25.09.09

07:10:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Exitus interruptus

Réalisé par Andreas Bethmann, auteur érotomane coupable de quelques titres comme Rossa venezia ou encore Demon terror mélangeant ouvertement horreur et érotisme flirtant largement avec le hardcore, ce Exitus interruptus ne dérogera pas à la ligne de conduite que s’est fixé le réalisateur pour privilégier une fois de plus l’érotisme des situations au sein d’une intrigue vaguement horrifique, mais hélas, le manque de moyens et ici même d’inspiration viendront se faire cruellement sentir malgré quand même quelques séquences presque graphiques et une propension à dénuder les charmantes actrices largement volontaire.
Le script va suivre les déboires d’une demoiselle, kidnappée et violée cinq ans auparavant par un maniaque qu’elle aura finalement tué, qui va de nouveau se retrouver face à un détraqué qui va la séquestrer et l’humilier dans une maison isolée.

Exitus interruptusAprès un générique réussi et glauque, le métrage va directement s’intéresser à son personnage principal, Manuela, une demoiselle que nous allons d’abord découvrir à bord de sa voiture, le temps d’entendre par une station de radio écoutée que plusieurs jeunes femmes ont disparu dans la région ces derniers temps, sans aucun doute victime d’un psychopathe, avant de la retrouver chez elle pour une nuit perturbée par un cauchemar qu’il nous sera permis de visualiser au travers d’images presque subliminales avançant une femme nue attachée et torturée pour ce qui aurait pu être une première scène graphique si la rapidité extrême des plans ne les avait pas rendu quasiment illisibles.

Exitus interruptusEnsuite, nous allons pouvoir appréhender le passé trouble de Manuela au travers d’une séance chez son psychiatre qui la suit pour ces cauchemars certainement hérités du kidnapping suivi de viol dont elle a été victime cinq années auparavant, tandis qu’elle va avouer à son thérapeute avoir tué et enterré son bourreau (mais sans aucun flash-back saignant comme on était en droit de s’attendre), cette présentation du personnage central de l’intrigue étant ensuite prolongé par une promenade le long d’un chemin semi forestier en compagnie de Monique, qui se révélera être la petite amie de Manuela, surtout que celle-ci lui proposera de venir s’installer chez elle, ce qui sera rapidement fait et donnera l’occasion au réalisateur de nous gratifier d’une petite scène érotique lesbienne sensuelle mais n’allant "étrangement" pas bien loin dans l’érotisme, tandis qu'en parallèle un inconnu va creuser et déterrer un cadavre qu'il va s'empresser de nettoyer.

Exitus interruptusCette mise en situation de l'intrigue sera assez encourageante, le réalisateur parvenant à bien mettre en évidence le trauma dont est victime cette Manuela tout en alignant plusieurs passages performants, comme cette scène érotique entrecoupée de plans macabres suivant cet individu masqué creusant et s'affairant en gros plan autour de ce crâne pour le laver et le toiletter. L'intrigue va alors véritablement se mettre en branle lorsque Manuela et Monique vont se donner rendez-vous dans un night-club libertin où Manuela, ayant rejoint les toilettes pour se rafraîchir va voir arriver deux lesbiennes soucieuses de s'isoler pour un petit ébat mais qui vont bientôt être stoppées dans leurs ardeurs par un homme les tuant toutes les deux avant de kidnapper Manuela en l'endormant avec un mouchoir imbibé de produits chimiques.

Exitus interruptusLe métrage va donc pouvoir rejoindre l'endroit qui lui servira de décor jusqu'au final, cette maison isolée dans les bois devant laquelle Manuela et Monique étaient comme par hasard passées devant au cours de leur récente promenade, Manuela se retrouvant enchaînée et soumise à un malade qui connaîtra bien sa victime (et pour cause…) et se présentera comme étant le frère de son agresseur d'il y a cinq ans avant de se lancer dans toute une série de petites humiliations sans aucune audace ni graphisme autre que la vue de cette charmante Manuela progressivement dénudée, très vaguement fouettée et surtout tripotée par cet homme qui portera tout le long du film au masque noir assez minable et ne servant à rien puisque son identité sera connue de tous.

