Archives pour: Octobre 2009

30.10.09

08:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Scarce

"Survival" teinté de "torture-flick" indépendant, ce Scarce n'offrira certes que peu d'originalité au sein d'une intrigue codifiée, mais arrivera sans mal à devenir captivant et même parfois dérangeant, aussi bien grâce à une violence gore bien présente et sadique que par son ancrage au milieu d'un hiver rigoureux qui a du rendre son tournage largement harassant.
Le script va laisser un trio de jeunes rentrant d'un séjour à la neige tomber entre les mains de deux cannibales bien décidés à en faire leur dîner.

ScarceLe métrage se montrera tout de suite surprenant et fascinant avec cette première séquence avantageuse suivant en plans serrés et courts un homme chevelu et barbu, entièrement nu et couvert de sang et de blessures courant dans une forêt montagneuse le souffle court et visiblement complètement déboussolé et apeuré pour bientôt escalader quelques rochers et disparaître de l'écran afin de pénétrer dans une grotte pour bientôt se mettre à pousser des hurlements de terreur atroces. Cette entame du film plongera directement le spectateur dans une ambiance lourde et graphique qui contrastera plus que frontalement avec la légèreté de la présentation des personnages principaux qui va suivre.

ScarceEn effet, ce sera sur un mode volontairement "fun" de nous allons faire la connaissance de Trevor, Dustin et Owen, trois jeunes gens en vacances dans le Colorado pour y faire du surf des neiges qui nous allons notamment découvrir lors de leur dernière soirée sur place pour une fiesta qui mettra en évidences les particularités de chacun, accro à la drogue douce pour un Trevor fumeur de pétards, dragueur pour Dustin qui trouvera sans mal une minette, tandis que Owen restera à l'écart. Bien que traînant quelque peu en longueur cette mise en place des protagonistes restera vive et délivrera un humour certes assez grossier mais qui restera quand même plutôt souriant tout en nous gratifiant de quelques plans érotiques définitivement gratuits.

ScarceEnsuite, nous allons retrouver ce trio s'apprêtant à prendre la route du retour chez eux, pour quelques séquences de dialogues dans leur véhicule qui vont parachever la présentation sans pour autant réussir à rendre ces personnages attachants ou même véritablement sympathiques, tandis qu'une tempête va menacer sérieusement leur périple de retour, les obligeant même à un arrêt dans un snack miteux dont les deux réalisateurs s'amuseront à gonfler l'aspect répugnant (le cuisinier crachant sur ses œufs en train de cuire, par exemple), avec en prime des clients guère engageants, crasseux et suspicieux, qui symboliseront de manière caricaturale les "rednecks" campagnards.

ScarceAvant qu'une brève altercation éclate, Owen aura eu le temps de demander à un quidam le chemin d'un gîte afin qu'ils puissent s'arrêter pour la nuit, et ce sera en suivant les indications de cet homme qu'ils vont avoir un accident envoyant leur voiture dans le décor, mais surtout blessant Trevor sérieusement à la jambe. Les deux autres vont bien entendu se mettre en quête de secours dans ce milieu isolé pour rapidement tomber sur une baraque désertée de tout habitant qu'ils vont commencer à inspecter à la recherche d'un téléphone, bientôt stoppé dans leur quête par l'arrivée du propriétaire des lieux, Ivan, un homme d'un certain âge à l'allure sèche et menaçante mais dont le ton doucereux tranchera pleinement avec la violence verbale des autochtones vus lors de l'arrêt au snack. Cet homme se proposera immédiatement d'aider les jeunes, d'abord en retournant à leur véhicule pour découvrir, de manière attendue, que Trevor a disparu, puis en leur proposer de passer la nuit chez lui, la tempête menaçant toujours, avant le lendemain de les conduire en ville.

ScarceL'intrigue s'installera alors durablement dans la tanière de cet homme vivant seul après le décès de sa femme et ne vivant que de sa chasse, personnage qui sera évidemment inquiétant derrière ses attentions prévenantes, notamment lorsqu'il évoquera la nourriture qu'il donnera à ses invités, cette première partie étant bientôt terminée lorsque Ivan va assommer successivement les deux jeunes au petit matin, pour laisser enfin le métrage se corser et réellement devenir impactant, puisque cette longue mise en situation du métrage aura eu tendance à s'éterniser sur des situations pas toujours convaincantes et surtout ne laissant aucun doutes dans l'esprit du spectateur quant aux intentions de ce Ivan.

ScarceLa seconde partie du film verra donc Owen et Dustin être attachés et malmenés dans la cave d'Ivan, bientôt rejoint par celui qui lui servira de "bras droit", Wade, un homme corpulent et franchement menaçant qui prendra un malin plaisir à faire subir quelques sévices graphiques (arrachage d'ongles par exemple) à ses victimes tout en officiant comme "boucher" puisque ce sera lui qui s'occupera de "vider" et de découper en morceaux lors d'une scène très saignante le pauvre Trevor qui aura été cueilli dans la voiture. Et même si l'intrigue avancera quelques situations classiques (avec notamment cette brève tentative de fuite rapidement avortée), ce sera lors de son dernier acte que le métrage parviendra à se montrer original, en laissant Ivan et Wade relâcher Owen et Dustin pour ensuite les prendre en chasse dans cette montagne enneigée.

ScarceMalgré son intrigue globalement classique et ses protagonistes assez fades, le métrage arrivera quand même à captiver son spectateur dès l'entame de sa seconde moitié en investissant un univers carrément glauque, malsain et que le comportement d'Ivan et de son ami Wade viendront compléter de manière efficace, puisqu'ils considéreront véritablement leurs victimes comme de la nourriture qu'il faut goûter et laisser reposer avant de tuer. Mais surtout, le duo de réalisateurs parsèmera le film de quelques idées originales comme lorsqu'ils reviendront sur la destinée de précédentes victimes pour de courts flash-backs marquants ou surtout lors de cette sévère partie de chasse à l'homme prenant place dans des décors enneigés et glaçant, parcourus par les deux victimes en tee-shirts et caleçons, les pieds nus, tandis que pour son final le métrage reviendra parcourir un univers sadique et pervers emprunté au Hostel d'Eli Roth de manière volontaire et éprouvante.

ScarceLes personnages resteront donc superficiels et guère fouillés, notamment les trois jeunes qui serviront de victimes, tandis que les deux cannibales seront plus impactants et viscéraux, même si le métrage prendra une tournure involontairement comique lorsque Wade se munira d'un masque ridicule pour s'en aller torturer ses victimes, bien que le spectateur pourra être amené à penser qu'il s'agira là d'un clin d'œil (pour le coup bien trop appuyé) des auteurs au "slasher", l'ensemble bénéficiant d'une interprétation de qualité (avec les deux réalisateurs qui joueront les premiers rôles), sans surjouage. La mise en scène du duo de réalisateurs canadiens est assez dynamique lors de scènes d'action parfaitement rendues et arrivant à nous communiquer cette impression de froid glacial, mais hélas l'exposition sera bien trop longue pour devenir presque fastidieuse et redondante, sentiment qui sera réitéré lorsque nous appréhenderons plus en avant le mode de vie des cannibales. Les effets spéciaux resteront sans hésiter un des atouts du métrage en étant volontaires, graphiques et d'un réalisme sanglant étonnant tout en demeurant toujours généreux et même parfois originaux.

Donc, ce Scarce, s'il ne sera pas exempt de petits défauts, arrivera sans mal à se montrer virulent et dérangeant dans sa seconde partie sanglante, glauque et même un brin sadique !

ScarceLe DVD de zone 1 édité par Critical Mass Releasing avancera une image nette et sans défaut visible même lors des séquences se déroulant dans l'obscurité, tandis que la bande-son sera plutôt efficace, avec une partition musicale adaptée aux différentes situations et surtout aux différentes ambiances parcourant le métrage, celui-ci étant proposé uniquement dans sa version originale anglaise, sans aucun sous-titre.
Au niveau des bonus, on pourra suivre un excellent making-of revenant largement sur les difficultés rencontrés lors du tournage, notamment avec ce froid abominable, qui prouvera bien l'implication de toute une équipe largement soudée qui aura ici la parole pour également revenir sur l'origine du projet ou sur les effets spéciaux, la bande-annonce du sympathique End of the line venant clore ces bonus certes peu nombreux sur le papier mais vraiment intéressant et donnant même une ampleur accrue au métrage.

Pour ceux qui voudraient découvrir ces cannibales assassins d'un genre particulier, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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29.10.09

06:50:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Clones
Réalisateur : Jonathan Mostow
Durée du film : 1h25
Date de sortie du film : 28 octobre 2009
Avec : Bruce Willis (Agent Greer) ; Radha Mitchell (Agent Peters), etc.


Par Nicofeel

Auteur de l'excellent thriller Breakdown et d'un Terminator 3 qui a divisé tant la critique que le public, Jonathan Mostow nous revient avec une thématique qui lui tient particulièrement à coeur avec le film Clones.
Adapté d'un roman intitulé The Surrogates (le titre original du film), Clones rappelle évidemment Terminator 3. Surtout que le film multiplie les scènes d'action à grand spectacle. Par sa thématique, le film n'est pas non plus sans rappeler l'oeuvre de Philip K. Dick et notamment le fabuleux Blade Runner.
Clones réussit aussi à intéresser par une certaine originalité. En effet, on n'avait pas encore vu dans un film de science-fiction se développer la notion du clone robotisé qui finit par faire le travail et les occupations de tout un chacun. Critiquant sans vergogne une société qui ne cesse d'utiliser les nouvelles technologies et qui finit par là même d'enfermer l'homme dans un cercle infernal, Clones n'y va pas avec le dos de la cuillère.
Il faut dire que le constat est assez effrayant. Dans ce film on nous montre des êtres humains qui ne vivent plus que par procuration (thématique que l'on retrouve dans le sublime Strange days de Kathryn Bigelow) et qui n'osent plus affronter la réalité en face. Ils ont leurs clones, plus jeunes, plus robustes qui font toutes leurs tâches quotidiennes à leur place.
Dans cette société où peu d'êtres humains ont choisi de vivre sans clone, c'est le culte de l'apparence qui prédomine et bien évidemment la communication entre les êtres humains a été réduite à sa plus simple expression.

Le film de Jonathan Mostow vaut non seulement par cette thématique autour de l'être humain et son devenir dans le futur mais également par son scénario qui prend des allures de thriller.
Tout au long du film, on voit les agents Greer et Peters (joués respectivement par Bruce Willis et Radha Mitchell) qui enquêtent autour de meurtres étranges qui ont lieu sur des êtres humains. En effet, normalement si le clone meurt, l'être humain bénéficie d'une sécurité qui l'empêche de décéder à son tour. Mais dans le film on comprend bien vite qu'une personne malveillante en veut aux clones mais aussi aux hommes qui choisi d'avoir ces mêmes clones.
Comme souvent, Bruce Willis est très efficace dans le rôle de cet homme qui va tenter d'élucider ce mystère.

Son personnage est également intéressant dans le sens où il montre la difficulté de réapprendre à vivre une fois que l'on est obligé de faire ce qui était jusque-là dévolu à son clone.
En fait, on regrettera surtout que Jonathan Mostow insiste avant tout sur les scènes d'action. Les scènes intimistes, notamment entre Bruce Willis et Radha Mitchell, existent mais elles sont trop peu nombreuses et elles donnent par moments l'impression d'arriver comme un cheveu sur la soupe.
C'est dommage car le cinéaste tenait là un sujet en or. On aurait vraiment pu obtenir un meilleur film si le réalisateur avait insisté davantage sur la perte de personnalité de l'être humain du fait de l'existence du clone. Il aurait aussi pu s'intéresser davantage aux pensées du clone. Dans le film, on voit bien que le clone est un intermédiaire indispensable pour l'homme, il est devenu une sorte de drogue. L'inter-relation du clone et de l'être humain aurait pu être un peu plus développé.
D'autant que le film Clones ne dure qu'une heure vingt cinq. Entre quelques scènes d'action, on aurait pu nous ajouter quelques séquences plus « réflexives ».
Il y a bien la notion de complot qui est développé mais la notion de création des clones n'est finalement montrée qu'au début du film.

En conclusion, que dire du film Clones ? Ce long métrage est l'oeuvre d'un bon faiseur, passionné visiblement par l'oeuvre de Philip K. Dick et par tout ce qui tourne autour de la notion d'identité. Mais malheureusement, le cinéaste est plus à l'aise dans les scènes d'action pure que lors des scènes intimistes qu'il délaisse un peu trop. Au final, le film s'en sort avec les honneurs grâce à de bons acteurs principaux (Bruce Willis en tête) et à des effets spéciaux qui pour l'occasion sont vraiment bien faits.

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27.10.09

08:30:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Squadra antiscippo

Réalisé par Bruno Corbucci, ce Squadra antiscippo, premier volet d’une franchise mettant à l’honneur Tomas Milian dans un rôle de policier atypique, alliera action et humour pour un cocktail détonant irrésistible où la violence sera presque cartoonesque.
Le script va suivre l’inspecteur Nicola Giraldi, affecté à la brigade antivol et qui, en plus de ses enquêtes "ordinaires" va devoir affronter un dignitaire américain victime d’un vol à l’arraché le flouant de cinq millions de dollars d'argent "sale", somme qu’il va chercher à récupérer par tous les moyens.

Squadra antiscippoDans son introduction, le métrage va commencer par avancer toute une série de courtes séquences mettent en scène des voleurs s'en prenant à des passants de manière originale et souriante, comme, entre autres, cet homme qui montrera ses fesses pour perturber un groupe de touristes japonais pendant que ses complices vont les délester de leurs valises, ou encore ce chien dressé à attraper les sacoches, jusqu'à cette séquence prenant place sur un marché aux fruits et légumes où un délinquant va tenter de voler le sac à mains d'une femme, pour voir les autres badauds le houspiller jusqu'à l'arrivée en moto d'un homme ressemblant également à un voyou qui va rentrer dans la danse pour révéler sa profession de policier et, après une bagarre épique avec le voleur qui dévastera ce marché, arrêter le coupable.

Squadra antiscippoCette mise en avant de la petite délinquance régnant sur la capitale italienne et la présentation du personnage principal seront ouvertement comiques, quelque peu déjantées et ce Nicola Giraldi offrira au métrage un protagoniste s'imposant immédiatement à l'écran par sa dégaine négligée et son charisme indéniable. Nous allons ensuite suivre cet inspecteur au commissariat où il pourra notamment s'entretenir avec son supérieur hiérarchique pour ainsi avancer une thèse selon laquelle les vols ne diminueront qu'avec l'arrestation des receleurs et non des voleurs eux-mêmes, ce qui permettra au passage à l'intrigue de nous en apprendre plus sur ce personnage inhabituel, voleur lui-même avant de devenir policier. Mais le métrage va également avancer un autre de ses protagonistes principaux, un voleur surnommé "Baronetto" et qui arrivera à échapper une fois de plus à un des collègues de Giraldi.

