Archives pour: Octobre 2008

31.10.08

07:45:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : W.
Réalisateur : Oliver Stone
Avec : Josh Brolin, Elizabeth Banks...
Durée du film : 2h10
Date de sortie en salles : 29 octobre 2008
Par Nicofeel

W

Pas vraiment au meilleur de sa forme lors de ses derniers films (Alexandre ; World trade center), Oliver Stone nous revient en 2008 avec un film, W., qui ne va manifestement pas lui permettre de revenir sur le devant de la scène.
Avec ce titre, W. (le film bénéficie d'un titre plus long pour la France, à savoir W. l'improbable président), Oliver Stone s'intéresse au président actuel des Etats-Unis, George W. Bush.
Connaissant Oliver Stone, on aurait pu s'attendre à un film polémique. D'ailleurs, dans les médias, le film a été vendu comme tel. Le film aurait d'ailleurs eu des difficultés pour être diffusé dans les salles de cinéma aux Etats-Unis.
Pourtant, après avoir vu le film, on ne peut être qu'étonné de la publicité qui a été faite autour du film.
A mon sens, Oliver Stone s'est pris les pieds dans le tapis. Reconnaissons tout de même que tout n'est pas à jeter dans ce film.
La première partie du film comporte quelques éléments intéressants. Ainsi, Oliver Stone nous montre le président des Etats-Unis à partir de 2002 (le choix a été fait de démarrer peu de temps après les événements du 11 septembre 2001, ce qui en soi peut se concevoir puisque les attentats du 11 septembre ont eu un effet traumatique et ont déclenché l'envoi de troupes américaines en Irak).
On voit alors un président hésitant, qui ne sait pas vraiment quelle position adopter. Peu de temps après, on assiste au célèbre fait divers qui a amené George W. Bush à s'étouffer avec des bretzels !
Oliver Stone émaille la première partie de son film de nombreux flashbacks qui mettent en évidence le passé peu glorieux de George W. Bush : alcoolique, fainéant, instable dans ses choix professionnels. Bref, on est loin de penser que cet homme va être 30 ans plus tard élu deux fois consécutivement président des Etats-Unis.
On appréciera également dans W. les rapports conflictuels qui ont eu lieu entre George Bush père et George W. Bush. Le film montre plutôt bien ce rapport de force qui semble avoir marqué George W. Bush.

Voilà pour les points positifs du film.
Mais ce film m'a globalement nettement déçu. Je m'attendais à plus de finesse de la part d'Oliver Stone. Or, de ce côté là, c'est plutôt l'inverse qui semble avoir prévalu.
D'abord, la mise en scène est par moments exaspérante. Pour donner du rythme à, son film, Oliver Stone s'est plu à faire des mouvements de caméra à l'épaule ou à d'autres moments à faire tourner la caméra autour de personnages. Tout ceci n'est nullement justifié. Je ne suis pas plus convaincu des images télévisées qui donnent l'impression qu'on assiste par instants à un documentaire.
Par ailleurs, et c'est là le plus grave dans le film (en tout cas ce qui m'a carrément gêné), c'est que le réalisateur américain a fini par rentrer en empathie avec le personnage de George W. Bush. Sur une musique douce qui tend à apporter une vague d'émotion au spectateur, Oliver Stone nous propose des scènes de la vie privée entre W. et son épouse Laura (jouée par Elizabeth Banks) ou des scènes de la vie publique entre W. et plusieurs de ses collaborateurs. George W. Bush, considéré dans la vie comme un gaffeur et un personnage peu fin, est ici présenté comme un président assez sûr de ses choix (même s'il reconnaît certaines erreurs, erreurs qu'il ne va pas jusqu'à citer, évidemment) et qui fait tout pour son pays. Le réalisateur de Platoon va jusqu'à nous présenter un président très religieux et qui fait tout pour le bien-être de son peuple. On est quasiment dans la démagogie. Et le problème est qu'Oliver Stone ne prend pas vraiment de distanciation par rapport à un personnage qu'il est censé à la base dénoncer. Du coup, ce qui aurait dû être une critique des années de George W. Bush à la tête des Etats-Unis finit par donner lieu à un film particulièrement inoffensif.
D'ailleurs, Josh Brolin, qui interprète George W. Bush, se montre assez bon en tant qu'acteur ce qui assoit la thèse (dans le film) d'un W. sûr de ses choix et personnage au final assez charismatique. Ce qui est un comble !
En somme, on comprendra aisément que ce film très orienté ne m'a pas du tout convaincu. J'en attendais beaucoup de la part du réalisateur de Platoon et je reconnais être au final assez loin de mes exigences.

W

En plus, on pourra se poser la question de savoir quel impact peut avoir un tel film alors que George W. Bush arrive au terme de son mandat de président (la même remarque valait pour Karl Zéro lorsqu'il a sorti son film Dans la peau de Jacques Chirac).
A mon sens, W. est une des grandes déceptions de l'année cinématographique 2008.

Alexandre

Alexandre
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30.10.08

08:30:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Seed

Le controversé Uwe Boll, réalisateur du très moyen Alone in the dark et des sympathiques mais régulièrement (et injustement ! ) dénigrés House of the dead et Bloodrayne quitte ses adaptations de jeux vidéos et change littéralement de registre avec ce Seed, un film "old-school" d’une noirceur absolue et d’une violence franche et sans retenue délivrée sur un mode graphique sans recul.
Le script suit l’arrestation mouvementée d’un serial-killer qui, condamné à la chaise électrique, va résister aux décharges et après avoir été enterré vivant, va revenir se venger de ses "bourreaux", tout en continuant à sévir.

SeedD'entrée, le métrage prend aux tripes en nous montrant un homme (que nous devinerons aisément comme étant l'assassin du métrage) au visage recouvert d'un tissu regardant à la télévision des images "snuff" de meurtres d'animaux, laissant ainsi déjà apparaître la volonté de choquer du réalisateur. Ensuite, après une exécution capitale très graphique via une chaise électrique vieillotte et une séquence onirique excellente et provocatrice, l'intrigue va, sous forme de flashbacks, nous faire suivre l'arrestation du meurtrier, sanglante et stressante, brutale et réservant quelques pièges macabres, ainsi que l'historique de ce tueur au travers de son mode opératoire terrible, puisqu'il s'"amusait" à enfermer différents êtres vivants dans un cellule et à les laisser mourir de faim pour ensuite filmer leur décomposition, obtenant de la sorte plusieurs scènes macabres bluffantes et la aussi assenant au spectateur une surprise de taille extrémiste.

SeedCe sera donc en suivant l'enquête du lieutenant Matt Bishop que l'intrigue va amener à l'arrestation et à la condamnation de ce meurtrier, nommé Max Seed, que nous retrouverons alors en prison pour un dernier carnage gore avant que n'arrive sa mise à mort au cours de laquelle nous reverrons les personnages vus au début du film se lamentant de devoir une fois encore se servir de cette chaise électrique défaillante et usagée. Bien entendu, ce qui devait arriver va se produire et au bout des deux décharges légales (comme l'extrait de loi lu en pré-générique nous en a informé), le cœur de Seed battra toujours, obligeant le directeur de la prison à faire mentir le médecin présent pour déclarer Seed mort, sous peine de devoir autrement le relâcher. Enterré vivant, Seed ne va pas rester longtemps sous terre pour s'en aller se venger du personnel de la prison puis du lieutenant Bishop lors d'un final aussi barbare que nihiliste qui laissera s'achever le métrage sur une note pessimiste et malsaine en diable.

SeedAllant directement à l'essentiel, l'intrigue restera certes assez simpliste (ressemblant quelque peu sur le fond au Shocker de Wes Craven, l'élément surnaturel en moins !) mais s'avérera être terriblement efficace dans sa mise en œuvre bien découpée en deux parties distinctes. La première nous laissera faire connaissance bien plus avec l'assassin dont nous réaliserons le degré d'inhumanité de façon cinglante, tandis que ses nombreux méfaits seront vite alignés sous forme de coupures de journaux traversant l'écran, qu'avec le lieutenant Bishop, autre personnage principal qui ne nous sera que très brièvement présenté, avec juste la mise en évidence du traumatisme causé par cette affaire et de son dégoût pour "l'œuvre" de Seed, tandis que le réalisateur ne dispensera qu'une petite séquence intimiste (mais importante pour la suite !) pour mettre en avant l'affectation portée par Bishop à sa fille. L'utilisation des flashbacks déroulés de façon non chronologique renforcera l'impact de ce portrait du tueur qui n'hésitera pas à se montrer malsain et volontairement choquant tout en impliquant de façon foncièrement voyeuriste le spectateur en multipliant les détails sur les atrocités commises par l'assassin, sans pour autant avoir recours à une surenchère de scènes sanglantes pour l'instant.

SeedEn effet, Uwe Boll réservera pour la seconde partie du métrage la violence sanglante la plus brute, d'abord au travers de quelques meurtres graphiques mais assez classiques dans leur cheminement, avant de nous gratifier d'un incroyable plan-séquence sauvage au cours duquel Seed va littéralement s'acharner sur la visage et le crâne d'une malheureuse victime féminine qu'il va d'abord titiller avec son arme avant de progressivement lui administrer des coups de plus en plus violents faisant jaillir et gicler le sang pour un résultat inédit plus que bluffant par son déroulement en un seul plan de plusieurs minutes de barbarie. Et le final ne sera pas en reste, certes bien moins graphique après cette explosion, mais illustrera parfaitement la volonté du réalisateur qui ne fera aucune concession dans un défaitisme et une volonté farouche d'éviter le "happy-end" d'usage pour laisser au contraire un goût amer à l'issue délétère du métrage.

SeedIncessamment attaqué par la critique dénigrant systématiquement ses films, Uwe Boll a certainement voulu avec ce Seed mettre les choses au point et se défouler dans une ambiance réaliste bien éloignée de ses délires formels et des effets de styles de ses précédents longs-métrages, pour nous livrer une œuvre sans aucune pitié, froide, brutale et sanglante tout en retrouvant avec un bonheur certain une atmosphère "old-school" bien sûr largement aidée par une intrigue se déroulant à la fin des années soixante-dix mais aussi par une mise en scène classique, collant de près à l'action sans pour autant être hachée pour rester limpide tout en innovant, notamment avec ce plan-séquence cité plus haut.

SeedL'interprétation est plutôt convaincante, même si on voit bien que le réalisateur n'a accordé qu'un intérêt plutôt limité à ses protagonistes pour leur préférer l'intrigue de fond et ce tueur sans visage dont même l'origine du traumatisme ne sera que brièvement abordée, mais cela n'empêchera pas certains seconds rôles d'être souriants et crédibles. Les effets spéciaux sont plus que probants en profitant d'une crédibilité réaliste avérée, même pas perturbée par les quelques inserts numériques discrets jusqu'à en devenir invisibles.

Donc, ce Seed nous révélera rapidement son penchant radical et jusqu'auboutiste omniprésent pour un résultat mémorable et ce malgré un certain manque de consistance des protagonistes !

SeedLe DVD de zone 1 édité par Vivendi Entertainement avancera une image nette et sans défaut, tandis que la bande-son sera efficace, avec une partition musicale adaptée et sachant se montrer discrète pour renforcer le réalisme de certains temps forts du métrage, celui-ci étant ici proposé en version anglaise sans aucun sous-titres.
Au niveau des bonus, on pourra suivre quelques scènes coupées, dont une certes amusante mais malvenue à la vue du ton final du film, un petit making-of s'attardant uniquement sur les dessous d'une séquence, la bande-annonce, et enfin un excellent court-métrage", "Criticized" suivant un réalisateur de films d'horreur dénigré par un critique se venger méchamment de ce dernier, pour une ultime provocation d'Uwe Boll, plus que de raison vilipendé lui aussi par la critique. Sur un second disque, un jeu vidéo, "Advent rising", sera disponible.

Pour ceux qui voudraient affronter ce tueur barbare et sanguinaire, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

Seed
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28.10.08

21:38:58, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

At dawn they sleep

Pour son premier méfait le réalisateur/ acteur Brian Paulin, plus tard auteur du terriblement gore mais fauché Bone sickness, signe avec ce At dawn they sleep un petit film au budget anémique transparaissant immanquablement à l’écran mais porteur de quelques idées intéressantes en plus d’un goût immodéré pour l’action sanglante, hélas plombée par une interprétation aléatoire.
Le script suit la transformation de deux dealers, vampirisés par de biens étranges anges féminins qui vont leur offrir une apparente immortalité, mais à quel prix ?

At dawn they sleepD’entrée, la métrage va s’attacher à ses deux personnages principaux, Stephen et Ian, deux dealers qui vont lors de la séquence pré-générique régler leurs comptes à deux transporteurs de drogue ayant tenté de les flouer et se livrer à un petit gunfight avec des membres d’un gang rival, pour une première scène assez sanglante mais laissant déjà paraître les limites d’une interprétation guère crédible avec ces deux dealers se voulant brutaux et dangereux mais n’en ayant hélas pas du tout la carrure ni le physique. Après avoir laissé Stephen s’entretenir avec un de ses comparse qui va s’énerver lorsque notre homme va lui annoncé avoir tué les deux individus de l’introduction, l’intrigue va en parallèle suivre la vampirisation du duo, menée séparément mais sur un mode analogue, par deux jeunes femmes avec lesquelles ils espéraient passer la nuit mais qui vont les mordre au cou avant de laisser se réveiller au petit matin fourbu, nauséeux et surtout amnésique, incapable de se rappeler du moindre détail de leur nuit.

At dawn they sleepEt ce ne sera que lorsque Stephen aurait du se faire tuer par un adversaire qu’il va se rendre compte que quelque chose cloche, puisque les balles reçues en pleine poitrine ne le laisseront qu’endolori et prêt à se venger de son "meurtrier", pour une seconde scène gore bien plus prolixe. Ensuite, l'intrigue va faire réapparaître les jeunes femmes qui vont expliquer à Stephen et à Ian leur transformation (qui ne se fera réellement qu'après par un changement d'état symbolisé par un passage dans une chrysalide) ainsi que leur condition d'anges, mais bien en dehors des références religieuses traditionnelles, puisqu'elle se moqueront grassement des humains avant d'inviter le duo à aller se repaître de sang humain, ce qu'ils feront lors d'une séquence cherchant à se montrer choquante et blasphématrice puisque ce sera une église et ses occupants qui seront choisi pour cible.

At dawn they sleepMais qui dit ange dit diable, et après une vengeance du duo envers une bande rivale qu'ils vont massacrer en s'aidant de leur invulnérabilité, forcément le penchant obscur de ces anges atypiques ne va pas tarder à apparaître, sous la forme d'un démon au look lorgnant du côté de celui du "Darkness" du Legend de Ridley Scott, pour tenter de fourvoyer Stephen en lui promettant une vraie immortalité, laissant ainsi de classiques rebondissements venir occuper le seconde partie du métrage qui verra bien entendu une lutte fratricide entre Stephen et Ian s'installer, pour quelques développements sanglants sans que le dénouement ne donne de vainqueur et au contraire n'offre qu'une dernière séquence bien pessimiste et diabolique pour achever les débats sur une note très graphique.

At dawn they sleepHélas, le métrage souffrira de façon frontale de son petit budget, qui viendra notamment plomber définitivement les scènes d'action, mollassonnes et sans aucun impact, pour ces quelques collisions entre véhicules au ralenti ou ces décors explosés, et même lorsque l'auteur se lancera dans des gunfights qu'il espérera endiablés, ce sera pour uniquement prêter à sourire devant ces séquences cherchant en vain à retrouver la veine des classiques du genre et prétexte à voir les acteurs sauter partout en tirant dans tous les sens. Et justement les "acteurs" (dont Brian Paulin qui s'octroiera un des deux rôles principaux, en plus de la réalisation et de la confection des effets spéciaux) n'aideront nullement le film à gagner en crédibiliser ou tout au moins en intérêt en ne proposant que des prestations aléatoires et pas forcément bien gérées (les grimaces de douleur auraient plutôt tendance à faire une fois encore sourire, par exemple !).

At dawn they sleepMalgré ces défauts récurrents, on ne pourra pas reprocher au réalisateur de manquer d'audace ni d'être radin au niveau de son volontarisme. En effet, l'intrigue aura quand même l'originalité de nous offrir une variation atypique dans l'éternel combat entre le Bien et le Mal, avec notamment ces anges spéciaux pas très catholiques, tout en osant s'attaquer frontalement au clergé, ici coupable de voler les ouailles, mais surtout pour nous gratifier d'une séquence très graphique et blasphématoire avançant au passage un petit clin d'œil à la "nunsploitation" qui laissera s'exprimer un érotisme par ailleurs ici souvent présent.
Mais la principale qualité du métrage viendra de ses effets spéciaux, ici nombreux et variés pour de multiples plans gores (hélas parfois trop amateur !) graphiques et presque outranciers, préfigurant quelque part le terrible Bone sickness, mais également pour divers maquillages plutôt réussis.

