Archives pour: Octobre 2008, 21

21.10.08

06:50:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Eden lake
Réalisateur : James Watkins
Avec : Kelly Reilly, Michael Fassbender
Durée du film : 1 h 30
Date de sortie en salles : 8 octobre 2008
Par Nicofeel

Eden lake

Réalisé par James Watkins, Eden lake (littéralement le lac d'Eden) est un film d'horreur bien ancré dans notre société contemporaine.
Le postulat de base du film est la rencontre houleuse au fameux Eden lake entre un couple d'amoureux, interprété côté féminin par la très british Kelly Reilly et côté masculin par Michael Fassbender, et une bande de jeunes assez hostile. Les jeunes se plaisent à faire preuve d'incivilités (pour faire les malins et prouver qu'ils existent) à l'égard du couple et vont jusqu'à voler leur voiture, un beau 4X4. Le meurtre accidentel du chien d'un des jeunes marque le début concret des hostilités.
Le film tourne alors à la chasse à l'homme.

De chaque côté est présente l'idée de la vengeance. Le réalisateur James Watkins n'y va pas de main morte dans sa decription de l'horreur avec notamment un Michael Fassbender qui est tabassé par les jeunes, lesquels vont l'un après l'autre le blesser à coups de couteau et de cutter. Cette agression est de surcroît filmée par le biais du téléphone portable, par amusement d'une part et pour que chacun des jeunes se sente impliqué, ce que ne manquera jamais de rappeler le chef du groupe. A ce propos, on remarque que, comme souvent dans ce genre d'attaque en bande, plusieurs jeunes agissent par la volonté d'un chef qui les oblige ici à violenter Michael Fassbender, alors qu'ils ne le souhaitent pas vraiment. Mais les faits sont là. Et cette histoire a le mérite de nous rappeler à quel point notre société actuelle peut être particulièrement violente.
Ce qui peut-être le plus terrible dans Eden Lake, c'est qu'on a conscience que cette attaque purement gratuite pourrait arriver à n'importe qui. D'ailleurs, James Watkins utilise au mieux les paysages naturels de l'Angleterre, et notamment cette forêt à l'intérieur de laquelle se trouve l'Eden lake, pour maintenir sous pression le spectateur. Les nombreux plans lointains ou en plongée nous montrent à quel point Kelly Reilly et Michael Fassbender, qui cherchent à s'en sortir, sont peu de choses dans cet immense paysage.
On comprend dès lors aisément que survivre dans cet environnement s'avère très difficile pour le couple d'amoureux, d'autant que les jeunes qui les pourchassent avec leurs vélos connaissent pour leur part très bien les lieux. Le film comporte de ce point de vue certaines parentés avec le film de John Boorman, où la forêt était peu accueillante. Dans Délivrance, il y avait par ailleurs une confrontation avec de rustres personnages. Ici, les jeunes se comportent comme des personnages qui agissent en dehors des codes créés par la société.
James Watkins nous met en situation de voyeur. On a le triste honneur d'assister à l'effrayant parcours de Michael Fassbender et de Kelly Reilly.

Dans ce film sans compromis, de nombreuses personnes décèdent. Dans Eden Lake, la violence et le sentiment de vengeance qu'elle engendre ne semblent pas avoir de limites. On a droit pêle-mêle à : deux immolations à l'essence, un meurtre par un coup de couteau à la carotide, un tabassage mortel, une personne renversée par une voiture, etc. Bref, tout y passe dans Eden lake et il faut reconnaître que les effets sanguinolents sont bien faits et particulièrement bien rendus à l'écran.
Mais Eden lake n'est pas seulement une succession de meurtres. Il comporte aussi une analyse sociologique. Ainsi, comme l'indiquent les informations que l'on entend au début du film et comme le montre clairement la fin bien abrupte du film, les parents de ces enfants peu conscients de la portée de leurs actes, ont bien entendu leur part de responsabilités. En effet, ce sont ces parents qui ont éduqué ces enfants. Mais concrètement que faire quand les parents sont déjà eux-mêmes des personnages alcooliques et violents ? Autrement dit, comment faire quand les parents sont aussi peu en phase avec les codes sociaux ? Ainsi, Eden lake est certes un film d'horreur contemporain mais qui évoque également des problèmes liés à notre société.
La mise en scène dynamique de James Watkins qui épie avec sa caméra les faits et gestes des personnages filmés, laisse bien souvent le spectateur dans un état fragile. On ressort secoué à la vision d'un tel film.

A n'en pas douter, Eden lake constitue un des meilleurs films d'horreur de ces dernières années. Les britanniques sont décidément passés maîtres dans le cinéma de genre, après le choc qu'avait pu constituer l'excellent The descent de Neil Marshall.

