08.12.08

06:30:00, Catégories: Point de vue  

Warner a donc fait le tour de ses emblématiques héros. Mais depuis quelques années déjà, une nouvelle section s’est ouverte, à destination du plus jeune public. Terminé alors les triples ou quadruples lectures d’un même épisode (épisode pour lui-même, univers multi-référentiel à destination du geek, critique certaines d’une société contemporaine et défense des valeurs les plus élémentaires par un héros qui reste avant tout un être humain. Mais il y a encore d’autres degrés de lecture possible…) et place à une action bon enfant sans trop de violence ni trop d’ambiguïté. Les héros sont des héros, les méchants sont des méchants mais comble du comble, ce n’est pas toujours leur faute.
On citera dans cette optique les Teen Titans, animés à la sauce japonisante manga et qui donne une série de cinq saison sur des héros pré-pubères plus préoccupés par le repas du soir et l’amitié sincère du copain du jour que par la sauvegarde de leur ville. On modernise à outrance les graphismes et les histoires qui finissent toujours bien, on colle un nouveau boss sous-jacent sur plusieurs saisons et on lance le tout sur des rails avec au final un grand bazar où le meilleur cohabite avec le pire.
Néanmoins, la franchise fonctionne et on met sur les rails, comme à l’époque de Tim Burton et de son Batman un nouvel animé qui correspond à la période de Batman Begins. Et comme la mode du côté Marvel est de redéfinir à la racine toute la cosmogonie super-héroïque, on se dit sans peine qu’on peut faire la même chose.
Et nous voilà avec The Batman.