Squadra antiscippoEnsuite, l'intrigue va s'immiscer dans le quotidien de Giraldi, aussi bien chez lui où ses penchants marginaux s'affirmeront encore un peu plus, avec par exemple la présence de ce rat blanc qui lui servira de compagnon, que pour une nouvelle traque de la bande de Baronetto qui se terminera par l'arrestation de plusieurs de ses complices après une course-poursuite haletante et quelques échanges de coups de poing d'une violence quelque peu démesurée, mais ce Baronetto aura trouvé un alibi en béton en ayant un complice infirmier dans un hôpital qui affirmera que le petit voyou est alité depuis plusieurs jours. Cette première partie du métrage laissera l'intrigue bien agencer son contexte et les différents protagonistes, Giraldi commençant même une liaison avec la victime du vol qui a permis l'arrestation des complices de Baronetto, laissant le spectateur s'immerger dans ce monde fait de violence et de réparties excellentes et ordurières de Giraldi qui se moquera ouvertement de tout le monde, avant de rentrer dans le vif du sujet en introduisant celui qui servira de vrai "méchant" du métrage.

Squadra antiscippoEn effet, ce nouveau personnage au faciès aussi sec qu'inquiétant, Norman Shelley, fera preuve d'une cruauté et d'une violence froide qui trancheront avec les péripéties des petits voleurs poursuivis par Giraldi immédiatement mis en avant lors de la première séquence où il apparaîtra, mais le tournant du film interviendra lorsque Baronetto et un complice vont le délester d'une valisette à la sortie d'un hôtel. Valisette dont le contenu aura de quoi surprendre et embarrasser Baronetto et ses amis puisqu'ils vont y découvrir cinq millions de dollars en billets de banque, somme trop importante pour être honnête, ce qui sera confirmé lorsque Shelley va lancer ses hommes de main à la recherche des voleurs, pour rapidement en trouver un qui sera tabassé jusqu'à ce que mort s'en suive. Giraldi se verra confier l'enquête même s'il s'agit d'un homicide, ses connexions avec le "Milieu" devant l'aider à remonter la piste pour retrouver Baronetto et ainsi découvrir ce qui se trame, surtout qu'un second ami du voleur périra au nez et à la barbe de Giraldi en essayant de fuir les sbires de Shelley.

Squadra antiscippoL'intrigue permettra à Bruno Corbucci de placer de nombreuses phases d'action, avec ces bagarres qui prendront pour habitude de détruire les décors, murs et vitres compris, mais surtout pour des courses-poursuites motorisées endiablées et bien folles, Giraldi étant un adepte de moto dont il se servira même plus que de raison (pour suivre des voyous grimpant des escaliers, par exemple), jusqu'à cette apothéose finale lors de l'obligatoire face à face entre Giraldi et Shelley qui, même s'il restera peu vraisemblable, demeurera mémorable aussi bien lors de cette course au travers de chemin de campagne qu'ensuite dans le bureau de shelley à l'ambassade américaine où il occupera un poste éminent.

Squadra antiscippoMais le principal atout du métrage restera quand même son personnage principal complètement hors norme pour un policier, dont le look crasseux ressortira irrésistiblement avec des tenues vestimentaires hautes en couleurs, tandis que ses méthodes peu orthodoxes arroseront l'ensemble du film d'un humour de situation décapant et irrévérencieux, témoin cette séquence dans une boîte de nuit où Giraldi, grimé en souteneur de prostituée parviendra à obtenir des renseignements en faisant passer sa nouvelle petite amie, bien entendu au courant de rien, pour une de ses "filles". Mais les dialogues ne seront pas en reste avec en plus d'un langage ordurier un sens de l'humour gouailleur et satirique qui fera invariablement mouche, achevant ainsi de rendre ce protagoniste attachant au possible.

Squadra antiscippoBien évidemment, face à un tel charisme, les autres personnages pourront paraître quelque peu fades et même ce Shelley, s'il restera dangereux, ne pourra espérer voler la vedette à son adversaire. L'ensemble bénéficiera d'une interprétation de qualité largement dominée par un Tomas Milian habité et parfaitement à l'aise dans ce genre de personnage (guère éloigné de celui de "Poubelle" dans une autre franchise postérieure), tandis que Jack Palance prêtera avec bonheur son physique particulier à Shelley avec une réussite certaine. La mise en scène du réalisateur est efficace, plus que dynamique et vive pour suivre l'action, donnant de la sorte un rythme effréné à l'ensemble.

Donc, ce Squadra antiscippo offrira à Tomas Milian une nouvelle opportunité de prouver son talent et son charisme pour incarner un personnage irrésistible que l'on aura envie de revoir à l'œuvre au plus vite !

Squadra antiscippoLe DVD de zone 2 italien édité par Raro Video avancera une image quelque peu granuleuse, tandis que la bande-son sera convaincante, portée par une excellente partition musicale typique et envoûtante, le métrage étant ici proposé dans sa version italienne, anglaise mais surtout française.
Au niveau des bonus, on pourra suivre la bande-annonce originale du film, ainsi qu'un petit documentaire laissant un critique de cinéma s'exprimer sur le film et sur la carrière de Tomas Milian, mais hélas ce module sera à réserver exclusivement aux italophones puisqu'il ne sera pas sous-titré.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce personnage haut en couleur, le DVD de zone 2 italien est par exemple disponible ici !

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26.10.09

07:25:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Love camp

Autre film de WIP (Women In Prison) du prolifique réalisateur Jess Franco tourné dans le sillage du sordide Women in cellblock 9, ce Love camp sera quant à lui presque exclusivement orienté vers un érotisme omniprésent qui servira à illustrer une intrigue servant de prétexte pour avancer une nouvelle fois les thèmes favoris du sous-genre, pimentés par des relations troubles entre les protagonistes.
Le script va suivre les déboires de quelques demoiselles enlevées par des guérilleros afin d’être assujetties à la discipline d’un camp où elle devront satisfaire les combattants venus y chercher le repos du guerrier.

Love campDans son introduction, le métrage va suivre plusieurs enlèvements dont vont être victimes des demoiselles d’horizons bien différents puisque ce seront d’abord deux prostituées attendant le client qui vont être attrapées par des soldats, alors qu’ensuite ce sera une jeune femme endormie chez elle qui sera réveillée sans ménagement et emmenée, laissant alors une troisième séquence bien plus originale et volontaire voir une jeune mariée s’apprêtant à consommer sa relation avec son mari être stoppée dans ses ardeurs par ces militaires qui vont assommer l’homme et emporter avec eux la demoiselle malgré ses protestations bien inutiles. Ces scènes rapides lanceront le métrage de manière efficace mais également souriante avec des dialogues volontairement décalés.

Love campEnsuite l’intrigue va laisser les captives progresser difficilement dans une jungle présentée comme dangereuse (avec de méchants serpents rôdant aux alentours mais que nous ne verrons jamais…) avec ces mercenaires de pacotille faisant semblant de se frayer un chemin au milieu de la végétation avec leurs serpes et éructant plus que de raison après les jeunes femmes éreintées par cette longue marche, tandis que nous allons découvrir la raison de ces enlèvements puisque le chef de la guérilla, Gino de Guerra, va annoncer à l’une de ses fidèles collaboratrices qu’elle va avoir la responsabilité d’un camp destiné à recevoir des demoiselles qui devront assurer la relaxation et le repos des combattants de la "Révolution", idée parallèlement utilisé dans le SS girls de Bruno Mattei tourné la même année.

Love campL'arrivée au camp respectera le cahier des charges du genre, avec scène de douche appuyée et s'attardant logiquement sur les attributs des demoiselles pour ensuite laisser la nouvelle gardienne en chef (affublée de deux sbires qui évolueront tout le long du film topless) qui se sera obligatoirement parée d'une cravache, énoncer aux nouvelles arrivantes les règles strictes du camp et la raison de la présence des jeunes femmes en ses murs, tout en ayant l'occasion de prouver sa cruauté lorsque l'une des captives va tenter de s'évader pour finalement narguer ses geôlières, elle finira tout simplement décapitée, mais sans que Jess Franco n'ait recours au moindre effet sanglant, la suggestion faisant le reste.

Love campCette mise en condition passée, le métrage va conjointement proposer des situations typiques du WIP, pour des crêpage de chignons entre détenues, avec au centre de la discorde une jeune vierge (qui aura quand même auparavant subi les assauts de la cravache de la responsable du camp, trop heureuse de s'amuser un peu…) que tentera de draguer une lesbienne et s'attirant les foudres d'autres prisonnières, mais également quelques petites séquences de sévices en représailles à ces violences, notamment pour une mémorable scène au cours de laquelle deux des femmes séquestrées recevront de coups de fouets, la seconde, interprétée par une bien mauvaise actrice, aura un mal fou à simuler la douleur et nous gratifiera de grimaces tordantes, tandis que l'inévitable plan d'évasion viendra alimenter quelques rebondissements du dernier acte, même si pour une fois Jess Franco sera moins pessimiste quant à l'issue finale et au sort réservé à son héroïne.

Love campEn effet, le métrage avancera une héroïne puisque, parmi les prisonnières, l'une d'elles, Angela, va occuper une bonne partie du métrage au travers de sa relation avec Gino de Guerra qui va la choisir pour assouvir quelques besoins sexuels, mais les deux êtres vont être attirés l'un vers l'autre dans un mélange d'amour et de haine qui imposera des situations plus fouillées et bien moins superficielles que prévue, surtout que la gardienne en chef, lesbienne comme il se doit, sera également charmée par Angela, entraînant une jalousie teintée de méchanceté qui offrira l'opportunité au réalisateur de nous livrer d'autres séquences d'exactions et d'humiliations subies par la pauvre Angela, surtout qu'une histoire de complot avec le médecin du camp viendra aggraver la situation.

Love campBien entendu le métrage sera largement habité par un érotisme qui s'exposera continuellement, avec déjà ces prisonnières évoluant uniquement à moitié ou complètement dénudées (certainement à cause du climat tropical de cette république bananière…) et que Jess Franco scrutera avec sa caméra sous toutes les coutures, osant même des gros plans plus que salaces dont il a le secret, quand il ne cadrera pas carrément un mamelon au premier plan d'une scène de dialogues. Mais les situations du métrage entraîneront également des ébats filmés lascivement quand ce sera Angela et Gino de Guerra qui seront mis en scène tandis que lorsque ce seront des soldats qui iront rendre visite aux prisonnières, une certaine folie investira l'écran dans un délire largement souriant, volontairement comique et évidemment exagéré.

Love campPar contre, le métrage demeurera bien soft au niveau de la violence, les sévices étant montrés de manière à ne pas être accompagnés d'effusions de sang, tout en étant quand même complaisants (comme lorsque Angela sera attachée les bras en l'air dans la section des "traitement spéciaux") , laissant l'imagination faire son travail, et il faudra se "contenter" d'une agressive bagarre entre détenues qui verra cette lesbienne être rudement rouée de coups et de baffes par une autre jeunes femme complètement hystérique suite aux avances faites à la jeune vierge du groupe, puisque même cette décapitation du début du film sera désespérément suggérée, le ton général du film étant bien plus léger que lors d'autres démonstrations du réalisateur.

Love campLes personnages n'échapperont pas aux stéréotypes du genre, entre cette gardienne en chef sadique et attirée par les femmes suivant ainsi la trace de la célèbre "Ilsa" tout en étant largement moins sadique malgré la volonté exprimée, ce chef de guerre viril mais transi d'amour pour Angela, et bien entendu ces prisonnières aux caractères bien marqués, l'ensemble ne bénéficiant comme évoqué précédemment que d'une interprétation aléatoire, même si Muriel Montossé (une habituée des œuvres de Jess Franco) sera plutôt efficace dans le rôle de la responsable du camp. La mise en scène de Jess Franco reprendra les tics du réalisateur, avec ses gros plans vicieux et ces fulgurances de cadrage définitivement "autres" mais cette fois-ci l'ensemble profitera d'un rythme régulier et assez vif avec des situations renouvelées régulièrement.

Donc, ce Love camp sera une nouvelle illustration du film de WIP par un Jess Franco en forme et assez inspiré, tout en étant foncièrement sensuel et érotique !

Love campLe DVD de zone 2 anglais édité par Anchor Bay avancera une image plus que nette et sans défaut notable, tandis que la bande-son sera convaincante, avec une partition musicale basique, le métrage étant ici proposé dans sa version anglaise ou allemande avec des sous-titres anglais.
Au niveau des bonus, on pourra consulter quelques filmographies, une galerie d'affiches et une conséquente galerie de photos du film, suivre la bande-annonce de quelques autres titres de la collection dédiée à Jess franco ou (re)découvrir le passionnant petit documentaire donnant la parole au producteur suisse Erwin C. Dietrich.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce film de WIP érotique et souriant, le DVD de zone 2 anglais est disponible ici ou !

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22.10.09

07:45:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

The backwoods

Malgré son approche apparemment classique liée aux "survivals" des années soixante-dix, ce The backwoods parviendra à absorber son spectateur grâce à des personnages fouillés et particulièrement réalistes dont nous suivrons l'évolution dramatique percutante jusqu'à rendre ténue la frontière entre le bien et le mal qui vont ici se noyer dans des événements forts et radicaux, sans pour autant faire preuve du jusqu'auboutisme des œuvres phares ayant explicitement influencé le métrage.
Le script va laisser deux couples s'installer dans une maison isolée en pleine forêt, mais leur curiosité va mettre à nue un secret qui va déclencher une traque de la part de quelques habitants du coin.

The backwoodsSans préambule le métrage va se lancer dans une courte présentation des personnages principaux, pour d'abord s'intéresser à Norman et à Lucy, un couple circulant dans leur voiture sous la chaleur des routes espagnoles, ce qui aura pour effet de rendre Lucy irritable, même si quelques petits détails laisseront sous-entendre la présence d'un conflit ou d'un malaise à l'intérieur du couple. Et ce ne sera que lors d'un arrêt dans un village retiré que nous allons rencontrer Paul, conduisant l'autre véhicule en compagnie de sa femme Isabel, pour voir les deux hommes rentrer dans le bar local à quelques minutes d'intervalle, les deux jeunes femmes ayant préféré rester chacune dans leur voiture.

The backwoodsCe premier contact avec les habitants du cru respectera au départ les figures obligées du "survival" en instaurant immédiatement un fossé entre Norman et ces autochtones quelque peu arriérés et qui vont se gausser en espagnol du nouveau venu en étant sûr de n'être pas compris, mais l'intrigue va bifurquer dès l'entrée de Paul qui lui parlera très bien la langue du pays et stoppera ainsi de fait toute raillerie pour au contraire susciter l'intérêt des clients du bar, surtout lorsqu'il indiquera être quasiment un enfant du pays ayant racheté la maison perchée dans la montagne de sa grand-mère. Cette séquence arrivera donc ainsi à déjouer les codes du genre pour présenter chaque camp de manière humaine et tout à fait réaliste, sans pour autant négliger de placer en sourdine une menace latente, comme lorsque Lucy ira se rafraîchir à une fontaine pour être reluquée par un gaillard pas très fin d'aspect.

The backwoodsCette présentation des protagonistes installera également de fait la supériorité de Paul, évidemment plus à l'aise que Norman en parlant parfaitement l'espagnol, mais déjà on pourra remarquer quelques traces de son ascendant sur son ami, aussi bien au travers des dialogues échangés que par des détails en apparence anodins (la différence de véhicule, par exemple qui prendra de l'importance dès la sortie du village). L'arrivée à la demeure familiale de Paul continuera de nous immiscer dans les relations entre les différents personnages, pour voir la crise du couple Norman/ Lucy s'exacerber et laisser subtilement le réalisateur mettre en avant le point de vue de chacun, impliquant progressivement le spectateur dans l'intrigue, sans pour autant chercher benoîtement à rendre les protagonistes attachants pour au contraire leur garantir une crédibilité totale.