At dawn they sleepEnfin, visiblement inspiré par les ambiances gothiques et macabres, Brian Paulin va régulièrement nous offrir des plans lugubres (le très visuel générique d'entrée alignant des clichés d'un cimetière à l'abandon) d'une beauté appréciable dans leur aspect morbide, tout en laissant sporadiquement éclater une rage musicale issue du "death-metal" venir dynamiser certaines scènes sanglantes ou d'action pour un résultat du meilleur effet donnant même un certain impact à celles qui auraient été presque fades sans cet apport sonore dévastateur, mais qui risquera de casser les oreilles aux spectateurs rétifs à ce genre musical bruyant.

Donc, ce At dawn they sleep, devra bien entendu bénéficier de l'extrême indulgence de son spectateur pour pouvoir espérer se faire apprécier un minimum et à sa juste valeur, celle d'un petit film volontaire et graphique qui aura au moins l'attrait d'avancer quelques idées originales !

At dawn they sleepLe DVD de zone 2 anglais édité par Shriekshow avancera une image quelque peu granuleuse mais sans que cela ne devienne gênant, tandis que la bande-son sera largement efficace grâce à une partition musicale endiablée et dynamique, le métrage étant ici proposé dans sa version anglaise sans aucun sous-titres.
Au niveau des bonus, il faudra se contenter de la bande-annonce du film, accompagnée par une kyrielle de celles d'autres titres de l'éditeur.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce galop d'essai pour l'auteur de gorissime Bone sickness, le DVD de zone 2 anglais est disponible ici ou !

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08:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Art of the devil

C'est de Thailande que nous vient ce Art of the devil et, alors que le cinéma oriental est en pleine crise post Ring en démultipliant à l'infini les intrigues matinées de fantômes aux cheveux longs, c'est en s'orientant vers la magie noire et ses conséquences que le métrage va nous livrer une intrigue pas forcément facile à suivre au premier abord, mais pourvue de fulgurances sanglantes originales.
Le script va suivre la vengeance d'une jeune femme, délaissée par un amant adultère lorsqu'elle va tomber enceinte, contre celui-ci et surtout le reste de sa famille, en ayant recours à la magie noire pour faire assassiner ses différentes victimes.

Art of the devilD'entrée, le métrage intriguera avec cette séquence d'ouverture en noir et blanc faisant évidemment penser à un flash-back, suivant l'affrontement entre deux jeunes femmes, l'une semblant responsable du massacre d'un garçonnet et d'une femme plus âgée et voulant faire signer un document à l'autre. Mais après le générique, le métrage reprendra des couleurs pour mettre en scène son héroïne, déjà vue auparavant, que nous découvrirons en train de draguer un homme riche plus âgé qu'elle pour rapidement commencer à entretenir une relation charnelle avec lui, jusqu'à ce qu'elle lui apprenne qu'elle est enceinte et lui demande un gros chèque pour se taire et ne pas dévoiler leur relation à la famille de l'homme, qui signera le chèque, mais trouvant que cela fait cher, il offrira un peu plus tard la demoiselle à trois de ses amis qui la violeront sur une plage, lors d'une séquence forte mais jamais crue.

Art of the devilEncore plus aigrie, le jeune femme va révéler la liaison adultère à la famille de l'homme (dans un restaurant, alors que la famille fêtait l'anniversaire de leur plus jeune fils, histoire de rendre la scène bien méchante sur la forme), avant que les trois violeurs et toute cette famille ne décèdent dans des circonstances mystérieuses et que la jeune femme toujours enceinte, ne soit renversée par une voiture. Cette entame du métrage sera rapidement expliquée au spectateur, tout en continuant d'alterner par bribes ces séquences en noir et blanc intrigantes, sans temps morts pour aller à l'essentiel tout en laissant déjà percer une pointe de mystère, notamment lors de la mort de la famille qui avancera un élément fantastique pour l'instant inexplicable, mais en nous faisant bien ressentir la douleur intérieur de cette demoiselle doublement bafouée par son amant qui semblera donc s'être uniquement servie d'elle pour satisfaire ses pulsions sexuelles.

Art of the devilEnsuite, l'intrigue va nous faire faire connaissance avec la première femme et les enfants issus donc d'un premier mariage de l'homme décédé, qui vont hériter de la vaste demeure et s'y installer après avoir fêter l'héritage, alors que nous découvrirons l'héroïne (n'étant plus enceinte) au bras d'un des fils avec qui elle est fiancée, avec pour but avéré de continuer à se venger en utilisant la magie noire pour occire ses victimes. Ce sera donc cette vengeance que va nous dépeindre cette seconde partie du film, bien plus en détails, surtout qu'un journaliste va s'intéresser de près aux tourments multiples de cette famille décidément peu chanceuse puisque les deux fils aînées vont mourir dans des circonstances bizarres, graphiques (avec bien entendu cette scène ayant largement servi à la promotion du film, hélas bien moins graphique que prévu, au cours de laquelle un des protagoniste va vomir de nombreuses lames de rasoir) et sanglantes, mais sans verser dans un gore franc pourtant à la portée de l'intrigue.

Art of the devilLe réalisateur s'offrira ainsi le loisir de détailler une partie des rituels déclenchant ces phénomènes surnaturels, mais sans tomber dans le piège d'effets pittoresques trop appuyés, tout en amenant en plus une touche purement fantastique avec ce fantôme enfantin albinos qui viendra lui aussi troubler la quiétude de cette famille en "jouant" avec la petit garçon et en faisant des apparitions inopportunes convaincantes en parvenant à semer un brin d'effroi parfaitement orchestré par l'auteur, mais même cet élément trouvera une résonance concluante dans l'intrigue globale qui sera mis en lumière lors du dernier acte du métrage, celui-ci achevant de laisser les différentes pièces du puzzle s'emboîter pour révéler la teneur réelle du propos du métrage.

Art of the devilBizarrement mené au niveau de sa narration, exposant d'entrée une bonne partie des enjeux de l'intrigue et fournissant presque l'issue finale de celui-ci, le métrage parviendra facilement et rapidement à troubler son spectateur grâce à sa violence certes pas toujours franchement graphique, mais volontaire dans ses attributs et qui trouvera son apothéose lors de la seconde moitié du film avec quelques meurtres originaux et parfois quand même porteurs de plans sanglants volontaires, mais sans que cela ne semble être une fin en soi pour le réalisateur qui préférera la brutalité du propos et de ses idées plutôt que de les exposer de façon jusqu'auboutises devant la caméra, frustrant ainsi quelque peu l'amateur de gore qui devra donc se contenter de quelques effets, alors que la réputation du film était tout autre. Mais ce en quoi le film pourra donc décevoir quelque peu de ce côté-là, il le regagnera au niveau de son intrigue qui impliquera le spectateur de manière continue, pour appréhender les différents niveaux de lecture, mais aussi pour vérifier la bonne compréhension des différentes couches du film et de sa narration spéciale, ce qui n'empêchera pas pour autant de ressentir des émotions pour les différents protagonistes en présence.

L'interprétation est plutôt convaincante, portée par deux héroïnes naturelles, et la mise en scène du réalisateur est efficace, rythmée et dynamique pour ne pas laisser de répit au spectateur. Les effets spéciaux sont ici probants pour quelques dérives sanglantes plutôt sympathiques mais timides quand on sait ce dont les orientaux sont capables.

Donc, ce Art of the devil offrira un spectacle envoûtant qui saura impliquer tout en obligeant son spectateur à rester sur le qui-vive, avec des sursauts graphiques originaux!

Art of the devilLe DVD de zone 1 édité par Media-blasters avancera une image propre et sans défaut, tandis que la bande-son sera convaincante, avec une partition musicale partie prenante dans la création des séquences de "trouille" du film, la métrage étant ici proposé en version anglaise ou thaï, avec des sous-titres anglais optionnels. Au niveau des bonus, on pourra suivre une sorte de making-of sous la forme d'une émission de télévision locale donnant la parole au réalisateur et à ses interprètes, tout en proposant quelques plans du film, le tout restant quand même très promotionnel, ainsi que la bande-annonce du film accompagné par celles d'autres titres de la collection "Japan Shock" de l'éditeur.

Pour ceux qui voudraient se plonger dans les méandres parfois sanglants de la magie noire thaïlandaise, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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27.10.08

08:05:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Un conte d'été polonais
Réalisateur : Andrzej Jakimowski
Avec : Damian Ul, Ewelina Walendziak
Durée du film : 1 h 34
Date de sortie en salles : 22 octobre 2008

Par Nicofeel

Seconde réalisation du polonais Andrzej Jakimowski, Un conte d'été polonais est bien loin des oeuvres polonaises que l'on a l'habitude de voir où l'ambiance est assez pesante. Ici, le film a un ton plutôt léger.
Le réalisateur polonais met en scène un film ludique avec cet enfant, Stefek (joué par Damian Ul, alors âgé de 8 ans), qui passe son temps à disposer des pièces de monnaie ou ses soldats de plomb sur les rails d'un chemin de fer.

Stefek tente d'influencer le destin pour faire revenir son père qui l'a abandonné, lui, sa mère et sa soeur Elka (interprétée par Ewelina Walendziak). D'ailleurs, on notera que la traduction littérale du titre du film en polonais signifie tour de passe-passe ou tour de magie. Le titre original du film est bien révélateur de cet état de fait où Stefek essaie d'agir sur le destin comme un magicien.
Et beaucoup d'éléments sont symboliques de cette recherche du père : les pigeons voyageurs (spécificité de la Silésie) que fait s'envoler à de nombreuses reprises Stefek ; les fameux soldats et pièces de monnaie qui font arrêter les trains ; la scèn trèd rôle où Stefek, alliée avec sa grande soeur, tente d'attirer la chance sur un homme qui vend des pommes.
Le réalisateur nous raconte une histoire qui se déroule dans des décors naturels, dans une ville pauvre dont les murs des maisons et bâtiments sont bien décrépis. Il n'empêche, dans cette ville qui semble bien vide, Jakimowski cherche en fait à nous ancrer dans la réalité et à faire opérer un certain charme avec ces paysages naturels. Par ailleurs, avec cette musique slave qui nous rappelle les films de Kusturica, le ton est clairement ludique.
Encore une fois, on est loin des oeuvres polonaises dramatiques que l'on a l'habitude de voir. Si le milieu du film est ouvrier, le réalisateur ne va pas plus loin dans ses descriptions sociales. Il préfère axer son film d'une part sur cet enfant qui cherche à choisir son père et d'autre part sur des marivaudages que l'on voit partout.
On s'amuse des différentes situations qui amènent le père choisi par l'enfant à ne jamais arriver à prendre son train. Il y a également beaucoup d'humour dans le relations entre les différents personnages, notamment entre Stefek, sa soeur et le petit ami de celle-ci. Le réalisateur semble passionné par les motos avec le petit ami de la soeur de Stefek qui traverse le village et va chercher sa copine sur sa moto. Cela donne lieu sur l'écran à des travellings qui donnent un sentiment d'évasion.

D'autres travellings, ceux que l'on voit avec les trains qui circulent, nous montrent une histoire en marche. Les trains sont comme la symbolique du destin.
Le film a en outre à de nombreux instants un côté fellinien évident. Ainsi, le petit Stefek a une attirance certaine envers Violka, qui est considérée par certains comme la fille facile du village. La poésie de Fellini se retrouve également dans les deux belles scènes où l'on voit d'abord Stefek avec sa mère, sa soeur, Violka et le copain de sa soeur au bord de l'étang en train de flaner. L'amour de ce gamin pour Violka est tout à la fois drôle et touchant. Ensuite, une autre scène qui rappelle Fellini est le moment où le père supposé de Stefek se rend àn l'étang et découvre trois jeunes femmes en train de s'amuser dans l'eau, telles des naïades. La fin de cette scène est d'ailleurs elliptique. On ne sait pas vraiment comment elle se conclue. Sur l'Italie, il est utile aussi de signaler que le clin d'oeil du réalisateur est évident avec la soeur de Stefek, Elka, qui apprend la langue italienne et tente de se faire embaucher dans une société italienne pour voir son condition s'améliorer. Mais l'amour d'un père qu'elle a longtemps refusé est plus fort que l'entretien qu'elle doit passer. A l'instar de Stefek, elle préfère privilégier sa vie familiale à sa vie professionnelle.

Un conte d'été polonais n'est certes pas un chef d'oeuvre (le train-train quotidien qui est retranscrit rend le film d'un intérêt inégal) mais il s'agit d'un film très optimiste (c'est bien là le côté conte de l'oeuvre) qui fait plaisir à voir. Il a déjà obtenu un succès d'estime non négligeable. Ainsi, en France, il a remporté le grand prix du jury et le prix du public au festival d'Angers. Le film vient même récemment d'être sélectionné pour représenter la Pologne aux Oscars dans la catégorie meilleur film étranger.

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24.10.08

07:00:00, Catégories: Dossier  

par Le Doc

4 devils affiche 1En 1927, F.W. Murnau (réalisateur allemand du célèbre Nosferatu) réalise, sous l'égide de William Fox, le fondateur de la 20 Century Fox, L'aurore (Sunrise en VO), une œuvre étant reconnu aujourd'hui comme l'un des meilleurs films de toute l'histoire du cinéma. "Le plus beau film du monde" comme le qualifiait Truffaut.
Murnau dispose à l'époque d'une carte blanche totale pour réaliser son film et avec un budget illimité, il devient alors le réalisateur étranger le mieux "traité" d'Hollywood. Murnau créer alors un film quasi-parfait qui ne rencontrera malheureusement pas son public à sa sortie mais qui sera salué par la critique. Le film sera en outre récompensé par 3 oscars en 1929.

Murnau se vante d'avoir un contrôle absolu sur ses films, dont aucun détails ne peu lui échapper.
C'est dans ce contexte que Murnau réalise la même année 4 Devils (Les Quatre Diables en VF). Ce film écrit par Berthold Viertel et Murnau lui-même dispose d'une production confortable, avec à la tête du casting Janet Gaynor, grande star de l'époque, déjà présente dans L'aurore.
Seulement voilà, malgré le fait que le film soit produit par la Fox avec un gros budget, et que le film
ai fait l'objet de multiples sortis à la fin des années 20, il n'existe aujourd'hui plus aucune copie du film à la connaissance des historiens. Les dernières personnes a avoir vu le film sont les acteurs et les spectateurs qui était à Hollywood en 1929, année de sortie de la dernière version du film.
Il existe néanmoins plusieurs documents qui ont permis aux historiens de reconstituer ce à quoi devait ressembler ce 4 Devils.

4 Devils 1En effet, de nombreuses photographies de tournage, des croquis du directeur de la photographie ainsi que de nombreux extraits de scénarios nous permettent aujourd'hui d'imaginer le film tel qu'il était visible à l'époque. L'histoire, en résumé, était celle de quatre orphelins, deux sœurs d'un côté, deux frères de l'autre, vivant dans un vieux cirque dont le directeur est un tyran. Les quatre enfants, maltraités vont alors être recueilli par le clown de la troupe et vont s'enfuir sur les routes. Le clown devient alors leur père adoptif. Tous ensemble, ils vont monter un spectacle à travers tous le pays, et nos 4 orphelins devenu adultes vont devenir des trapézistes hors-pair. On les appelle les "4 diables"...Mais l'un des frères va se laisser séduire par une riche vampe qui va tout faire pour s'accaparer le jeune homme...entrainant ainsi de forte tension dans le groupe, le jeune homme étant littéralement vampirisé par sa séductrice (thème récurant chez Murnau que l'on avait déjà vu dans L'aurore). Toutes ces tensions vont alors devenir dangereuse lorsque les 4 compères doivent exécuter un saut unique, extrêmement dangereux...car sans filets...
Tous ces éléments sont donc connus grâce aux nombreuses archives papier qu'il reste du film. Les archives de la Fox contiennent également les réponses aux questionnaires qui avaient été donné aux spectateurs lors des projections test du film. Ces questionnaires ont aidé à comprendre les différentes fins du métrage. En effet, pas moins de 4 fins furent écrite. Deux furent vraisemblablement tournées. L'une étant commentée par les spectateurs de la projection test, suppliant la production de laisser la fin tel quel, triste mais pleine de puissance. On ne connait l'existence de l'autre que par une minuscule photo sur une affiche d'époque qui semble représenter l'une des différentes fin écrite dans les dossiers de la Fox.

