09.06.09

07:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Amusement

C'est en s'essayant au film à sketches que ce Amusement va tenter de se démarquer quelque peu du "slasher" de base avec plusieurs segments comme souvent inégaux, largement prévisibles mais pas désagréable à suivre grâce à une mise en scène inventive et par un souci esthétique omniprésent.
Le script va suivre les mésaventures de trois demoiselles, des anciennes amies d'enfance, aux prises chacune leur tour avec un meurtrier ricanant, avant de se retrouver toutes les trois confrontées au tueur.

AmusementSans préambule le métrage va lancer sa première partie, la plus courte, en mettant en avant Rob et sa petite amie Shelby circulant sur une autoroute au retour d'un week-end désastreux. Profitant de l'endormissement de Shelby Rob va prendre part à un convoi de trois véhicules se suivant pour pouvoir ainsi rouler à vive allure, guidés par un poids lourd, mais lors d'un arrêt dans une station-service, Shelby va apercevoir une jeune femme enfermée dans la cabine du routier, visiblement retenue prisonnière. Ce premier sketch ne prendra pas le temps de s'appesantir sur ses situations ou ses personnages pour visiblement vouloir arriver le plus vite possible à son twist final certes pas forcément prévisible mais plutôt improbable, sans laisser la moindre ambiance s'installer et surtout sans se soucier de la pertinence des événements qui vont faire perdre toute ampleur à ce retournement de situation qui demeurera peu crédible.

AmusementSans transition autre que le nom de la future victime s'affichant en bas de l'écran, le métrage va alors s'intéresser à Tabitha, une jeune femme arrivant chez sa tante pour y retrouver ses deux neveux seuls, leur baby-sitter ayant apparemment mis les voiles sans raison. Le réalisateur prendra cette fois-ci le temps d'exposer sa situation assez simpliste de manière à créer une tension réelle et volontaire, avec notamment ces bruits étranges qui par contre ne sembleront pas préoccuper Tabitha plus que cela, tandis que ces deux gamins bizarres et étranges ne sembleront pas êtreperturbés par l'absence de leur baby-sitter.

AmusementCe segment avancera alors plusieurs pistes pour présager des soucis à venir de Tabitha, entre les deux enfants, le petit ami mystérieux de la baby-sitter à la recherche de celle-ci et ensuite et surtout ce clown à taille humaine trônant dans la chambre d'ami (par ailleurs remplie de poupées clownesques) occupée par Tabitha, pour finalement largement orienter le spectateur vers un de ces choix et donc annihiler tout suspense pour ne plus laisser au spectateur se poser la question "qui", mais uniquement "quand" le meurtrier va se décider à frapper, ce qu'il fera bien entendu finalement de manière assez stressante (avec un emploi judicieux de l'arrière plan) mais se terminant de façon bien trop abrupte après un petit clin d'œil aux clichés du "slasher".

AmusementLa troisième demoiselle à rentrer dans l'action sera Lisa, inquiète de la disparition de sa colocatrice après une sortie dans un bar, la poussant à se rendre à une pension de famille lugubre où son amie est censée avoir fini la soirée, obligeant même Dan, son petit ami, à la suivre sur place et à profiter du travail de celui-ci au ministère de la Santé pour qu'il puisse pénétrer dans ce lieu vraiment peu engageant. Tout aussi prévisible dans son déroulement, ce troisième sketch vaudra surtout par ses décors sinistres à souhait arrivant quelque peu à créer une atmosphère délétère, tandis qu'un piège amusant viendra divertir également même s'il demeurera plus que facile. Et l'issue de cette partie du film se montrera enfin quelque peu graphique et macabre, lui donnant ainsi un léger impact.

AmusementPour clore l'ensemble, nous allons donc retrouver Tabitha, ayant survécu et maintenant entre les mains du FBI, qui va devoir répondre aux questions d'une psychanalyste, permettant de la sorte tardivement au métrage de faire le lien entre les trois histoires contées précédemment, avant de replonger facilement et sans grand souci de cohérence (quid de le présence de la psychanalyste dans ces lieux) Tabitha dans l'antre du tueur qui va s'amuser avec elle tout en faisant intervenir Lisa et Shelby, pour un dernier acte volontaire, lorgnant gentiment du côté de Saw avec ces pièges et astuces morbides, pour une série de rebondissements rythmés prenant place dans un labyrinthe sordide impactant recelant diverses fantaisies pas franchement probables mais bien trouvées pour tenter de faire enfler le suspense et al tension, mais sans y parvenir réellement jusqu'au final sans originalité (mais nous gratifiant d'un bel effet gore) qui viendra clôturer le film sur une note triste et dépressive pour ainsi ne pas se contenter d'une happy end basique.