The backwoodsL'événement déclencheur du drame sera amorcé tranquillement lorsque Paul et Norman vont partir de bon matin pour une partie de chasse pour finalement tomber sur une baraque en apparence abandonnée que Paul va vouloir inspecter par curiosité pour découvrir enfermée dans une pièce sombre une gamine aux mains difformes et se comportant comme un animal sauvage. Voulant sortir de cet enfer cette enfant, le duo va décider de la ramener chez Paul où elle sera nourrie, lavée et semblera trouver du réconfort dans les bras d'Isabel, personnage jusque-là plutôt effacé. La découverte de l'enfant sera un moment rendu fort grâce à une mise en scène habile qui arrivera à privilégier le suspense et la surprise de cet événement pourtant attendu tout en garantissant l'apitoiement du spectateur sur le sort misérable de cette gamine crasseuse enfermée dans le pénombre sans autre compagnie que celle d'une petite poupée à moitié cassée.

The backwoodsEnsuite, l'intrigue va coincer les quatre personnages dans la montagne après une tentative pour se rendre avec l'enfant aux autorités qui se soldera par un accident de voiture sans gravité causé par leur précipitation dans l'action, pour, au petit matin, voir plusieurs autochtones vus auparavant au bar venir frapper à la porte de Paul, déclarant être à la recherche d'une petite fille égarée, dans une ambiance pleine de menace que Paul pensera désamorcer en se déclarant prêt à participer avec eux aux recherches, dans le but caché de les éloigner de sa maison pour permettre aux autres de descendre en ville à pied pour y trouver la police, mais rapidement le groupe va se séparer, laissant Paul seul avec le père déclaré de la fillette, tandis que ses deux fils vont aller de leur côté, pour bientôt retourner chez Paul.

The backwoodsLe métrage basculera définitivement dans un climat d'attente plus qu'inquiétant dès l'apparition de ces villageois à l'allure guère engageante que Paul pensera dans un élan de supériorité manifeste tromper en déjouant leur piège, installant une ambiance faussement amicale particulièrement lourde entre lui et ces hommes qui se doutent forcément de la présence de la gamine chez lui, tandis qu'en parallèle l'intrigue va suivre plus facilement la trame bénie du "survival" lorsque ces deux frères iront chahuter Isabel et Lucy laissée seule par un Norman parti inspecter les alentours, pour ainsi dérouler quelques situations toujours stressantes avec des sous-entendus sexuels qui trouveront leur écho lors d'une tentative de viol dramatiquement forte et tendue qui plus que la découverte de la petite fille apportera au métrage un point de non-retour dépassé pour laisser alors l'absurdité d'une violence, qui finira par dépasser ceux qui l'engageront, guidés par la vengeance et la douleur, s'affirmer comme unique échappatoire possible à cette situation que plus personne ne pourra espérer maîtriser.

The backwoodsMais cette seconde partie du film ne sombrera pas pour autant dans l'action ultra violente pour lui préférer cette ambiance toujours aussi tendue, avec certes quelques rebondissements brutaux qui seront ici traités de manière dramatique, la mort de certains n'entraînera aucun plaisir de la part des fautifs pour au contraire les laisser abasourdis par leur méfait, et plusieurs effets de surprise généralement réussis jusqu'à l'attendu face-à-face ultime qui lui aussi se montrera surprenant par les personnages impliqués qui ne seront pas forcément ceux pressentis pour atteindre une intensité dramatique incroyable qui surpassera celle pourtant terrible de la mise à mort de l'un des personnages-clés du film. L'ensemble restera donc assez sage au niveau d'une violence visuelle certes sèche et méchante mais sans jamais chercher à offrir un aspect graphique avéré, pour ainsi manquer quelque peu de cet aspect jusqu'auboutiste dont faisait preuve les œuvres des années soixante-dix et auxquelles le réalisateur rendra régulièrement hommage.

The backwoodsLe réalisateur aura également la subtilité de ne pas cataloguer ses différents protagonistes définitivement (pour au contraire achever le spectateur lors du final) qui presque tous franchiront les limites pour se rendre coupables d'actes interdits, laissant même Norman révéler sa vraie nature sauvage tandis que les autochtones ne seront pas uniquement des brutes épaisses sans cœur ni âme, le père de la fillette gardant même un semblant de sang-froid à plusieurs reprises tandis que les motifs de l'incarcération de la fillette, s'ils demeureront troubles, ne présenteront aucune gratuité ni sadisme guidé uniquement par le plaisir de faire souffrir l'enfant pour au contraire laisser en suspens un passé trouble évoqué à demi-mot.

The backwoodsLes personnages auront donc toute l'attention du réalisateur qui pourra donc compter sur des personnalités et des relations impactantes pour guider l'ensemble de l'intrigue, et l'interprétation sera heureusement largement à la hauteur, entre un Gary Oldman impeccable et sûr de lui et un Paddy Considine étonnant, pour laisser Virginie Ledoyen apporter une petite touche de sensualité discrète mais avérée et troublante. La mise en scène du réalisateur est largement efficace, aussi bien pour donner une portée énorme aux scènes fortes du film que pour mettre en avant les décors naturels qui ne feront que renforcer le sentiment d'isolement des personnages.

Donc, ce The backwoods se révélera être un excellent "survival" qui en plus se parera d'une ampleur dramatique terrible et forte jusqu'à devenir irrémédiablement poignant !

The backwoodsLe DVD de zone 1 édité par Lionsgate avancera une image nette et ne connaissant par le moindre défaut visible, mettant ainsi parfaitement en valeur les décors forestiers du métrages, tandis que la bande-son sera efficace grâce à une partition musicale sachant se montrer discrète pour accompagner sans en rajouter les temps forts du métrage, le métrage étant ici proposé dans sa version anglaise, avec des sous-titres optionnels en anglais et en espagnols.
Par contre au niveau des bonus, il faudra se contenter de quelques bandes-annonces d'autres titres principalement fantastiques et horrifiques de l'éditeur.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce "survival" largement probant et dramatiquement fort, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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20.10.09

07:30:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

The hills run red

Dans l'univers ultra codifié du "slasher", rares sont les œuvres à réussir à se démarquer réellement et le moins que l'on puisse dire c'est que ce The hills run red y parviendra pleinement grâce à son intrigue reprenant à son compte le principe du "film dans le film" pour embarquer son spectateur dans un périple très graphique, rythmé et n'oubliant pas de nous assener quelques surprises certes parfois prévisibles mais toujours crédibles pour sombrer dans une ambiance dépravée de violence et de tortures.
Le script va suivre le parcours d'un jeune fan de cinéma d'horreur à la recherche d'un film horrifique oublié, considéré comme disparu et à la réputation sulfureuse.

The hills run redDès son générique, le métrage va instantanément donner le ton en suivant par une série de plans largement épileptiques un jeune garçon, assis face à un mirroir, se découper la peau du visage aux ciseaux à grands renforts de plans sanglants macabres pour parvenir d'entrée à créer un certain malaise persistant avant que l'intrigue se lance dans une présentation de ses principaux protagonistes qui réussira à éviter les stéréotypes pour en même temps introduire cette légende liée à ce film maudit "The hills run red" dont le personnage central sera complètement obsédé au point de vouloir se lancer à sa recherche avec ses amis.

The hills run redEn effet, après un petit laïus écrit relatant l'histoire de ce "The hills run red", film ultra violent et réaliste datant de 1982 et dont aussi bien le réalisateur que les interprètes ont disparu, l'intrigue va mettre en scène Tyler, un jeune homme que nous découvrirons devant son ordinateur pour le laisser regarder une nouvelle fois la bande-annonce de ce film (seul vestige ayant traversé le temps) et rechercher des informations, créant aussi de fait une mythologie tout à fait crédible et plausible autour de ce métrage mettant en scène un assassin nommé "Babyface" passant son temps à décimer les malheureux s'étant aventurés dans les bois. Nous allons aussi faire la connaissance de Serina, la petite amie de Tyler lassée de le voir passer son temps devant son écran, puis de Lalo, un de ses amis également cinéphile mais trouvant l'obsession de Tyler ridicule. C'est dans ce contexte que Tyler va annoncer à ses amis son envie insistante de découvrir "The hills run red" et pour ce faire de se mettre en quête des bobines originales.

The hills run redCe qui pourrait paraître comme une idée farfelue sera facilité par un des seuls éléments "faciles" de l'intrigue, puisque Tyler aura réussi à retrouver la trace de la fille du réalisateur de "The hills run red" pour bien entendu aller à sa rencontre, laissant Serina et Lalo seuls. Ce sera dans une boîte à strip-tease (qui permettra au réalisateur d'avancer quelques plans sexys sur des demoiselles guère vêtues) qu'il va rencontrer Alexa, qui officiera sur place comme strip-teaseuse, pour réussir à s'isoler avec elle dans un box où elle se lancera dans un numéro de charme classique puisque rémunéré. Lorsque Tyler mentionnera le nom du film et avancera ses intentions, Alexa lui donnera rendez-vous dehors.

The hills run redLe duo se rendra chez la jeune femme où Tyler découvrira la toxicomanie sévère d'Alexa, tandis que celle-ci lui avouera être régulièrement visitée par des fans du film de son père (dans lequel elle a joué en étant encore une enfant) désirant soit un autographe, soit un objet "collector". La présentation du personnage d'Alexa sera sensuelle mais en même temps tragique en suivant la demoiselle se piquer au bras, ce qui poussera Tyler à lui imposer de force une cure de désintoxication chez elle et dont il sera responsable, dans le but évident de lui faire retrouver sa lucidité afin qu'elle puisse l'aider dans sa quête. Pendant ce temps-là, Serina et Lalo seront tombés dans les bras l'un de l'autre, tout en étant prêts à rejoindre Tyler lorsque leur quête pourra commencer, avec pour destination les lieux du tournage du film.

The hills run redEn plus d'insérer régulièrement des plans sauvages et sanglants de ce "Babyface" jouant dans "The hills run red", le métrage va laisser ses protagonistes filmer leur expédition en compagnie d'Alexa, pour un reportage destiné à internet, mais sans pour autant tomber véritablement dans cette mouvance actuelle initiée par le [REC] de Jaume Balaguero, pour ainsi donner encore plus de crédibilité et impliquer davantage le spectateur. Nous allons donc suivre les personnages d'abord pour un arrêt dans une station-service vue dans le film où ils vont rencontrer quelques "rednecks" plutôt amusants et qui trouveront des répercussions plus tard, puis dans cette forêt où Alexa va les guider jusqu'à la maison de son défunt père, tout en plaçant par bribes des éléments inquiétants et intrigants, comme cette brève apparition de "Babyface" ou encore ces ossements découverts et sans oublier ce plan d'une caméra semblant filmer l'avancée du petit groupe.

The hills run redL'histoire de "The hills run red" sera encore plus décortiquée par Alexa autour d'un feu de camp (élément traditionnel du "slasher" ici utilisé à bon escient) pour ainsi avancer le passé douloureux de "Babyface", laissant juste après un événement aussi inattendu qu'incisif venir lancer véritablement l'action, d'abord pour confronter les protagonistes à un danger bien calibré avant que ce "Babyface" fasse son apparition dans la réalité et prenne en chasse Alexa, même si une certaine affinité entre eux. L'intrigue développera alors quelques événements bien liés à la trame du "slasher", la traque se prolongeant jusqu'à la maison du père d'Alexa, ce qui nous vaudra quelques moments bien malsains (le fumoir, par exemple) mais ce sera pour rapidement rebondir et laisser un dernier acte de folie venir clore le métrage de manière terriblement impactante tout en nous livrant une réflexion sur le cinéma en général et les "snuffs" en particulier, tortures inédites et sanglantes à l'appui, pour au final boucler la boucle de façon terrible tout en laissant un dernier plan quelque peu facile annoncer une éventuelle suite des méfaits de ce "Babyface" qui restera un "boogeyman" parfait.

The hills run redConsensus équilibré entre une certaine originalité et des références ici discrètes et avancées de manière adéquates pour ne pas sombrer dans le cliché ou le clin d'œil appuyé trop facile, le métrage transpirera l'amour de son auteur pour le genre avec déjà ce "Babyface" au look incendiaire plus que probant et singulier qui multipliera les meurtres bien barbares et surtout très variés tout au long du métrage que se soit dans "The hills run red" ou dans la réalité, tandis que les péripéties et les retournements de situations (hélas parfois largement prévisibles) resteront empreints du genre mais pour présenter un ensemble largement cohérent et toujours crédible, certaines ficelles étant même dévoilées pour assurer la bonne marche de l'intrigue.

The hills run redLes protagonistes resteront réalistes, sans toutefois que le réalisateur arrive à les rendre véritablement attachants, Tyler, Serina et Lalo demeurant trop superficiels pour inspirer la sympathie, laissant seule Alexa s'attirer les faveurs du spectateur, bien aidée il est vrai par ses formes affriolantes largement contemplées lors de sa présentation, mais l'auteur s'attachera à décrire un personnage ambigu qui captera immanquablement l'attention. L'ensemble bénéficiera d'une interprétation cohérente, le jeu de Tad Hilgenbrik pour Tyler ou de Alex Wyndham pour Lalo ne marqueront certainement pas les esprits, tandis que Sophie Monk interprétera une Alexa bien plus charismatique, laissant à William Sadler le rôle du réalisateur hystérique et frappé de "The hills run red" pour lequel il imprimera une folie rentrée convaincante.

The hills run redLa mise en scène du réalisateur Dave Parker, surtout connu pour son plutôt sympathique et référentiel Les morts haïssent les vivants, est adaptée et utilisera la caméra subjective de manière cohérente et sans en abuser, tandis que ce reportage filmé par les protagonistes ne viendra pas du tout empiéter sur l'action en y prenant part avec justesse. Les effets spéciaux seront probants pour verser dans un gore justifié, sans surenchère inutile ou gratuite pour au contraire venir cueillir le spectateur par des plans furieusement graphiques et saignants toujours réalistes et justifiés par l'intrigue, ce qui les rendra encore plus percutants.

Donc, ce The hills run red sera assurément une excellente surprise pour ce qui sera certainement appeler à devenir l'un des meilleurs "slashers" de ces dernières années, en attendant avec une certaine impatience la suite des aventures de "Babyface" mais aussi du réalisateur Dave Parker !

The hills run redLe DVD de zone 1 édité par Warner Home Video avancera une image nette et ne connaissant aucun défaut notable, tandis que la bande-son sera efficace, avec une partition musicale macabre et insistante, le métrage étant iciproposé dans sa version originale anglaise ou dans sa version portugaise, avec des sous-titres notamment en français.
Au niveau des bonus, on pourra uniquement suivre un sympathique making-of retraçant la réalisation du film dans sa globalité, de sa conception jusqu'à son tournage, en passant par la création des effets spéciaux, en laissant l'équipe du film intervenir sans utiliser le moindre ton promotionnel, pour un module largement intéressant.

Pour ceux qui voudraient découvrir cet excellent "slasher", le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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19.10.09

06:45:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : La proposition
Réalisatrice : Anne Fletcher
Durée du film : 1h48
Date de sortie du film : 23 septembre 2009
Avec : Sandra Bullock (Margaret Tate) ; Ryan Reynolds (Andrew Paxton), etc.