4 devils 3Les notes du réalisateur et de l'équipe technique tendent à prouver que 4 Devils était une œuvre dense et complexe, Murnau ayant mis en place de multiples point de vue, cadrages et autres spécifications technique pour appuyer sa narration. Les photos de tournage montrant l'équipe au travail sont rares, quasi inexistante. Une seule photo de Murnau sur le plateau est à la disposition des historiens, une photo éloigné et pas très net mais sur laquelle on croit distinguer deux caméras...ce qui signifierait qu'il existe deux négatifs originaux du film...ce qui signifierait donc plus de chance de retrouver un jour une copie de ce chef-d'œuvre inconnu.
Le film sort finalement en salle en octobre 1928 et fera beaucoup d'entrées. L'année suivante, les exécutifs de la Fox décident de sortir une version parlante du métrage, le sonore étant à la mode. On écrit donc des dialogues et on retourne une grande partie du métrage...mais sans Murnau qui a quitté la Fox et les Etats-Unis après plusieurs conflits sur le tournage de son film suivant Our Daily Bread (ré-intitulé par la Fox après le départ de Murnau City Girl). Murnau ne verra jamais la version parlante (et vraisemblablement désastreuse d'après les critiques de l'époque) de son œuvre, puisqu'il décède à la fin du tournage de son dernier film Tabou, dans un accident de la route, en 1931. Il avait 42 ans.

4 devils affiche 2Depuis, toutes les copies du film ont donc disparues. Mais les chercheurs et les historiens ne désespèrent pas de retrouver un jour, dans un grenier ou dans un coin sombre de la cave d'un collectionneur, une copie. Cela fut par exemple le cas il y a quelques semaines pour le chef d'oeuvre de Fritz Lang Metropolis dont on a retrouvé une version entière du métrage, version qui avait disparu depuis la sortie du film en 1927 (et que l'on aura certainement le plaisir de découvrir d'ici quelques mois en DVD) ! Retrouver un tel film relèverait alors du miracle et le chef-d'œuvre décrit par les archives pourrait alors être exposé pour la première fois depuis des décennies, aux spectateurs du 21ème siècle...

Pour avoir plus de précisions concernant ce 4 Devils, un documentaire de 40 minutes très complet dont est inspiré cet article, est disponible dans les bonus du magnifique DVD de L'aurore. Retrouvez ci-dessous les éditions DVD des films de Murnau cité dans cet article.

Nosferatu / 2 DVD

Nosferatu / 2 DVD
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Tabou - Edition 2008

Tabou - Edition 2008
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23.10.08

06:50:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

Butcher, la légende de Victor Crowley

Derrière ce Butcher, la légende de Victor Crowley (à ne pas confondre avec la trilogie gore underground allemande d'Ude Maik également appelée "Butcher"!) se cache en fait le slasher "old-school" intitulé Hatchet datant de l'année dernière et déjà disponible dans une version non censurée en zone 1, et qui connaît cette semaine une sortie quelque peu tardive sous la houlette de l'éditeur Europa.

Butcher, la légende de Victor Crowley

Simpliste, le script envoie un groupe hétéroclite de personnages incluant une bande de collégiens dans les bayous de la Louisiane pour une promenade en bateau qui va tourner au cauchemar quand, suite à une grossière erreur du conducteur, leur embarcation coule, forçant les protagonistes à continuer leur chemin à pied, pour forcément se perdre et pénétrer, sur le terrain de Victor Crowley, un enfant difforme supposé brûlé dans un incendie douteux mais qui, selon la légende, en fait continuerait à hanter les lieux. Hélas pour les personnages, la légende va s'avérer être vraie et des marécages va surgir un colosse ayant la mauvaise habitude de démembrer ses victimes à la hache.

Butcher, la légende de Victor Crowley

Largement bien accueilli dans les différents festivals où il a été projeté, ce Butcher, dernier film tourné en Louisiane avant que l'ouragan Katrina ne vienne décimer le paysage, retrouverait la verve glorieuse des années quatre-vingt en alliant un goût pour le gore immodéré et terriblement graphique (le métrage a été classé NC-17 en première intention), avec des effets spéciaux réalisés en "live" et donc excluant tout effet numérique, à un humour apparemment percutant qui va venir faire oublier une intrigue très classique. En plus, le métrage est peuplé de visages emblématiques du cinéma horrifique, entre Kane Hodder, qui interpréta par le passé Jason Voorhees, et les apparitions de Tony todd (le Candyman en personne) et de Robert Englund.

Butcher, la légende de Victor Crowley

Le DVD édité par Europa avancera une image en 1.77 (16/9 anamorphique) et en 1.85 (16/9 anamorphique), tandis que la bande-son sera disponible en français et en version anglaise sous-titrée en DD2.0 et en DD5.1. Les bonus reviendront sur la légende du tueur au travers d'une rencontre avec Victor Crowley, tandis qu'un making-of sera également présent, tout comme un bêtisier, l'analyse d'une séquence et des effets spéciaux du métrage.

Butcher, la légende de Victor Crowley

Donc, c'est à partir du 22 octobre que nous allons pouvoir enfin découvrir le slasher bourrin et jouissif renouant avec la tradition de la grande époque du genre !

Butcher, la légende de Victor Crowley
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22.10.08

06:55:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

Doomsday

Réalisateur britannique réputé depuis son excellent The descent, Neil Marschall change quelque peu de registre avec ce Doomsday au script post-apocalyptique musclé qui connaît aujourd'hui une sortie en DVD et en Blu-Ray grâce à M6 Video, après son passage sur grand écran au printemps.

Doomsday

Le script prend place alors qu'un virus a décimé presque toute la population de l'Ecosse, obligeant le gouvernement à ériger un mur infranchissable pour enrayer l'épidémie. De ce fait, les rares survivants bloqués à l'intérieur sont coupés du monde et vivent dans un no man's land anarchique et barbare. Trente ans plus tard, le fameux virus fait son apparition en plein cœur de Londres, poussant un commando de choc à s'introduire derrière le mur à la rechercher d'un éventuel vaccin, tout en devant faire attention aux deux gangs rivaux y faisant la loi...

Doomsday

Après le succès public et critique rencontré par The descent, le moins que l'on puisse dire, c'est que le réalisateur Neil Marschall était attendu au tournant, celui-ci surprenant son monde avec ce Doomsday au script que l'on dirait issu des "post-nuke" des années quatre-vingt, sentiment d'ailleurs confirmé par un métrage qui serait un pur produit tel que le cinéma-bis, en notamment celui d'Italie, savait si bien nous en offrir, en étant violent, nerveux, blindé de délires punk et d'un graphisme exacerbé dans un style ancré dans les années soixante-dix/quatre-vingt (avec des références évidentes à Mad Max ou encore à New-York 1997 en plus de celles lorgnant vers le pan rital du cinéma d'exploitation italien voué au sous-genre), reflétant parfaitement l'amour que peut vouer au genre le réalisateur qui aura osé faire un film gentiment anachronique au regard de la production actuelle, tout en magnifiant ses scènes hallucinantes de combats dignes des gladiateurs, de dérives cannibales d'un des gangs opposé à l'aspect médiéval de ses rivaux tout aussi sanglants.

Doomsday

Le DVD édité par M6 Video avancera une image en 2.35 (16/9 anamorphique) et en 1.85 (16/9 anamorphique), tandis que la bande-son sera disponible en français et en anglais (sous-titré en français) en DD2.0, DD5.1 et en DTS5.1. Au niveau des bonus, outre le commentaire audio du réalisateur, on pourra suivre un making-of décliné en plusieurs modules revenant sur l'aspect global du métrage et ensuite plus particulièrement sur les effets visuels et enfin sur les armes, gadgets et les véhicules choisis pour le métrage. L'édition Blu-Ray du métrage reprendra les même bonus, et proposera le métrage avec une bande-son en DTSHDMA5.1.

Doomsday

Donc, à l'amateur de cinéma-bis de se ruer sur ce Doomsday à partir du 22 octobre pour vérifier si Neil Marschall a respecté ses engagements de liberté pour son hommage à un sous-genre aujourd'hui quasiment oublié !

Doomsday

Doomsday

Doomsday
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Doomsday (Blu-ray)

Doomsday (Blu-ray)
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21.10.08

06:50:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Eden lake
Réalisateur : James Watkins
Avec : Kelly Reilly, Michael Fassbender
Durée du film : 1 h 30
Date de sortie en salles : 8 octobre 2008
Par Nicofeel

Eden lake

Réalisé par James Watkins, Eden lake (littéralement le lac d'Eden) est un film d'horreur bien ancré dans notre société contemporaine.
Le postulat de base du film est la rencontre houleuse au fameux Eden lake entre un couple d'amoureux, interprété côté féminin par la très british Kelly Reilly et côté masculin par Michael Fassbender, et une bande de jeunes assez hostile. Les jeunes se plaisent à faire preuve d'incivilités (pour faire les malins et prouver qu'ils existent) à l'égard du couple et vont jusqu'à voler leur voiture, un beau 4X4. Le meurtre accidentel du chien d'un des jeunes marque le début concret des hostilités.
Le film tourne alors à la chasse à l'homme.

De chaque côté est présente l'idée de la vengeance. Le réalisateur James Watkins n'y va pas de main morte dans sa decription de l'horreur avec notamment un Michael Fassbender qui est tabassé par les jeunes, lesquels vont l'un après l'autre le blesser à coups de couteau et de cutter. Cette agression est de surcroît filmée par le biais du téléphone portable, par amusement d'une part et pour que chacun des jeunes se sente impliqué, ce que ne manquera jamais de rappeler le chef du groupe. A ce propos, on remarque que, comme souvent dans ce genre d'attaque en bande, plusieurs jeunes agissent par la volonté d'un chef qui les oblige ici à violenter Michael Fassbender, alors qu'ils ne le souhaitent pas vraiment. Mais les faits sont là. Et cette histoire a le mérite de nous rappeler à quel point notre société actuelle peut être particulièrement violente.
Ce qui peut-être le plus terrible dans Eden Lake, c'est qu'on a conscience que cette attaque purement gratuite pourrait arriver à n'importe qui. D'ailleurs, James Watkins utilise au mieux les paysages naturels de l'Angleterre, et notamment cette forêt à l'intérieur de laquelle se trouve l'Eden lake, pour maintenir sous pression le spectateur. Les nombreux plans lointains ou en plongée nous montrent à quel point Kelly Reilly et Michael Fassbender, qui cherchent à s'en sortir, sont peu de choses dans cet immense paysage.
On comprend dès lors aisément que survivre dans cet environnement s'avère très difficile pour le couple d'amoureux, d'autant que les jeunes qui les pourchassent avec leurs vélos connaissent pour leur part très bien les lieux. Le film comporte de ce point de vue certaines parentés avec le film de John Boorman, où la forêt était peu accueillante. Dans Délivrance, il y avait par ailleurs une confrontation avec de rustres personnages. Ici, les jeunes se comportent comme des personnages qui agissent en dehors des codes créés par la société.
James Watkins nous met en situation de voyeur. On a le triste honneur d'assister à l'effrayant parcours de Michael Fassbender et de Kelly Reilly.

Dans ce film sans compromis, de nombreuses personnes décèdent. Dans Eden Lake, la violence et le sentiment de vengeance qu'elle engendre ne semblent pas avoir de limites. On a droit pêle-mêle à : deux immolations à l'essence, un meurtre par un coup de couteau à la carotide, un tabassage mortel, une personne renversée par une voiture, etc. Bref, tout y passe dans Eden lake et il faut reconnaître que les effets sanguinolents sont bien faits et particulièrement bien rendus à l'écran.
Mais Eden lake n'est pas seulement une succession de meurtres. Il comporte aussi une analyse sociologique. Ainsi, comme l'indiquent les informations que l'on entend au début du film et comme le montre clairement la fin bien abrupte du film, les parents de ces enfants peu conscients de la portée de leurs actes, ont bien entendu leur part de responsabilités. En effet, ce sont ces parents qui ont éduqué ces enfants. Mais concrètement que faire quand les parents sont déjà eux-mêmes des personnages alcooliques et violents ? Autrement dit, comment faire quand les parents sont aussi peu en phase avec les codes sociaux ? Ainsi, Eden lake est certes un film d'horreur contemporain mais qui évoque également des problèmes liés à notre société.
La mise en scène dynamique de James Watkins qui épie avec sa caméra les faits et gestes des personnages filmés, laisse bien souvent le spectateur dans un état fragile. On ressort secoué à la vision d'un tel film.

A n'en pas douter, Eden lake constitue un des meilleurs films d'horreur de ces dernières années. Les britanniques sont décidément passés maîtres dans le cinéma de genre, après le choc qu'avait pu constituer l'excellent The descent de Neil Marshall.

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06:45:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Chop Shop
Réalisateur : Ramin Bahrami
Avec : Alejandro Polanco, Isamar Gonzales
Durée du film : 1 h 24
Date de sortie en salles : 15 octobre 2008
Par Nicofeel

Réalisé par Ramin Bahrani, un américain d'origine iranienne, Chop Shop est certes une fiction mais le film a tout du documentaire contemporain. Le film nous expose une vision des Etats-Unis qui est loin de l'univers glamour d'Hollywood.
Il faut dire que l'action se déroule dans un quartier pauvre du Queens. Ici, les gens (pour beaucoup des américains d'origine sud-américaine voire même tout simplement des immigrés) travaillent en réparant des voitures dans des conditions très précaires. La façon dont sont trouvés les clients est tout aussi précaire puisqu'ils sont interpellés dans la rue par des gamins. Et ces interpellations sont fondamentales car tout client potentiel c'est un revenu supplémentaire.
Par ailleurs, dans ce quartier on fait le commerce de pièces de véhicules volées. Cela explique le choix du titre du film puisque Chop Shop est un mot d'argot qui signifie hacher et vendre. Chop Shop est le film de la débrouille. Il montre des personnages qui, à coups de petite combine, tentent de vivre ou plutôt de survivre dans des conditions acceptables.
Le jeune Alejandro, qui est le principal protagoniste du film, a une multitude d'activités malgré son jeune âge : il répare des voitures durant la journée, il vend occasionnellement des chocolats et des bonbons dans le métro, il vend à ses compatriotes des CD et des DVD, il participe certains soirs au démontage de voitures volées. Bref, le film montre que pour s'en sortir, ces gens de condition modeste prennent leur destin à bras le corps, quitte à commettre des actes illégaux (ventes à la sauvette, vols).
Un intérêt du film est d'évoquer que tout acte rendu fait l'objet d'une rémunération économique. Autrement dit, l'argent est au centre de toutes les préoccupations. Le réalisateur Ramin Bahrani montre avec efficacité la prédominance de l'argent dans la vie quotidienne. L'argent commande tout.
Et il faut dire que si le petit Alejandro est conscient de la situation dans laquelle il se trouve, ce petit garçon qui n'a pas jamais été à l'école conserve secrètement un espoir, celui de pouvoir acheter à terme une camionnette lui permettant de vendre avec sa soeur aînée (qui l'a rejoint), sandwichs et boissons.

C'est pour cela qu'Alejandro économise tout ce qu'il peut ; il a peu foi en les personnes qui l'entourent puisqu'il ne garde pas l'argent qu'il possède dans le garage où il vit mais dans une cachette qu'il est le seul à connaître. La soeur d'Alejandro, Isamar, qui travaille aussi durant la journée, donne aussi de l'argent à son frère pour le futur achat de la cammionnette. Sauf que l'argent qu'elle donne ne provient pas de cette activité. Le réalisateur Ramin Bahrani en remet une couche sur la pauvre condition sociale de ce quartier du Queens avec des femmes qui se prostituent le soir pour obtenir un supplément de salaire. C'est ainsi le cas d'Isamar qui se prostitue et ce sans que son frère soit au courant de tels agissements. Attention, il n'y a pas pour autant de place au misérabilisme dans Chop Shop : les personnages du film se battent pour que leur condition s'améliore à terme, ils ne sont pas abattus. Encore une fois, toute action (ici le fait de vendre son corps) a comme but l'obtention d'une somme d'argent.
Il serait par contre inéquitable de penser que ce film décrit uniquement les conditions de vie d'un quartier pauvre du Queens et qu'il ne comporterait que des considérations économiques. En effet, le film comporte aussi des moments de joie, de plaisir. Les relations entre Alejandro et son copain du même âge donnent lieu à des moments d'une grande simplicité, révélatrices d'une amitié évidente.

Mais surtout le film s'attache à nous montrer les liens importants entre Alejandro et sa soeur Isamar. S'ils ne sont pas toujours d'accord sur tout, ce frère et cette soeur sont solidaires l'un envers l'autre. En trouvant un emploi à sa soeur et en lui rappelant les règles qui dominent dans ce quartier et plus précisément dans le garage où ils vivent, Alejandro agit comme s'il était le père de la famille. A son jeune âge, il prend clairement en main les rennes de cette famille. Pour preuve, sa réaction lorsqu'il apprend que sa soeur se prostitue.
En défintive, Chop Shop offre une vision particulièrement réaliste d'un quartier pauvre de New York. Cependant, le film ne se veut pas une démonstration misérabiliste. De ce point de vue, la fin de Chop Shop, où l'on voit des pigeons s'envoler, est le symbole de l'espoir d'un changement positif pour les deux principaux personnages du film.

