Archives pour: Novembre 2008

28.11.08

08:05:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Hunger
Réalisateur : Steve McQueen
Avec : Michael Fassbender, Liam Cunningham...
Durée du film : 1h40
Date de sortie en salles : 26 novembre 2008

Par Nicofeel

Hunger


Réalisé par l'anglais Steve McQueen (un homonyme du célèbre acteur), Hunger a été présenté cette année à Cannes. Le cinéaste y a obtenu la Caméra d'Or du meilleur premier film. Bruno Dumont, le président du jury de la sélection de la Caméra d'Or, avait alors évoqué « la naissance d'un très grand metteur en scène, d'une grande puissance ».
Bruno Dumont ne s'est pas trompé. Hunger est un film brillamment mis en scène et qui se révèle particulièrement marquant.
Se basant sur des faits réels, Hunger raconte les conditions de détention de membres de l'IRA, dans la prison de Maze en Irlande du Nord, en 1981. Le récit se focalise sur la personne de Bobby Sands, républicain à qui on refusait le statut de prisonnier politique. Le film raconte ses conditions de vie en prison. Et sur ce plan le film est vraiment très cru. On nous montre des hommes qui sont traités comme des bêtes. Hunger ne peut que révolter le spectateur devant tant d'inhumanité.
On voit ces hommes qui sont en prison qui refusent de porter des habits de prisonniers et qui se retrouvent nus avec comme seul moyen de se protéger du froid (le film se déroule en hiver, avec de la neige visible pendant les rares moments où l'on voit l'extérieur de la prison) une unique couverture. Les cellules de ces prisons sont encore plus révoltantes. Elle sont petites et particulièrement dégouttantes. On demeure circonspect de voir que ces hommes emprisonnés doivent faire leurs peines, qui vont de 6 à 12 ans (cas de Bobby Sands), dans ces cellules. En plus, niveau intimité, c'est plus que limité, avec chaque cellule qui est habitée par deux personnes.
Dans ces conditions, la notion de respect de l'homme est bien loin d'être présente. Où sont les droits de l'homme dans tout ça ? Ils sont tout simplement baffoués comme le prouvent les moments où les prisonniers sont tabassés par les gardiens ou le moment où ils sont forcés de prendre un bain, lequel bain donne l'impression que l'on lave non pas des hommes mais des animaux.
Le film de Steve McQueen a évidemment une connotation politique. Si le personnage de Margareth Thatcher n'apparaît jamais à l'écran, en revanche on entend sa voix à deux reprises qui évoque son intransigeance. Le premier Ministre britannique ne souhaite pas accéder à la seule chose qui reste à ces hommes, c'est-à-dire leurs idéaux. Madame Thatcher ne veut pas reconnaître à ces hommes le statut de prisonniers politiques. Or, qu'ont fait de mal ces hommes ? Il n'est nullement prouvé qu'ils se soient livrés personnellement à des meurtres ou à des actes de terrorisme.
Surtout, au-delà de ces considérations politiques, le film Hunger pose des questions en terme de morale. Ainsi, dès le début du film, Steve McQueen filme de manière quasi clinique un surveillant de prison depuis son réveil le matin chez lui jusqu'à son entrée en fonction à la prison. Comme on le verra plus tard dans le film, cet homme agit comme une brute, n'hésitant pas à tabasser des prisonniers, notamment pour leur couper les cheveux. On comprendra dès lors la vie morne, déshumanisée et les remords de cet homme qui se blesse continuellement aux mains pour se calmer. Il se condamne lui-même d'une certaine façon.


La notion de morale est également présente lorsque l'on voit à un moment des policiers arriver en renfort dans la prison et qui se mettent à tapper sur des prisonniers. Le cadrage de Steve McQueen est bien réalisé puisque dans la même scène, on a l'impression que l'écran est coupée en deux (split-screen) avec d'un côté des policiers brutaux et de l'autre ce jeune policier qui a mis peu de temps pour perdre ses idéaux et qui se met à pleurer devant tant d'injustice. Car comment servir l'ordre et la justice lorsqu'on donne aux policiers des ordres injustes ? Surtout, comment ces personnes peuvent accepter sans broncher de commettre des actes indignes ?
Le réalisateur Steve McQueen offre un film sans concession où il pointe du doigt les comportements inadmissibles de ces policiers. Mais il n'en fait pas un cas général, comme l'idée de montrer ce jeune policier qui refuse d'entrer dans un tel système.
Mais la force du film n'en reste pas là. Dans toute sa deuxième partie, on va avoir droit aux derniers jours de Bobby Sands qui a décidé, avec près de 75 autres prisonniers, de débuter une grève de la faim, tant qu'on ne leur aura pas reconnu le statut de prisonniers politiques. Cette grève a comme originalité de débuter avec une personne et d'être suivie par une autre personne 15 jours plus tard. Ainsi, la grève peut durer des mois avec la survenance progressive de morts pour tenter d'infléchir la position du gouvernement britannique. C'est Bobby Sands qui explique cette manière d'agir dans le film à un prêtre dans un entretien très marquant où toutes les motivations de cet homme sont clairement évoquées. Dans cet entretien qui prend des allures de discours funèbre, les notion de morale, de suicide, de choix, d'idéal, sont mises en avant. Le personnage de Bobby Sands acquiert un statut quasi christique. D'ailleurs, la suite du film, qui montre sa grève de la faim, tend à étayer cette idée. Ainsi, on assiste aux 66 jours de grève de la faim de Bobby Sands. Le cinéaste Steve McQueen filme la lente agonie de Bobby Sands qui se caractérise par une perte de poids très importante, par une fatigue excessive, par une perte progressive de l'usage des sens, par la survenance d'horribles blessures sur tout le corps. Bobby Sands terminera d'ailleurs ses derniers jours dans un lit avec des docteurs qui se relaient jour et nuit pour l'assister dans son quotidien. On ne pourra que saluer l'incroyable performance d'acteur de Michael Fassbender (vu récemment dans le marquant Eden lake) qui a dû faire un sacré travail sur le plan physique, quand on voit la dégénérescence physique du personnage qu'il interprète à l'écran.

Hunger

Pour terminer, saluons également le fait que Steve McQueen n'omet pas dans son film de signaler que ces grèves de la faim, qui vont s'achever pour certaines par des morts, ont des répercussions autres que politiques. En effet, à plusieurs reprises, les prisonniers sont visités. Ils ont chacun une famille ou des amis qui pensent à eux. Leurs conditions de détention, leurs choix de faire cette grève de la faim sont donc d'autant plus des crèves-coeur.
Au final, Hunger de Steve McQueen est un film difficilement supportable par ce qu'il montre à l'écran mais il s'agit d'une oeuvre brillante à tous points de vue.

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08:00:00, Catégories: Nouveautés  

par Ivenpast

Dvdpascher étant le site des bonnes affaires, il est difficile de ne pas partager cette offre promotionnelle incroyable. Les fans de mangas type Cowboy Bebop ou Trigun savent que jusqu’à maintenant, pour acquérir leur série fétiche en coffret VF / VOST , il faut généralement débourser entre 40 et 80€.

Manga Distribution va, pour compenser ces prix complètement borderlines, proposer pour la mi décembre une nouvelle collection chez votre marchand de journeaux.

Chaque série se verra disponible à l’achat pour le prix unique de 19.99€ . A raison d’un coffret par mois, que ce soit dans la série « Gold » ou la série « Nostalgie » , force est de reconnaître qu’avoir l’intégrale d’Evangelion ou de Hellsing pour ce prix est plus que raisonnable.

Plus fort encore, si vous souscrivez à l’abonnement en ligne, vous recevrez chez vous directement chaque coffret au prix de 16.95€ port inclus ! Les deux collections font chacune 33 coffrets ce qui reste faisable pour n’importe quel budget. Pour les plus curieux, voici les listes complètes des deux collections (je cite le site) :

Collection Nostalgie

Collection Nostalgie

« Ranma ½ », « Théo ou la Batte de la victoire », « Rémi sans Famille », San Ku Kaï », « BT’X », « Albator 84 », « Creamy », « Jeanne et Serge », « Emi Magique », Cynthia, Laura, Sharivan, Judo Boy, Geogie, Sakura, Lamu.

Pour les autres titres, nous envisageons : « Bioman », « Tom Sawyer », « Max & Compagnie », « L’Empire des Cinq », « Shurato », « Gigi », « Vanessa », « Susy aux fleurs Magiques ».

Collection Gold

Collection Gold

« N° 1 Cowboy Bebop», « N° 2 Gungrave + Paranoia Agent», « N° 3 Rahxephon», « N° 4 Samuraï Shamploo», « N° 5 Escaflowne », « N° 6 Evangelion», « N° 7 Trigun », « N° 8 Yu Yu Hakusho vol 1 », « N° 9 Hunter X Hunter vol 1», « N° 10 Ergo Proxy », « N° 11 Yu Yu Hakusho vol 2 », « N° 12 Hunter X Hunter vol 2», « N° 13 Yu Yu Hakusho vol 3 », « N° 14 Noir », « N° 15 Kenshin vol 1 + Soul Traker», « N° 16 Surprise ***** vol 1», N° 17 Kenshin vol 2 », « N° 18 Berserk », « N° 19 Excel Saga », « N° 20 Surprise*****vol 2 », « N° 21 Kenshin vol 3 », « N° 22 Gunsword », « N° 23 Shana », « N° 24 Entre elle & lui », « N° 25 Fushigi Yugi vol 1 », « N° 26 Surprise**** », « N° 27 Captain Herlock », « N° 28 Hellsing », « N° 29 Ailes Grises », « N° 30 Fushigi Yugi vol 2 », « N° 31 Surprise **** ».

Pour ceux qui resteraient dubitatifs, je vous invite à regarder les tarifs pour les séries en question vendues à l’unité, rondelle par rondelle…. Un bon plan à priori, confirmé par le sérieux de manga Distribution.

Enfin, voici le lien :

http://www.declic-collection.fr/declic_collection_v2/index.php?script=accueil

Les tops sérigraphies et packagings devraient fuser dans les mois à venir !

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27.11.08

08:00:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

La "Troma", c'est cette société de production et de distribution de films à petits budgets largement orientés horreur et érotisme, le tout bien souvent secondé par un humour terriblement premier degré débile mais complètement assumé. La "Troma" et son président, le déjanté Lloyd Kaufman, nous ont au fil des années régulièrement gratifiés de film "cultes", comme le véritable étendard de la firme, le Toxic avenger.

Toxic avenger

Jusqu'en 2003, les titres de la "Troma" n'étaient quasiment pas disponible chez nous en DVD, et il fallut compter sur L.C.J. Editions et Sony Music Video qui lancèrent conjointement une collection d'œuvres produites ou uniquement distribuées par Lloyd Kaufman et ses amis, dont les principaux titres de gloire que sont Tromeo & Juliet, la série des Toxic avenger et autres Sgt Kabukiman N.Y.P.D.. Mais au fil du temps, ces éditions sont devenues quasiment introuvables, même si elles continuent d'apparaître sur les catalogues de certains sites de vente.

Sgt Kabukiman

Et donc, parmi les bonnes nouvelles de cette fin d'année, une réédition d'une partie de ces titres, sous l'impulsion de L.C.J. Editions, avec une première salve prévue pour le 1er décembre, comprenant de purs produits "Troma" mais également des films uniquement distribués par la firme.

Monster in the closet

C'est ainsi que nous allons pouvoir (re) découvrir le terrible Combat shock et son vétéran du Vietnam perdant complètement pied avec la réalité jusqu'à sombrer dans une folie homicide, pour un film qui détonera dans le catalogue de la "Troma" en étant sombre et nihiliste. Et comme autres titres qui ne sont que distribués par la "Troma" et dans un style bien plus léger, l'excellent Cannibal ! The musical de Trey Parker, le fondateur de "South park" viendra suivre les aventures du premier cannibale américain, entre comédie musicale délirante et gore jouissif, tandis que Monster in the closet nous conviera à un autre délire mémorable avec ce monstre investissant les placards, et The G.I. executioner, film assez obscur de Joël M. Reed datant de 1975.

Cannibal the musical

Parmi les purs produits "Troma", Mother's day réalisé par le frère de Lloyd Kaufman fera quelque peu bande à part en appartenant au genre "rape and revenge" sadique et cruel, mais teinté d'un humour noir ayant plutôt tendance à mettre mal à l'aise. Car en effet, les autres titres bénéficiant d'une réédition véhiculeront tous l'esprit "Troma", que ce soit Troma's war et son groupe de rescapés d'un accident d'avion luttant contre un groupuscule terroriste dans un délire total, le second et le troisième volet de la saga des Class of nuke'em high, films de campus déjantés et festifs, ou encore les amusants The first turn-on que l'on pourra considérer comme l'ancêtre des American pie et When nature calls et son retour à la nature farfelu, sans oublier Vegas in space et son délire grotesque définitivement assumé. Enfin, si le "Toxic avenger" sera le grand absent de cette vague de rééditions, nous pourrons retrouver son compère justicier le Sgt Kabukiman N.Y.P.D. dans des aventures forcément décapantes.

Mother's day

Donc, tout en souhaitant que L.C.J. Editions continue sur sa lancée pour nous proposer des rééditions des autres titres de la collection dédiée à la "Troma", on aura largement avec cette première salve de quoi combler nos envies de folie burlesque, parfois saignante ou sexy !

Troma

Sgt Kabukiman N.Y.P.D.

Sgt Kabukiman N.Y.P.D.
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Combat shock

Combat shock
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Cannibal ! : The musical

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Troma's war

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Class of nuke'em high 2

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Class of nuke'em high 3

Class of nuke'em high 3
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The first turn-on

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The G.I. executioner

The G.I. executioner
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Mother's day (1980) - Edition 2008

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When nature calls

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Vegas in space

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Monster in the closet

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26.11.08

08:05:00, Catégories: Nouveautés  

L’année 2009 sera Gotham ou ne sera pas. Il y a quelques jours déjà, nous vous annoncions la sortie prochaine de Batman : Mask of the Phantasm et de Batman Beyond : saison 1, ce qui restait déjà en soi deux excellentes nouvelles pour les fans de Caped Crusader. Mais la Warner ne compte pas s’arrêter en si bon chemin et sort enfin dans nos contrées le coffret de l’intégrale des Anges de la Nuit (Birds of Prey pour la version originale) dès le 3 décembre 2008.

Anges de la Nuit

Cette série plutôt méconnue chez nous car sous médiatisée par rapport à un Smallville et même à une série déjà morte sur Dick Grayson se propose de présenter en une douzaine d’épisodes une variation possible de l’Univers de Batman en réussissant le tour de force d’être passionnante sans pour autant mettre ce dernier en scène. Se basant sur un comic book d’Alan Moore, la série s’ouvre sur l’une des dernières frasques du Joker qui cloue littéralement au sol Barbara Gordon, l’obligeant de fait à renoncer à sa carrière de batgirl pour devenir Oracle. Dans le même temps, Catwoman est tuée et laisse derrière elle sa fille , fruit de ses amours avec Bruce Wayne.

Face à cette hécatombe, celui-ci part sans laisser d’adresse tandis qu’Alfred reste au service de Barbara dans une tour de guet improvisée tandis qu’Helena qui a bien grandi entame une carrière de justicière. Arrive alors un flic moins corrompu que les autres et une nouvelle fille douée de pouvoirs télékinésiques (entre autre) ….

Lorgnant tout à la fois du côté de sa propre écurie (DC) et sur celle de la concurrence (Marvel) , nonobstant un petit coup d’œil sur ce qui se faisait à la télévision alors (Dark Angel, Mutant X et j’en passe) , Birds of prey parvient à se créer une identité propre, à grand renfort de méta humains du jour (c’est ainsi que la série appelle les personnages à pouvoirs ) tout en proposant des personnages attachants et assez fouillés psychologiquement parlant. A tout ceci, il reste légitime d’ajouter un traitement des décors assez respectueux du style mis en place par Tim Burton au cinéma et un fil rouge magnifique effectuant une continuité sans borne avec le Diniverse, puisque la bad guy de la série est Harley Quinn Herself, et que cette dernière , sans le garde fou qu’était le Joker, démontre une envie certaine de faire de Gotham son univers.

Cette série donc mérite d’être redécouverte , sans compter un casting juste tant au niveau des acteurs que des personnages fictifs (Clayface étant lui-même de la partie dans un épisode charnière).

Si la Warner continue sur cette voie, les mois à venir vont être riches en surprise. Peut être auront nous alors droit à l’édition deluxe de The Dark Knight et pourquoi pas même à des sorties Z2 de Superman Doomsday, Batman Gotham Knight, Justice league the new Frontier et pourquoi pas même Wonder Woman ? Wait and see….

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08:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Catacombs

C'est uniquement du côté de ses décors qu'il faudra espérer trouver une quelconque originalité dans ce Catacombs à l'intrigue simpliste et encore mis à mal par une réalisation régulièrement irritante.
Le script envoie dans les catacombes parisiennes deux sœurs américaines se rendant à une "rave party" sans se douter qu'un assassin arpente les lieux.

CatacombsAprès un petit texte nous informant de l'histoire des catacombes situées sous Paris, le métrage va avancer un générique mêlant des images d'une "rave party" à celles d'une jeune femme courant dans les tunnels et poursuivie par un mystérieux individu qui aura raison d'elle, pour une mise en condition plutôt réussie, avant que le métrage ne nous présente son personnage principal, Victoria, une jeune américaine débarquant à Paris suite à l'invitation de Carolyn, sa sœur déjà sur place. Passée une petite halte à la douane qui sera caricaturale sur l'état d'esprit des douaniers français inquisiteurs se gaussant en outre sans raison de l'héroïne, Victoria va donc retrouver sa sœur et se rendre avec elle en taxi jusqu'à son appartement, laissant alors les deux réalisateurs nous gratifier de quelques vues typiques de Paris, avant de plonger les deux sœurs dans l'immeuble sordide où habite Carolyn, celle-ci s'amusant même à raconter une histoire de serial-killer ayant vécu sur place pour effrayer Victoria et permettant aux auteurs de visualiser les fruits de l'imagination de Victoria pour quelques petits plans sanglants de bonne augure.

CatacombsMais après un effet de surprise navrant de bêtise introduisant les amis de Carolyn, les deux sœurs vont aller faire du shopping dans Paris, laissant encore un aspect "carte postale" accaparer le métrage quelques temps, avant que nos héroïnes se rendent à une soirée techno clandestine donnée dans les catacombes parisiennes que nous aurons le loisir de suivre quelques instants au cours de plans saccadés irritants et stéréotypés avançant des individus farfelus jusqu'à ce que Victoria, Carolyn et leurs amis choisissent de s'isoler un peu pour boire un verre, laissant Jean-Michel, l'organisateur de la soirée, raconter à Victoria une légende concernant un enfant élevé dans les catacombes par des satanistes et errant depuis dans les tunnels à la recherche de victimes, histoire que nous visualiserons par de courts plans syncopés assez graphiques.

CatacombsPuis le petit groupe va décider d'aller se baigner laissant seule Victoria sur la berge et après quelques moqueries, celle-ci va décider d'aller rejoindre la "party" accompagnée par sa sœur, pour tomber dans les griffes d'un meurtrier coiffé d'un masque de bouc qui va tuer Carolyn et poursuivre Victoria dans les multiples couloirs des catacombes. Véritablement lancée, l'intrigue ne va pas pour autant laisser seule Victoria bien longtemps puisqu'elle va réussir à rejoindre la "rave party" bientôt précocement achevée par l'arrivée en nombre de la police, renvoyant ainsi Victoria avec la foule dans les tunnels où, dans sa fuite, elle va se cogner la tête pour se réveiller désespérément seule et complètement perdue, mais pour combien de temps ?

CatacombsA partir de ce postulat de base intéressant, les deux réalisateurs ne vont hélas développer que des situations communes et donnant très vite l'impression de tourner en rond pour suivre caméra à l'épaule d'abord la fuite de Victoria puis son errance dans les tunnels qu'une rencontre fortuite ne rendra guère plus motivante en ne proposant que des situations classiques, prévisibles et sommaires pour gentiment nous amener à un premier twist facilement anticipable que viendra compenser quelque peu un final plus méchant et enfin quelque peu saignant puisque passés les petits coups d'éclats de la première partie le métrage demeurera désespérément sage au niveau gore.

CatacombsHeureusement les décors magnifiques de ces catacombes aux murs ornés de crânes humains viendront donner au film un petit côté macabre appréciable, tout en laissant sporadiquement une atmosphère claustrophobe s'installer et qui viendra s'ajouter à la barrière de la langue qui isolera dès le départ de manière avérée et parfaitement retranscrite Victoria des autres protagonistes. Dans ce contexte l'assassin du film n'aura qu'une toute petite présence à l'écran, ce qui sera quand même dommage à la vue de son look performant et de ses cris rauques surpuissants, mais surtout il ne fera pas beaucoup de victimes (deux...), handicapant d'entrée le métrage au niveau plans sanglants.

CatacombsLes personnages seront ici plutôt transparents, à l'exception de Victoria dont la personnalité largement à l'opposé de celle de sa sœur sera mise en avant avec en toile de fond un caractère introverti couplé à une névrose jamais clairement annoncé et juste sous-entendue par ces nombreuses pilules contenues dans son sac de voyage inspecté par les douaniers. De ce fait, l'interprétation ne brillera pas par son charisme, et aussi bien Alecia Moore (connue comme chanteuse sous son nom de scène Pink) que les autres acteurs seront bien fades laissant seule Shannyn Sossamon (déjà vue dans Le purificateur et bientôt à l'affiche du remake One missed call d'Eric Valette) dans le rôle de Victoria paraître réellement impliquée.

CatacombsLa mise en scène du duo de réalisateurs est mitigée, parfois plutôt convaincante pour suivre les déboires de Victoria en utilisant des effets classiques mais toujours efficaces (l'écran noir et les éclairages alternatifs) et un rythme vif bien maîtrisé pour alimenter le petit suspense qui accompagnera ces séquences mais la réalisation sera aussi régulièrement trop hachée et épileptique, notamment pour les plans suivant la "rave party" qui finiront pas donner mal au crâne et à faire mal aux yeux avec ces éclairages agressifs insistants. Les quelques petits effets spéciaux sanglants du métrage sembleront probants dans la mesure où la caméra ne s'attardera pas dessus pour clairement paraître trop soft à ce niveau-là.

Donc, ce Catacombs ne fera pas date dans le genre et relèvera même du gâchis à la vue des possibilités offertes par des décors somptueux et une intrigue qui aurait largement pu s'ouvrir vers d'autres directions moins conventionnelles et rabâchées.

CatacombsLe DVD de zone 2 anglais édité par Lions gate UK bénéficiera d'une image nette et ne connaissant pas de défaut notables, tandis que la bande-son sera efficace en étant adaptée et dynamique tout en sachant se montrer discrètes lors de certains temps forts du métrage, le métrage étant ici proposé en version anglais avec des sous-titres anglais optionnels.
Par contre, au niveau des bonus il faudra se contenter de quelques bandes-annonces d'autres titres de l'éditeur (Saw 3 bien évidemment mais aussi celle du Fragile de Jaume Balaguero).

Pour ceux qui voudraient se plonger dans les catacombes parisiennes en compagnie de l'héroïne, le DVD de zone 2 anglais est disponible ici ou !