Par Nicofeel

Dernier film en date d'Anna Fletcher, La proposition ne laissait pas augurer d'un film très fameux au vu de sa simple bande annonce. Et pourtant, le film vaut plus que ce qu'il est supposé être à la base, une comédie romantique américaine classique comme on en peut en voir toute l'année sur les écrans de cinéma.
La proposition tire parti d'un scénario plutôt bien fait qui permet au film de se rapprocher des comédies américaines des années 50. En voyant le film et notamment cette femme, éditrice qui est crainte de tous et qui a un caractère très fort, on pense immédiatement aux films de George Cukor. Comme dans ceux-ci, la femme est celle qui porte la culotte. C'est elle qui est le sexe dominant pour le coup.

Sandra Bullock, qui ne fait pas toujours preuve d'une grande finesse dans ses choix de carrière et donc dans les films où elle évolue, est pour l'occasion parfaite dans le rôle de cette femme déterminée qui pense avant tout à sa carrière. Sandra Bullock incarne à merveille le personnage de Margaret Tate, qui a tellement fait le ménage autour d'elle, qu'elle n'a plus d'amis et de famille.
Sandra Bullock, qui fait preuve dans le film à la fois d'une grande classe et d'un autoritarisme mais aussi d'une grande sensibilité, prouve à l'occasion qu'elle a une palette de jeu d'actrice plus variée qu'on aurait pu le penser. L'actrice américaine rappelle même par instants une certaine Katharine Hepburn qui jouait des rôles très masculins chez Cukor.

Pour rendre la pareille à Sandra Bullock, on trouve le jeune Ryan Reynolds (âgé de 12 ans de moins que Sandra Bullock), qui est lui aussi une excellente surprise pour ce film. Il est tout à la fois le gendre idéal et l'acteur qui va faire rire le spectateur, étant à la merci de cette femme autoritaire jouée par Sandra Bullock.
Car si le film marche très bien au niveau des situations vécues, c'est en raison du duo d'acteurs principaux qui est d'abord sur le mode du « Je te hais » et qui passe ensuite sur le mode purement romantique.

Si la réalisatrice n'évite pas toujours les lieux communs ou les scènes un peu faciles, dans l'ensemble son film réserve des moments très drôles. Plusieurs scènes sont de ce point de vue remarquables : on pense ainsi à la scène où Sandra Bullock, en pyjama, vient sauver le chien de la maison familiale des griffes d'un oiseau.


Et puis on s'amuse beaucoup de la scène où les deux principaux protagonistes se retrouvent nez à nez, en étant l'un et l'autre nus. Remarquez aussi l'excellente scène avec le stripteaseur Ramone, sur la musique Relax de Frankie goes to Hollywood. Même le générique de fin, qu'il ne faut surtout pas louper, nous réserve un moment très drôle, avec entre autres le fameux Ramone.
De plus, si la réalisatrice Anne Fletcher est loin d'égaler au niveau de sa mise en scène un auteur comme George Cukor, elle arrive tout de même à (légèrement) aborder quelques problèmes qui sont typiques de notre époque. Pêle-mêle on peut citer : le mariage blanc ; une société qui est de plus en plus individualiste ; une société où la notion du travail est devenue primordiale au détriment d'autres valeurs, telles que la morale ou la famille.

Car rappelons qu'au départ le film La proposition est tout sauf moral. En effet, la proposition qui justifie le titre du film, arrange nos deux principaux protagonistes : le jeune Andrew Paxton (joué par Ryan Reynolds) est censé épouser sa patronne en échange d'une promotion professionnelle. De son côté en se mariant avec un résident américain, Margaret Tate (Sandra Bullock) évite d'être renvoyée au Canada par le Bureau de l'immigration. Cette proposition amorale n'a évidemment rien d'autre but que de nous montrer l'évolution des sentiments entre notre duo d'acteurs. La deuxième partie du film insiste d'ailleurs clairement sur le côté romantique du film.

Et puis le film d'Anne Fletcher prône clairement un retour à la source, en insistant sur l'importance de la famille. La cinéaste n'évite pas toujours certaines facilités (notamment les scènes où l'on voit la grand-mère) mais son film est très plaisant à regarder. Il est rempli de bons sentiments qui permettront à tout à chacun de sortir de ce film le sourire aux lèvres. Et rien que pour cela, le film mérite d'être vu.

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16.10.09

07:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Rolls Rolls Baby

Pour l'un de ses rares films non tournés avec son mentor Jess Franco, Lina Romay se livrera au réalisateur suisse Erwin C. Dietrich, plus connu pour avoir justement produit un certain nombres de titres de Jess Franco, pour ce Rolls Royce baby qui sera une véritable ode à la beauté de l'actrice qui se dévoilera ici très largement au sein d'une intrigue prétexte à multiplier les séquences érotiques tout en avançant un sens de l'humour fertile.
Le script va suivre les aventures amoureuses d'une starlette nymphomane qui va finir par embaucher un chauffeur afin de pouvoir se faire promener dans la campagne suisse à la recherche d'autostoppeurs aptes à satisfaire ses envies.

Rolls Royce BabyAprès un générique collant cette Rolls Royce de très près, le métrage ne va pas traîner pour avancer son personnage principal, une demoiselle que nous découvrirons nue en pleine séance de rasage intime prolongée et qui va en voix-off exprimer son désir de ressembler à une adolescente vierge tout juste pubère à la peau douce et nette pour attirer les hommes et les femmes vers son intimité. S'en suivra dans la continuité une longue scène de masturbation pour cette héroïne décomplexée qui va pourtant finir par se présenter (toujours en voix-off) comme étant Lisa (et non Lina, quelle nuance…) Romay, surnommée "Rolls Royce Baby", un mannequin de charme également actrice de films érotiques se proposant de nous raconter son histoire… comment résister à une telle invitation ?

Rolls Royce BabyCette présentation du personnage central du film sera déjà très ouvertement sensuelle et explicite pour quelques gros plans dirigés sans fard sur l'intimidé de l'actrice, mais sans pour autant sombrer dans une quelconque vulgarité salace, une certaine grâce naturelle émanant de Lina Romay qui pourtant se livrera à la caméra sans fausse pudeur. Pour commencer à nous raconter son histoire, nous allons d'abord l'accompagner pour une séance de photos de charme destinées à promouvoir un film, ce qui laissera Lina Romay se livrer à toute une série de poses lascives plus affolantes les unes que les autres assise dans un fauteuil ressemblant étrangement au célèbre siège en osier d'une certaine Emmanuelle tout en nous expliquant l'effet excitant qu'elle ressent face à un objectif. Cette séquence dérivera lentement vers un surréalisme érotique lorsqu'elle évoquera au photographe le plaisir ressenti par le sable coulant sur elle, pour bien entendu imager la scène à l'intérieur même du studio et laisser son compagnon la rejoindre.

Rolls Royce BabyMais ce photographe ne sera pas le seul partenaire de Lisa puisque elle va ensuite nous dévoiler son fantasme ultime, Erik, un homme viril que nous découvrirons d'abord en pleine séance de kung-fu face à la caméra, successivement vêtu d'un pantalon ou nu lors d'une scène irrésistiblement drôle et excessive par son agencement et les mimiques de l'acteur qui en fera largement trop, avant de le retrouver en compagnie de Lisa chez elle où elle va à son tour lui montrer ce qu'elle sait faire lors d'une session de yoga évidemment nue qui vaudra également son pesant de cacahuètes et qui aura pour effet d'émoustiller Erik qui ne tardera pas à venir satisfaire Lisa. C'est alors que Lisa va lui proposer de l'embaucher comme chauffeur, mais pas avant de lui avoir raconté ses antécédents pour un flash-back lui aussi mémorable.

Rolls Royce BabyEn effet, alors que Lisa n'était pas encore "célèbre", elle faisait de l'autostop et fût prise par un routier mais, déjà sujette à une nymphomanie précoce, elle se déshabillera devant le conducteur pour bientôt découvrir qu'il y a un second homme dans la cabine, enchaînant du coup les actes sexuels avec chacun d'eux pour finalement se faire jeter nue au bord de la route lorsque les deux hommes en auront eu marre d'elle. Ce qui expliquera son désir de retourner la situation puisque désormais, ce sera elle qui prendra en stop de jeunes mâles pour leur faire l'amour avant de les jeter. Cette transition officiera comme une cassure au sein du métrage qui deviendra alors plus répétitif dans ses scènes érotiques guère variées pour voir plusieurs hommes être poussés par Erik le chauffeur dans les bras de Lisa, avec pour seules variantes un homme très jeune qu'elle emmènera dans un décor bucolique et la dernière "victime" qui se révélera être une jeune femme que les plaisirs saphiques ne sembleront pas gêner le moins du monde.

Rolls Royce BabyBien entendu, le métrage sera ouvertement tourné vers un aspect érotique omniprésent, Lina Romay traversant le film en petites tenues ou le plus souvent carrément dénudée pour être ainsi mise en valeur de manière édifiante par Erwin C. Dietrich qui magnifiera littéralement l'actrice en la présentant sous tous les angles possibles et imaginables pour régulièrement s'attarder sur son visage filmé en gros plan lors de l'extase mais aussi sur son physique avantageux qui sera également scruté intégralement lors de quelques séquences de masturbation jamais répétitives ou lors d'ébats à deux ou à trois qui flirteront sporadiquement avec le hardcore pour même parfois franchir quelque peu la limite au détour de quelques plans plus osés.

Rolls Royce BabyL'intrigue en elle-même restera bien simpliste et basique, laissant planer un léger doute sur la véracité de l'ensemble avec ces noms de protagonistes déguisant à peine ceux des acteurs, pour hélas devenir vaguement redondante dans sa seconde partie qui offrira moins de charme dès lors que les balades en Rolls Royce vont commencer, même si esthétiquement l'ensemble restera agencé de manière plaisante, avec ces décors naturels bien imagés (mais où jamais on ne pourra penser trouver le moindre autostoppeur, à la vue de ces chemins de terre, mais cela ne sera qu'un détail…), mais ce sera pour ne pas retrouver le charme et l'humour de l'entame du film, excellent en la matière et pour même laisser une scène plus crue et salace clore les débats.

Rolls Royce BabyEn plus de ses quelques petits délires visuels bien décalés (le kung-fu, le sable, par exemples), le métrage pourra également compter sur ses décors et cette Rolls Royce pour se donner une certaine ampleur, la voiture étant toujours filmée de très près tandis que son chauffeur aura un look "vintage" délicieux, tout comme Lisa, vêtue uniquement de son chapeau, de lingerie légère et fumant avec ce long porte-cigarettes rétro dans un élan incroyablement sensuel. On pourra également compter sur la mise en scène d'Erwin C. Dietrich pour animer de façon dynamique le métrage, même lors des longues séquences sensuelles qui ne paraîtront jamais fastidieuses grâce à un découpage vif et par ces élans graphiques plus que volontaires pour exalter la beauté fraîche de Lina Romay.

Rolls Royce BabyD'ailleurs, l'interprétation de l'actrice sera largement à la hauteur des ambitions du métrage puisque Lina Romay se livrera littéralement à la caméra pour toujours demeurer crédible et éviter tout surjouage nuisible, ce qui aurait été préjudiciable au réalisme de l'ensemble. Les autres interprètes resteront plus mitigés, entre les grimaces d'Erik Falk, qui tourna beaucoup pour le réalisateur mais aussi pour Jess Franco, jouant par exemple un Nestor terrible dans le déviant Barbed wire dolls, et l'air absent des "victimes" de Lisa, sans compter que le réalisateur n'aura pas forcément engagés des modèles de beauté masculine pour jouer ces rôles, comme cet homme chétif et chevelu, involontairement drôle au demeurant.

Donc, ce Rolls Royce baby arrivera sans aucun mal à mettre en valeur une Lina Romay définitivement épanouie tout en maniant des situations humoristiques et teintée de surréalisme irrésistibles !

Rolls Royce BabyLe DVD de zone 2 suisse édité par ABCDVD dans sa collection des "Erotic classics" avancera une image nette et ne connaissant aucun défaut notable, tandis que la bande-son sera obsédante et lancinante, le métrage étant ici proposé dans sa version allemande, anglaise et surtout française.
Par contre, au niveau des bonus, il faudra se contenter de la sympathique bande-annonce du film, uniquement accompagnée par celles d'autres titres de l'éditeur.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce film sensuel magnifiant Lina Romay, le DVD de zone 2 suisse est disponible ici ou !

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15.10.09

07:25:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Playgirls and the vampire

Tout en restant ancré dans la vague de cinéma gothique italien des années soixante, ce Playgirls and the vampire aura pour particularité d’apporter une petite touche sensuelle (à défaut d’être réellement érotique) à son intrigue très classique qui malaxera le thème du vampirisme en y apportant en plus une touche d’humour pas forcément bienvenue.
Le script va laisser cinq demoiselles accompagnées de leur imprésario trouver refuge en pleine tempête dans un château isolé, demeure du Comte Kernassy qui remarquera la ressemblance frappante entre l’une des jeunes femmes et une de ses ancêtres ayant vécu au XVIIème siècle.

Playgirls and the vampireDans sa première séquence précédant le générique, le métrage va laisser la caméra explorer une crypte lugubre pour finalement s’arrêter devant un tombeau sinistre qui ne tardera pas à voir son couvercle bouger doucement et une main mystérieuse commencer à apparaître pour s’en extirper, pour ce qui restera comme une entame classique mais toujours impressionnante par son aspect macabre afin de tout de suite placer l’intrigue face à sont hème principal, le vampirisme, mais sans pour autant nous laisser découvrir à qui cette main appartiendra afin de conserver intact le suspense inhérent au film.

Playgirls and the vampireSans transition, nous allons ensuite faire la connaissance des occupants de ce van circulant sous une tempête sévère, le chauffeur, cinq demoiselles girondes et leur manager, Lucas, un homme haut en couleurs qui racontera à ses "girls" une scène de leur futur spectacle au cours de laquelle un gorille devra attaquer les demoiselles, nous indiquant ainsi tout de suite le degré de ringardise de cet homme beau parleur. Mais bientôt, un inconnu stationné au bord de la route va leur indiquer leur impossibilité à continuer leur chemin, la chaussée étant impraticable à cause de la tempête, ce qui obligera Lucas à se renseigner sur l'existence d'un éventuel refuge aux alentours, l'homme leur parlant alors du château des Kernassy, tout en leur conseillant de ne pas y aller. Peine perdue, Lucas ne voulant pas retourner à leur hôtel quitté le jour même (pour ainsi ne pas avoir à payer une nouvelle note !) va ordonner au chauffeur de prendre la route du château.