AmusementSi on écarte un premier segment bâclé et sans saveur, le métrage arrivera quand même à créer une certaine ambiance et à se barder d'une tension réelle à défaut d'être soutenue, pour suivre ces différents protagonistes dans des situations laissant hélas une forte impression de déjà-vu, venant ainsi réduire l'ampleur de chaque rebondissement, ce qui restera dommage à la vue des tentatives de diversion parfois convaincantes avancées par un script qui ne parviendra jamais à transformer l'essai en gâchant bêtement ces points positifs soit par des effets d'annonces trop flagrants, ou en abandonnant ces bonnes idées en cours de route pour se recentrer sur des aspects conventionnels, quand ce ne sera pas un manque de crédibilité qui achèvera de plomber l'ensemble.

AmusementCar sinon le métrage arrivera à se parer d'une ambiance visuelle assez forte au travers de décors soit troublants par leur imprégnation dans un quotidien à la banalité désarmante mais rendue menaçante par des éléments extérieurs (les bruits dans la maison de la tante de Tabitha), soit carrément gothiques et sinistres avec l'extérieur et surtout l'intérieur de la pension explorée par Lisa, tandis que l'atmosphère du dernier acte du film devra beaucoup également à ces décors humides, glauques et pleins de faux-semblants largement exploités par un script mettant complètement en avant cet endroit inhabituel pour agencer ses rebondissements qui serviront en outre de lien entre ces différents segments pour justifier leur existence à chacun.

AmusementLes différents personnages resteront plutôt lisses, sans réelle saveur par manque de personnalité à la vue de leur présentation successive inexistante ou trop vite agencée par le réalisateur pour qu'ils puissent espérer nous devenir sympathique, à l'exception de Tabitha, celle qui aura en outre la plus grande présence à l'écran et servira au final d héroïne, qui sera plus travaillée et arrivera au final à devenir attachante, rendra ses mésaventures quelque peu impliquantes. Ces personnages bénéficieront d'une interprétation mitigée, assez terne pour laisser la toute mignonne Katheryn Winnick s'attirer les faveurs du spectateur dans el rôle de Tabitha, tandis que le meurtrier ricanant aura quand même un minimum de charisme à l'écran, notamment par son rire et par ses grimaces surjouées.

AmusementLa mise en scène du réalisateur est adaptée, rythmée pour suivre l'action de près en se faufilant dans les méandres des décors, tout en arrivant à créer des plans parfois originaux, transitifs, et en justifiant d'un suspense généré en partie par une utilisation adéquate des arrière-plans et des possibilités offertes par les décors et leurs pièges. Les effets spéciaux du film resteront peu nombreux, l'ensemble semblant privilégier l'ambiance à une volonté graphique trop franche, mais cela ne donnera que plus d'impact aux quelques plans sanglants parfois rapidement avancés, mais aussi pleinement mis en avant, notamment celui du final qui restera bien jouissif.

Donc, ce Amusement se suivra sans déplaisir grâce à ses quelques bonnes idées hélas trop souvent gâchées et par son esthétisme magnifié, pour en contrepartie souffrir d'une prévisibilité excessive.

AmusementLe DVD de zone 1 édité par New line Cinema Picturehouse avancera une image nette et sans défaut, même lors des nombreuses séquences se déroulant dans la pénombre, tandis que la bande-son sera plutôt efficace, avec juste une partition musicale quelque peu sobre et effacée, le métrage étant ici proposé dans sa version originale anglaise, avec des sous-titres anglais et espagnols optionnels.
Par contre cette édition ne comprendra aucun bonus digne de ce nom puisque seules quelques bandes-annonces d'autres titres de l'éditeur seront visionnages avant d'arriver au menu principal du DVD.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce petit film à sketch assez sympathique malgré ses défauts récurrents, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

Permalink 1491 mots par nicore, 1292 vues • Réagir

Pingbacks:

Cet article n'a pas de Pingbacks pour le moment...

Article précédent: Critique DVD Zone 0 : Rusted bodyArticle suivant: Critique DVD Zone 2 allemand : Beyond the limits

Septembre 2019
Lun Mar Mer Jeu Ven Sam Dim
 << <   > >>
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            

Le Blog des DVDpasChériens

Les dvdpascheriens ayant la fibre journalistique peuvent participer à ce blog. Sur le thème des DVD, de la HD et de la vente en ligne. On y trouve des critiques, des dossiers, des articles sur les nouveautés ...

Rechercher

Qui est en ligne?

  • Visiteurs: 34

powered by
b2evolution