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25.11.08

08:05:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Satan's blood

Nous venant d’une Espagne se libéralisant fortement après la fin du franquisme à la fin des années soixante-dix, ce Satan’s blood mettra surtout en avant l’aspect érotique de son intrigue satanisme parfois confuse mais riche en séquences osées et en références démoniaques.
Le script va placer entre les griffes de deux satanistes un couple qu’ils vont inviter dans leur demeure isolée dans le but caché de les initier à leurs messes noires orgiaques.

Satan's bloodAprès un petit monologue d’un spécialiste de l’occulte sur la véracité de l’existence du Mal mise en corrélation avec celle du Bien, le métrage va avancer une séquence pré-générique forte et déjà sensuelle pour suivre une demoiselle se faire violer par un prêtre sataniste sous le regard de ses disciples avant que ce dernier ne sorte un couteau, pour nous laisser uniquement deviner ses intentions puisque cette scène s’arrêtera là. Ensuite, le métrage va nous présenter ses deux personnages principaux, Andy et Anna, un couple en week-end s’ennuyant raisonnablement en n’arrivant pas à joindre le moindre de leurs amis pour finalement décider d’aller faire un tour dans un parc avec leur berger allemand ainsi qu’une ballade en ville.

Satan's bloodCe sera au retour de cette promenade, arrêtés à un feu rouge, qu’ils vont être harangué par le couple occupant la voiture à côté de la leur et surtout par un certain Bruno qui semblera connaître Andy puisqu’il affirmera avoir été au collège avec lui et s’empressera d’inviter Anna et Andy à venir boire un verre chez eux. Après un trajet qui semblera interminable, les deux voitures vont quitter la ville pour prendre une toute petite route de campagne qui débouchera sur la villa isolée de Bruno et de sa compagne Berta. D’entrée, le métrage rendra cette rencontre "fortuite" bizarre en plaçant différents petits indices étranges qui pourtant ne viendront pas perturber plus que cela Andy et Anna, même quand ils verront leur adresse écrite derrière une vieille photo de classe montrée par Bruno.

Satan's bloodMais auparavant l'intrigue aura pris soin de placer les personnages dans cette demeure perdue au milieu de nulle part et avançant un air sinistre avéré, surtout que l'intérieur sera riche en symboles d'origine sataniste que les invités ne sembleront pas remarquer et en tout cas cela ne les gênera pas, Anna trouvant même amusant un livre décrivant photos à l'appui des rites démoniaques. Et rapidement la conversation dévira vers le surnaturel et Berta proposera un petite séance de ouija qui offrira au métrage une séquence certes troublante mais languissante jusqu'à devenir quelque peu fastidieuse (surtout que les questions posées à l'esprit présent seront quand même largement saugrenues), qui clôturera la soirée, Anna et Andy ne pouvant pas rentrer chez eux avec l'orage grondant au dehors de peur de se perdre.

Satan's bloodAprès une autre petite scène érotique dans la salle de bains, Andy et Anna vont donc se coucher mais Anna, réveillée par les aboiements de son chien venant de l'extérieur, va se relever et arpenter la demeure pour finalement être agressée par un inconnu déjà vu plusieurs fois dans la maison sans que l'on sache qui il peut bien être qui va tenter de la violer mais Anna réussira à s'enfuir et à rejoindre Andy. Le couple désireux d'avoir des explications va quitter sa chambre à la recherche de bruno et de Berta pour tomber sur eux en pleine messe noire sexuel et, envoûtés, ils vont y participer pour ce qui sera La séquence du métrage.

Satan's bloodEn effet, le réalisateur va nous offrir une longue séquence érotique où les corps huilés des quatre personnages vont se mêler dans tous les sens pour une orgie des sens volontaire et presque même provocatrice avec ses références religieuses fortes, tel ce tableau du Christ prenant feu, mettant ainsi en avant la présence silencieuse du Malin. Mais malgré le côté osé évident de cette séquence, le réalisateur parviendra à éviter de tomber dans le graveleux ou l'obscénité en avançant un esthétisme fort et troublant. Mais hélas, passé ce temps fort remarquable, le métrage sombrera dans la confusion pour laisser le piège se refermer sur Anna et Andy, au travers de situations souvent prévisibles (la voiture qui ne démarre pas, par exemple) et pas vraiment claires, notamment dans son dernier acte, largement influencé par le "Rosemary's baby" de Roman Polanski auquel le métrage se référera régulièrement, notamment en insistant sur le début de grossesse d'Anna, sans que cela ne vienne le moins du monde prendre part au déroulement propre de l'intrigue.

Satan's bloodPar contre, pour réussir à rentrer dans le film, il faudra que le spectateur accepte le rythme languissant imposé par le réalisateur qui s'attardera sur chaque des situations, parfois de manière justifiée pour laisser paraître la menace sourde qui pèsera sur Andy et sur Anna, mais hélas souvent aussi de façon pas franchement utile, comme le prouveront ces séquences de dialogue anodins qui parcourront le métrage, tout en n'évitant pas également une certaine redite dans les événements. Mais cela ne viendra pas occulter l'ambiance sinistre et parfois même malsaine qui accompagnera l'ensemble, portée par ces nombreux détails liés au Mal et au satanisme, et même si cela se fera dans un élan folklorique évident.

Satan's bloodL'interprétation sera ici plutôt cohérente, avec des acteurs concernés par leur rôle, tandis que la mise en scène du réalisateur confortera l'atmosphère étrange et sensuelle entourant le métrage, aussi bien pour affirmer les scènes érotiques régulières que pour respecter ses engagements sataniques débridés, tout en nous offrant quand même une dernière séquence bien sadique et violente mais qui ne viendra pas pour autant faire toute la lumière sur l'intention de la seconde moitié du film. Les quelques effets spéciaux sont plutôt rudimentaires mais feront leur petit effet (le corps déchiqueté dans le congélateur, par exemple).

Donc, ce Satan's blood pourra rebuter certains spectateurs par son faux rythme mais réussira invariablement à envoûter les autres par sa démence dans la perversion satanique !

Satan's bloodLe DVD de zone 0 édité par Mondo Macabro avancera une image plutôt nette et ne connaissant pas de défaut flagrants, tandis que la bande-son sera efficace, avec une partition musicale collant parfaitement à l'ambiance globale du film, le métrage étant ici proposé en version originale espagnole sous-titrée en anglais et en version anglaise.
Au niveau des bonus, on pourra lire un petit laïus sur la genèse du film et l'histoire du classement "S" en Espagne, plusieurs galeries de photos assez conséquentes, une séquence d'ouverture alternative, mais surtout un passionnant documentaire sur la relation entre la satanisme et le cinéma de genre, "The devil's disciples" donnant la parole à Gavin Baddeley, un érudit du satanisme.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette petite perle du cinéma érotico-fantastique espagnol, le DVD de zone 0 est disponible ici ou !

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par Nicore

Happy hell night

Petit "slasher" oublié des années quatre-vingt-dix sans grande envergure, ce Happy hell night parviendra quand même à se montrer graphique et aura le mérite d'avancer un meurtrier (une sorte de goule) très visuel.
Le script confronte une bande de lycéens à un prêtre revenu d'entre les morts suite à un rituel effectué par les membres d'une confrérie estudiantine.

Happy hell nightCalibré, le métrage va suivre à la lettre les règles du genre pour d'abord avancer une séquence se voulant angoissante au cours de laquelle un infirmier d'un hôpital psychiatrique va montrer à l'une de ses collègues une ombre recluse dans une cellule depuis vingt-cinq ans, pour bien entendu effrayer cette demoiselle. Ensuite, l'intrigue fera un bond en arrière de vingt-cinq ans pour la traditionnel flash-back d'ouverture qui suivra un jeune homme ensanglanté allant réveiller un prêtre pour le conduire sur les lieux d'un carnage, un crypte où a eu lieu une sorte de bizutage qui a mal tourné et ramené d'entre les morts un autre prêtre Zachary Malius, qui se sera empressé de massacrer les jeunes présents, comme nous le montrera une caméra s'attardant sur les détails de ces corps en charpie.

Happy hell nightDe retour au présent, le métrage va nous présenter ses personnages, quelques lycéens préparant la fête d'Halloween au sein de leur confrérie estudiantine et notamment trois de ses membres, Sonny, Eric, le maître de la confrérie et Bara qui s'occupe de la télévision locale du campus. Cette mise en situation des personnages restera lourdingue et guère palpitante, notamment en avançant l'éternel triangle amoureux puisque Sonny va faire des galipettes avec Liz, la petite amie d'Eric qui va découvrir le pot aux roses. C'est dans ce contexte que la confrérie va avoir vent de la "légende" de Zachary Malius et Eric va envoyer Sonny et un novice prendre des photos de Malius à l'asile psychiatrique.

Happy hell nightL'expédition à l'asile va installer un petit suspense basique lorsque les deux jeunes vont tenter de s'y introduire sans se faire repérer avant de véritablement déclencher l'action puisque Malius, pourtant décrit auparavant comme quelqu'un n'ayant pas bougé ni mangé depuis vingt-cinq ans, va se mettre en mouvement et s'abattre sur les jeunes pour tuer le novice et ne laisser à Sonny que le temps de s'enfuir. La "résurrection" de Malius nous offrira une scène assez flippante dans sa mise en scène s'appuyant aussi bien sur les décors humides et glauques de sa cellule que sur un montage haché pour suivre ce personnage très graphique se lever de sa chaise poussiéreuse.

Happy hell nightEt bien entendu Malius va se diriger vers la fête donnée par la confrérie pour Halloween afin de décimer une partie du casting lors de quelques séquences de meurtres qui vont s'enchaîner sans aucun temps morts, directement les unes derrière les autres, nous gratifiant au passage de quelques effets sanglants rapides mais efficace puisque Malius maniera son petit piolet avec virtuosité. Cherchant à se donner un peu de profondeur, l'intrigue va alors mêler au débat un vieux prêtre, celui qui a découvert le massacre de l'introduction, et le père de Sonny, le seul rescapé de cette même introduction, permettant ainsi au métrage de mettre en avant le côté surnaturel de l'intrigue, notamment lors d'une séquence blasphématoire qui verra un Christ en plâtre prendre vie sur sa croix pour un effet surprenant et très réussi.

Happy hell nightLa dernière partie du film donnera lieu à une partie de cache-cache au siège de la confrérie, agrémenté d'un des personnages (Bara) qui suivra derrière les caméras de surveillance les déplacements du tueur pour en informer ses amis, pour utiliser les lieux communs du genre et même carrément repiquer à l'identique une des situations du Halloween de John Carpenter avec l'assassin qui, allongé au sol après un vol plané au travers d'une fenêtre du premier étage, aura disparu lorsque les personnages regarderont à nouveau par cette fenêtre. L'issue du métrage alimentera encore l'élément fantastique pour achever ce meurtrier lors d'un final prévisible mais plutôt volontaire (le meurtrier pris dans un piège n'hésitera pas par exemple à se couper un bras pour espérer s'en sortir) avant qu'un dernier clin d'œil amusant ne vienne présager l'éventualité d'une potentielle suite... qui ne viendra jamais !

Happy hell nightSi les différents personnages resteront désespérément superficiels et plutôt stéréotypés (seul ce Bara voyeur et amateur de films pornographiques sera un brin souriant, exposant ainsi quelque plans assez osés qui viendront s'ajouter à l'érotisme léger déjà présent dans le métrage), le boogeyman du film assurera à lui seul le spectacle en avançant une tronche pas possible, diabolique et très visuelle, alors qu'en plus il ponctuera chacun de ses crimes par une petite phrase sardonique ironique puisque se référant aux pêchés de l'église. Et donc on pourra regretter son peu de temps de présence à l'écran, essentiellement situé dans la seconde moitié du métrage.

Happy hell nightL'interprétation est cohérente mais sans aucun charisme autre que celui de Charles Cragin dans le rôle du tueur, tandis que la mise en scène du réalisateur (qui ne signera après ce film que le pas terrible Brainscan) est classique pour alimenter le suspense minime qui accompagnera le métrage et pour modérer ses petits effets de surprise incluant notamment de nombreux mannequins chauves ressemblant au tueur dans les arrières plans comme autant de fausses menaces. Les effets spéciaux seront globalement probants, pour des plans gores réguliers et assez volontaires, mais sans non plus tomber dans la démesure ou la surenchère à ce niveau-là.

Donc, ce Happy hell night se suivra sans déplaisir grâce à sa seconde partie plutôt généreuse et surtout grâce à son meurtrier au faciès très visuel, mais ne laissera bientôt aucune trace dans la mémoire de son spectateur.

Happy hell nightLe DVD de zone 1 édité par Anchor Bay avancera une image assez nette mais parfois granuleuse et perdant quelques petits détails lors de ses séquences se déroulant dans l'obscurité, tandis que la bande-son sera appréciable par sa partition musicale parfois bien impactante lors des temps forts du métrage, ce qui compensera sa prédominance parfois gênante lors des séquences de dialogues, rendant certains de ceux-ci presque inaudibles, le métrage étant ici proposé dans sa version originale anglaise, sans aucun sous-titre.
Par contre, au niveau des bonus, il faudra uniquement se contenter de la bande-annonce du film.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce meurtrier charismatique, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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24.11.08

08:05:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Musée haut, musée bas
Réalisateur : Jean-Michel Ribes
Avec : Michel Blanc, Victoria Abril, Pierre Arditi, Josiane Balasko, Isabelle Carré, André Dussollier, Gérard Jugnot, Philippe Khorsand, Valérie Lemercier, Fabrice Luchini, Yolande Moreau, François Morel, Dominique Pinon, Daniel Prévost, Muriel Robin, Evelyne Bouix, Pierre Lescure, Jean-Michel Ribes...
Durée du film : 1h33
Date de sortie en salles : 19 novembre 2008

Par Nicofeel

Musée haut, musée bas

Avec Musée haut, musée bas, Jean-Michel Ribes adapte sa pièce à succès. En venant au cinéma, on aurait pu craindre que le résultat de l’adaptation de cette pièce soit plus proche d’un téléfilm que d’un film. Heureusement, il n’en n’est rien. Jean-Michel Ribes profite du cinéma pour nous donner un certain rythme à son film, avec notamment des mouvements que l’on ne retrouve quasiment que sur le grand écran (mouvements à la grue en particulier).
Au niveau du film en lui-même, ils montrent une variété de personnes, venues au musée André Malraux, pour voir des œuvres artistiques. A l’image de la société, on a droit à de multiples comportements.
Jean-Michel Ribes semble prendre un certain plaisir à s’attaquer aux gens qui fréquentent les musées. Il y a par exemple les étrangers qui sont fustigés pour leur côté inculte : ainsi, tel est le cas des Anglais dans le film qui n’arrivent même pas à prononcer le nom de Gauguin ; il y a les Allemands qui sont dès le départ pressés d’en finir et qui font une visite du musée au pas de course ; il y a les Japonais qui prennent des photos de tout ce qu’ils voient. Il y a enfin un couple dont la femme est joué par Victoria Abril qui fait preuve d’une inculture assez incroyable avec notamment l’incompréhension qui a lieu quant à la notion d’œuvre qui reste de manière permanente ou non au musée.
Les Français en prennent aussi pour leur grade. Il y a ceux qui cherchent à voir précisément un artiste et qui sont excédés de ne pas le voir directement : tel est le cas du personnage joué par la comique Muriel Robin. Il y a également les personnes qui ne connaissent rien à l’art et qui critiquent ouvertement des grands maîtres sans avoir la moindre idée de leur œuvre : tel est le cas par exemple de la famille dont l’épouse ne supporte pas Picasso. Il y a aussi les gens qui s’extasient devant tout et n’importe quoi, comme c’est le cas du personnage joué par Isabelle Carré.

Musée haut, musée bas

D’ailleurs, Jean-Michel Ribes en profite pour critiquer ouvertement l’évolution de la notion d’art ou d’œuvre reconnue dans la société. Comme le dit l’un des personnages dans le film, ce qui fait une œuvre d’art, c’est nous, à savoir les membres d’une société. Ce qui peut sembler être du vide aux yeux de certains sera une grande œuvre pour d’autres. Cette notion d’œuvre d’art est donc parfois toute relative. C’est notamment l’art contemporain qui fait l’objet de certaines critiques. C’est le cas notamment dans le film avec quelques créations qui sont exposées dans le musée qui peuvent paraître vraiment ridicules : tel est le cas de la galerie où sont photographiées de nombreux sexes d’hommes ; la galerie où sont exposées des reproductions de mammouths ; la création faite à base de bouteilles en plastique, ou encore la prochaine exposition qui devrait avoir lieu concernant l’art africain.

Jean-Michel Ribes critique également le politiquement correct qui a lieu depuis plusieurs années avec l’écologie qui est désormais la préoccupation de tous. Par le biais du conservateur du musée, joué par un très amusant Michel Blanc, l’écologie est mise à mal. Comme s’il s’agissait d’un recul de la société. Evidemment, le trait est grossi mais sur le fond le réalisateur du film n’a pas forcément tort. L’écologie est certes importante mais on en fait peut-être un peu trop.
Dans tous les cas, avec Musée haut, musée bas, Jean-Michel Ribes fustige les comportements des personnes qui se rendent au musée. Servi par une pléiade d’acteurs connus (citons entre autres Michel Blanc, Victoria Abril, Pierre Arditi, Josiane Balasko, Isabelle Carré, André Dussollier, Gérard Jugnot, Philippe Khorsand, Valérie Lemercier, Fabrice Luchini, Muriel Robin) qui en font des tonnes, le film réserve des moments très drôles. C’est par exemple le cas lors des apparitions de Victoria Abril, qui joue le rôle d’une femme qui ne connaît nullement les œuvres unanimement reconnues ; la conversation entre une femme et des gardiens de musée (galerie réservée aux mammouths) sur la notion d’art ; le moment très drôle où André Dussollier, qui joue le rôle du ministre de la culture, fait dans le politiquement correct lorsqu’il tombe sur la galerie où sont exposées des photographies de sexe alors qu’il considère cela comme parfaitement ridicule ; le moment où des personnes sont isolées dans une pièce et participent à une culture qui se crée par leur biais en direct. C’est pour ma part un des moments les plus amusants du film, montrant à quel point la notion de culture a été tellement élargie de nos jours que l’on peut y ranger tout et n’importe quoi.
Cependant, à mon sens, le film de Jean-Michel Ribes est assez inégal. Plusieurs gags ne sont pas drôles et certains se révèlent même assez agaçants comme l’insistance du mot Gauguin dans le rapport entre le guide et les visiteurs anglais ; les élèves qui viennent au musée et ne cessent de crier ; le rapport entre le personnage joué par Isabelle Carré qui ne cesse de s’émerveiller de tout ce qu’elle voit alors que dans le même temps son compagnon à l’écran, joué par Pierre Arditi, ne cesse de faire la tête et en a dès le départ raz-le-bol d’être dans ce musée.
De plus, à mon sens, le film part complètement en vrille à la fin avec son côté quasiment apocalyptique. En fait, ce qui dessert le film, c’est la redondance ou l’excès de certaines scènes. Le réalisateur Jean-Michel Ribes a trop joué sur la répétition de scènes et il a trop grossi le trait par instants. Du coup, son film s’essouffle sérieusement et tire en longueurs.
Au final, Musée haut, musée bas, est une comédie inégale qui réserve tout de même plusieurs moments assez drôles.

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08:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Tombs of the blind dead

Premier volet de la tétralogie dédiée aux templiers morts-vivants du réalisateur espagnol Amando de Ossorio, ce Tombs of the blind dead (connu chez nous sous le titre La révolte des morts-vivants) privilégiera une ambiance macabre et parfois presque surréaliste au service d’une intrigue assez classique mais présentant des morts-vivants dont la singularité viendra de leurs origines.
Le script suit l’enquête d’une demoiselle et d’un homme de ses connaissances suite à la disparition de Virginia, une amie à elle, disparue près d’un village aussi abandonné que réputé hanté.

Tombs of the blind deadAprès un générique très réussie promenant la caméra dans ce village déserté et décrépi avec pour fond une musique envoûtante se terminant par les cris d’une femme à la vue d’une main squelettique, le métrage va nous présenter son personnage principal, Betty, une demoiselle se promenant autour d’une piscine, où elle va rencontrer une ancienne camarade d’école, Virginia et Roger, un ami à elle. Après quelques palabres, le trio va se donner rendez-vous le lendemain pour une escapade hors de Lisbonne. Très rapide, cette introduction permettra ensuite au métrage de donner un peu de profondeur à ses protagonistes lorsque nous les retrouverons à bord d’un train où Betty, sans gêne va ouvertement draguer Roger sous les yeux de Virginia, irritant celle-ci au point de la faire quitter le compartiment pour aller prendre l’air au bout du train, bientôt rejointe par Betty avec qui elle va se remémorer un épisode trouble de leur adolescence commune puisqu’elles se seront livrées à un ébat saphique visualisé lors d’un court flash-back sulfureux mais prude.

Tombs of the blind deadMais bientôt Virginia, sans doute jalouse de la connivence de ses deux compagnons, va quitter précipitement le train en sautant de celui-ci en marche, chose rendue possible par la lenteur de ce tortillard, avant de s’enfoncer dans la prairie. Roger et Betty vont vouloir faire stopper le train, mais, à la vu de ruines au loin, le conducteur, effrayé, va refuser de s’arrêter, créant ainsi un sentiment de menace autour de l’avenir de Virginia, d’autant que celle-ci va bien entendu aller visiter les ruines, nous faisant par la même occasion découvrir l’étendue de cet endroit dominé par un vieux cimetière sinistre, pour finalement décider de s’y installer pour passer la nuit.

Tombs of the blind deadMauvaise idée bien sûr, puisque, alors qu’elle aura fait du feu et se sera "confortablement" installée dans son sac de couchage à l’intérieur d’un des bâtiments, la cloche du village va retentir, sonnant le réveil des templiers morts-vivants qui vont s'extirper de leurs tombeaux lors d'une séquence splendide, macabre et profitant de cette ambiance sonore parfaitement adaptée pour aller attaquer Virginia qui malgré sa tentative de fuite sur un des chevaux des templiers, sera rattrapée. Cette première apparition des morts-vivants sera tout simplement magnifique, avec en plus ce décalage de vitesse les faisant évoluer dans un ralenti presque surréaliste et onirique qui les rendra encore plus impressionnant (la poursuite à cheval) avec déjà un look terriblement graphique les faisant même ressembler à la Mort elle-même avec leur capuchon recouvrant leurs visages squelettiques, et tandis que la sortie de leur tombeaux sera efficace dans cette atmosphère brumeuse adéquate.

Tombs of the blind deadN'ayant pas de nouvelles de Virginia, Betty et Roger vont aller mener l'enquête en partant de leur hôtel à cheval, pour rejoindre les ruines où ils vont découvrir les affaires de Virginia et surtout deux policiers qui vont leur apprendre la mort de leur amie, retrouvée en plein champ, mordue de partout et vidée de son sang. Après une séquence d'identification du corps de Virginia qui sera rendue savoureuse par l'apparent plaisir que prendra le gardien de la morgue à d'abord dévoiler un autre cadavre à une Betty déjà bien mal à l'aise, l'intrigue va continuer à suivre l'enquête des deux protagonistes, d'abord par le témoignage de l'assistante de Betty dans son atelier de confection de mannequins pour les magasins d'habillement qui originaire de la région, va les initier à la légende des templiers, avant qu'un expert en la matière ne les renseigne plus précisément sur l'origine de ce templiers, au cours d'un second flash-back, qui adeptes des forces du Mal, auront sacrifié de jeunes vierges (sacrifice qui sera visualisé pour une séquence sadique et quelque peu sanglante convaincante) avant d'être pendus sur la place publique, laissant ainsi des corbeaux venir leur manger les yeux. Ce spécialiste en la matière semblera largement croire à la légende et préviendra même ses interlocuteurs que le seul moyen d'échapper aux templiers est de ne pas faire de bruit car ceux-ci, aveugles, se repèrent avec les sons.