Playgirls and the vampireCette présentation des personnages principaux sera rapide, concise et ne perdra pas de temps pour les emmener devant la grille de ce château, tout en avançant déjà un petit coté sexy certes très discret mais bien présent en laissant par exemple la caméra s'attarder sur les jambes de l'une des jeunes femmes portant des jarretelles. L'intérêt du réalisateur ira rapidement vers Vera, une des demoiselles qui aura un comportement bien étrange, pour commencer par trouver le moyen d'ouvrir la grille que Lucas croyait fermée, pour ensuite, une fois que le groupe aura pénétré dans le château, se servir directement dans une boîte contenant des cigarettes alors que ces lieux lui étaient parfaitement inconnus, comme le lui fera remarquer Lucas, l'auteur s'assurant ainsi facilement que le spectateur à lui aussi bien appréhendé ces détails troublants et installant de fait un aura de mystère sur le métrage qui sera encore largement renforcé par le peu d'amabilité dont feront preuve les serviteurs du Comte, peu enclins à accepter le présence de ces intrus à l'intérieur du château. Le Comte Kernassy ne sera d'ailleurs guère plus accueillant, s'apprêtant même à renvoyer les voyageurs jusqu'à ce qu'il voie Vera et du coup change brusquement d'avis.

Playgirls and the vampireLa mise en place de l'intrigue restera prenante pour instaurer immédiatement une atmosphère mystérieuse qui laissera plusieurs orientations possibles pour les événements à venir, avec bien entendu cette Vera dont on pourra être amené à penser qu'elle est comme par hasard la réincarnation de quelqu'un ayant vécu au château, tandis que le Comte malgré son apparence normale, pourrait parfaitement être le vampire du titre. Mais cette dernière possibilité sera rapidement mise côté lorsque Vera, après avoir entendu des bruits nocturnes, ira se balader pour tomber sur le Comte qui lui parlera normalement et la mettra en garde contre un danger sans préciser lequel, lui ordonnant juste de rester dans sa chambre la nuit. Ce que ne fera pas Katia, un autre des jeunes filles impressionnée par le château et qui ira emprunter la veste de Vera pour aller explorer la bâtisse. Mal lui en prendra puisqu'elle fera une mauvaise rencontre la faisant pousser des cris de terreur et sera découverte au petit matin au pied du château, morte. Cette visite nocturne permettra au réalisateur de tenter d'installer un climat tendu avec une réussite hélas que partielle, les fausses alertes employées demeurant trop faciles.

Playgirls and the vampireEnsuite l'intrigue va apprendre à Lucas et à ses filles qu'ils sont bloqués au château, le seul pont leur permettant de quitter le château s'étant effondré à cause de la tempête, et qu'ils ne peuvent même pas prévenir les autorités du décès de Katia, le téléphone étant coupé, ce qui les obligera à enterrer Katia sur place, lors d'une séquence magnifiquement mise en scène par le réalisateur. Dès lors, le métrage va commencer à avancer des éléments sous-entendant la présence d'un monstre vampirique dans les environs pour mieux se diriger vers un acte révélateur qui comportera une surprise plutôt bien trouvée et originale en laissant évidemment Vera jouer les premiers rôles.

Playgirls and the vampireL'attirail classique du thème vampirique sera en partie représenté ici avec le corps de Katia disparaissant de sa sépulture pour ensuite venir hanter les nuits de Lucas toutes canines proéminentes dehors, ou ces pieux enfoncés dans le cœur qui se révéleront être mortels, tout comme la lumière du jour, mais le réalisateur se jouera également du genre, avec notamment une séquence devant un miroir, pour par ailleurs ne jamais donner d'écho à la splendide scène d'ouverture du film. Mais hélas, le climat parfois tendu et chargé de mystère sera largement "pourri" par cet humour déplacé qui viendra trop régulièrement gâcher certaines séquences et s'étaler pour des parenthèses inutiles, ce qui, heureusement, ne viendra pas complètement entacher l'ambiance gothique régnant sur ce château typique et ses nuits d'orage.

Playgirls and the vampirePar contre, le métrage se montrera audacieux pour l'époque, en laissant les demoiselles évoluer en petites tenues ou portant des nuisettes plus que suggestives, laissant même Katia revenir nue d'entre les morts le temps d'une scène dévoilant sa poitrine, tandis que le réalisateur trouvera le moyen de placer un petit strip-tease langoureux au sein d'une séquence de répétition de la petite troupe de Lucas, mais l'intervention de la servante du Comte y mettra fin au moment où cela commençait à devenir réellement intéressant. Bien entendu, ce soupçon d'érotisme pourra paraître largement désuet et inoffensif de nos jours, mais il faudra quand même souligner l'audace du réalisateur en replaçant le métrage dans son contexte historique.

Playgirls and the vampireLes personnages resteront survolés pour uniquement de focaliser sur ce mystérieux comte Kernassy et ses secrets de famille, ainsi que sur cette Jeune et adorable Vera qui se retrouvera mêlée aux événements sans le vouloir et dont on pourra regretter la sous-exploitation de certains aspects avancés lors de la mise en place de l'intrigue, laissant les autres protagonistes venir uniquement meubler l'ensemble, pour ces touches d'humour faciles avec ce Lucas gouailleur et cet érotisme léger avec les autres demoiselles. L'ensemble bénéficiera d'une interprétation cohérente et sans surjouage, dominée par la ravissante Lila Rocco, tandis que Walter Brandi jouera le Comte Kernassy avec implication et prestance. La mise en scène du réalisateur Piero Regnoli est parsemée de plans remarquables tout en donnant de l'attrait aux décors gothiques du film. Les quelques effets spéciaux posséderont un charme rétro indéniable, comme cette décomposition d'un vampire réalisée en "stop-motion".

Donc, ce Playgirls and the vampire ne pourra certes pas espérer connaître le degré de réussite des grands classiques de cette période du cinéma d'épouvante italien, mais restera une petite curiosité audacieuse à découvrir !

Playgirls and the vampireLe DVD de zone 2 anglais édité par Redemption avancera une image comportant quelques petits défauts d'origine guère gênants, tandis que la bande-son sera mitigée, avec une partition musicale très discrète mais avec surtout la présence de craquements et autres bruits de fond réguliers, le métrage étant ici proposé dans sa version anglaise sans aucun sous-titres, contrairement à ce qui est avancé par la jaquette qui annonce le film dans sa version italienne sous-titrée en anglais.
Au niveau des bonus, on pourra suivre une courte galerie de photos du film, quelques affiches, sa bandes-annonces anglaise, un petit texte en anglais du producteur Richard Gordon, quelques filmographies, ainsi qu'un court-métrage étrange et original qui méritera d'être suivi.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette agréable curiosité gothique, le DVD de zone 2 anglais est disponible ici ou !

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14.10.09

07:25:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Funny people
Réalisateur : Judd Apatow
Durée du film : 2h20
Date de sortie du film : 7 octobre 2009

Avec : Adam Sandler (George Simmons), Seth Rogen (Ira Wright), Leslie Mann (Laura), Eric Bana (Clarke), Jonah Hill (Léo), Jason Schwartzman (Mark), Aubrey Plaza (Daisy), etc.

Funny people

Par Nicofeel

Auteur de 40 ans, toujours puceau (2005) et de En cloque, mode d'emploi (2007), le cinéaste Judd Apatow nous revient avec une nouvelle comédie intitulée Funny people.
En surface, Judd Apatow donne à voir au spectateur ce à quoi il s'attend : une comédie lourdingue avec des blagues autour du cul qui fusent de partout ! Si on reste là, effectivement le film remplit largement sa mission à ce niveau là.
Pourtant, si on gratte un peu pour voir le message de Judd Apatow, on comprend alors nettement pourquoi son film est nettement plus subtil que prévu. Car le cinéaste américain n'a de cesse de brocarder notre société avec des stars qui se prennent pour les rois du monde avec leurs caprices. Mais ce n'est pas tout. Judd Apatow fait aussi le constat d'une société où l'esprit de compétition est omniprésent. Que ce soit au niveau du travail ou au niveau de la drague. Et comme dans toute compétition, il y a des vainqueurs et forcément des perdants.

Et c'est là où Judd Apatow est le plus fort. Il montre clairement que l'un des principaux protagonistes du film, Ira Wright (joué par un excellent Seth Rogen), n'a de cesse de tenter de faire carrière en tant que comique en utilisant toujours des blagues à base de cul. On aura rarement vu dans un film autant de citations du mot couilles. Et mine de rien, ces citations sont loin d'être vides de sens. Elles prouvent tout simplement que le personnage qui les emploie est un être frustré sur le plan sexuel, car il n'arrive pas à avoir des rapports avec le sexe opposé. L'utilisation de blagues portées sur le sexe devient alors une catharsis de la frustration. Elle est devenue un moyen d'expression comme un autre.
Judd Apatow ne se contente pas d'évoquer cette solitude sur le plan sexuel. De manière plus générale, il dresse le portrait d'un homme, George Simmons (interprété par un Adam Sandler plus subtil qu'il n'y paraît et que l'on avait plus vu aussi bon depuis le très beau Punch drunk love de Paul Thomas Anderson), qui est certes riche et apprécié par de nombreuses personnes par son statut de star mais qui est finalement bien isolé sur le plan personnel.

Semblant partir en vrille totale, le film de Judd Apatow est au contraire d'une grande rigueur sur le plan thématique. Le réalisateur américain fait une comédie douce-amère où tous les travers de notre société sont évoqués. On a notamment l'utilisation à outrance d'Internet comme moyen de communication qui est clairement critiquée. Ce n'est pas un hasard si l'un des personnages du film n'hésite pas à dire « Fuck my space » ou encore si le principal personnage du film, George Simmons, déclare que plus on a des amis sur Internet, moins on en a dans la vraie vie.
Judd Apatow évoque aussi la solitude du comique lorsqu'il se retrouve devant une scène de spectateurs venus assister à son spectacle. A chaque représentation, c'est un recommencement. Rien ne garantit un succès total. Le manque d'inspiration du fameux George Simmons le prouve très clairement.
Le film de Judd Apatow n'est heureusement pas pour autant une succession de thématiques négatives sur notre société.
Le réalisateur rappelle que personne ne peut rester et que chacun a besoin de fréquenter des gens, qu'il s'agisse de la famille, d'une petite amie ou encore d'amis.

Judd Apatow paraîtrait presque classique dans sa vision de la vie en mettant en avant la cellule familiale (même si celle-ci est loin d'être une sinécure) par rapport à la solitude de son personnage principal.
Par ailleurs, le réalisateur évoque une chose qui lui semble essentielle : l'amitié. Il porte cet élément comme une vertu essentielle. Ce n'est pas un hasard si la relation entre le personnage de George Simmons et d'Ira Wright couvre quasiment tout le film. Et puis il y a aussi les copains d'Ira qui sont là pour lui remonter le moral ou le remettre sur le droit chemin. Le film est traversé de plusieurs scènes très fortes sur le plan émotionnel. Il y a par exemple la fête du Thanksgiving qui donne lieu à des moments très sincères entre plusieurs protagonistes du film. Et puis il y a tout simplement la dernière scène du film avec George Simmons et Ira Wright qui boivent un verre ensemble. La caméra prend du recul (on assiste à un travelling arrière) et cela donne un côté apaisé à cette relation. Il y a manifestement beaucoup d'optimisme à la fin du film.

Avant de clore cette critique, terminons par quelques mots sur la distribution qui est vraiment de très bon niveau, que ce soit les comiques de service, Adam Sandler, Seth Rogen, Jason Schwartzman, Jonah Hill mais aussi des acteurs moins attendus sur ce plan comme Eric Bana, Leslie Mann et Aubrey Plaza.

Au final, plus proche du film d'auteur que de la comédie potache, Judd Apatow ne déçoit pas du tout avec ce film qui oscille entre comédie et drame, entre solitude et vie familiale, entre esprit de compétition et amitié profonde. En somme, beaucoup de bonnes choses sont présentes dans ce film qui ne va cesser de se bonifier avec le temps.

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13.10.09

07:25:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Perversion story

Première incursion de Lucio Fulci, qui jusque-là s’était cantonné dans la comédie (hormis son excellent western Le temps du massacre) dans le thriller, ce Perversion story ne pourra pas renier l’influence du Sueurs froides d’Alfred Hitchcock au sein d’une intrigue machiavélique en diable qui permettra au réalisateur d’affirmer aussi bien son talent de metteur en scène que sa capacité à captiver son spectateur sur la durée, tout en avançant un érotisme bien présent.
Le script va suivre les déboires d’un homme partagé entre sa maîtresse et son épouse souffrant d’asthme lorsque celle-ci va mourir dans des conditions suspectes, surtout que peu de temps après il va rencontrer une strip-teaseuse, sosie presque parfait de la défunte.

Perversion storyLe métrage va tout de suite mettre en scène son personnage principal, le Dr. George Dumurrier, propriétaire d’une clinique privée, en pleine conversation avec son frère Henry travaillant pour lui et ne semblant guère apprécier la publicité hasardeuse faite dans la presse par George, pour ensuite s’immiscer dans sa vie privée houleuse au travers des rapports tendus et guère amicaux qu’il entretient avec son épouse Susan, souffrant de crises d’asthme sévères et nécessitant une présence permanente, obligeant George à embaucher une infirmière particulière. Cette présentation du personnage principal sera quand même teintée de cynisme de la part de Lucio Fulci qui, juste après avoir fait dire à son personnage, expliquant à cette nouvelle infirmière le traitement de Susan, qu’il aimait sa femme, nous allons retrouver George dans les bras d’une autre femme, Jane, avec qui il entretient une relation adultère.

Perversion storyMais cette Jane annoncera à George qu’elle s’apprête à quitter la ville, rompant de fait avec lui pour, juste après avoir fait une dernière fois l’amour (lors d’une première scène sensuelle magnifiquement agencée, avec notamment ce plan pris de sous le matelas et cet éclairage particulier resplendissant), le laisser la déposer à la gare. Ne voulant pas perdre sa bien-aimée George va sur un coup de tête se rendre en voiture à la destination de Jane et l’attendre sur le quai de la gare, ce qui bien sûr fera de l’effet à Jane puisqu’elle restera avec lui, mais hélas ces retrouvailles seront ternies par un appel de Henry annonçant à George la mort de sa femme. Après une pause mortuaire s’attardant sur le cadavre de Susan dans un élan funèbre évident et précurseur sans doute de l’attrait du réalisateur pour le macabre, la vie semblera reprendre ses droits pour George et Jane, sous les meilleures augures vu que George a hérité d’une assurance-vie confortable de la part de Susan, chose qu’il ne comprendra pas vraiment vu que sa femme le haïssait. Mais les deux tourtereaux seront observés et épiés par un individu anonyme les suivant partout jusqu’à ce que George reçoive en plein dîner dans un restaurant un curieux appel téléphonique le faisant quitter Jane pour se rendre dans une boîte à strip-tease.

Perversion storyL’univers de cet établissement sera bien croustillant en symbolisant parfaitement la libération des mœurs avec ces filles nues dansant lascivement au milieu de gros ballons colorés lancés par les spectateurs et c’est dans cet endroit que George, bientôt rejoint par Jane qui l’avait suivi et commençait à lui poser des questions sur son attirance pour ce genre de spectacle, va découvrir Monica, une strip-teaseuse qui fera un numéro de charme étourdissant mais surtout stupéfiera George et Jane par sa ressemblance avec la défunte, à quelques petits détails près (la couleur des cheveux et des yeux). La similitude physique des deux femmes scotchera littéralement George qui invitera la demoiselle à sa table dans une atmosphère largement étrange et presque surréaliste, pour après chercher à revoir cette personne avec qui il couchera, tandis que la compagnie d‘assurance chargée de payer l’assurance-vie aura des doutes sur l’affaire au point de mettre la police au courant de certaines choses, déclenchant une enquête.

