Archives pour: Octobre 2008, 03

03.10.08

06:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Welcome to the jungle

Hommage même pas déguisé au terrible Cannibal holocaust de Ruggero Deodato tourné sous la forme et l'influence du Projet Blair Witch remise au goût du jour par Cloverfield ou encore [REC], ce Welcome to the jungle peinera largement à intéresser son spectateur dans sa longue partie d'exposition et ses rebondissements sans enjeu avant de placer une dernière partie enfin captivante, graphique et convaincante.
Le script envoie quatre jeune gens dans la jungle de Nouvelle-Guinée où ils espérent retrouver la trace de Michael Rockefeller, le fils d'un vice-président américain disparu quarante ans plus tôt au cours d'une expédition.

Welcome to the jungleD'entrée, le métrage va nous présenter progressivement ses principaux personnages, d'abord pour situer deux jeunes femmes, Mandi et Bijou, deux amies qui vont se retrouver à un aéroport avant de rejoindre la plage où elles vont rejoindre Colby, le petit ami de Mandi, et s'arranger pour que Bijou rencontre Mikey, un barman expressif avec qui elle va s'acoquiner.
Dès sa première séquence, le métrage va mettre en place son style de mise en scène laissant croire que ce sont les personnages qui se filment entre eux, procédé bien entendu déjà utilisé mais qui donnera un rythme certain à cette mise en place au cours de laquelle les quatre protagonistes vont décider quasiment sur un coup de tête, après avoir entendu une rumeur, de se lancer dans une expédition à la recherche de Michael Rockefeller, le fils d'un ancien vice-président disparu dans la jungle de Nouvelle-guinée dans les années soixante et dont la famille offrirait beaucoup d'argent en échange de la moindre information le concernant.

Welcome to the jungleContrairement au procédé avancé par les auteurs du Projet Blair Witch, ce Michael Rockerfeller a véritablement existé et a vraiment disparu dans la jungle en 1961, peut-être dévoré par des cannibales ou par un crocodile, alors que le mystère reste entier. Et donc après avoir entendu quelqu'un évoquer un vieil homme vu dans la jungle, les personnages vont s'improviser explorateurs, ce qui demeurera quand même peu crédible pour de jeunes adultes citadins ne pensant qu'à s'armer de GPS et de caméras pour leur équipée, venant ainsi casser la volonté du réalisateur de tenter de faire rentrer son spectateur dans l'histoire et donc de "croire" à la véracité de ce qui défile sur l'écran.

Welcome to the jungleDe même, le début de leur voyage semblera bien opportun et facile, car ils retrouveront très (trop ?) facilement l'homme ayant vu un vieillard dans la jungle et pourra leur communiquer l'emplacement exact, et alors que les dangers évoqués pour essayer sans succès de faire monter une tension se révéleront bien entendu justifiés mais bien vite écartés (le piège tendu par des mercenaires armés). Par contre, dès l'arrivée du groupe à la fin de son périple en van pour devoir continuer à pieds et enfin s'enfoncer dans la jungle, le spectateur était légitimement en droit de s'attendre à un agencement de l'intrigue capable de créer et de maintenir une pression permanente.

Welcome to the junglePeine perdue ! Au lieu de générer des situations pouvant laisser craindre l'arrivée des indigènes cannibales, le métrage va s'enfoncer dans des développements presque ridicules mettant en scènes les quatre personnages festoyant et se saoulant en pleine jungle autour d'un feu de camp, laissant de la sorte le fossé entre les deux couples se créer. En effet, Bijou et Mikey passeront leur temps à boire et à se droguer en fumant, tandis que Mandi et Colby sembleront bien plus impliqués dans le but de leur excursion, ce qui fatalement entraînera des dissensions et des querelles bien inutiles et délaissant complètement le sujet du métrage.