Exitus interruptusHélas, une fois installé dans cette demeure banale, l'intrigue va sombrer dans la redite pour ne plus parvenir à captiver véritablement son spectateur, largement enclin à déceler les influences flagrante du réalisateur qui piochera ici dans les méandres de Massacre à la tronçonneuse pour une scène de repas en hommage désiré (la partition musicale également repompée en sera la garantie) mais sans jamais retrouver la folie de Tobe Hooper ni sa pugnacité, tandis que plus loin ce sera Psychose qui sera revisité avec la présence envahissante et parlante du squelette de la mère du kidnappeur, laissant un piège bien trouvé et ouvertement salace venir nous rappeler que la franchise des Saw existe bel et bien, mais toutes ces situations manqueront quand même de rythme et d'imagination (malgré heureusement quelques petites idées le plus souvent érotiques), même si Monique sera elle aussi bientôt captive de ce pervers pour gentiment nous emmener au final du métrage qui lui aussi demeurera facile, sans aucune ampleur et bien vite expédié.

Exitus interruptusBien évidemment à partie de cette intrigue quand même minimaliste, Andreas Bethmann va surtout privilégier l'érotisme des situations afin d'en profiter pour cadrer ses actrices dans leur plus simple appareil à grand renfort de gros plans directs et en étirant les situations les plus érotiques, mais sans pour autant verser dans le hardcore (comme ce fut le cas pour Rossa venezia par exemple), alors que certaines scènes s'y prêtaient largement (pendant ce piège sadique au cours duquel Manuela aura une minute pour faire jouir son agresseur par une fellation, sinon, un revolver relié à une minuterie tirera sur l'intimité de Monique attachée et ne pouvant donc se soustraire à ce danger). Cet érotisme sera souvent impudique, parfois même salace mais deviendra vite lassant en ne se renouvelant pas de manière significative.

Exitus interruptusL'aspect horrifique, bien présent sur le papier, sera quant à lui relégué au second plan, le métrage n'étant jamais véritablement sanglant pour uniquement avancer de rapides plan gore très basiques et sans aucune ampleur, tandis que ces cadavres qui viendront peupler l'univers du kidnappeur ne seront pas réellement mis en avant de façon efficace pour laisser cet aspect macabre définitivement sous-exploité, et il ne faudra pas compter sur les quelques détails des décors pour donner une apparence glauque à l'ensemble, puisque ces poupées et autres têtes de mannequin ficelés par du fil de fer barbelé n'auront pas d'impact probant et ne serviront pas l'intrigue. Enfin, le meurtrier n'offrira qu'une personnalité basique, avec de petits tourments liés à son enfance vite expédiés et ses facéties n'amuseront que lui.

Exitus interruptusLes personnages resteront donc basiques, même si cette Manuela perturbée bénéficiera d'une présentation adaptée pour en plus voir l'interprétation ne pas être à la hauteur avec des actrices peu concernées, malgré les apparents efforts de Renee Pornero, une hardeuse autrichienne à la filmographie "impressionnante". La mise en scène d'Andreas Bethmann est fidèle au style dépouillé affiché pour uniquement nous servir quelques petits effets de manière sporadique. Les effets spéciaux sont rudimentaires pour ces rares plans saignants et les maquillages des cadavres resteront simplistes.

Donc, ce Exitus interruptus s'avérera être trop frileux dans chacun de ses deux pôles d'attraction, pas assez sanglant et doté d'un érotisme répété mais sans originalité et n'allant pas bien loin, pour espérer satisfaire les amateurs de hard-gore !

Exitus interruptusLe DVD de zone 2 allemand édité par X-Rated Kult, toujours proposé dans son boîtier au format "livre" des plus plaisants, avancera le film dans sa version "director's cut" et donc raccourcie par le réalisateur par rapport au montage intégrale, mais ce ne sera pas un mal, le montage intégral étant très souvent considéré comme trop long. L'image sera nette et ne connaîtra pas d'autres défauts visibles que ces détails se perdant dans les tons noirs, tandis que la bande-son sera plutôt efficace, avec une partition musicale dynamique et influencée, le métrage étant ici proposé dans sa version allemande, avec des sous-titres anglais optionnels.
Par contre au niveau des bonus, il faudra se contenter de la bande-annonce du métrage, l'éditeur ayant par ailleurs sorti une édition trois DVD par contre blindée de bonus.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce nouveau méfait du réalisateur érotomane allemand, le DVD de zone 2 allemand est par exemple disponible ici !

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