21.09.09

07:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Food of the gods

Connu chez nous sous le titre de soudain les monstres, ce The food of the gods, inspiré par un écrit de H.G. Wells dont il ne reprendra que l’idée de base, proposera à son spectateur toute une série d’animaux gigantesques belliqueux qui auront surtout le don de faire sourire face à des effets spéciaux trop simplistes qui en plus serviront une intrigue semblant apprécier les stéréotypes et les invraisemblances.
Le script va laisser une curieuse substance, ayant la particularité de faire grandir les animaux l’ingurgitant, contaminer une partie de la faune d’une petite île sur laquelle trois footballeurs étaient venus se "mettre au vert".

Food of the godsDès son introduction, le métrage va avancer son personnage principal, Morgan, un footballeur à l'entraînement qui va en voix-off nous balancer un petit laïus écologiste basique tout en laissant l'intrigue puisqu'il aura accepté de se rendre sur une petite île brumeuse pour se reposer et se changer les idées en compagnie de son entraînement et d'un autre footballeur afin d'assurer la préparation pour un match très important. C'est ainsi que nous allons rapidement suivre ces trois hommes en pleine partie de chasse, suivant leurs chiens pourchassant une biche depuis leurs chevaux, mais lorsque la bête sera acculée, Morgan s'arrangera pour qu'elle puisse s'enfuir, déclenchant ainsi la fureur de son compagnon Davis qui va se mettre à suivre l'animal pour la tuer. Mal lui en prendra puisque, après s'être isolé dans les bois, il va être attaqué par des guêpes géantes qui vont le piquer mortellement.

Food of the godsLe métrage ne perdra pas un instant pour lancer son intrigue, passant sur une présentation des protagonistes qui sera réduire au minimum pour être ainsi véritablement expédiée, afin de rapidement pouvoir mettre en scène une première attaque de la part de la première variété d'animaux gigantesques qui vont peupler le film. Hélas, ces guêpes géantes ne bénéficieront que d'une animation plus que réduite et ratée, donnant quasiment d'entrée un air très kitsch au métrage, que les situations à venir ne vont certainement pas effacer. En effet, après avoir découvert le corps boursouflé de son ami, Morgan va s'en aller quémander de l'aide, pour tomber sur une bien étrange ferme dans laquelle il rencontrera des poulets géants et se fera même agresser par un coq bien belliqueux, mais là encore, l'invraisemblance des effets employés déclenchera une crise de rire certainement pas volontaire.

Food of the godsL'intrigue nous expliquera alors très brièvement l'origine de la mutation de ces animaux lorsque Morgan rencontrer madame Skinner, la propriétaire de la ferme dont le mari a découvert sur ses terres un mystérieux liquide gluant qui, mélangé à leur alimentation, fait grandir et grossir ses poulets, mais hélas pour eux, d'autres espèces animales vont avoir goûté à cette substance, comme nous allons continuer de le découvrir par la suite. Car après un passage sur le continent le temps d'apprendre que Davis est bien mort à cause du poison répandu dans son corps par des piqûres de guêpes, Morgan va retourner avec son entraîneur sur l'île afin de venger son ami.

Food of the godsPendant ce temps-là et après quelques autres attaques plus probantes grâce à des animations plus crédibles mettant notamment en avant pour la première fois les rats mais aussi quelques vers bien méchants, un biologiste véreux, Jack Besington, et son assistante vont débarquer chez les Skinner suite à un rendez-vous donné par le malheureux monsieur Skinner (mort lors de la première apparition des rats) pour espérer mettre la main sur cette substance. C'est juste à ce moment-là que Morgan et son entraîneur vont débarquer à la ferme, bientôt rejoints par un couple de touristes égarés ayant eux aussi déjà eu affaire aux rats gigantesques.