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20.10.08

06:40:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

[REC]

Réalisé par Jaume Balaguero, un des piliers du cinéma fantastique ibérique depuis La secte sans nom et auquel nous devons le magnifique Fragile, et Placo Plaza, le jeune auteur des Enfants d’Abraham et de L’enfer des loups, ce [REC] s’impose comme l’une des grande réussites de cette année, avec plus de 500 000 spectateurs en salles sur notre territoire et surtout des critiques quasiment unanimes pour saluer le métrage qui, sous l’égide de l’éditeur Wild Side Video, va débarquer en DVD et Blu-Ray à partir du 23 octobre.

[REC]

Le script va suivre Angela, une journaliste pour une télévision locale portant avec son cameraman son intérêt vers les travailleurs de la nuit. Ce sera au cours d’une nuit dans une caserne de pompiers qui pourtant s’annonçait très calme qu’elle va être confrontée à l’impensable, alors qu’elle suivait une équipe de pompiers se rendant au chevet d’une vielle dame ayant lancé un appel au secours pour découvrir sur place des voisins très inquiets par les cris entendus en provenance de l’appartement de le vieille dame. Pensant enfin tenir un sujet sortant de l’ordinaire, Angela était loin de s’imaginer plonger dans l’horreur absolue, surtout que la résidence va bientôt être mise en quarantaine par l’armée, laissant les habitants, Angela, son cameraman et les pompiers appelés sur place en bien mauvaise compagnie !

[REC]

Ce sera donc en utilisant une caméra subjective à la mode en ce moment (Cloverfield, Diary of the dead...) pour créer une sorte de faux documentaire que les deux auteurs marchent sur les traces du Projet blair Witch et du précurseur Cannibal holocaust, mais les critiques ont été d’accord pour s’accorder à écrire que le film renouvelle, voir même révolutionne, le genre avec des effets de trouille complètement réussis et inédits pour non pas nous montrer la peur mais nous la faire vivre en nous impliquant carrément dans le métrage, tout en maniant un humour tordu et noir qui viendra naturellement se mêler à l’ensemble, et sans pour autant se contenter l’accumuler les séquences horrifiques pour laisser également des phases d’attente venir stresser le spectateur tout en développant la personnalité des protagonistes.

[REC]

Le DVD édité par Wild Side Video avancera une image en 1.85 (16/9 anamorphique), avec une bande-son en français et en anglais en DD2.0 et en DTS5.1, tandis que la version espagnole sera en DD5.1, avec bien entendu des sous-titres français.
Au niveau des bonus, nous retrouverons un making-of d’une quarantaine de minutes, ainsi qu’un documentaire tourné par les deux réalisateurs sur la manière de réaliser un film d’horreur, tandis qu’un court-métrage gagnant d’un concours organisé par Nokia et intitulé "Les ongles" viendra clore ces bonus.

[REC]

Mais Wild side Video va nous proposer également une édition "collector", avec sur un second disque plusieurs entretiens avec les membres de l'équipe (les deux réalisateurs, mais aussi avec le chef-opérateur Pablo Rosso, le sound designer Oriol Tarrago et l'actrice Manuela Velasco qui nous livrera ses confidences), plusieurs scènes coupées, l'analyse d'une séquence du film, les essais des comédiens, les archives secrètes, un court métrage de Paco plaza, ainsi qu'une rencontre croisée avec Paco Plaza, Jaume Balaguero, J.A. Bayona (le réalisateur de L'orphelinat) et Gonzalo Lopez-Galledo (l'auteur de Les proies), et un bonus caché à découvrir dans l'un des menus du disque. Et enfin, la désormais inévitable édition "Blu-ray" reprendra l'intégralité des bonus de l'édition "collector".

[REC]

Donc, à partir du 23 octobre prochain, nous allons pouvoir flirter avec la frayeur engendrée par ce [REC] directement dans notre salon grâce à cette sortie DVD et Blu-Ray très attendue !

[REC]

[REC] - Edition collector / 2 DVD

[REC] - Edition collector / 2 DVD
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[REC] (Blu-ray) - Edition 2008

[REC] (Blu-ray) - Edition 2008
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18.10.08

08:50:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Tokyo !
Réalisateurs : Michel Gondry, Léos Carax et Bong Joon-Ho
Avec : Denis Lavant, Jean-François Balmer, Ayako Fujitani, Ryo Kase, Ayumi Ito...
Durée du film : 1 h 45
Date de sortie en salles : 15 octobre 2008

Par Nicofeel

Tokyo ! est un film à sketchs réalisé par trois cinéastes très différents : Michel Gondry, Léos Carax et Bong Joon-Ho. Chacun d'entre eux a livré à cette occasion sur un format court une vision particulièrement originale de Tokyo !
Si les sketchs sont en soi très différents, ils montrent tous le fait que la ville nous enferme dans un système où il devient de plus en plus difficile de communiquer. La ville nous fait soi disparaître d'un point de vue individuel (sketch de Michel Gondry), soit elle nous offre de telles possibilités grâce aux nouvelles technologies que l'on est même plus obligé de communiquer avec l'extérieur (sketch de Bong Joon-Ho). Dans ce cas, on peut de manière radicale être amené à se révolter (sketch de Léos Carax).
Le premier sketch de Tokyo ! est celui de Michel Gondry. Il montre un couple de jeunes qui n'arrive pas à trouver un appartement à un prix raisonnable dans Tokyo pour se loger (la cherté de l'immobilier qui sévit qui sévit depuis plusieurs années est évoquée sans détours, sachant que Tokyo est sur ce point l'une des villes les plus chères de la planète). Ce couple réside ainsi provisoirement chez une amie. Le sketch évoque l'exiguité de certains dans Tokyo. Comment vivre en effet de manière décente à quatre dans un petit appartement ? Ce sketch, bien ancré dans la réalité, vire progressivement dans le fantastique avec la jeune femme du couple, qui se sent quelque peu isolée (on lui reproche notamment son manque d'ambition) et qui finit par se transformer en chaise. Cette jeune femme trouve donc désormais une place dans la société et même une certaine utilité. De façon très poétique, comme il sait le faire très bien dans son chef d'oeuvre Eternal sunshine of the spotless mind, Michel Gondry évoque pleinement une ville gigantesque qui finit par happer ses habitants, leur faisant perdre leur individualité face au grand nombre personnes qui résident dans cet endroit. Le problème est également récurrent dans plusieurs grandes villes telles que Paris, New York, Londres, etc.
Le second sketch de Tokyo ! marque le retour de Léos Carax. Neuf ans après l'échec (commercial) de son film Pola X (qui est il faut le reconnaître un film d'auteur bien dérangeant), Léos Carax revient de façon rageuse avec un sketch complètement anarchiste. L'excellent acteur Denis Lavant, pour le coup méconnaissable, interprète un personnage issu de nulle part qui sort des égoûts et agresse la population, allant jusqu'à balancer des bombes.

Denis Lavant est vraiment impressionnant dans son rôle de Monsieur Merde, qui semble insaisissable et qui déteste ouvertement la population nippone (bien que le propos puisse être valable pour tous les pays, et notamment pour les Etats-Unis). Sketch à l'humour bien corrosif, les aventures de monsieur Merde amènent le spectateur à se poser des questions sur la société contemporaine. Sans aucun doute, le sketch de Léos Carax est le plus intéressant et celui qui amène le plus à réfléchir.
Le troisième et dernier sketch de Tokyo ! est l'oeuvre de Bong Joon-Ho, auteur notamment de l'excellent film The host. Dans un Tokyo qui paraît vidé de ses habitants, lesquels restent chez eux, le cinéaste traite du problème de l'incommunicabilité. Il prend pour cela un exemple extrême avec ce personnage qui vit seul depuis 10 ans à Tokyo dans son appartement, en totale autarcie.

Cet exemple très particulier n'est pourtant pas si loin de la réalité avec des gens qui désormais s'ouvrent de moins en moins sur l'extérieur avec les possibilités qu'offre notamment Internet. Le tableau décrit par Bong Joon-Ho n'est pas totalement noir car l'amour peut changer la donne et faire que notre personnage s'ouvre sur l'extérieur. Particulièrement atypique et dérangeant sur la vision de notre monde, le sketch de Bong Joon-Ho souffre d'une certaine lenteur, dû à son scénario. Le cinéaste sud-coréen met un peu trop de temps à exposer son propos.
De manière plus générale, les trois sketchs de Tokyo ! sont très bien mis en scène et se révélent particulièrement originaux. Oui mais voilà, ils souffrent de facto du même problème : la démonstration est trop surréaliste et décalée et fait que le spectateur ne se sent pas totalement impliqué. C'est dommage car cette vision des choses est non dénuée d'un certain intérêt et l'humour est omniprésent.
Il convient de noter pour terminer que Tokyo !, en compétition au festival international du film fantastique à Neuchâtel, y a obtenu une mention spéciale du jury.

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17.10.08

06:45:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Live feed

C’est en s’inspirant largement du Hostel d’Eli Roth que ce Live feed va dérouler une intrigue terriblement simpliste mais prétexte à de nombreuses abominations, tout en ayant la bonne idée de déplacer l’action en Asie, histoire d’apporter un dépaysement différent et ce même si le métrage a entièrement été tourné au Canada.
Le script envoie donc cinq touristes américains à la découverte de l’Asie, mais ceux-ci, en cherchant surtout à s’amuser et à se donner du bon temps, vont aller se fourvoyer dans un cinéma porno, sans ce douter que celui-ci sert de façade à des activités bien plus glauques et sanglantes.

Live feedD’entrée, après un générique accrocheur avançant différentes photos de torture assez graphiques, le métrage va mettre en avant ses principaux personnages, cinq américains débarquant sur le sol asiatique que nous suivront pour la visite d’un marché de nuit où ils vont avoir bien du mal à accepter les coutumes locales, et notamment la tuerie d’un petit yorkshire destiné à être mangé. Cette mise en situation sera agréablement agencée par le réalisateur, en alternant les plans suivant ces américains hautains et caricaturaux au possible avec d’autres nous montrant l’intérieur d’un bar où une stripteaseuse effectuera son numéro lascif sous l’œil d’un groupe d’hommes facilement identifiés comme étant des yakuzas appartenant à la pègre locale, tandis que nous suivrons ensuite ceux-ci pour un interrogatoire musclé et brutal d’un individu qui subira différents sévices.

Live feedSuperficiels et presque antipathiques dans leur démarche et leur air supérieur affiché, les protagonistes principaux américains ne s’attireront jamais la sympathie du spectateur, mais les situations demeureront suffisamment attractives pour ne pas ennuyer (contrairement à celle d'Hostel avec en plus cet humour potache qui énervait et qui sera ici absent), avec ensuite cette courte visite dans un bar où l’un des américains va bousculer et renverser son verre sur le chef des yakuzas, déclenchant ainsi une mini bagarre et les obligeant à quitter les lieux en compagnie d’un autochtone avec qui ils auront fait connaissance, pour atterrir dans ce cinéma pornographique crasseux qu’ils vont visiter avant que le groupe ne se sépare, chacun cherchant un coin tranquille pour satisfaire ses besoins sexuels.

Live feedCette partie du métrage sera ouvertement érotique et parfois même très osée, en n'hésitant pas à bien nous montrer ce qui se passe sur l'écran du cinéma, tandis que dans son aspect glauque et malsain, l'endroit sera inondé de photos érotiques hardcores, notamment dans les toilettes où ira se réfugier un couple pour un ébat sexuel debout, mais également en suivant un autre couple ayant loué une "chambre" pour satisfaire leurs pulsions sexuelles. Mais très vite le métrage va commencer à placer des éléments intrigants et commençant à installer un malaise évident, notamment en nous faisant découvrir que les différents personnages sont filmés dans chacune des pièces qu'ils vont parcourir, installant ainsi parfois le spectateur dans une position avérée de voyeur.

Live feedMais bien entendu, les choses vont rapidement dégénérer et un bourreau très graphique et charismatique va faire son apparition pour s'en prendre au couple enfermé dans leur "chambre" lors d'une première séquence véritablement gore et avançant des sévices innovants (le serpent) et volontaires dans leur démarche sanglante, sans pour autant négliger l'aspect érotique qui survivra au passage en mode gore du métrage, d'autant qu'ensuite une autre demoiselle sera à son tour mutilée et assassinée de façon clairement sensuelle. Et ensuite, le métrage avancera différentes situations laissant les survivants du groupe lutter pour leur survie dans une ambiance assez jouissive et débridée jusqu'au règlement de comptes final.

Live feedRésolument tournée vers son aspect horrifique et vers l'action, cette seconde partie s'octroiera même le luxe de flirter avec le "snuff-movie", en avançant ces séquences filmée et destinées à distraire le chef yakuza vu auparavant de manière plutôt réaliste et graphique, mais sans que le spectacle ne devienne trop malsain grâce à une certaine outrance jouissive qui ne collera pas avec la réalité glauque de rigueur pour incommoder le spectateur. Et puisqu'il est inévitable de comparer le métrage à celui d'Eli Roth, ce Live feed s'avérera largement plus généreux en plans sanglants mais par contre, on ne retrouvera pas l'ampleur ni la puissance dramatique d'Hostel, avec une justification des abominations commises bien superficielle et n'apportant aucune profondeur à l'ensemble.

Live feedSi la révélation sur l'identité d'un des protagonistes (en plus facilement anticipable) n'entraînera que des situations mêlant des sentiments classiques et éculés (vengeance, honneur…), le véritable personnage prépondérant du film restera bien ce bourreau au look très visuel, inspiré de l'univers sado-masochiste, simpliste mais efficace avec en plus une stature plus qu'imposante qui va illuminer chaque des scènes où il apparaît d'un charisme fort et cette fois réellement malsain, d'autant plus qu'il demeurera muet d'un bout à l'autre du métrage, pour se contenter d'agir comme une brute inhumaine massacrant ses victimes pour le plaisir de son maître jusqu'à ce qu'en plus, le dernier acte ne vienne lui insuffler une certaine "dignité" loyale considérable, tout en nous donnant furieusement envie de revoir ce personnage à l'oeuvre.

Live feedL'interprétation sera ici aléatoire, cernée par de jeunes acteurs guère performants et peu crédibles et ne parvenant pas à faire passer la moindre émotion, mais à la limite cela ne sera pas trop préjudiciable de ce contexte où il ne sont là que pour servir de victimes avant d'être recyclés d'une façon très immorale. La mise en scène du réalisateur est assez efficace, avec cette caméra toujours en mouvement renforçant ainsi l'aspect "snuff" du film mais avance hélas parfois un aspect télévisuel guère plaisant.
Les effets spéciaux sont globalement probants, et si certains trucages sont trop visibles, on ne pourra pas leur reprocher d'être timides, tant le sang va gicler abondamment au cours du film, tout en laissant certains plans suivre de près les mutilations commises par ce bourreau charismatique.

Donc, ce Live feed sera une agréable surprise malgré son côté superficiel et son manque de moyens parfois flagrant, grâce à sa générosité dans sa partie sanglante et en nous offrant un nouveau personnage fort digne d'appartenir au bestiaire des plus "beaux" tueurs du cinéma horrifique !

Live feedLe DVD de zone 1 édité par MTI Video avancera une image qui ne connaîtra pas de défauts visibles, tandis que la bande-son sera percutante, avec notamment une partition musicale métallique adaptée et renforçant les temps forts du film, le métrage n'étant ici proposé qu'en version anglaise avec seulement des sous-titres espagnols.
Au niveau des bonus, on pourra suivre un long making-of explicatif sur la genèse du projet tout en laissant la parole à certains membres de l'équipe du film et surtout à son réalisateur, sans que celui-ci ne verse dans l'auto-promotion, quelques scènes coupées (essentiellement des dialogues qui auraient ralenti le rythme du métrage) ou alternatives, un spot télévisé de promotion du "Richmond Night Market" où fut tournée la première séquence du film, et quelques bandes-annonces (dont celle du métrage).

Live feed

Pour ceux qui voudraient découvrir ce bourreau très visuel au service de sévices graphiques et sanglants, le DVD de zone 1 est disponible ici ou là !

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16.10.08

06:15:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Buried alive

Réalisé par Robert Kurtzman, grand spécialsite des effets spéciaux (il fut avec deux compères le fondateurs de l'atelier KNB à qui nous devons par exemple les effets spéciaux de Une nuit en enfer, du Vampires de John Carpenter ou encore des deux Hostel), ce Buried alive ne versera hélas que dans le slasher surnaturel des plus basiques, tout en préférant s'axer sur des personnages heureusement plutôt attachants que sur une violence sanglante bien timide.
Le script envoie six jeunes gens dans la maison familiale retirée en plein désert de deux d'entre eux où ils comptent passer le week-end, sans se douter d'une entité issue du passé sordide de leur famille va chercher à les éliminer un par un.

