06.01.09

06:30:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Mulberry St

Malgré son budget plus que restreint, ce Mulberry Street parvient à transcender son pitch quand même improbable (des rats véhiculant un virus transforment ceux qu’ils mordent en une sorte de zombie cannibale) pour un résultat tout en humilité et instantanément captivant dans son huit clos intimiste, pour devenir certainement le meilleur titre de cette cuvée de l'After Dark Horrorfest
Le script prend donc place dans un quartier pauvre de Manhattan pour nous faire découvrir la vie des habitants d’un immeuble qui vont se retrouver confrontés à une invasion de "contaminés" avides de chair humaine suite à leur morsure par des rats ayant envahi le métro.

Mulberry StAprès un générique parsemé de prises de vues suivant des rongeurs galopant dans des conduits et des sous-sols, le métrage va nous présenter son personnage principal, Clutch, un ancien boxer faisant son footing dans son quartier, nous permettant d’appréhender la pauvreté des lieux, et plus particulièrement de son immeuble lorsqu’il y rentrera pour vaquer à ses occupations. Le métrage va en effet s’attacher dans sa première partie à faire vivre ses différents personnages, les locataires de cet immeuble défraîchi semblant former une sorte de petite "famille" en se connaissant tous pour s’entraider et s’occuper les uns des autres, parvenant de la sorte sans aucun mal à rendre les protagonistes véritablement attachants grâce à leur réalisme et leur naturel à toute épreuve, laissant même au passage le réalisateur placer une salve contre la guerre en Irak au travers du retour de front de la fille de Clutch, blessée et partiellement défigurée.

Mulberry StMais au milieu de ce tableau intimiste et sensible, l’intrigue va quand même commencer à intégrer quelques éléments alarmants, que les personnages suivront depuis leur poste de télévision ou de radio, avec ces attaques de rats dans le métro, qui bien entendu, ne seront jamais visualisée par manque de budget. Mais même au sein de l’immeuble la menace va s’affirmer, avec ce concierge qui sera mordu par un gros rat et deviendra l’une des premières personnes à muter, laissant progressivement le métrage quitter sa tranquillité pour basculer dans une seconde partie plus violente et énervée.

Mulberry StEn effet, alors que les prémices de cette mutation humaine vont se faire sentir, l’intrigue va s’installer dans le bar où l’une des habitantes de l’immeuble, Kay, travaille (et accessoirement courtise Clutch dès qu’elle le peut) pour au cours d’une séquence au départ pittoresque dériver brusquement et graphiquement avec l’apparition du premier "infecté" qui va s’en prendre aux clients de façon violente et meurtrière. A partir de ce moment là, le métrage va orienter son intrigue vers le mode "survival" puisque les hommes-rats vont devenir de plus en plus nombreux, tandis que les habitants de l’immeuble vont se calfeutrer dans un huit-clos étouffant et plus que fragile.

Mulberry StMais le métrage va d’abord suivre dans un suspense de tous les instants Clutch qui va tenter d’aller secourir Kay, alors que sa fille va tenter de rejoindre le domicile tant bien que mal en affrontant les créatures lâchées dans la ville. Si cette série de situations, suivie du retranchement dans l’immeuble qui ne formera bien entendu qu’un fragile rempart contre l’invasion des monstres, ne sortira pas sur le papier des sentiers battus du genre, son traitement efficace et direct saura faire toute la différence . En effet, en optant pour ne s’intéresser qu’à la survie de ce petit groupe d’individus, le réalisateur va certes rendre son action plus "minimaliste", mais cela se fera au bénéfice d’une tension omniprésente rendue encore plus éprouvante grâce à une mise en scène collant vraiment de près aux événements.

Mulberry StDe la sorte, et en ayant largement présenté ses personnages, le métrage va impliquer complètement le spectateur qui va suivre les péripéties stressantes que connaîtront les différents protagonistes, péripéties qui elles aussi demeureront réalistes et parfois même douloureuses et choquantes en n’hésitant pas à faire mourir des personnages clefs de l’intrigue sans aucune pitié et sans s’y attarder, ne sanctifiant pas ainsi les disparitions progressives pour préférer continuer à suivre l’urgence dans laquelle évoluera les différents survivants jusqu’au final nihiliste se permettant même de détourner certains figure imposées du genre.

Mulberry StLes "contaminés" ne seront bien entendu pas ici les vedettes, mais ceux-ci alimenteront quand même le métrage de séquences violentes et sanglantes volontaires et graphiques, tout en arborant un look original et très repoussant (avec ces modifications faciales sobres mais impactantes) et en se mouvant de manière vive et en imposant leur présence pas forcément là où on s’y attendait le plus, laissant ainsi quelques effets de surprise fonctionner amplement.
L’interprétation est plus que convaincante de ce souci d’authenticité jamais bafoué, avec notamment un Nick Damici excellent et alors que la mise en scène du réalisateur sera efficace, scrutant et suivant l’action de près, tout en laissant la photographie glauque du film s’exprimer.
Les effets spéciaux seront largement probants, aussi bien pour des scènes gores jamais gratuites que pour le maquillage des hommes-rats indécelables.

Donc, ce Mulberry Street s’avérera être une excellente surprise, intimiste pour mieux laisser le spectateur rentrer dans une intrigue riche en situations stressantes et captivantes !

Mulberry StLe DVD de zone 1 édité par Lionsgate avancera une image nette parfois seulement volontairement quelque peu granuleuse, tandis que la bande-son sera efficiente, avec une partition musicale adaptée et sachant se montrer discrète à bon escient, le métrage étant ici proposé en version originale anglaise, avec des sous-titres optionnels en anglais ou en espagnol.
Au niveau des bonus, on trouvera de courts modules axés sur le storyboard du film pour le comparer au résultat à l’écran, complété par quelques dessins du réalisateur, mais également sur les effets spéciaux et les séquences faisant intervenir de vrais rats, alors que deux brèves scènes coupées et un bêtisier suivront, accompagnés par plusieurs bandes-annonces de titres proposés par l’éditeur.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette invasion de "contaminés" atypique mais largement convaincante, le DVD de zone 1 est disponible ici où encore !

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