07.10.08

06:45:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Gestapo's last orgy

Comptant parmi les fleurons "ultimes" de la "Nazisploitaion", avec entre autres le terrible SS hell camp, ce Gestapo's last orgy sera quand même lourdement offensif au travers de quelques sévices graphiques complaisamment étalés dans une intrigue assez commune, mais aussi en se montrant ambigu dans son traitement de la question juive, notamment au sein d'une scène de banquet cannibale dégradante jusqu'à en devenir presque grotesque dans son jusqu’au-boutisme.
Le script suit l'arrivée de Lise, une jeune juive, dans un camp de prisonniers pour femmes dirigé comme un bordel par un officier qui va bientôt devenir obsédé par Lise, devant son recul et sa passivité face à la mort et à la souffrance, allant jusqu'à entamer avec elle une relation amoureuse très spéciale.

Gestapo's last orgyEn guise d'introduction, le métrage va suivre un homme assez âgé au volant de sa voiture, tandis qu'en voix-off, nous suivrons les débats du procès d'un dignitaire nazi, prétexte à un rappel des exactions commises dans un camp de prisonnières où de nombreuses femmes juives périrent. Arrivé à ce qui se révélera être les vestiges du camp en question, notre homme va retrouver une femme bien plus jeune que lui qu'il va tendrement enlacer avant de se lancer dans une petite visite des lieux avec elle, lançant alors en flash-back l'intrigue, puisque cet homme, Conrad Von Starker, sera en fait le commandant du camp de prisonnières où vient juste d'arriver notre demoiselle, Lise.

Gestapo's last orgyLa première partie du métrage sera très certainement la plus choquante et dégradante, en accumulant après cette petite introduction une succession de séquences assez nauséabondes pour décrire le parcours de Lise à son arrivée dans ce camp, avec d'abord cette rapide sélection faite par un officier allemand décidant en un instant du sort de chacune des prisonnières en faisant uniquement un tri fondé sur le physique, les femmes trop âgés ou ingrates étant comme nous le verrons destinées à une mort horrible, avant qu'un examen gynécologique ne vienne vérifier la bonne "tenue" des demoiselles sélectionnées pour devenir le jouet des soldats, comme une première séquence avilissante nous le fera découvrir. En effet, après avoir regardé quelques diapositives déshonorant les femmes juives montrées comme amatrice d'excréments par exemple, une rangée de jeunes soldats allemands vont pouvoir dans un gymnase humilier, violer et battre un groupe de jeunes femmes, dont Lise, qui paraîtra déjà bien amorphe, ailleurs.

Gestapo's last orgyMais le point d'orgue de cette série d'abominations (avec également une jeune femme négligemment jetée en pâture à quelques dobermans enfermés dans une cage parce qu'elle avait le malheur d'avoirs es règles au moment de l'inspection d'une officier SS sadique) sera sans conteste ce banquet au cours duquel, après avoir écouté les théories fumeuse d'un professeur, les convives vont se gaver d'un plat préparé à base de fœtus juifs avant carrément de flamber une jeune femme au cognac pour ensuite la déguster. Bien entendu, il faudra compter sur les sous-entendus et laisser travailler notre imagination puisque le métrage restera quand même assez sage au niveau gore, mais cette scène restera quand même hautement perturbante et troublante, pour s'achever par le déclenchement de l'obsession que va éprouver Conrad pour la jeune Lise, puisque celle-ci sera la seule "invitée" à rester debout au milieu de cette abomination.

Gestapo's last orgyL'intrigue va alors se lancer dans une seconde partie qui peu à peu bifurquera de sa tendance graphique, pour, après que Conrad ait infligé quelques sévices à Lise pour essayer de la casser moralement et physiquement (avec une petite séance de coups de fouets et une autre où Lise sera suspendue la tête en bas très près de rats affamés, par exemple), laisser s'exprimer la bluette ambiguë naissante entre Lise et Conrad, celle-ci ayant changé brutalement d'attitude envers son bourreau pour se laisser faire, jusqu'à ce qu'une dernière horreur ne vienne tout casser et imposer de fait le dénouement attendu lorsque le métrage reviendra au présent.

Gestapo's last orgyHélas, les différents personnages resteront froids et ne parviendront pas à impliquer le spectateur, notamment pour le calvaire enduré par une Lise qui n'aura que son physique pour attirer l'œil, surtout que les supplices infligés demeureront bien "gentils", notamment la scène avec les rats, en fait de pauvres gerboises pas méchantes pour deux sous, ce qui viendra casser inexorablement la dureté voulue par le réalisateur. Mais par contre, les premières séquences cherchant à choquer le spectateur atteindront régulièrement leur but, non pas par une profusion d'effets sanglants, mais par cet aspect sordide et malsain qui se dégagera, avec un avilissement humain total et une volonté de dénigrer incroyable, rabaissant les jeunes femmes constamment.

Gestapo's last orgyEt si l'horreur sera plutôt suggéré, l'érotisme sera par contre bien présent au sein d'un métrage qui verra régulièrement son héroïne évoluer à moitié nue, quand elle ne se livrera pas à des ébats sexuels avérés, ou quand elle ne titillera pas le commandant en se livrant à une sorte de fellation sur un canon de pistolet lors d'une autre séquence au pouvoir érotique fort. Mais en dehors des développements de l'intrigue mettant en scène Lise, l'érotisme sera également de la partie, notamment pour cette sorte d'orgie dans le gymnase, très volontaire et détaillée par la caméra et pour de nombreux détails de la vie dépravée de ce camp.

Gestapo's last orgySi l'interprétation ne brillera donc pas par son charisme, avec une Daniela Poggi très belle mais trop froide et inexpressive, laissant ainsi seule le rôle secondaire de l’officier nazi au féminin bien sadique et perverse venir véritablement titiller le spectateur, la mise en scène de Cesare Canevari sera elle impactante, en multipliant les effets de style convaincants qui donneront de l'ampleur à certaines séquences, avec un montage à base de plans très courts et une utilisation du ralenti adaptée.
Les quelques effets spéciaux resteront primaires pour quelques traînées de sang qui en diront parfois long et de petits plans sanglants guère osés.

Donc, ce Gestapo's last orgy comptera certainement parmi les titres de la "Nazisploitation" allant le plus loin dans l'abject et le sordide, tout du moins à l'époque de sa réalisation, au point qu'il a fait partie des "Video nasties" en Angleterre, et même si sa violence pourra sembler quelque peu désuète de nos jours.

Gestapo's last orgyLe DVD de zone 1 édité par Exploitation digital avancera une image parfois granuleuse et perdant ses détails lors des séquences se déroulant dans l'obscurité, mais il faudra savoir pardonner à l'éditeur qui a dû se servir de montages différents pour obtenir une version intégrale du film, avec notamment une fin visiblement rallongée, tandis que la bande-son sera efficace, avec une partition musicale étrange et débridée qui donnera parfois un air "arty" au métrage, celui-ci étant ici proposé en version anglaise ou italienne, mais sans le moindre sous-titre.
Au niveau des bonus, il faudra se contenter d'une courte galerie de photos du film et des bandes-annonces de quatre titres de l'éditeur.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce fleuron virulent de la "nazisploitation", le DVD de zone 1 est par exemple disponible ici ou !

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