par Nicore

Ce sera sans autre prétention que celle de divertir son spectateur que ce Splinter va appliquer une intrigue commune et ne cherchant pas franchement à se montrer originale (mis à part le look de sa créature), mais qui parviendra à se montrer efficace et généreux, surtout au niveau de son aspect sanglant largement présent.
Le script va suivre le face à face entre un petit groupe d’individus et un virus contaminant ses hôtes vivants dans un patchwork humain belliqueux.
La petite séquence d‘introduction donnera tout de suite le ton du métrage en montrant un employé d’une station-service déserte s’apprêtant à se faire dorer au soleil en attendant le client mais qui va se faire attaquer par un animal étrange, vite entraperçu mais suffisamment pour interroger le spectateur par son allure faisandée, presque décomposée, tandis que cette séquence sera déjà plutôt sanglante, vive, même si du coup l’agression ne sera pas forcément très lisible dans son déroulement, tout en ayant l’originalité de se continuer pour quelques plans rapides pendant le générique suivant un véhicule circulant sur une route, pour une transition réussie avec la présentation des principaux personnages.
En effet, ensuite le métrage va s’attacher à nous présenter Seth et Polly, un couple en vacances que nous suivrons lors d’une tentative de camping rapidement avortée devant leur incapacité à monter une tente pour ainsi positionner ces deux protagonistes assez stéréotypés, la bimbo et l’intellectuel dépassé dès qu’il s’agit de bricoler, alors qu’en parallèle un autre couple, Dennis et Lacey, va tomber en panne, avançant ainsi deux autres personnages plus sombres, identifiés comme un criminel en fuite accompagné de sa compagne perturbée. Ces deux couples ne vont tarder à se retrouver face à face puisque Seth et Polly vont devenir les otages de Dennis, désireux de rejoindre la frontière mexicaine et dont nous découvrirons l’apparente dangerosité dans sa façon d’agir avec ses otages, pour ainsi prolonger quelque peu les présentations qui se poursuivront les des situations suivantes, jusqu’à ce que le véhicule heurte un animal, crevant un pneu par la même occasion et perforant le radiateur.
L’ambiance restera tendue pour laisse le temps aux protagonistes de changer cette roue crevée, entre les délires de Lacey qui se révélera être une droguée en plein sevrage et l’idée de rébellion qui germera dans l’esprit de Polly, Dennis se blessant au passage avec un des petits pics noirs dépassant du caoutchouc, mais une fois avoir repris la route, le quatuor va bientôt se rendre compte de la fuite d’huile qui va imposer un arrêt à la première station-service se présentant sur leur chemin, installant alors durablement l’intrigue dans ce lieu étrangement désert jusqu’à ce que Lacey découvre le pompiste (celui de l’introduction) agonisant et le corps hérissé de ces mêmes pics noirs, avant de se faire attaquer par ce drôle d’individu déhanché.
Le trio survivant va alors se réfugier dans la station-service et subir les assauts de cette bien étrange créature, proposant de fait un huit-clos qui sera remarquablement bien géré par le réalisateur afin de ne jamais laisser retomber la pression tout en n’étant jamais à court d’idée pour toujours relancer l’intrigue et apporter des situations généreuses et parfois même porteuses d’un léger suspense. Et bien entendu, ce seront les attaques de cette "chose" qui rythmeront le métrage en étant bien graphiques (la façon violente et inhumaine dont elle se lancera contre les portes pour essayer d'entrer) et surprenantes (avec ces morceaux de corps qui auront leur vie propre pour essayer de contaminer les survivants, et notamment une main qui évoquera bien sûr les délires d'Evil dead 2 mais sans ici tomber dans le moindre aspect parodique ou même ouvertement comique), tandis que les protagonistes, dont la relation évoluera bien évidemment au fur et à mesure des situations, chercheront un moyen de s'enfuir ou d'alerter la police.
