera d'avoir osé dénigrer le Gouverneur.

Barbed wire dollsEnsuite le métrage va se lancer dans la présentation de trois des prisonnières dont nous suivrons les tourments, Pompadour, une prostituée nymphomane et délirante, Rosaria, une folle passant son temps à chanter et enfin Bertha, une demoiselle emprisonnée pour le meurtre de son frère, que nous découvrirons dans leur cellule le temps d'appréhender le caractère de chacun, le réalisateur s'attardant à coup sûr sur cette Pompadour le temps de quelques gros plans ouvertement salaces, tandis que Bertha, la plus "normale" des trois et la plus attirante sera aussi la plus discrète. Et après avoir ainsi planté le décor, nous allons suivre l'arrivée d'une nouvelle prisonnière en la personne de Maria, une autre demoiselle accusée elle aussi de meurtre mais niant les faits et qui va commencer par rejoindre le "quartier spécial". Ce "quartier spécial" servira surtout de lieu de torture puisque Maria sera allongée nue sur un lit métallique parcouru régulièrement d'électricité pour des séances de rééducation sadiques et complaisantes largement étalées devant la caméra.

Barbed wire dollsL'intrigue va également s'attarder sur la directrice de cette prison, qui restera bien dans la tradition inaugurée par "Ilsa" avec ses bottes en cuir, ce monocle et ses shorts moulants, tandis qu'elle aura toujours à la main sa cravache prête à servir et avec en plus des penchants lesbiens avérés comme pourra le découvrir Bertha lors d'une autre scène érotique au cours de laquelle elle devra même frapper sur ses ordres la gardienne en chef adepte également du sadomasochisme, ainsi que sur ce Gouverneur de la province aimant les jeunes et jolies détenues qu'il se fera régulièrement amené chez lui pour, selon son humeur, les regarder se masturber sur son lit ou laisser Nestor abuser d'elles.

Barbed wire dollsPour meubler le métrage, l'intrigue va quand même avancer quelques événements intéressants comme cette lettre dénonçant les pratiques à l'intérieur de la prison qui arrivera chez le Gouverneur, ce qui ne le troublera pas plus que cela bien sûr mais lancera une vague de répression à l'intérieur du pénitencier, tandis que Maria sera liée à la directrice de la prison par son passé et le meurtre dont elle a été accusée, ce qui nous vaudra une séquence définitivement "autre" puisque Jess Franco, n'ayant certainement pas le budget nécessaire pour tourner une scène passée au ralenti ensuite, la fera jouer ainsi à l'origine, ce qui sera irrésistiblement comique avec les gestes saccadés des acteurs, et y participera même puisqu'il interprétera lui-même le père incestueux de Maria, ce qui pourra par ailleurs être interprété sous différents angles quand on sait que Maria sera jouée par Lina Romay, la muse du réalisateur.

Barbed wire dollsLe métrage avancera quasiment toutes les figures obligées du film de "WIP", hormis les traditionnelles scènes de douches ici absentes, pour suivre ces quelques tortures subies par ces prisonnières qui souffriront aussi bien dans leur chair que dans leur esprit, mais les sévices auront tendance à se répéter (avec plusieurs passages dans ce "quartier spécial" et sur le lit électrique) et ne sombreront jamais dans la violence franche ou dans l'abject (comme dans le bien sadique Women in cellblock 9 par exemple) et encore moins dans le gore, aucune plan sanglant ne venant émailler l'ensemble, pour se terminer par l'habituelle évasion ici bien opportune et facile, mais l'issue du métrage pourra, une fois de plus chez Jess Franco, laisser un goût amer.

Barbed wire dollsCe sera donc l'érotisme qui sera omniprésent au sein de l'intrigue, les prisonnières évoluant toujours à moitié nues et n'hésitant pas à se déshabiller à la moindre occasion, avec en plus des situations et des rebondissements prétextes à avancer des ébats en tous genres qui, s'ils ne verseront jamais dans la hardcore, resteront sporadiquement très osés avec ces gros plans dont Jess Franco s'est fait le spécialiste et qui iront inspecter les entrejambes des demoiselles sans aucune pudeur pour même devenir licencieux lorsque la nymphomane dérangée ira se toucher avec une cigarette allumée. Mais le réalisateur pourra compter sur la beauté et la jeunesse de Lina Romay et de Martine Stedil (toutes deux habituées de l'auteur) pour illuminer le film, contrastant de la sorte avec une certaine fadeur et un manque de fraîcheur des autres prisonnières et même de Monica Swinn qui ne sera pas ici présentée sous son meilleur jour.

Barbed wire dollsLes personnages alimenteront les situations avec un certain classicisme, notamment les détenues et la directrice de la prison, tandis que ce Nestor n'aura pas le charisme désiré dans son rôle de bourreau pervers, laissant seul le médecin des lieux apporter une certaine originalité en semblant s'intéresser réellement au sort des prisonnières (ce qui ne l'empêchera pas de coucher avec Maria…) et paraître comme le seul être "humain" parmi l'équipe officiant dans cette prison, pour de la sorte apporter une petite touche humaniste au milieu de la misogynie ambiante et sous-jacente. L'interprétation est cohérente, sans réel charisme à l'écran mais sans pour autant sombrer dans un quelconque amateurisme, les différents acteurs et actrices présents restant concernés. La mise en scène de Jess Franco est moins lascive que parfois pour donner un rythme constant au métrage qui ne connaîtra pas de temps morts, et nous gratifiera de cette séquence hallucinée au ralenti qui vaudra son pesant de cacahuètes.

Donc, ce Barbed wire dolls illustrera parfaitement son sujet en demeurant un film de "WIP" volontaire, porteur d'un érotisme osé et régulièrement sordide qui devrait satisfaire les amateurs du sous-genre !

Barbed wire dollsLe DVD de zone 2 anglais édité par Anchor Bay avancera une image nette et sans défaut visible, tandis que la bande-son sera convaincante, avec une partition musicale impactante mais hélas pas assez présente, le métrage étant ici proposé dans sa version anglaise ou allemande avec des sous-titres anglais.
Au niveau des bonus, on pourra suivre le documentaire sur le travail de restauration effectué pour les éditions de la collection de l'éditeur dédiée à Jess Franco, une série d'interviews croisés du producteur Erwin C. Dietrich, de Jess Franco et de Lina Romay qui reviendront sur le tournage du film et sur les sentiments du réalisateur vis-à-vis du cinéma et de la censure, une galerie de photos assez conséquente, la bande-annonce du film, quelques filmographies et la présentation publicitaire de cette collection.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce film de "WIP" érotique et sordide, le DVD de zone 2 est disponible ici ou !

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