Tombs of the blind deadEnsuite, après ces situations intéressantes mais guère rythmées rehaussées par la résurrection de Virginia qui donnera lieu à un autre meurtre et à une bagarre dans l'atelier de confection de mannequins entre l'assistante de Betty et le cadavre animé de Virginia, l'intrigue va renvoyer Roger et Betty dans les ruines pour une dernière nuit d'horreur, en compagnie de deux personnages un peu lourdement avancés, dans le but de vérifier la véracité de la légende. Evidemment, ils en seront largement pour leurs frais lorsque la cloche va retentir, pour un dernier acte qui avancera à nouveau ces templiers squelettiques pour d'autres situations assez graphiques et toujours aussi admirables dans leur agencement, avant qu'un final plus saugrenu mais démonstratif ne vienne clore l'ensemble.

Tombs of the blind dead L'intrigue aura parfois tendance à s'éparpiller quelque peu inutilement, avec des sous intrigues qui n'apporteront au final que peu de choses (la relation trouble entre Betty et Virginia), tout en proposant des situations annexes purement gratuites mais délectables ( la réapparition d'une Virginia morte-vivante) et en disposant de protagonistes quasiment inutiles (le couple qui accompagnera Roger et Betty lors de la dernière partie bien superficiel et qui n'offrira au métrage qu'un brin de perversité avec cet accouplement plus ou moins forcé au milieu des tombes), mais ces digressions seront bien nécessaires pour meubler l'ensemble entre les deux temps forts clairement identifiés composés des séquences mettant en scène les templiers.

Tombs of the blind deadL'interprétation est cohérente mais sans réel charisme devant la caméra, tandis que la mise en scène d'Amando de Ossorio sera convaincante, avec l'utilisation d'un éclairage qui rendra ces ruines largement menaçantes, tandis que les effets de ralenti agrémentant les déplacements des templiers seront envoûtants.
Les effets spéciaux sont globalement réussis, avec ces remarquables morts-vivants décharnés ayant un effet évident en étant tout simplement effrayants, tandis que les quelques écarts sanglants du métrage offriront des effets certes faciles et parfois disgracieux (les coups d'épées dans la poitrine de la suppliciée du second flash-back), mais généreux pour l'époque.

Donc, ce Tombs of the blind dead offrira un spectacle globalement efficace et captivant, rendu très photogénique par ses templiers morts-vivants originaux et remarquables.

Tombs of the blind deadLe DVD de zone 2 édité par Anchor Bay avancera une image claire et débarrassée de ses défauts d'origine, tandis que la bande-son sera particulièrement efficace grâce à une partition musicale ensorcelante, le métrage en ici proposé en version espagnole agrémentée de sous-titres anglais.
Au niveau des bonus, on pourra consulter une large galerie de photos, d'affiches et de Lobby cards du film, ainsi que les bandes-annonces des quatre titres de la franchise des templiers et une séquence d'ouverture ahurissante et incroyable d'opportunisme destinée au marché américain et essayant de relier le métrage à La planète des singes pour surfer sur le succès de ce film.

Pour ceux qui voudraient rencontrer ces templiers maudits et terriblement graphiques, le DVD de zone 2 anglais est disponible ici ou dans le coffret regroupant l'intégralité de la franchise !

Tombs of the blind dead
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21.11.08

08:00:00, Catégories: Nouveautés  

batman logoAvis à tous les fans de Batman ! Pour accompagner la sortie dvd des multiples éditions de The Dark Knight de Christopher Nolan, la Warner met les petits plats dans les grands et nous offre une arlésienne longtemps convoitée et seulement réalisable via l’import , la sortie simultanée de Batman contre le fantôme masqué et de la première saison avec piste audio en version française de l’excellente série Batman Beyond (Batman la relève dans nos contrées).

La date officielle reste pour le moment le 4 février 2009.

Pour mémoire, Batman contre le fantôme masqué propose de se replonger dans la jeunesse de Bruce Wayne et de voir une des nombreuses interprétations modernes qui ont fait de lui le Batman du Diniverse. Machinations, pègre, Joker et autre Beaumont sont de la partie dans une histoire mélangeant avec astuce passé idéaliste et présent douloureux. La version française, encore inédite sur le support serait présente en remplacement de la version québéquoise disponible sur le zone1.

Batman Beyond revient quand à elle sur le futur de Batman. Alors que Bruce Wayne porte encore le costume lors d’un casse et d’une prise d’otage, ce dernier est victime d’un malaise cardiaque qui le conduit à sauver sa vie en ayant recours à une arme. Ecoeuré par cette option désespérée, il raccroche alors le masque pendant plusieurs dizaines d’années avant que ne surgisse dans sa vie Terry McGinnis qui va reprendre le flambeau contre toute attente pour venger la mort de son père ….
Série d’anticipation prenant une liberté totale avec l’univers des comics, Batman Beyond réussira à se créer un monde cohérent et unique dans lequel les Batman de la JLU et de la JLA (autres séries toujours attendues dans nos contrées) et un certain Static feront quelques apparitions dans des doubles épisodes temporels fameux.

Les bonus devraient être les mêmes que sur les zone 1 , sous titres en sus of course.

La seule question reste de sa voir si les packagings originaux seront conservés ou si nous auront droit à l’affreux travail d’édition de Warner Belgique qui avait remplacé les luxueux fourreaux par d’horrible dvd slims.

Quand à une sortie française de Batman : Gotham Knight, vu que le début 2009 sera incontestablement placé sous le signe de la chauve souris, on peut commencer à espérer, qui sait …




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Batman : The Dark Knight

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07:55:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

SL8N8

Coproduction entre la Belgique et la Hollande, ce SL8N8, abréviation phonétique de "Slacht nacht" qui trouvera sa justification dans les développements du métrage, est connu à l'international sous le titre de Slaughter night et vient nous prouver que le Benelux peut lui aussi nous fournir des œuvres horrifiques performantes, tant au niveau d'une intrigue recherchée quant à l'origine et aux motivations de son assassin surnaturel que pour les effusions sanglantes plus que volontaires.
Le script enferme une bande de jeunes dans les sous-sols d'une mine désaffectée où ils vont devoir affronter le spectre d'un assassin passant de corps en corps pour accomplir son funeste dessein.

SL8N8Dans sa séquence d'introduction le métrage va se propulser au dix-neuvième siècle pour y suivre un meurtrier s'en prenant à de jeunes enfants qu'il va kidnapper et emmener dans son antre pour les décapiter afin d'accrocher leurs têtes à des pics dans un but mystérieux, mais il sera perturbé dans sa besogne par des policiers venus l'arrêter avant qu'il ne puisse tuer sa dernière victime. Cette première scène sera largement accrocheuse en osant montrer une décapitation d'enfant, brisant ainsi un tabou rarement visité (si ce n'est dans l'oriental et complètement fou The untold story) et avançant ainsi d'entrée la volonté graphique des deux jeunes réalisateurs.

SL8N8Ensuite, le métrage va revenir au présent pour nous présenter rapidement ses personnages principaux participant à une fête dans leur université, et surtout Kristel, une demoiselle refusant les avances d'un de ses camarades et voulant quitter l'endroit pour rentrer chez elle, accompagnée par deux de ses amies, mais sa voiture refusera de démarrer. Ce sera donc son père qui viendra cueillir le trio et déposer les amies de Kristel chez elles avant de prendre le chemin de leur domicile, tout en ayant une conversation houleuse (à propos d'un futur voyage planifiée par la demoiselle sans en avoir parlé à son père) qui va perturber la vigilance de ce dernier et provoquer un accident avec une fourgonnette, tuant ainsi le père de Kristel, lors d'une seconde séquence percutante et bluffante dans la mise en scène de cet accident.

SL8N8A partir de ce moment-là Kristel va commencer à avoir de brèves hallucinations, comme lors de l'enterrement de son père, et ce sera en furetant dans son bureau qu'elle va tomber sur un dossier étudié par le défunt traitant du cas de Andries Martiens, un assassin du siècle dernier ayant massacré sept fillettes dans le but d'accomplir une cérémonie vaudou afin de pouvoir aller en enfer interroger ses parents à propos d'un héritage caché, mais interrompu par la police, renvoyant ainsi de fait à l'introduction sanglante du métrage. Sur ce fait, elle tombera sue sa mère qui évoquera les derniers manuscrits de son père restés en Belgique et qui acceptera que Kristel aille les chercher.

SL8N8Bien entendu, elle n'ira pas seule et sa bande d'amis va l'accompagner dans ce périple qui va les mener dans une ancienne mine de charbon aujourd'hui désaffectée et étant juste visitée par des touristes. Après avoir récupéré divers objets de son père, dont une boîte à musique et un ouija ayant appartenu à ce fameux Andries Martiens, Kristel va être conviée avec ses amis à une visite guidée des sous-sols de la mine au cours de laquelle le lien entre l'endroit et l'assassin du siècle dernier sera évidemment mis en avant de façon effective et judicieuse. Mais une fois la visite terminée, l'ascenseur censé les ramener à la surface refusera de fonctionner, laissant le petit groupe de Kristel, leur guide et trois autres touristes coincés dans les méandres de la mine.

SL8N8Après cette mise en situation qui prendra bien le temps de s'attarder sur le passé de ce meurtrier dont d'après la légende le fantôme hanterait la mine, l'intrigue va s'approprier les règles du "slasher" pour d'un côté laisser les protagonistes faire plus ou moins n'importe quoi (comme prendre des pilules d'ecstasy ou improvise une séance de ouija auquel bien sûr ce sera Andries Martiens qui répondra présent) et se disperser dans la mine plutôt que de rester groupés, et de l'autre côté lancer une vague de meurtres puisque l'esprit de Martiens va posséder tout à tour les visiteurs pour chercher à reproduire son rituel inachevé un siècle auparavant. Mais heureusement, cette seconde partie du métrage sera bien prenante et parfois même suffocante grâce à ses décors étroits et suintants.

SL8N8En effet, passées les imbécillités des personnages, l'intrigue reprendra ses droits pour accumuler les séquences sanglantes sur un rythme vif et tendu qui s'accommodera parfaitement de son élément surnaturel pour au contraire renforcer l'impact des différentes situations tout en plaçant des coups de théâtre et autres effets de surprise radicaux (mais hélas guère renouvelés pour se reproduire plusieurs fois) régulièrement qui mettront harmonieusement en avant ce tueur passant de corps en corps à chaque fois que ses adversaires l'auront réduit en pièces. Et même si les situations donneront parfois l'impression de se répéter, l'intrigue parviendra à rester prenante de bout en bout et à gérer parfaitement son suspense pour maintenir sous pression le spectateur tout en lui balançant régulièrement des scènes très gores comme autant d'électrochocs.

SL8N8De plus les personnages, malgré leur comportement ridicule, arriveront à avoir une vie propre malgré les stéréotypes et surtout et de façon évidente Kristel, héroïne désignée d'entrée de jeu, qui sera le fer de lance dans le combat à mort mené contre le spectre d'Andries Martiens, sans pour autant devenir une "superwoman" en affichant une certaine fragilité éperdument crédible et qui augmentera encore la force de la violence contenue dans les différents rebondissements du métrage. Ces personnages pourront ainsi compter sur une interprétation convaincante, porté par la toute mignonne Victoria Koblenko, mais laissant les autres acteurs apporter leur pierre à l'édifice de façon largement honorable.

SL8N8Par contre, la mise en scène des deux réalisateurs sera parfois trop saccadée, et notamment lors des scènes d'action du film pour parfois rendre presque illisibles ces séquences à cause d'une caméra aux mouvements trop brusques, mais sinon ils parviendront à gérer aussi bien l'ambiance claustrophobe que le rythme global du métrage. Les effets spéciaux sont largement probants, avec des maquillages très graphiques pour les possédés, tandis que les plans sanglants du métrage seront volontaires et parfois même bien méchants, telle la décapitation de l'introduction ou encore ce visage coupé en deux dans la largueur par une pelle, sans oublier des morsures graphiques du plus bel effet et cette explosion de tête jouissive.

Donc, ce SL8N8 remplira largement son contrat en étant graphique, tendu et volontaire pour servir une intrigue réussissant à avancer un boogeyman convaincant !

SL8N8Le DVD de zone 2 hollandais édité par Paramount avancera une image qui ne sera que sporadiquement granuleuse, tandis que la bande-son sera efficace, avec une partition musicale adaptée et renforçant agréablement les temps forts du film, le métrage étant ici proposé dans se version originale néerlandaise, avec de précieux sous-titres anglais.
Au niveau des bonus, une interview des deux réalisateurs et des principaux interprètes sera présente, mais hélas non sous-titrée, tandis qu'un bêtisier et la bande-annonce viendront compléter la vision du métrage.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce "slasher" surnaturel réussi et graphique, le DVD de zone 2 hollandais est disponible ici ou !

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20.11.08

08:05:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Two Lovers
Réalisateur : James Gray
Avec : Joaquin Phoenix, Gwyneth Paltrow, Vinessa Shaw, Isabella Rossellini, Elias Koteas...
Durée du film : 1 h 50
Date de sortie en salles : 19 novembre 2008

Par Nicofeel

Two Lovers

Après ses trois films sur la mafia (Little Odessa ; The yards et La nuit nous appartient), le réalisateur américain James Gray change radicalement de genre. Avec Two lovers, on est clairement dans le film romantique.
Mais comme on pouvait s’en douter, si le genre du film change, en revanche le style et les thèmes de prédilection de James Gray demeurent.
D’ailleurs, on retrouve son acteur fétiche, Joaquin Phoenix (dont c’est censé être le dernier film puisqu’il a déclaré qu’il arrêtait sa carrière d’acteur), particulièrement remarqué dans La nuit nous appartient. Comme dans ce film, Joaquin Phoenix va devoir faire des choix.
Joaquin Phoenix incarne dans Two lovers Leonard Kraditor, un jeune homme dont la sensibilité est à fleur de peau. Ceci, on le comprend dès les premiers plans du film avec sa tentative de suicide lorsqu’il se met à sauter du haut d’un pont. On comprend d’ailleurs très rapidement qu’il n’en n’est pas à sa première tentative de suicide. Leonard Kraditor est sur le plan sentimental un écorché vif. Il a du mal à se remettre de sa séparation avec son ex-fiancée.
Mais le destin va lui apporter non pas une mais deux jeunes femmes. Leonard, qui travaille dans le pressing de ses parents et vit chez ceux-ci, va rencontrer par leur biais la fille d’amis, à savoir la belle brune qu’est Sandra Cohen, jouée dans le film par Vinessa Shaw. Sandra est la fille de bonne famille par excellence. Elle est vraiment ce dont rêvent beaucoup de personnes. Elle est belle, elle est simple, elle est agréable et elle a une situation aisée et stable (elle travaille dans l’industrie pharmaceutique chez Pfizer). Et pour ne rien gâcher, elle est dès le départ amoureuse de Leonard. Ce dernier l’aime bien mais ce n’est pas la passion.

Two Lovers

En fait, la passion, Leonard l’a pour Michelle, sa nouvelle voisine, qu’il a rencontré de manière fortuite. Jouée par la blonde Gwyneth Paltrow, Michelle est tout l’inverse de Sandra. Elle est instable sur de multiples points : elle déménage assez souvent ; elle a un travail d’assistante dans un cabinet d’avocats ; elle n’est pas libre, à la différence de Sandra, puisqu’elle fréquente un homme marié, qui fait partie d’ailleurs du cabinet d’avocat où elle travaille ; elle s’adonne de temps en temps à l’absorption de substances illicites. Malgré tout ça, Leonard Kraditor a tout de suite eu le coup de foudre pour cette femme dont il apprécie le côté écorché vif, le côté instable, qui lui donne l’impression qu’ils sont faits l’un pour l’autre.

Two Lovers

La grande qualité du film de James Gray est d’avoir réalisé un film furieusement romantique, au premier sens du terme. Leonard est véritablement passionné par Michelle, à tel point qu’il la suit de temps en temps ou qu’au moment où il a sympathisé avec elle, il se met à lui téléphoner fréquemment ou à lui envoyer des SMS. Par ailleurs, il joue le rôle du confident et dès que Michelle a des difficultés, il joue le rôle de l’ami fidèle. Mais dès le départ, on voit bien que cette passion est vouée à l’échec. Le film est certes romantique mais c’est bien un drame romantique auquel on assiste.
Une autre force du film de James Gray est le fait que ce dernier a donné de l’épaisseur à tous ces personnages. On comprend la douleur intérieure, les espoirs et les rêves de chacun. Le personnage de Sandra n’est pas qu’un simple faire-valoir. Elle déclare d’ailleurs à un moment donné à Leonard que de nombreux garçons souhaiteraient sortir avec elle. Femme tendre mais bien déterminée, Sandra fait tout pour obtenir le cœur de Leonard. D’ailleurs, c’est au moment où elle lance cet ultimatum à Leonard que va démarrer leur relation.
Le personnage de Michelle est lui aussi celui d’une femme qui a ses envies, ses rêves et qui est triste intérieurement. Elle sort avec cet homme marié (joué par Elias Koteas) dont elle n’espère qu’une chose : qu’il quitte sa femme. C’est aussi une passionnée.
On comprend aisément que le problème provient du fait que chacun a bien une passion pour une personne, mais que cette passion n’est pas réciproque. Du coup, la question du choix est clairement posée : est-ce que Leonard doit choisir un amour de raison avec Sandra, qui lui apportera amour et équilibre dans sa vie personnelle et professionnelle ou un amour de passion avec Michelle qui est certes instable mais qui semble être sa raison de vivre ?
En fait, comme le destin fait bien les choses, Leonard n’aura au bout du compte plus de choix à effectuer puisque l’une des deux portes va se refermer. Mais avant, le personnage va être confronté à ses démons intérieurs et il va encore faire un choix : celui de la vie (et donc d ce qu’il compte faire de celle-ci ou celui de la mort. La scène qui se déroule sur la plage, au bord de l’eau, est vraiment très belle et résume parfaitement le ton du film.
Au final, servi par une belle brochette d’acteurs (signalons que Ruth Kraditor est interprétée par Isabella Rossellini), à commencer par Joaquin Phoenix qui incarne parfaitement cet homme passionné mais tourmenté, Two lovers un drame romantique très bien réalisé par James Gray. On notera également l’excellente BO du film, qui permet au spectateur d’appréhender le plus justement possible les sentiments vécus par Leonard Kraditor. Voilà donc un très beau film qui réserve des émotions intenses.

Two Lovers

La nuit nous appartient

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La nuit nous appartient - Edition collector / 2 DVD (+ CD)

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The yards - Edition 2001

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08:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Seven women for Satan

Comptant parmi les rares incursions françaises dans le cinéma de genre dans les années soixante-dix (avec l’œuvre de Jean Rollin), ce Seven women for Satan, titré chez nous Les week-ends maléfiques du comte Zaroff connut, malgré sa médaille d‘argent au festival de Stiges en 1977, une classification X sous l’ère giscardienne, très rigide et rétive au fantastique sanglant et à l’érotisme, alors quand un métrage osait allier les deux…
Le script suit les tourments du comte Boris Zaroff, coincé entre ses pulsions et ses fantasmes sadiques et le fantôme de l’ancienne propriétaire d’un château qu’il vient d’acheter.

Seven women for SatanD’entrée, le métrage va prendre un ton plus ou moins onirique pour suivre son personnage principal poursuivant à cheval, accompagné par son dogue allemand, une jeune femme nue à travers bois lors d’une séquence réussie en partie grâce à son cadrage original ( et la seule à véritablement relier l’intrigue au titre français du film renvoyant au classique de Ernest B. Schoedsack), qui aboutira par la mort de la demoiselle tombant dans un précipice, sortant du coup notre homme de ses rêveries pour le renvoyer à l’univers rationnel de son bureau. Nous le retrouverons ensuite à bord de sa voiture où il va prendre en stop une jeune routarde et lui offrir l’hospitalité pour la nuit avant de reprendre la route vers le château qu’il vient d’acquérir. Une séquence fantasmagorique donnera l’occasion au réalisateur Michel Lemoine de placer une première scène érotique puisqu’en offrant une coupe de champagne à son invitée, Le Comte Zaroff va s’imaginer léchant ledit champagne sur le corps nue de son hôte.

Seven women for SatanLe lendemain, le "couple" va poursuivre son chemin, mais lors d'un arrêt que l'on pensait voir dégénérer en partie de jambes en l'air, le comte Zaroff va s'en prendre à la demoiselle et tenter de l'étrangler avant de lui mordre le sein pour finalement l'écraser avec sa voiture au terme d'une course-poursuite, tout en étant taraudé par le remords. Mais après s'être débarrassé du corps dans un lac (pour une autre scène flirtant avec le surréalisme et l'onirisme), il va donc rejoindre Karl, son majordome, dans son château, alors que nous allons découvrir le but ultime de ce dernier, fils d'un compagnon du comte Zaroff d'origine et chargé par son père de retrouver le dernier descendant des Zaroff pour lui faire perpétuer les penchants sadiques de la famille.

Seven women for SatanMais hélas, à partir de ce moment-là le métrage va devenir flou et se plonger dans un délire défiant tout sens narratif pour peu après introduire un fantôme qui va coller aux basques de Boris Zaroff, sans que l'on sache véritablement qui est cette demoiselle vêtue de blanc, un amour passé décédé ou le fantôme de l'ancienne propriétaire du château, ni quel est son but. Et pour couronner le tout, le métrage va introduire des personnages plus ou moins aberrants, avec d'abord cette jeune femme postulant comme secrétaire auprès de Zaroff et qui après avoir été vraisemblablement droguée par Karl va se lancer dans une danse érotique qui se terminera par une longue séance de plaisir solitaire lascive, observé derrière une glace sans teint par Boris, avant d'être attaquée par le dogue allemand qui va la pousser à se jeter dans le vide.

Seven women for SatanMais le clou du spectacle restera quand même ce couple en panne de voiture qui viendra sonner à la porte du château pour quémander l'hospitalité et dont la jeune femme, passablement naïve, verra, sans parvenir à se faire croire par son partenaire, Karl transporter le corps de la secrétaire aux alentours du manoir, laissant ainsi un humour au second degré venir de manière presque déplacée se mêler à l'ensemble plus sérieux et fantasmagorique, mais qui ne sera qu'un préliminaire à la scène débile du film, lorsque qu'en faisant une visite de la salle de tortures, le couple acceptera de se faire attacher sur une table, sans comprendre la réalité du supplice mijoté par Karl, pour finalement voir descendre sur eux une planche hérissée de pointes acérées qui va les transpercer.

Seven women for SatanMais hélas, malgré la volonté clairement affichée de Michel Lemoine de placer de belles images oniriques et éthérées dans son métrage, l'absence de limpidité dans son propos va quand même venir pervertir l'ensemble et rendre obscur l'orientation réelle d'un film oscillant toujours entre cauchemar et réalité jusqu'à perdre complètement le spectateur qui n'aura plus que le choix de se laisser guider par les images et accepter la tournure floue prise par les événements et qu'un final tout aussi aléatoire ne viendra pas éclairer. Il conviendra donc au spectateur d'accepter l'aspect déphasé du métrage, qui, entre ses dialogues philosophiques aberrants, n'hésitera pas par exemple à placer cette secrétaire droguée et nue dans les bras d'un géant noir, une statue devenue vivante par les effets de la drogue, avançant ainsi une scène troublante d'érotisme.

