03.11.08

12:30:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Riparo
Réalisateur : Marco Simon Puccioni
Avec : Maria de Medeiros, Antonia Liskova, Mounir Ouadi...
Durée du film : 1h34
Date de sortie en salles : 29 octobre 2008

Par Nicofeel

Riparo

Réalisé par l'italien Marco Simon Puccioni, Riparo (qui signifie abri) est un film qui nous ramène au plus près de thématiques de la réalité quotidienne.
Riparo nous raconte l'histoire de trois personnes : Anna (interprétée par Maria de Medeiros), Mara (Antonia Liskova) et Anis (Mounir Ouadi). Anna travaille en tant que cadre dans une usine familiale qui fabrique des chaussures. Elle vit avec Mara, qui elle travaille dans la même usine en tant qu'ouvrière. Anna et Mara ont trouvé Anis, un marocain, qui s'est caché dans leur voiture, lorsque celles-ci rentraient de vacances passées en Tunisie. Tout le film s'intéresse aux rapports entre ces trois personnages qui lui permet de développer plusieurs éléments.

Une des idées que ne cesse de véhiculer le réalisateur est une inégalité latente entre les pays du Nord et les pays du Sud, que l'on retrouve au travers de nos trois personnages. Le début du film montre l'état de pauvreté d'un pays comme la Tunisie. A contrario, l'Italie est un des pays riche. Cet état de fait se retrouve dans les relations entre les personnages. Anna, cadre dans son entreprise, qui a décidé de recueillir Anis chez elle, a toutes les cartes en main pour décider de son destin. C'est elle qui détient l'argent et qui a donc une supériorité sur Anis mais aussi sur son amie Mara, qu'elle a recueillie avant Anis chez elle. De là s'explique le titre du film Riparo, qui signifie abri. La maison d'Anna est un abri pour Anis et Mara. Mais cet abri est particulièrement fragile car il dépend du bon vouloir d'Anna. Or, le film montre clairement que plusieurs éléments sont capables de rendre précaire cette relation à trois.
Les deux amis d'Anna font chacun preuve d'un manque d'ouverture qui se caractérise chez Mara par un racisme certain. Celle-ci est d'abord farouchement opposé à la présence d'Anis, qu'elle traite quasiment comme un sous-homme. Quant à Anis, il n'a de cesse d'avoir une vision bien classique du couple : pour lui, un homme doit fréquenter une femme, se marier avec elle et lui faire des enfants. Il ne supporte pas les relations femme-femme qu'il ne comprend pas. Anis, qui arrive à avoir à des crises de colère à cause de cela, est clairement homophobe.

Quant à Anna, elle n'est pas non plus une sainte. En effet, si elle a la gentillesse de trouver un logis et un travail pour Anis, par jalousie, elle est amenée à remettre en cause ces faveurs accordées. On appréciera cependant qu'Anna pense sans cesse avant tout à sa relation affective plutôt qu'à des notions économiques. Mais sur ce point, il faut bien reconnaître qu'elle n'a pas de problème d'argent, à l'inverse d'Anis et de Marta. Elle n'a donc pas la même approche de la vie.
Ce film est finalement le reflet des habitants de notre société. En effet, ceux-ci agissent en raison de leurs valeurs morales et de leurs conditions sociales. Or, le problème est que les trois personnages du film ont des valeurs morales très différentes. Quant à leurs conditions sociales, il en va de même puisque chacun a un niveau de vie très différent.
D'ailleurs, sur le plan économique, le film évoque également les ravages du capitalisme, lorsqu'il montre des personnes de l'usine familiale qui vont se retrouver au chômage car une partie de la production va être délocalisée en Roumanie, où le coût de la vie est beaucoup moins élevé.
Riparo est un film appréciable car il parle de choses très actuelles : l'immigration, l'homosexualité, le capitalisme.
Et tout cela fait des ravages au niveau des rapports entre les gens. D'ailleurs, la fin du film semble démontrer qu'on est revenu à la case départ. Les trois personnages doivent vivre à nouveau chacun de leur côté.
Globalement intéressant dans son propos, Riparo est pour autant loin d'être parfait. Le film souffre de deux éléments qui sont liés. Le premier élément est le fait que le scénario est finalement relativement attendu, du coup les événements qui se succèdent n'apportent pas l'émotion que l'on aurait souhaité, malgré la bonne interprétation des trois acteurs principaux. Le second élément est le fait que le réalisateur a une certaine tendance à évoquer des situations générales par le biais de ses personnages qui rendent ceux-ci prochent par instants de la caricature ou en tout cas de l'archétype. Heureusement, les acteurs sauvent les meubles à ce niveau-là.
Au final, ce film, pavé de bonnes intentions, est un peu trop attendu et démonstratif.

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