Buried aliveAprès une séquence d'introduction assez réussie mettant en scène Renée, une demoiselle discutant dans sa baignoire avec son cousin Zane de leur relation fusionnelle jusqu'à ce que la situation dégénère aussi brutalement que bizarrement, le métrage va nous présenter ses personnages principaux et outre les deux protagonistes déjà vus, nous allons découvrir le boy-friend de Renée ainsi qu'un de leur acolyte timide et obnubilé par l'informatique, ce qui lui aura permis de découvrir sur la toile l'histoire douteuse de la famille de Zane et de Renée, puisqu'un de leurs aïeuls richissime grâce à la découverte d'une mine d'or aurait enterré vivant sa première femme d'origine indienne avant de se remarier pour finalement périr dans l'incendie de leur demeure, reconstruite depuis et destination de la petite bande.

Buried aliveMais afin de pimenter un peu l'intrigue, deux autres demoiselles vont être conviées au voyage puisqu'elles sont les bizuts de Renée, désireuses de rentrer dans son "club" typiquement américain et vont donc finir leur initiation en compagnie du groupe dans le désert.
Cette mise en situation des protagonistes ne s'éternisera heureusement que le strict nécessaire pour mettre en place le contexte familial qui servira de toile de fond à la malédiction qui va s'acharner sur la bande, tout en introduisant un autre personnage, Lester, un homme fouillant une cave pour y découvrir de l'or, que nous retrouverons plus tard comme étant le gardien déjanté et un peu fou de la propriété familiale qui préférera la compagnie de ses animaux sauvages empaillés à celle des humains.

Buried aliveL'installation dans la bâtisse qui aura de quoi décevoir pas son aspect moderne et fonctionnel (malgré de traditionnels petits soucis d'électricité…) sera guère palpitante et offrira surtout l'opportunité aux personnages de s'amuser, offrant ainsi au passage au métrage sa petite scène érotique bien timide, tout en multipliant les allers et venues scrutées par une caméra subjective annonçant clairement une présence malfaisante qui finira par se matérialiser lors d'une séquence joliment maîtrisée (la sortie de la baignoire remplie de sang) mais hélas avortée et sabordée. Et il faudra encore laisser passer plusieurs situations liées en partie à ce bizutage quelque peu stérile pour qu'un premier meurtre sanglante mais rapide ne vienne lancer véritablement l'intrigue.

Buried aliveMais hélas, même après ce premier assassinat, le métrage va s'occuper de ses personnages qui vont continuer à évoluer dans la demeure sans se préoccuper de l'absence de leur ami qu'ils penseront être au téléphone dans leur voiture, pour divers rebondissements mettant aussi en avant ce Lester, qui ferait un coupable idéal puisque la présence des jeunes retarde ses plans liés à la découverte de l'or, tout en continuant à placer des séquences un peu débiles mais amusantes forçant les bizuts à se livrer à des gages stupides mais permettant au métrage de se livrer à des instants porteurs d'un léger suspense au milieu de ces éléments plus farfelus (la course d'une des demoiselles uniquement vêtue de bottes pour aller chercher un objet chez ce fou de Lester). Ainsi, seul le dernier acte se montrera quelque peu violent et brutal, mais restera superficiel et évasif dans l'explication finale qui aura quand même l'ultime mérite de ne pas se limiter à un quelconque twist faisandé complètement improbable pour plutôt laisser le métrage se terminer sur une touche sinistre.

Buried aliveCe sera donc en privilégiant l'ambiance et surtout en créant un climat d'attente perpétuel que le métrage va dérouler ses situations, mais si ce concept fonctionnera régulièrement, il finira quand même par lasser, surtout que les fausses alertes, trop nombreuses, et les situations inachevées ponctuées d'invraisemblances notoires laisseront un goût amer qui sera encore accentué par quelques explosions sanglantes qui resteront timides malgré une volonté graphique avérée pour mettre en avant des effets spéciaux évidemment (trop ?) sophistiqués et originaux dans l'art de découper les victimes à la hache.

Buried aliveHeureusement, Robert Kurtzman ne tombera pas vraiment dans le piège facile de mettre en scène des personnages stéréotypés et malgré un "jeunisme" flagrant, ceux-ci auront un naturel plutôt sympathique qui les rendra presque attachants, et cette (bonne) idée de mettre au service de Renée deux "esclaves" au féminin alimentera de manière réjouissante l'intrigue, mais on pourra quand même regretter que la relation ambiguë qu'elle entretiendra avec son cousin, et clairement avancée lors de l'introduction, ne vienne pas se mêler au débat pour ne laisser percer qu'une pointe de jalousie lorsque Zane s'intéressera de très près à l'une des deux bizuts.

Buried aliveEnfin, l'élément surnaturel qui déclenchera la malédiction semblera bien superficiel, aussi bien dans sa conception vaguement basée sur les légendes indiennes que sur les éléments apportés, avec cette amulette transmise de génération en génération qui sera censée protéger des mauvais sort à peine évoquée de façon bien opportune (le tatouage), et tandis que l'exploration du passé familial sera lui aussi sous-exploité (avec à peine une lecture sans grand intérêt d'un morceau de journal intime de l'une des deux femmes de l'aïeul) alors que les possibilités offertes étaient immenses et auraient pu donner plus de consistances à l'ensemble, même si cela aurait ralenti le rythme vif et constant que le réalisateur aura réussi à insuffler au film.

Buried aliveL'interprétation est plutôt convaincante, avec de jeunes acteurs pas foncièrement expérimentés mais qui arriveront à rester crédibles et à donner la réplique à un Tobin Bell excellent échappé de la franchise des Saw. La mise en scène de Robert Kurtzman est plutôt dynamique, mais n'utilise que des effets faciles (la caméra subjective) de façon guère innovante. Les effets spéciaux sont bien entendu probants, aussi bien pour le maquillage du boogeyman très visuel que pour les quelques meurtres sanglants cherchant à se montrer originaux, surtout au niveau de l'élaboration de trucages étonnants.

Donc, ce Buried alive se suivra facilement grâce aux facéties amusantes de l'intrigue mais n'engendrera ni l'effroi ni même la tension désirée en demeurant le plus souvent prévisible et en peinant à renouveler son climat d'attente.

Buried aliveLe DVD de zone 1 édité par Dimension Extreme avancera une image claire et ne connaissant aucun défaut, tandis que la bande-son sera efficace, grâce notamment à une partition musicale discrète mais efficiente, le métrage n'étant proposé ici qu'en version anglaise, avec des sous-titres anglais destinés aux malentendants.
Par contre, cette édition ne proposera pas le moindre bonus, pas même une petite bande-annonce, alors que l'éditeur possède plusieurs autres titres horrifiques dans sa collection, dont le convaincant Storm warning.

Pour ceux qui voudraient affronter ce tueur surnaturel revanchard, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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15.10.08

06:45:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

The eye

Réalisé par les deux auteurs français du plutôt sympathique Ils, Xavier Palud et David Moreau, ce The eye, remake américain du film homonyme des frères Pang datant de 2003, arrive, après un passage en salles obscures au printemps, en DVD sous la houlette de Warner Home Vidéo.

The eye

Le script met en scène la célèbre violoniste Sydney Wells, une jeune femme aveugle depuis un accident survenu dans sa jeunesse qui, grâce à une opération, va pouvoir enfin percer les ténèbres et revoir. Aidée par le docteur Paul Faulkner et par sa sœur Helen, Sydney retrouve donc peu à peu la vue. Mais rapidement, d’étranges images principalement effrayantes lui apparaissent sans explication cohérente. Serait-ce des séquelles de l’opération, une réaction du cerveau ou quelque chose de plus terrifiant. Alors que son entourage commence à douter de sa santé mentale, Sydney se persuade que ces nouveaux yeux lui ont ouvert la porte d’un monde qu’elle seule peut voir...

The eye

Ayant reçu un accueil mitigé de la part des critiques qui ont mis en avant la fadeur d’un script réduit à sa plus simple expression, une interprétation aléatoire avec une prestation de Jessica alba qui divise et une mise en scène parfois sacrifiée des deux réalisateurs et surtout cédant aux effets faciles du genre, le film s’offre une seconde chance en DVD pour nous faire partager son atmosphère prenante à défaut d’être originale et une œuvre qui se suit facilement et sans ennui.

The eye

Le DVD édité par Warner Home Vidéo avancera une image en 1.85 (16/9 anamorphique), tandis que la bande-son sera proposée en français et en anglais sous-titré dans notre langue en DD5.1.
Au niveau des bonus, on pourra suivre une fin alternative, quelques scènes coupées non censurées (donc plus sanglantes ?) ainsi qu’un making-of, hélas orienté promo.
Quant au Blu-Ray, il proposera en outre quatre documentaires, sur la naissance du "Shadow-man", sur le personnage de Sydney et les difficultés rencontrées pour rentrer dans ce rôle pas évident pour Jessica Alba, sur le "monde des morts" et enfin sur le final du métrage, alors que le métrage sera disponible avec une image en 1.85 mais également en 2.35, avec un son en DDTHD5.1 en plus du DD5.1.

The eye

Donc, il ne nous reste plus qu’à patienter jusqu’au 15 octobre pour pouvoir se faire sa propre idée sur ce nouveau remake hollywoodien braconnant sur les terres orientales !

The eye

The eye (2008)

The eye (2008)
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The eye (2008) (Blu-ray)

The eye (2008) (Blu-ray)
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Ils

Ils
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Fnac à 12.49€
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14.10.08

11:15:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Blindness
Réalisateur : Fernando Meirelles
Avec : Julianne Moore, Mark Ruffalo, Danny Glover, Gael Garcia Bernal.
Durée du film : 2 h 01
Date de sortie en salles : 8 octobre 2008

Par Nicofeel

Blindness

Auteur de films tels que La cité de Dieu ou plus récemment de The constant gardener, Fernando Meirelles nous revient avec un long métrage (produit par le Japon, le Brésil et le Canada) teinté de fantastique.
En effet, le synopsis raconte qu'à notre époque actuelle, plusieurs personnes deviennent aveugles en un instant. La spécificité de cette cécité est que les gens ne voient pas le monde qui les entoure en noir comme un aveugle « normal » mais une lumière blanche. Cette maladie inconnue est intitulée le mal blanc. Les gens victimes du mal blanc sont rapidement mis en quarantaine dans des abris d'urgence. Parmi les contaminés a réussi à se glisser l'épouse d'un médecin (interprétée par Julianne Moore), et ce pour aider son mari (lequel est interprété par Mark Ruffalo).

A partir de ce scénario original, le réalisateur Fernando Meirelles livre un film politique et social.
Le propos politique est on ne peut clair avec ces personnes, considérées comme des contaminés, qui sont obligées de vivre dans des batiments peu accueillants. Ils sont surveillés en permanence par des soldats qui les empêchent de quitter ces lieux. On se retrouve dans un véritable régime dictatorial où les libertés de chacun ont disparu.
Mais le plus difficile à vivre est le fait que dans ces batiments, qui ressemblent à des entrepots qui ont été aménagées à la va-vite, c'est la loi du plus fort qui prédomine. Les autorités, situées à l'extérieur du batiment, ne cherchent pas à savoir ce qui se passe à l'intérieur. Elles se contentent de donner de la nourriture aux contaminés pour qu'ils ne meurent pas de faim. Or, quand c'est le plus fort qui domine, on ne s'étonnera pas que les lois qui prédominaient jusque là laissent la place à l'arbitraire. Un système de troc se met ainsi en place entre les dominants (dont le chef est joué par Gael Garcia Bernal, qui tient là un beau rôle de salaud) et les dominés avec évidemment tous les abus que l'on peut imaginer.

D'une certaine façon, Fernando Meirelles dresse le portrait d'une micro-société livrée à elle-même qui, sans l'intervention de règles impartiales, fonctionne de manière totalement arbitraire.
Quelques personnages dans le film sont à sauver et montrent que dans une société individualiste, certains sont prêts malgré tout à aider les autres. Le personnage de Julianne Moore est de ce point de vue un véritable symbole, aidant au maximum son mari et les gens qui l'entourent, ce qui est d'autant plus aisé qu'elle est la seule à voir. Elle n'a pas été touchée par le mal blanc. On peut quasiment y voir là un côté religieux. D'ailleurs, à un moment donné du film, plusieurs individus, guidés, par le personnage de Julianne Moore, réussissent à quitter le batiment où ils étaient parqués et à rejoindre à nouveau le monde extérieur. Tout cela donne l'impression que Julianne Moore interprète une sorte de Noé et qu'elle doit mener les autres personnes qui l'accompagnent vers une nouvelle existence. L'arche de Noé serait tout simplement la maison du médecin (joué par Mark Ruffalo) et de son épouse qui servent de refuge à quelques autres évadés.
Blindness n'a pas qu'une portée politique ou religieuse. Fernando Meirelles y introduit sans aucune ambiguité une notion sociale. Il montre que dans des mouvements de panique, tels que ceux qui sont caractérisés par le mal blanc, les gens sont en grande majorité individualistes. Ils pensent avant tout à eux. Ceci est d'autant plus significatif quand on voit dans des rues plusieurs personnes qui meurent de faim et s'entredéchirent les quelques aliments qui sont encore disponibles. Un exemple symptomatique de cet état de chaos est le moment où l'on voit des chiens affamés en train de dévorer un homme mort. Le meilleur ami de l'homme a lui-même disparu...
Si les connotations politiques, religieuses et sociales de Blindness sont intéressantes, en revanche la mise en scène du film laisse beaucoup plus à désirer.
Dans une thématique assez proche, Blindness pourrait rappeller le Phénomènes de Shyamalan où un mal étrange (dans le film de Shyamalan des personnes se suicidaient de façon soudaine) survenait du jour au lendemain sans aucune explication rationnelle. Mais à la différence de Shyamalan dont la mise en scène est particulièrement sobre, Fernando Meirelles se complaît dans des effets de style (floutages, images parfois quasi intégralement blanches, gros plans) qui n'apportent rien au récit et qui sont au contraire assez saoulants. En voulant nous donner le point de vue de ces personnes qui ont perdu la vue et sont victimes du mal blanc, le réalisateur de Blindness hache son récit (le montage est par moments quelque peu saccadé) et manque dès lors de clairvoyance. On pourra par ailleurs regretter sur le plan scénaristique un happy end un peu rapide et qui n'est a fortiori pas forcément le meilleur choix final.
Un dernier mot sur les acteurs qui se révèlent tous assez bons, avec notamment Julianne Moore qui a toujours un jeu d'actrice aussi nuancé.
En définitive, Blindness est un film qui comporte un vrai message politique et social mais qui est en partie plombé par une mise en scène trop stylisée et hachée.

Permalink 950 mots par nicofeel Email , 1335 vues • Réagir
06:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Vicky Cristina Barcelona
Réalisateur : Woody Allen
Avec : Javier Bardem, Pénélope Cruz, Scarlett Johansson, Rebecca Hall...
Durée du film : 1 h 36
Date de sortie en salles : 8 octobre 2008

Par Nicofeel

Vicky Cristina Barcelona

Plutôt en forme ces derniers temps avec des films tels que Match point, Scoop, Le rêve de Cassandre, Woody Allen nous revient avec sa thématique préférée : l'amour.
Pour montrer à quel point la notion d'amour est compliquée, le réalisateur new-yorkais nous raconte les vacances de deux amies qui ont décidé de passer l'été ensemble à Barcelone. Vicky, la brune (interprétée par Rebecca Hall) est une femme de raison qui est fiancée et va bientôt se marier ; Cristina, la blonde (interprétée par Scarlett Johansson, qui est décidément très utilisée par Woody Allen dans ses derniers films) est une femme qui est célibataire et se fie avant tout à ses pulsions. Si le film avait été une adaptation de Jane Austen, on aurait pu le renommer Raison et sentiments. Cependant l'approche de Woody Allen est plus moderne.
Dès le début du film, on comprend que l'on va assister à une sorte de théorie sur l'amour. Le point de départ est le film de 12 minutes de Cristina qui traite de la complexité de l'amour. En fait, Woody Allen se sert de cet élément pour développer la notion d'amour, de passion durant les 1h36 de son film. D'ailleurs, ce n'est pas un hasard si une voix-off vient continuellement nous expliciter les événements qui se déroulent sous nos yeux.
Woody Allen change son cadre habituel puisque le film se déroule ni Etats-Unis ni en Angleterre mais en Espagne. Le film est a fortiori bercé de nombreuses musiques espagnoles. La majeure partie de l'action du film a lieu à Barcelone (le reste à Oviedo), qui constitue la ville espagnole la plus touristique (avec évidemment Madrid) et où se cotoient le plus de nationalités pendant l'été.
Woody Allen se plaît à montrer au spectateur que le sentiment amoureux n'est pas si simple qu'il en a l'air. Les rapports amoureux dans le film se jouent entre plusieurs personnages : d'un côté on trouve Cristina, Vicky qui sont les deux américaines du film et d'un autre côté on trouve les « locaux » Juan Antonio (interprété par Javier Bardem) et Maria Elena (jouée par Pénélope Cruz).
Juan Antonio, le peintre, fréquente Cristina et il forme même pendant un moment un couple à trois avec son ex-petite amie Maria Elena. Mais les pensées de Juan Antonio vont vers Vicky la raisonnable.
Vicky a quant à elle son petit ami. Elle va se marier avec celui-ci mais le charme de Juan Antonio (et la nuit qu'elle a passée avec) font qu'elle perd un certain nombre de ses certitudes. Par le biais de ce personnage, Woody Allen nous pose une question on ne peut plus claire : vaut-il mieux une vie de raison ou un amour passionnel ? Le point de vue de Woody Allen sur le sujet est sans ambiguïté mais le réalisateur américain nous fait aussi comprendre que chacun des points de vue a ses avantages et inconvénients. Ainsi, une vie de raison peut paraître routinière mais elle a au moins l'avantage de durer et surtout elle nous permet de rester avec quelqu'un qui nous aime pour toujours. A l'inverse, un amour passionnel peut sembler magnifique sur l'instant mais l'amour passionnel a quelque chose d'éphémère, comme l'indique clairement le personnage de Juan Antonio au début du film. D'ailleurs, Juan Antonio vit des relations chaotiques avec son ex-petite amie dans un style que l'on pourrait qualifier de je t'aime, moi non plus.