Perversion storyL’intrigue se révélera être tortueuse, jouant sur les faux-semblants et malmenant son personnage principal qui doutera constamment de la réalité et de l’identité de Monica, surtout que plusieurs coïncidences troublantes viendront encore brouiller les pistes et pervertir la compréhension des choses, laissant le spectateur désarmé devant les situations et ne parvenant jamais à anticiper sur l’évolution des événements ou la direction prise par l’ensemble. Le spectateur se retrouvera ainsi coincé entre une possible machination improbable puisque personne ne semblera en vouloir à George ou pouvoir tirer profit de la situation et l’éventualité de la culpabilité de George, qui pourrait avoir payé l’infirmière pour tuer son épouse, mais aucun élément décisif ne viendra donner un avantage à l’un ou l’autre des hypothèses jusqu’à ce que le réalisateur décide de plein gré de nous donner toutes les clefs de l’affaire lors d’un dernier acte machiavélique qui avancera une explication terriblement tortueuse, diabolique et quelque part terrible pour les protagonistes concernés. Hélas, le seul petit bémol pourra concerner l’issue finale opportuniste, pas forcément très crédible mais présentée de manière originale et préméditée en amont pour éviter le naufrage.

Perversion storyLucio Fulci arrivera sans mal à impliquer son spectateur dans cette intrigue prenante au renouvelant constamment ses situations pour toujours imposer le doute au travers de détails en apparence anodins mais qui trouveront toute leur importance en fin de compte et tout en faisant évoluer des protagonistes étranges, troubles comme cette Jane aux relents lesbiens et cette Monica sujette à toutes les interrogations, tandis que George officiera en anti-héros assez méprisable dans sa relation adultère et ses mots durs envers son épouse malade pour ensuite devenir le jouet d’un ensemble qu’il ne comprendra jamais, ses tentatives pour s’en sortir échouant même et ce sera uniquement le hasard qui fera "bien" les choses.

Perversion storyL'érotisme sera largement présent, permettant au réalisateur d'avancer régulièrement ses actrices en petite tenue ou même entièrement dénudées, aussi bien par des choix scénaristiques volontaires (comme la séquence dans la boîte à strip-tease) ou en impliquant des protagonistes aux métiers avantageux (Jane étant photographe de charme), laissant bien évidemment Monica par son métier et ses prérogatives dans l'intrigue évoluer dans son plus simple appareil. Sans jamais verser dans la violence franche et en se permettant même de se gausser du "giallo" naissant lors d'une scène irrésistible (les gants blancs) , Lucio Fulci parsèmera le film de séquences macabres et malsaines, entre ce cadavre putride à la morgue complaisamment étalé devant la caméra, cette scène mortuaire prolongée et tous ces détails morbides impliquant la chambre à gaz du pénitencier.

Perversion storyL'interprétation sera ici convaincante, même si Jean Sorel ne brillera pas par son charisme dans le rôle de George, pour laisser la troublante à défaut d'être vraiment belle Marisa Mell imposer son œuvre de séduction réussie. La mise en scène de Lucio Fulci est admirable aussi bien par ses cadrages originaux et parfois expérimentaux que pour son utilisation des décors, des miroirs ou encore des gros plans, avec en plus une utilisation adaptée de cet écran divisé en plusieurs parties pour avancer différents plans. Les rares effets spéciaux sont probants, notamment pour ce cadavre en bien mauvais état qui resservira plusieurs fois.

Donc, ce Perversion story fera preuve d'une grande maîtrise dans son intrigue tortueuse qui parviendra à fasciner son spectateur qui pourra en plus admirer le travail méticuleux effectué par le regretté Lucio Fulci !

Perversion storyLe DVD de zone 0 édité par Severin Films avancera une image nette et sans réel défaut notable, tandis que la bande-son sera efficace, grâce à une partition musicale jazzy performante, le métrage étant ici proposé dans sa version italienne et anglaise, avec des sous-titres en anglais optionnels.
Au niveau des bonus, il faudra se contenter de la bande-annonce d'époque du film, mais un second disque audio "offert" permettra d'écouter la partition musicale du métrage.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette œuvre prenante et remarquable du maître italien, le DVD de zone 0 est disponible ici ou !

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12.10.09

07:30:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

The fifth cord

Giallo de la première heure, ce The fifth cord peinera à convaincre réellement à cause d’une intrigue bien trop simpliste dans sa volonté de brouiller les pistes et de surprendre son spectateur, alors que l’identité du tueur sera pourtant aisément anticipable très vite dans le métrage, pour en plus s’embrouiller avec une série de protagonistes aux liens inutilement complexes et ténébreux, mais pour autant la beauté visuelle de l’ensemble et une interprétation exemplaire permettront à l’ensemble de se suivre sans peine.
Le script va suivre l’enquête d’un journaliste plus ou moins alcoolique sur le déclin face à une série de meurtres survenant dans son entourage proche, au point de faire de lui un coupable potentiel.

The fifth cordAprès un monologue lancinant en voix-off de l’assassin en puissance qui s’enregistrera sur bande magnétique pour se déclarer prêt à agir, plaçant ainsi de suite le spectateur dans l’attente des meurtres à venir, le métrage va lors de son générique avancer une bonne partie de ses personnages, réunis pour célébrer le Nouvel An, en s’attardant sur Andrea Bild, un homme apparemment porté sur la bouteille qui observera surtout ce qui se passe autour de lui, avant à la fin de la soirée d’aller attendre Hélène, son ancienne femme dans sa voiture pour lors d’un court dialogue voir confirmer sa situation d’alcoolique notoire et surtout se faire rejeter par celle-ci, imposant de fait d’entrée un personnage principal déchu.

The fifth cordEnsuite, l’intrigue va suivre l’instituteur John Lubbock rentrant à pied chez lui à l’issue de cette soirée, pour passer sans les voir devant un couple en pleine embrassade torride avant de s’enfoncer dans un tunnel pour se rendre compte qu’il est suivi (l’inconnu étant trahi par ses bruits de pas), instaurant pour le coup un court suspense qui s’achèvera lorsque Lubbock, pris par surprise, recevra plusieurs coups de bâtons et seuls ses cris ayant attiré le couple vu auparavant feront fuir l’agresseur. Cette première attaque atypique pour un giallo servira de point de départ à l’enquête d’Andrea, que nous retrouverons d’abord chez lui en compagnie d’une demoiselle, Lu, avant qu’un coup de téléphone ne le convoque à la rédaction de son journal où il va se faire confier cette affaire d’agression, l’obligeant à se rendre à l’hôpital où comme par hasard officiera comme médecin le Dr Bini, un des participants de la soirée de Nouvel an, qui sera appelé à prendre part à l’intrigue très vite puisque son épouse handicapée fournira la première véritable victime au métrage.

The fifth cordEn effet, après quelques situations sans intérêt fondées sur les relations des différents protagonistes déjà rencontrés, nous allons pénétrer dans l’intimité de ce docteur, pour découvrir le caractère acariâtre mais sensible de son épouse, clouée au lit à cause de sa paralysie des jambes, qui se retrouvera bientôt seule puisque son mari sera appelé sur une urgence, rendant rapidement l’intérieur de la maison, remarquablement filmée, dangereux tout en mettant parfaitement en avant l’isolement et la vulnérabilité de la future victime qui ne tardera pas à se rendre compte qu’elle n’est pas si seule que cela et tentera de fuir en rampant sur le sol pour échapper à un agresseur invisible mais déplaçant des objets vitaux (fauteuil roulant, téléphone) avant de finalement s’abattre sur sa proie de manière sauvage pour l’étrangler et la jeter presque négligemment dans les escaliers.

The fifth cordCette séquence sera certainement la plus forte du film, avec quelques autres scènes de crime toutes probantes, bardées d’un suspense percutant et d’une mise en scène impeccable, comme cet homme qui finira par mourir d’une crise cardiaque, facilitant de fait le "travail" du meurtrier ou encore ce final au cours duquel ce sera un enfant qui se retrouvera en mauvaise posture. Mais hélas, en dehors de ces passages probants, le métrage ne développera que des situations stériles et guère enthousiasmantes pour suivre l'enquête d'Andrea, perdu entre ses doutes, ses talents de dragueur et des sous-intrigues banales et mal exploitées qui heureusement parviendront parfois à sentir le souffre en lorgnant par exemple du côté de la pornographie amateur. Cela aura pour effet de brouiller l'intrigue principale tout en détournant l'attention du spectateur sur des éléments extérieurs, mais de toutes façons, avec un minimum de réflexion et de bon sens, l'identité du tueur sera déjà évidente, confirmée plus tard lors d'un final énervé tranchant largement avec la lenteur ambiante, pour nous bassiner avec un motif sans aucune ampleur et franchement presque ridicule pour tenter de justifier les actes de l'assassin.

The fifth cordMais ce qui fera en grande partie la force partielle du film, ce sera son interprétation sans faille avec bien entendu la prestation de Franco Nero qui interprétera un Andrea avec une justesse rare, sans aucun surjouage néfaste, pour donner une réalité avérée à son personnage qui incarnera un anti-héros parfois violent (même envers les femmes…) pas franchement attachant mais dont nous suivrons les pérégrinations avec un attachement certain. Autour de lui vont graviter un certain nombre de personnages féminins qui apporteront sporadiquement une petite touche sensuelle et érotique non négligeable, les ravissantes Pamela Tiffin et Agostina Belli n'hésitant pas à se déshabiller devant la caméra. Mais les seconds rôles ne seront pas oubliés et nous retrouverons par exemple avec plaisir Edmund Purdom ou encore Andrea Scotti.

The fifth cordL'autre aspect du film qui sera foncièrement maîtrisé sera la photographie et l'esthétique de l'ensemble, loin d'un quelconque baroque repompé sur l'univers de Dario Argento, le métrage va laisser des couleurs saisissantes s'imposer sur les structures géométriques angulaires, donnant ainsi un air irréel, gigantesque et volontairement surfait aux décors et à la nuit italienne magnifiquement filmée tandis que le réalisateur Luigi Bazzoni s'offrira une mise en scène saisissant lors des temps forts du film , avec notamment une caméra subjective employée à merveille pour renforcer le suspense et une dynamique puissante pour gérer ses autres effets de clairs/obscurs, donnant ainsi une beauté rare à chaque plan.

The fifth cordCette beauté formelle compensera donc la vacuité certaine d'une intrigue inutilement alambiquée avançant un tueur ayant comme seule caractéristique propre (et sous-exploitée) de laisser auprès de chacune de ses victimes un gant noir dont il coupera un doigt de plus à chaque forfait et les scènes de crime vaudront surtout pour leur mise en place installant un suspense conséquent, puisque le métrage se montrera particulièrement avare en effets sanglants, pour même uniquement nous montrer le résultat de l'un des meurtres sans même nous gratifier de son exécution qui aurait certainement été croustillantes à la vue de ses conséquences, et enfin la violence sera très sporadique, surtout centrée autour du personnage d'Andrea, imprévisible et parfois bien sauvage (sans que les situations ne le justifie toujours vraiment, d'ailleurs).

Donc, ce The fifth cord vaudra surtout le coup d'œil pour son esthétisme vraiment remarquable et son interprétation convaincante, car son intrigue aura une tendance trop appuyée à se disperser inutilement, délaissant ainsi un noyau central bien anecdotique !

The fifth cordLe DVD de zone 0 édité par Blue Underground avancera une image nette et parfaitement restaurée pour ne laisser place à aucun défaut, tandis que la bande-son sera efficace avec une partition musicale d'Ennio Morricone prenante mais moins définitive que certaines autres créations du compositeur, le métrage étant ici proposé dans sa version anglaise, sans aucun sous-titres, comme souvent chez Blue Underground.
Au niveau des bonus, outres l'excellente et originale bande-annonce, on pourra suivre une interview croisée de Franco Nero et du responsable de la photographie, Vittorio Storaro, qui reviendront sur le film et leur participation à celui-ci au travers d'anecdotes intéressantes, tout en portant un regard nostalgique sur cette période de leur activité.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce "giallo" formellement maîtrisé, le DVD de zone 0 est disponible ici ou !

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09.10.09

07:15:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Contraband

Réalisé par un Lucio Fulci tout juste sorti de L'enfer des zombies, ce Contraband, connu chez nous sous le titre de La guerre des gangs restera comme l'un des polars italiens les plus violents et sanglants de l'époque, porté par une bonne dose de sadisme, ce qui compensera largement une intrigue quelque peu commune malgré des choix scénaristiques pour le moins étranges en présentant les contrebandiers sous un jour presque sympathique, comparés aux importateurs de drogue étrangers.
Le script va suivre la vengeance d'un contrebandier (s'occupant d'un trafic de cigarettes) suite au meurtre de son frère et de plusieurs pontes de la pègre locale, tous assassinés par "Le Marseillais", un truand désireux d'étendre son pouvoir sur Naples au travers du trafic de drogues dures.

ContrabandLe métrage va tout de suite lancer son action pour nous présenter son personnage principal, Luca Di Angelo, et son frère Micky en plein trafic maritime puisqu'avec leurs hors-bords ils vont aller chercher des cartons de cigarettes de contrebande sur un bateau les attendant au large, mais cette fois-ci, la police maritime sera de la partie, obligeant Luca à s'enfuir, non sans avoir fait exploser le bateau pour faire disparaître les preuves. Cette entame du métrage sera remarquablement maîtrisée pour suivre le ballet de ces hors-bords surfant sur l'eau et zigzaguant pour des plans de toute beauté, et tout en nous permettant de commencer à se familiariser avec ce Luca assez tranquille malgré l'approche de la police et qui restera maître de la situation.

ContrabandEnsuite, l'intrigue va pousser la présentation de Luca, que nous allons retrouver chez lui en compagnie de sa femme, Adèle et de leur fils, pour y découvrir une famille presque normale et allant souvent rendre visite à Micky qui s'occupe de chevaux de course, avec pour seules différences la peur quotidienne d'Adèle face au "métier" de Luca avec ses craintes de le voir mourir ou être emprisonné, et la présence épisodique d'un autre mafioso sur le champ de course qui ne semblera pas plaire du tout à Luca. Le côté "truand" de Luca ressortira lorsqu'il ira rendre visite à Luigi "le Milanais", un autre contrebandier avec il s'entend bien et avec lequel il va s'entretenir pour savoir qui a bien pu renseigner la police lors du fiasco vu en introduction leur ayant coûté plusieurs millions de lires.

ContrabandLe décor ainsi planté, avec donc des personnages présentés sous un jour bien conciliant malgré leurs actions illégales (il ne faudra pas oublier que le film a été en partie financé par de vrais contrebandiers italiens…), l'intrigue va pouvoir réellement commencer lorsque Luca et son frère vont tomber dans une embuscade tendue par de faux policiers qui vont abattre sans sommations Micky avant de s'enfuir. Ce décès plongera Luca dans une tristesse sans nom, teintée d'un désir de vengeance avéré malgré les recommandations de son épouse de se tenir "trtanquille". Les funérailles de Micky donneront l'occasion à Lucio Fulci de nous gratifier d'une splendide séquence maritime, observée de loin par deux inspecteurs qui pourront ainsi nous énumérer le nom des pontes de la pègre locale, tout en reprenant des traditions purement italiennes.

