03.01.09

09:30:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

The last house in the woods

Intégré dans la première salve de la collection "Underground" de Ghost House Pictures, la boîte de production de Sam Raimi et Robert Tapert, aux côtés entres autres du "slasher" russe Trackman, ce The last house in the woods nous vient d'Italie et semblera chercher à renouer avec la grande époque des massacre à la tronçonneuse, mais également des bisseries italiennes de Ruggero Deodato, auxquels il rendra un hommage plus qu'appuyé tout en apportant son lot de séquences sanglantes volontaires, tout en étant hélas quelque peu plombé par des personnages irritants.
Le script va suivre la descente aux enfers d'un couple recueilli après une agression par un homme et une femme qui vont les emmener dans leur maison (au fond des bois…) dans un but sinistre.

The last house in the woodsLe métrage mettra tout de suite le spectateur dans le bain avec cette séquence d'introduction suivant un couple et leur enfant à bord de leur voiture qui vont avoir un accident en pleine forêt, tuant l'homme et laissant donc sa femme et leur fils seuls à la recherche d'une aide qui semblera provenir d'un autre véhicule arrivant mais qui au lieu de s'arrêter va percuter la jeune femme. L'homme qui en descendra s'attachera à achever à coups de pierre la blessée sous les yeux du bambin qui ensuite s'enfuira. Cette entame du métrage aura le mérite d'être assez méchante et sanglante, mais hélas sa photographie bien trop sombre gâchera en partie l'impact de cette séquence de bon augure.

The last house in the woodsEnsuite, le métrage s'attellera à la présentation de ses deux personnages principaux, Aurora et Rino, un couple dont nous revivrons rapidement quelques instants de bonheur avant de revenir au présent pour voir Aurora désireuse de s'affranchir de son ancien compagnon qu'elle souhaite considérer comme un simple ami et non comme son petit ami, ce qui ne l'empêchera pas de monter en voiture avec Rino (qui la guettait) et de lui faire l'amour une fois qu'ils se seront arrêtés au bord d'une route en apparence déserte. En apparence seulement car un trio de délinquants défoncés à la drogue va surgir et s'attaquer méchamment au couple, pour rouer de coups Rino et commencer à malmener Aurora dans le but évident de la violer, laissant parler une violence sèche et brutale mais quelque part gratuite.

The last house in the woodsIl faudra l'intervention d'un couple passant par là en voiture pour calmer les intentions scabreuses des voyous, puisque l'homme qui viendra prendre la défense de Rino et d'Aurora mettra en fuite leurs agresseurs en sortant un revolver, avant d'inviter les deux tourtereaux à venir se reposer et soigner les plaies de Rino dans leur maison non loin de là. Le métrage, ayant ainsi placé son intrigue, va se poser dans la demeure luxueuse des sauveteurs, Antonio et Clara, pour tout de suite laisser planer des doutes quant aux intentions des hôtes, et notamment Antonio qui se montrera rapidement entreprenant avec Aurora, avant que le métrage ne bascule véritablement dans sa partie horrifique mettant en avant un cannibalisme original pour nous présenter une famille de "freaks" dans la tradition mais hélas quelque peu ridicule au niveau des maquillages guère réalistes, tout en plaçant de manière opportune un retour du trio de délinquants qui va venir perturber les plans de tout ce petit monde de façon violente et destructrice.

The last house in the woodsHélas, le métrage souffrira quand même de son manque d'originalité au niveau d'une intrigue déjà vue et revue, malgré les quelques innovations graphiques impactantes (et notamment ce bambin cannibale forçant ses parents à le ravitailler en chair humaine), pour multiplier les hommages souvent bien faciles (comme cette séquence de repas directement hérités du Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper et revendiquée comme telle, mais la folie visuelle du texan barbu en moins) et les situations très "bis" ou orientées vers le "giallo", le réalisateur s'attardant même dans une séquence à la photographie bleue et rouge tranchant carrément avec le reste du film pour assurer son héritage envers l'œuvre de Dario Argento.

The last house in the woodsMais heureusement, la volonté graphique débordante de l'ensemble viendra en grande partie compenser cette facilité scénaristique pour accumuler les scènes gores franches, entre ces membres sectionnés à la tronçonneuse (cela ne s'invente pas…), ces coups de couteau meurtriers qui ouvriront également les gorges, entres autres abominations visuelles purulentes et jouissives largement étalées devant la caméra, surtout qu'une fois l'intrigue véritablement lancée, le rythme global restera vif pour avancer des situations dynamiques certes bien souvent prévisibles mais parfois aussi audacieuses en n'hésitant pas par exemple à utiliser ce gamin cannibale dans des séquences sanglantes appuyées, et même si le petit "twist" final pourra paraître bien simpliste et même carrément inutile.

The last house in the woodsLes personnages auront une influence grandement mitigée sur l'ensemble, puisque si le couple formé par Rino et Aurora parviendra à gagner un minimum la sympathie du spectateur en étant naturels et crédibles, ce qui rendra leur calvaire à venir un peu plus percutant, aussi bien le couple de tortionnaires et leurs enfants difformes paraîtront bien mal assortis et terne lors de leur apparition pour ne laisser qu'un peu d'ampleur à Clara lors du final. Mais ce manque de charisme ne sera rien comparer à la stupidité crétine des trois voyous qui viendra énerver plus que représenter une menace potentielle par leurs singeries ridicules et leur comportement stupide, laissant encore une fois seul le final venir contrecarrer ce sentiment persistant, au point de laisser quand même le spectateur dans l'expectative quant à l'instabilité volontaire ou involontaire de cette direction d'acteur qui ne prendra de l'envergure que lors du dernier acte, surtout que l'interprétation qui en découlera ne fera que confirmer cette impression en étant au final convaincante. La mise en scène du réalisateur est assez efficace pour coller à l'action, mais cette photographie très sombre viendra quand même nuire parfois à la bonne lisibilité de certaines séquences. Les effets spéciaux, œuvre de l'habitué Sergio Stivaletti, sont largement probants pour multiplier les plans gores réalistes, mais hélas les maquillages des "freaks" seront plus simplistes et pas forcément très crédibles.

Donc, ce The last house in the woods, à défaut d'incarner le renouveau du cinéma horrifique italien, apportera son lot d'atrocités bien étayées en dépit d'un script pas franchement novateur !

The last house in the woodsLe DVD de zone 1 édité par Lionsgate avancera une image parfois granuleuse, guère arrangée par cette photographie sombre récurrente, tandis que la bande-son sera efficace, avec une partition musicale pas forcément toujours adaptée mais originale et dynamique, le métrage étant ici proposé dans sa version originale italienne ou en version anglaise avec des sous-titres optionnels en anglais et en espagnols.
Au niveau des bonus, on pourra suivre un long et intéressant making-of explicatif sur les différentes étapes du projet au travers d'images du tournage et d'interviews de membres de l'équipe du film, un court métrage très sympathique et grinçant du réalisateur, ainsi que la bande-annonce du film, accompagnée par celles d'une flopée d'autres titres de l'éditeur.

Pour ceux qui voudraient suivre le calvaire gore de ce couple bien malchanceux, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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