Seven women for SatanCar justement, en dépit de sa classification d'œuvre "fantastique", Michel Lemoine assumera complètement l'aspect érotique omniprésent du film, dénudant régulièrement ses actrices sans jamais tomber dans le graveleux pour préférer donner à ces séquences une beauté onirique transcendante. Mais cela n'empêchera pas l'auteur de rendre quelques hommages appuyés au cinéma de genre, avec notamment cette salle de tortures que n'aurait pas renié Roger Corman lorsqu'il tournait avec Vincent Price, tandis que la présence du grand Howard Vernon dans le rôle de Karl donnera un cachet daté mais efficace au métrage.

Seven women for SatanJustement, l'interprétation est assez convaincante, entre un Howard Vernon magistral de cabotinage et une Joëlle Cœur parfaite dans le rôle du fantôme, laissant même à Michel Lemoine le rôle principal de Boris Zaroff qu'il prendra largement à cœur en imposant sa "gueule" hallucinée. La mise en scène du réalisateur est probante, avec un art de manier les grands angles et autres filtres déformant l'image (l'arrivée au château) pour achever de déstabiliser le spectateur, tout en arrivant à donner une touche surréaliste à ses séquences oniriques. Les quelques effets spéciaux resteront basiques mais presque crédibles.

Donc, ce Seven women for Satan offrira une oeuvre vraiment "autre" au cinéma de genre français et malgré sa nébulosité permanente, arrivera à devenir attachant et à entraîner son spectateur dans son délire fantasmagorique !

Seven women for SatanLe DVD de zone 0 édité par Mondo Macabro avancera une image ayant conservé une petite partie de ses défauts d'origine, sans que cela ne vienne gêner la vision du film, et tandis que la bande-son sera relativement convaincante malgré des craquements récurrents, grâce à une partition musicale adaptée et arty, le métrage étant ici proposé en version anglaise, mais aussi dans sa version française d'époque, avec des sous-titres anglais amovibles.
Au niveau des bonus, on pourra suivre une plaisante et décontractée interview du réalisateur qui reviendra sur sa carrière avec de nombreuses anecdotes savoureuses, un petit décryptage littéraire du film, la biographie du réalisateur et des principaux interprètes ainsi que la bande-annonce d'origine du film.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette petite perle d'un fantastique "autre" hexagonal terriblement décalé, le DVD de zone 0 est disponible ici ou !

Seven women for Satan
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19.11.08

08:05:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Saw 5
Réalisateur : David Hackl
Avec : Costas Mandylor, Scott Patterson, Julie Benz, Tobin Bell, Betsy Russell
Durée du film : 1 h 30
Date de sortie en salles : 5 novembre 2008

Par Nicofeel

Saw 5

Saw 5 est la suite directe des quatre premiers épisodes de cette célèbre série qui a déjà rapporté près de 550 millions de dollars (sans compter les produits dérivés en DVD). Avouons-le tout de suite, au vu de la qualité très relative de ce long métrage, on comprend que la seule justification de cette suite est l'appat du gain pour ses producteurs.
Saw 5 est réalisé par David Hackl, un parfait inconnu dont c'est le premier film. On notera tout de même que David Hackl connaît très bien la série des Saw puisqu'il a été décorateur sur Saw 2, assistant sur Saw 3 et réalisateur de la seconde équipe sur Saw 4.
Mais venons-en dès à présent au film en lui-même. Alors que le célèbre Jigsaw, à savoir John Kramer (joué par Tobin Bell) est décédé, le tueur sadique continue à faire parler de lui. En fait, le détective Mark Hoffman a pris le relais. A l'instar de John Kramer qui est devenu complètement à la suite de la perte de l'enfant de son ex-femme, Mark Hoffman a voulu se venger de lui-même de l'homme qui avait tué sa soeur.

Saw 5 suit en parallèle deux histoires : il y a l'agent du FBI, Peter Strahm qui, conscient que le nouveau tueur est Hoffman, part à sa poursuite. Il y a également une intrigue qui va être l'occasion de montrer au spectateur plusieurs jeux sadiques, caractéristiques du jigsaw. Ainsi, cinq personnes, qui ont toutes des choses à se reprocher, vont devoir s'entraider pour réussir des épreuves si elles veulent sortir de l'endroit où elles sont enfermées.

Saw 5 fait vraiment dans la redite. En effet, le film est entrecoupé de nombreux flashbacks qui reprennent des éléments des autres épisodes. Alors certes on en apprend plus sur les relations qui sont nouées entre John Kramer et son disciple Hoffman : Jigsaw lui expose toute sa théorie. Pour l'amener vers lui, il lui indique que le système judiciaire remet en liberté des assassins. Il lui montre par ailleurs ce qu'est selon lui la différence entre un assassinat et une réhabilitation. Finalement, avec Mark Hoffman qui sombre progressivement vers le mauvais côté, on comprend que la frontière entre le bien et le mal est ténue.
Mais tout ceci, on le savait déjà et ça sent vraiment le réchauffé. Les flashbacks nous délivrent certes des explications sur les autres films mais il faut bien reconnaître que cela ralentit cruellement l'action. Par ailleurs, une personne qui n'aurait jamais vu les autres épisodes de Saw aura bien du mal à comprendre ce qui se passe.
Au demeurant, l'action du film n'est pas enthousiasmante. Le seul véritable intérêt consiste à suivre les cinq protagonistes qui doivent affronter les jeux sadiques du Jigsaw. Comme souvent, on nous a concocté des meurtres bien sadiques (lesquels démarrent par une décapitation) qui mettent une nouvelle fois les protagonistes face à des choix, comme celui de devoir verser leur sang dans un bêcheur. Cependant, globalement, sur le plan des tortures le film se révèle plus sobre que d'habitude. Saw 5 est moins complaisant que ses précédécesseurs, et notamment que Saw 4.

Le film n'a pas que des défauts. Il bien reconnaître que la psychologie des personnages est tout de même plus fouillée que d'habitude. On comprend mieux les aspirations de chacun.
De plus, la photographie du film est plutôt plaisante, en jouant parfaitement sur les nombreux endroits sombres du film. On est bien dans une atmosphère de thriller.
Malgré tout, le film pêche part sur plusieurs points. En plus des défauts évoqués précédemment, on notera que sur le plan de la mise en scène, le réalisateur ne peut pas s'empêcher de nous monter des scènes clippesques avec une caméra qui bouge dans tous les sens lors de la révélation de pièges. Ces acccélérés ne sont nullement justifiés et n'apportent rien au film.
De plus, on pourra terminer les reproches par le jeu des acteurs qui est globalement assez mauvais. Costas Mandylor dans le rôle d'Hoffman mérite probablement sur ce point la palme, tant il ne laisse transparaître aucune émotion visible à l'écran.
Au final, mis à part quelques scènes sympathiques, Saw 5 est un ratage presque total. Cependant, on peut penser qu'un Saw 6 verra le jour par le biais du personnage de Jill, l'ex-femme de John Kramer, à qui ce dernier a légué une étrange boîte...
Donc, suite au prochain épisode !

Permalink 820 mots par nicofeel Email , 15375 vues • 4 retours
08:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Blood relic

Petit slasher sans envergure mais sans prétention, ce Blood relic ne cherchera certainement pas à révolutionner le genre, mais distillera sa petite intrigue avec une certaine efficacité pour parvenir à captiver quand même un minimum son spectateur.
Le script enferme un groupe de jeunes dans une ancienne base aérienne ayant été dans le passé le théâtre d’un massacre lié à un talisman vaudou pour les confronter à un mystérieux assassin.

Blood relicDans son introduction le métrage va prendre place en 1983 pour suivre cet officier tourmenté et victime d’hallucinations qui va s’énerver et tuer plusieurs membres du personnel d’une base aérienne tout en paraissant être possédé par un curieux talisman qu’il portait autour du cou jusqu'à ce qu'il le cache dans une cavité d'un mur, pour une séquence assez convaincante grâce à une mise en scène adéquate mais hélas demeurant très sage en étant que très vaguement sanglante. Après un bond dans le temps jusqu présent, nous allons d’abord retrouver notre homme pour être convié à sa libération de l’asile psychiatrique où il était enfermé depuis le carnage, avant que l’intrigue ne nous présente son personnage principal, Terry, une demoiselle rejoignant l’ancienne base militaire où a eu lieu le drame et qui doit désormais abriter un musée en pleine préparation d’ouverture. Terry va donc rencontrer le personnel s’affairant, mais avant cela, elle aura entendu les deux responsables du musée en pleine conversation houleuse à propos de l’orientation à donner au musée. C’est ainsi qu’elle se trouvera face à face avec Harry, l’un des deux actionnaires, un homme halluciné et charismatique qui va lui faire faire le "tour du propriétaire" avant de la laisser avec ses nouveaux collègues.

Blood relicCette mise en situation sera plutôt fastidieuse, en avançant des protagonistes lisses et sans aucune personnalité mais heureusement elle ne traînera pas en longueur pour rapidement placer une première fausse alerte graphique et érotique avec ce couple s'amusant à créer des situations dramatiques avant de se lancer dans leurs galipettes, et laisser une certaine tension s'installer à chaque intervention de Harry qui semblera bien dangereux, devenant ainsi de fait un futur coupable potentiel ( et idéal ? ). Et bien entendu, une des demoiselles travaillant dans le musée va découvrir de manière bien opportune le talisman et le remettre à Harry qui semblera bien intéressé par la chose.

Blood relicTerry et ses compagnons vont en fin de journée décider de revenir le soir même sur leur lieu de travail pour une "party", respectant de la sorte les traditions du genre et donnant l'opportunité à la mystérieuse ombre aperçue plusieurs fois auparavant de frapper. Et ce sera après une séance de "ouija" assez minable et faussement tendue se terminant par une plaisanterie calamiteuse que le groupe va se disperser, deux couples partant chacun de leur côté pour un peu d'intimité tandis que les autres vont se lancer dans une partie de strip-poker, laissant alors un érotisme avéré mais guère osé venir égayer un peu l'ensemble, surtout que le tueur ne va pas tarder à sévir pour éliminer ainsi les deux couples débauchés lors de séquences dont les effets de surprise seront plutôt émoussés et prévisibles mais tout en ayant quand même un petit effet.

Blood relicLes rescapés vont par contre bien vite se rendre compte du danger en découvrant les cadavres (avec déjà une provocation du tueur avec cette carte à puce pouvant ouvrir les portes extérieures coincée dans les entrailles d'une des victimes) et errer dans le bâtiment à le recherche d'une issue jusqu'à ce qu'ils tombent sur l'officier de l'introduction, bien entendu revenu sur les lieux et réfutant les crimes pour annoncer être en quête du talisman pour le détruire, lançant ainsi la meilleure partie du métrage qui, en plus du jeu de "chat et de la souris" entre les personnages et l'assassin, va véritablement susciter une recherche de l'identité du meurtrier tout en permettant à l'intrigue, au détour de ses rebondissements, de placer quelques pièges mortels simplistes mais efficaces.

Blood relicSi le métrage peinera à démarrer, avec cette première partie poussive et alignant les clichés du genre sans grande originalité (heureusement que la première fausse alerte sera un brin perverse…) mais bénéficiant de décors très réalistes puisque le film a été tourné dans un véritable musée dédié à l'aviation, la seconde sera bien plus probante et maintiendra le spectateur attentif à ce qui se passe sur l'écran pour tenter d'anticiper un final qui refusera de façon bien plaisante toute "happy end" pour au contraire devenir cruel et nihiliste mais sans se prononcer sur la véracité de l’influence du talisman vaudou, mais surtout les situations arriveront à se renouveler dans façon régulière en évitant toute redite et l'arrivée de ces deux pièges surprendra dans l'ambiance très "slasher" véhiculée par l'ensemble depuis le début du métrage.

Blood relicCar hormis cet apport, le réalisateur, en toute connaissance de cause, se tiendra au rythme et à la grande tradition du genre, aussi bien en respectant ses codes que ses scories (des personnages survolés et guère attachants) pour présenter un mélange d'érotisme dévoilant généreusement les poitrines de ses actrices et de meurtres sanglants qui resteront bien sages en n'avançant que de timides plans sanglants vite entrevus, tout en conservant un rythme soutenu à partir de son second acte et en réservant une surprise finale certes guère innovante mais bien amenée et "gentiment" agressive.

Blood relicL'interprétation est, presque de façon surprenante, convaincante, avec de jeunes acteurs parvenant, malgré la simplicité extrême de leurs personnages, à créer une certaine harmonie entre eux donnant ainsi une crédibilité aux séquences de dialogues, et le métrage bénéficiera également de l'expérience de la "scream queen" Debbie Rochon et du jeu halluciné de Billy Drago, cette fois-ci adapté. La mise en scène du réalisateur est plutôt efficace, avec un minimum de soin apporté à ses effets (avec entre autres une utilisation bien maîtrisée de l'arrière plan) et une capacité à suivre l'action de près. Les effets spéciaux sont par contre rudimentaires et pas franchement expansifs pour quelques scénettes sanglantes sans volonté graphique.

Donc, ce Blood relic se suivra globalement sans ennui (attention quand même à l'entame qui pourrait être décourageante !) et arrivera même à générer du suspense et une petite tension dans sa seconde partie pour au final laisser une bonne impression à son spectateur !

Blood relicLe DVD de zone 1 édité par MTI Video avancera une image nette et ne connaissant aucun défaut, tandis que la bande-son sera appréciable malgré une partition musicale pas assez dynamique et peinant à accompagner les temps forts du film, le métrage étant ici proposé en version anglaise avec uniquement des sous-titres espagnols.
Au niveau des bonus, on pourra explorer les filmographies des principaux interprètes et du réalisateur, suivre un making-of amusant et plein d'anecdotes sur le tournage du film construit sous forme de "journal de bord" de Debbie Rochon et découvrir les bandes-annonces de trois autres titres de l'éditeur.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce petit slasher plutôt agréable et bien construit, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

Permalink 1283 mots par nicore, 1280 vues • Réagir

18.11.08

08:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : The chaser
Réalisateur : Na Hong-Jin
Avec : Kim Yoon-Seok, Ha Jeong-Woo, Yeong-Hie Seo, In-Qi Jung,, Hyo-Ju Park...
Durée du film : 2h03

Date de sortie en salles : 18 mars 2009 (film vu le 9 novembre 2008 en avant-première en clôture du 14ème festival Cinémas et Cultures d'Asie de Lyon)

Par Nicofeel

The chaser

Le sud-coréen s'est fait connaître avec deux courts-métrages, dont un certain Sweet. Avec The chaser, il réalise son premier long métrage. Et le résultat est très probant.
The chaser est un thriller qui appartient au genre du film de serial-killer. Le film part d'un postulat de base des plus intéressants. En effet, on connaît très rapidement l'identité du serial-killer qui est mis en garde à vue. Le problème est de trouver d'une part les preuves qui vont le condamner et d'autre part une dernière victime de ce fou, Mi-Jin, qui est encore en vie.
On se retrouve dans un véritable contre-la-montre où le rôle de l'enquêteur est dévolu à Joong-Ho (interprété par Kim Yoon-Seok), un ancien flic devenu proxénète et qui avait la charge de Mi-Jin.
Comme dans le film Memories of murder, The chaser nous montre une police désorganisée qui a bien du mal à s'en sortir. D'ailleurs, plusieurs pointes d'humour sont dirigées contre ces membres de la police, particulièrement inefficaces. On ne s'étonnera donc pas qu'à un moment donné, le psychopathe, Young-Min, soit libéré.
Doté d'une très belle photo, The chaser bénéficie d'une ambiance poisseuse, pesante. Et ce sentiment est renforcé tant par la musique du film que par l'action qui a lieu en grande partie durant la nuit.
Le film réussit par ailleurs une excellent dosage entre des scènes d'action pure, qui se révèlent généralement par la confrontation entre Joong-Ho et Young-Min, et des scènes plus intimistes. L'idée de mettre Joong-Ho avec la fille de Mi-Jin est excellente. On voit bien que Joong-Ho fait tout pour retrouver la maman de cette petite fille. Lui le proxénète se sent coupable de n'avoir pas été coupable d'aider la prostituée qu'il emploie. Ainsi, au fur et à mesure que le film avance, l'enquête de Joong-Ho progresse. A l'image d'un Bad lieutenant, le personnage de Joong-Ho atteint progressivement la rédemption.
On notera dès à présent que The chaser est un thriller très au-dessus de la production courante non seulement en raison de la mise en scène efficace de son réalisateur (mise en scène soignée et très rythmée, qui sait également être lyrique par instants, comme dans les films de production HK), mais également en raison de l'excellence de l'interprétation. Les deux acteurs principaux jouent parfaitement le rôle de Joong-Ho et de Young-Min. Le premier est vraiment passionnant dans son rôle d'ancien flic, obnubilé par l'idée de sauver une de ses filles à tel point qu'il utilise des méthodes peu orthodoxes (méthodes peu orthodoxes utilisées également par la police), alors que le second est parfaitement crédible dans son rôle de serial-killer.

Young-Min est un personnage qui fait froid dans le dos car il agit sans véritable mobile. Il prend un malin plaisir à tuer des femmes parfaitement innocentes. La violence dont il fait preuve est très bien rendue à l'écran. Young-Min se plaît à massacrer des jeunes femmes avec l'aide d'un marteau. Le réalisateur Na Hong-Jin montre que le psychopathe a très bien préparé son coup. Ainsi, la pauvre Mi-Jin se rend dans la gueule du loup, elle est vite désarmée. Elle ne peut rien faire. Elle est prise au piège (la porte est fermée à clef, le réseau de son portable ne passe pas). Elle doit donc attendre des secours ou tenter de se libérer pour son éventuel salut.

Entre temps, The chaser n'aura pas ménagé sa peine en matière de violence, le film devenant de plus en plus gore.
The chaser doit aussi une grande partie de sa réussite à un scénario qui distille de nombreux rebondissements. Le spectateur n'a jamais un coup d'avance. Il découvre avec le personnage de Joong-Ho les événements qui se déroulent dans le film.


Pendant plus de deux heures, The chase maintient le spectateur sous tension. Il n'y a d'ailleurs pas vraiment de happy-end. Le film est très sombre. Voilà d'ailleurs certainement une autre raison qui pourrait nous amener à faire un parallèle avec Memories of murder.
Au final, The chaser, qui est inspiré de faits réels, est un thriller qui se révèle intéressant de bout en bout. Bien rythmé, bien réalisé, bien interprété, bien scénarisé, c'est donc un succès total pour Na Hong-Jin. Cela explique certainement pourquoi les Américains, et notamment Léonardo Di Caprio, souhaitent déjà en faire un remake.

Permalink 839 mots par nicofeel Email , 3283 vues • Réagir
07:50:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Haunted forest

C'est en ayant quand même du mal à assumer ses influences que ce Haunted forest va s'approprier les tics de la nouvelle vague horrifique asiatique pour servir une intrigue tentant d'apporter un semblant d'originalité bien vite balayé par les poncifs mis en avant tout au long du métrage.
Le script envoie trois amis en pleine forêt à la recherche d'un arbre censé être au centre d'une malédiction amérindienne ancestrale.

Haunted forestAprès une séquence d'introduction suivant un photographe amateur apeuré s'enfuyant à travers bois pour être finalement la victime d'un spectre à forme humaine sorti du sol au pied d'un arbre, le métrage va avancer ses trois principaux protagonistes, Josh, Flipp et Sean, ce dernier ayant entraîné ses deux comparses pour une virée dans la forêt suite à la découverte par les autorités de l'appareil photo du disparu vu juste auparavant recelant des clichés montrant un arbre terrifiant, réplique exacte de celui dessiné dans le journal du grand-père de Sean, un anthropologue ayant passé sa vie à s'intéresser aux civilisations amérindiennes, à leurs croyances et à leurs légendes. En effet, cet arbre est censé abriter l'esprit de Satinka, une jeune indienne s'attaquant aux ennemis de la forêt selon un mode opératoire très précis.

Haunted forestPrécise et rapide, cette mise en situation aura le mérite d'aller droit à l'essentiel pour placer les protagonistes dans le contexte de l'intrigue, pouvant ainsi déclencher une action qui ne tardera pas à faire apparaître son fantôme (une jeune fille aux longs cheveux noirs, comme par hasard…) lorsque Flipp aura la "bonne" idée de s'éloigner du campement pour aller chercher son petit chien s'étant aventuré hors de la lumière du feu de camp. Ce sera donc au petit matin que Josh et Sean vont s'apercevoir de la disparition de Flipp et se lancer à sa recherche. Ne pouvant laisser le métrage sans personnages féminins, l'intrigue va avancer deux demoiselles en quête de fleurs hallucinogènes, Jennifer et Kiyomi, celle-ci devant à son tour disparaître par la faute du spectre, et laisser de la sorte son amie seule, dans l'obligation de partir également à sa recherche.

Haunted forestBien entendu, Jennifer va rencontrer le duo et c'est ensemble qu'ils vont tenter de retrouver les disparus, sans pour l'instant se douter qu'en plus de la présence spectrale qui les surveillera, un chasseur ne semblera guère apprécier leur présence dans la forêt, à moins que les deux ne soient liés. Les deux disparitions seront mises en œuvre par des séquences assez convaincantes mettant en avant par de courtes apparitions ce fantôme qui peinera quand même à effrayer le spectateur ayant déjà suivi les méfaits de Sadako dans la trilogie des Ring et dont la ressemblance sera bien trop flagrante pour ne pas réduire son impact initial, mais qui sera valorisé par des plans très graphiques et parfois essayant un minimum d'être originaux. Mais hélas ensuite, le métrage va se perdre quelque peu dans les méandres d'un script qui peinera à renouveler ses situations pour suivre les déboires des personnages passant leur temps à arpenter la forêt dans tous les sens, régulièrement entrecoupé par des scènes assurant la continuité de l'élément fantastique et tentant d'effrayer le spectateur (avec même un hommage au Projet Blair Witch et sa tente malmenée par une force inconnue) pour peu à peu nous amener à connaître parfaitement la façon de faire de cette Satinka vengeresse.

Haunted forestMais heureusement, alors que la lassitude et l'ennui commençaient à s'installer méchamment, le métrage va sortir de sa torpeur dans sa dernière partie pour déjà nous présenter lors d'un flash-back que l'on aurait aimé plus méchant l'histoire de Satinka avant de lancer un acte final enfin quelque peu débridé et osant présenter quelques scènes véritablement graphiques à défaut d'être surprenantes ou originales tant l'issue du film deviendra claire malgré l'aspect tortueux pris par une intrigue ayant bien du mal à s'y retrouver dans les diverses possessions aussi maléfiques qu'aléatoires des différents personnages.

Haunted forestPourtant, l'idée de base mêlant cette légende amérindienne à un discours écologiste de base (et souvent bien trop appuyé) avait de quoi séduire et les opportunités offertes étaient nombreuses. Mais le réalisateur, paresseux sur ce coup-là, s'est contenté de calquer ses effets de surprises et son élément fantastique sur ceux issus de la déferlante asiatique de fantômes de demoiselles aux cheveux aussi longs que noirs et à l'œil torve ( avec quand même des emprunts éhontés et flagrants, comme ces gros plans sur les yeux grisâtres), pour un résultat laissant donc une impression de déjà-vu persistante seulement occultée lors de scènes probantes (l'apparition dans la voiture) plus que rares, et laissant son ingrédient lui fortement original (les arbres) de côté. De plus, l'histoire de cette demoiselle malmenée par des pionniers ivres et voulant brûler la forêt n'aura rien de très palpitant pour justifier la malédiction qui en découlera.

