17.10.08

06:45:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Live feed

C’est en s’inspirant largement du Hostel d’Eli Roth que ce Live feed va dérouler une intrigue terriblement simpliste mais prétexte à de nombreuses abominations, tout en ayant la bonne idée de déplacer l’action en Asie, histoire d’apporter un dépaysement différent et ce même si le métrage a entièrement été tourné au Canada.
Le script envoie donc cinq touristes américains à la découverte de l’Asie, mais ceux-ci, en cherchant surtout à s’amuser et à se donner du bon temps, vont aller se fourvoyer dans un cinéma porno, sans ce douter que celui-ci sert de façade à des activités bien plus glauques et sanglantes.

Live feedD’entrée, après un générique accrocheur avançant différentes photos de torture assez graphiques, le métrage va mettre en avant ses principaux personnages, cinq américains débarquant sur le sol asiatique que nous suivront pour la visite d’un marché de nuit où ils vont avoir bien du mal à accepter les coutumes locales, et notamment la tuerie d’un petit yorkshire destiné à être mangé. Cette mise en situation sera agréablement agencée par le réalisateur, en alternant les plans suivant ces américains hautains et caricaturaux au possible avec d’autres nous montrant l’intérieur d’un bar où une stripteaseuse effectuera son numéro lascif sous l’œil d’un groupe d’hommes facilement identifiés comme étant des yakuzas appartenant à la pègre locale, tandis que nous suivrons ensuite ceux-ci pour un interrogatoire musclé et brutal d’un individu qui subira différents sévices.

Live feedSuperficiels et presque antipathiques dans leur démarche et leur air supérieur affiché, les protagonistes principaux américains ne s’attireront jamais la sympathie du spectateur, mais les situations demeureront suffisamment attractives pour ne pas ennuyer (contrairement à celle d'Hostel avec en plus cet humour potache qui énervait et qui sera ici absent), avec ensuite cette courte visite dans un bar où l’un des américains va bousculer et renverser son verre sur le chef des yakuzas, déclenchant ainsi une mini bagarre et les obligeant à quitter les lieux en compagnie d’un autochtone avec qui ils auront fait connaissance, pour atterrir dans ce cinéma pornographique crasseux qu’ils vont visiter avant que le groupe ne se sépare, chacun cherchant un coin tranquille pour satisfaire ses besoins sexuels.

Live feedCette partie du métrage sera ouvertement érotique et parfois même très osée, en n'hésitant pas à bien nous montrer ce qui se passe sur l'écran du cinéma, tandis que dans son aspect glauque et malsain, l'endroit sera inondé de photos érotiques hardcores, notamment dans les toilettes où ira se réfugier un couple pour un ébat sexuel debout, mais également en suivant un autre couple ayant loué une "chambre" pour satisfaire leurs pulsions sexuelles. Mais très vite le métrage va commencer à placer des éléments intrigants et commençant à installer un malaise évident, notamment en nous faisant découvrir que les différents personnages sont filmés dans chacune des pièces qu'ils vont parcourir, installant ainsi parfois le spectateur dans une position avérée de voyeur.

Live feedMais bien entendu, les choses vont rapidement dégénérer et un bourreau très graphique et charismatique va faire son apparition pour s'en prendre au couple enfermé dans leur "chambre" lors d'une première séquence véritablement gore et avançant des sévices innovants (le serpent) et volontaires dans leur démarche sanglante, sans pour autant négliger l'aspect érotique qui survivra au passage en mode gore du métrage, d'autant qu'ensuite une autre demoiselle sera à son tour mutilée et assassinée de façon clairement sensuelle. Et ensuite, le métrage avancera différentes situations laissant les survivants du groupe lutter pour leur survie dans une ambiance assez jouissive et débridée jusqu'au règlement de comptes final.

Live feedRésolument tournée vers son aspect horrifique et vers l'action, cette seconde partie s'octroiera même le luxe de flirter avec le "snuff-movie", en avançant ces séquences filmée et destinées à distraire le chef yakuza vu auparavant de manière plutôt réaliste et graphique, mais sans que le spectacle ne devienne trop malsain grâce à une certaine outrance jouissive qui ne collera pas avec la réalité glauque de rigueur pour incommoder le spectateur. Et puisqu'il est inévitable de comparer le métrage à celui d'Eli Roth, ce Live feed s'avérera largement plus généreux en plans sanglants mais par contre, on ne retrouvera pas l'ampleur ni la puissance dramatique d'Hostel, avec une justification des abominations commises bien superficielle et n'apportant aucune profondeur à l'ensemble.

Live feedSi la révélation sur l'identité d'un des protagonistes (en plus facilement anticipable) n'entraînera que des situations mêlant des sentiments classiques et éculés (vengeance, honneur…), le véritable personnage prépondérant du film restera bien ce bourreau au look très visuel, inspiré de l'univers sado-masochiste, simpliste mais efficace avec en plus une stature plus qu'imposante qui va illuminer chaque des scènes où il apparaît d'un charisme fort et cette fois réellement malsain, d'autant plus qu'il demeurera muet d'un bout à l'autre du métrage, pour se contenter d'agir comme une brute inhumaine massacrant ses victimes pour le plaisir de son maître jusqu'à ce qu'en plus, le dernier acte ne vienne lui insuffler une certaine "dignité" loyale considérable, tout en nous donnant furieusement envie de revoir ce personnage à l'oeuvre.

Live feedL'interprétation sera ici aléatoire, cernée par de jeunes acteurs guère performants et peu crédibles et ne parvenant pas à faire passer la moindre émotion, mais à la limite cela ne sera pas trop préjudiciable de ce contexte où il ne sont là que pour servir de victimes avant d'être recyclés d'une façon très immorale. La mise en scène du réalisateur est assez efficace, avec cette caméra toujours en mouvement renforçant ainsi l'aspect "snuff" du film mais avance hélas parfois un aspect télévisuel guère plaisant.
Les effets spéciaux sont globalement probants, et si certains trucages sont trop visibles, on ne pourra pas leur reprocher d'être timides, tant le sang va gicler abondamment au cours du film, tout en laissant certains plans suivre de près les mutilations commises par ce bourreau charismatique.

Donc, ce Live feed sera une agréable surprise malgré son côté superficiel et son manque de moyens parfois flagrant, grâce à sa générosité dans sa partie sanglante et en nous offrant un nouveau personnage fort digne d'appartenir au bestiaire des plus "beaux" tueurs du cinéma horrifique !

Live feedLe DVD de zone 1 édité par MTI Video avancera une image qui ne connaîtra pas de défauts visibles, tandis que la bande-son sera percutante, avec notamment une partition musicale métallique adaptée et renforçant les temps forts du film, le métrage n'étant ici proposé qu'en version anglaise avec seulement des sous-titres espagnols.
Au niveau des bonus, on pourra suivre un long making-of explicatif sur la genèse du projet tout en laissant la parole à certains membres de l'équipe du film et surtout à son réalisateur, sans que celui-ci ne verse dans l'auto-promotion, quelques scènes coupées (essentiellement des dialogues qui auraient ralenti le rythme du métrage) ou alternatives, un spot télévisé de promotion du "Richmond Night Market" où fut tournée la première séquence du film, et quelques bandes-annonces (dont celle du métrage).

Live feed

Pour ceux qui voudraient découvrir ce bourreau très visuel au service de sévices graphiques et sanglants, le DVD de zone 1 est disponible ici ou là !

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