Archives pour: Juin 2008

30.06.08

06:30:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Panic_beats

Réalisé et interprété par Paul Naschy, la star du cinéma fantastique ibérique des années soixante-dix, ce Panic beats adopte un cadre gothique pour mettre en avant son intrigue surnaturelle matinée de machination diabolique et meurtrière.
Le script envoie se reposer dans la maison de vacances familiale de son mari une riche héritière qui va se retrouver confrontée à une malédiction ancestrale lié à un chevalier médiéval sanguinaire.

Panic_beatsAprès une séquence d‘introduction assez graphique nous montrant une jeune femme nue poursuivie en pleine forêt par un chevalier à cheval qui va finir par la mutiler avec son fléau d’armes, le métrage va nous présenter son personnage principal, Paul De Marnac, un homme apprenant de son médecin que sa femme doit absolument s’éloigner de Paris et se reposer pour espérer survivre à sa maladie cardiaque, faisant penser à celui-ci que sa maison de campagne isolée dans le sud de la France serait l’endroit idéal pour une retraite au calme.

Panic_beatsC’est ainsi qu’ensuite le métrage va mettre en scène la vieille domestique ce ladite maison préparant l’arrivée de De Marnac en compagnie de Julie, sa jeune nièce, tout en lui racontant l’histoire d’Alaric De Marnac, un chevalier fou qui massacra une partie de sa famille en des temps reculés et la légende entourant ce personnage sinistre dont le portrait trône dans le salon de la demeure, avant que nous ne retrouvions Paul et son épouse Geneviève sur la route où ils vont tomber en panne d’essence, obligeant Paul à aller à pieds chercher du carburant pour revenir et trouver son épouse attaquée par deux brigands voulant la détrousser, avec qui il va se battre pour les mettre en fuite.

Panic_beatsL’arrivée dans la demeure enveloppée de brume donnera au métrage un charme gothique, qui sera par ailleurs accru par cet intérieur orné d’armures moyenâgeuses et autres armes médiévales, pour laisser les protagonistes s’installer alors qu’une relation trouble semblera naître entre Paul et la jeune Julie et que l’histoire de cet ancêtre va alimenter le film de séquences horrifiques graphiques, entre ce cauchemar de Julie et le début des "hallucinations" de Geneviève, celle-ci croyant être agressée une nuit par le spectre du chevalier lors d’une séquence jouant sur la véracité surnaturelle de cette présence nous amenant légitimement à penser que quelqu’un se cacherait plutôt tout cela pour essayer d’effrayer la pauvre cardiaque.

Panic_beatsEnsuite l’intrigue va continuer dans cette voie pour nous dévoiler la vérité dans un dernier acte bien rationnel et faisant sombrer les personnages dans une folie meurtrière qui débouchera sur quelques séquences presque malsaines (l’étranglement de la vieille domestique) et sanglantes, avant que la vengeance attendue d’Alaric De Marnac ne vienne clore le métrage sur une note fantastique volontaire et renvoyant ainsi le métrage à son aura gothique délibérée et très visuelle.
Hélas, le métrage aura quand même du mal à passionner son spectateur, en axant son intrigue sur le thème déjà bien souvent visité de la hantise dont l’authenticité de l’aspect surnaturel restera un des enjeux principaux, alors que les personnages auraient tout intérêt à voir périr cette héritière fortunée, et même lorsque l’intrigue tranchera pour choisir son camp, les rebondissements qui en découleront resteront prévisibles et n’auront que leur côté sanglant pour captiver. De plus, le film se déroulera sur un faux rythme typiquement ibérique, prenant son temps pour amener ses situations et laissant les dialogues envahir chaque séquence.

Panic_beatsMais heureusement, Paul Naschy, en fin connaisseur du cinéma fantastique gothique, parviendra à entretenir un climat qui aurait pu être réellement envoûtant si l’aspect "cheap" des décors n’avait pas été aussi voyant, mais cela n’empêchera pas certaines séquences d’être franchement réussies (celles se déroulant dans le cimetière, par exemple), et tandis que le réalisateur/interprète ajoutera une dose d’effets sanglants très graphiques au défaut d’être nombreux, certes essentiellement concentrés dans la dernière partie du film, mais valant le détour sans que cela ne vienne nuire au déroulement de l’intrigue.

Panic_beatsLes personnages seront assez fades en demeurant superficiels et ne seront pas vraiment aidés par une interprétation morne et trop tranquille, à l’image d’un Paul Naschy bien impassible, même lorsque sa vraie nature se montrera au grand jour.
La mise en scène est également bien terne et sans effort particuliers, imposant ses petits effets sans charisme, avec par exemple l’emploi d’une caméra subjective à travers le casque du chevalier qui n’aura pas d’impact.
Les effets spéciaux sont par contre globalement probants pour quelques maquillages de fantômes/ zombies réussis et des effets gores appuyés.

Donc, ce Panic beats se suivra tranquillement et sans réelle implication, mais sans déplaisir non plus, porté qu’il est par l’amour du genre de son auteur, même si celui-ci n’arrivera pas à effrayer où à générer du suspense !

Panic_beatsLe DVD de zone 0 édité par Mondo Macabro avancera une image nette et avec seulement quelques scènes qui perdront leurs détails dans l’obscurité, tandis que la bande-son sera convaincante, aidée par une partition musicale lancinante mais peut-être trop discrète, le métrage étant ici proposé en version originale espagnole, avec des sous-titres anglais optionnels.
Au niveau des bonus, l’éditeur aura soigné cette édition en nous proposant une sorte d’ "interview-carrière" de Paul Naschy très intéressante, un documentaire sur le cinéma fantastique espagnol des années soixante-dix passionnant en faisant intervenir des figures de l’époque (Paul Naschy bien sûr, mais aussi Jorge Grau, l’auteur du Massacre des morts-vivants ou encore Amando de Ossorio, l’auteur de la tétralogie des templiers morts-vivants), ainsi qu’une assez conséquente galerie de photos et de la première du film, et une sympathique et rythmée compilation des bandes-annonces des autres titres de l’éditeur.

Pour ceux qui voudraient découvrir la vengeance de ce chevalier dément, le DVD de zone 0 est disponible ici ou !

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27.06.08

07:30:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

the_gravedancers

Avec ce The gravedancers, Mike Mendez, le réalisateur du bien barré Serial killers et du loufoque Le couvent, change complètement de style pour nous offrir une histoire de fantômes vengeurs bien classique mais comportant quand même quelques passages réussis.
Le script suit les déboires de trois trentenaires qui, après avoir dansé sur des tombes en hommage à l’un de leurs amis décédé, vont être les victimes des morts aux tombes ainsi profanées.

The_gravedancersAprès une énigmatique séquence d‘introduction suivant une demoiselle persécutée et brutalisée chez elle par une force invisible qui va finir par la pendre en laissant tomber au sol une mystérieuse lettre, séquence suivie d’un générique gothique s’infiltrant au milieu des tombes d’un cimetière, le métrage va nous présenter ses personnages principaux et notamment Harris, un homme se rendant aux obsèques d’un de ses amis avec sa compagne Allison, pour y retrouver lors de la réception donnée ensuite pour l’occasion ses anciens amis Sid et Kira.
Allison ayant préféré s’absenter, ne se sentant pas vraiment à sa place au milieu des retrouvailles funestes de trois anciens amis d’adolescence, ceux-ci vont passer la soirée ensemble et Sid de leur proposer d’aller au cimetière rendre un dernier hommage nocturne à leur ami en allant boire un verre sur sa tombe.

The_gravedancersEnsuite, et en laissant passer de petits rebondissements bien prévisibles, nos trois amis vont donc se retrouver dans ce cimetière baigné de brume pour se saouler en l’honneur du défunt, jusqu’à ce que Sid déniche au milieu des fleurs recouvrant la sépulture de leur ancien camarade un lettre (ressemblant étrangement à celle de l’introduction) qu’il va lire à haute voix pour y découvrir une invitation à la danse, lançant de fait une danse au milieu des pierres tombales pour le trio.
Contrairement à ce que l’on aurait pu croire à la lecture du script, ce ne seront pas des adolescents rebelles ou satanistes qui iront picoler dans un cimetière, mais des adultes installés rassemblés par le souvenir d’une jeunesse quelque peu tumultueuse qui vont aller dire adieu à leur ami d’une manière leur rappelant le "bon vieux temps", sans qu’aucune provocation blasphématoire n’intervienne de la part du réalisateur pourtant habitué aux séquences pleines de défiance.

The_gravedancersCette mise en situation instigatrice des problèmes à venir terminée, le métrage va par la suite tenter de faire monter une tension avec plus ou moins de réussite pour nous faire suivre les premières manifestations surnaturelles qui vont frapper Harris et Allison de façon progressive, d’abord par des faits en apparence insignifiants, jusqu’à cette situation nocturne au cours de laquelle Allison va carrément être attaquée par une femme, qu’elle croira être Kira, poussant son compagnon à la conduire chez celle-ci pour finalement découvrir qu’elle aussi à connu des ennuis d’ordre paranormal, l’intérieur de sa maison étant saccagé et Kira restant prostrée dans sa baignoire. Bien entendu, le troisième larron sera également aux prises avec un esprit, mais il aura entre-temps eu recours à l’aide de deux experts en paranormal pour l’aider à résoudre ce problème.

The_gravedancersN’y allant par quatre chemins, Mike Mendez va s’accaparer des situations déjà vues et revues pour essayer d’effrayer son spectateur, mais tout en demeurant hélas globalement prévisible dans ses effets, n’atteignant son but que grâce à l’aspect graphique des séquences (le brancard dans l’hôpital, par exemple) pour mettre en avant la hantise dont sera victime les différents protagonistes. La rencontre avec ces deux "scientifiques" va d’abord amorcer un tournant intéressant et encourageant pour la suite du métrage, notamment lorsque les explications vont tomber, avec une évocation en flash-back de l’origine des fantômes percutante, tout comme le sera le retour au cimetière pour l’accomplissement d’une cérémonie censée délivrer le trio qui sera mouvementé et macabre.
Le dernier acte sera quant à lui plus graphique en nous offrant de visualiser les fantômes décharnés lors d’un final lui aussi prévisible et ne tenant la route que par son esthétisme percutant.

The_gravedancersLa question qui viendra forcément à l’esprit à l’issue du métrage sera de savoir pourquoi Mike Mendez a brusquement changé littéralement de style de mise en scène, laissant son côté trublion provocateur au placard pour nous livrer un métrage à la forme terriblement classique, avec une tendance gothique appuyée mais hélas plombée par cette impression de déjà-vu plus que récurrente et tenace.
Autre choix délicat du réalisateur : l’interprétation ! En effet, en choisissant de "vrais" adultes, l’identification du public plus jeune n’était pas gagnée d’avance, mais en laissant s’exprimer les acteurs et en leur donnant de la profondeur, le réalisateur arrivera aisément à nous les rendre sympathique, bien épaulé par la performance de Dominic Purcell et de Claire Kramer jouant le couple principal, alors que notre Tcheky Karyo national se livrera à une prestation tout en stéréotype.
La mise en scène du réalisateur est quand même dynamique et efficace, même si les effets de surprise souhaités tombent régulièrement à plat.
Les effets spéciaux sont plutôt probants, avec surtout des maquilles fantomatiques effectifs.

Donc, ce The gravedancers se suivra sans ennui et pourra se faire apprécier pour son volontarisme esthétique, mais ne parviendra pas hélas à fournir le moindre frisson !

The_gravedancersLe DVD de zone 1 édité par Lionsgate avancera une image juste quelque peu granuleuse, tandis que la bande-son sera convaincante, avec une partition musicale adaptée mais trop discrète, le métrage étant ici proposé en version anglaise, avec des sous-titres anglais et espagnols optionnels.
Au niveau des bonus, on retrouvera l’équipe du film pour un making-of anecdotique et promotionnel, ainsi que quelques scènes coupées, essentiellement des séquences de dialogue peu passionnantes, un petit module sur la création du maquillage des fantômes, une comparaison du storyboard avec son résultat à l’écran, la bande-annonce d’origine ayant servi à financer le film et plusieurs bandes-annonces d’autres titres de l’éditeur.

