15.09.09

07:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Body snatchers

Second remake du classique de la science-fiction paranoïaque que fut L’invasion des profanateurs de sépultures, ce Body snatchers, réalisé par Abel Ferrara restera comme un "film de commande" pour l'auteur de Driller killer ou encore de l'excellent L'ange de la vengeance mais sans que cela vienne nuire à l'impact du métrage qui arrivera à jouer sur une ambiance de psychose lourde de menaces et de sous-entendus avant que les secrets de ces envahisseurs ne soient étalés dans toute leur horreur devant la caméra.
Le script va laisser un chimiste s'installer avec sa famille dans une base militaire afin d'y effectuer toute une série de tests sur l'aspect nocif de produits toxiques entreposés sur place afin de les retraiter, mais la base semble en proie à une invasion insidieuse.

Body snatchersD'entrée le métrage va avancer ses principaux personnages, la famille Malone en route pour une base militaire où le père, Steve, travaillant pour une agence gouvernementale, doit effectuer des tests sur des produits toxiques en vue de leur retraitement, et a donc choisi d'emmener sa fille Marti issue d'un premier mariage, ainsi que sa nouvelle épouse Carol et l'enfant qu'ils ont eu ensemble, Andy. Cette présentation rapide se fera avec la voix-off de Marti, bien pessimiste en annonçant déjà des événement sinistres mais d'après elle inéluctables, ce qui aura pour effet immédiat de commencer à impliquer le spectateur tout en laissant déjà son imagination travailler.

Body snatchersSans tarder l'intrigue nous donnera un petit avertissement au travers d'un effet de surprise réussi malgré un caractère très classique, pour ensuite laisser cette famille prendre ses quartiers au sein de cette base militaire fermée et quadrillée, laissant comme une sorte de piège se refermer sur Marti et sa famille, l'installation de l'intrigue dans ce cadre militaire restant comme un des grands atouts du métrage. La venue de ce chimiste extérieur à l'armée étant plutôt mal vue par le général Platt, le responsable de la base, et son entourage, ce sera avec circonspection et encadré par des soldats que Steve pourra commencer ses travaux, tandis que Marti fera la rencontre et sympathisera avec Jenn, la fille rebelle de Platt.

Body snatchersTout en posant sa situation, le métrage va commencer de façon presque sournoise à placer ici ou là de petits éléments dérangeants, perturbateurs et intrigants qui vont venir tirer la sonnette d'alarme tout en créant une atmosphère paranoïaque assez effective (la scène de la garderie par exemple) pour ainsi laisser le danger peser sur Marti et ses proches, mais chacun sera trop occupé pour réellement faire attention à ces prémices de la découverte d'une réalité terrible, Steve n'écoutera en effet que d'une oreille distraite le major Collins, responsable de l'infirmerie où de nombreux soldats semblent vivre une psychose les faisant redouter de dormir et de cohabiter avec leur entourage, tandis que Marti sera trop occupée à sortir et à tomber sous le charme d'un pilote d'hélicoptère, Tim, pour prêter attention aux déboires de son demi-frère.

Body snatchersLorsque ce climat pesant sera bien installé, l'intrigue va alors prendre un virage assez abrupt pour dans un premier temps nous faire apercevoir lors d'une scène assez osée psychologiquement le résultat d'une transformation d'un humain en un sosie déshumanisé avec pour témoin le petit Andy que personne ne voudra bien évidemment croire, avant de carrément nous mettre en face du processus répugnant de transfert lors d'une séquence plus que tendue et graphique, porteuse d'un suspense limité du fait des protagonistes touchés mais tout en étant assurément graphique (le "double" gisant dans la baignoire), pour ainsi lancer une seconde partie plus virulente et largement plus orientée vers l'action qui verra Marti accompagnée par d'autres survivants tenter de fuir les envahisseurs ayant pris forme humaine.

Body snatchersCette seconde partie nous réservera quelques surprises hélas parfois éventées mais aussi pour certaines frappantes, tout en jouant sur l'ambiguïté de chaque protagoniste puisque nous en saurons pas forcément qui est "contaminé" et qui est encore humain. L'organisation et la volonté des extraterrestres seront bien mise en avant, prononçant même quelques vérités sur l'espère humaine assez désobligeantes mais furieusement réalistes tout en mettant en place le début d'une invasion à grande échelle millimétrée et planifiée avec une rigueur absolue toute militaire qui fera froid dans le dos, alors que nous pourrons apprécier une nouvelle fois le procédé graphique permettant à ces cocons de se métamorphoser en êtres à l'apparence humaine mais vides de tout sentiment ou expression faciale.

Body snatchersHélas, quelques ellipses et autres facilités certaines viendront quand même nuire à cette seconde partie, comme l'aisance avec laquelle les survivants humains arriveront à se fondre dans la masse des "aliens" sans se faire prendre, même si cela occasionnera quelques situations livrées à un certain suspense jouant également sur l'aspect vicieux des envahisseurs, mais cela ne viendra pas nuire à l'impact global de ce second acte parfois violent, volontaire et même quelque peu spectaculaire. Le final ouvert, incertain et indécis viendra clore les débats sur une note presque pessimiste mais qui aura l'intelligence de laisser chaque spectateur se faire sa propre opinion sans nous offrir le moindre élément de réponse, offrant ainsi à chacun la possibilité de prolonger la vision du film à sa guise.

Body snatchersLes personnages seront avancés de façon cohérente pour notamment parvenir à rendre attachante Marti, cette adolescente esseulée et perturbée par la décision de son père de se remarier après la mort de sa mère, mais son entourage demeurera quand même stéréotypé, entre sa nouvelle amie rebelle et insouciante par ses passe-droits et ce bellâtre qui tombera à pic pour l'occuper, ou superficiel, comme sa famille. L'ensemble bénéficiera d'une interprétation convaincante, avec la jeune mais déjà mignonne Gabrielle Anwar qui nous laissera même entrevoir ses charmes dans le rôle de Marti, et que nous retrouveront avec plaisir R. Lee Ermey, pas encore investi du rôle du shérif Hoyt dans le remake de Massacre à la tronçonneuse et sa suite. La mise en scène d'Abel Ferrara est fonctionnelle, classique et sans effets de style pour suivre l'action de près et surtout installer un climat dans la première partie en laissant chaque situation s'exprimer. Les effets spéciaux sont probants pour suivre ces transformations gluantes et graphiques.

Donc, cette nouvelle relecture du classique de Don Siegel ne méritera assurément pas sa mauvaise réputation et offrira même une atmosphère paranoïaque bien retranscrite tout en impliquant complètement le spectateur dans l'intrigue !

Body snatchersLe DVD de zone 1 édité par Warner Home Video avancera une image nette et sans défaut notable, même lors de la seconde partie se déroulant de nuit, tandis que la bande-son sera efficace, avec ces bruitages répugnants et sa partition musicale adaptée et efficace, le métrage étant ici proposé dans sa version originale anglaise sous-titrée en français ou carrément dans sa version française.
Par contre, aucun bonus ne viendra compléter la vision du métrage, même pas une petite bande-annonce, dommage !

Pour ceux qui voudraient découvrir cette invasion insidieuse, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

Permalink 1265 mots par nicore, 1374 vues • 1 réaction

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