ContrabandEnsuite, le métrage va d'abord laisser Luca s'orienter vers une fausse piste qui lui coûtera quelques bleus et autres traumatismes, avec au passage une scène de bagarre bien méchante qui se terminera par un plongeon dans une marre de souffre pour l'adversaire de Luca, ce qui l'autorisera par la suite à balancer le cadavre décomposé à travers la vitre de la chambre de celui qu'il pensera alors être le responsable de la mort de son frère. Cette partie de l'intrigue nous vaudra quelques plans sanglants, mais cela restera bien mesuré par rapport à ce qui va suivre, lorsque Luca va découvrir qu'un truand étranger, "Le Marseillais" s'acharne à décimer tous les truands locaux pour prendre le pouvoir de la pègre napolitaine et imposer un trafic de drogues dures.

ContrabandEn effet, le métrage va dans sa seconde partie basculer dans des rebondissements privilégiant une violence froide et sanglante, pour mettre en scène de nombreuses mises à mort saignantes au cours desquelles on ne comptera plus les impacts de balles tandis que les gorges seront éclatées par des coups de feu, quand ce ne sera pas directement dans une bouche que l'on tirera pour faire exploser la cervelle d'une victime, laissant même un sadisme investir les débats lorsque Luca va enfoncer un couteau dans l'abdomen d'un adversaire pour le faire parler, et plus certainement encore lors de cette séquence de viol terrible, dégradante sur l'épouse de Luca dont il en sera le témoin impuissant en entendant ce qui arrive à sa femme par téléphone. Le final restera quant à lui comme un épisode marquant avec cette avant-dernière séquence admirable, à la mise en scène parfaite et qui trouvera une ampleur inespérée.

ContrabandSi Lucio Fulci pourra mettre en scène cette sauvagerie sanglante, ce sera en majeure partie grâce au personnage appelé "Le Marseillais", qui fera preuve d'une cruauté sans limite dans sa volonté d'asservir la pègre locale ou carrément de faire le nettoyage par le vide, avec même une succession de crimes perpétrés contre les parrains locaux suivis les uns après les autres. Mais ce "Marseillais" laissera également éclater ses penchants vicieux et cruels lorsqu'il défigurera au chalumeau une demoiselle coupable de demander trop d'argent en échange d'une cargaison de drogue, dont un échantillon aura été soigneusement caché dans l'intimité de la jeune femme, exemple typique d'une certaine perversité typique dont fera preuve le métrage.

ContrabandOn pourra d'ailleurs remercier Lucio Fulci de ce jusqu'au-boutisme dans sa démarche car sinon le métrage aurait sans doute été plutôt fade, la faute à une intrigue de fond pas foncièrement passionnante, qui n'hésitera pas à avoir recours à quelques ellipses délicates dans son cheminement, mais on pourra aussi s'amuser de quelques scènes et détails souriants, comme cette descente de police dans un quartier où chaque habitant semblera être en possession de cigarettes de contrebande pour une séquence décalée par rapport à la noirceur ambiante avec ces quidams arrêtés dans des circonstances saugrenues, aux toilettes ou encore en plein repas comme cet homme qui emmènera avec lui sa plâtrée de nouilles, tandis que le réalisateur ne donnera pas forcément une image reluisante d'une ville de Naples gangrenée par le chômage et où les trafics sembleront faire vivre beaucoup d'habitants.

ContrabandLes personnages demeureront assez bien travaillés pour devenir non pas attachants mais au moins sympathiques et dont on aura tendance à frémir devant leur triste sort, la palme revenant à la douce Adèle qui aura passé son temps à mettre en garde Luca pour être au final elle-même violée dans des conditions plus que sordides, tandis que ce Luca, qui finira lui complètement dépassé par l'enchaînement des événements, fera un héros atypique en devenant régulièrement aussi sadique et violent que ses adversaires, dont "Le Marseillais" qui demeurera dans la grande tradition des truands sans pitié. L'ensemble bénéficiera d'une interprétation convaincante, portée par un Fabio Testi à l'aise dans le rôle de Luca et tandis que nous retrouverons avec plaisir Marcel Bozzuffi pour interpréter "Le Marseillais", sans oublier les seconds rôles savoureux de Guido Alberti ou encore de la transsexuelle Ajita Wilson. La mise en scène de Lucio Fulci est épatante pour donner de l'ampleur à ses séquences, tout en suivant l'action de près pour donner un rythme régulier au métrage, avec seulement un petit relâchement avant l'entrée dans le vis du sujet. Les effets spéciaux sanglants sont ici probants, volontaires et graphiques pour de la sorte demeurer réalistes.

Donc, ce Contraband s'imposera donc comme une œuvre largement réussie mais hélas méconnue du grand Lucio Fulci, qu'il conviendrait de réhabiliter à sa juste valeur !

ContrabandLe DVD de zone 0 édité par Blue Underground avancera une image nette et ne connaissant pas de défaut notable, tandis que la bande-son sera efficace avec une splendide partition musicale qui accompagnera idéalement les temps forts du film, celui-ci étant comme souvent chez l'éditeur, uniquement proposé dans sa version anglaise, sans aucun sous-titres.
Au niveau des bonus, on ne pourra hélas que suivre la bande-annonce anglaise du métrage et parcourir quelques filmographies.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce polar sanglant largement convaincant de Lucio Fulci, le DVD de zone 0 est disponible ici ou !

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08.10.09

07:20:00, Catégories: Test / Critique  

Réalisateur : Christian Alvart
Durée du film : 1h45
Date de sortie du film : 30 septembre 2009
Avec : Denis Quaid, Ben Foster, etc.

Par Nicofeel

Réalisé par l'allemand Christian Alvart dont ce n'est pourtant pas le premier film, Pandorum est une sacrée déception. Attendu comme une série B plutôt sympathique, le film n'est rien d'autre qu'un raté.
Et il faut bien reconnaître dès le départ que Christian Alvart ne s'est pas foulé. Le cinéaste fait vraiment dans le déjà-vu avec des références très poussées à Alien, Resident evil ou encore à Event horizon (film déjà pas terrible de Paul W. Anderson, qui est pour l'occasion producteur du film). Le début du film est un repompage évident au début d'Alien avec la scène du réveil. Le problème c'est que Christian Alvart n'a pas le talent de Ridley Scott. En outre, il fait vraiment dans la redite, et en moins bien. Le montage quelque peu épileptique, que l'on retrouvera malheureusement tout au long du film, fatigue plus le spectateur qu'autre chose. Mais bon cela n'est que le début donc on est encore à ce moment du film indulgent avec le réalisateur.

Le problème est que le film ne va jamais s'améliorer en qualité. Christian Alvart, qui a bien du mal à se démarquer de ses références, n'a au demeurant pas grand chose à dire. Le scénario du film, d'une évidence incroyable, est linéaire et même assez vide. C'est dommage car le cinéaste allemand ouvre plusieurs pistes qui auraient pu être intéressantes (la fin de l'espèce humaine, des mutations génétiques) mais qu'il ne développe jamais.
Christian Alvart multiplie le même genre de scènes avec des monstres qui attaquent des humains. Encore, les scènes de combat seraient bien filmées, ça pourrait encore aller. Mais non. Le réalisateur a décidé de nous concocter des scènes qui vont se dérouler dans l'obscurité et avec une mise en scène épileptique. Conséquence : les scènes de combat sont illisibles et plutôt ennuyeuses. Car le réalisateur abuse de ce genre de scènes qui se révèlent particulièrement redondantes. Les vilaines bestioles qui attaquent les humains finissent presque par saouler le spectateur. On regrettera par ailleurs que ces scènes de combat se déroulent de nuit car du coup il devient rarissime d'avoir droit à quelques plans sanglants.

Et puis ce n'est pas tout. Car le naufrage est total. Les acteurs sont complètement insipides et on ne ressent strictement rien par rapport aux événements qu'ils sont amenés à vivre. On se demander bien ce qui a pu amener l'acteur Denis Quaid à s'embarquer dans une telle galère. Aucun des acteurs n'est vraiment charismatique. Et puis la psychologie des personnages est proche du néant.
Mais ce n'est pas fini. Les décors ne sont pas finement étudiés et le début du film donne l'impression de voir des maquettes et non des vaisseaux spatiaux. De plus, la photo du film qui va avec n'est pas non plus terrible. On a par instants la désagréable impression de se retrouver dans une adaptation de jeux vidéo.
Quant à la fin du film, si elle n'est pas évidente à deviner, il faut bien reconnaître qu'elle arrive un peu comme un cheveu sur la soupe. L'optimisme du réalisateur laisse un peu le spectateur sur sa faim.
Pour terminer au chapitre des déceptions, on pourra aussi noter que les quelques explications de la situation du vaisseau laissent plutôt dubitatifs. Ainsi, l'idée de l'évolution de l'être humain en une sorte de mutant laisse perplexe.

Heureusement, tout n'est pas noir (si l'on peut dire). En de rares occasions, le cinéaste réussit à distiller un semblant d'angoisse dans son film. C'est notamment le cas au début du film où l'on se demande bien ce qui arrive aux protagonistes du film et ce qui est arrivé aux gens qui sont morts. Et puis, si le scénario est quasiment toujours linéaire, il y a tout de même quelques (rares) rebondissements.


En définitive, Pandorum est un film de science-fiction de bas étage, qui ne mérite absolument pas d'être vu. Le film est non seulement d'un classicisme éprouvé (le film croulant sous les références du genre) mais il est en outre plutôt mal filmé. Ce n'est pas le tout de filmer de longs couloirs obscurs, encore faut-il être capable de distiller une ambiance. Ce qui ne semble pas être quelque chose de possible chez Christian Alvart.

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07.10.09

07:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

The blood rose

Film français réalisé en 1969 par Claude Mulot, surtout connu ensuite pour sa carrière dans l'érotisme hardcore sous le pseudonyme de Frédéric Lansac, ce The blood rose (sorti chez nous sous son titre original de La rose écorchée), malgré son script lorgnant du côté des Yeux sans visage de Georges Franju, arrivera à développer aussi bien un aspect surréaliste et poétique épaulé par ces décors gothiques et certains personnages "autres" qu'un érotisme teinté d'horreur pure au sein d'une intrigue dramatique forte appuyée par une histoire d'amour malheureuse.
Le script va suivre la déchéance d'un peintre renommé suite à l'accident ayant défiguré et brûlé profondément sa tendre épouse, la transformant en un monstre avec qui il va vivre reclus dans un château jusqu'à l'arrivée d'un ancien chirurgien spécialiste du visage qui va redonner espoir au couple avec l'éventualité d'une greffe, mais pour cela, il va bien falloir trouver une donneuse, pas forcément consentante…

The blood roseD'entrée, le métrage va avancer son personnage principal, Frédéric Lansac et son ami Wilfried attendant le verdict d'un médecin, ce qui permettra à Wilfried de revenir sur le passé de Lansac, aidé par une voix-off pour quelques flash-backs qui nous permettront de retracer le parcours de ce peintre aussi volage de réputé et prisé des milieux mondains, pour suivre sa rencontre avec Moira, une demoiselle attirée par la notoriété de Lansac et avec qui il va entretenir une relation amoureuse jusqu'au jour où, se préparant à se rendre à une soirée déguisée chez Moira, il va croiser Anne. Ce sera le coup de foudre instantané et réciproque, ce qui poussera Lansac à négliger Moira pour filer le parfait amour avec cette nouvelle jeune femme pour qui il éprouvera de vrais sentiments.

The blood roseC'est ainsi que Lansac fera découvrir à Anne le château familial seulement gardé par deux nains au faciès guère engageant, ce qui n'arrêtera pas Anne qui voudra y habiter. Peu de temps après ils vont se marier, et lors d'une soirée donnée pour fêter ce mariage, Moira va faire irruption et menacer Anne qui en reculant va tomber dans les flammes, laissant alors l'intrigue faire la transition avec l'entame du film puisque le médecin rendra son verdict, Anne est défigurée, incapable de marcher et sa vision est troublée par ses brûlures. Cette mise en condition des protagonistes sera efficace pour bien mettre en avant le changement de personnalité de ce Lansac qui, de mondain dragueur et amateur de jeunes femmes dont il abusera en profitant de sa notoriété, deviendra un amoureux transi et respectueux de sa récente épouse qui elle apportera une fraîcheur vivifiante. Mais cela n'empêchera pas le réalisateur de déjà avancer quelques rapides séquences sensuelles, déshabillant au passage Elizabeth Teissier qui interprétera Moira ou encore Anny Duperey jouant Anne, tout en plaçant également quelques scènes étranges et presque onirique, avec la découverte du château et des deux nains, Olaf et Igor qui vont servir le couple.

The blood roseMais cet accident va faire sombrer la vie du couple dans le désespoir, Anne devenant irritable et méchante, tandis que Lansac n'arrivera plus à peindre et demeurera prostré dans son château, au grand désespoir de Wilfried qui va pourtant devoir le booster et l'obliger à superviser l'institut de beauté dont ils sont copropriétaires, Wilfried partant à l'étranger quelques temps, tout en ayant engagé une infirmière pour s'occuper d'Anne, cette dernière étant par ailleurs déclarée morte aux yeux de tous. C'est à l'institut que Lansac va retrouver le professeur Römer, un botaniste méticuleux qui cachera un passé bien plus trouble, puisque nous ne tarderons pas à découvrir en compagnie de Lansac que ce professeur est un ancien chirurgien spécialiste du visage radié suite à une bavure et continuant à œuvrer pour remodeler le faciès de truands en fuite. Démasqué par Lansac, il n'aura pas d'autre choix que d'accepter la proposition de ce dernier de trouver un nouveau visage pour Anne.

The blood roseMais pendant ce temps-là, l'intrigue aura également mis en avant le caractère méchant de cette nouvelle Anne, aigrie, jalouse de la beauté d'Agnès, l'infirmière à laquelle Lansac ne résistera pas longtemps, ce qui la poussera à s'arranger pour que Agnès meure dans un "accident" délibéré et sadique, volontairement laissé à la vue de Lansac dans une opération de défiance. Mais pour pouvoir opérer Anne, il va bien falloir trouver un visage et l'institut de beauté va devenir un terrain de chasse pour Lansac et Römer qui seront loin de se douter qu'une victime toute trouvée va plus tard venir frapper à la porte du château, la sœur d'Agnès partie à la recherche de cette dernière.

The blood roseMême si l'influence des Yeux sans visage de Georges Franju se fera bien évidemment sentir sur le fond, l'intrigue restera fouillée, riche et puissante autour de cet amour perverti par une destinée atroce et servie par une galerie de protagonistes tour à tour hauts en couleurs et attachants, hors du commun et permettant au film de développer plusieurs sous-intrigues passionnantes, celle liée au professeur Römer en tête, tandis que le métrage dérapera doucement d'un classique formel de toute beauté vers un ensemble de gothisme et de délire surréaliste franchement débridé et jouissif, porté notamment par ces deux nains qui délivreront quelques séquences complètement folles, bien bis et ainsi irrémédiablement marquantes.

The blood roseEn effet, il faudra voir ces deux nains s'affairer autour d'une prisonnière qu'ils vont déshabiller, violer et finalement tuer (même si le métrage sera elliptique sur ce dernier aspect pour uniquement nous montrer la victime morte), ou encore poursuivre la sœur d'Agnès armés de haches disproportionnées par rapport à leur petite taille, chacune de leur apparition illuminant le métrage d'un caractère démentiel et extravagant qui contrastera avec l'univers gothique dans lequel le métrage plongera pour nous offrir quelques séquences remarquables, comme cette visite nocturne et en plein orage du château par la sœur d'Agnès (qui présentera une ressemblance physique avec Barbara Steele certainement pas innocente) qui trouvera son point d'orgue en nous dévoilant la visage martyrisé d'Anne jusqu'ici intelligemment masqué à la caméra.