Pour ceux qui voudraient aussi aller danser sur les tombes, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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26.06.08

07:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Au bout de la nuit
Réalisateur : David Ayer
Avec : Keanu Reeves, Forest Whitaker, Hugh Laurie, Chris Evans
Durée du film : 1h50
Date de sortie en salles : 25 Juin 2008

Par Emmanuel

Au bout de la nuit... tous les flics sont pourris

Au bout de la nuit

David Ayer a un thème de prédilection : les luttes de pouvoir et la corruption latente au sein des forces de police. Il est de plus fasciné par Los Angeles, cité interlope aux mœurs obscures. Ce n’est donc pas une réelle surprise de voir le réalisateur de Bad Times et scénariste de Training Day s’acoquiner avec James Ellroy, maître du polar noir américain contemporain et adepte des personnages complexes à la moralité floue.

Au bout de la nuitLe résultat de cette rencontre a donc donné naissance à Street kings (titre V.O. à l’ambiguïté non feinte), un film dur, sans concession mais à l’étrange impression de déjà-vu. On a le sentiment diffus que David Ayer n’a pas su se renouveler tant Au bout de la nuit brasse de façon quasi identique les même thèmes que ses précédentes œuvres (mal-être d’un personnage solitaire, violence exacerbée, corruption généralisée).

De plus, on ne peut pas dire que James Ellroy ait fait preuve de réelle originalité dans le scénario. Même si on ne s’ennuie pas réellement, les scènes s’enchaînent sans réelle surprise ni ressort dramatique original. C’est bien simple : tous les poncifs du bon polar moderne y sont réunis. On est donc en terrain connu et balisé. Dommage tout de même pour quelqu’un qui déclarait avoir l’ambition de proposer une rupture et un ton nouveau. Pour preuve, le pitch du film est édifiant de poncifs : Tom Ludlow est un flic de choc, sans scrupule, raciste, ayant la gâchette facile mais finalement le sens moral chevillé au corps. Pour ne rien arranger, il est alcoolique depuis la mort de sa femme et la police des polices enquête sur ses méthodes douteuses. C’est dans ce contexte difficile qu’il va se retrouver mêler au meurtre de son ancien collègue, black et bon père de famille. Qui a dit « original » ? Sûrement pas moi !

Au bout de la nuitLa mise en scène d’Ayer, nerveuse et efficace dans les scène d’action, est facilité par le travail remarquable à la photographie de Gabriel Beristain qui illumine la nuit de Los Angeles comme seul probablement avant lui Collateral avait su le faire. La ville ainsi magnifiée est un personnage à part entière de l’histoire. Mais le vrai point noir du film réside dans le casting de son rôle principal : Keanu Reeves en flic torturé, ce n’est juste pas possible. Il est des acteurs qui par leur simple présence, leur charisme inné irradient la pellicule et donnent corps et consistance à leurs personnages. Il en est d’autres, falots et aux expressions faciales limités (genre deux pour signifier l’une « je suis content/heureux/soulagé… » et l’autre « je suis en colère/énervé/très très fâché ») qui tuent toute tentative artistique de composition. Quand on sait que ce cher Keanu appartient malheureusement à cette deuxième catégorie, on cerne rapidement le problème d’autant plus qu’il est de chaque scène, presque de chaque plan. Difficile alors de faire ressortir la complexité et les doutes de Ludlow.

Heureusement, le reste de la distribution est d’un autre niveau : Forrest Whitaker, cabotineur à souhait (mais quand c’est si bien fait, c’est jouissif) dans un rôle de boss prêt à tout pour réussir ; Hugh Laurie qu’on est content de voir sans sa blouse du Dr House et Chris Evans en jeune flic idéaliste loin de ses apparitions habituelles dans des films aussi oubliables que Les 4 Fantastiques. Et les femmes dans cet univers macho ? Elles sont le contrepoint à la violence des hommes, images manichéennes et simplistes de la douceur et de la compassion, incarnées à la fois par la petite amie de Ludlow (une infirmière, ça ne s’invente pas !) et par la veuve digne, éplorée et courageuse du bon flic black abattu.

Au bout de la nuitLa dernière scène vient confirmer l’idée globale du film : un divertissement honnête qui à défaut de révolutionner le genre propose une plongée sans concession dans un monde violent et corrompu. Quand tout est fini, la lumière – presque aveuglante - peut faire sa réapparition tel un dernier cliché, une belle aube ensoleillée après 1h30 d’obscurité désespérée. Les rois de la rue seront bien sûr déchus au bout de la nuit. Circulez, y a plus rien à voir !

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25.06.08

01:00:00, Catégories: Test / Critique  
Le diabolique docteur Z

Par Nicofeel

Réalisé en 1966 par le très prolifique cinéaste espagnol Jess Franco (auteur du cultissime Vampyros lesbos ou encore des très bons Eugénie et Eugénie de Sade), représentant du bis (voire du Z) par excellence, Le diabolique docteur Z est un film français qui mérite à tous points de vue d'être signalé.
En effet, ce film, qui est du Jess Franco première manière, constitue un film fantastique relativement classique, dans la veine de L'horrible docteur Orlof (1962). Surtout, dans ce film, Jess Franco ne se contente pas de copier le chef d'oeuvre de Franju que constitue Les yeux sans visage (1960).
Adaptant directement un roman qu'il a concocté pour l'occasion sous un pseudo (David Kuhne), Jess Franco réalise un film fantastique relativement délirant, qui surfe quelque part sur le succès des James Bond. On est d'abord aux prises avec le docteur Zimmer (le fameux docteur Z), une sorte de savant fou, qui a comme idée de faire des expériences sur l'être humain afin de séparer la zone du cerveau qui est celle du bien et celle du mal ! Rien que ça. Comme on dit, plus c'est gros, plus ça passe. Après le décès de Zimmer, qui a été humilié par plusieurs de ses confrères pour ses idées complètement folles, sa fille Irma va poursuivre son oeuvre et s'évertuer à supprimer un à un les docteurs qui sont directement ou indirectement à l'origine de la mort de son père.

Le seul point qui peut faire penser aux yeux sans visage est la brûlure qu'a subie Irma Zimmer, qui décide alors de changer de visage en faisant pratiquer une opération chirurgicale lui permettant de retrouver un joli visage.

Irma Zimmer a autour d'elle plusieurs personnes qu'elle commande avec plus ou moins de réussite : il y a Hans Bergen qui est véritablement son homme de main, qui correspond globalement au fidèle Morpho de L'horrible docteur Orlof ; on trouve également Miss death qui est particulièrement dangereuse car elle a des ongles très longs qui contiennent un poison.
Miss Death (qui constitue le titre du film en anglais ou en espagnol) est d'ailleurs un personnage clé car c'est la petite amie du docteur Philippe Brighthouse. Miss Death est également prépondérante car avant de travailler (contre sa volonté) pour Irma Zimmer, elle anime un divertissement dans un cabaret où elle joue le rôle d'une araignée géante. Les scènes à l'intérieur du cabaret sont très réussies et donnent une ambiance surréaliste au film (ambiance que l'on retrouvera plus tard, avec un ton beaucoup plus érotique, dans le très étrange Mari-cookie and the killer tarantula). Sans compter que la chorégraphie très lascive de Miss death est très sensuelle. L'ambiance étrange que l'on retrouve dans ce cabaret est d'autant plus prégnante que le costume de Miss death fait véritablement penser à une araignée.
Très soigné sur le plan de la photographie, le film bénéficie d'un très beau noir et blanc. Par ailleurs, la réussite du film tient également à sa mise en scène très soignée : Jess Franco a fait un bel effort sur chacun de ses plans, comme le prouvent notamment les nombreux travellings avant ou les mouvements en plongée, forts réussis (par exemple dans le cabaret).

De plus, il est utile de souligner que si le film se révèle par moments quelque peu sensuel, il n'est à aucun moment vulgaire. On sent bien que Jess Franco souhaite dénuder ses actrices mais il en reste au strict minimum, en raison évidemment de l'époque. Ce qui n'est pas en soi. On évite dans ce film les regards un peu gratuits dont fait parfois preuve le cinéaste espagnol sur l'anatomie féminine.
Mais Le diabolique docteur Z doit aussi sa réussite à un humour bien senti, qui se révèle très amusant. En dehors du scénario qui est en soi complètement délirant, Jess Franco nous concocte quelques répliques vraiment marrantes. On notera sur ce point le côté décalé du personnage du commissaire de police qui enquête sur la disparition étrange de différentes personnes. Le commissaire est joué par Franco lui-même, lequel n'hésite pas à déclarer vers la fin du film qu'il s'était mis à la recherche de personnes disparues car il avait passé une bonne nuit et qu'il n'avait rien d'autre à faire. Notons également le côté relativement kitch de certains décors, et notamment de la machine qui est censée « transformer » les gens en les mettant sous le contrôle d'Irma Zimmer. Cela ajoute au côté charmant du film.
Du côté de la distribution, on retrouve quelques habitués de Franco, notamment Howard Vernon (qui jouait le rôle du docteur Orlof), toujours aussi charismatique, qui interprète ici le rôle du docteur Vicas. On a donc droit à un Jess Franco qui joue le rôle d'un commissaire qui se révèle assez drôle. Son collègue britannique n'est autre que Daniel White, qui a composé de nombreuses bandes son des films de Jess Franco.
En somme, maintenant un suspense constant avec une intrigue qui est sans cesse renouvelée, bénéficiant d'une mise en scène soignée et dynamique ainsi que d'une très belle photo, Le diabolique docteur Z constitue à n'en pas douter un des meilleurs films dans la filmographie très conséquente de Jess Franco.

Le DVD zone 1 (il est indiqué à tort que le film est visionnable en zone 0) édité par Mondo Macabro propose le film avec une image globalement satisfaisante, malgré quelques défauts. Le film est présent en audio français (normal c'est un film français !) où aucun grésillement n'est perceptible ou en audio anglais.
Côté bonus, on a droit à un documentaire de 15 minutes qui revient sur la carrière de Jess Franco ; la bande annonce du film ; le générique en anglais ; une galerie d'affiches ; une galerie de photos et des biographies.
Pour ceux qui souhaiteraient acquérir cet excellent film de Jess Franco, celui-ci est notamment disponible sur le site de CDuniverse à cette adresse.

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24.06.08

07:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Bothered_conscience

Film étrange à la croisée de plusieurs genres et faisant fi de son budget ridicule, ce A Bothered conscience parviendra à intriguer son spectateur tout en lui offrant quelques passages graphiques sévères jusqu’à son final tout simplement bluffant et donnant un tout autre sens à l’ensemble du métrage.
Le script suit les activités macabres d’un père et de son fils vivant en ermites dans les bois et abattant toute personne pénétrant dans leur propriété, jusqu’à ce que le père se fasse à son tour tuer, laissant son fils seul et en proie à de morbides hallucinations.

Bothered_conscienceLa séquence d’introduction suivra cet homme buriné en pleine partie de chasse en forêt avec son jeune fils, pour nous faire découvrir rapidement que le gibier est humain, un autre chasseur étant rentré sur les terres du duo qui sera froidement abattu sous les yeux du gamin visiblement habitué à ce genre d’actes puisqu’il ne détournera pas le regard et se contentera de se boucher les oreilles, donnant ainsi d’entrée un aspect légèrement choquant au métrage, alors que les décors naturels forestiers seront remarquablement mis en avant jusqu’à en devenir angoissants.

Bothered_conscienceEnsuite, le métrage nous fera vivre plusieurs exécutions commises par cet homme ne supportant vraisemblablement pas que l’on vienne marcher sur ses terres, puisque aussi bien une jeune institutrice venue faire des photos d’animaux pour ses élèves sera assassinée dans des circonstances terribles et douloureuses, que trois chasseurs qui seront eux aussi les victimes malheureuses de notre homme se montrant aucune pitié, laissant le réalisateur placer des séquences sanglantes parfois dérangeantes et jouant sur le hors-champ de façon intelligente, en donnant l’impression d’en voir plus que ce qui sera effectivement montré à l’écran.

