06.10.08

06:45:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Unearthed

Sélectionné pour faire partie du dernier After Dark Horrorfest, avec entres autres Lake dead ou Mulberry street ce Unearthed ne méritait certainement pas tant d’honneur en n’avançant qu’une nième histoire de monstre surgit du passé pour attaquer quelques quidams qui serviront de personnages au métrage.
Le script suit donc les attaques d’une créature issue du folklore indien, réveillée par des fouilles archéologiques, contre les habitants d’une minuscule bourgade perdue au milieu du désert.

UnearthedAprès une courte séquence d’introduction essayant de nous montrer discrètement le réveil du monstre dans ce qui semblera être des fouilles archéologiques menées par un individu louche et une première séquence suivant un conducteur de camion-citerne faisant une drôle de rencontre aboutissant à un accident et générant un des seuls effets de surprise réussis du métrage, l’intrigue va s’atteler à nous présenter progressivement ses personnages principaux, avec d’abord Caya, une jeune femme faisant des expériences sur des plantes et aidant son grand-père à tenir sa station-service sur cette route isolée, puis le métrage va mettre en scène le shérif Annie Flynn, une autre jeune femme vraisemblablement hantée par une bavure et ayant sombré dans l’alcool (il n’y aura qu’à voir son petit déjeuner à base de jus d’orange et de vodka...) qui sera appelé pour se rendre sur les lieux de l’accident du camion-citerne, celui-ci s’étant renversé et obstruant la route. Sur place, elle ne trouvera rien d’autre qu’une sorte de mandibule étrange qu’elle donnera à examiner à Caya.

UnearthedEt afin de venir grossir le nombre de victimes potentielles, un noir tout droit sorti d’un ghetto des années soixante viendra se perdre à la station-service à sec d’essence (puisque le camion devant la ravitailler aura eu cet accident) et sera donc obligé de rester sur place, bientôt rejoint par deux demoiselles et un automobiliste en panne qu’elles auront pris en stop. Cette mise en situation sera à la limite du fastidieux, notamment en insistant trop sur l’alcoolisme du shérif à quelques jours de se faire évincer lors d’une prochaine réunion municipale, et sera heureusement entrecoupée par plusieurs scènes suivant les investigations menées par l’homme de l’introduction sur le cadavre du chauffeur de camion qu’il aura récupéré, découvrant des sortes de vers grouillant dans son abdomen. Mais bien entendu, la créature ne va pas tarder à faire son apparition et à semer la panique.

UnearthedCe sera en respectant à la lettre le schéma classique du genre que la créature va commencer à s’attaquer au casting, d’abord pour une agression isolée qui parviendra à faire son petit effet en étant méchante et sanglante, voir même un peu sadique lorsque la victime essayant de s’enfuir par une fenêtre cassée va s’y écorcher salement et y rester bloquée, pour que bientôt la bête ne prenne d’assaut la station-service où le reste des personnages étaient regroupés.
Après un petit carnage éliminant certains protagonistes, et pas forcément ceux auxquels on pouvait s’attendre, l’intrigue va suivre la fuite des survivants qui après plusieurs situations, vont aller se jeter dans les griffes de Kale, l’homme ayant réveillé le monstre pour y découvrir ses véritables intentions (peu claires, mais bon...) et pouvoir enfin livrer le combat pour leur survie.

UnearthedHélas, le métrage s’essoufflera copieusement une fois rentré dans sa seconde partie, renouvelant trop rapidement ses situations pour n’assurer que des redites et des développements confus lorsque le groupe devra faire face et affronter aussi bien Kale que la créature, et l’histoire de cette légende à base de monstre hibernant depuis neuf cent ans grâce à un poison crée par les indiens aura bien du mal à tenir la route plus de cinq minutes, surtout que l’élément manquant pour assurer la bonne formule nécessaire à stopper la bête sera complètement ridicule et trop fortuitement trouvé par des protagonistes normalement dépassés par les événements. Et ce ne sera pas le final, malgré son sacrifice final qui le privera du happy end réglementaire, qui viendra inverser la donne.

UnearthedMais en plus de ces déboires scénaristiques, le métrage souffrira également d’un manque de rythme notoire et récurent, alourdissant même les scènes d’action, ce qui sera quand même plus qu’étonnant venant de la part de Matthew Leutwyler, précédemment auteur du très sympathique, dynamique et jouissif Dead & breakfast, et dont la mise en scène manquera ici de façon flagrante de punch et d’audace, et ce même si quelques uns des effets de surprise présents fonctionneront un minimum ( dont un lorgnant ouvertement vers le Creep de Christopher Smith). Mais le réalisateur aura quand même le bon goût de ne pas nous assener les traditionnels plans en caméra subjective qui ici auraient eu bien du mal à fonctionner.

UnearthedAutre faiblesse, les personnages. En effet, aucun d’eux ne parviendra à devenir attachant ou ne serait-ce qu’à s’attirer la sympathie du spectateur, soit à cause de stéréotypes nuisibles (ce qui sera notamment valable pour le black de service heureusement ne véhiculant qu’un humour discret, pour une fois…) ou tout simplement par un manque d’exposition les rendant lisses et sans intérêt, ce qui sera même le cas du shérif, dont les traumatismes passés ne viendront même pas titiller le spectateur en étant simplifiés à l’extrême et donc ouvertement prévisibles avant la "révélation" finale.

UnearthedEt donc, ce sera légitimement que le seul motif de satisfaction du métrage provienne des effets spéciaux, avec déjà une créature assez graphique, méchante et photogénique, qui sera d'ailleurs presque sous-employée et toujours filmée de nuit, et surtout des effets sanglants presque réguliers et généreux dans leur conception et leur volonté graphique avérée (la tête coupée en deux dans le sens de la hauteur, par exemple), venant donner une bouffée d'oxygène au milieu du marasme ambiant. Mais par contre, l'utilisation du numérique restera flagrante et ne viendra pas seconder les effets en "live" de manière convaincante.

Donc, ce Unearthed pourra s'éviter sans trop de remords, si ce n'est pour ses petites dérives sanglantes, mais qui seront quand même largement noyées dans une intrigue trop faciles et manquant définitivement d'originalité.

UnearthedLe DVD de zone 1 édité par Lionsgate avancera une image juste parfois quelque peu granuleuse, mais restant nette lors des nombreuses séquences se déroulant dans l'obscurité, tandis que la bande-son sera cohérente, malgré une partition musicale terne et sans emphase, n'accompagnant que très modérément les temps forts du film, le métrage étant ici proposé en version anglaise, avec des sous-titres anglais et espagnols disponibles.
Au niveau des bonus, on ne retrouvera que les webisodes de l'épopée kitsch et sexy des demoiselles concourrant au trône de Miss Horrorfest, ainsi que quelques bandes-annonces d'autres titres de l'éditeur.

Pour ceux qui voudraient quand même rencontrer cette créature en manque d'originalité mais assez sanglante, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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