Alors bien sûr, quelques événements resteront bien opportuns, comme l'arrivée de cette jeune femme policière qui constituera un mets de choix pour la créature tout en nous offrant un nouveau passage gore et en proposant une double alternative de fuite ou d'échappatoire au trio et la contamination progressive de Dennis pourra paraître délaissée lors de la partie centrale du film, mais cela sera pour mieux rebondir ensuite et nous gratifier d'une des idées méchamment sanglantes du film, avec cette amputation sauvage et artisanale au cutter, tandis que le final pourra sembler quelque part assez facile et banal, la pointe d'émotive tentée le réalisateur tombant quand même partiellement à plat.
Le virus sera façonné de manière originale avec ces pics noirs sortant de la peau et cette humeur sombre coulant des plaies infligées aux corps l'accueillant, mais surtout aura la particularité de disloquer et d'assembler les morceaux de corps humains sans souci de logique pour de la sorte créer une entité disparate très graphique et généreuse, mais hélas, si on sera amené à en découvrir certaines particularités en même temps que les protagonistes (ce qui entraînera la seule fausse note du film avec cette histoire de température corporelle), jamais ses origines seront éclaircies ou même clairement évoquées, dans l'attente peut-être d'une suite entrevue par la fin ouverte classique.
Les personnages ne brilleront pas par leur profondeur pour ainsi demeurer stéréotypés dans leur agencement mais heureusement cela ne viendra pas nuire au métrage pour au contraire lui permettre d'avancer un humour discret basé sur des dialogues et des réparties plutôt fines pour rester souriantes sans forcer le ton, l'ensemble bénéficiant d'une interprétation plutôt convaincante, essentiellement portée par Shea Whigham qui imposera un certain charisme à l'écran sans avoir à se forcer. La mise en scène du réalisateur sera vive et adaptée pour suivre l'action de près et imposer un rythme continu et régulier au métrage, tout en saccadant hélas parfois trop ses plans lors des attaques frontales de la créature, limitant ainsi leur impact.
Les effets spéciaux du film seront heureusement largement probants, aussi bien pour mettre en avant cette créature magnifique faite de morceaux de corps humains et aux déplacements singuliers qui rendront encore plus impactant chacune de ses apparitions, que pour avancer des plans sanglants généreux, avec bien sûr cette amputation terrible et avancée directement, sans fard ni renoncement quant il s'agira de taillader les chairs, tandis que d'autres effets gores francs et volontaires viendront parsemer l'ensemble de manière crédible et enthousiaste. Enfin, les maquillages montrant l'avancement de la contamination de Dennis seront discrets, sans exagération nuisible pour de la sorte être encore plus marquants et intrigants, tout comme le seront ces mystérieux pics noirs sortant des chairs contaminés.
Donc, ce Splinter, volontaire et généreux, parviendra à se montrer efficace dans ses faibles ambitions pour en tout cas faire passer un bon moment à son spectateur, c'est toujours cela de pris !
Le DVD de zone 2 anglais édité par Icon Films avancera une image nette et sans défaut, tandis que la bande-son sera efficace, avec une partition musicale adaptée et renforçant agréablement les temps forts du métrage, celui-ci étant ici proposé dans sa version originale anglaise, avec des sous-titres anglais optionnels.
Au niveau des bonus, on pourra suivre plusieurs petits modules revenant sur les effets spéciaux, la création de la station-service, la créature, ou encore sur la possibilité de créer soi-même une citrouille "Splinter" avec ses pics noirs (idée hautement anecdotique et sans intérêt), et l'atmosphère très pluvieuse ayant entouré le tournage, tandis qu'un petit making-of ostensiblement promotionnel viendra compléter ces bonus, uniquement suivi par une galerie de dessins de production de la créature du film.
Pour ceux qui voudraient découvrir ce virus volontaire et graphique, le DVD de zone 2 anglais est disponible ici ou là !
Article précédent: Critique DVD Zone 2 allemand : ChaosArticle suivant: Critique DVD zone 1 : Killer nun
| Lun | Mar | Mer | Jeu | Ven | Sam | Dim |
|---|---|---|---|---|---|---|
| << < | > >> | |||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 |
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 |
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 |
| 28 | 29 | 30 | 31 | |||
Les dvdpascheriens ayant la fibre journalistique peuvent participer à ce blog. Sur le thème des DVD, de la HD et de la vente en ligne. On y trouve des critiques, des dossiers, des articles sur les nouveautés ...