Bothered_consciencePuis le métrage fera un bond en avant de vingt ans pour replacer cet homme encore en "activité" et désormais assisté de son fils avec lequel il continuera de chasser les individus "non grata" chez lui jusqu’à ce qu’une connaissance d’une ancienne victime ne vienne se venger en tuant le père, découvert peu après par son fils, ce qui le plongera dans une tristesse infinie bientôt remplacée par des hallucinations de plus en plus précises au cours desquelles les cadavres de leurs proies humaines vont venir le hanter vigoureusement, alimentant ainsi plusieurs rebondissements pour atteindre le final dramatique époustouflant et d’une tristesse sans nom amenant de fait le spectateur à reconsidérer l’ensemble du métrage tout en justifiant ainsi certains passages ambigus et l’acharnement du réalisateur à insister sur certains détails (les nombreux plans sur les panneaux d’interdiction de pénétrer dans la forêt des meurtriers, par exemple) .

Bothered_conscienceBien entendu, le métrage va privilégier dans son premier acte la violence sèche et même cruelle pour mettre en avant ses deux personnages principaux et surtout le père dont l’apparence physique très marquée et imposante donnera du poids aux situations d’attente parvenant sporadiquement à générer un petit suspense réel puisque nous découvrirons au fur et à mesure des mises à mort de quoi est capable cet homme, même si son "sport" préféré restera le tir à la carabine, créant de la sorte une ambiance de "survival" magnifiée par une photographie idéalisant les décors boiseux.

Bothered_consciencePar contre, la seconde partie pourra sembler plus brouillonne en mélangeant les visions certes très graphiques du fils, peuplée de cadavres portant encore les stigmates de leur mort (tel cet homme se déplaçant encore avec le piège lui ayant transpercé les pieds), avec plusieurs situations propulsant d’innocentes victimes dans les bras du tueur de façon parfois très superficielle et presque déplacée (le trafiquant de drogue). Mais heureusement, l’impact du final viendra balayer ces petits écarts de manière fracassante et obligeant le spectateur à revoir les sentiments qu’il a pu éprouver pour cette famille d’assassins.
L’interprétation est plutôt convaincante, l’amateurisme de certains seconds rôles étant largement contrebalancé par le charisme naturel de Dennis Smithers senior, le père du réalisateur devant voir son fiston adopter une mise en scène plutôt classique mais dynamique pour dérouler les scènes d’action et de tension du métrage.
Les effets spéciaux sont certes simplistes mais impactants et régulièrement crédibles, tandis que les maquillages des zombies sont probants.

Donc, ce A bothered conscience saura intéresser son spectateur malgré un script à priori peu original, pour mieux pouvoir ensuite le retourner comme une crêpe lors d'un final édifiant !

Bothered_conscienceLe DVD de zone 1 édité par Brain damage avancera une image parfois granuleuse et volontairement hachurée, donnant ainsi un cachet particulier à ces séquences, alors que la bande-son sera efficiente, avec une partition musicale adaptée soulignant les moments tendus du métrage tout en se montrant plus joyeuse ailleurs avec une musique "country", le métrage n’étant ici proposé qu’en version anglaise sans aucun sous-titre.
Au niveau des bonus, seule une courte galerie de photos sera disponible, accompagnée par les bandes-annonces d’autres titres de l’éditeur.

Pour ceux qui voudraient voir ce qu’il en coûte de pénétrer dans les terrains privés, le DVD de Zone 1 est disponible ici ou !

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23.06.08

07:15:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

The_sinful_nuns_of_St_Valentine

Récit d’aventure épique et mouvementé, ce The sinful nuns of Saint Valentine peut se targuer d’appartenir à la "Nunsploitation" grâce à certains éléments de son intrigue, mais tout en restant au demeurant bien sage, que ce soit au niveau de l’érotisme ou de la dépravation.
Le script s’installe dans un couvent où deux tourtereaux issus de deux familles ennemies depuis des siècles, Esteban et la future nonne Lucita, vont devoir déjouer un complot visant à rendre leur union impossible.

The_sinful_nuns_of_St_ValentineAprès une première séquence suivant Esteban, le personnage principal, pourchassé par des gardes de l’Inquisition avec qui il va devoir se battre à l’épée et être blessé, le métrage va donc investir ce couvent médiéval où Esteban va trouver refuge auprès de Joaquin, le sacristain, alors que nous allons rapidement découvrir que sa bien-aimée Lucita habite sur place et va bientôt être consacré nonne, à la demande de son père qui cherchait ainsi à l’éloigner d’Esteban, fils de la famille opposée à la sienne depuis des générations, plaçant de la sorte l’intrigue dans la droite lignée d’un "Roméo et Juliette" ici tourné vers le cinéma d’exploitation.

the_sinful_nuns_of_St_ValentineEn effet, le métrage va par la suite s’intéresser à la vie dans ce couvent pour nous faire découvrir une abbesse sadique qui n’hésitera pas par exemple à fouetter vigoureusement une nonne suspectée d’être hérétique, tout en semblant avoir des affinités avec une autre sœur aux penchants lesbiens clairement identifiés auparavant, tout en continuant à suivre les petites péripéties liées à la présence cachée d’Esteban, celui-ci se remettant lentement de ses blessures pourtant apparemment bénignes, pour installer régulièrement le film dans une romance classique guère enthousiasmante lardée de comédie lorsque le sacristain maladroit entre en scène. Mais quitte à mélanger les genres, le métrage va par la suite se frotter ouvertement au giallo en introduisant une mystérieuse meurtrière au sein du couvent qui va poignarder une religieuse (lors qu’une scène lorgnant vigoureusement vers le genre de prédilection de Dario Argento), laissant ainsi l’abbesse accuser Lucita.

The_sinful_nuns_of_St_ValentineLe relent d’Inquisition s’exprima alors directement avec l’arrivée de Père Onorio, pour un interrogatoire guère sadique de Lucita qui après diverses situations finira par avouer le crime qu’elle n’a pas commis et sera envoyé en prison à Séville, obligeant Esteban à chercher à la libérer avec l’aide qui pourra trouver. Ce n’est qu’à partir de ce moment du métrage que celui-ci pourra trouver grâce auprès des amateurs de "nunsploitation", en suivant la relation plus qu’ambiguë que va entretenir Esteban et l’abbesse, pour nous faire finalement découvrir la vraie personnalité de celle-ci et ses perversions qui entraîneront l’emmurage vivant de toute la communauté de religieuses à l’intérieur même du couvent, nous délivrant alors un dernier acte enfin quelque peu débridé et sordide, même si le final théâtral viendra rendre la justice et la morale.

The_sinful_nuns_of_St_ValentineMais hélas, ces instants malicieux seront quand même noyés dans la masse des rebondissements directement hérités du film d’aventure médiéval, entre combats à l’épée et diverses ruses pour délivrer Lucita, quand le métrage ne s’égarera pas dans des considérations basiques sur les difficiles relations entre les deux familles ennemies ou les remords du père de Lucita devant le danger menaçant sa fille, mais sans pour autant que cela ne rendre l’ensemble laborieux pour autant, les situations s’enchaînant avec suffisamment de cadence pour conserver l’intérêt du spectateur.
Et si la violence ne sera ici que peu graphique, aussi bien lors des deux scènes de tortures que pour mettre en avant la folie des nonnes emmurées, l’érotisme ne brillera pas non plus par son aspect osé, en restant modéré et prudent, ne dévoilant juste qu’avec une extrême parcimonie la plastique des interprètes féminines, tout en suggérant quasiment uniquement la perversion hérétique enfouie dans le couvent, qui aurait pourtant pu donner lieu à diverses scènes débridées.

The_sinful_nuns_of_St_ValentineL’interprétation est ici assez convaincante, grâce à ses deux principales actrices, Françoise Prévost impérial dans le rôle de l’abbesse et Jenny Tamburi apportant quand même une touche érotique dans le rôle de Lucita, mais desservie par la présence d’un Paolo Malco guère expressif et de seconds rôles trop surjoués pour rester tout à fait crédibles, alors que la mise en scène de Sergio Grieco, un honnête artisan ayant principalement ouvré dans le "bis italien", est assez terne et peine à rythmer véritablement son action.

Donc, ce The sinful nuns of Saint Valentine manquera hélas de mordant et de virulence dans son propos pour être véritablement sulfureux au sein du genre codé et perturbateur qu’est la "nunsploitation", mais offrira quand même un spectacle appréciable.

The_sinful_nuns_of_St_valentineLe DVD de zone 0 édité par Sodementedcinema avancera une image assez nette mais ayant quand même gardé ses petits défauts d’origine, alors que la bande-son sera cohérente, malgré une partition musicale plutôt insipide et quelques rares sautes de volume, le métrage étant ici proposé en version originale italienne, mais avec de précieux sous-titres français.
Au niveau des bonus, seule une assez conséquente galerie de photos sera disponible, ainsi que la bande-annonce originale, accompagnée par celles d’autres titres de l’éditeur.

Pour ceux qui voudraient découvrir les mystères de ce couvent assez spécial, le DVD de zone 0 est disponible ici ou !

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20.06.08

07:15:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Dark_ride

Faisant partie des titres sélectionnés pour le After Dark Horrorfest de l’année dernière ( avec entres autres Wicked little things, Unrest ou encore The gravedancers), ce Dark ride s’engluera hélas dans les poncifs du genre pour dérouler son intrigue et ne pourra ainsi compter que sur ses décors magnifiques et quelques effets sanglants réussis pour attirer l’attention.
Le script place un petit groupe de jeunes gens dans un train fantôme où dans une sorte de défi ils ont décidé de passer la nuit, sans se douter qu’un tueur rôde également sur place.

Dark_rideLa séquence d’introduction lancera le métrage sous les meilleures augures en suivant deux jumelles se rendant dans un train fantôme pour s’amuser à se faire peur, l’une étant bien plus téméraire que l’autre jusqu’à de qu’elle se fasse enlever par des mains inconnues et que sa sœur la retrouve plus loin en train de se faire massacrer par un individu masqué lors d’uns scène bien sanglante et quelque peu déviante, pour laisser ensuite le générique nous renseigner par coupures de presse interposées du meurtre de ces deux jumelles suivi de l’arrestation d’un forain difforme qui n’en était pas à ses premières victimes et de son placement dans un hôpital psychiatrique.

Dark_rideEnsuite, le métrage va hélas s’attarder terriblement pour nous présenter ses personnages principaux, cinq jeunes gens s’apprêtant à prendre la route pour se rendre à une manifestation étudiante, pour nous faire découvrir leurs imbroglios sentimentaux inintéressants au possible tandis que leurs personnalités stéréotypées s’étaleront lamentablement au bénéfice de séquences de dialogues harassantes portées par un humour ostensiblement potache et réducteur. Ainsi, seul l’un des personnages, cinéphile incollable, parviendra vaguement à sortir du lot et à rendre cette partie du métrage supportable, surtout que les situations proposées resteront complètement gratuites (l’arrêt à la station-service essayant d’installer une tension qui ne viendra jamais, par exemple) et traîneront toujours en longueur (la présentation de l’auto-stoppeuse) , alors que le groupe décidera de s’arrêter en chemin dans une fête foraine pour passer la nuit dans le "Dark ride", le train fantôme de l’introduction, fermé depuis les meurtres et devant rouvrir prochainement. Heureusement, un flash-back suivant l’évasion d’un malade mental dans l’asile viendra sortir le spectateur de sa torpeur en avançant une séquence bien gore et presque originale dans sa façon de présenter le boogeyman du film.

Dark_rideL’exploration du "Dark ride" ne vaudra le détour que grâce aux splendides décors macabres remarquablement mis en avant par le réalisateur et jouant sur des effets de surprise pas forcément toujours réussis mais ayant le mérite d’exister, mais ne générera pas le moindre suspense avec l’absence totale d’éléments pouvant indiquer la présence de l’assassin sur place, jusqu’à ce premier meurtre qui sera en fait une plaisanterie de mauvais goût à l’encontre d’un des protagonistes qui décidera de laisser en plan ses amis pour faire cavalier seul dans le train fantôme, ceux-ci ne trouvant alors rien de mieux à faire que de se disperser dans le "Dark ride".
Mine de rien, cette mise en situation prendra près d’une heure, ne laissant alors que peu de temps au meurtrier pour s’exprimer dans une dernière partie qui sera bien plus dynamique et ouvertement violente. En effet, les différentes mise à mort seront ici joyeusement sanglantes, avec par exemple une tête coupée en tête par sa hauteur, ou encore cette fellation qui se terminera mal, offrant au passage au film sa petite scène érotique, le tout mené sur un rythme endiablé laissant également les différents protagonistes parcourir à loisir le train fantôme en hurlant jusqu’au twist final peu crédible et faisandé.