Welcome to the jungleAinsi naîtra une immense frustration pour le spectateur qui finira pas en avoir assez de ces situations hors-sujet qui dureront quand même presque une heure avant que Bijou et Mikey ne décident une "mutinerie" et s'enfuient sur un lac avec le radeau du groupe, abandonnant l'autre couple sur la berge. Et, enfin, les cannibales vont faire leur apparition, venant brusquement redonner de l'intérêt au métrage lorsque nous allons suivre le destin croisé des deux couples autour de situations dégageant une tension palpable par moments (notamment au sujet de l'intention belliciste ou non des différents indigènes), tout en offrant quelques rares plans sanglants volontaires, laissant l'intrigue aller plus loin dans son propos que celle du Projet Blair witch mais sans jamais pouvoir espérer atteindre le degré de violence et de sauvagerie des titres ritals des années quatre-vingt, pour nous gratifier d'un dernier plan hautement perturbant et inattendu qui pourra venir hanter le spectateur après la vision du film, à condition que celui-ci ait envie de rester dans l'ambiance et l'histoire du métrage.

Welcome to the jungleHormis ces rebondissements fastidieux et quand même peu crédibles (qui aurait l'idée lors d'une telle expédition de passer son temps à boire et à fumer…), le principal point faible du métrage restera ses quatre personnages principaux très rarement à la hauteur dans leurs personnalités et dans leurs actions/ réactions. En effet, si ces protagonistes, uniquement motivés par l'appât du gain, se lanceront tête baissée et sans réfléchir dans ce périple sans aucune préparation réelle, trop sûr d'eux et de leur supériorité d'américains blancs, ils ne parviendront ainsi jamais à devenir attachants ou même sympathiques, éloignant définitivement toute identification qui aurait pu faire rentrer le spectateur dans le métrage, alors que le procédé de mise en scène était assurément propice à cela. Ensuite, leurs réactions stupides en pleine jungle et ces accrochages au sein du groupe ne serviront à rien, si ce n'est à justifier l'éparpillement des personnages qui aboutira à leur mort, et surtout cette partie sera bien trop étendue dans le temps pour ne pas agacer fortement.

Welcome to the jungleMais quelque part, cette médiocrité donnera certainement plus d'impact au dernier acte pourtant peu graphique, peut-être dans un exutoire salvateur en voyant ces jeunes gens se faire attraper, dénigrant ainsi leur imbécile insouciance et leur inconscience face au danger, mais il est vrai que les apparitions des cannibales feront leur petit effet, en étant bien agencées, tandis que les plans gores, qui ne montreront que brièvement le résultat des exactions des cannibales, viendront trouer l'obscurité de manière adéquate. Et surtout, l'idée finale certes facile mais osée et dérangeant aura de quoi venir ébranler efficacement le spectateur bien accaparé dans l'intrigue à ce moment-là.

Welcome to the jungleL'interprétation est plutôt terne et sans charisme, n'aidant aucunement le métrage à gagner en crédibilité, tandis que la mise en scène du réalisateur est par contre assez efficace pour nous faire croire à un sujet tourné caméra à l'épaule par les protagoniste, impression bien sûr renforcée par l'absence de partition musicale et de tout effet de style.
Les effets spéciaux sanglants sont plutôt probants, avec notamment cette victime pendue par du bois lui traversant la bouche et le crâne, dans un hommage à peine dissimulé à la cultissime scène de Cannibal holocaust de l'empalement, et quelques restes humains bien graphiques.

Donc, ce Welcome to the jungle tardera largement à se montrer efficace en partant dans des digressions fatales, mais parviendra in fine à se sauver du naufrage par un dernier acte plutôt réussi.

Welcome to the jungleLe DVD de zone 1 édité par dimension Extreme avancera une image et exempte de tout défaut, tandis que la bande-son sera agréable, avec des bruitages typiques de la jungle présents mais pas envahissants.
Au niveau des bonus, on pourra suivre un petit making-of assez exhaustif et ne sombrant pas vraiment dans le ton promotionnel d'usage pour décrire les différentes étapes du projet et nous montrer les dessous des effets spéciaux, une scène coupée renforçant le présentation des personnages qui a bien fait de ne pas figurer dans le montage final car elle aurait fait chuter le rythme du film, ainsi que la bande-annonce du métrage.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce petit hors d'oeuvre en attendant la sortie à venir du futur Cannibals de Ruggero Deodato lâchant ses anthropophages en pleine ville, le DVD de zone 1 est disponible ici !

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