Il peut donc sembler préférable d'apprécier une vie tranquille. Le principal est de réussir à conserver le désir de l'un envers l'autre. Si la monotonie s'installe, le risque est grand que le conjoint aille voir ailleurs. C'est ce qu'explique clairement Judy, qui a accueilli Vicky et Cristina, et qui déclare à Vicky ne plus aimer son époux. En raison de son expérience plus grande, elle souhaite que Vicky ne reproduise pas les mêmes erreurs qu'elle. Oui mais voilà, Vicky a-t-elle réellement le choix ? Les dernières images du film laissent entendre qu'elle et Cristina ne sont pas satisfaites de leur sort mais peuvent-elles vraiment changer de vie, partir dans l'inconnu ?

Vicky Cristina Barcelona n'est pas qu'une réflexion autour de l'amour. C'est est aussi un film qui nous plonge dans la culture espagnole avec les différents protagonistes qui sont amenés à visiter quelques-uns des fleurons de Barcelone, que l'on doit par exemple à Gaudi (on voit une église dans le style de Gaudi ou à plusieurs reprises le fameux parc Güel). Woody Allen s'intéresse beaucoup à l'art dans ce film avec le principal protagoniste, Juan Antonio, peintre de son état, dont on peut admirer plusieurs de ses peintures.
Cristina est aussi une artiste à sa façon puisqu'elle s'intéresse énormément à l'art photographique.
Quant à Vicky, elle est attirée par l'Espagne puisqu'elle prend des cours d'espagnol (qui lui valent d'ailleurs d'être courtisée par un autre larron) et qu'elle est titulaire d'une maîtrise de l'Identité catalane.
Tous les personnages semblent liés soit à l'art, soit à l'Espagne, soit aux deux.
Un dernier mot au sujet des acteurs : Woody Allen a réuni pour ce film une brochette d'acteurs qui se révèlent tous très bons. Javier Bardem confirme tout le bien que l'on pense de lui par la variété de son jeu d'acteur (après avoir notamment interprété un véritable psychopathe dans le film No country for old men des frères Coen) ; Scarlett Johansson est plus en retrait que d'habitude, mais elle joue parfaitement le rôle de cette femme hésitante, qui ne sait dans quelle direction aller puisqu'elle sait seulement « ce qu'elle ne veut pas » ; Rebecca Hall est impeccable dans le rôle de Vicky, une femme troublée qui hésite à se laisser aller à ses envies et à ses rêves ; Pénélope Cruz est parfaite dans le rôle de cette femme artiste mais surtout psychologiquement instable.
En somme, voilà un film de Woody Allen tout à fait appréciable où l'amour est au coeur de toutes les conversations et de toutes les pensées.

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13.10.08

06:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Raigyo

Film véritablement étrange et atypique au sein des "Pinku" japonais, ce Raigyo s'avérera être une œuvre aussi pessimiste que troublante dans la description de son univers parfois à la limite de l'onirisme pour mieux s'articuler autour des aléas du destin qui va décider du sort des protagonistes.
Le script va suivre la rencontre grâce à une agence spécialisée d'un homme et d'une femme, tous deux esseulés, qui va se terminer dans le sang.

RaigyoD'entrée le métrage va par séquences interposées nous faire suivre le début de journée de ses trois personnages principaux, avec d'abord cet homme retirant ses filets de pêche dans un canal et apportant les poissons récupérés dans une boutique pour les vendre avant de se rendre à la station essence où il travaille, pour y observer un de ses collègues plus âgé s'acoquiner avec une autre employée, tandis qu'ensuite nous découvrirons cet autre homme se faisant porter malade à son travail afin d'avoir une journée de détente au cours de laquelle il va aussi bien se promener et acheter un petit vêtement pour le bébé attendu par sa femme enceinte qu'aller ensuite dans un club de rencontres et attendre l'appel d'une éventuelle demoiselle à la recherche de "réconfort". Le troisième personnage sera une jeune femme qui quittera discrètement l'hôpital où elle séjournait pour aller chez le coiffeur avant d'essayer de joindre son ancien professeur de mathématiques, sans succès, avant d'appeler le club de rencontres grâce à un autocollant apposé à l'intérieur de la cabine téléphonique.

RaigyoCette mise en situation imposera une atmosphère étrange, quasiment hors du temps pour décrire les faits et gestes des personnages dans ces endroits sinistres, entre campagne marécageuse et urbanisme industriel pollué, le tout déroulé sur un rythme languissant, rendant ainsi presque palpable la monotonie et la décrépitude mentale des protagonistes perdus et insatisfaits dans ce monde également parfois sordide, par les touches macabres étranges que le réalisateur apposera régulièrement par des détails morbides, notamment avec ces cadavres d'animaux (l'oiseau mort, les poissons flottant dans le canal). Dans ce contexte, les protagonistes évolueront sans que l'auteur n'attache beaucoup d'importance à nous décrire leurs motivations ou encore leurs personnalités, laissant de nombreuses ellipses parcourir l'ensemble sans que cela ne vienne gêner la limpidité de l'ensemble, jusqu'à cette rencontre programmée par le destin.

RaigyoEn effet, après un court passage à la station-service déjà visitée par l'intrigue, le "couple" va se rendre dans un hôtel pour se livrer à un acte sexuel qui ne dégagera aucun érotisme voyeur ni aucune vulgarité en restant bien dans l'ambiance désespérée du film et en laissant la jeune femme dans sa solitude perpétuelle, pour qu'ensuite, le meurtre à peine graphique de l'homme par sa compagne d'un jour survienne sans crier gare, comme un aboutissement presque logique et sans motif apparent, laissant alors le spectateur spéculer et s'interroger sur le pourquoi du comment, sans que le réalisateur n'apporte ensuite de réponse réelle en laissant juste quelques pistes sur le passé tortueux de la demoiselle s'immiscer dans les dialogues.

RaigyoCar ensuite, et sans transition, l'intrigue va placer la meurtrière dans les griffes de la police qui va l'interroger sur son emploi du temps, tout en demandant à plusieurs témoins de tenter de la reconnaître, laissant alors notre pompiste/ pêcheur mentir avant de chercher à revoir la jeune femme, pour un dernier acte qui semblera lui aussi inéluctable et achèvera d'enfoncer le métrage dans le défaitisme le plus total et le plus sordide jusqu'à la dernière séquence toute aussi mystérieuse et quasiment surréaliste, tout en continuant à dérouler ses situations sur le même rythme lardé de sous-entendus et de non-dits qui ne chercheront même pas à masquer les omissions dans l'imbrication des événements entre eux sans que l'invraisemblance ne vienne entacher l'enchaînement des événements.

RaigyoContrairement à ce qu'une certaine publicité autour du métrage pouvait chercher à nous faire croire (sentiment renforcé par la jaquette très graphique du DVD), la métrage ne sera quasiment jamais graphique, aussi bien lors des rares séquences érotiques qui ne viendront jamais flatter vraiment l'érotomètre du spectateur en étant agencées de manière froide et alors que le réalisateur ne s'attardera jamais sur ces plans que pour bien montrer l'attitude détachée et solitaire de l'héroïne, qu'ensuite lors de la thématique violente qui n'avancera qu'un meurtre presque entièrement caché par un cadrage adapté forçant l'imagination à se mettre au travail et les rares plans sanglants qui suivront ne seront pas plus volontaires.

RaigyoCe sera donc bien l'atmosphère et cette ambiance sinistre qui auront ici intéressé le réalisateur Takahisa Zeze, qui arrivera à rendre parfaitement troublant cet univers sordide et surréaliste dans lequel ces personnages solitaires et esseulés évolueront de façon tragique dans des décors tout aussi sinistres et délétères parfaitement choisis et mis en avant par une photographie tout à fait adaptée plus que percutante, tandis que la mise en scène de l'auteur renforcera encore cette impression irréelle en donnant un rythme lent à l'ensemble. L'interprétation sera elle aussi adaptée, avec des acteurs impliqués et tout à fait crédibles pour paraître désabusés.

Donc, ce Raigyo offrira un spectacle à part, désespéré, qui saura envoûter son spectateur, à la condition express que celui-ci parvienne à rentrer dans cet univers lent et peu rythmé !

RaigyoLe DVD de zone 2 anglais édité par Salvation avancera une image juste quelque peu granuleuse, tandis que la bande-son sera efficace, en contribuant immanquablement à instaurer l'ambiance du film grâce à une partition musicale pleureuse percutante, le métrage étant ici proposé en version originale japonaise heureusement sous-titrée en anglais.
Au niveau des bonus, on pourra suivre une très courte galerie de photos, un petit laïus sur le cinéma "pinku", le vidéo-clip de "Triple silence", le groupe phare de l'éditeur, ainsi que "Blood", un court-métrage.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette œuvre atypique au sein du cinéma érotique contemporain japonais, le DVD de zone 2 anglais est disponible ici !

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10.10.08

07:30:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Nightmare man

Sélectionné pour faire partie du dernier After Dark Horrorfest avec entres autres Lake dead ou encore le pas terrible Unearthed, ce Nightmare man ne brillera pas par son originalité ni sa démesure, mais se laissera voir facilement en allant directement à l’essentiel tout en conservant de bout en bout un rythme soutenu.
Le script suit la traque d’une jeune femme poursuivi par un mystérieux tueur qu’elle croit diabolique, car portant un masque de fertilité qu’elle avait commandé afin de pouvoir avoir un enfant avec son mari.

Nightmare manD’entrée, le métrage va nous présenter son personnage principal, Ellen, une jeune femme recevant un colis qu’elle va s’empresser d’ouvrir car devant contenir un masque de fertilité devant l’aider elle et son mari à pouvoir enfin avoir un enfant, mais ledit masque sera en fait une horreur qui va la dégoûter, juste avant qu’une bien opportune panne de courant ne la plonge dans l’effroi, surtout qu’elle va sentir une présence furtive autour d’elle qui finira par se matérialiser en une entité portant le masque qui va la violer. Après cette séquence d’introduction assez réussie et presque stressante, nous retrouverons Ellen en compagnie de Bill, son mari, sur la route d’un hôpital psychiatrique où Ellen va essayer de se faire soigner car personne ne croira à son histoire de viol par un démon masqué, l’entraînant dans une paranoïa permanente.

Nightmare manMais une panne d’essence va contraindre Ellen et Bill à s’arrêter sur le chemin, en pleine forêt, Bill décidant d’aller seul chercher de l’essence en laissant Ellen dans la voiture. Bien évidemment la nuit va tomber sans que Bill ne revienne et au contraire, l’entité ayant attaqué Ellen, qu’elle surnomme le "Nightmare man", va revenir la harceler dans le véhicule et même chercher à la tuer, l'obligeant à fuir, poursuivie par son agresseur armé d'un long couteau, pour une séquence complètement rattachée au "slasher" dans ses péripéties mais pour autant assez dynamique malgré une impression évidente de déjà-vu. Le salut provisoire d'Ellen viendra d'une maison isolée dans les bois où deux couples s'offrent une petite soirée souriante autour d'un jeu de questions qui dérivera bien sûr vers le sexe, offrant ainsi au métrage sa petite séquence érotique avec un strip-tease et une simulation d'orgasme montée en parallèle avec le fuite d'Ellen pour obtenir un effet plutôt amusant dans un tel contexte.

Nightmare manEnsuite, le mystérieux tueur va bien sûr s'attaquer au petit groupe enfermé dans la maison, tout en ayant laissé le temps à Bill de pouvoir communiquer par téléphone avec les habitants de la maison et les mettre en garde contre la névrose dont il pense sa femme atteinte, installant ainsi une atmosphère étrange et blindée de suspicion jusqu'au premier assaut du tueur qui entraînera une première mort violente, et installera un climat d'attente qui ne traînera pas trop en longueur pour laisser les crimes s'enchaîner jusqu'à l'arrivée de Bill sur place. Pour son dernier acte, le métrage avancera un twist même pas travaillé et largement prévisible dans sa nature, avant de laisser l'intrigue s'enfoncer dans un aspect surnaturel enfin quelque peu jouissif et débridé avec l'arrivée d'un vrai démon qui prendra possession d'Ellen.

Nightmare manSi la première partie très orientée vers le "slasher" restera plus que commune et aura bien du mal à espérer faire croire à l'irrationalité de l'assassin qui par exemple s'enfuira sous les coups de feu et ne semblera pas apprécier les coups bien placés, pour ne nous offrir que quelques meurtres rapides et pas spécialement graphiques malgré de petits effets gores fugaces, la seconde partie sera quant à elle bien plus souriante et décapante avec ce démon au féminin qui finir le travail du tueur masqué tout en avançant hélas trop brièvement ses pouvoirs surnaturels (le réveil des cadavres) avant de s'offrir un joli duel avec la dernière survivante du groupe.

Nightmare manMais pour masquer son manque d'originalité flagrant, une fois dépassé le postulat de base avec ce masque qui semblera "habiter" Ellen au point de lui faire croire qu'elle est possédée de l'intérieur, le métrage va s'octroyer un érotisme assez récurrent mais bien léger à base de demoiselles dévêtues, et notamment la "scream queen" Tiffany Shepis, ancienne égérie de l'écurie "Troma" qui ne sera pas avare de ses charmes en jouant le rôle d'une demoiselle bien délurée. Le réalisateur va également apporter un humour bien souvent souriant au métrage, avec des réparties des différents personnages décalées et amusantes en détournant les situations, tout en avançant quelques scènes ouvertement tournées vers l'humour, qui sera presque parodique.

Nightmare manEnfin, s'il ne sera pas vraiment graphique, le film s'offrira quand même quelques séquences à la violence avérée et parfois relativement percutante (avec des coups qui font mal !) et les exactions du démon du final rendront enfin l'ensemble plus volontaire sans pour autant verser dans le gore franc ou direct, le réalisateur préférant s'appesantir sur l'aspect un tantinet pervers de sa créature au look hélas assez commun et presque raté, donnant quand même un aspect assez "Z" à cette dernière partie, sans que l'on sache si c'était ou non voulu par l'auteur. Mais heureusement, la toute dernière séquence viendra remettre un peu d'ordre en nous gratifiant d'un splendide maquillage, réussi celui-là.

Nightmare manL'interprétation est vraiment commune, laissant ainsi tout le loisir à Tiffany Shepis de s'exprimer et de dominer la situation sans faire de gros efforts, mais même sa prestation manquera de charisme, ce qu'elle tentera de camoufler sous des grimaces et autres mimiques outrancières. La mise en scène du réalisateur est plutôt efficace, aussi bien en donnant du rythme au métrage qu'en s'offrant des effets adaptés (avec même un ou deux effets de surprise réussis) allant jusqu'à l'utilisation d'une photographie spéciale et de couleurs rouges prédominantes dans le dernier acte que ne seront pas sans rappeler le cinéma de Dario Argento en signifiant l'arrivée du surnaturel dans l'intrigue.
Les effets spéciaux sont plutôt probants pour quelques effets sanglants rapides dans leur discrétion, mais comme on l'a évoqué précédemment, les maquillages laisseront largement à désirer, sauf celui de la dernière séquence du métrage.

Donc, ce Nightmare man ne sera pas exempt de défauts qui réduiront continuellement son impact pour le rendre quand même acceptable et souriant, mais hélas son classicisme et son côté prévisible annihileront l'éventuelle implication du spectateur dans l'intrigue !