Dark_rideSi son temps de présence à l’écran sera hélas réduit, le meurtrier du métrage, une sorte de géant masqué pour cacher un visage hideux que nous ne verrons jamais, saura apporter un charisme certain à chacune de ses interventions par sa violence (en n’hésitant pas à faire voler douloureusement ses victimes au travers des décors) et par une perversion larvée bien réelle, même si hélas nous n’apprendrons que trop de peu de choses sur lui et sa disparition laissera quand même largement le spectateur sur sa faim.
En plus de ses évidentes influences ( et notamment le Massacres dans un train fantôme de Tobe Hooper, le réalisateur appréhendera ses décors référentiels avec respect et cherchera systématiquement à les mettre en avant pour nous laisser admirer ces reproductions de scènes de l’Inquisition, au encore tirées de la légende de Jack l’Eventreur à Whitechapel, sans oublier bien entendu les multiples squelettes et autres diablotins et fantômes parsemant le "Dark ride", toujours prêts à effrayer les protagonistes pour de fausses alertes récurrentes.

dark_rideL’interprétation est par contre mollassonne, avec de jeunes acteurs ayant régulièrement du mal à rester crédible, tandis que la mise en scène du réalisateur sera elle aussi terne jusqu’au dernier acte pour heureusement s’animer et oser quelques plans et prises de vue originaux.
Les effets spéciaux, essentiellement composés d’effets sanglants volontaires et très graphiques, seront plus qu’honorables pour devenir véritablement probants et jouissifs.

Donc, ce Dark ride peinera à captiver son spectateur par sa lenteur initiale, mais lorsque l’action sera véritablement lancée, ce sera pour nous offrir un cocktail sanglant méritant presque de se farcir ce qui le précède !

Dark_rideLe DVD de zone 1 édité par Lionsgate proposera une image claire et ne perdant que de rares détails lors des séquences se déroulant dans la pénombre, tandis que la bande-son sera efficace, avec des bruitages impactants et une partition musicale adaptée.
Au niveau des bonus, on pourra suivre un petit making-of, laissant intervenir les différents membres de l’équipe du film, au ton promotionnel avéré mais pas trop nuisible, un petit module intéressant retraçant la confection des effets spéciaux du métrage, la comparaison du storyboard avec son résultat à l’écran, ainsi que quelques scènes coupées valant le détour en présentant essentiellement des scènes complétées par des plans gores coupés au montage final, et notamment une séquence d‘introduction encore plus saignante.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce train fantôme au démarrage poussif mais bien violent ensuite, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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19.06.08

07:15:00, Catégories: Test / Critique  

Par Nicofeel

Réalisé par William Hellfire en 1998 qui apparaît ici sous le pseudonyme de Ben Orange, actuellement cinéaste pour la firme Seduction Cinéma (connue pour faire des parodies de films célèbres avec un côté érotique, et précisément lesbien assez important), Vampire strangler est un film dont les qualités intrinsèques sont bien difficiles à trouver.
Mais il faut d'abord remettre le film dans son contexte. En 1998, la belle Misty Mundae (dont le vrai nom est Erin Brown), appelée à devenir le fer-de-lance de Seduction Cinema, en est à ses débuts derrière la caméra. Elle n'est pas encore la star des films comédies érotiques très softs. A l'époque, elle n'a que 19 ans et son petit ami n'est autre que William Hellfire, le réalisateur de ce film.
Tous les deux sont quasiment les acteurs uniques (il y a juste à un moment une autre fille) de ce film. C'est d'ailleurs quasiment abusé d'appeler Vampire strangler un film. En effet, au premier coup d'oeil, on constate que Vampire strangler a été filmé avec des moyens limités. On a l'impression d'être dans un home-movie.
La première scène est particulièrement caractéristique du reste de cette oeuvre. On voit Misty Mundae qui prend son bain. Le film fait vraiment fauché. Rapidement on voit un homme tout de noir vêtu qui arrive et qui jette une sorte de sort à Misty Mundae pour l'envoûter. On comprend assez vite où le réalisateur veut en venir : il ne s'intéresse quasiment qu'à une chose, à savoir filmer Misty Mundae sous toutes les coutures. La trame fantastique est pour le moins résiduelle avec ce fameux vampire qui oblige Misty à lui lécher les doigts. Evidemment, le côté érotique qui est très long (la scène où Misty, nue dans son bain, se fait agresser par ce personnage en noir, dure 5 minutes !) désamorce la faible trame fantastique du film.

Il y a certes un peu de mystère avec ce curieux personnage en noir. Il y a aussi le film qui joue beaucoup sur la confrontation entre rêve et réalité avec une Misty Mundae qui est étranglée par ce personnage noir (qui est considéré comme un vampire, d'où le titre du film) et que l'on retrouve peu de temps après en train de se réveiller, étant étendue sur un lit. Aurait-elle tout simplement rêvé ce qu'elle vient de vivre ?
Tout au long de son film, William Hellfire tente d'instaurer une ambiance malsaine, paranoïaque, mais c'est tellement plat et familier que l'on y croît pas un instant. D'ailleurs, l'ambiance a d'autant plus de mal à se mettre en place que la musique est particulièrement redondante et peu inspirée : on a droit d'abord à quelques accords de guitare puis à deux accords de synthétiseur.
Les scènes sont par ailleurs particulièrement longues et répétitives. Le long métrage en devient par moments presque ennuyeux à regarder, d'autant qu'il n'y a pas une once d'humour là-dedans, à la différence des productions Seduction Cinéma.
On retrouve à un autre moment du film le fameux vampire. Ce personnage représente donc bien une menace latente. Il a le don d'ubiquité. William Hellfire est censé faire un film atmosphérique, contemplatif avec un décor épuré : il y a une unité de lieu avec uniquement la chambre comme endroit filmé (mis à part un décor d'extérieur où l'on voit Misty Mundae faire du roller ! ou la scène du début dans la salle de bain).


Misty Mundae est victime à un moment d'un envoûtement avec un espèce de vaudou. Mais la mayonnaise ne prend jamais.
Le film fait vraiment très amateur. Les cadrages sont au niveau zéro, de même que le scénario. La mise en scène est totalement absente. Pour ne rien arranger, les raccords sont très mal faits.
Le réalisateur n'est en fait intéressé que par une chose : montrer une Misty Mundae (qui n'a pas toujours une coupe de cheveux fameuse dans ce film) dans le plus simple appareil. Il faut dire qu'elle passe le plus clair de son temps nue. Plusieurs plans sont bien vicelards, notamment avec un filmage entre les jambes de la belle. William Hellfire essaye bien de faire du Jess Franco mais il faut bien reconnaître que le côté onirique du réalisateur espagnol n'est pas présent ici. En revanche, jamais on ne verra l'anatomie de Misty Mundae d'aussi près. William Hellfire, qui apparaît dans le film en tant que copain de l'héroïne, ne se gêne pas pour tripoter Misty Mundae (qui fait très jeune, on dirait quasiment une écolière) ou pour la filmer sans culotte ! La présence de plans assez explicites expliquent sûrement pourquoi ce film est très recherché par les fans de la demoiselle.
Quelques mots sur les pseudo acteurs : ni Misty Mundae ni Hellfire ne tirent leur épingle du jeu. A la rigueur, Misty Mundae plaira à certains par son jeu très naturel : elle rigole quasiment tout le temps.
Au final, Vampire strangler est un pur film érotique déguisé sous les oripeaux du film de vampire (on a quand même droit à une scène gore, mais nettement érotique, à la fin du film !). Vampire strangler est quasiment une négation du cinéma, il fait plus penser à un film que n'importe qui pourrait tourner dans l'intimité avec sa copine qu'autre chose. Il est donc à réserver aux fans hardcore de la mignonne Misty Mundae. On ne s'étonnera d'ailleurs pas que la belle a souhaité à un moment faire interdire la distribution de ce film. On peut aller jusqu'à se demander si l'édition de ce film n'est pas uniquement due à la notoriété grandissante de Misty Mundae, William Hellfire y voyant donc un moyen de récupérer une belle somme d'argent sur le dos de son ex petite amie.

Le DVD zone 1 de Vampire Strangler, qui consiste en l'ultra naughty edition (qui existe également dans une version 2 DVD qui est sortie après celle-ci) comprend une image très granuleuse. Le son est également de piètre qualité avec un son en prise direct. Le film n'est visionable qu'en anglais mais vu le nombre de dialogues et la trame scénaristique, ça n'est pas vraiment handicapant !
En dehors du film, qui ne dure que 53 minutes, le DVD comprend près de 30 minutes de scènes coupées. Ces six scènes coupées sont recherchées par les fans de Misty Mundae et expliquent à elles seules l'achat de ce DVD car elles comprennent des scènes vraiment chaudes : on voit notamment des scènes rallongées et notamment Misty Mundae sucer en gros plan le sexe de William Hellfire.
Sinon, le DVD contient plusieurs bandes annonces de films produits par Seduction Cinéma.
Pour les fans de la belle Misty, ce DVD, qui est assez difficile à trouver, est actuellement disponible sur le site de xploitedcinema.com.

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18.06.08

06:45:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Broken

Réalisé par deux jeunes anglais, ce Broken intègre dans sa thématique directement tournée vers le "survival" les influences de Saw, pour un résultat certes parfois bien saignant, mais hélas quelque peu laborieux.
Le script confronte une jeune mère de famille à un psychopathe qui va, après lui avoir fait subir différents sévices pour tester sa résistance, la retenir prisonnière dans son campement forestier où elle lui servira d’esclave.

BrokenAprès un générique et une première séquence gore nous montrant une jeune femme devant se défaire d’une cicatrice ventrale pour aller farfouiller dans ses entrailles à la recherche d’une lame de rasoir qui l’aidera à découper la corde lui encerclant le cou pour finalement se retrouver face à un individu qui va lui demander si elle est prête à continuer, pour la laisser se suicider avec le fusil pointé sur elle, nous découvrons le personnage principal du métrage, Hope, une jeune trentenaire qui après un dîner avec un ami, va rentrer chez elle pour rejoindre sa petite fille, Jennifer. Sans transition, le cauchemar va commencer pour elle, puisque elle va se réveiller enfermée dans une caisse en bois scellée où elle va passer deux jours.

BrokenEnsuite, l’intrigue replacera sur son personnage principal le "piège" de l’introduction, pour une nouvelle séquence douloureuse où l’héroïne, suspendue en équilibre contre un arbre avec juste des rondins de bois sous ses pieds pour empêcher qu’elle ne se pende, devra donc elle aussi arracher les fils de cette plaie au ventre pour sortir cette lame de rasoir qui va la délivrer, mais Hope va elle vouloir continuer, ne serait-ce que pour savoir ce qu’il est arrivé à sa fille.
Cette entame du métrage sera bien évidemment sanglante, sadique et efficace, douloureuse même lorsque Hope s’enlèvera les fils de sa plaie, tout en demeurant bien mystérieuse quant à l’identité et aux motivations de ce tortionnaire s’amusant à faire souffrir ces demoiselles.

BrokenDès l’arrivée au campement de cet homme étrange, l’intrigue va prendre une autre tournure, en s’attachant à dépeindre la confrontation entre ces deux individus, laissant d’abord notre homme soigner sa victime avant de la traiter comme une esclave qui va devoir aussi bien laver les gamelles que s’occuper du petit potager jouxtant le camp, tout en étant bien entendu attachée par de solides chaînes. Ce sera donc en s’essayant à la psychologie que le métrage va se lancer dans cette seconde partie pour suivre la relation bien sûr très spéciale qui va se créer entre les deux protagonistes, le tortionnaire testant régulièrement sa victime (le couteau) de façon bien facile tout en tentant de lui faire comprendre que son monde s’est écroulé et que désormais lui seul existe. Mais hélas, si une tension permanente régnera grâce à l’aspect quand même relativement imprévisible de l’homme et grâce à l’envie d’évasion de Hope, le métrage donnera très vite l’impression de tourner en rond pour avancer des situations à la limite de la redite et alors que l’homme ne délivrera aucun charisme véritablement menaçant.