Haunted forestEnfin, les protagonistes seront simplistes et interchangeables, avec notamment ce Sean qui passera son temps à lire le journal de son grand-père à la moindre occasion, tandis que ses acolytes demeureront lisses et n'engendreront aucune apathie et encore moins d'identification. L'obligatoire présence féminine sera quant à elle bien effacée et n'apportera en plus que très peu de choses à l'intrigue et au métrage qui restera par ailleurs très prude. L'interprétation qui en résultera sera acceptable mais guère inspirée pour des acteurs impassibles et sans le moindre charisme. La mise en scène du réalisateur sera parfois efficace, notamment pour mettre en valeur les décors naturels, mais par contre, les quelques effets de style viendront plus nuire à l'ensemble qu'autre chose. Les effets spéciaux sont plutôt probants, même si les maquillages spectraux seront limités et parfois visibles, le film n'étant par contre que très peu sanglants, avec juste quelques petites plaies nécessitées par le mode opératoire de Satinka et un final enfin plus graphique.

Donc, ce haunted forest se suivra d'un œil distrait et ne parviendra pas à accrocher son spectateur pour juste lui offrir quelques "beaux" plans de spectres directement influencés par ceux venus d'Orient !

Haunted forestLe DVD de zone 1 édité par Lionsgate avancera une image claire et ne connaissant aucun défaut, même lors des séquences se déroulant dans la pénombre, tandis que la bande-son sera efficace et adaptée, lyrique et renforçant agréablement les temps "forts" du métrages, le métrage étant ici proposé en version anglaise accompagnée de sous-titres anglais et espagnols.
Par contre, au niveau des bonus, il faudra se contenter de quelques bandes-annonces issues du catalogue de l'éditeur.

Pour ceux qui voudraient quand même découvrir cette malédiction pas franchement percutante, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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17.11.08

08:05:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : L'échange
Réalisateur : Clint Eastwood
Avec : Angelina Jolie, John Malkovich, Michael Kelly, Jeffrey Donovan, Jason Butler Harner...
Durée du film : 2 h 21
Date de sortie en salles : 12 novembre 2008

Par Nicofeel

L'échange

Dernier film en date de Clint Eastwood (auteur d'excellents films comme Million dollar baby ou Mystic river), L'échange lui a permis d'obtenir au festival de Cannes un prix spécial pour l'ensemble de sa carrière.
Inspiré d'une histoire vraie, L'échange nous ramène dans le Los Angeles des années 20. On est précisément en 1928. Une mère célibataire, Christine Collins (interprétée par Angelina Jolie) travaille dans un centre de télécommunication. Très sérieuse sur le plan professionnel, elle accepte, un peu à contrecoeur, de travailler le samedi alors qu'elle devait passer la journée avec Walter, son fils âgé de neuf ans. A son retour, son fils a disparu. Elle alerte aussitôt la police. Près de cinq mois plus tard, la police lui affirme qu'elle a retrouvé son fils. Mais c'est un autre garçon qui l'attend sur le quai de la gare.
L'échange est un drame où l'émotion est omniprésente. Avec une mise en scène classique particulièrement bienvenue, Clint Eastwood retranscrit parfaitement le combat de cette mère à retrouver son véritable. Car dès le départ Christine Collins est convaincue que ça n'est pas son enfant qu'on lui a ramené. On appréciera dans le film l'interprétation d'Angelina Jolie, qui est tout à fait convaincante dans le rôle de Christine Collins. C'est de loin le meilleur rôle et la meilleure interprétation d'Angelina Jolie, habituée à jouer les bimbos de service. Ici, elle est très sobre dans son jeu. Elle est tout à la fois déterminée à retrouver son enfant et fragile sur le plan émotionnel.
Mais surtout L'échange est l'occasion pour Clint Eastwood de critiquer une ville de Los Angeles où la corruption semble monnaie courante. Et le pire dans cette histoire est le fait que la corruption provient de la police elle-même. La police abuse de son pouvoir, faisant ce qu'elle veut et surtout ne reconnaissant jamais ses torts. La police fait tout pour étouffer cette histoire d'enfant retrouvé qui ne serait pas le bon. A tel point que Christine Collins va être traînée dans la boue (son instinct maternel étant même remis en cause) va être interné dans un hôpital psychiatrique de façon totalement arbitraire. Clint Eastwood nous révèle des événements incroyables qui ont lieu dans les années 20 : des gens, considérés par la police, étaient déclarés fous et passaient directement par la case hôpital psychiatrique. De nombreuses personnes ont visiblement fait l'objet d'un internement sous le code 12, c'est-à-dire à l'initiative de la police.

L'échange

Mais Christine Collins peut compter sur des personnes intègres qui sont prêtes à l'aider. On a ainsi le révérend Briegleb, interprété par un toujours aussi bon John Malkovich, qui fait le maximum pour donner un coup de main à Christine Collins. Le révérand souhaite pour sa part que la police redevienne une administration qui aide le citoyen. Ce qui n'est alors pas le cas puisque comme il le dit si bien, la police, qui possède les lois, se croît au-dessus des lois. Mais toute la police n'est pas corrompue. Ainsi, un officier de police est celui qui va permettre de débloquer la situation en faveur de Christine Collins.

L'échange

Une autre réussite du film de Clint Eastwood est le fait que le cinéaste américain arrive à mélanger une histoire personnelle avec des faits qui nous ramènent à la vie publique. De surcroît, le film mélange tout à la fois drame et thriller. Car on va de découverte en découverte (et la raison de l'absence de réapparition du vrai Walter Collins fait froid dans le dos) et au bout du compte, le spectateur peut avoir un avis tout à fait personnel sur la fin du film et donc sur la fin de cette histoire.

On appréciera aussi la musique du film, composée par Clint Eastwood, qui accroît l'émotion que l'on a à regarder cette histoire qui semble bien injuste.
Mais au-delà de toutes ces injustices, Clint Eastwood n'est pas totalement négatif sur le genre humain. Ce n'est pas un hasard si dans les dernières minutes du film Christine Collins déclare qu'elle aimerait bien que le film New York-Miami le prix de meilleur film lors des Oscars. Ce qui est le cas. Et cette information, au demeurant anecdotique, montre que Christine Collins est prête à continuer une nouvelle vie. En effet, New York-Miami est une comédie romantique de Frank Capra, réalisateur connu pour garder foi en le genre humain.
Au final, L'échange est un drame intense sur une femme qui veut connaître la vérité. Le film bénéficie d'un excellent scénario et de très bons acteurs, notamment d'Angelina Jolie, qui tient là le rôle de sa vie.
Une nouvelle fois, Clint Eastwood livre un film d'un excellent niveau.

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08:02:30, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : The duchess
Réalisateur : Saul Dibb
Avec : Keira Knightley, Ralph Fiennes, Charlotte Rampling...
Durée du film : 1 h 50

Date de sortie en salles : 12 novembre 2008

Par Nicofeel

The duchess

Réalisé par l'anglais Saul Dibb, The duchess est un drame romanesque en costumes. Adaptation d'un roman (qui se base sur des faits réels) d'Amanda Foreman devenu un best-seller Outre-Manche, The duchess raconte l'histoire d'une femme, Georgiana Spencer (Keira kgnightley) qui s'est mariée très jeune avec le duc de Devonshire (Ralph Fiennes). Ne pouvant donner des enfants mâles à son époux, elle doit faire avec les relations extra-conjugales de ce dernier. Pour tenter de vivre sa vie, elle s'engage en politique où elle soutient la candidature de Charles Grey, jeune homme du parti libéral qu'elle a connu quelques années plus tôt.
The duchess est un film qui retrace parfaitement l'ambiance et les moeurs de l'Angleterre du XVIIIème siècle. Et pas seulement en raison des costumes, des beaux décors et de la musique classique (du Beethoven, du Bach, du Vivaldi) que l'on entend tout au long du film. The duchess évoque parfaitement la société anglaise de cette époque où la liberté est extrêmement limitée.
La liberté est unilatérale : l'homme a tous les droits. La femme n'existe que par rapport à l'homme. La femme est avant tout celle qui va porter en elle la descendance de l'homme. Le personnage peu sympathique du duc de Devonshire (incarné par un Ralph Fiennes aux antipodes des rôles romantiques qu'il interprète habituellement) est à ce propos un pur produit de son époque. Il ne s'est marié et ne souhaite qu'une chose de son épouse : qu'elle lui donne une descendance, mâle de surcroît. Dès ses premiers minutes, le film fait état d'une sorte de pacte qui est conclu entre le duc de Devonshire et la mère de Georgiana (jouée par Charlotte Rampling). Cette dernière s'engage oralement à ce que sa fille donne un fils au duc de Devonshire. C'est la condition pour que le mariage ait lieu. Dans cet entretien qui dénote des personnages d'une extrême froideur où le sentiment n'a pas sa place, la mère de Georgiana se porte garante de sa fille.
Et le film va s'attacher à nous étayer cette idée d'une société où la femme n'existe que par rapport à l'homme. Pourtant, à l'instar de son personnage d'Elizabeth Bennet dans Orgueil et préjugés (très beau film de Joe Wright), Keira Knightley incarne une femme qui cherche l'amour et qui est éprise de liberté.
C'est d'ailleurs la raison pour laquelle elle participe activement à la campagne du jeune Charles Grey (joué par un Dominic Cooper un peu fallot). Georgiana est d'ailleurs très lucide sur la notion de liberté, comme lorsqu'elle s'adresse pour la première fois au libéral mister Fox. Dans un discours d'une grande justesse, elle lui demande ce qu'est la liberté si tout le monde n'y a pas droit. Elle prend l'exemple du droit de vote qui est limité. Elle met cet exemple en parallèle avec celui d'un mort : un homme mort peut-il être moyennement mort ?
Si le parti libéral, alors parti d'opposition, n'est que pour une ouverture moyenne sur le droit de vote (auquel n'ont par exemple pas accès les femmes), on comprend aisément pourquoi la révolution (qui n'a pas encore eu lieu en France) est tant attendue par certains, notamment en Angleterre.
Avant cela, le duc de Devonshire peut continuer à profiter de son statut, qui fait de lui un homme riche et influent. En étant un homme, il s'autorise des choses qu'il refuse à sa femme. Ainsi, il lui impose la présence de sa maîtresse dans la demeure familiale. A contrario, la duchesse ne peut ni coucher ni même seulement voir l'homme qu'elle aime et qui l'aime. Une des réussites du film tient au déchirement provoqué par cette histoire d'amour impossible.

The duchess

La duchesse se bat contre cette injustice mais face à cette société où les convenances sont primordiales et où l'homme est omnipotent, elle ne peut pas faire grand chose.
Il n'est pas déraisonnable de faire un parallèle entre la situation de la duchesse et celle de la princesse Lady Diana. En effet, l'une et l'autre ont dû vivre aux côtés d'un homme qu'elles n'aiment pas et qui ne les aiment pas. Par ailleurs, elles ont dû supporter une situation d'adultère qui est devenue quasiment naturelle. Ainsi, elles ont dû subir le même destin tragique (sans compter pour la duchesse de Devonshire des fausses couches, un viol de la part de son époux ou encore un enfant abandonné). En revanche, ces deux femmes étaient adorées à leurs époques respectives par le peuple. En somme, ce n'est pas forcément un hasard si Georgiana est l'arrière-arrière-arrière-grand-tante de Lady Di.
Comme Lady Diana, Georgiana devient l'héroïne bien malgré elle d'une véritable tragédie. Le film retranscrit parfaitement le côté très conservateur d'une Angleterre où le raison prend inmanquablement le pas sur les sentiments. De son côté, Keira Knightley continue à interpréter avec force des rôles de femmes au destin tragique, comme cela avait déjà été le cas dans le très réussi Reviens-moi de Joe Wright, sorti sur les écrans au début de l'année 2008. Aux côtés de Keira Knightley, on retrouve dans le film La duchesse un Ralph Fiennes dans un rôle peu enviable. Il interprète un homme qui n'a rien pour lui sur le plan humain. Il n'a de sentiment pour personne et il ne s'intéresse à rien de particulier, hormis son idée fixe d'avoir comme descendance des enfants mâles. Cependant, le personnage joué par Ralph Fiennes est bien le personnage dominant car il possède deux facteurs qui sont essentiels à cette époque : c'est un homme et il est riche. Ralph Fiennes est de son côté parfaitement crédible dans le rôle de cet homme égocentrique, lequel est représentatif des mentalités de cette période de l'Histoire.

The duchess

Au final, The duchess est un drame humain bien réalisé qui bénéficie, outre d'un scénario compétent, d'une distribution solide, de beaux décors et d'une BO en parfaite adéquation avec le film. The duchess est donc un film à voir.

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08:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Varver

Réalisé par Franklin Guerrero Jr (déjà auteur du sympathique The 8th plague), ce Carver proposera à son spectateur un voyage glauque dans la violence sordide et malsaine autour d'une intrigue certes simpliste mais captivante et par moments envoûtante.
Le script met en scène un groupe de jeunes adultes qui, en route pour un séjour de camping, vont se retrouver être les victimes d'un psychopathe s'amusant à filmer et à mettre en scène ses meurtres.

CarverD'entrée, le métrage va annoncer la couleur en avançant lors de sa séquence pré-générique une demoiselle se réveillant ligotée dans une cave crasseuse sans qu'elle n'ait le temps d'essayer de se libérer avant d'un imposant personnage ne vienne la maltraiter et finalement la décapiter, pour ensuite laisser la place à la présentation des personnages principaux et d'abord Bryan et Pete, deux frères en route pour retrouver Rachel et Zack, un couple d'amis à eux avec qui ils ont organisé une partie de camping dans les bois. Le point de ralliement se trouvera être un bar miteux, le "QG", qui au-delà même de son apparence décrépi et nauséabonde (les toilettes...), permettra au réalisateur de déjà faire monter une certaine tension aussi bien au travers du tenancier étrange et de son compagnon patibulaire que par l'intrusion d'un policier qui va justement emmener ce dernier avec lui. Au moment de repartie, le propriétaire du bistrot, handicapé d'une jambe, va demander de l'aide au groupe pour rentrer quelques fournitures, en échange de la promesse d'une soirée avec boissons gratuites lors du prochain karaoké, ayant justement lieu le soir même. Après l'avoir aidé, les quatre personnages vont donc se rendre dans la forêt et faire la connaissance de Kate, une campeuse attendant des nouvelles se son amie disparue quelques temps auparavant.

CarverCette mise en situation présentera des personnages définitivement éloignés des stéréotypes du genre pour leur permettre d'avoir l'air naturel, entre la gaieté du couple et les petits problèmes existants entre les deux frères, Bryan se sentant étouffé par son frère plus âgé et trop protecteur, ce qui facilitera une certaine identification qui ne fera que rendre les événements à venir plus douloureux et impactants. Et justement ensuite les cinq protagonistes vont s'en aller faire une petite randonnée, à la recherche de l'amie de Kate, pour découvrir une vielle maisonnette apparemment abandonnée dans laquelle ils vont bien entendu pénétrer pour inspecter les lieux.

CarverAu cours de leur exploration, ils vont découvrir de vielles bandes de films en 8mm ainsi qu'un projecteur. Leur curiosité éveillée, ils vont lancer une des bandes pour tomber sur une sorte de films d'horreur amateur montrant un individu massacrer des campeurs, le tout d'un réalisme insoutenable. Bien sûr, le spectateur reconnaîtra sans problème l'assassin comme étant celui de l'introduction, alors que le réalisateur arrivera à présenter cette bande 8mm à la manière d'un "snuff" de façon largement efficace et parvenant à mettre mal à l'aise sans pour autant verser dans un gore franc, mais le montage adoptée rendra cette séquence particulièrement efficace, achevant d'installer une atmosphère lourde de menace et de tension, surtout que Bryan, s'étant déjà permis de voler une des bandes, croira reconnaître les lieux du "tournage" du film qu'ils viennent de voir dans les bois, retrouvant même par terre une dent humaine.

CarverCela n'empêchera par les cinq personnages de se rendre à la soirée donnée au "QG", laissant ainsi peu à peu le piège se refermer sur eux, d'autant que Pete va insister pour retrouver dans la maisonnette reposer la bande substituée par son frère, ouvrant ainsi une seconde partie au cours de laquelle le métrage va sombrer dans la folie sanglante la plus glauque qui n'épargnera personne lors d'une série de situations toute plus brutales et vicieuses les unes que les autres. En effet, le réalisateur va alors faire intervenir son meurtrier qui va d'abord s'en prendre à Zack pour une scène inédite au cours de laquelle ce dernier va se faire écraser les testicules avec une pince (en gros plan s'il vous plaît !), avant que l'intrigue ne se déplace dans les bois et surtout dans la maisonnette qui va se révéler être le lieu de tous les carnages, laissant le tueur s'amuser avec ses victimes de façon sauvage et perverse (les clous enfoncés dans différentes parties de l'anatomie d'une demoiselle) mettant en avant une brutalité sans nom dans l'art de mutiler et de copieusement massacrer ses victimes agonisantes à coups de marteau ou à l'aide d'outils divers et variés.

CarverMais malgré ce qu'on pourrait croire, le métrage ne versera jamais dans le voyeurisme béat, laissant ses abominations terribles s'inscrire dans une action sans cesse renouvelée qui laissera même au-delà de la tension permanente percer un certain suspense pour mieux réussir à amener des effets de surprise globalement performants, tout en arrivant également à interpeller dans le choix précaire des survivants potentiels pour ainsi s'écarter des principes de base du genre et continuer à surprendre pour même devenir sévèrement nihiliste dans son final refusant toute "happy-end" pour mieux assener un dernier coup au spectateur.

CarverRendus humains et attachants par une approche naturelle, les personnages subiront donc des violences qui affecteront le spectateur, le mettant mal à l'aise, coincé entre le caractère débridé et "jouissif" de la cruauté barbare du tueur et l'empathie ressentie pour les protagonistes, sentiment qui sera encore renforcé par l'atmosphère glauque et sordide enveloppant le métrage (même si parfois cet aspect pourra sembler trop appuyé, comme lorsque le réalisateur "s'amusera" avec les excréments), avec ces images "snuff" de la première partie et l'ambiance délétère et suffocante de la maisonnette, renvoyant directement aux grandes heures du premier Massacre à la tronçonneuse avec lequel le métrage entretiendra d'étroites relations, avec en plus aussi bien son tueur imposant et masqué (même si ici ce ne sera pas de la peau humaine) qu'avec le traitement fait des restes humains.

CarverAlors bien sûr l'intrigue ne sera pas follement originale dans son concept et laissera quelques longueurs d'avance au spectateur qui n'aura que très peu de doutes sur l'identité du meurtrier rapidement mis en scène et déclaré comme tel (avec notamment la séquence ou le policier va l'emmener à travers bois jusqu'à la dépouille torturée d'une jeune femme), mais le réalisateur aura l'intelligence de laisser plusieurs zones d'ombre traîner tout au long du film pour ne jamais devenir prévisible sur le fond ( et ce même si quelques situations auront un goût de "déjà-vu"), mais surtout aucun twist foireux ne viendra endeuiller le dernier acte pour préférer une simplicité désarmante et tout aussi efficace.

CarverL'interprétation est exemplaire, avec de jeunes acteurs n'en faisant jamais trop et parvenant à faire passer leurs sentiments et leur douleur, tandis que la mise en scène de Franlin Guerrero Jr (un auteur à suivre dans l'avenir qui après la bonne impression de son premier long métrage confirme ici un talent indéniable et une volonté jusqu'auboutiste rare) est efficace pour imprégner son film d'une atmosphère lourde et sordide tout en suivant l'action de près pour rendre ses temps forts dramatiques et tétanisant, tout en faisant preuve d'un sens du suspense avéré. Les effets spéciaux sont largement probants pour verser dans un gore franc et direct qui ne cherchera pas pour autant l'outrance ou la surenchère afin de toujours demeurer réaliste et ainsi de montrer une violence brute et sans rémission.

Donc, ce Carver arrivera sans peine à devenir complètement immersif dans son art d'atteindre des sommets de sauvagerie franche mais sans jamais devenir contemplatif ou inutile pour un résultat qui méritera largement d'être découvert par sa capacité à mettre mal à l'aise et pour son jusqu'auboutiste définitif !

CarverLe DVD de zone 2 anglais édité par Danger After Dark avancera une image nette mais qui aura hélas tendance à perdre quelques détails lors des séquences se déroulant dans l'obscurité, tandis que la bande-son sera largement efficace en renforçant encore l'atmosphère trouble du film tout en appuyant certains temps forts pour mieux se montrer discrète ailleurs, le métrage étant ici proposé en version anglaise sans aucun sous-titres.
Au niveau des bonus, on pourra suivre un petit mais intéressant making-of laissant surtout la parole aux différents interprètes du film, quelque scènes coupées non dénuées d'intérêt, une courte galerie de photos, ainsi que la bande-annonce du film suivie de celles d'autres titres de l'éditeur.

Pour ceux qui voudraient plonger dans l'ambiance macabre et sauvage de ce film d'une brutalité absolue, le DVD de zone 2 anglais est disponible ici ou !

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16.11.08

15:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Home sick

Petite production indépendante au budget serré, ce Home sick pourra néanmoins s'appuyer sur une intrigue certes un peu bancale mais prétexte à de nombreuses explosions sanglantes pour alterner ses passages délirants et décalés avec d'autres bien plus tendus pour un résultat final prenant et largement volontaire.
Le script va suivre les déboires d'un groupe de jeunes qui après avoir été confronté à un mystérieux individu qui leur aura demandé de nommer la personne que chacun haïssait le plus, vont voir les individus cités périr dans d'atroces circonstances avant d'être eux-mêmes la proie de cette étrange malédiction, puisque l'un d'eux aura dit qu'il détestait tout le gens présents dans la pièce à ce moment-là.

Home sickD'entrée le métrage va mettre son spectateur dans le bain en suivant lors d'une séquence pré-générique un junkie lassé de voir deux de ses amies lesbiennes se trémousser sur un lit qui va sortir acheter des cigarettes pour ensuite revenir chez lui et trouver sa baignoire ensanglantée et jonchée de débris humains avant d'être lui-même la victime d'un mystérieux personnages masqué qui va lui perforer le crâne avec un couteau, livrant ainsi au métrage sa première scène sanglante très graphique à défaut d'être foncièrement originale.

Home sickEnsuite, l'intrigue va nous présenter ses principaux personnages et notamment Claire, une demoiselle pas franchement ravie de revenir passer les fêtes de fin d'année en Californie (et pour cause…) qui va se rendre à une soirée chez un groupe d'amis à elle pour découvrir ceux-ci en train de siroter de la bière en regardant Evil dead trap 2 à la télévision. Vaguement longuette, cette mise en place des personnages tournera court avec l'apparition d'un individu non invité qui va réellement déclencher l'action de manière envoûtante.

