par Nicore

Réalisé et interprété par Paul Naschy, la star du cinéma fantastique ibérique des années soixante-dix, ce Panic beats adopte un cadre gothique pour mettre en avant son intrigue surnaturelle matinée de machination diabolique et meurtrière.
Le script envoie se reposer dans la maison de vacances familiale de son mari une riche héritière qui va se retrouver confrontée à une malédiction ancestrale lié à un chevalier médiéval sanguinaire.
Après une séquence d‘introduction assez graphique nous montrant une jeune femme nue poursuivie en pleine forêt par un chevalier à cheval qui va finir par la mutiler avec son fléau d’armes, le métrage va nous présenter son personnage principal, Paul De Marnac, un homme apprenant de son médecin que sa femme doit absolument s’éloigner de Paris et se reposer pour espérer survivre à sa maladie cardiaque, faisant penser à celui-ci que sa maison de campagne isolée dans le sud de la France serait l’endroit idéal pour une retraite au calme.
C’est ainsi qu’ensuite le métrage va mettre en scène la vieille domestique ce ladite maison préparant l’arrivée de De Marnac en compagnie de Julie, sa jeune nièce, tout en lui racontant l’histoire d’Alaric De Marnac, un chevalier fou qui massacra une partie de sa famille en des temps reculés et la légende entourant ce personnage sinistre dont le portrait trône dans le salon de la demeure, avant que nous ne retrouvions Paul et son épouse Geneviève sur la route où ils vont tomber en panne d’essence, obligeant Paul à aller à pieds chercher du carburant pour revenir et trouver son épouse attaquée par deux brigands voulant la détrousser, avec qui il va se battre pour les mettre en fuite.
L’arrivée dans la demeure enveloppée de brume donnera au métrage un charme gothique, qui sera par ailleurs accru par cet intérieur orné d’armures moyenâgeuses et autres armes médiévales, pour laisser les protagonistes s’installer alors qu’une relation trouble semblera naître entre Paul et la jeune Julie et que l’histoire de cet ancêtre va alimenter le film de séquences horrifiques graphiques, entre ce cauchemar de Julie et le début des "hallucinations" de Geneviève, celle-ci croyant être agressée une nuit par le spectre du chevalier lors d’une séquence jouant sur la véracité surnaturelle de cette présence nous amenant légitimement à penser que quelqu’un se cacherait plutôt tout cela pour essayer d’effrayer la pauvre cardiaque.
Ensuite l’intrigue va continuer dans cette voie pour nous dévoiler la vérité dans un dernier acte bien rationnel et faisant sombrer les personnages dans une folie meurtrière qui débouchera sur quelques séquences presque malsaines (l’étranglement de la vieille domestique) et sanglantes, avant que la vengeance attendue d’Alaric De Marnac ne vienne clore le métrage sur une note fantastique volontaire et renvoyant ainsi le métrage à son aura gothique délibérée et très visuelle.
Hélas, le métrage aura quand même du mal à passionner son spectateur, en axant son intrigue sur le thème déjà bien souvent visité de la hantise dont l’authenticité de l’aspect surnaturel restera un des enjeux principaux, alors que les personnages auraient tout intérêt à voir périr cette héritière fortunée, et même lorsque l’intrigue tranchera pour choisir son camp, les rebondissements qui en découleront resteront prévisibles et n’auront que leur côté sanglant pour captiver. De plus, le film se déroulera sur un faux rythme typiquement ibérique, prenant son temps pour amener ses situations et laissant les dialogues envahir chaque séquence.
Mais heureusement, Paul Naschy, en fin connaisseur du cinéma fantastique gothique, parviendra à entretenir un climat qui aurait pu être réellement envoûtant si l’aspect "cheap" des décors n’avait pas été aussi voyant, mais cela n’empêchera pas certaines séquences d’être franchement réussies (celles se déroulant dans le cimetière, par exemple), et tandis que le réalisateur/interprète ajoutera une dose d’effets sanglants très graphiques au défaut d’être nombreux, certes essentiellement concentrés dans la dernière partie du film, mais valant le détour sans que cela ne vienne nuire au déroulement de l’intrigue.
Les personnages seront assez fades en demeurant superficiels et ne seront pas vraiment aidés par une interprétation morne et trop tranquille, à l’image d’un Paul Naschy bien impassible, même lorsque sa vraie nature se montrera au grand jour.
La mise en scène est également bien terne et sans effort particuliers, imposant ses petits effets sans charisme, avec par exemple l’emploi d’une caméra subjective à travers le casque du chevalier qui n’aura pas d’impact.
Les effets spéciaux sont par contre globalement probants pour quelques maquillages de fantômes/ zombies réussis et des effets gores appuyés.
Donc, ce Panic beats se suivra tranquillement et sans réelle implication, mais sans déplaisir non plus, porté qu’il est par l’amour du genre de son auteur, même si celui-ci n’arrivera pas à effrayer où à générer du suspense !
Le DVD de zone 0 édité par Mondo Macabro avancera une image nette et avec seulement quelques scènes qui perdront leurs détails dans l’obscurité, tandis que la bande-son sera convaincante, aidée par une partition musicale lancinante mais peut-être trop discrète, le métrage étant ici proposé en version originale espagnole, avec des sous-titres anglais optionnels.
Au niveau des bonus, l’éditeur aura soigné cette édition en nous proposant une sorte d’ "interview-carrière" de Paul Naschy très intéressante, un documentaire sur le cinéma fantastique espagnol des années soixante-dix passionnant en faisant intervenir des figures de l’époque (Paul Naschy bien sûr, mais aussi Jorge Grau, l’auteur du Massacre des morts-vivants ou encore Amando de Ossorio, l’auteur de la tétralogie des templiers morts-vivants), ainsi qu’une assez conséquente galerie de photos et de la première du film, et une sympathique et rythmée compilation des bandes-annonces des autres titres de l’éditeur.
Pour ceux qui voudraient découvrir la vengeance de ce chevalier dément, le DVD de zone 0 est disponible ici ou là !
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