BrokenHeureusement, des sursauts viendront quand même alimenter l’ensemble de rebondissements prenants, telle cette première fuite de Hope qui se terminera à nouveau de manière douloureuse, jusqu’à ce qu’une seconde victime ne vienne rejoindre le duo au sein du campement, puisque l’homme va ramener une demoiselle qui aura subi les mêmes préliminaires (mais que les deux réalisateurs auront l’intelligence de ne pas nous faire suivre une troisième fois !), ce qui va générer une ambiance encore différente, entre la solidarité bien superficielle des deux victimes et cette même volonté de s’évader, ce qui va aboutir à un dernier acte à nouveau virulent et délétère, tout en bouclant la boucle avec un dernier piège diabolique et en même temps pernicieux.

BrokenScindé en deux parties bien distinctes, le métrage peinera largement à conserver sa saveur initiale pour voir son rythme baisser et s’affaiblir grandement lors de la partie se voulant psychologique, en réalité bien terne et desservie par une erreur de casting énorme, puisque l’homme ne sera que rarement inquiétant ou agressif (même si cela renforcera ses phases de violence froide), et l’attitude de Hope sera elle aussi bien fade, l’affrontement du départ tournant de manière facile à une résignation feinte destinée à "endormir" l’homme qu’elle charmera même pour s’aider à s’enfuir. Alors heureusement que le métrage réveillera son spectateur par ses fulgurances violentes et volontaires qui parviendront sporadiquement à faire oublier le peu d’originalité ambiant.

BrokenL’interprétation est assez convaincante, avec une Nadja Brand crédible, hélas confronté à un Eric Colven pas du tout à sa place. La mise en scène des deux réalisateurs est régulièrement trop posée pour dynamiser des situations qui pourtant auraient bien eu besoin de l’être, mais arrive à s’énerver dans les séquences d’action pour amener une certaine tension.
Les effets spéciaux seront ici réalistes, ouvertement sanglants et très graphiques, pour des pièges volontairement très gores, mais aussi pour les autres plans violents du film.

Donc, ce Broken n’offrira qu’un bilan mitigé, principalement à cause du manque d’impact de sa partie centrale trop superficielle et monotone.

BrokenLe DVD de zone 1 édité par Dimension Extreme avancera une image nette et sans défaut, tandis que la bande-son sera convaincante, avec une partition musicale discrète et adaptée, le métrage étant ici proposé en version anglaise, avec uniquement des sous-titres anglais destinés aux malentendants.
Au niveau des bonus, on pourra suivre un making-of assez exhaustif revenant sur l’intégralité du projet, mais ne se déjouant pas toujours du ton promotionnel d’usage, une intéressante interview de Nadja Brand réalisée lors du passage du film au BIFFF 2007, ainsi qu’une imposante galerie de photos du film et la bande-annonce. Enfin, petit gadget inutile mais croustillant, le DVD est accompagné d’un surétui cartonné s’ouvrant en deux en son milieu pour laisser apparaître les entrailles et une lame de rasoir dans le ventre cousu de la victime de l’affiche.

Pour ceux qui voudraient suivre le calvaire de la malheureuse Hope, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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17.06.08

06:45:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Sacred_flesh

Réalisé par Nigel Wingrove, le boss de Redemption Films (firme principalement spécialisée dans l’édition et la distribution de films mélangeant érotisme et satanisme, régulièrement vampirique) nous livre avec ce Sacred flesh un pur "nunsploitation" à l’intrigue certes basique mais plus intéressante et ambiguë qu’elle ne pourra paraître de prime abord.

Le script suit la déchéance de la Mère Supérieure d’un couvent anglais au Moyen-âge, celle-ci étant tourmentée par des pensées impures et des hallucinations révélatrices de ses états d’âme, troublée qu’elle fut par les confessions d’autres nonnes de son couvent.

Sacred_fleshD’entrée, le générique appuie sur l’esthétisme pour avancer les symboles de la foi pervertis par la présence de sang recouvrant l’écran, avant que le métrage ne lance son intrigue en prenant directement place dans ce couvent où une Sœur et la responsable de l’abbaye vont évoquer la possession démoniaque de la Mère Supérieure, Sœur Elizabeth, poussant la vieille dignitaire à écrire une lettre à un prêtre spécialiste pour qu’il se rende sur place pour se rendre compte de cette situation gênante. Ce prêtre sera alors mis en avant pour nous faire découvrir un homme gouailleur affublé d’un servant largement porté sur le sexe avec qui il va prendre la route pour en chemin converser et se moquer à demi-mot du vœux de chasteté des nonnes et de cette obligation qu’il juge obsolète et injustifiable.

Sacred_fleshEnsuite, l’intrigue va s’attacher à nous dépeindre les tourments de Sœur Elizabeth, entre ses visions au cours desquelles elle converse avec Marie-Madeleine (une sainte ambiguë s’il en est) toujours sur la relation de la Foi avec la chasteté et ces désirs sexuels envahissants, et ces autres visions où un squelette habité en nonne la réprimante méchamment, alors que régulièrement, les confessions d’autres Soeurs viendront émailler la tentation de Sœur Elizabeth pour permettre au réalisateur de parsemer l’ensemble de séquences érotiques assez osées mêlant masturbation féminine, saphisme à quelques petits sévices corporels allant crescendo jusqu’à cette petite orgie finale définitivement blasphématoire dont le souvenir poussera sœur Elizabeth au suicide.

Sacred_fleshEn plus de se parer de détails propices à rendre la reconstitution historique plutôt crédible en dépit d’un budget que l’on devine anémique, le métrage va quand même avancer régulièrement des détails religieux prouvant une bonne connaissance de son sujet par un réalisateur largement habitué à fréquenter la religion au travers des titres qu’il édite, et notamment avec la présence venimeuse de cette Marie-Madeleine trônant dans un décor intriguant accompagnée par un diablotin inutile mais assurant une présence démoniaque plutôt graphique, qui va alimenter partiellement la réflexion intemporelle sur la sexualité des nonnes et cette abstinence de façade qui sera bien évidemment ici complètement ébranlée.

Sacred_fleshEn effet, en bon "nunsploitation" qui se respecte, le métrage va ainsi décliner différentes situations érotiques volontaires et devenant de plus en plus poussées au fur et à mesure que l’on va avancer dans le film. D’une petite séance de masturbation solitaire, nous allons passer à un duo de nonnes se trémoussant ensemble, pour ensuite suivre la découverte du plaisir par une jeune Sœur qui va se faire caresser par deux prêtres pervertis et salaces, soi-disant désireux de lui faire découvrir ce sentiment dont elle devra ensuite se passer dans les Ordres, pour voir enfin l’érotomètre exploser dans le dernier acte sacrilège qui va voir plusieurs Soeurs se livrer à un saphisme appuyé, notamment avec l’une d’elles allongée sur une croix.

Sacred_fleshPar contre, il faudra expressément au spectateur rentrer dans le métrage qui va présenter ses différentes situations de manière quelque peu anarchique et s’attarder sur le monologue de Sœur Elizabeth, bien entendu intéressant et ouvrant des perspectives de réflexion pour peu qu’on en ait envie, tout en devant supporter la partie du film mettant en scène la responsable du couvent, ce prêtre moqueur et son sbire, qui n’apporteront rien de bien passionnant à l’ensemble, si ce n’est un humour blasphémateur et un certain regard sur l’apanage des nonnes.

Sacred_fleshMais le métrage restera surtout véritablement visuel, grâce au travail du réalisateur qui cherchera de bout en bout à imposer des images fortes en mêlant toujours les symboles de la Foi (les multiples croix ornant le mur de la pièce de pénitence de Sœur Elizabeth, les séquences érotiques se terminant invariablement par un travelling débouchant sur une grande croix, l’auto flagellation en guise de rédemption) à son propos, tout en assumant parfaitement le statut de ses personnages pour donner de l’impact aux scènes osées qui flirteront parfois brièvement avec le hardcore, sans que cela ne soit un but avéré pour Nigel Wingrove qui ne versera jamais dans le sordide ou le graveleux pour filmer ses actrices en action, préférant privilégier l’esthétisme et la beauté de ces séquences.

Sacred_fleshL’interprétation est cohérente mais sans réel charisme à l’écran, même si Christopher Adamson en imposera dans un court second rôle, alors que la mise en scène du réalisateur est assez dynamique et avance des cadrages intéressants. Même s’il est régulièrement classé dans la catégorie "horreur", le métrage ne comportera que peu d’effets spéciaux, avec juste quelques petits plans sanglants et ce faciès squelettique bien entretenu.

Donc, ce Sacred flesh reflétera bien l’amour porté au genre par son auteur qui nous gratifiera largement du quota d’érotisme inhérent à la "nunsploitation" tout en offrant une méditation équivoque à son spectateur !

Sacred_fleshLe DVD de zone 0 édité par Heretic Films avancera une image propre et sans défaut, tandis que la bande-son sera convaincante, avec une partition musicale efficace et impactante, le métrage n’étant par contre proposé ici qu’en version originale anglaise sans sous-titres.
Au niveau des bonus, on trouvera la bande-annonce et le teaser du film, ainsi que plusieurs galeries de photos, axées sur le film, les coulisses ou encore le matériel publicitaire.

Pour ceux qui voudraient se lancer dans cette aventure blasphématoire et assez érotique, le DVD de zone 0 est disponible par exemple ici !

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14.06.08

21:00:00, Catégories: Box office cinéma  
Le box office Français du 04/06 au 10/06
Titre du film Nombre d'entrées France Nombre d'entrées total
1. Indiana Jones et le royaume
du crâne de cristal
554 000 3 235 000
2. Sex and the city – le film 466 000 1 262 000
3. Las Vegas 21 246 000 246 000
4. Affaires de famille 103 000 103 000
5. JCVD 101 000 101 000
6. Super Heros Movie 95 000 95 000
7. Un conte de Noël 80 000 353 000
8. Jackpot 75 000 959 000
9. Deux jours à tuer 65 000 968 000
10. 48 h par jour 61 000 61 000

Voici en quelques chiffres et en quelques mots le box-office de la semaine passée.

Indiana Jones persiste et signe mais commence à accuser de sérieux signes de fatigues. ½ millions d’entrées cette semaine, ce qui reste certes un score plus qu’enviable pour de nombreuses productions mais qui représente malgré tout 50% de spectateurs de moins que les deus semaines passées. Il est évident qu’il n’atteindra as les excellents scores de ses aînés mythologiques et peut être même pas les 4.5 millions…. Car même si la fête du cinéma montre le bout de sa faux (merci Jean Mineur), vu la qualité des challengers à venir, autant dire, que papy Jones est plutôt mal barré : super héros libellule, caped crusader et j’en passe et des meilleures sont à venir !

Sex and the city confirme son excellent score de la semaine passe et à déjà quasiment passé la barre symbolique du million et demi d’entrées, ce qui est en passe d’en faire l’une des adaptations de série tv les plus bankables de ces dernières années. Peut être que Star Trek 11 pourra égaler ce score mais j’en doute vu le faible nombre de trekkies en France (élevé, certes, mains ne fréquentant guère les salles pour défendre leurs couleurs). En tout cas , des chiffres qui pourraient faire rêver l’équipe de Cash qui s’enterre dans les profondeurs du classement !

Dernier du Podium, un petit nouveau avec une histoire pourtant adaptée à de nombreuses reprises pour la télévision. A savoir les déboires d’un groupe de jeunes du MIT local qui , pris en charge par un mentor manipulateur, vont faire trembler les tables de Las Vegas. Concept éculé mais encore accrocheur au vu des très bons résultats engrangés (un peu moins de 1000 curieux par salle en une seule semaine).