Home sickEn effet, un homme vêtu comme un vendeur itinérant va pénétrer dans l'appartement et, après avoir ouvert sa mallette pleine de lames de rasoir et pris en otage Candice, une demoiselle présente, il va demander à chacun de citer une personne détestée, s'entaillant le bras à chaque réponse, jusqu'à ce que Tim, après avoir déclaré haïr l'homme en question, dira détester tous les gens présents dans la pièce, dans un souci d'abréger l'incident. L'homme s'en ira ensuite et chacun va penser reprendre une vie normale.

Home sick Mais ce ne sera qu'illusion, puisque rapidement les personnes cités (dont le junkie vu en introduction) vont périr les unes après les autres jusqu'à ce que ce soir au tour de Candice de mourir également, tué par cet inconnu masqué et déclenchant une prise de conscience des survivants qui vont chercher à se protéger du danger en allant chez l'oncle de l'un d'eux, celui-ci étant un féru d'armes à feu, mais mal leur en prendra comme nous le découvrirons dans un dernier acte terriblement jouissif et sanguinolent.

Home sickAutour de cette intrigue quelque peu foutoir, le réalisateur Adam Wingard (dont c'est le premier long métrage) va pouvoir s'orienter vers différents genres pour amener ses rebondissements. Ainsi, certains meurtres lorgneront de manière évidente vers le giallo, avec cet assassin masqué et ganté de noir, mais les débordements graphiques tireront plus vers le slasher pur et dur, avec par exemple cet explosion de tête sur un mode directement hérité de la scène du "trottoir" d'American history X, en version gore et graphique. Mais l'élément surnaturel ne sera pour autant complètement oublié, avec la nature même du boogeyman qui se révélera être un monstre (fort réussi) issu d'on ne sait où. Et c'est justement de là que viendra le seul véritable reproche que l'on pourra faire au film, en effet, jamais l'identité ni l'origine de l'homme au rasoirs ne sera ne serait-ce qu'esquissée, et ce bras armé qui viendra occire la majorité du casting ne trouvera pas plus d'explication ni de passé, laissant de fait quelque peu le spectateur sur sa faim de ce côté-là.

Home sickMais heureusement, ceci ne restera qu'un détail tant le réalisateur parviendra à dérouler son intrigue sur un mode jubilatoire, passé l'exposition et quelques temps morts qui reviendront ralentir légèrement le rythme à mi-parcours, pour accumuler des séquences d'abord quasiment uniquement franchement graphiques et n'hésitant pas à verser dans un gore franc et direct (avec par exemple ce coup de hache au résultat surprenant par son réalisme graphique), pour laisser quand même parfois des idées glauques et déviantes venir parcourir le film, avec notamment la réaction saugrenue et malsaine de Candice lorsqu'elle trouvera sa mère morte, puisqu'elle se roulera littéralement dans le sang répandu sur le carrelage, donnant ainsi un aspect érotique trouble à cette séquence, avant de se mettre à vomir sur la cadavre ensanglanté. Mais par petites touches le métrage va aussi imposer un ton résolument porteur d'un humour décalé et outrancier qui trouvera son apothéose lors de la visite chez l'oncle de Tim.

Home sickEn effet, Devin, l'un des protagonistes, timide et maniéré, apportera d'entrée un touche comique avérée qui prendra un peu plus d'ampleur au fur et à mesure que l'intrigue avancera jusqu'à nous offrir quelques passages bien fous. Mais cela ne sera rien comparé à la séquence hystérique de la découverte de l'arsenal de l'oncle de Tim, complètement décalée et délirante et qui tranchera carrément avec les situation suivantes, l'auteur excellant alors dans l'art de faire en un instant passer l'ambiance jusque là souriante en une gravité porteuse d'une tension sévère et consistante. Enfin, d'autres situations amèneront un humour toujours souriant en étant jubilatoire et déplacé.

Home sickLes protagonistes parviendront à avoir une vie propre malgré leur apparence appartenant un genre "grunge: métal" guère impactante et le spectateur arrivera même à s'attacher quelque peu à Claire, personnage blessé tout au long du métrage qui ne sera pas du tout épargnée lors d'un final refusant en bloc la "happy end" d'usage pour se montrer bien vicieux et méchant, et l'interprétation sera ici convaincante et permettra de suivre avec un plaisir réel Bill Moseley et Tom Towles dans des rôles collant à leur démesure tandis que la "scream queen" Tiffany Shepis viendra apporter une touche d'érotisme non dissimulé à l'ensemble.
La mise en scène du réalisateur collera parfaitement au style des différentes séquences pour arriver à créer une atmosphère glauque et prenante lorsqu'il le désirera, mais hélas certains effets clippesques viendront gâcher quelque peu certains plans.

Home sickMais l'une des grandes qualités du métrage restera ses effets spéciaux impeccables qui verseront dans un gore débordant parfois d'imagination dans l'art de massacrer les victimes du tueur masqué, pour nous offrir ainsi des plans carrément surprenants et ouvertement jouissifs (la main passant littéralement au travers d'une tête, par exemple), surtout à la vue du petit budget alloué au film, ce qui ne fera d'ailleurs que renforcer l'impact de ces plans gores qui pour certains seront mémorables et même inédits.

Donc, ce Home sick sera réjouissant de bout en bout grâce à sa volonté avérée d'en donner à son spectateur pour son argent, tout en arrivant à générer de la tension et à envoûter même parfois par ses séquences maîtrisées, faisant aisni du métrage une excellente surprise parmi les nombreux petits budgets inondant le marché !

Home sickLe DVD de zone 0 édité par Synapse Films avancera une image nette et sans défaut, tandis que la bande-son sera grandement efficace grâce à une partition musicale adaptée et partie prenante dans l'ambiance tendue de certaines situations, le métrage étant ici proposé en version anglaise sans aucun sous-titres.
Au niveau des bonus, on pourra suivre une séquence d'introduction sucrée au montage et heureusement car celle-ci, bien que développant les personnages, n'apportait pas grand-chose, une interview de Bill Moseley bien délirante, un petit module suivant le réalisateur à bout de souffle revivre pour nous certaines séquences du film et nous racontant quelques situations, telle sa première rencontre avec Bill Moseley justement et enfin, trois courts-métrages du réalisateur vraiment intéressants et prometteurs viendront clore ces bonus globalement passionnants.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce petit film très généreux et méritant vraiment d'être découvert, le DVD de zone 0 est disponible ici ou !

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14.11.08

08:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Les bureaux de Dieu
Réalisatrice : Claire Simon
Avec : Nathalie Baye, Nicole Garcia, Isabelle Carré, Béatrice Dalle, Emmanuel Mouret, Michel Boujenah...
Durée du film : 2h02
Date de sortie en salles : 5 novembre 2008

Par Nicofeel

Les bureaux de Dieu

Réalisé par la française Claire Simon, Les bureaux de Dieu est un film qui entraîne le spectateur dans un centre du planning familial. Si la cinéaste a choisi une distribution de stars, les différents dialogues qui ont lieu entre les conseillères conjugales et familiales et les femmes venues les voir, sont issues d'entretiens réels qui ont eu lieu de 2000 à 2007.
Le film réunit une pléiade d'actrices célèbres : Nathalie Baye, Nicole Garcia, Isabelle Carré, Béatrice Dalle, Emmanuel Mouret ainsi que les acteurs Emmanuel Mouret et Michel Boujenah. Ces stars se révèlent toutes très probantes dans leurs rôles respectifs. On oublie d'ailleurs assez rapidement que l'on a affaire à des stars et on se focalise sur les entretiens qui se déroulent dans ce planning familial.
Car l'une des forces du film de Claire Simon est de nous donner l'impression que ces stars sont des conseillères familiales. Il faut dire que la mise en scène n'est nullement télévisuelle : il n'y a pas de champ/contre-champ lors de ces entretiens. Il y a une caméra qui est en mouvement et qui nous montre tantôt la conseillère (interprétée par l'une des stars) tantôt la femme venue la voir, seule ou accompagnée.
Avec des personnalités très différentes, ces conseillères ont pour autant un but commun : aider les jeunes femmes venues les voir et répondre à leurs interrogations. Dans ce film, on a droit à tous types de situation. Le film démarre avec des entretiens assez drôles avec une jeune femme qui demande si une grossesse sans pénétration est possible. Il faut bien dire que la conseillère familiale est là pour ça : donner des explications sur l'éducation sexuelle. Une autre déclare qu'elle cache dehors ses pilules afin que sa mère ne tombe pas dessus.


Mais par la suite le film comporte des scènes avec des femmes qui sont véritablement aux abois : on a ainsi une jeune femme qui voudrait garder son enfant mais qui d'un autre côté ne sait pas si celui-ci est de son mari ou d'un homme qu'elle a fréquenté. On a également une jeune femme qui sort d'un hôpital psychiatrique et qui voudrait avorter car elle ne sent pas capable d'élever seule un enfant. Il y a enfin ces femmes qui ont trop tardé pour avorter en France et que l'on aide afin qu'elles aillent avorter en Espagne. Les conseillères sont surtout là d'ailleurs pour conseiller les femmes qui ne souhaitent pas avoir d'enfants (pilule, stérilet) ou qui souhaitent avorter (IVG, le film faisant d'ailleurs une référence à Simone Veil lorsque l'actrice Isabelle Carré lit un extrait d'un ouvrage de cette dernière).
Le dernier entretien du film a lieu avec une prostituée. Celle-ci avoue que c'est la troisième fois qu'elle fait l'amour avec un ami qu'elle aime et c'est la troisième fois qu'elle tombe enceinte. Elle vient donc avorter pour la troisième fois. Cette femme fait preuve d'un sens du romantisme évident. Elle aime cet homme et c'est la raison pour laquelle, à la différence du traitement qu'elle effectue avec ses clients, elle a une relation sexuelle non protégée. La nature semble prouver qu'elle aime cet homme puisqu'elle tombe à chaque fois enceinte une fois qu'elle a fait l'amour avec celui-ci. La conseillère familiale lui fait d'ailleurs savoir de manière amicale que c'est très étonnant.
Très proche d'un documentaire dans les éléments qu'il délivre, le film de Claire Simon s'en démarque cependant sur certains points. On voit les rapports entre les conseillères en dehors des entretiens. Par ailleurs, de nombreux moments quotidiens sont montrés, comme ces moments de repos à fumer une cigarette ou à boire un café. Eh oui, ces femmes ont elles aussi une histoire. C'est d'ailleurs ce qui fait qu'on ne les voit pas comme des actrices mais bien comme les conseillères qu'elles interprètent.

Profondément humain, le film Les bureaux de Dieu porte un regard animé par un certain respect envers ces conseillères qui font tout pour sortir ces femmes, jeunes et moins jeunes, venues pour obtenir des renseignements, du réconfort, de l'aide.
Car comme le dit si bien une des conseillères dans le film, on va tout faire pour que vous ne soyez pas un chiffre. Ici, au centre du planning familial, on s'occupe des gens, qui sont plus ou moins angoissés, pour tenter de les aider dans leurs démarches. Car chaque cas est un cas différent.

Les bureaux de Dieu est un film animé par un sentiment humaniste, où l'être humain (par le biais de la conseillère conjugale et familiale) apparaît sous un jour favorable. Mais le film n'en n'est pas moins lucide sur la société et sur les différents problèmes qu'elle comporte (exemples : le jeune homme qui est venu avec sa copine au centre de planning familial pour savoir si elle est vierge ; les deux jumelles qui ont fui leur famille pour ne pas être mariées de force à des cousins qu'elles ne connaissent pas, et surtout pour ne pas faire un mariage blanc qui aurait uniquement pour but le fait que ces cousins obtiennent la nationalité française).
En plus d'être bien mis en scène, le film est instructif. Il mérite donc que l'on aille le voir.

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08:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Stella
Réalisatrice : Sylvie Verheyde
Avec : Léora Barbara, Karole Rocher, Benjamin Biolay, Guillaume Depardieu, Melissa Rodrigues...
Durée du film : 1h43
Date de sortie en salles : 12 novembre 2008

Par Nicofeel

stella


Réalisé par Sylvie Verheyde, Stella est une chronique sur la société des années 70 assez réussie. Le film est très largement autobiographique. En effet, comme dans le film, la cinéaste française est entrée en classe de 6ème en 1977. Sylvie Verheyde s'est donc servie de ses souvenirs d'enfance pour faire son film.
Ici, Stella est une jeune fille, une pré-adolescente, qui vit dans le XIIIème arrondissement de Paris avec des parents qui tiennent un bistro. Elle a la chance d'intégrer pour son entrée en 6ème un lycée de « riches », le lycée La Fontaine, dans le XVIème arrondissement. Elle ne se rend pas immédiatement compte de cette chance mais elle finira par le comprendre.
Dès le début du film, on saisit qu'il y a deux univers : celui de la France populaire que l'on retrouve au bistro des parents de la petite Stella. Là, tous les gens sont un peu paumés et claquent tout leur argent au bar. La plupart sont devenus des amis de Stella et notamment Alain-Bernard (un des derniers rôles au cinéma du regretté Guillaume Depardieu) qui est pour elle une sorte de prince charmant.

Alain-Bernard a tout de l'homme gentil, attentionné et qui porte une certaine tristesse en lui. Il est l'Ami de Stella. A l'opposé de cet univers, Stella a bien du mal à se faire une place parmi les enfants de riches de son lycée parisien. Elle n'arrive pas à suivre l'enseignement qui est inculqué dans son lycée et a fortiori elle n'a pas envie d'apprendre. Il faut dire que ses parents ne l'aident pas pour faire ses devoirs et l'empêchent même de dormir avec les nombreuses fêtes nocturnes qui ont lieu dan leur bar.
Le film comporte de nombreux passages humoristiques qui montrent le désarroi de Stella. En effet, comme elle le dit si bien, pour ce qui est de la musique, des jeux de cartes, du bar ou encore des cocktails, elle est incollable. Pour le reste, elle est nulle ! Et cela s'en ressent à l'école où elle ne fait au début pas le moindre effort et obtient logiquement des notes catastrophiques. Oui mais voilà, les choses sont amenées à changer. Elles sont dues à la nouvelle fréquentation de Stella, Gladys, une jeune fille de sa classe. Gladys est la seule amie que s'est fait Stella au lycée La Fontaine.

A son contact, Stella fréquente un autre monde, prend goût à la lecture et finit par se battre pour passer en classe de 5ème.
Stella est un film nostalgique, sur une époque qui représente beaucoup aux yeux de son auteur. La passion initiale de Stella pour les chanteurs de variétés se retrouve au niveau de la BO. On reconnaît ainsi plusieurs tubes de Sheila : Love me baby ; Tu es le soleil ; Les femmes mais aussi des tubes d'Eddy Mitchell, notamment Couleur menthe à l'eau. Le juke-box qui eest installé dans le bar des parents de Stella nous donne également l'occasion d'entendre Michèle de Gérard Lenorman, 15ème round de Bernard Lavilliers ou encore Où sont les femmes de Patrick Juvet. Toute cette musique est progressivement oubliée par Stella qui décide de sortir de son univers. Elle comprend que sa chance ne peut venir que d'une intégration au lycée La Fontaine. Très lucide la petite. Et cela montre par la même occasion que l'école peut jouer son rôle comme facteur d'ascension sociale.
Le passage d'une culture musicale populaire à une culture littéraire marque bien le changement d'attitude de Stella. Cette petite fille, de pré-adolescente, devient une adolescente comme le prouvent de manière explicite plusieurs éléments du film : le moment où elle a pour la première fois ses règles ; son premier émoi amoureux qui fait suite à sa première boum (où l'on aura reconnu le tube Ti amo d'Umberto Tozzi).
Stella ne renie pas pour autant ses origines : ainsi, elle passe ses vacances chez sa meilleure amie, une petite fille du Nord dont la situation familiale est encore moins enviable que celle de Stella avec un père alcoolique et les deux parents qui sont au chômage.
Film portant un regard attendrissant sur son héroïne, Stella ne baigne pas pour autant dans un océan de bons sentiments. En effet, le film évoque les discordes qui ont lieu entre les parents de Stella, rendant cette dernière spectatrice bien impuissante. Elle ne peut rien faire, même si elle aime ses deux parents. Benjamin Biolay dans le rôle du père faible et cocu et Karole Rocher dans le rôle de la mère sur laquelle tout repose, sont particulièrement bons au niveau de leurs interprétations. La réussite du film tient pour partie à cette relation familiale compliquée.

En somme, voilà un beau film nostalgique qui dresse le portrait d'une jeune fille qui entre de plein pied dans l'adolescence. La chanson finale, intitulée La chanson de Stella, et interprétée de façon très émouvante par la réalisatrice du film, résume à elle seule très bien le ton de ce long métrage.

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13.11.08

08:30:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Tropical Manila
Réalisateur : Lee Sang-Woo
Film sud-coréen et philippin
Durée du film : 1h29
Date de sortie en salles : Indéterminée(film vu le 5 novembre 2008 en présence du réalisateur dans le cadre du 14ème festival Cinémas et Cultures d'Asie de Lyon)


Par Nicofeel

Tropical manila

Réalisé en 2008 par le cinéaste sud-coréen Lee Sang-Woo, Tropical Manila (Manila signifiant Manille, la ville en Philippines où se déroule l'action du film) traite d'une réalité assez dure qui a lieu aux Philippines.
Le personnage principal du film, un sud-coréen, a quitté son pays d'origine après avoir commis un meurtre. Il attend dès lors qu'il y ait prescription pour regagner son pays. En effet, il faut savoir qu'en Corée du Sud, quand quelqu'un commet un meurtre, on peut poursuivre le meurtrier pendant une durée limitée à quinze ans.
Le début du film se situe à un moment où ce personnage a quasiment achevé cette période. D'ailleurs, il barre sur un calendrier les derniers jours qui lui restent à attendre.
Pendant ces quinze ans, ce personnage a fondé une famille aux Philippines. Il vit avec une philippine dont il a eu un enfant, lequel est désormais un adolescent.
Le film Tropical Manila est particulièrement frontal car on a droit à du sexe explicite. Le réalisateur a voulu être fidèle à la réalité. Ainsi, la femme qui vit avec le sud-coréen est traitée comme un objet. Elle doit porter un masque lorsqu'elle fait l'amour. Le réalisateur montre des scènes de sexe explicite et notamment des fellations en gros plan pour marquer la domination du sud-coréen sur sa compagne. Cette dernière est véritablement maltraitée. Elle doit se plier aux exigences de son compagnon quant aux à leurs relations sexuelles. Elle est parfois violentée, même violée et il lui arrive que son compagnon lui gerbe dessus lors d'une relation sexuelle après avoir trop bu.
De manière plus générale, le film dénonce une réalité peu glorieuse : le fait que de nombreux sud-coréens se rendent aux Philippines pour du tourisme sexuel. Ceux qui restent aux Philippines ne se satisfont généralement pas d'avoir une seule femme. Ils n'ont donc aucune considération pour ces femmes.
Le réalisateur du film, qui a été assistant réalisateur pour Kim Ki Duk, a établi son scénario à partir d'une histoire qui lui a été racontée entre une mère philippine et son fils né de l'union avec un sud-coréen.
On comprend aisément dans le film que cette femme ne vit pas pour elle mais pour son enfant. Elle souhaite donner un avenir meilleur à son fils. Elle ne demande dès lors qu'une chose à son compagnon : qu'il amène avec lui son fils lorsqu'il décide de retourner en Corée du Sud.
La relation dans le film entre le père et le fils est conflictuelle mais il lui arrive d'être normale. D'un côté, le fils ne supporte pas que sa mère soit considérée comme une rien du tout. Il souvent animé par l'envie de tuer son père.

Tropical manila

Il faut dire que ce dernier le frappe par moments ou lui fait l'humiliation de l'enfermer dans une cage, qui est vue par tous les passants. D'un autre côté, le père a tout de même un certain respect pour son fils, comme le prouvent la scène du bain ou la scène durant laquelle le père met un pédophile qui s'en prend à son fils dans une cage.
Sur ce dernier point, il est utile de noter que le film explique une autre réalité pour le moins sordide. Certains adultes qui vivent aux Philippines abusent sexuellement de mineurs. Il n'est ainsi pas rare dans ce pays qu'un homme d'une cinquantaine d'années se prête à des abus sexuels sur des garçons ou filles de 15 ou 16 ans, contre une somme d'argent. Ce qui arrive au fils du sud-coréen dans le film est terrible, et ce d'autant plus lorsque l'on sait que ceci est basé sur des faits réels.
Le film Tropical Manila est très dur à regarder. Ce sentiment est rehaussé par les images marquantes qui apparaissent à l'écran. Ainsi, le personnage principal du film vend des poules et des poissons (qui sont omniprésentes aux Philippines) sur le marché. Le réalisateur nous montre en gros plan les scènes où sont tués ces animaux et poissons. Ce filmage est certainement fait pour marquer les esprits et pour montrer le caractère bien brutal du personnage principal.
Venons-en à des éléments du film qui sont moins réussis. Le principal défaut tient à la mise en scène. Les images se succèdent dans le film à un rythme un peu trop soutenu, ce qui ne semble pas vraiment utile au vu de la thématique du film. Par exemple, la scène d'ouverture, filmée caméra à l'épaule, n'apporte rien, sinon de donner mal au crâne au spectateur.
On regrettera également le peu de dialogues du film, mais ce bémol reste mineur.
Au final, Tropical Manila est dans l'ensemble un film plutôt réussi qui le mérite de mettre le doigt sur une réalité bien injuste qui existe aux Philippines. Le cinéaste, qui a mis deux ans pour réaliser son film, a fait preuve d'un courage certain, dénonçant l'injustice que vivent de nombreuses femmes dans ce pays pauvre.
Son film prend d'autant plus d'ampleur que le récit est basé sur une situation familiale déterrminée qui se termine en véritable drame. La fin du film laisse d'ailleurs entendre que le fils va reprendre le même chemin que son père.

Tropical manila
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08:30:00, Catégories: Test / Critique  

Titre de l'animé : Evangelion 1.0 : You are [not] alone
Réalisateur : Hideaki Anno
Avec les personnages de : Shinji Ikari, Rei Ayanami, Misato Katsuragi, Ritsuko Akagi, le commandant Ikari
Durée du film : 1h38
Date de sortie en salles : Pas encore prévue (film d'animation vu le 8 novembre 2008 dans le cadre du 14ème festival Cinémas et Cultures d'Asie de Lyon)

Par Nicofeel

Evangelion 1.0

Sorti fin 2007 au Japon, Evangelion 1.0 constitue le meilleur démarrage pour un animé au Japon.
Ce film d'animation a été fait pour célébrer les dix ans de la célèbre série Evangelion, qui constitue la série la plus rentable au niveau de l'animation au Japon. Quant au manga à l'origine de l'animé, il en est actuellement à onze volumes ; le douzième volume verra peut-être la conclusion de la série.
Réalisé par Hideaki Anno, Evangelion 1.0 est en fait un remontage des six premiers épisodes de la série. Le studio Gainax, à l'origine de la série, devrait sortir au premier semestre 2009 Evangelion 2.0. Suivront ensuite Evangelion 3.0 et enfin Evangelion 4.0
A l'instar d'un George Lucas avec Star Wars, Hideaki Anno a décidé d'offrir une nouvelle version de son oeuvre. Le film d'animation en gagne en limpidité et dans l'animation en elle-même qui a fait l'objet de progrès techniques. On a droit à des éléments en 3 D qui sont tout à fait appréciables.
Au niveau de la trame scénaristique, on retrouve évidemment toous les personnages principaux de la série, à savoir les deux jeunes Shinji Ikari et la jeune fille Rei Ayanami. Shinji, qui est le fils du commandant Ikari, travaille pour l'organisation secrète, la NERV, qui est rattachée aux Nations Unies. Il pilote l'humain de synthèse qui donne son nom à la série et ici au film d'animation : l'Evangelion, et précisément l'Evangelion, unité 01.
Quant à Rei Ayanami, elle pilote le premier Evangelion qui a été créé, l'unité 00.
Le film d'animation Evangelion 1.0 : You are [not] alone nous amène dans un univers de science-fiction où la Terre doit faire face à des attaques de terribles monstres, les anges, qui détruisent le monde avec leurs assauts. Pour faire face à ces assauts, il n'y a qu'une solution : opposer aux anges des robots gigantesques (des mechas), les fameux Evangelion, qui seront pilotés par des humains.
Très réussi aussi bien dans la série que dans ce film d'animation, Evangelion offre une vision très intéressante des rapports entre l'être humain et le robot. Ici, Shinji Ikari et Rei Ayanami ne font qu'un avec l'Eva. Il y a une véritable fusion qui s'opère entre les deux. L'être humain est celui qui pilote à tous points de vue l'Eva.
Dans ce film, les trois combats auxquels on assiste sont des combats titanesques, qui concernent l'humanité, même s'ils se déroulent à Tokyo. On constate que le film d'animation est plus fluide et plus rythmé que la série. D'ailleurs, les éléments qui ont lieu avant le combat sont plus développés. Les combats gagnent eux-mêmes énormément en intensité. Ce qui est une bonne chose car pour les non-initiés les trois combats qui ont lieu peuvent paraître un peu redondants.