Batman

Les deux premières saisons sont assez flippantes en fait, pas dans le sens où elles font réellement peur, il ne faut pas oublier que l’on parle d’un public (très) jeune, mais simplement car elles sont d’une vacuité sans faille. Lors de la refondation d’une histoire aussi connue, le héros seul n’est pas uniquement concerné. Toute la galerie de vilains doit connaître aussi un rajeunissement. Le Joker en tête en fait les frais et devint une sorte de pantin mutant extrêmement souple mais à l’humour d’un gosse de cour de récré de maternelle. Catwoman porte un costume qui la rapproche de son équivalent papier, le Pingouin reste relativement fidèle à lui-même avec un graphisme équivalent ni plus ni moins à une fusion de ses deux précédents avatars . M Freeze par contre bénéficie d’un relooking complet qui , si il n’a plus grand-chose à voir avec le personnage déshumanisé de la précédente version gagne en ampleur et en puissance, les scénarios le mettant en scène équivalent généralement à de très bons épisodes , tant du point de vue graphique que du point de vue de la confrontation inéluctable avec l’homme chauve souris. Man Bat ne connaît qu’une épuration de ses lignes et ouvre le bal en clin d’œil à l’ancienne série. Seul Clayface est refondu en intégralité et deviens maintenant un ami d’enfance de Batman entré dans la police.
La batmobile et les batgadgets ont eux aussi eu la grâce d’un sérieux coup de jeune et le grappin se lance maintenant comme les oiles chez Venom, la technologie en plus. Le côté à la fois inquiétant et monolithique de la première batmobile des années 90 cède sa place à un véhicule aux lignes félines et racées qui laisse derrière lui les traces d’un nuage de plasma bleu du plus bel effet lors des scènes de nuit.
Les adjuvants sont aussi remaniés, et Gordon n’apparaît pas avant la troisième saison. Batman devint alors dès le départ un simple hors la loi, bien qu’œuvrant pour la justice, qui doit être arrêté au même titre que le vilain du jour. Et c’est là que la série pêche sérieusement, de par son manque d’ambition flagrant. Esthétiquement parlant, on reste déjà déçu par les premiers plans où le gothisme torturé de Gotham était de suite identifiable et on a droit en lieu et place à des cellos issus de la série Martin Mystère. Le générique reste d’une banalité inquiétante face à son aîné qui était à lui tout seul une véritable histoire, quand au nouveau visage du héros, il n’est ni attirant ni mystérieux, ce que réussissait à faire ressentir l’autre Bruce malgré un faciès plus près du carré que de l’humain.
On part alors du principe que l’on se trouve face un Batman débutant. Mais pourquoi alors la galerie de vilains est elle déjà aussi complète ? Cela ne colle pas. Dans la saison suivante, on essaie de corriger certaines erreurs en jouant sur l’originalité de faire apparaître Batgirl avent Robin. Mais passés les quelques épisodes où Barbara Gordon tente de découvrir l’identité de Batman tout en se faisant accepter de lui tandis que son père parvient à changer la perception de la police et du public sur le Dark Knight, on s’ennuie de nouveau. Le fait d’avoir deux justiciers au lieu d’un ne change finalement pas grand-chose, si ce n’est la multiplication des risques.
Arrive alors la quatrième saison, et un nouveau changement s’opère avec l’arrivée de Robin. Ce Robin là est une refonte parfaite de tous les Robin préexistants n de Dick Grayson à Tim Drake en passant par celui des premières séries et des Teen Titans. Et c’est un fait heureux car il va redonner un peps salvateur à la série. La coexistence avec Batgirl va être houleuse et rappeler les bons moments des jeunes Titans. Aute fait intéressant, avec deux enfants, aussi merveilleux et dégourdis soient ils, Bruce va devoir gagner en maturité et se rapprocher ainsi du Batman que l’on connaît mais sans pour autant négliger sa vie privée qui reste pour une fois développée à part égale dans cette série, Wayne étant globalement autant à l’écran que Batman. Les scénarios aussi gagnent en ampleur avec des méchants d’un nouveau genre à la psychologie en apparence plus fouillée sans compter l’évolution psychologique des anciens qui sombrent encore plus dans la folie, le psychiatre d’Arkam en tête. On commence à fusionner les anciens bons points de près de dix quinze ans d’animations pour trouver un produit fini correspondant à tous les âges, avec le retour également des multiples niveaux de lecture et des clins d’œil référentiels, ne serait ce qu’avec l’épisode qui se déroule des dizaines d’années après la disparition du Batman original et toute la légende du vigilante entretenue autour de celui ci.
Pour le moment on a donc : la maturité grandissante qui rapproche ce Batman de celui de base, dans son raisonnement comme dans sa tendance à s’approcher de la ligne jaune, le côté spectaculaire propre à l’ensemble des séries DC avec un soupçon de folie douce permettant d’avoir des pitchs jusque là encore inespérés comme lorsque le Joker subtilise l’appareil à venin de Bane pour devenir un diable hypertrophié, mais aussi dans cet autre très bon épisode où un has been total réussit à s’emparer de la potion ayant donné ses pouvoirs à Clayface, pour devenir plus redoutable encore. Les exemples pour une douzaine d’épisodes saisonniers sont encore très nombreux. Le côté futuriste de Batman Beyond commence à ressortir dans l’utilisation des gadgets et la transcription de l’atmosphère de Gotham qui arbore des ciels crépusculaires superbes, nonobstant la nouvelle Batmobile et tous les accès aménagés dans la ville du Manoir aux entreprises Wayne. Et enfin, Wayne équivaut à Batman dans le traitement du personnage, le monde des affaires ayant autant de temps de présence que celui du crime, sans compter un Bruce en Jeans et T Shirt souvent présent dans la Batcave pour un Batman qui apparaît régulièrement sur les sites Wayne.
Reste néanmoins deux petits ingrédients et non des moindres qui vont permettre d’obtenir une dernière saison flamboyante et rachetant elle seule les erreurs des quatre précédentes : une menace d’ordre planétaire et l’intégration de nouveaux personnages pour que l’évolution de Batman puisse passer d’un être solitaire (premiers épisodes) à un être pouvant se reposer sur d’autres mais en gardant un certain contrôle (l’arrivée des acolytes) et enfin un héros accompli, parfaitement conscien de ses faiblesses et n’hésitant pas non seulement à travailler en équipe, mais avec plus puissant que lui. Ce vrai bonheur télévisuel, ce fantasme de Geek est alors permis avec le season final de la 4ème saison , dans lequel viennent en bloc une invasion extraterrestre assez bien conçu via le remplacement progressif des humains par des cyborgs (déjà mis en place dans Batman TOS mais par un scientifique bien humain ayant perdu le contrôle de sa création), une alliance inattendue tous les héros de Gotham de Batman à la police de la ville et de tous les vilains qui œuvrent de concert pour sauver leur monde sur une musique riche d’émotions. Il faut voir M Freeze débarqué, glace en avant , aux côtés de Gordon et sous l’approbation de celui-ci… Mais l’élément le plus marquant reste la venue de Martien Manhunter qui va présenter à Batman après avoir sauvé la ville le satellite et les membres de la JLA !... que Batman connaissait déjà puisque démontrant qu’il avait déjà piraté le pc central de la tour de gué nouvelle génération.
La cinquième saison s’annonce donc parfaite et elle l’est dans son ensemble, commençant sur les ruines de Gotham et avec un Batman complet et accompli. Le produit fini qui va de nouveau devenir l’ange gardien de sa ville. Et comme la saison annoncée et la dernière, l’équipe créative se lâche et offre des animés d’une qualité folle avec des idées complètement barrées. Le principe est simple et équilibré et alterne entre épisodes classiques confrontant Batman au méchant du jour (généralement le Joker) et les épisodes estampillés JLA qui restent les meilleurs de tous.

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