Pour le reste, signalons la disparition du top ten d’Iron Man (pas de panique, encore 52 000 spectateurs pour ce film en fin d’exploitation et la bare des Deux millions d’entrées à moins de 25 000 tickets) , et de Bienvenue chez les Ch’tis (encore 38 000 entrées contre 11 000 seulement pour Cash) . Un con te de Noël tient encore le bon bout avec 80 000 entrées , soit presque autant que la nouvelle comédie comico-policière Affaires de familles. Etait il judicieux de sortir deux films de ce type en même temps ?

Pour finir, quelques regrets pour le score honnête mais sans plus de JCVD malgré le buzz entretenu autour de lui. Moins qu’une bouffée d’oxygène pour l’acteur, il aura permis à Van Damme de se faire au moins la croisette. Vivement la sortie dvd quand même !

@ ploush !

Rien de plus cette semaine. Bonne lecture et n’oubliez pas de réagir, plus on est de fous ….

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13.06.08

01:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Phénomènes
Réalisateur : Night Shyamalan
Avec : Mark Wahlberg, Zooey Deschanel, Ashlyn Sanchez, John Leguizamo, Betty Buckley...
Durée du film : 1 h 30
Date de sortie en salles : 11 juin 2008

Par Nicofeel

phenomenes

L'auteur du Sixième sens et d'Incassable (selon moi ses deux meilleurs films) mais aussi plus récemment de Signes et du village continue d'aller de plus en plus vers l'abstraction. Night Shyamalan nous propose avec Phénomènes un film d'ailleurs assez proche de Signes. Mais le film va sur un faux rythme et ne tient pas toutes ses promesses.
D'ailleurs on ne pourra que contester une bande annonce qui vend le film quasiment comme un film d'horreur, ce qu'il n'est absolument pas.
Phénomènes part d'une idée originale : dans le Nord-Est des Etats-Unis, des événements étranges ont lieu, qui conduisent les gens à se suicider (On se retrouve dans une idée de base proche de celle du film culte Suicide club, à ceci près que le traitement de Shyamalan est très différent de celui de Sono Shion). On notera à ce propos que les images vues dans la bande annonce du film apparaissent au tout début du film. Cependant, les morts qui surviennent de nulle part sont assez étonnantes et provoquent un intérêt certain.
L'idée de base de Night Shyamalan est des plus excitantes. En effet, le spectateur se demande quelles peuvent bien être les raisons qui conduisent les gens à se suicider. Afin de tenter d'élucider ces événements pour le moins étranges, on suit les pas d'Elliot Moore (jouée par Mark Wahlberg), professeur de sciences dans un lycée de Philadelphie, de sa femme Alma Moore (Zooey Deschanel), de son ami Julian (John Leguizamo) et de Jess, la fille de ce dernier (Ashlyn Sanchez). Ces quatre personnages, comme le reste des habitants des Etats-Unis, cherchent à sauver leur peau.
Le film a ceci d'intéressant qu'il avance plusieurs thèses plus ou moins crédibles. On remarquera que Night Shyamalan joue beaucoup au départ sur le syndrome post- 11 septembre avec la thèse des terroristes qui est avancée aussi bien par les médias que par plusieurs habitants. Mais rapidement on comprend que cette thèse ne peut avoir de sens, tant cette toxine qui amène les gens à se suicider, peut toucher à n'importe quel endroit. On remarquera au passage que Night Shyamalan montre bien que beaucoup de personnes oublient tout sens de l'entraide et cherchent avant tout à sauver leur peau face à un mal qu'il est difficile de définir. La thèse avancée ensuite serait celle d'une attaque due à une rébellion des plantes, d'où l'idée de la toxine. Il s'agirait donc d'une sorte de justice divine (comme le montrent le générique de début et celui de fin du film).

phenomenes

L'idée en soi est assez intéressante. On suit d'ailleurs avec un certain intérêt les différents protagonistes du film pour voir s'ils vont pouvoir s'en sortir. Mais là où le bas blesse c'est qu'à mon sens Night Shyamalan se met assez rapidement à faire des scènes qui finissent presque par se répéter. Tout cela finit par être redondant. Night Shyamalan ne fait qu'effleurer les différentes thèses qui sont développées dans son film. L'idée écologique peut se concevoir mais encore faudrait-il la développer.Le film aurait en fait besoin d'un second souffle. Mais le problème est que Phénomènes, qui évite tout effet spectaculaire, est au contraire quasiment contemplatif.
S'il est en soi plutôt bien vu de laisser penser que cette toxine, ce mal, peut frapper n'importe où (à la ville, à la campagne, dans des parcs, sur des routes, dans des champs, etc.) et dans des endroits de plus en plus petits, en revanche à de nombreuses reprises la survie du couple Moore et de la petite Jess paraît incroyable. Shyamalan semble expliquer la survie de ce groupe autour de la notion de famille. La réconciliation au niveau de la cellule familiale (parents, enfant), qui permettrait de s'immuniser contre ce mal, est une idée assez fumeuse, qui dessert quelque peu le film.Pour sa part, Mark Wahlberg, bon acteur au demeurant, est assez peu crédible dans son rôle de professeur de sciences. D'ailleurs, son personnage est relativement creux. On comprend qu'il a des problèmes avec son épouse, il se permet d'ailleurs de lui faire une feinte qui n'est pas vraiment d'une grande finesse (le médicament contre la toux à 6 dollars). Sinon, le fait qu'il se méfie de tout l'environnement qu'il y a autour de lui est une bonne idée qui est parfois tournée un peu en ridicule (la scène où Mark Wahlberg parle à une plante en plastique !). Quant au personnage d'Alma Moore, il est joué par une Zooey Deschanel qui paraît quelque peu absente et pas vraiment concernée par le film. Son personnage, comme d'ailleurs tous les autres protagonistes, est quelque peu vide. Heureusement, la mise en scène très fluide de Shyamalan, qui n'est à aucun moment clippesque, permet de conserver un certain suspense (avec une nature dangereuse et qui semble observer l'Homme). Mais cette fois-ci chez Shyamalan, le suspense ne tient pas grâce au twist final mais plutôt de savoir comment vont s'en sortir les principaux protagonistes du film.

mark walhberg


Au final, malgré plusieurs défauts, Phénomènes se suit correctement. C'est donc une semi-déception pour un Night Shyamalan qui n'arrive pas à retrouver la puissance d'un Sixième sens ou d'un Incassable. Je pense par contre que le film perdra énormément lors d'un second visionage, à cause de son côté redondant.

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12.06.08

06:45:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Sleepaway camp2

Première suite du très sympathique slasher Sleepaway camp, ce Sleepaway camp 2 : unhappy campers se sert du personnage d’Angela, l’héroïne trouble du métrage original, pour nous servir un pâle démarcage de Vendredi 13 et consorts, heureusement agrémenté d’un ton semi-parodique référentiel, ainsi que d’une bonne dose d’érotisme et de gore.
Le script replace donc Angela Baker, devenue adulte et officiellement une femme, travaillant comme responsable des monitrices d’une colonie de vacances, mais pas vraiment guérie, elle va débarrasser le camp des adolescentes dévergondées.

Sleepaway_camp2La séquence d’introduction, sentant déjà quelque peu le réchauffé, présente ces moniteurs autour d’un feu de camp pour se raconter des histoires terrifiantes, dont bien entendu celle du massacre du camp Arawak où quelques années plus tôt un jeune garçon grimé en fille avait assassiné plusieurs personnes. Mais l’arrivée d’une frêle jeune femme apparemment responsable et nommée Angela va faire tourner court cette soirée et la seule fille du groupe va devoir la suivre pour avoir une explication musclée avant d’être finalement tuée par Angela, annihilant ainsi d’entrée tout suspense quant à la personnalité de l’inévitable assassin du métrage.

Sleepaway_camp2Ensuite, le métrage va nous présenter plus clairement ses différents personnages en suivant le quotidien de ce camp de vacances pour bien entendu mettre en avant le côté espiègle et libéré des demoiselles présentes, qui vont forcément s’attirer les foudres d’Angela, cette mise en situation restant quand même largement supportable grâce à un érotisme discret mais bien présent et un humour grivois n’étant que rarement véritablement potache, mais flirtant aussi carrément avec l’auto-dérision lorsque Angela se mettra à pousser la chansonnette de manière terriblement et volontairement ridicule.

Sleepaway_camp2Ce sera sans chercher à créer un véritable suspense que le métrage va ensuite régulièrement obliger Angela à dessouder ces jeunes filles débauchées buvant, fumant des joints et n’attendant pas le mariage pour s’amuser avec les garçons du camp, le tout au cours de scènes souvent assez sanglantes et essayant tant bien que mal de se montrer originales dans l'art de présenter ses mises à mort, tout en se référant par moments au genre pour par exemple nous offrir la première rencontre cinématographique bien avant Freddy contreJason entre un Freddy Krueger de pacotille et un Jason d’opérette, deux adolescents voulant effrayer Angela et qui vont se retrouver mortellement pris à leur propre piège.

Sleepaway_camp2Il faudra donc attendre le dernier acte du métrage pour que le métrage prenne quand même un peu d’ampleur, Angela pétant carrément un câble pour s’en prendre aux dernières monitrices restantes sans distinction et au reste du casting, et surtout en menaçant la prude Molly avec qui elle avait sympathisé en l’entraînant dans sa cabane isolée jonchée des cadavres des précédentes victimes, pour un final ouvert et enfin quelque peu dérangeant lorsque la psychologie d’Angela sera mise à jour, celle-ci s’estimant guérie en dépit des atrocités commises, normales pour son esprit dérangé.

Sleepaway_camp2C’est donc en respectant à la lettre le cahier des charges de tout slasher qui se respecte que ce Sleepaway camp 2 va proposer son intrigue guère motivante à la première lecture, mais en amenant suffisamment d’éléments graphiques volontaires, avec ces plans gores certes pas foncièrement exubérants mais réguliers soulignant chaque meurtre tout en étant parfois bien méchant (avec par exemple cette demoiselle qui finira, après avoir reçu plusieurs coups de couteau dans le dos, noyée dans la fosse de toilettes nauséabondes et répugnantes), et avec cet érotisme léger mais récurrent déshabillant allégrement les demoiselles et n’hésitant pas à suivre de loin un acte amoureux.

Sleepaway_camp2Par contre, les différents personnages, en dehors d’Angela, n’offriront que des personnalités stéréotypées sans grand intérêt, prédisposant de la sorte certains personnages à devenir les futures victimes et n’étant guère secondés par une interprétation sonnant parfois faux et n’avançant aucun charisme à l’écran.
La mise en scène du réalisateur Michael A. Simpson (qui signera ensuite le troisième volet de la trilogie) est assez dynamique pour donner un semblant de rythme à l’ensemble, mais peine à créer le moindre suspense, avec une utilisation basique de la caméra subjective.
Les effets spéciaux sanglants sont probants en restant réalistes et mesurés, mais pour autant, ils seront régulièrement graphiques.

Donc, ce Sleepaway camp 2 : unhappy campers se suivra sans ennui, mais ne parviendra jamais à renouveler le malaise de son prédécesseur en ne sortant jamais des sentiers battus du genre !

Sleepaway_camp2Le DVD de zone 1 édité par Anchor Bay présentera une image claire et juste vaguement granuleuse, alors que la bande-son restera cohérente, et ce malgré une partition musicale inexistante, le métrage n’étant ici proposé qu’en version originale anglaise, sans aucun sous-titres de disponibles.
Au niveau des bonus, un court making-of commenté par le réalisateur viendra éclairer les dessous du tournage et de certains effets spéciaux, accompagné par un dispensable teaser du troisième volet de la franchise et la bande-annonce du film. Enfin, trois galeries de photos plus ou moins conséquentes avanceront des clichés du tournage et de la mise en place des effets spéciaux, tout en revenant plus particulièrement sur la séquence dans la cabane abandonnée.

Pour ceux qui voudraient suivre les nouvelles aventures de cette psychopathe meurtrière, le DVD de zone 1 est disponible ici ou encore !