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06:45:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Chop Shop
Réalisateur : Ramin Bahrami
Avec : Alejandro Polanco, Isamar Gonzales
Durée du film : 1 h 24
Date de sortie en salles : 15 octobre 2008
Par Nicofeel

Réalisé par Ramin Bahrani, un américain d'origine iranienne, Chop Shop est certes une fiction mais le film a tout du documentaire contemporain. Le film nous expose une vision des Etats-Unis qui est loin de l'univers glamour d'Hollywood.
Il faut dire que l'action se déroule dans un quartier pauvre du Queens. Ici, les gens (pour beaucoup des américains d'origine sud-américaine voire même tout simplement des immigrés) travaillent en réparant des voitures dans des conditions très précaires. La façon dont sont trouvés les clients est tout aussi précaire puisqu'ils sont interpellés dans la rue par des gamins. Et ces interpellations sont fondamentales car tout client potentiel c'est un revenu supplémentaire.
Par ailleurs, dans ce quartier on fait le commerce de pièces de véhicules volées. Cela explique le choix du titre du film puisque Chop Shop est un mot d'argot qui signifie hacher et vendre. Chop Shop est le film de la débrouille. Il montre des personnages qui, à coups de petite combine, tentent de vivre ou plutôt de survivre dans des conditions acceptables.
Le jeune Alejandro, qui est le principal protagoniste du film, a une multitude d'activités malgré son jeune âge : il répare des voitures durant la journée, il vend occasionnellement des chocolats et des bonbons dans le métro, il vend à ses compatriotes des CD et des DVD, il participe certains soirs au démontage de voitures volées. Bref, le film montre que pour s'en sortir, ces gens de condition modeste prennent leur destin à bras le corps, quitte à commettre des actes illégaux (ventes à la sauvette, vols).
Un intérêt du film est d'évoquer que tout acte rendu fait l'objet d'une rémunération économique. Autrement dit, l'argent est au centre de toutes les préoccupations. Le réalisateur Ramin Bahrani montre avec efficacité la prédominance de l'argent dans la vie quotidienne. L'argent commande tout.
Et il faut dire que si le petit Alejandro est conscient de la situation dans laquelle il se trouve, ce petit garçon qui n'a pas jamais été à l'école conserve secrètement un espoir, celui de pouvoir acheter à terme une camionnette lui permettant de vendre avec sa soeur aînée (qui l'a rejoint), sandwichs et boissons.

C'est pour cela qu'Alejandro économise tout ce qu'il peut ; il a peu foi en les personnes qui l'entourent puisqu'il ne garde pas l'argent qu'il possède dans le garage où il vit mais dans une cachette qu'il est le seul à connaître. La soeur d'Alejandro, Isamar, qui travaille aussi durant la journée, donne aussi de l'argent à son frère pour le futur achat de la cammionnette. Sauf que l'argent qu'elle donne ne provient pas de cette activité. Le réalisateur Ramin Bahrani en remet une couche sur la pauvre condition sociale de ce quartier du Queens avec des femmes qui se prostituent le soir pour obtenir un supplément de salaire. C'est ainsi le cas d'Isamar qui se prostitue et ce sans que son frère soit au courant de tels agissements. Attention, il n'y a pas pour autant de place au misérabilisme dans Chop Shop : les personnages du film se battent pour que leur condition s'améliore à terme, ils ne sont pas abattus. Encore une fois, toute action (ici le fait de vendre son corps) a comme but l'obtention d'une somme d'argent.
Il serait par contre inéquitable de penser que ce film décrit uniquement les conditions de vie d'un quartier pauvre du Queens et qu'il ne comporterait que des considérations économiques. En effet, le film comporte aussi des moments de joie, de plaisir. Les relations entre Alejandro et son copain du même âge donnent lieu à des moments d'une grande simplicité, révélatrices d'une amitié évidente.

Mais surtout le film s'attache à nous montrer les liens importants entre Alejandro et sa soeur Isamar. S'ils ne sont pas toujours d'accord sur tout, ce frère et cette soeur sont solidaires l'un envers l'autre. En trouvant un emploi à sa soeur et en lui rappelant les règles qui dominent dans ce quartier et plus précisément dans le garage où ils vivent, Alejandro agit comme s'il était le père de la famille. A son jeune âge, il prend clairement en main les rennes de cette famille. Pour preuve, sa réaction lorsqu'il apprend que sa soeur se prostitue.
En défintive, Chop Shop offre une vision particulièrement réaliste d'un quartier pauvre de New York. Cependant, le film ne se veut pas une démonstration misérabiliste. De ce point de vue, la fin de Chop Shop, où l'on voit des pigeons s'envoler, est le symbole de l'espoir d'un changement positif pour les deux principaux personnages du film.

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