14.08.09

08:15:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Sick nurses

Petit délire sans prétention nous venant de Thaïlande, ce Sick nurses va appliquer sur une intrigue basique de vengeance fantomatique un traitement décomplexé, aussi humoristique que saignant pour un résultat très sympathique bien que quelque peu superficiel et ne pouvant jamais espérer provoquer l’effroi du spectateur par un manque de crédibilité heureusement en majeure partie assumé.
Le script va suivre la vengeance d’une infirmière tuée par ses collègues dirigées par le médecin de leur service alors qu’elle les menaçait de dénoncer leur trafic de corps humains.

Sick nursesDans sa première séquence, le métrage va rapidement revenir sur le triste sort de Tawan, assassinée par ses collègues infirmières sous les yeux complices du docteur Taa parce qu’elle voulait rendre public leur commerce illégal de cadavres, devenant de la sorte elle-même le prochain objet d’échange aussitôt vendu. Cette introduction, au goût d’inachevé comblé par la suite, sera plutôt efficace pour mettre en condition le spectateur en étant gentiment macabre dans les préparatifs du cadavre, tout en laissant quelques interrogations en suspens au travers de rapides plans intrigants qui dénoteront déjà du manque de linéarité de l’intrigue à venir.

Sick nursesEn effet ensuite la présentation des principaux personnages se fera de manière complètement désordonnée avec des séquences très courtes et sans raccord francs pour mettre en avant ces infirmières sexys désoeuvrées et surtout leurs travers avancés de façon excessive et souriante, insistant ainsi sur l’anorexie boulimique de l’une d’elles de manière graphique et répugnante, tandis que l’excès de coquetterie d’une autre sera singée abusivement ou que deux lesbiennes joueront à se photographier avec leurs téléphones portables dans un élan sensuel, le tout déroulé sur un ton léger et amusant, parfois même volontairement grotesque, mais assurant toujours un spectacle sexy bien en phase avec le fantasme masculin représenté par le mythe de l’infirmière.

Sick nursesPendant ce temps-là, le docteur Taa se sera absenté pour se rendre au rendez-vous fixé sept jours après le meurtre de Tawan afin de vendre le corps conservé dans de la glace dans son coffre de voiture, laissant les demoiselles, seules dans un hôpital apparemment déserté de tout patient, vaquer à leurs occupations tout en jouant à se faire peur avec une légende impliquant la venue du fantôme de leur victime qui pourrait revenir se venger au soir du septième jour suivant sa mort, ce qui bien entendu va se produire. C’est ainsi que chacune des jeunes femmes va rencontrer le spectre de Tawan au cours de scènes jamais flippantes mais assez réussies visuellement pour proposer des idées assez folles (le shampooing aux cheveux du fantôme par exemple) mais qui pourront déstabiliser car au lieu de suivre la destinée de chacune d’entre elles séparément, le métrage va s’attacher à suivre conjointement et chronologiquement les événements.

Sick nursesNous suivrons donc au sein d’une première partie assez modérée et inoffensive les différentes apparitions du fantôme de Tawan, présenté sous une déclinaison originale des traditionnels spectres asiatiques aux cheveux noirs et longs lancé par Ring, mais sans que ces séquences n’aboutissent, annihilant tout effet de suspense et faisant régulièrement retomber le début de tension installé en revenant à chaque fois au ton léger prolongeant la mise en condition des protagonistes. Mais malgré cela, cette phase du film restera largement intéressante surtout qu'elle approfondira l'intrigue en présentant de nouveaux éléments éludés lors de l'entame et venant donner un peu de consistance à l'ensemble tout en expliquant certains détails et les motivations de chacun.

Sick nursesMais il faudra attendre que les différentes situations exposées s'entrechoquent pour que le métrage décolle véritablement et devienne jouissif et débridé dans une série de séquences sanglantes aussi graphiques qu'originales pour suivre les sévices infligés aux différentes infirmières qui seront surtout amenées à s'automutiler, le fantôme de Tawan ne frappant pas directement mais prenant possession d'une partie du corps de ses victimes (bien souvent les bras) pour les obliger à se faire subir diverses atrocités graphiques et souvent en liaison avec les travers exposés (l'une d'elles mangera aussi bien des mégots que des résidus humains, tandis qu'une autre avalera des lames de rasoir, se sectionnant carrément la mâchoire avant qu'un dernier outrage ne vienne la finir), mais aussi littéralement horrifiques, avec cette autre demoiselle qui découpera en morceaux son amie anesthésiée.

Sick nursesLes éléments avancés offriront à l'intrigue un petit twist final certes anticipable mais bien agencé et porteur d'une certaine perversité évasive mais bien réelle en faisant preuve d'une belle immoralité pour peu de prendre le temps de bien reconsidérer chacun des événements et de sonder un des protagonistes, ce qui tranchera largement avec le côté quand même superficiel laissé jusqu'alors par un ensemble plutôt porté sur son caractère déraisonnable et débridé, pour de la sorte nous fournir tous les renseignements nécessaires pour appréhender chacun des aspects de l'intrigue voulus par les deux réalisateurs thaïlandais.

Sick nursesLes personnages resteront bien évidemment stéréotypés pour une outrance jouissif et sexy même si l'ensemble n'ira jamais loin dans l'érotisme (même l'obligatoire séance de douche se fera habillée) pour préférer s'attarder sur les décolletés ou les fessiers des ravissantes actrices, tandis que le docteur, malgré son peu de temps de présence à l'écran, offrira son lot de perversion et de manipulations. Hélas, l'interprétation surjouée plombera la crédibilité globale du film, avec des demoiselles certainement choisies en fonction de leur physique et non de leur talent devant la caméra. La mise en scène du duo de réalisateurs est efficace, dynamique et efficiente pour créer une atmosphère surréaliste en jouant avec une photographie adéquate et des couleurs tour à tour vives ou fades adaptées. Les effets spéciaux sont probants pour avancer des plans saignants volontaires et parfois même très graphiques, avec juste ces inserts numériques qui resteront visibles, tandis que le maquillage du spectre sera réussi.

Donc, ce Sick nurses offrira un spectacle enjoué et souriant, volontaire et sans prétention dans un délire régulièrement jouissif !

Sick nursesLe DVD de zone 1 édité par Magnolia Home Entertainment avancera une image nette et exempte de tout défaut, tandis que la bande-son sera efficace avec une partition musicale adaptée et dynamique, le métrage étant ici proposé dans sa version originale thaïlandaise ou dans sa version anglaise, avec dans tous les cas des sous-titres anglais optionnels.
Au niveau des bonus, seul un petit making-of, laissant quasiment exclusivement la parole aux réalisateurs et aux différentes actrices qui reviendront sur leur prestation, sera disponible, accompagné par les bandes-annonces d'autres titres de l'éditeur.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette vengeance sexy et sanglante, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

Permalink 1247 mots par nicore, 2434 vues • 2 retours

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