Food of the godsLa suite de l'intrigue installera une sorte de huit-clos à l'intérieur de la propriété des Skinner, laissant les différents protagonistes être attaqués par ces énormes rats qui deviendront les véritables vedettes animalières du film, poussant même les survivants, de moins en moins nombreux après quelques mises à morts presque sanglantes, à se retrancher dans la maison des Skinner pour essayer de repousser les assauts des rongeurs jusqu'au final assez singulier, original par son idée mais tout en demeurant fondée sur un élément stupide (les rats ayant grandi et grossi ne saurait plus nager… bien sûr !).

Food of the godsLa principale attractivité du film viendra évidemment de ces animaux démesurés qui seront largement exposés devant la caméra avec plus ou moins de bonheur et de réussite, entre ces guêpes impensables jamais réalistes et ces poulets irrésistibles, mais ce seront les rats qui bénéficieront principalement des faveurs du réalisateur Bert I. Gordon (un spécialiste des films d'animaux gigantesques), avec la plupart du temps de vrais rats filmés dans des décors miniatures plutôt convaincants ou incrustés dans des images près des humains, alors que les gros plans utiliseront des têtes de rats factices hélas guère trompeuses et pas franchement réalistes, ce qui occasionnera encore des séquences croustillantes et savoureuses dans un second degré bien involontaire qui sera encore alourdi par ces plans de tirs de carabine faisant littéralement voler les rongeurs ou les couvrant d'hémoglobine.

Food of the godsMais l'intrigue comportera aussi son lot d'énormités scénaristiques, avec déjà ce final improbable, mais aussi par les réactions de certains personnages guidés par l'appât du gain ou tout simplement par leur stupidité notoire, tandis que le métrage n'hésitera pas à placer parmi les protagonistes une femme enceinte sur le point d'accoucher, histoire de rendre la situation encore plus "dramatique" et que les différentes tentatives de créer une tension entre les personnages seront avortées par l'interprétation souvent pitoyable et même désastreuse puisque les différents acteurs oscilleront entre un surjouage facile et flagrant (comme Ralph Meeker dans le rôle du cynique et cupide Besington) et une apathie terrible uniquement perturbée par des mimiques exagérées et hors-sujet que nous gratifiera Marjoe Gortner jouant Morgan.

Food of the godsA cela, on pourra rajouter un sérieux inébranlable des situations qui tranchera évidemment avec l'humour involontaire des situations et des effets spéciaux, puisque le métrage ne se hasardera que très rarement à placer quelques notes souriantes volontaires pour quelques dialogues souriants, comme lorsque l'assistante de Besington avouera à Morgan avoir envie de lui faire l'amour lors qu'ils sont retranchés dans la maison des Skinner encerclée par les rongeurs ou encore par les réparties sans scrupules de ce Besington uniquement préoccupé par l'argent qu'il pourra gagner grâce à la substance, ce qui lui permettra de se lancer dans des tirades d'un cynisme rare. Ce sérieux affiché sera également palpable au niveau de la mise en scène du réalisateur qui n'hésitera pas un instant à multiplier les plans avançant les rats et les autres animaux mutants dans toutes les situations possibles sans jamais douter de l'impact comique qui pourrait en découler. Mais pour autant le métrage se déroulera sur un rythme continu et assez vif, proposant de nouvelles agressions régulièrement.

Donc, ce The food of the gods sera franchement daté dans sa naïveté, mais de ce postulat découlera un côté attachant indéniable qui viendra traverser le métrage de bout en bout pour le rendre souriant et même appréciable, au second degré bien entendu !

Food of the godsLe DVD de zone 1 édité par MGM dans sa collection des Midnite Movies avancera une image certes pas exempte de petits défauts épars mais guère préjudiciables, tandis que la bande-son sera cohérente, avec une partition musicale adaptée qui soulignera bien les temps forts du film et notamment les attaques des rats avec une musique spéciale originale, le métrage étant ici proposé dans sa version originale anglaise sous-titrée en anglais et en espagnol, mais surtout, cette édition proposera également la version française du film.
Par contre aucun bonus sera disponible, pas même la bande-annonce du film !

Pour ceux qui voudraient découvrir cette invasion d'animaux géants mettant notamment en vedette des rats belliqueux, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

Permalink 1444 mots par nicore, 1206 vues • Réagir

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