21.10.08

06:45:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Chop Shop
Réalisateur : Ramin Bahrami
Avec : Alejandro Polanco, Isamar Gonzales
Durée du film : 1 h 24
Date de sortie en salles : 15 octobre 2008
Par Nicofeel

Réalisé par Ramin Bahrani, un américain d'origine iranienne, Chop Shop est certes une fiction mais le film a tout du documentaire contemporain. Le film nous expose une vision des Etats-Unis qui est loin de l'univers glamour d'Hollywood.
Il faut dire que l'action se déroule dans un quartier pauvre du Queens. Ici, les gens (pour beaucoup des américains d'origine sud-américaine voire même tout simplement des immigrés) travaillent en réparant des voitures dans des conditions très précaires. La façon dont sont trouvés les clients est tout aussi précaire puisqu'ils sont interpellés dans la rue par des gamins. Et ces interpellations sont fondamentales car tout client potentiel c'est un revenu supplémentaire.
Par ailleurs, dans ce quartier on fait le commerce de pièces de véhicules volées. Cela explique le choix du titre du film puisque Chop Shop est un mot d'argot qui signifie hacher et vendre. Chop Shop est le film de la débrouille. Il montre des personnages qui, à coups de petite combine, tentent de vivre ou plutôt de survivre dans des conditions acceptables.
Le jeune Alejandro, qui est le principal protagoniste du film, a une multitude d'activités malgré son jeune âge : il répare des voitures durant la journée, il vend occasionnellement des chocolats et des bonbons dans le métro, il vend à ses compatriotes des CD et des DVD, il participe certains soirs au démontage de voitures volées. Bref, le film montre que pour s'en sortir, ces gens de condition modeste prennent leur destin à bras le corps, quitte à commettre des actes illégaux (ventes à la sauvette, vols).
Un intérêt du film est d'évoquer que tout acte rendu fait l'objet d'une rémunération économique. Autrement dit, l'argent est au centre de toutes les préoccupations. Le réalisateur Ramin Bahrani montre avec efficacité la prédominance de l'argent dans la vie quotidienne. L'argent commande tout.
Et il faut dire que si le petit Alejandro est conscient de la situation dans laquelle il se trouve, ce petit garçon qui n'a pas jamais été à l'école conserve secrètement un espoir, celui de pouvoir acheter à terme une camionnette lui permettant de vendre avec sa soeur aînée (qui l'a rejoint), sandwichs et boissons.

C'est pour cela qu'Alejandro économise tout ce qu'il peut ; il a peu foi en les personnes qui l'entourent puisqu'il ne garde pas l'argent qu'il possède dans le garage où il vit mais dans une cachette qu'il est le seul à connaître. La soeur d'Alejandro, Isamar, qui travaille aussi durant la journée, donne aussi de l'argent à son frère pour le futur achat de la cammionnette. Sauf que l'argent qu'elle donne ne provient pas de cette activité. Le réalisateur Ramin Bahrani en remet une couche sur la pauvre condition sociale de ce quartier du Queens avec des femmes qui se prostituent le soir pour obtenir un supplément de salaire. C'est ainsi le cas d'Isamar qui se prostitue et ce sans que son frère soit au courant de tels agissements. Attention, il n'y a pas pour autant de place au misérabilisme dans Chop Shop : les personnages du film se battent pour que leur condition s'améliore à terme, ils ne sont pas abattus. Encore une fois, toute action (ici le fait de vendre son corps) a comme but l'obtention d'une somme d'argent.
Il serait par contre inéquitable de penser que ce film décrit uniquement les conditions de vie d'un quartier pauvre du Queens et qu'il ne comporterait que des considérations économiques. En effet, le film comporte aussi des moments de joie, de plaisir. Les relations entre Alejandro et son copain du même âge donnent lieu à des moments d'une grande simplicité, révélatrices d'une amitié évidente.

Mais surtout le film s'attache à nous montrer les liens importants entre Alejandro et sa soeur Isamar. S'ils ne sont pas toujours d'accord sur tout, ce frère et cette soeur sont solidaires l'un envers l'autre. En trouvant un emploi à sa soeur et en lui rappelant les règles qui dominent dans ce quartier et plus précisément dans le garage où ils vivent, Alejandro agit comme s'il était le père de la famille. A son jeune âge, il prend clairement en main les rennes de cette famille. Pour preuve, sa réaction lorsqu'il apprend que sa soeur se prostitue.
En défintive, Chop Shop offre une vision particulièrement réaliste d'un quartier pauvre de New York. Cependant, le film ne se veut pas une démonstration misérabiliste. De ce point de vue, la fin de Chop Shop, où l'on voit des pigeons s'envoler, est le symbole de l'espoir d'un changement positif pour les deux principaux personnages du film.

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