Nightmare manLe DVD de zone 1 édité par Lionsgate avancera une image claire mais perdant hélas de nombreux détails lors de séquences se déroulant dans l'obscurité, tandis que la bande-son sera cohérente, avec une partition musicale trop discrète et ne soutenant pas assez efficacement les temps forts du film, le métrage étant ici proposé en version anglaise, sous-titrée en espagnol et en anglais.
Au niveau des bonus, on pourra suivre un bêtisier souriant, quelques scènes plus longues que le résultat final, une assez conséquente galerie de photos du film et de son tournage, une sorte de making-of séparé en deux modules, le premier étant plus orienté vers les interprètes du métrage et notamment Tiffany Shepis qui passera son temps à faire le pitre, tandis que le second, s'il continuera à démontrer la bonne humeur ayant régné sur le tournage s'attardera également sur la confection des effets spéciaux. Enfin, comme sur chaque DVD de cette saison de l'After Dark Horrorfest, on pourra suivre les webisodes de l'élection de Miss horrorfest.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce slasher mâtiné de fantastique pas déplaisant du tout mais bien trop commun, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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09.10.08

08:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Vinyan
Réalisateur : Fabrice Du Weltz
Avec : Emmanuelle Béart, Rufus Sewell...
Durée du film : 1 h 40
Date de sortie en salles : 1er octobre 2008

Par Nicofeel

vinyan

Auteur d'un premier film, Calvaire, pour le moins éprouvant et malaisant, le belge Fabrice Du Weltz nous revient avec un film encore plus ambitieux mais aussi beaucoup plus difficile d'accès.
Vinyan est une production franco-belge-britannique. Le film a été tourné en partie en Thaïlande (alors que l'action est censée se dérouler à la frontière birmane) ce qui donne évidemment tout le côté dépaysant et exotique de ce long métrage.
Le film de Du Weltz a comme origine une révolte. En effet, le cinéaste est en colère contre le fait que l'on donne dans un événément tel que la survenance d'un tsunami, plus d'importance à la vie d'un enfant blanc qu'un enfant local, à savoir un enfant thaï ou birman.
Vinyan (qui signifie grosso modo d'après les informations données dans le film, le terme de haine de l'âme d'un mort) raconte l'histoire d'un couple franco-britannique, joué par les acteurs Emmanuelle Béart et Rufus Sewell, qui a perdu toute trace de son enfant dans un tsunami. Dans les premières minutes du film, Jeanne (qu'interprète Emmanuelle Béart) croit voir son enfant sur un documentaire relatant les conséquences du tsunami en Birmanie. Elle réussit à convaincre son époux de mener des recherches pour trouver l'enfant.
C'est alors que commence toute une quête qui va se révéler éprouvante pour le couple mais également pour le spectateur de Vinyan.
Fabrice du Weltz a réalisé un film avec une image qui donne une impression très inquiétante. D'autant que les forces naturelles sont souvent bien difficiles dans ces endroits. Les vents et les pluies semblent incessants et ils se révélent assez violents.
Pour ne rien arranger aux affaires du couple à la recherche de son enfant, la Birmanie est un pays très peu accueillant au niveau de son contexte géopolitique. La loi de l'argent est omniprésente. Tout se monnaye dans cet endroit. Les multiples guides du couple demandent de fortes sommes d'argent pour l'accompagner vers un endroit qui est loin d'être rassurant. Surtout, le couple n'a nullement l'assurance de retrouver son enfant.
Le monde qui est montré dans Vinyan ne semble attiré que par cette idée de toucher de l'argent. Et puisque la Birmanie n'a aucune ressource en tant que tel, elle monnaye la seule chose qui lui reste : l'être humain.
Certaines scènes nous plongent dans d'incroyables bas-fonds où des femmes sont obligées de se prostituer (on se croirait dans un film de Philippe Grandrieux, et notamment La vie nouvelle). A d'autres endroits, des enfants, des blancs notamment, sont vendus puisqu'ils correspondent à une valeur marchande (voir la scène où l'on souhaite vendre un enfant au couple alors que l'on sait pertinemment qu'il ne s'agit pas de leur enfant). Le film est clairement assez malaisant. Il prouve aussi que l'exploitation de l'homme par l'homme existe toujours.
Une autre donnée importante voire essentielle du film est son côté intime avec la nature. Avec un filmage en cinémascope et une photo très travaillée, Vinyan donne l'impression que les différents protagonistes doivent faire avec une nature hostile, ou à tout le moins inquiétante. Le film est un véritable trip sensoriel, sentiment renforcé par la musique ambiante (qui pourrait faire penser à du Tangerine Dream, notamment dans Le convoi de la peur de William Friedkin). Emmanuelle Béart et Rufus Sewell perdent progressivement pied.

On a même l'impression que plus leur quête avance, plus ils reviennent aux origines de l'homme. Emmanuelle Béart est véritablement impressionnante avec son regard qui paraît toujours perdu. Le personnage qu'elle joue est obsédé par l'idée qu'elle va retrouver son fils. Elle en perd toute autre considération. Le personnage joué par Rufus Sewell finit d'ailleurs par être dévoré par la volonté de Jeanne.
Cette quête de l'impossible qui nous ramène dans la nature n'est pas sans rappeler des oeuvres aussi marquantes que sont Aguirre la colère de Dieu ou encore Le convoi de la peur. L'homme revient à ses origines. D'ailleurs, la fin du film est très belle (avec cette éclaircie qui donne le sentiment d'un apaisement) avec le personnage d'Emmanuelle Béart qui est quasiment déifié. Surtout, elle est devenue une sorte de Dame Nature. Elle est la mère nourricière. L'absence de son enfant est dès lors comblé. La boucle est en quelque sorte bouclée. Mais avant d'en arriver là, le spectateur de Vinyan aura assisté à un trip pour le moins incroyable. Les effets de style clippesques sont (heureusement) peu nombreux et sont relativement justifiés : ainsi, lorsque l'époux de Jeanne est ivre, il perd progressivement la notion des choses ; un montage saccadé pour l'occasion est donc approprié.
En fin de compte, Vinyan est un film à part qui mérite largement d'être vu. S'il n'est pas évident de rentrer dans cette expérience sensorielle, d'autant que le film comporte certaines lenteurs (notamment au début), il n'empêche que la beauté des images mérite à elle seule que l'on décide de s'attarder sur cette oeuvre atypique.

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08.10.08

06:30:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Wackness
Réalisateur : Jonathan Levine
Avec : Ben Kingsley, Josh Peck, Famke Janssen, Mary-Kate Olsen, Method Man...
Durée du film : 1 h 40
Date de sortie en salles : 24 septembre 2008

Par Nicofeel

Jonathan Levine est l'auteur d'un slasher original, Tous les garçons aiment Mandy Lane, qui malheureusement n'a pas encore trouvé de distributeur en France.
On a cependant la possibilité de voir son second film, Wackness. Comme pour son premier film, Jonathan Levine nous offre un film très personnel. Wackness raconte l'histoire de plusieurs personnes assez originaux.
Voilà d'ailleurs la première force de Jonathan Levine. Les personnages de son film ne sont nullement des caricatures. Ils ont chacun une histoire qui leur est propre. A commencer par le héros du film, Luke, jeune garçon qui deale de l'herbe qu'il vend dans la rue en prenant le subterfuge de se faire passer pour un marchand de glace ! Luke vient de terminer ses années de lycée et va rejoindre prochainement l'université.
Le film se déroule durant l'été de l'année 1994, de juin à août. Luke est un dealer un peu particulier. Il est très solitaire et il n'a aucune copine. Par ailleurs, Luke vit chez ses parents qui ont pour leur part de graves problèmes financiers.
Luke est un garçon qui se retrouve quelque peu isolé ce qui explique sans doute qu'il va souvent voir un psy, le docteur Squires, à qui il paye ses séances en échange de plusieurs grammes de marijuana !
On comprend assez rapidement que le film va laisser la part belle à de nombreux moments de franche rigolade. Le film est de ce point de vue une totale réussite. Mais ça serait une grave erreur que de limiter Wackness à une simple pochade.
Le film est aussi et surtout particulièrement réussi car il allie à merveille des scènes hilarantes avec des scènes beaucoup plus graves, qui sont tout simplement le témoin de ce qui peut arriver à tout un chacun dans la vie.
Jonathan Levine arrive à prendre du recul par rapport à l'histoire qu'il met en scène et notamment par rapport à la jeunesse (un peu comme Gregg Araki). Ce lui permet de décrire de façon optimale toute la subtilité sur le plan relationnel de ses personnages.
On appréciera ainsi particulièrement la relation entre Luke et le docteur Squires, deux personnages qui sont quelques peu perdus et qui vont être amenés à devenir de véritables amis. Le docteur Squires tente de relancer sa vie (alors que son couple n'est pas au mieux) avec l'aide de Luke tandis que ce dernier se sert de plusieurs des remarques de son psy pour trouver ce qu'il cherche : l'amour.
La belle-fille du docteur Squires, la belle Stephanie, est celle qui a tapé dans l'oeil de Luke. Il fait tout pour séduire la belle. Les relations entre Stephanie et Luke, qui est un garçon sans expérience avec les filles, sont une nouvelle fois bien senties. Luke vit avec Stephanie ses premières amours. Le jeune dealer est amoureux et cela se voit clairement à l'écran. Le réalisateur Jonathan Levine a la bonne idée de changer la texture originale de l'image (par le biais de filtres) ce qui donne un aspect quasiment irréel à plusieurs scènes du film. On est bien ancré dans la réalité mais certaines images donnent l'impression que Luke vit sa relation avec Stephanie comme dans un rêve.

Le contraste est saisissant entre ce jeune homme qui est amoureux (il déclare d'ailleurs de façon très romantique sa flamme à Stephanie) mais qui est un dealer dans la vie courante (il achète sa came auprès d'un black qui est joué par le célèbre rappeur Method Man) et qui écoute du rap, comme le prouvent les musiques de Notorious B.I.G. Et de Wu Tang Clan, qui émaillent le récit.
Luke vit en fait les expériences de base de tout jeune homme et qui le mènent jusqu'à la faculté. Si les expériences ne sont pas toutes plaisantes pour lui, il réussit malgré tout à en tirer des leçons de façon positive. Ainsi, Luke vient à un moment donné du film sauver le docteur Squires qui est alors au bout du rouleau, avec un credo que l'on devine être le point de vue du réalisateur Jonathan Levine : la vie n'est certes pas toujours rose mais elle comporte de bons moments qui permettent d'oublier les moments moins plaisants. En somme, le jeune héros nous livre une véritable leçon de vie, qu'il est d'ailleurs le premier à appliquer. En effet, au-delà de ses problèmes personnels (la perte de l'être aimé, le déménagement de ses parents en raison de problèmes financiers), Luke sait que La vie vaut bien d'être vécue et qu'il faut en profiter.
On voit donc clairement que Wackness, sous sa cool-attitude est un film assez sérieux sur le fond.
Wackness est même un film qui comporte une certaine portée politique. En effet, à de nombreuses reprises, la politique répressive de Rudoph Giulianni, élu alors depuis peu maire de New York, est critiquée. On s'amusera du fait que plusieurs des personnages du film s'inquiètent de cette politique où les policiers sont censés être omniprésents alors que l'on en croise aucun dans Wackness !
Véritable anti-dépresseur, Wackness est une très belle leçon de vie. Son réalisateur, Jonathan Levine, est sans nul doute un cinéaste à suivre. Signalons également l'excellence de l'interprétation du film, notamment de Ben Kingsley qui joue le rôle du psy et de Josh Peck qui interprète de façon très juste le personnage de Luke Shapiro.

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07.10.08

06:45:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Gestapo's last orgy

Comptant parmi les fleurons "ultimes" de la "Nazisploitaion", avec entre autres le terrible SS hell camp, ce Gestapo's last orgy sera quand même lourdement offensif au travers de quelques sévices graphiques complaisamment étalés dans une intrigue assez commune, mais aussi en se montrant ambigu dans son traitement de la question juive, notamment au sein d'une scène de banquet cannibale dégradante jusqu'à en devenir presque grotesque dans son jusqu’au-boutisme.
Le script suit l'arrivée de Lise, une jeune juive, dans un camp de prisonniers pour femmes dirigé comme un bordel par un officier qui va bientôt devenir obsédé par Lise, devant son recul et sa passivité face à la mort et à la souffrance, allant jusqu'à entamer avec elle une relation amoureuse très spéciale.

Gestapo's last orgyEn guise d'introduction, le métrage va suivre un homme assez âgé au volant de sa voiture, tandis qu'en voix-off, nous suivrons les débats du procès d'un dignitaire nazi, prétexte à un rappel des exactions commises dans un camp de prisonnières où de nombreuses femmes juives périrent. Arrivé à ce qui se révélera être les vestiges du camp en question, notre homme va retrouver une femme bien plus jeune que lui qu'il va tendrement enlacer avant de se lancer dans une petite visite des lieux avec elle, lançant alors en flash-back l'intrigue, puisque cet homme, Conrad Von Starker, sera en fait le commandant du camp de prisonnières où vient juste d'arriver notre demoiselle, Lise.

Gestapo's last orgyLa première partie du métrage sera très certainement la plus choquante et dégradante, en accumulant après cette petite introduction une succession de séquences assez nauséabondes pour décrire le parcours de Lise à son arrivée dans ce camp, avec d'abord cette rapide sélection faite par un officier allemand décidant en un instant du sort de chacune des prisonnières en faisant uniquement un tri fondé sur le physique, les femmes trop âgés ou ingrates étant comme nous le verrons destinées à une mort horrible, avant qu'un examen gynécologique ne vienne vérifier la bonne "tenue" des demoiselles sélectionnées pour devenir le jouet des soldats, comme une première séquence avilissante nous le fera découvrir. En effet, après avoir regardé quelques diapositives déshonorant les femmes juives montrées comme amatrice d'excréments par exemple, une rangée de jeunes soldats allemands vont pouvoir dans un gymnase humilier, violer et battre un groupe de jeunes femmes, dont Lise, qui paraîtra déjà bien amorphe, ailleurs.

Gestapo's last orgyMais le point d'orgue de cette série d'abominations (avec également une jeune femme négligemment jetée en pâture à quelques dobermans enfermés dans une cage parce qu'elle avait le malheur d'avoirs es règles au moment de l'inspection d'une officier SS sadique) sera sans conteste ce banquet au cours duquel, après avoir écouté les théories fumeuse d'un professeur, les convives vont se gaver d'un plat préparé à base de fœtus juifs avant carrément de flamber une jeune femme au cognac pour ensuite la déguster. Bien entendu, il faudra compter sur les sous-entendus et laisser travailler notre imagination puisque le métrage restera quand même assez sage au niveau gore, mais cette scène restera quand même hautement perturbante et troublante, pour s'achever par le déclenchement de l'obsession que va éprouver Conrad pour la jeune Lise, puisque celle-ci sera la seule "invitée" à rester debout au milieu de cette abomination.

Gestapo's last orgyL'intrigue va alors se lancer dans une seconde partie qui peu à peu bifurquera de sa tendance graphique, pour, après que Conrad ait infligé quelques sévices à Lise pour essayer de la casser moralement et physiquement (avec une petite séance de coups de fouets et une autre où Lise sera suspendue la tête en bas très près de rats affamés, par exemple), laisser s'exprimer la bluette ambiguë naissante entre Lise et Conrad, celle-ci ayant changé brutalement d'attitude envers son bourreau pour se laisser faire, jusqu'à ce qu'une dernière horreur ne vienne tout casser et imposer de fait le dénouement attendu lorsque le métrage reviendra au présent.

Gestapo's last orgyHélas, les différents personnages resteront froids et ne parviendront pas à impliquer le spectateur, notamment pour le calvaire enduré par une Lise qui n'aura que son physique pour attirer l'œil, surtout que les supplices infligés demeureront bien "gentils", notamment la scène avec les rats, en fait de pauvres gerboises pas méchantes pour deux sous, ce qui viendra casser inexorablement la dureté voulue par le réalisateur. Mais par contre, les premières séquences cherchant à choquer le spectateur atteindront régulièrement leur but, non pas par une profusion d'effets sanglants, mais par cet aspect sordide et malsain qui se dégagera, avec un avilissement humain total et une volonté de dénigrer incroyable, rabaissant les jeunes femmes constamment.

Gestapo's last orgyEt si l'horreur sera plutôt suggéré, l'érotisme sera par contre bien présent au sein d'un métrage qui verra régulièrement son héroïne évoluer à moitié nue, quand elle ne se livrera pas à des ébats sexuels avérés, ou quand elle ne titillera pas le commandant en se livrant à une sorte de fellation sur un canon de pistolet lors d'une autre séquence au pouvoir érotique fort. Mais en dehors des développements de l'intrigue mettant en scène Lise, l'érotisme sera également de la partie, notamment pour cette sorte d'orgie dans le gymnase, très volontaire et détaillée par la caméra et pour de nombreux détails de la vie dépravée de ce camp.