The blood roseLe métrage avancera ainsi une histoire d'amour éperdument tragique, douloureuse pour ce couple détruit par la jalousie de cette Moira qui n'aura pas supporté d'être délaissée et humiliée par Lansac, mais ce sera surtout les répercussions de l'accident sur le comportement de chacun qui sera mis en avant par les différentes phases de l'intrigue jusqu'au final à la fois poétique dans son dernier plan et nihiliste dans son entreprise de mort pour de la sorte nous réserver une méchante surprise plutôt inattendue lors d'un final qui s'éloignera de la trame largement envisagée et anticipée par le spectateur, abandonnant ainsi toute idée de happy-end qui de toutes façons n'aurait pas collé avec l'esprit et l'ambiance délétère de la seconde partie du film.

The blood roseLes personnages seront ici bien travaillés, le couple formée par Lansac et Anne bien entendu pour laisser Anne devenir irrésistiblement attachante dans sa joie de vivre tandis que Lansac arrivera à gagner la sympathie après une présentation guère reluisante, mais le personnage le plus frappant du film sera ce professeur Römer, un être torturé au physique dur, et l'ensemble bénéficiera d'une interprétation convaincante, entre Philippe Lemaire jouant Lansac et Anny Duperey qui resplendira dans le rôle d'Anne, tandis que Howard Vernon, l'acteur fétiche de Jess Franco brillera forcément par son charisme naturel pour donner vie au professeur Römer, laissant quelques jolies actrices venir apporter un érotisme certes quelque peu désuet de nos jours mais pour autant graphique en les dénudant entièrement ou partiellement. La mise en scène de Claude Mulot est efficace, léchée et utilisera avec bonheur ses filtres pour avancer une caméra subjective se mettant à la place du personnage d'Anne, tout en rendant justice aux décors naturels gothiques. Les quelques petits effets spéciaux sanglants demeureront rudimentaires mais tout en étant crédibles.

Donc, ce The blood rose s'avérera être une œuvre fantastique sensuelle française méconnue qui mériterait pourtant largement d'être réhabilitée pour son atmosphère gothique, érotique mais également douloureuse lorsqu'elle brisera cette histoire d'amour éperdue !

The blood roseLe DVD de zone 0 édité par Mondo Macabro avancera une image nette et ne connaissant pas de défaut flagrant, tandis que la bande-son sera efficace et adaptée pour aider à la création de l'ambiance du métrage, celui-ci étant ici proposé dans sa version anglaise mais surtout dans sa version originale française.
Au niveau des bonus, on pourra suivre une interview de l'un des collaborateurs de Claude Mulot qui reviendra sur le travail de ce dernier, un petit document écrit sur l'histoire des films horrifiques français, une conséquente galerie de photos du film, la biographie/ filmographie de l'équipe du film ainsi que le toujours excellent petit montage d'extraits d'autres titres proposés par l'éditeur.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce film français largement maîtrisé et estimable, le DVD de zone 0 est disponible ici ou !

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06.10.09

07:30:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : 500 jours ensemble
Titre original : 500 days of summer
Réalisateur : Marc Webb
Durée du film : 1h36
Date de sortie du film : 30 septembre 2009
Avec : Joseph Gordon-Levitt, Zooey Deschanel, etc.

Par Nicofeel

Réalisé par Marc Webb dont c'est le premier long métrage, 500 jours ensemble est une comédie romantique qui ne manque pas d'attrait.
En effet, on est loin des comédies romantiques typiques avec les recettes très largement éculées. Non, ici dès le début du film (il n'y a qu'à voir le propos introductif du film pour s'en convaincre), on comprend que l'histoire d'amour proposée va sortir des sentiers battus. Car la grande force du film de Marc Webb est de poser une vraie réflexion quant aux relations entre hommes et femmes. Le cinéaste ne choisit pas la facilité. Il aurait très bien donner au spectateur ce qu'il attend : une histoire d'amour contrariée entre deux êtres qui évidemment finit bien. Eh bien ici rien de tout ça.
D'abord le réalisateur a pris le parti de déstructurer le récit en donnant un film qui suit une logique certaine mais qui n'est pas linéaire. Pendant un bon moment on jongle au sein de ces fameux 500 jours, en passant par exemple d'une journée où les deux personnages principaux ne s'aiment plus (pas) pour revenir sur les premiers jours de la rencontre ou encore sur les moments agréables de la relation. Marc Webb réussit le tour de force de rendre son film passionnant avec non seulement ce récit non linéaire mais aussi et surtout avec une vraie réflexion derrière. Le cinéaste rappelle de façon très juste au spectateur que l'on peut soudainement passer de moments très agréables avec la personne aimée (la scène d'IKEA, la scène de la douche ou encore d'autres scènes très intimistes) à des moments beaucoup moins marrants, dans des lieux identiques, qui sont annonciateurs d'une prochaine rupture.

Le film est aussi plus globalement une vraie réflexion sur le couple contemporain, avec la crainte de tout un chacun que l'être aimé nous laisse tomber. Avec un vrai esprit critique et une grande justesse de ton, le cinéaste Marc Webb utilise aussi une mise en scène adaptée au propos du film. Ainsi, lorsque le personnage principal est heureux car il « sort » enfin avec la femme qu'il aime, on a droit à une scène quasi surréaliste avec ce personnage qui transmet sa bonne humeur autour de lui et qui se met à danser avec des gens dans la rue. A l'inverse, lorsque le personnage principal traverse un grave moment de doute où il espère encore pouvoir retrouver l'être aimé, le cinéaste utilise de façon très astucieuse le split screen : on assiste à deux scènes vues de deux façons différentes. La scène dans l'écran de gauche représente les attentes avec l'espoir d'une reconquête, la scène de droite représente en revanche ce qui va réellement se passer. Et là forcément c'est moins drôle. Mais bon, le film, en dehors de ses scènes surréaliste et de son scénario éclaté, n'en garde finalement pas moins un certain réalisme dans les rapports qu'il peut y avoir actuellement entre un homme et une femme.
Et le film n'en conserve pas moins un certain optimisme. Car le propos du film est clair également à ce sujet. Si on perd l'être aimé, c'est peut-être tout simplement parce qu'il ne s'agissait pas de la bonne personne. Le destin va probablement nous permettre de rencontrer une autre personne avec qui cela va mieux marcher.

Bénéficiant d'une excellente bande son (où l'on retrouve entre autres les Smiths ou encore l'excellente chanson She's like the wind, interprétée par feu Patrick Swayze) signée Mychael Danna qui rythme parfaitement les sentiments vécus par le principal personnage du film, 500 jours ensemble ne serait sans doute pas aussi réussi sans son couple vedette qui fonctionne très bien. Si Zooey Deschanel est très bien dans le rôle de Summer Finn, cette femme mystérieuse qui demeure difficilement sondable, une mention spéciale serait à donner à l'acteur Joseph Gordon-Levitt qui donne réellement l'impression d'être le personnage qu'il joue, à savoir Tom Hansen.
Alors précipitez-vous dans les salles obscures pour voir ce curieux film qui parle d'amour et qui pour l'occasion est vraiment original.

Permalink 762 mots par nicofeel Email , 1757 vues • 1 réaction

02.10.09

07:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Barbed wire dolls

Film de WIP (Women In Prison) très classique sur le fond, ce Barbed wire dolls portera tous les stigmates du cinéma de son réalisateur, Jess Franco, qui ici se montrera particulièrement inspiré lorsqu'il s'agira de se laisser aller à un érotisme omniprésent ou à quelques séances de tortures mentales ou physiques dégradantes.
Le script va suivre les déboires de quelques prisonnières brimées et assujetties aux désirs d'une gardienne sadique et perverse.

Barbed wire dollsD'entrée le métrage va s'installer au sein de cette prison côtière pour une première séquence annonçant parfaitement la couleur puisque nous verrons une femme attachée (nue, cela va sans dire) subissant les coups de fouet et la pression d'une brute épaisse nommée Nestor qui, alors que sa victime sera restée six jours sans manger, osera disposer près d'elle une gamelle pleine de nouilles, mais sans qu'elle puisse y toucher, pour une torture mentale bien vicieuse et qui se prolongera suffisamment pour déranger, entre les plaintes et les tentatives d'apitoiement de la femme et les cris et ordres hurlés par ce Nestor qui semblera bien entendu jouir de la situation et de sa position de dominateur (surtout qu'il aura pour témoin le gardienne en chef de l'endroit et le médecin des lieux) envers cette femme dont le motif d'incarcération sera d'avoir osé dénigrer le Gouverneur.

Barbed wire dollsEnsuite le métrage va se lancer dans la présentation de trois des prisonnières dont nous suivrons les tourments, Pompadour, une prostituée nymphomane et délirante, Rosaria, une folle passant son temps à chanter et enfin Bertha, une demoiselle emprisonnée pour le meurtre de son frère, que nous découvrirons dans leur cellule le temps d'appréhender le caractère de chacun, le réalisateur s'attardant à coup sûr sur cette Pompadour le temps de quelques gros plans ouvertement salaces, tandis que Bertha, la plus "normale" des trois et la plus attirante sera aussi la plus discrète. Et après avoir ainsi planté le décor, nous allons suivre l'arrivée d'une nouvelle prisonnière en la personne de Maria, une autre demoiselle accusée elle aussi de meurtre mais niant les faits et qui va commencer par rejoindre le "quartier spécial". Ce "quartier spécial" servira surtout de lieu de torture puisque Maria sera allongée nue sur un lit métallique parcouru régulièrement d'électricité pour des séances de rééducation sadiques et complaisantes largement étalées devant la caméra.

Barbed wire dollsL'intrigue va également s'attarder sur la directrice de cette prison, qui restera bien dans la tradition inaugurée par "Ilsa" avec ses bottes en cuir, ce monocle et ses shorts moulants, tandis qu'elle aura toujours à la main sa cravache prête à servir et avec en plus des penchants lesbiens avérés comme pourra le découvrir Bertha lors d'une autre scène érotique au cours de laquelle elle devra même frapper sur ses ordres la gardienne en chef adepte également du sadomasochisme, ainsi que sur ce Gouverneur de la province aimant les jeunes et jolies détenues qu'il se fera régulièrement amené chez lui pour, selon son humeur, les regarder se masturber sur son lit ou laisser Nestor abuser d'elles.

Barbed wire dollsPour meubler le métrage, l'intrigue va quand même avancer quelques événements intéressants comme cette lettre dénonçant les pratiques à l'intérieur de la prison qui arrivera chez le Gouverneur, ce qui ne le troublera pas plus que cela bien sûr mais lancera une vague de répression à l'intérieur du pénitencier, tandis que Maria sera liée à la directrice de la prison par son passé et le meurtre dont elle a été accusée, ce qui nous vaudra une séquence définitivement "autre" puisque Jess Franco, n'ayant certainement pas le budget nécessaire pour tourner une scène passée au ralenti ensuite, la fera jouer ainsi à l'origine, ce qui sera irrésistiblement comique avec les gestes saccadés des acteurs, et y participera même puisqu'il interprétera lui-même le père incestueux de Maria, ce qui pourra par ailleurs être interprété sous différents angles quand on sait que Maria sera jouée par Lina Romay, la muse du réalisateur.

Barbed wire dollsLe métrage avancera quasiment toutes les figures obligées du film de "WIP", hormis les traditionnelles scènes de douches ici absentes, pour suivre ces quelques tortures subies par ces prisonnières qui souffriront aussi bien dans leur chair que dans leur esprit, mais les sévices auront tendance à se répéter (avec plusieurs passages dans ce "quartier spécial" et sur le lit électrique) et ne sombreront jamais dans la violence franche ou dans l'abject (comme dans le bien sadique Women in cellblock 9 par exemple) et encore moins dans le gore, aucune plan sanglant ne venant émailler l'ensemble, pour se terminer par l'habituelle évasion ici bien opportune et facile, mais l'issue du métrage pourra, une fois de plus chez Jess Franco, laisser un goût amer.

Barbed wire dollsCe sera donc l'érotisme qui sera omniprésent au sein de l'intrigue, les prisonnières évoluant toujours à moitié nues et n'hésitant pas à se déshabiller à la moindre occasion, avec en plus des situations et des rebondissements prétextes à avancer des ébats en tous genres qui, s'ils ne verseront jamais dans la hardcore, resteront sporadiquement très osés avec ces gros plans dont Jess Franco s'est fait le spécialiste et qui iront inspecter les entrejambes des demoiselles sans aucune pudeur pour même devenir licencieux lorsque la nymphomane dérangée ira se toucher avec une cigarette allumée. Mais le réalisateur pourra compter sur la beauté et la jeunesse de Lina Romay et de Martine Stedil (toutes deux habituées de l'auteur) pour illuminer le film, contrastant de la sorte avec une certaine fadeur et un manque de fraîcheur des autres prisonnières et même de Monica Swinn qui ne sera pas ici présentée sous son meilleur jour.

Barbed wire dollsLes personnages alimenteront les situations avec un certain classicisme, notamment les détenues et la directrice de la prison, tandis que ce Nestor n'aura pas le charisme désiré dans son rôle de bourreau pervers, laissant seul le médecin des lieux apporter une certaine originalité en semblant s'intéresser réellement au sort des prisonnières (ce qui ne l'empêchera pas de coucher avec Maria…) et paraître comme le seul être "humain" parmi l'équipe officiant dans cette prison, pour de la sorte apporter une petite touche humaniste au milieu de la misogynie ambiante et sous-jacente. L'interprétation est cohérente, sans réel charisme à l'écran mais sans pour autant sombrer dans un quelconque amateurisme, les différents acteurs et actrices présents restant concernés. La mise en scène de Jess Franco est moins lascive que parfois pour donner un rythme constant au métrage qui ne connaîtra pas de temps morts, et nous gratifiera de cette séquence hallucinée au ralenti qui vaudra son pesant de cacahuètes.

Donc, ce Barbed wire dolls illustrera parfaitement son sujet en demeurant un film de "WIP" volontaire, porteur d'un érotisme osé et régulièrement sordide qui devrait satisfaire les amateurs du sous-genre !

Barbed wire dollsLe DVD de zone 2 anglais édité par Anchor Bay avancera une image nette et sans défaut visible, tandis que la bande-son sera convaincante, avec une partition musicale impactante mais hélas pas assez présente, le métrage étant ici proposé dans sa version anglaise ou allemande avec des sous-titres anglais.
Au niveau des bonus, on pourra suivre le documentaire sur le travail de restauration effectué pour les éditions de la collection de l'éditeur dédiée à Jess Franco, une série d'interviews croisés du producteur Erwin C. Dietrich, de Jess Franco et de Lina Romay qui reviendront sur le tournage du film et sur les sentiments du réalisateur vis-à-vis du cinéma et de la censure, une galerie de photos assez conséquente, la bande-annonce du film, quelques filmographies et la présentation publicitaire de cette collection.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce film de "WIP" érotique et sordide, le DVD de zone 2 est disponible ici ou !

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