27.06.08

07:30:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

the_gravedancers

Avec ce The gravedancers, Mike Mendez, le réalisateur du bien barré Serial killers et du loufoque Le couvent, change complètement de style pour nous offrir une histoire de fantômes vengeurs bien classique mais comportant quand même quelques passages réussis.
Le script suit les déboires de trois trentenaires qui, après avoir dansé sur des tombes en hommage à l’un de leurs amis décédé, vont être les victimes des morts aux tombes ainsi profanées.

The_gravedancersAprès une énigmatique séquence d‘introduction suivant une demoiselle persécutée et brutalisée chez elle par une force invisible qui va finir par la pendre en laissant tomber au sol une mystérieuse lettre, séquence suivie d’un générique gothique s’infiltrant au milieu des tombes d’un cimetière, le métrage va nous présenter ses personnages principaux et notamment Harris, un homme se rendant aux obsèques d’un de ses amis avec sa compagne Allison, pour y retrouver lors de la réception donnée ensuite pour l’occasion ses anciens amis Sid et Kira.
Allison ayant préféré s’absenter, ne se sentant pas vraiment à sa place au milieu des retrouvailles funestes de trois anciens amis d’adolescence, ceux-ci vont passer la soirée ensemble et Sid de leur proposer d’aller au cimetière rendre un dernier hommage nocturne à leur ami en allant boire un verre sur sa tombe.

The_gravedancersEnsuite, et en laissant passer de petits rebondissements bien prévisibles, nos trois amis vont donc se retrouver dans ce cimetière baigné de brume pour se saouler en l’honneur du défunt, jusqu’à ce que Sid déniche au milieu des fleurs recouvrant la sépulture de leur ancien camarade un lettre (ressemblant étrangement à celle de l’introduction) qu’il va lire à haute voix pour y découvrir une invitation à la danse, lançant de fait une danse au milieu des pierres tombales pour le trio.
Contrairement à ce que l’on aurait pu croire à la lecture du script, ce ne seront pas des adolescents rebelles ou satanistes qui iront picoler dans un cimetière, mais des adultes installés rassemblés par le souvenir d’une jeunesse quelque peu tumultueuse qui vont aller dire adieu à leur ami d’une manière leur rappelant le "bon vieux temps", sans qu’aucune provocation blasphématoire n’intervienne de la part du réalisateur pourtant habitué aux séquences pleines de défiance.

The_gravedancersCette mise en situation instigatrice des problèmes à venir terminée, le métrage va par la suite tenter de faire monter une tension avec plus ou moins de réussite pour nous faire suivre les premières manifestations surnaturelles qui vont frapper Harris et Allison de façon progressive, d’abord par des faits en apparence insignifiants, jusqu’à cette situation nocturne au cours de laquelle Allison va carrément être attaquée par une femme, qu’elle croira être Kira, poussant son compagnon à la conduire chez celle-ci pour finalement découvrir qu’elle aussi à connu des ennuis d’ordre paranormal, l’intérieur de sa maison étant saccagé et Kira restant prostrée dans sa baignoire. Bien entendu, le troisième larron sera également aux prises avec un esprit, mais il aura entre-temps eu recours à l’aide de deux experts en paranormal pour l’aider à résoudre ce problème.

The_gravedancersN’y allant par quatre chemins, Mike Mendez va s’accaparer des situations déjà vues et revues pour essayer d’effrayer son spectateur, mais tout en demeurant hélas globalement prévisible dans ses effets, n’atteignant son but que grâce à l’aspect graphique des séquences (le brancard dans l’hôpital, par exemple) pour mettre en avant la hantise dont sera victime les différents protagonistes. La rencontre avec ces deux "scientifiques" va d’abord amorcer un tournant intéressant et encourageant pour la suite du métrage, notamment lorsque les explications vont tomber, avec une évocation en flash-back de l’origine des fantômes percutante, tout comme le sera le retour au cimetière pour l’accomplissement d’une cérémonie censée délivrer le trio qui sera mouvementé et macabre.
Le dernier acte sera quant à lui plus graphique en nous offrant de visualiser les fantômes décharnés lors d’un final lui aussi prévisible et ne tenant la route que par son esthétisme percutant.

The_gravedancersLa question qui viendra forcément à l’esprit à l’issue du métrage sera de savoir pourquoi Mike Mendez a brusquement changé littéralement de style de mise en scène, laissant son côté trublion provocateur au placard pour nous livrer un métrage à la forme terriblement classique, avec une tendance gothique appuyée mais hélas plombée par cette impression de déjà-vu plus que récurrente et tenace.
Autre choix délicat du réalisateur : l’interprétation ! En effet, en choisissant de "vrais" adultes, l’identification du public plus jeune n’était pas gagnée d’avance, mais en laissant s’exprimer les acteurs et en leur donnant de la profondeur, le réalisateur arrivera aisément à nous les rendre sympathique, bien épaulé par la performance de Dominic Purcell et de Claire Kramer jouant le couple principal, alors que notre Tcheky Karyo national se livrera à une prestation tout en stéréotype.
La mise en scène du réalisateur est quand même dynamique et efficace, même si les effets de surprise souhaités tombent régulièrement à plat.
Les effets spéciaux sont plutôt probants, avec surtout des maquilles fantomatiques effectifs.

Donc, ce The gravedancers se suivra sans ennui et pourra se faire apprécier pour son volontarisme esthétique, mais ne parviendra pas hélas à fournir le moindre frisson !

The_gravedancersLe DVD de zone 1 édité par Lionsgate avancera une image juste quelque peu granuleuse, tandis que la bande-son sera convaincante, avec une partition musicale adaptée mais trop discrète, le métrage étant ici proposé en version anglaise, avec des sous-titres anglais et espagnols optionnels.
Au niveau des bonus, on retrouvera l’équipe du film pour un making-of anecdotique et promotionnel, ainsi que quelques scènes coupées, essentiellement des séquences de dialogue peu passionnantes, un petit module sur la création du maquillage des fantômes, une comparaison du storyboard avec son résultat à l’écran, la bande-annonce d’origine ayant servi à financer le film et plusieurs bandes-annonces d’autres titres de l’éditeur.

Pour ceux qui voudraient aussi aller danser sur les tombes, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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