Evangelion 1.0

Un autre élément intéressant offert par ce premier film Evangelion 1.0 est le fait qu'Hideako Anno a plus concentré les rapports entre les personnages. On voit plus clairement les rapports difficiles qui ont lieu entre Shinji Ikari et son père. Ce dernier a peu de considérations pour son fils, lequel fait pourtant son maximum pour réaliser les projets de la NERV et donc pour sauver l'humanité. Le commandant Ikari a par contre une relation privilégiée avec Rei Ayanami.
On notera que globalement le film d'animation est très sérieux. Seuls quelques éléments permettent de respirer et d'avoir droit à des moments drôles. C'est la belle et extravertie Misato Katsuragi qui nous offre des scènes marrantes, notamment dans des rapports avec le jeune Shinji qui est pour sa part très timide. On appréciera également le moment où l'on voit le pingouin d'eau chaude (!), le sympathique Pen Pen.
Signalons également que comme dans la série, au milieu du film, on a droit à une mi-temps qui indique qu'on est au milieu du film.
Se terminant par la chanson Beautiful world, interprétée par la célèbre chanteuse Utada Hikaru, qui donne une véritable intensité à la fin du film (qui termine en queue de poisson puisqu'il y a encore trois films qui sont attendus pour former une tétralogie), Evangelion 1.0 : You are [not] alone est une belle réussite. Mais on ne peut s'empêcher de penser qu'il s'agit surtout d'une opération économique car le film ne nous apporte au final pas grand chose de plus que la série. L'animation est certes meilleure mais les éléments nouveaux sont peu nombreux. Voilà donc un film qui reste avant tout réservé aux fans de la série.

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08:30:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Summer trip
Réalisateur : Hiroshi Toda
Film japonais
Durée du film : 1h12
Date de sortie en salles : Pas encore prévue (film vu le 9 novembre 2008 en avant-première mondiale en présence du réalisateur et de l'acteur Shinichi Okayama dans le cadre du 14ème festival Cinémas et Cultures d'Asie de Lyon)

Par Nicofeel

Summer trip


Réalisé par le japonais Hiroshi Toda, Summer trip (Un voyage de l'été) est une ode à la nature et à la vie.
Le film s'intéresse à deux vieux amis, qui sont à la retraite, et qui ont décidé de s'offrir un voyage en forêt. Notons que le film a été tourné dans la campagne de Fukui et de Kyoto. Le film nous montre deux personnages qui, accablés par le poids des années, se sentent fatigués. L'un des amis a des douleurs au dos tandis que l'autre a des douleurs aux genoux. Ce voyage se veut donc un moyen d'oublier ses soucis.
Le réalisateur du film, Hiroshi Toda, est directeur de clinique en plus d'être cinéaste. Il nous fait comprendre dans ce film qu'il y a une part non négligeable des douleurs qui tient de la psychologie. C'est la raison pour laquelle dans le quotidien le plus banal il introduit une part de fantastique.
En effet, les deux personnages de son film vont trouver au bord d'une route un restaurant. Dans celui-ci ils vont avoir le plaisir de manger des plats succulents, qui sont surtout des plats naturels. Loin des produits surgelés qu'ils mangaient peu de temps auapravant, les deux personnages vont manger des nouilles soba aux champignons. Ces champignons « de la chance » auraient la faculté de rendre les gens qui les mangent immortels. Il faut pour cela les cuisiner d'une certaine façon. Evidemment, tout cela n'est qu'une croyance mais cela permet surtout au réalisateur de faire passer son message, à savoir que certaines douleurs (ici le dos et les genoux) sont psychologiques. La seconde fois que les deux personnages se rendent dans ce restaurant étrange, les deux personnages ont droit à des champignons de la chance bouillis dans de la sauce de soja et ils boivent de l'alcool de riz qui les rend particulièrement joyeux.
Avec un filmage quasi contemplatif (des plans fixes et des plans resserés), le réalisateur Hiroshi Toda cherche à transmettre au spectateur un amour de la vie. Les deux personnages évoquent d'ailleurs au début du film leur point de vue sur la vie : l'un des deux a besoin d'un sens à sa vie tandis que l'autre profite simplement de la vie.
Les personnages s'abandonnent dans la nature. Ils profitent de leurs rapports avec la nature : ils dorment à la belle étoile, ils boivent de l'eau de source, ils se reposent. A l'instar des deux personnages, le spectateur ressent une sorte d'apaisement à voir le film, sentiment qui est accru par la musique atmosphérique de Miho Kashiwagi.
Le réalisateur aime filmer la beauté de la nature : on voit une nature en mouvement avec les vagues de l'eau, les nuages. Les différents éléments de la nature symbolisent clairement la vie. D'ailleurs, cela n'est pas un hasard si le film démarre avec un poème de Matsuo Bashô (1644-1694) : « Les cigales vont mourir mais leur cri n'en dit rien ». Evidemment, les cigales, ce sont nos deux personnages. Le réalisateur semble nous dire que ces deux-là ne sont pas encore arrivés au terme de leur vie. Il faut donc qu'ils profitent de la vie. Ils n'ont rien à craindre de cette nature qui est accueillante. On est loin des moments où, comme l'indique un des personnages, on abandonnait les personnes âgées dans les montagnes pour ne plus avoir à les nourrir.
La nature est clairement ici bienveillante. D'ailleurs, la scène où l'on voit une rivière rouge (symbole de vie pour le réalisateur) avec des champignons qui s'en vont est le symbole de l'écoulement de la vie.
Dernière qualité du film : le fait que le surnaturel, l'étrange s'immisce de façon naturelle dans le quotidien le plus banal. D'ailleurs, le réalisateur en joue puisqu'il nous offre à la fin quelques rebondissements (on pourrait presque parler de twist) avec l'idée du rêve ou encore avec l'existence du restaurant.
Le film Summer trip comporte également quelques défauts. Le principal de ceux-ci est l'idée même d'avoir filmé en DV. Le film perd en netteté, ce qui est dommage au vu de la beauté des paysages naturels. Un autre défaut, mais qui est variable selon chacun, est cet aspect contemplatif qui ne plaîra pas à tout le monde.
Au final, Summer trip est un film agréable qui apporte une vision positive de la vie, comme le signifie clairement le dernier plan.

Summer trip
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12.11.08

08:00:00, Catégories: Nouveautés  

Par Le Doc

Pour ceux qui seraient impatient de découvrir ou re-découvrir les films actuellement en salle chez nous sur notre support favoris, l'Amérique est là, et ses DVD Zone 1 (qui comporte de plus en plus de sous-titre français) reste une très bonne alternative pour ceux qui ne veulent pas attendre ! Je vous propose donc de faire un rapide tour des sorties DVD Zone 1 de ce mois de novembre 2008.

kung fu panda zone 1Vous pouvez d'ores et déjà retrouver trois films d'animation présents dans nos salles récemment : tout d'abord Kung-Fu Panda, le fameux Panda gaffeur auquel Jack Black prête sa voix. Il bénéficie d'une édition simple qui comporte une piste audio française ainsi que des sous-titre français mais aussi quelques courts bonus. Pour quelques dollars de plus, vous aurez droit à un dvd supplémentaire comportant des bonus interactifs supplémentaire. L'édition Blu-ray Disc est également disponible.wall-e zone 1

Star Wars: The Clone Wars, le nouveaux volet de la saga de George Lucas est également disponible. En édition simple comme en édition double DVD comportant tous deux une piste audio et des sous-titre français. Il en est de même pour l'édition Blu-ray, sur lequel il est cependant précisé que la piste audio est du français canadien.

Mais le grand film d'animation qui a fait l'unanimité cette année, c'est bel et bien Wall-E. Vous pourrez vous le procurer à partir du 18 novembre prochain en édition simple comme en édition double DVD comportant vraisemblablement de nombreux bonus. Les mêmes éditions sont disponibles en Blu-ray Disc, simple et double. Seul la VO est disponible ici.

hellboy 2 zone 1

N'oublions pas la sortie en fanfare de ce cher " big red monkey", j'ai nommé Hellboy pour son nouvel opus Hellboy II : The Golden Army...et comme à l'accoutumée, Guillermo DelToro nous offre des éditions toujours aussi riche ! L'édition simple comporte déjà plusieurs bonus, tandis qu'une édition 3 DVD bourrée de bonus complémentaire est disponible...mais il reste l'édition ultime, comportant également un livret collector, une affiche du film et une statuette d'un soldat de la Golden Army...une édition prestigieuse également disponible en Blu-ray à moins que vous ne lui préfèreriez l'édition simple... Toutes ces éditions comporte une piste audio et des sous-titres français, pour notre plus grand plaisir !

A noter également la sortie, le 18 novembre, de Tropic Thunder, édition simple, deux DVD et Blu-ray Disc, comportant à leur tour tout ce qu'il faut pour les francophones, tout comme Les Chimpanzés de l'espace, fraichement sortie dans nos salles et disponible dès le 25 novembre prochain outre-atlantique.

scrubs saison 7 zone 1Côté série, à noter la sortie le 18 novembre de la troisième saison de la série Bones, proposant des sous-titres français, tout comme l'intégral de la septième saison de Scrubs, disponible depuis le 11 novembre. La quatrième saison de la célèbre série Doctor Who sera quant à elle disponible à partir du 18 novembre malheureusement uniquement en VO.

Du côté du cinéma bis, le 18 novembre verra apparaitre un coffret consacré à l'oeuvre érotique de Jean-Marie Pallardy, bien connu des férues de nanar. Executive Koala, que notre cher Nicore ne tardera pas à tester j'en suis sûr sort quant à lui en version originale japonaise sous-titrée anglais. Un nouveau volume de la collection "Exploitation Cinema" montre également le bout de son nez avec comme d'habitude un double programme, cette fois-ci Chinese Hercules/Black Dragon, malheureusement disponible uniquement en VO.

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10.11.08

07:50:00, Catégories: Test / Critique  

In Living Color : Saison 1"You can do what you wanna do, in living color", c'est ce que clame haut et fort les paroles du générique de cette série, devenue culte Outre-Atlantique où elle connu son heure de gloire au début des années 90. Ce show TV fut créé par les frères Wayans (auteur du célèbre Scary Movie) et en particulier par Keenen (l'ainé) et Damon Wayans. Le principe de l'émission est simple : il s'agit d'une succession de sketchs réalisé parfois en publique, avec des personnages récurrents, parodiant les stars et les émissions de la télé américaine de l'époque. C'est en quelques sorte l'équivalent des émissions parodique que présentait Les inconnus ou encore Les nuls à peu près à la même époque. Mais ce qui fait la particularité d'In Living Color, c'est l'accent mis sur le côté coloré de la série. En effet, la majorité du casting est constitué d'Afro-américain et les sujets sont souvent traités du point de vue de la communauté noir, parlant des sujets comme le racisme ou la pauvreté. Le casting est donc composé en grande partie de comédiens afro-américain, pour la plupart des membres de la famille Wayans. Sont présent Keenen Ivory Wayans, frère ainé, créateur et producteur du show, les frères Damon et Shawn Wayans que l'on a pu apercevoir au cinéma dans Scary Movie ou encore la comédie Spoof Movie ainsi que d'autres membres un peu moins connu comme l'une de leur soeur Kim Wayans. Seul deux blancs font partie de la troupe dans cette première saison : Kelly Coffield et un jeune comédien encore inconnu à l'époque, monsieur Jim Carrey, qui apparait à l'époque sous son vrai nom : James Carrey. Toutes cette jeune équipe, motivé, va faire démarrer cette première saison sur les chapeaux de roues.

Le premier épisode, diffusé le 15 avril 1990 annonce bien...la couleur ! On assiste à une parodie d'émission télé "Love Connection", sorte de "Tournez Manège" américain dans laquelle Damon Wayans parodie...Mike Tyson en amoureux transi analphabète. Puis vient "Great Moments in Black History", une mini-rubrique récurrente dans la série qui présente des grands moments de l'histoire parodié d'un point de vue noir. On y découvre ici le premier noir sur la lune, ayant été volontairement laissé là-haut par Armstrong pour alléger le poids de la navette. Acide et hilarant. Puis le "Homeboy Shopping Network" nous dévoile un télé-achat animé par deux gangstas et leur marchandises de provenance douteuse...Viens ensuite "Redd Foxx for Hire", vieil homme au foyer harcelé par sa femme. Le sketch suivant, "Equity Express" reflète bien les intentions de la série. Il s'agit en effet d'une fausse pub à propos d'un homme noir dans une banque qui se voit refuser un retrait d'argent avec sa "Gold Card" sous prétexte que ce genre de "personne" ne possède pas assez d'argent pour posséder une telle carte...Le sketch est très drôle et montre l'aspect intéressant de la série, celui de parler de sujet sensible (les USA ayant connu de nombreux conflits avec la communauté noir) ici le racisme primaire qui subsiste aujourd'hui encore. Puis, pour finir sur un sujet plus...gaie...Damon Wayans et David Alan Grier nous présente "Men on films", l'actualité culturel américaine présenté par deux homosexuels très extravagants...un sketch hilarant, encore une nouvelle preuve de la volonté de rire des minorités, tenant à la fois à dénoncer mais aussi à divertir en gardant un oeil léger et second degré sur les différences. Chaque épisode dure un peu plus d'une vingtaine de minutes. Les Fly Girls, un groupe de danseuse interviennent également quelques minutes dans chaque épisode pour livrer une chorégraphie très...année 90. Il faut avouer que c'est vite ennuyeux (sauf si vous aimez la danse) mais heureusement, cela ne dure qu'une petite minute. A noter qu'une chose porte vraiment à sourire : le look des danseuses ainsi que de l'équipe qui apparaît à chaque fin d'épisode sur le plateau pour clore le show, look très cheap, même ringards mais qui rappel tellement de souvenirs (ah, les t-shirt jaune fluo à pois vert et les pantalons à rayures rose et noir...)

La première saison, diffusé d'avril à septembre 90 fût un gros succès. Elle donne naissance à des personnages et des sketches qui vont rapidement devenir cultes tel que Homey the Clown, un clown fraichement sorti de prison, VeraDeMilo la culturiste sado-masochiste interprété par Jim Carrey ou encore The Buttmans, une parodie de sitcom avec des personnages...ayant un postérieur à la place du front !

La série est facilement trouvable en DVD, étant édité depuis 2003 chez la 20th Century Fox. N'ayant jamais été exporté en Europe, elle est uniquement disponible en VO avec des sous-titre anglais ou espagnol...Il vaux mieux donc avoir une assez bonne compréhension de la langue de Shakespeare et de la culture américaine pour capter toutes les subtilisées. Les DVD comprennent également quelques courts bonus. Cette première saison comprend une rétrospective avec des interviews de certains membres de l'équipe à propos de la série en elle-même puis des numéros de danse des fameuse Fly Girls.

Vous pourrez trouver cette première saison facilement, notamment sur le MarketPlace d'Amazon France ou encore sur le site américain Deep Discount.

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09.11.08

18:45:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Septième ciel
Réalisateur : Andreas Dresen
Avec : Ursula Werner, Horst Rehberg, Horst Westphal...
Durée du film : 1 h 36
Date de sortie en salles : 5 novembre 2008

Par Nicofeel

Réalisé par Andreas Dresen, Septième ciel a déjà réussi à attirer plus de 350 000 spectateurs en Allemagne. Pourtant, Spetième ciel est le prototype même du film au sujet casse-gueule. En effet, le réalisateur a pris le parti de s'intéresser à la sexualité des gens dits du troisième âge. Et le film comprend plusieurs scènes de nudité (principalement au début du film) qui mettent en scène des personnes âgées.
En fait, le réalisateur allemand a voulu dans son film tordre le cou à certaines idées reçues, véhiculées d'ailleurs par les médias et par les films que l'on voit habituellement sur les écrans. Andreas Dresen s'en prend clairement au jeunisme. Il tend à montrer qu'après 60 ans, on peut toujours avoir une sexualité et plus généralement on peut tomber amoureux à cet âge. Eh oui, le réalisateur part d'une idée fort logique : il n'y a pas d'âge pour aimer.
Ce qui aurait pu paraître comme un film choquant n'en n'est pas un. Le cinéaste ne filme pas des personnages nus de manière purement gratuite. C'est tout simplement pour montrer qur lorsque l'on fait partie de ce troisième âge, on a encore des envies, des passions. Bref, ce n'est pas parce que l'on est dans la dernière partie de sa vie que l'on a un pied dans la tombe.
Rien que pour cela, le film d'Andreas Dresen est important. On voit des personnes âgées qui tombent amoureuses comme des jeunes, qui sont passionnées, qui vivent des moments intenses.
Mais Septième ciel est aussi et surtout une histoire universelle. C'est un pur drame. En effet, ce n'est pas parce que l'on est âgé que l'on a plus de sentiments.
Dans ce film, Inge, la soixantaine, qui est mariée à Werner depuis 30 ans, tombe amoureuse de Karl, âgé de 76 ans. Si c'est le grand amour entre Inge et Karl, on comprend rapidement que le couple formé par Inge et Werner ne peut pas se terminer sans heurts.
En filmant notamment les visages de ses protagonistes en gros plan, Andreas Dresen privilégie les réactions physiques aux paroles (il y a relativement peu de dialogues dans le film). Car c'est bien une attirance physique entre Inge et Karl qui va leur donner l'envie d'être ensemble.
Le film peut clairement être divisé en deux parties. Dans une première partie, il y a Inge qui trompe son mari avec Karl : avec ce dernier, elle s'adonne à des plaisirs qu'elle avait oubliés depuis des années, à savoir des balades en vélo ou encore le fait d'aller nu dans un étang.

La deuxième partie tire plus du côté du drame. En effet, Inge, qui a des remords, doit faire le choix entre son époux et son amant. Et ce n'est pas facile. Il risque d'y avoir de la casse.
Le réalisateur Andreas Dresen montre que la passion amoureuse est possible à tout âge, mais que lorsqu'une famille est bien établie et que l'habitude a commencé à s'installer, il est difficile de changer. Le changement risque de poser des problèmes au niveau sociétal et familial : c'est d'ailleurs ce que dit clairement dans le film la fille de Inge. Elle conseille à sa mère de fréquenter son amant en douce et de continuer de vivre avec son époux, comme si de rien n'était. En d'autres termes, la fille d'Inge part du principe que dans une affaire aussi grave, il vaut mieux cacher la vérité.
Si Septième ciel est réussi, c'est d'abord en raison de son réalisateur qui a réussi à trouver une justesse dans le ton de son film. Comportant plusieurs scènes assez drôles (en tout cas au début du film), comme l'habitude pour Inge d'aller à la chorale avec des femmes de son âge, mais aussi des scènes qui virent progressivement vers le drame, Septième ciel bénéficie également de l'interprétation de ses trois acteurs principaux qui se révèlent véritablement impeccables. On sent tout le vécu et tous les sentiments qui submergent les personnages que jouent ces acteurs. La première scène du film avec la passion qui envahit Inge et Karl est vraiment très bien rendue. On se croirait finalement comme dans une relation entre deux jeunes adultes qui font preuve de maladresses et d'une douceur certaine dans leurs rapports.
En somme, sur un sujet délicat, à savoir la sexualité des gens du troisième âge, Septième ciel se révèle tout à fait intéressant. Le spectateur ressort de sa séance avec une émotion certaine, ce drame étant au final universel.

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07.11.08

06:30:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

coffret Hammer collection

Histoire de faire rêver un peu les collectionneurs (ou de préparer les cadeaux de fin d’année…), voici un imposant coffret dédié à la mythique firme anglaise "Hammer" qui inonda dans les années soixante/ soixante-dix le cinéma fantastique d'œuvres majeures et s'imposa comme un lien évident entre le classicisme d'alors et la nouvelle vague horrifique plus graphique et généreuse en érotisme et en effets sanglants.

C'est à l'éditeur anglais Optimum home entertainment que nous devons ce coffret énorme regroupant vingt et un titres de la firme, mais paradoxalement, ce ne sont pas forcément les "classiques" de la "Hammer" qui sont présents, puisque nous retrouvons ici "Blood From The Mummies Tomb", "Demons Of The Mind", "The Devil Rides Out"( aka "Les vierges de Satan"), "Viking Queen", "Dracula, Prince Of Darkness" ( aka "Dracula, prince des ténèbres"), "Fear In The Night"( aka "Sueur froide dans la nuit"), "Frankenstein Created Women" (aka "Frankenstein créa la femme"), "The Horror Of Frankenstein", "The Nanny" (aka "confession à un cadavre"), "One Million Years BC", "The Plague Of The Zombies" ( aka "L'invasion des morts-vivants"), "Prehistoric Women", "Quartermass And The Pit"( aka "Les monstres de l'espace"), "Rasputin The Mad Monk" (aka "Raspoutin, le moine fou"), "The Reptile"( aka "La femme reptile"), "The Scars Of Dracula" (aka "Les cicatrices de Dracula"), "SHE"( aka "La déesse de feu"), "To The Devil A Daughter" (aka "Une fille pour le Diable"), "The Vengeance Of SHE", "Straight On Till Morning" and "The Witches" (aka "Les sorcières").

coffret Hammer collection

Comme on peut le voir, ce coffret s'intéresse aussi bien aux mythes de Dracula et de Frankenstein qu'à la science-fiction, à l'"heroic fantasy" et au surnaturel, tout en représentant aussi le thriller avec notamment le "Confession à un cadavre" avec Bette Davis.
Et justement, au détour des films présents ici, on pourra retrouver les pincipaux acteurs fétiches de la firme, Christopher Lee, mais aussi bien entendu Peter Cushing et Vincent Price, tandis que les réalisateurs emblématiques de la "Hammer" seront représentés, Terence Fisher, mais aussi Jimmy Sangster ou encore John Gilling.

Cet imposant coffret comprendra en plus des films (présentés en version anglaise) un booklet sur la "Hammer" et des cartes reproduisant les affiches de certains films. Les DVD avançant pour la plupart en bonus les bandes-annonces des œuvres contenues, tandis qu'en plus nous aurons droit à quelques commentaires audios, des interviews et deux documentaires : "Les nombreux visages de Christopher Lee " et le remarquable "To the devil…Death of the Hammer" d'une durée de vingt-quatre minutes.