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11.06.08

07:15:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicofeel

Naked violence

Auteur du choquant mais excellent Avere Ventani ou encore du très contestable La clinique sanglante, giallo qui est surtout prétexte à des scènes érotiques, Fernando Di Leo a réalisé en 1969 Naked violence. On es tici dans la veine des polars qui ont fait la renommée de Fernando Di Leo, connu aussi pour avoir été co-scénariste de Le bon, la brute et le truand. Il s'agit ici d'un polar bien musclé. Le film est inspiré du roman du même nom de Giorgio Scerbanenco.
Naked violence est un film qui comporte des scènes assez dures, d'un grand réalisme. D'ailleurs, on est directement mis au coeur d'une ambiance assez malsaine. En effet, on assiste au viol et au meurtre d'une professeur par une dizaine d'élèves.

Naked violence

Le film de Fernando Di Leo va droit au but. Pas de scènes inutiles à courir après les coupables. La suite du film nous amène directement au commissariat de police où l'on retrouve chacun des adolescents, qui ont globalement entre 16 et 17 ans. L'excellent acteur Pier Paolo Capponi interprète le rôle du commissaire de Police Marco Lamberti. Un à un, les adolescents, qui sont tous mineurs, sont auditionnés par le commissaire Lamberti. Lors de l'introduction de chacun des jeunes, on a droit à une musique stridente (la bande son a été effectuée par Silvano Spadaccino). L'interrogatoire se révèle extrêmement musclé. Le réalisateur Fernando Di Leo fait de nombreux gros plans et un travail sur la profondeur de champ, comme dans le reste du long métrage, ce qui accroît le sentiment d'étrangeté. Le commissaire Lamberti présente les différents jeunes comme de véritables délinquants. Derrière son costard cravate, Lamberti agit comme un véritable psychopathe. Il cherche coûte que coûte à savoir qui a introduit à l'intérieur de la classe une liqueur à 85 % qui a amené ces jeunes à commettre l'irréparable. Mais les jeunes déclarent à tour de rôle soit qu'ils n'ont pas participé à cet événément, soit qu'ils dormaient, soit qu'ils n'ont rien vu, soit qu'ils ont été forcés à boire. En bref, ils ne se sentent pas vraiment impliqués. D'ailleurs, ils savent qu'étant mineurs, ils risquent tout au plus quelques années en maison de redressement. Le commissaire tente pour sa part de connaître la responsabilité de chacun afin d'éviter que l'on considère simplement que ces mineurs ont agi sous l'emprise de l'alcool, bénéficiant dès lors de circonstances atténuantes. Le commissaire se bat même pour obtenir, à l'insu de sa hiérarchie qu'il se met à dos, une prolongation de garde à vue afin de procéder à un second interrogatoire. Les méthodes policières utilisées pour tenter d'obtenir des aveux apparaissent pour le moins extrêmement contestables. Et le spectateur le ressent d'autant plus qu'on se retrouve quasiment dans un huit-clos : on ne quitte quasiment jamais la salle d'interrogatoire du commissariat de police durant le premier tiers du film. Fernando Di Leo ne s'intéresse d'ailleurs pas spécifiquement aux endroits où se déroule l'action. On ne peut pas deviner que le film a été tourné à Milan. Le réalisateur privilégie la confrontation psychologique avec notamment l'utilisation de ces gros plans.
Le second tiers du film permet de changer un peu d'air. Le commissaire décide en effet de se rendre à l'extérieur et d'interroger les parents de ces adolescents. Le film prend alors une certaine portée sociale. On découvre alors que ces adolescents ont vécu dans un milieu social généralement très défavorisé. Cela ne les excuse certes pas, mais cela permet de comprendre cette délinquance. Cette partie du film n'est pas la plus intéressante mais elle est pourtant d'un intérêt fondamental. En effet, c'est dans cette partie que l'on apprend (mais on ne le sait pas encore) que se situe la résolution de l'affaire. Le commissaire est désormais accompagné d'une assistante sociale, Livia Ussaro. C'est le premier personnage féminin que l'on voit. Et il faut bien reconnaître que le rôle qui lui est dévolu est parfaitement accessoire, ce qui fait ressortir quelque peu le côté machiste de Fernando Di Leo. Cependant, l'actrice n'est pas une inconnue. Il s'agit de Nieves Navarro, mieux connue sous le pseudo de Susan Scott. Cette actrice de films bis, est apparue dans plusieurs westerns et films érotiques. Ici, pourtant, la demoiselle ne dévoile pas ses charmes. Elle en reste à son rôle d'assistante sociale.

Naked violence

Elle fait quelque peu contre-poids à la violence qui se dégage du caractère obsessionnel du commissaire. Ce dernier, aidé de l'assistante sociale, n'hésite pas à recueillir l'un des adolescents chez lui afin de le mettre en confiance et d'en savoir plus. Le jeune est Carolino Marassi, qui a un air androgyne. Naked violence contient en tout état de cause plusieurs allusions homosexuelles : il y a d'abord le jeune homosexuel qui se suicide ; il y a esnuite la relation psychologique entre le commissaire et Carolino ; il y a enfin ce mystérieux personnage, qui serait à l'origine du drame et qui est évoqué tantôt en qualité d'homme tantôt en qualité de femme. Ce dernier personnage, qui rappelle le film Psychose, est en soi très hitchcockien.
Avant sa révélation finale, Fernando Di Leo nous offre un flashback qui nous rappelle le viol et le meurtre de la professeur, en ajoutant cependant des éléments qui nous en apprennent un peu plus. La musique de Silvano Spadaccino est alors extrêment bruitiste et stridente. On se retrouve en qualité de spectateur pris au coeur de l'action, au sein d'une scène choc très efficace.
Au final, Naked violence est un film qui va droit à l'essentiel. Il n'y a pas de sous-intrigues qui interfèrent l'histoire. Avant la série des Inspecteur Harry, Fernando Di Leo nous dresse le portrait d'un commissaire, interprété par un excellent Pier Paolo Capponi, qui n'en fait jamais trop, qui est obnubilé par la résolution de son affaire. Naked violence constitue une série B italienne très frontale et très efficace. A découvrir absolument pour ceux qui ne connaissent pas ce film.

Le DVD zone 2 italien (d'un film qui n'est pas encore distribué en France en DVD) est édité par Raro Video. L'image est très satisfaisante dans les différentes scènes (mis à part un peu au début) et le son, relativement dynamique, est dénué de défaut. Le film est visionable en anglais, en italien, ou en version italienne sous-titrée anglais (il s'agit d'ailleurs d'un anglais assez basique qui ne demande pas une grande connaissance en anglais pour comprendre les dialogues).
Le DVD contient plusieurs bonus : une interview de Fernando Di Leo en italien (18 minutes) ; une autre interview de Di Leo, en français, à la cinémathèque française (15 minutes) ; une galerie de photos ; la biographie et la filmographie de Fernando Di Leo.
Pour ceux qui voudraient se procurer ce DVD, celui-ci est notamment disponible sur le site de Sinart

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10.06.08

07:30:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Sleepaway_camp

Bien souvent catalogué parmi les nombreux ersatz de Vendredi 13, ce Sleepaway camp (titré chez nous Massacre au camp d’été) n’en possède pas moins une intrigue bien plus intelligente que la moyenne, doublée d’une étude sur l’adolescence intéressante, mais ce sera surtout sa dernière séquence qui permit au métrage d’acquérir une réputation flatteuse au point de devenir même "culte" pour certains.
Le script envoie un préadolescent et sa cousine dans une colonie de vacances qui va être le témoin de plusieurs "accidents" étranges et de meurtres perpétrés par un inconnu.

Sleepaway_campAprès un générique saisissant promenant lentement la caméra dans ce camp de vacances déserté, la première séquence verra un père de famille et ses deux enfants être les victimes d’un accident causé par un hors-bord, conduit par deux jeunes voulant effrayer une troisième qui faisait du ski nautique à leur suite, qui viendra percuter le bateau de la petite famille, tuant le père et l’un des enfants. Le métrage fera un bond en avant de huit années pour nous présenter alors ses deux personnages principaux, Ricky et sa cousine Angela (que l’on devinera être la rescapée de la séquence précédente), deux jeunes adolescents en partance pour une colonie de vacances et devant subir les dernières recommandations de la mère excentrique de Peter, avant que l’intrigue ne s’installe dans ce camp où nous allons suivre l’arrivée des jeunes.

Sleepaway_campEnsuite, le métrage va s’attacher à nous faire participer à la vie de cette petite communauté, tout en s’intéressant particulièrement au cas d’Angela, celle-ci restant recluse, muette et ne participant à aucune activité, devenant de fait le souffre-douleur de ses "camarades" alors que dans cette situation seul un garçon semblera attiré par elle. Mais rapidement, un premier "accident" va survenir, ébouillantant un cuisinier pervers qui avait quelque temps auparavant cherché à s’offrir les faveurs d’Angela lors d’une scène suggestive mais néanmoins osé et explicite sur les intentions du bonhomme, puis ce sera au tour d’un gamin s’étant moqué d’Angela de périr noyé après une promenade en bateau nocturne alors qu’un troisième sera attaqué par un essaim d’abeilles jeté dans les toilettes dans lesquelles il aura été enfermé par une main malveillante.

Sleepaway_campMais le métrage ne se focalisera pas sur ces séquences mortelles comme la plupart des "slashers", la preuve en étant que l’ensemble ne cédera jamais à la facilité du gore à outrance, pour également se livrer à une analyse très vivante et réaliste de l’adolescence et des maux qu’elle engendre, entre amourettes, attitudes non naturelles de jeunes s’éveillant à la sexualité et cherchant ainsi à se mettre en valeur et bien entendu cette propension à trouver un bouc émissaire à dénigrer pour se sentir supérieur, qui verra donc ici Angela subir moqueries et brimades de ses condisciples et surtout des demoiselles présentes dans le camp et en particulier de Judy, une adolescente précoce cherchant à s’affirmer par sa méchanceté, tandis que l’intrigue suivra de près la relation confuse qu’Angela va entretenir avec ce jeune tout heureux de la séduire et de réussir à la faire communiquer.

Sleepaway_campSi la première partie du métrage souffrira quand même d’un rythme parfois défaillant et pourra par moments sembler quelque peu longuet (la partie de base-ball, par exemple), un événement en apparence anodin et rentrant tout à fait dans l’étude des mœurs adolescentes va faire basculer le métrage et la présence meurtrière va accélérer le rythme pour massacrer allégrement et de façon plus directe les personnes ayant humilié Angela, pour nous amener vers le dernier acte et surtout cette terrible séquence finale, ahurissante et imprévisible, qui donnera rétrospectivement encore plus de profondeur à l’ensemble tout en nous offrant un des twists les plus audacieux de cette période bénie pour les "slashers" nous obligeant à reconsidérer tout ce qui a été vu précédemment !

Sleepaway_campEn plus, le métrage, s’il ne s’attaquera pas de manière frontale au gore pur, sera régulièrement très cru dans sa démonstration, n’hésitant pas à évoquer l’homosexualité ou encore à tuer non pas de jeunes adultes mais des enfants, ce qui replacé dans son contexte d’époque, sera quand même largement audacieux, même si d’autres films avaient déjà ouvert la voie (le The burning de Tony Maylam, par exemple), et il faut aussi compter sur le climat régulièrement bien angoissant et entretenu de façon probante par le jeune réalisateur qui saura remarquablement semer le doute dans l’esprit du spectateur quant à l’identité du mystérieux assassin.

Sleepaway_campL’interprétation est convaincante, avec de jeunes acteurs crédibles, dont une Felissa Rose (qui ne reviendra devant la caméra que sur le tard pour profiter de l’aura acquise par ce film) terriblement persuasive dans le rôle d’Angela, alors que la mise en scène du réalisateur est adaptée, certes parfois peu soutenue, mais gérant avec efficacité ses effets et notamment l’emploi d‘une caméra subjective efficace.
Les effets spéciaux, œuvre du spécialiste Ed French, sont probants pour agencer le résultat de ces "accidents", et avancer ainsi quelques petits plans graphiques.

Sleepaway_campDonc, ce Sleepaway camp soutiendra largement sa bonne réputation et se montrera captivant de bout en bout et effroyable dans sa scène finale !

Le DVD de zone 1 édité par Anchor Bay avancera une image assez nette et juste parfois quelque peu granuleuse, tandis que la bande-son sera particulièrement efficace pour accompagner le climat de tension inhérent au film, mais celui-ci ne sera ici disponible qu’en version anglaise, sans aucun sous-titre.
Au niveau des bonus, seule la sympathique bande-annonce originale sera disponible.