Gestapo's last orgySi l'interprétation ne brillera donc pas par son charisme, avec une Daniela Poggi très belle mais trop froide et inexpressive, laissant ainsi seule le rôle secondaire de l’officier nazi au féminin bien sadique et perverse venir véritablement titiller le spectateur, la mise en scène de Cesare Canevari sera elle impactante, en multipliant les effets de style convaincants qui donneront de l'ampleur à certaines séquences, avec un montage à base de plans très courts et une utilisation du ralenti adaptée.
Les quelques effets spéciaux resteront primaires pour quelques traînées de sang qui en diront parfois long et de petits plans sanglants guère osés.

Donc, ce Gestapo's last orgy comptera certainement parmi les titres de la "Nazisploitation" allant le plus loin dans l'abject et le sordide, tout du moins à l'époque de sa réalisation, au point qu'il a fait partie des "Video nasties" en Angleterre, et même si sa violence pourra sembler quelque peu désuète de nos jours.

Gestapo's last orgyLe DVD de zone 1 édité par Exploitation digital avancera une image parfois granuleuse et perdant ses détails lors des séquences se déroulant dans l'obscurité, mais il faudra savoir pardonner à l'éditeur qui a dû se servir de montages différents pour obtenir une version intégrale du film, avec notamment une fin visiblement rallongée, tandis que la bande-son sera efficace, avec une partition musicale étrange et débridée qui donnera parfois un air "arty" au métrage, celui-ci étant ici proposé en version anglaise ou italienne, mais sans le moindre sous-titre.
Au niveau des bonus, il faudra se contenter d'une courte galerie de photos du film et des bandes-annonces de quatre titres de l'éditeur.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce fleuron virulent de la "nazisploitation", le DVD de zone 1 est par exemple disponible ici ou !

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06.10.08

06:45:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Unearthed

Sélectionné pour faire partie du dernier After Dark Horrorfest, avec entres autres Lake dead ou Mulberry street ce Unearthed ne méritait certainement pas tant d’honneur en n’avançant qu’une nième histoire de monstre surgit du passé pour attaquer quelques quidams qui serviront de personnages au métrage.
Le script suit donc les attaques d’une créature issue du folklore indien, réveillée par des fouilles archéologiques, contre les habitants d’une minuscule bourgade perdue au milieu du désert.

UnearthedAprès une courte séquence d’introduction essayant de nous montrer discrètement le réveil du monstre dans ce qui semblera être des fouilles archéologiques menées par un individu louche et une première séquence suivant un conducteur de camion-citerne faisant une drôle de rencontre aboutissant à un accident et générant un des seuls effets de surprise réussis du métrage, l’intrigue va s’atteler à nous présenter progressivement ses personnages principaux, avec d’abord Caya, une jeune femme faisant des expériences sur des plantes et aidant son grand-père à tenir sa station-service sur cette route isolée, puis le métrage va mettre en scène le shérif Annie Flynn, une autre jeune femme vraisemblablement hantée par une bavure et ayant sombré dans l’alcool (il n’y aura qu’à voir son petit déjeuner à base de jus d’orange et de vodka...) qui sera appelé pour se rendre sur les lieux de l’accident du camion-citerne, celui-ci s’étant renversé et obstruant la route. Sur place, elle ne trouvera rien d’autre qu’une sorte de mandibule étrange qu’elle donnera à examiner à Caya.

UnearthedEt afin de venir grossir le nombre de victimes potentielles, un noir tout droit sorti d’un ghetto des années soixante viendra se perdre à la station-service à sec d’essence (puisque le camion devant la ravitailler aura eu cet accident) et sera donc obligé de rester sur place, bientôt rejoint par deux demoiselles et un automobiliste en panne qu’elles auront pris en stop. Cette mise en situation sera à la limite du fastidieux, notamment en insistant trop sur l’alcoolisme du shérif à quelques jours de se faire évincer lors d’une prochaine réunion municipale, et sera heureusement entrecoupée par plusieurs scènes suivant les investigations menées par l’homme de l’introduction sur le cadavre du chauffeur de camion qu’il aura récupéré, découvrant des sortes de vers grouillant dans son abdomen. Mais bien entendu, la créature ne va pas tarder à faire son apparition et à semer la panique.

UnearthedCe sera en respectant à la lettre le schéma classique du genre que la créature va commencer à s’attaquer au casting, d’abord pour une agression isolée qui parviendra à faire son petit effet en étant méchante et sanglante, voir même un peu sadique lorsque la victime essayant de s’enfuir par une fenêtre cassée va s’y écorcher salement et y rester bloquée, pour que bientôt la bête ne prenne d’assaut la station-service où le reste des personnages étaient regroupés.
Après un petit carnage éliminant certains protagonistes, et pas forcément ceux auxquels on pouvait s’attendre, l’intrigue va suivre la fuite des survivants qui après plusieurs situations, vont aller se jeter dans les griffes de Kale, l’homme ayant réveillé le monstre pour y découvrir ses véritables intentions (peu claires, mais bon...) et pouvoir enfin livrer le combat pour leur survie.

UnearthedHélas, le métrage s’essoufflera copieusement une fois rentré dans sa seconde partie, renouvelant trop rapidement ses situations pour n’assurer que des redites et des développements confus lorsque le groupe devra faire face et affronter aussi bien Kale que la créature, et l’histoire de cette légende à base de monstre hibernant depuis neuf cent ans grâce à un poison crée par les indiens aura bien du mal à tenir la route plus de cinq minutes, surtout que l’élément manquant pour assurer la bonne formule nécessaire à stopper la bête sera complètement ridicule et trop fortuitement trouvé par des protagonistes normalement dépassés par les événements. Et ce ne sera pas le final, malgré son sacrifice final qui le privera du happy end réglementaire, qui viendra inverser la donne.

UnearthedMais en plus de ces déboires scénaristiques, le métrage souffrira également d’un manque de rythme notoire et récurent, alourdissant même les scènes d’action, ce qui sera quand même plus qu’étonnant venant de la part de Matthew Leutwyler, précédemment auteur du très sympathique, dynamique et jouissif Dead & breakfast, et dont la mise en scène manquera ici de façon flagrante de punch et d’audace, et ce même si quelques uns des effets de surprise présents fonctionneront un minimum ( dont un lorgnant ouvertement vers le Creep de Christopher Smith). Mais le réalisateur aura quand même le bon goût de ne pas nous assener les traditionnels plans en caméra subjective qui ici auraient eu bien du mal à fonctionner.

UnearthedAutre faiblesse, les personnages. En effet, aucun d’eux ne parviendra à devenir attachant ou ne serait-ce qu’à s’attirer la sympathie du spectateur, soit à cause de stéréotypes nuisibles (ce qui sera notamment valable pour le black de service heureusement ne véhiculant qu’un humour discret, pour une fois…) ou tout simplement par un manque d’exposition les rendant lisses et sans intérêt, ce qui sera même le cas du shérif, dont les traumatismes passés ne viendront même pas titiller le spectateur en étant simplifiés à l’extrême et donc ouvertement prévisibles avant la "révélation" finale.

UnearthedEt donc, ce sera légitimement que le seul motif de satisfaction du métrage provienne des effets spéciaux, avec déjà une créature assez graphique, méchante et photogénique, qui sera d'ailleurs presque sous-employée et toujours filmée de nuit, et surtout des effets sanglants presque réguliers et généreux dans leur conception et leur volonté graphique avérée (la tête coupée en deux dans le sens de la hauteur, par exemple), venant donner une bouffée d'oxygène au milieu du marasme ambiant. Mais par contre, l'utilisation du numérique restera flagrante et ne viendra pas seconder les effets en "live" de manière convaincante.

Donc, ce Unearthed pourra s'éviter sans trop de remords, si ce n'est pour ses petites dérives sanglantes, mais qui seront quand même largement noyées dans une intrigue trop faciles et manquant définitivement d'originalité.

UnearthedLe DVD de zone 1 édité par Lionsgate avancera une image juste parfois quelque peu granuleuse, mais restant nette lors des nombreuses séquences se déroulant dans l'obscurité, tandis que la bande-son sera cohérente, malgré une partition musicale terne et sans emphase, n'accompagnant que très modérément les temps forts du film, le métrage étant ici proposé en version anglaise, avec des sous-titres anglais et espagnols disponibles.
Au niveau des bonus, on ne retrouvera que les webisodes de l'épopée kitsch et sexy des demoiselles concourrant au trône de Miss Horrorfest, ainsi que quelques bandes-annonces d'autres titres de l'éditeur.

Pour ceux qui voudraient quand même rencontrer cette créature en manque d'originalité mais assez sanglante, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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03.10.08

06:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Welcome to the jungle

Hommage même pas déguisé au terrible Cannibal holocaust de Ruggero Deodato tourné sous la forme et l'influence du Projet Blair Witch remise au goût du jour par Cloverfield ou encore [REC], ce Welcome to the jungle peinera largement à intéresser son spectateur dans sa longue partie d'exposition et ses rebondissements sans enjeu avant de placer une dernière partie enfin captivante, graphique et convaincante.
Le script envoie quatre jeune gens dans la jungle de Nouvelle-Guinée où ils espérent retrouver la trace de Michael Rockefeller, le fils d'un vice-président américain disparu quarante ans plus tôt au cours d'une expédition.

Welcome to the jungleD'entrée, le métrage va nous présenter progressivement ses principaux personnages, d'abord pour situer deux jeunes femmes, Mandi et Bijou, deux amies qui vont se retrouver à un aéroport avant de rejoindre la plage où elles vont rejoindre Colby, le petit ami de Mandi, et s'arranger pour que Bijou rencontre Mikey, un barman expressif avec qui elle va s'acoquiner.
Dès sa première séquence, le métrage va mettre en place son style de mise en scène laissant croire que ce sont les personnages qui se filment entre eux, procédé bien entendu déjà utilisé mais qui donnera un rythme certain à cette mise en place au cours de laquelle les quatre protagonistes vont décider quasiment sur un coup de tête, après avoir entendu une rumeur, de se lancer dans une expédition à la recherche de Michael Rockefeller, le fils d'un ancien vice-président disparu dans la jungle de Nouvelle-guinée dans les années soixante et dont la famille offrirait beaucoup d'argent en échange de la moindre information le concernant.

Welcome to the jungleContrairement au procédé avancé par les auteurs du Projet Blair Witch, ce Michael Rockerfeller a véritablement existé et a vraiment disparu dans la jungle en 1961, peut-être dévoré par des cannibales ou par un crocodile, alors que le mystère reste entier. Et donc après avoir entendu quelqu'un évoquer un vieil homme vu dans la jungle, les personnages vont s'improviser explorateurs, ce qui demeurera quand même peu crédible pour de jeunes adultes citadins ne pensant qu'à s'armer de GPS et de caméras pour leur équipée, venant ainsi casser la volonté du réalisateur de tenter de faire rentrer son spectateur dans l'histoire et donc de "croire" à la véracité de ce qui défile sur l'écran.

Welcome to the jungleDe même, le début de leur voyage semblera bien opportun et facile, car ils retrouveront très (trop ?) facilement l'homme ayant vu un vieillard dans la jungle et pourra leur communiquer l'emplacement exact, et alors que les dangers évoqués pour essayer sans succès de faire monter une tension se révéleront bien entendu justifiés mais bien vite écartés (le piège tendu par des mercenaires armés). Par contre, dès l'arrivée du groupe à la fin de son périple en van pour devoir continuer à pieds et enfin s'enfoncer dans la jungle, le spectateur était légitimement en droit de s'attendre à un agencement de l'intrigue capable de créer et de maintenir une pression permanente.

Welcome to the junglePeine perdue ! Au lieu de générer des situations pouvant laisser craindre l'arrivée des indigènes cannibales, le métrage va s'enfoncer dans des développements presque ridicules mettant en scènes les quatre personnages festoyant et se saoulant en pleine jungle autour d'un feu de camp, laissant de la sorte le fossé entre les deux couples se créer. En effet, Bijou et Mikey passeront leur temps à boire et à se droguer en fumant, tandis que Mandi et Colby sembleront bien plus impliqués dans le but de leur excursion, ce qui fatalement entraînera des dissensions et des querelles bien inutiles et délaissant complètement le sujet du métrage.

Welcome to the jungleAinsi naîtra une immense frustration pour le spectateur qui finira pas en avoir assez de ces situations hors-sujet qui dureront quand même presque une heure avant que Bijou et Mikey ne décident une "mutinerie" et s'enfuient sur un lac avec le radeau du groupe, abandonnant l'autre couple sur la berge. Et, enfin, les cannibales vont faire leur apparition, venant brusquement redonner de l'intérêt au métrage lorsque nous allons suivre le destin croisé des deux couples autour de situations dégageant une tension palpable par moments (notamment au sujet de l'intention belliciste ou non des différents indigènes), tout en offrant quelques rares plans sanglants volontaires, laissant l'intrigue aller plus loin dans son propos que celle du Projet Blair witch mais sans jamais pouvoir espérer atteindre le degré de violence et de sauvagerie des titres ritals des années quatre-vingt, pour nous gratifier d'un dernier plan hautement perturbant et inattendu qui pourra venir hanter le spectateur après la vision du film, à condition que celui-ci ait envie de rester dans l'ambiance et l'histoire du métrage.

Welcome to the jungleHormis ces rebondissements fastidieux et quand même peu crédibles (qui aurait l'idée lors d'une telle expédition de passer son temps à boire et à fumer…), le principal point faible du métrage restera ses quatre personnages principaux très rarement à la hauteur dans leurs personnalités et dans leurs actions/ réactions. En effet, si ces protagonistes, uniquement motivés par l'appât du gain, se lanceront tête baissée et sans réfléchir dans ce périple sans aucune préparation réelle, trop sûr d'eux et de leur supériorité d'américains blancs, ils ne parviendront ainsi jamais à devenir attachants ou même sympathiques, éloignant définitivement toute identification qui aurait pu faire rentrer le spectateur dans le métrage, alors que le procédé de mise en scène était assurément propice à cela. Ensuite, leurs réactions stupides en pleine jungle et ces accrochages au sein du groupe ne serviront à rien, si ce n'est à justifier l'éparpillement des personnages qui aboutira à leur mort, et surtout cette partie sera bien trop étendue dans le temps pour ne pas agacer fortement.

Welcome to the jungleMais quelque part, cette médiocrité donnera certainement plus d'impact au dernier acte pourtant peu graphique, peut-être dans un exutoire salvateur en voyant ces jeunes gens se faire attraper, dénigrant ainsi leur imbécile insouciance et leur inconscience face au danger, mais il est vrai que les apparitions des cannibales feront leur petit effet, en étant bien agencées, tandis que les plans gores, qui ne montreront que brièvement le résultat des exactions des cannibales, viendront trouer l'obscurité de manière adéquate. Et surtout, l'idée finale certes facile mais osée et dérangeant aura de quoi venir ébranler efficacement le spectateur bien accaparé dans l'intrigue à ce moment-là.

Welcome to the jungleL'interprétation est plutôt terne et sans charisme, n'aidant aucunement le métrage à gagner en crédibilité, tandis que la mise en scène du réalisateur est par contre assez efficace pour nous faire croire à un sujet tourné caméra à l'épaule par les protagoniste, impression bien sûr renforcée par l'absence de partition musicale et de tout effet de style.
Les effets spéciaux sanglants sont plutôt probants, avec notamment cette victime pendue par du bois lui traversant la bouche et le crâne, dans un hommage à peine dissimulé à la cultissime scène de Cannibal holocaust de l'empalement, et quelques restes humains bien graphiques.

Donc, ce Welcome to the jungle tardera largement à se montrer efficace en partant dans des digressions fatales, mais parviendra in fine à se sauver du naufrage par un dernier acte plutôt réussi.

Welcome to the jungleLe DVD de zone 1 édité par dimension Extreme avancera une image et exempte de tout défaut, tandis que la bande-son sera agréable, avec des bruitages typiques de la jungle présents mais pas envahissants.
Au niveau des bonus, on pourra suivre un petit making-of assez exhaustif et ne sombrant pas vraiment dans le ton promotionnel d'usage pour décrire les différentes étapes du projet et nous montrer les dessous des effets spéciaux, une scène coupée renforçant le présentation des personnages qui a bien fait de ne pas figurer dans le montage final car elle aurait fait chuter le rythme du film, ainsi que la bande-annonce du métrage.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce petit hors d'oeuvre en attendant la sortie à venir du futur Cannibals de Ruggero Deodato lâchant ses anthropophages en pleine ville, le DVD de zone 1 est disponible ici !

Permalink 1430 mots par nicore, 1560 vues • 6 retours

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