Pour ceux qui voudraient investir dans ce remarquable coffret disparate sur les productions de cette firme emblématique du fantastique anglais, c'est ici qu'il faut aller !

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06.11.08

06:50:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Quatre nuits avec Anna
Réalisateur : Jerzy Skolimowski
Avec : Artur Steranko, Kinga Preis
Durée du film : 1 h 27
Date de sortie en salles : 5 novembre 2008

Par Nicofeel

Quatre nuits avec Anna


Réalisé par le polonais Jerzy Skolimovski (auteur de films tels que Le départ ; Deep end ; Travail au noir), Quatre nuits avec Anna est un film intimiste.
Il met en scène Léon, un homme qui a assisté au viol d'une jeune femme, Anna P. Ayant téléphoné à la police pour signaler ce viol, Léon a été incarcéré, ayant été considéré comme le coupable. Pourtant, il n'en n'est rien. Et ce qui est arrivé à Léon en prison est loin d'être sympathique. Tous ces événements, on les apprend progressivement par le biais de flashbacks qui sont quelque peu perturbants mais qui rendent bien compte des enjeux du film. Le réalisateur indique clairement de la sorte que Léon est une victime dans cette société. Son seul reproche est son incapacité à réagir.
Le départ du film montre Léon qui observe sa voisine, Anna. Pour cela, il se situe près d'un incinérateur où il travaille. Sa vie est particulièrement morne. Et ses conditions de vie et d'hygiène sont très limites. Léon ne mange et boit selon un rythme qui répond au rythme de vie d'Anna.

En fait, Léon est obsédé par sa voisine. Depuis qu'il a assisté à ce viol, étrangement il est tombé amoureux de cette jeune femme. Mais Léon n'est pas pour autant un pervers. Cet homme timide, qui ne dit quasiment rien (le film comprend d'ailleurs peu de paroles), ne cherche qu'à être auprès d'Anna. Il ne lui veut aucun mal.
Lorsque celle-ci sera endormi, Léon va s'introduire chez elle. A aucun moment, Léon a des idées malveillantes. D'ailleurs, chacun de ses passages donne lieu à des scènes tout à la fois drôles et pathétiques. Léon ne fait qu'observer une femme qu'il aime. Selon les circonstances, pour ne pas se faire remarquer, il se planque sous le lit ou alors il se dépêche de rentrer chez lui, c'est-à-dire juste en face de sa voisine. L'acteur qui joue le rôle de Léon est vraiment très bon ; il donne vie à son personnage. Il est très crédible dans le rôle difficile qu'il interprète à l'écran.
On appréciera la scène de l'anniversaire d'Anna que tente de se réapproprier Léon.

Quatre nuits avec Anna

A tel point que Léon achète une bague à Anna qu'il lui mettra au doigt lors d'un de ses passages. Léon est en fait dans son monde. Il pense qu'il fait partie de la vie d'Anna.
Si tout cela est très excessif, c'est tout de même caractéristique d'une société où les gens se sentent cruellement seuls et doivent faire avec leur solitude. D'ailleurs, Anna n'est-elle pas elle-même seule ?
Le film de Jerzy Skolimowski n'est pas d'un accès très facile. Surtout, l'ambiance du film est assez pesante. Les endroits où se déroule l'action sont des paysages peu accueillants. Il ne semble y avoir aucune vie là-dedans. On se croirait dans des lieux post-seconde guerre mondiale.
Et pour en ajouter un peu plus, le réalisateur polonais filme souvent des paysages froids, et de nuit. Car une grande partie de l'action se déroule dans une quasi obscurité. Léon vient souvent voir la femme qu'il aime, muni d'une lampe.
Le constat que dresse Jerzy Skolimowski n'est pas vraiment des plus réjouissants. D'autant que l'on sait, et Anna elle-même lorsqu'elle assistera au deuxième jugement de Léon, que celui-ci n'est pas coupable.
Oui mais voilà, comme souvent, on s'en prend aux faibles, à ceux qui ne peuvent pas se défendre. Le portrait que fait le réalisateur polonais de la justice est sans équivoque. Il en va de même de la police dont l'objectivité est des plus conternantes.
Au final, Quatre nuits avec Anna est un film d'amour, mais malheureusement il s'agit d'un amour unilatéral. La timidité de Léon fait que celui-ci n'osera jamais aller vers cette femme qui semble être son unique raison de vivre.
Mélange de Kafka (dans ce récit étrange où tous les événements semblent aller contre Léon qui est la victime au sein de ce système) et de Kieslowksi (dans l'incapacité du voyeur à dire qu'il aime sa voisine, ce que fera pourtant Léon mais ça sera trop tard), Quatre nuits avec Anna est un film d'auteur bien mis en scène mais qui ne plaîra pas à tout le monde. A voir en connaissance de cause.

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05.11.08

09:40:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Automaton transfusion

Malgré son budget plus qu’étriqué (30000 dollars pour neuf jours de tournage), ce Automaton transfusion n’en demeurera pas moins un "zombie movie" très énergique et agrémenté de scènes gores étonnantes qui viendront compenser une intrigue largement simpliste.
Le script suit les déboires et la lutte pour survivre de quelques lycéens confrontés à une invasion de zombies affamés ayant envahi leur ville.

Automaton transfusionAprès une séquence d'introduction déjà très graphique suivant un jeune interne ayant bien du mal à s'habituer à son travail dans la morgue d'un hôpital et qui offrira au métrage sa première victime lors d'une scène très visuelle, le métrage sa s'installer brièvement dans le "film de campus" pour nous présenter ses principaux personnages, trois lycéens ordinaires, Tim, Scott et Chris ayant plus ou moins maille à partir avec l'élite du lycée que fréquente Jackie, la petite amie de Chris partagée entre son amour pour celui-ci et ses amis. Mais heureusement, cette présentation ne va pas traîner en longueur, loin de là (surtout qu'elle sera en plus entrecoupée par une seconde amorce de l'invasion à venir avec cet élève hirsute qui va s'en prendre à un professeur pour le mordre), et va rapidement diviser l'intrigue en deux segments différents. D'un côté Jackie va se rendre à une fête dans une maison en retrait en compagnie de ses amis, tandis que Chris et ses deux comparses vont prendre la route pour un concert en ville dans un bar, laissant quand même le temps au métrage de continuer à avancer d'autres scènes d'attaques éparses, prémices qui permettront également au réalisateur de s'essayer aux fausses alertes hélas bien facilement anticipables.

Automaton transfusionEnsuite le métrage va donc suivre ses deux sous intrigues en parallèle, pour voir Chris, Tim et Scott s'inquiéter de ne croiser personne sur la route à une heure de grande influence avant de pénétrer dans la ville déserte et d'être attaqués aux abords du bar leur servant de destination et dans lequel ils n'auront que le temps de s'enfermer avant que les zombies ne fassent le siège de l'endroit. Pendant ce temps-là Jackie va assister à une fête classique, laissant l'auteur apporter quelques touches d'un humour pas franchement drôle avant que les zombies n'attaquent, pour une séquence bien sanglante et donnant lieu à quelques réjouissances gores originales et très graphiques (la mâchoire arrachée, par exemple) mais laissant Jackie réussir à se cacher dans les toilettes sans être tuée ni contaminée.

Automaton transfusionMais bien entendu, l'intrigue va faire se retrouver les deux groupes, Chris et ses amis venant au secours de sa belle et le quatuor va tenter de rejoindre leur lycée pour espérer y trouver du secours, offrant ainsi au métrage une seconde partie tout aussi vivace que la première et foisonnant de rebondissements sanglants jusqu'au dernier acte qui nous offrira quand même une explication (pas plus stupide qu'une autre !) sur la raison de cette invasion tout en laissant un final largement ouvert et appelant ouvertement à une suite venir clore (provisoirement ?) les débats sur une note pas forcément optimistes et laissant les deux survivants en bien mauvaise posture.

Automaton transfusionLe gros point négatif du métrage restera son intrigue, facile et guère originale qui se contentera de puiser ses idées ici ou là pour en tirer des situations laissant forcément un arrière-goût de "déjà-vu", telle cette entrée dans la ville désertée qui rappellera l'entame du Jour des morts-vivants de Georges A. Romero, tandis que l'énergie et la "vitalité" des morts-vivants sera directement issue de la vigueur des zombies de L'armée des morts, mais surtout, à de trop rares exceptions, les petits effets de surprise tentés par le réalisateur tomberont à plat et le spectateur aura régulièrement l'impression d'avoir une longueur d'avance sur les personnages, plombant ainsi l'éventuel suspense tout en réduisant à néant les quelques passages essayant de véhiculer une tension qui ne montera hélas jamais.

Automaton transfusionMais heureusement, cette intrigue simpliste et prévisible sera largement compensée par la volonté de l'auteur de donner à son métrage une énergie de tous les instants, en ne laissant aucun répit aux personnages et au spectateur pour multiplier les rebondissements sans aucun temps mort, passant d'une action à l'autre rapidement et ne s'attardant jamais sur des considérations morales ou psychologiques des personnages (même si cela aurait pu donner un peu d'ampleur à des protagonistes bien lisses) pour une succession de séquences d'action bien souvent sanglantes et ne lésinant pas sur les plans gores démonstratifs portés par des effets spéciaux impeccables, et même si ces scènes pourront donner quelque peu l'impression de verser dans la redite (les repas des zombies).

Automaton transfusionLes personnages, guère fouillés, ne se démarqueront pas de l'habituelle bande de jeunes souvent servie dans le genre et n'arriveront pas à devenir attachants, malgré une certaine volonté du réalisateur, avortée par des situations trop faciles (les brimades des "BCBG" du lycée) et des sentiments à peine esquissés qui certes ne viendront pas ralentir l'action mais qui aurait pu permettre au spectateur de s'impliquer davantage dans l'intrigue, et ce même si l'interprétation est ici largement cohérente, avec de jeunes acteurs parvenant à expliquer leur colère ou leur rage dans ce combat à l'issue plus qu'incertain.

Automaton transfusionLa mise en scène du réalisateur (dont c'est le premier long métrage) est bien entendu vive et dynamique, mais hélas les mouvements de caméra aléatoires et trop saccadés viendront régulièrement gêner la lisibilité des séquences et laisseront l'empreinte d'une inexpérience parfois trop prégnante. Les effets spéciaux, versant surtout dans le gore franc et direct, puisque les maquillages des zombies ne seront qu'entraperçus, sont largement convaincants et osent des choses étonnantes (surtout à la vue du budget du métrage) pour quelques plans mémorables et serviront ainsi le métrage de façon exemplaire en venant en plus très régulièrement inonder le film de façon sanglante et démonstrative.

Donc, ce Automaton transfusion parviendra quand même à tirer son épingle du jeu grâce à son énergie débordante et par la qualité de ses effusions sanglantes volontaires qui viendront compenser les aléas d'une intrigue sommaire !

Automaton transfusionLe DVD de zone 1 édité par Dimension extreme avancera une image claire et nette, seulement perturbée par les mouvements de caméra imputables au réalisateur, tandis que la bande-son sera efficace grâce à une partition musicale inspirée venant renforcer l'impact de certaines séquences fortes du film, celui-ci étant ici proposé en version anglaise, sous-titrée en anglais et en espagnol.
Au niveau des bonus, on pourra suivre quelques scènes coupées guère passionnantes (si ce n'est la compilation des plans gores du film !), un long making-of débarrassé du ton promotionnel d'usage pour laisser la parole aux principaux membres de l'équipe du film qui reviendront sur la genèse du projet et sur les difficultés rencontrées (parfois assez surprenantes), deux vidéo-clips musicaux bruyants mais sympathiques, ainsi qu'un court-métrage du réalisateur guère passionnant, laissant quelques bandes-annonces (dont celle du film) clore ces bonus prolongeant globalement de façon intéressante la vision du métrage.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce petit budget gore volontaire et dynamique, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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04.11.08

10:15:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

Black sheep

S’il y avait bien un animal guère exploité dans le cinéma fantastique, c’était bien le mouton, qui se contentait d’être explosé par un Peter Jackson alors débutant dans Bad taste, mais avec ce Black sheep, nous venant lui aussi de Nouvelle-Zélande, l’animal tient largement sa revanche pour une comédie horrifique très référentielle qui après son passage dans les salles obscures en début d’année, revient dès le 6 novembre en DVD grâce à TF1 Vidéo.

Black sheep

Le script renvoie Henry, un jeune homme, dans son pays d’origine après quinze ans d’absence, où il va retrouver sa famille tenant une exploitation de moutons, un calvaire pour Henry qui a une phobie profonde de ces animaux suite à une mauvaise blague survenue dans sa jeunesse. Le frère d’Henry se livre non loin de là à des expériences génétiques aussi secrètes qu’obscures, mais des activistes vont venir lui voler un bocal contenant un fœtus animal qui va par inadvertance se retrouver hors de son récipient et va contaminer toutes les espèces animales qu’il va croiser, moutons et humains, transformant ses victimes en créatures assoiffées de sang...

Black sheep

Auréolé de ses deux prix reçus à Gérardmer (prix du public et prix du jury), le métrage a globalement reçu de bonnes critiques qui, malgré des références régulièrement trop présentes mais assumées et une action parfois poussive, ont salué l’aspect déjanté et un peu fou du métrage qui ne se prend jamais au sérieux pour assener des gags loufoques au milieu des exactions sanglantes de moutons hilarants et de mutants orientés "loup-garou" réussis, pour un ensemble cartoonesque bien délirant.

Black sheep

Le DVD édité par TF1 Video avancera une image en 16/9 anamorphique, tandis que le film sera proposé en version française et anglaise sous-titrée en DD2.0 et en DD5.1.
Au niveau des bonus, on pourra suivre un petit making-of de huit minutes, des interviews des membres de l'équipe du film, ainsi que la bande-annonce. Deux jours auparavant, l'édition belge du film éditée par Videodis sortira, sans bonus.

Black sheep

C'est donc à partir du 6 novembre que nous allons pouvoir suivre les aventures de ces moutons très "spéciaux" et bien délirants qui on peut l'espérer vont redorer quelque peu le blason de ces animaux guère chanceux jusque-là dans le cinéma de genre !

Et un dernier projet d'affiche bien déluré, rien que pour le plaisir :

Black sheep

Black sheep (2008)

Black sheep (2008)
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Black sheep (2008) - Edition belge

Black sheep (2008) - Edition belge
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03.11.08

12:35:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : The visitor
Réalisateur : Thomas Mac Carthy
Avec : Richard Jenkins, Hiam Abbas, Haaz Sleiman, Danaï Gurira ...
Durée du film : 1h43
Date de sortie en salles : 29 octobre 2008

Par Nicofeel

The visitor


Réalisé par Thomas Mac Carthy, The visitor a obtenu le Grand Prix au festival de Deauville en 2008. Et cela est parfaitement mérité. Car ce drame social est un très bon film.
The visitor raconte l'histoire d'un homme, Walter Vale (incarné par un émouvant Richard Jenkins), la soixantaine, qui est professeur d'université dans le Connecticut et qui doit se rendre à New York pour faire un discours lors d'une conférence qui dure plusieurs jours. Ayant un appartement à New York, il s'y rend afin de se loger le temps de la durée de la conférence. Il découvre alors que son logement est déjà habité par un couple, Tarek (qui est syrien) et Zainab (qui est sénégalaise). Afin de permettre au couple de se reloger dans de bonnes conditions, Walter leur propose de les héberger quelques jours.
The visitor est un film très fin sur le plan humain. En effet, il montre que l'on a beaucoup à apprendre de l'autre. Ainsi, les relations entre le jeune Tarek et Walter sont très réussies. Sans but réel dans sa vie, Walter, qui errait jusque-là comme un fantôme (sa défunte épouse lui manquant énormément), trouve en Tarek un ami qui lui apprend sa passion : le djembé. L'un et l'autre se retrouvent dans des parcs à New York pour profiter de la vie et donner des concerts de djembé.

Mais Tarek, en situation irrégulière sur le territoire américain, se retrouve arrêté et Walter remue ciel et terre pour lui venir en aide : il va le voir en prison au parloir (Walter est la fameux visiteur du titre du film), engage un avocat et loge la mère de Tarek.
La politique en matière d'immigration des Etats-Unis est clairement pointée du doigt par l'exemple de Tarek. Après tout, ce dernier ne souhaite que vivre de sa passion. Comme il le dit très justement dans le film, il n'est pas un terroriste. D'ailleurs, les terroristes ne restent pas en prison puisqu'ils ont des contacts et de l'argent qui leur permettent de sortir rapidement. On comprend dans le film que la politique des Etats-Unis en matière d'immigration s'est nettement durcie depuis les événements du 11 septembre 2001.
Et le réalisateur, par le biais de son personnage principal, s'émeut de cette situation qu'il trouve particulièrement injuste.
On apprécie dans ce film la volonté de Walter Vale qui se bat pour son ami Tarek. Ce dernier lui a redonné goût à la vie et Walter veut lui rendre pour sa part la liberté qu'il a perdu (puisqu'il est en prison). Le combat auquel se livre Walter pour tenter de faire retrouver à Tarek sa liberté semble quasiment perdu d'avance mais il garde la foi. Il ne veut pas abandonner son nouvel ami. Le réalisateur du film se sert évidemment du personnage de Walter et de son humanisme pour exprimer son point de vue.
Walter entretient également une relation très tendre avec la mère de Tarek, ce qui ne lui était plus arrivé depuis le décès de son épouse. Walter revit à nouveau au contact de cette femme. Lui qui ne s'intéressait à plus rien (même pas à son travail d'enseignant) et qui ne fréquentait plus personne retrouve des joies dans sa vie quotidienne. Quant à la mère de Tarek, elle apprécie l'humanité qui émane de cet homme et qui est aux petits soins avec elle.
Le drame auquel on assiste se joue sur plusieurs niveaux : les relations entre Tarek et sa famille (Walter inclus) ; les relations entre Walter et la mère de Tarek.
The visitor est un film qui joue avant tout sur l'intime et qui touche progressivement son spectateur. Si le réalisateur du film fait un constat pessimiste sur son pays, notamment au niveau du sort réservé aux immigrants illégaux, il laisse entendre qu'une solution autre que l'expulsion est possible, dès lors que les personnes souhaitent s'intégrer dans la société.
Hormis tous ces éléments, le film bénéficie de la très bonne interprétation de ses acteurs, et notamment de Walter Vale qui exprime ses sentiments rien qu'à la vue de son visage.

Le rythme du film est tout à fait satisfaisant. On ne s'ennuie pas une minute devant ce film indépendant américain.
Excellente surprise, The visitor est une très belle étude des rapports humains et un portrait lucide de la politique américaine en matière d'immigration. Voilà donc un film à voir qui rappelle par certains aspects l'oeuvre de Ken Loach.

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12:30:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Riparo
Réalisateur : Marco Simon Puccioni
Avec : Maria de Medeiros, Antonia Liskova, Mounir Ouadi...
Durée du film : 1h34
Date de sortie en salles : 29 octobre 2008

Par Nicofeel

Riparo

Réalisé par l'italien Marco Simon Puccioni, Riparo (qui signifie abri) est un film qui nous ramène au plus près de thématiques de la réalité quotidienne.
Riparo nous raconte l'histoire de trois personnes : Anna (interprétée par Maria de Medeiros), Mara (Antonia Liskova) et Anis (Mounir Ouadi). Anna travaille en tant que cadre dans une usine familiale qui fabrique des chaussures. Elle vit avec Mara, qui elle travaille dans la même usine en tant qu'ouvrière. Anna et Mara ont trouvé Anis, un marocain, qui s'est caché dans leur voiture, lorsque celles-ci rentraient de vacances passées en Tunisie. Tout le film s'intéresse aux rapports entre ces trois personnages qui lui permet de développer plusieurs éléments.

Une des idées que ne cesse de véhiculer le réalisateur est une inégalité latente entre les pays du Nord et les pays du Sud, que l'on retrouve au travers de nos trois personnages. Le début du film montre l'état de pauvreté d'un pays comme la Tunisie. A contrario, l'Italie est un des pays riche. Cet état de fait se retrouve dans les relations entre les personnages. Anna, cadre dans son entreprise, qui a décidé de recueillir Anis chez elle, a toutes les cartes en main pour décider de son destin. C'est elle qui détient l'argent et qui a donc une supériorité sur Anis mais aussi sur son amie Mara, qu'elle a recueillie avant Anis chez elle. De là s'explique le titre du film Riparo, qui signifie abri. La maison d'Anna est un abri pour Anis et Mara. Mais cet abri est particulièrement fragile car il dépend du bon vouloir d'Anna. Or, le film montre clairement que plusieurs éléments sont capables de rendre précaire cette relation à trois.
Les deux amis d'Anna font chacun preuve d'un manque d'ouverture qui se caractérise chez Mara par un racisme certain. Celle-ci est d'abord farouchement opposé à la présence d'Anis, qu'elle traite quasiment comme un sous-homme. Quant à Anis, il n'a de cesse d'avoir une vision bien classique du couple : pour lui, un homme doit fréquenter une femme, se marier avec elle et lui faire des enfants. Il ne supporte pas les relations femme-femme qu'il ne comprend pas. Anis, qui arrive à avoir à des crises de colère à cause de cela, est clairement homophobe.

Quant à Anna, elle n'est pas non plus une sainte. En effet, si elle a la gentillesse de trouver un logis et un travail pour Anis, par jalousie, elle est amenée à remettre en cause ces faveurs accordées. On appréciera cependant qu'Anna pense sans cesse avant tout à sa relation affective plutôt qu'à des notions économiques. Mais sur ce point, il faut bien reconnaître qu'elle n'a pas de problème d'argent, à l'inverse d'Anis et de Marta. Elle n'a donc pas la même approche de la vie.
Ce film est finalement le reflet des habitants de notre société. En effet, ceux-ci agissent en raison de leurs valeurs morales et de leurs conditions sociales. Or, le problème est que les trois personnages du film ont des valeurs morales très différentes. Quant à leurs conditions sociales, il en va de même puisque chacun a un niveau de vie très différent.
D'ailleurs, sur le plan économique, le film évoque également les ravages du capitalisme, lorsqu'il montre des personnes de l'usine familiale qui vont se retrouver au chômage car une partie de la production va être délocalisée en Roumanie, où le coût de la vie est beaucoup moins élevé.
Riparo est un film appréciable car il parle de choses très actuelles : l'immigration, l'homosexualité, le capitalisme.
Et tout cela fait des ravages au niveau des rapports entre les gens. D'ailleurs, la fin du film semble démontrer qu'on est revenu à la case départ. Les trois personnages doivent vivre à nouveau chacun de leur côté.
Globalement intéressant dans son propos, Riparo est pour autant loin d'être parfait. Le film souffre de deux éléments qui sont liés. Le premier élément est le fait que le scénario est finalement relativement attendu, du coup les événements qui se succèdent n'apportent pas l'émotion que l'on aurait souhaité, malgré la bonne interprétation des trois acteurs principaux. Le second élément est le fait que le réalisateur a une certaine tendance à évoquer des situations générales par le biais de ses personnages qui rendent ceux-ci prochent par instants de la caricature ou en tout cas de l'archétype. Heureusement, les acteurs sauvent les meubles à ce niveau-là.
Au final, ce film, pavé de bonnes intentions, est un peu trop attendu et démonstratif.

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