Pour ceux qui voudraient découvrir ou redécouvrir ce slasher intelligent au final d’anthologie, le DVD de zone 1 est disponible ici, ou encore ici !

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09.06.08

01:00:00, Catégories: Box office cinéma  
Le box office Français du 28/05 au 03/06
Titre du film Nombre d'entrées France Nombre d'entrées total
1. Indiana Jones et le royaume
du crâne de cristal
1 007 000 2 681 000
2. Sex and the city – le film 800000 800 000
3. Un conte de Noël 131 000 273 000
4. Jackpot 125 000 884 000
5. Deux jours à tuer 114 000 902 000
6. Iron Man 108000 1 923 000
7. Bienvenue chez les ch’tis 66 000 20 143 000
8. Cleaner 57 000 261 000
9. Cash 44 000 1 093 000
10. Française 38 000 38 000

Voici en quelques chiffres et en quelques mots le box-office de la semaine passée.

Indiana Jones continue de squatter la première place du podium avec encore plus d’un million d’entrées cette semaine lui permettant de dépasser la barre des 2.5 millions en 15 jours. Est ce pour autant un si bon score ? Et bien non, car on peut raisonnablement penser qu’il s’agit déjà là d’un ultime sursaut. Les spectateurs potentiels ont déjà vu le film à présent et on ne s’approchera pas, c’est certain, des scores faramineux rétroactivement parlant de la première trilogie. Indiana Jones reflète donc ce qu’il est devenu : un produit de consommation, certes de luxe, mais n’appellant qu’une population ciblée , qui une fois digéré le métrage, passera aussitôt à autre chose. Fini l’aura de culte qui entourait les trois premiers opus. Et d’ailleurs, tous ces revivals d’autrefois ne signifient qu’une chose, simplement qu’Hollywood n’arrive plus à se renouveler, contrairement à la demi déesse TV. La fin d’une ère débutée avec Star Wars et qui se poursuit donc ici avec papy Spielberg. Les seuls qui ont vraiment compris de quoi il retourne pour créer un nouveau mythe sont la Warner avec des refontes complètes d’univers archi connus comme Superman ou Batman …. Et peut être la Paramount avec le prochain Star Trek.

Sex and the City s’empare de la deuxième place avec un excellent chiffre de 800 000 entrées en 1ère semaine. ‘aura de culte TV aura marché ici de plein fouet, confirmant la thèse soutenue ci-dessus, avec un cinéma qui, pour s’offrir des ailes, réadapte les succès tv des dernières années… dixit également les Simpson. A quand un film sur les Sopranos ? En tout cas, le million d’entrée n’est plus très loin première position et il reste à noter que les 4 américaines ont fait aussi bien que papy Jones, voire même mieux. Je m’explique : Jones est diffusé sur un ensemble de 900 copies pour le territoire contre … 500 pour Sex and the City. Proportionnellement, qui éclate l’autre, surtout qu’Indy subi une chute de fréquentation de près de 40% !

Un conte de noël accroche ses guirlandes à la troisième place et maintient une fréquentation constante (avec une baisse de seulement de 9% de spectateurs) et double son total de fans d’histoires un peu à part.

Jackpot lâche enfin du lest mais continue son petit bonhomme de chemin avec encore 125 000 personnes curieuses de suivre les tribulations de Kutsher et devance le rouge et or de la marvel d’environ 20 000 tickets. Les deux blockbusters du moment (après les monstres de tête bien sûr) subissent d’ailleurs la même perte de fans, environ 11% d’audience en moins.

A noter, l’increvable film de Boon qui accumule encore 66 000 places en une semaine pour 413 copies toujours disponibles. Le film de tous les records après tant de temps d’exposition, nonobstant les divix dispos sur de nombreux sites Internet. De quoi faire pâlir Harlin et son Cleaner qui devrait laisser le champ libre à un autre concurrent dès la semaine prochaine.

@ ploush !

Rien de plus cette semaine. Bonne lecture et n’oubliez pas de réagir, plus on est de fous ….

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06.06.08

01:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Mark_of_the_devil

Œuvre à la réputation sulfureuse ayant profité de la notoriété du Grand inquisiteur de Michael Reeves pour se monter, ce Mark of the devil (connu en France sous le titre peu recherché de La marque du Diable) abuse de son intrigue liée à l’Inquisition et ses dérives pour accumuler les séquences de tortures parfois graphiques et douloureuses de manière volontaire et esthétique.
Le script suit l’arrivée d’un nouveau juge de l’Inquisition et de son assistant dans une bourgade jusque là livrée à un chasseur de sorcières vil et brutal.

Mark_of_the_devilDès sa première séquence, le métrage va avancer toute l’horreur et sauvagerie d’Albino, le "witchfinder" médiéval d’une région jamais située géographiquement, qui va lâcher ses hommes sur un convoi de nonnes, pour une brève attaque au caractère sexuel sous-entendu, avant de nous faire suivre l’exécution publique de deux jeunes femmes accusées de sorcellerie qui finiront brûlées sur le bûcher tandis qu’un homme nu sera recouvert d’un produit gluant et de plumes avant d’être lâché dans la foule qui s’amusera à le poursuivre et qu’un petit laïus littéraire revienne sur les méfaits de l’Inquisition en Europe.

Mark_of_the_devilEnsuite, le métrage va nous présenter ses principaux personnages, Christian, le disciple du nouveau juge devant arriver sous peu dans la ville, qui va annoncer cette nouvelle dans la taverne locale à Albino, provoquant sa fureur, alors que Vanessa, la jeune serveuse de l’endroit semblera s’intéresser de près au nouvel arrivant. Un peu plus tard, Albino cherchera à s’assurer les faveurs de la demoiselle et devant son refus violent, il cherchera à la faire passer pour une sorcière et commencera à la torturer, soi-disant pour trouver des preuves de sa culpabilité, et seule l’arrivée de Christian la sauvera provisoirement, celui-ci l’emmenant passer la nuit au château attribué au futur nouveau juge.

Mark_of_the_devilCette mise en place de l’intrigue sera éminemment soignée, aussi bien pour la séquence d‘exécution publique qui plantera le décor du métrage dans un souci historique qui ne se relâchera jamais par la suite, que pour mettre en avant les protagonistes, et notamment ce Albino terriblement graphique avec son faciès détruit cohabitant parfaitement avec la bestialité intérieure de ce personnage sûr de lui et de son autorité absolue. Par contre, la bluette naissante entre Christian et Vanessa restera bien fade et n’offrira rien de bien passionnant, même si le réalisateur essaiera de donner à cette sous intrigue un soupçon d’humour avec la naïveté dans l’attitude de Vanessa, notamment lors de la scène du repas dans la château.

Mark_of_the_devilL’intrigue introduira alors Lord Cumberland, le nouveau juge fraîchement débarqué (lors d’une séquence réussie créant instantanément une tension autour du personnage), qui s’opposera bien entendu à Albino et tentera d’instaurer un semblant d’ordre et de discipline dans le traitement des procès des personnes suspectées de sorcellerie, pour finalement se montrer aussi dépravé que son opposant, malgré les apparences, et imposer la torture pour faire avouer les suspects, dont Vanessa, qu’Albino aura réussi à faire enfermer, au grand désespoir de Christian, partagé entre son dévouement à son maître et son amour pour la jeune femme.

Mark_of_the_devilCette partie du métrage se montrera particulièrement graphique pour avancer les nombreuses tortures mises en œuvre par lord Cimberland, entre écartèlement, brûlures au fer rouge en gros plan, et bien sûr la séquence culte d’arrachage de langue, sans oublier de multiples coups de fouet et autres sévices qui seront bassement infligés à divers personnages dont la dévotion au Malin sera bien peu avérée, avec ce couple accusé de connivence avec le Démon pour avoir uniquement utilisé des marionnettes trop réalistes aux yeux des inquisiteurs, ou encore ce jeune homme accusé d’être possédé, alors qu’en fait ce sera une sombre histoire se spoliation qui motivera son emprisonnement, amenant de petites sous intrigues hélas bien rapides et floues, qui alimenteront l’ensemble jusqu’à la désobéissance de Christian contre son "maître" qui conduira à une révolte des paysans locaux contre l’inquisiteur dont le château sera envahi pour un final dramatique à l’ironie du sort nihiliste.

Mark_of_the_devilAu-delà des scènes de tortures volontaires, le réalisateur Michael Armstrong et son comparse pour l’occasion Adrian Hoven (habituellement acteur pour le genre et ici co-réalisateur et co-auteur du script avant de signer la fausse suite du film, connue chez nous sous le titre La torture) soignera également les décors et la reconstitution historique nécessaire pour donner de l’impact à son propos, en peaufinant les moindres détails pour une crédibilité de tous les instants, mais par contre, ce sera au niveau de l’interprétation que le bas blessera quelque peu. En effet, si Reggie Nalder offrira de façon probante son physique spécial pour une prestation remarquable et que Herbert Lom sera impériale en nouvel inquisiteur strict, on ne pourra pas en dire autant d’Udo Kier et surtout d’Olivera Vuco, bien futile et parfois presque agaçante.
La mise en scène du réalisateur est plutôt basique et les quelques fulgurances (l’arrivée de Lord Cumberland, par exemple) sont largement ternies par des impairs dans les cadrages (en cadrant par exemple trop régulièrement les personnages au niveau des yeux).
Les effets spéciaux sont probants, réalistes et deviennent douloureux dans les sévices et les tortures infligées, mais si aujourd’hui, ces plans sanglants pourront paraître assez inoffensifs en ne versant pas quand même dans la surenchère.

Donc, ce Mark of the devil illustrera de façon jouissive et graphique son thème propice à de multiples dérives sanglantes, tout en ne s’épargnant pas hélas quelques maladresses quelque peu gênantes.

Mark_of_the_devilLe DVD de zone 0 édité par Blue Underground avancera une image claire, alors que la bande-son sera convaincante, avec une partition musicale adaptée, le métrage n’est par contre ici disponible qu’en version anglaise, sans aucun sous-titrage de disponible.
Au niveau des bonus, cette édition proposera des interviews des principaux interprètes qui reviendront sur le film de façon globalement intéressante (avec par exemple l’évocation de la fin alternative surnaturelle), la bande-annonce d’époque accompagnée par plusieurs spots radios, ainsi qu’une galerie de photos largement impressionnante en se déclinant en dix chapitres (affiches, photo de la scène finale alternative, clichés du tournage, jaquette des éditions vidéos du film, etc…).

Pour ceux qui voudraient se plonger dans cette évocation "historique" très graphique, le DVD de zone 0 est disponible ici ou !

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05.06.08

01:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Frontieres

Furieux, sanglant et brutal, ce frontière(s) tiendra quasiment toutes ses promesses et confirmera le talent de son réalisateur, Xavier Gens, qui pour son premier long métrage apportera une nouvelle preuve que le cinéma de genre français peut exister de façon probante, sauf peut-être lorsque le métrage cherchera à prendre une tournure de film engagé, cédant alors à la facilité.
Le script envoie en pleine campagne non loin de la frontière quatre jeunes petits voyous parisiens où ils vont devoir affronter une famille de dégénérés adeptes du cannibalisme et du Troisième Reich.

FrontieresAprès un générique musclé composé d’images de journaux télévisé suivant des émeutes entre policiers et délinquants, le métrage va se lancer tout de suite dans l’action pour nous présenter ces cinq petites frappes fuyant la police après avoir commis un casse pour finalement voir l’un d’eux se prendre une balla dans la poitrine, tandis que le présumé leader de la bande aura l’occasion de violement s’en prendre à un agent des forces de l’ordre tentant de les arrêter, nous démontrant la violence tapie à l’intérieur du personnage.
Retranché dans un hangar, le groupe va décider de se séparer, deux d’entre eux commençant leur périple devant les mener aux Pays-Bas tandis que Yasmine et Alex vont conduire le frère de Yasmine blessé au urgences.

FrontieresCette mise en situation déjà violente et énervée aura le mérite de tout de suite lancer l’action du métrage sur un rythme éperdu, sans perdre de temps à présenter ces personnages, qui même s’ils seront stéréotypés et presque caricaturaux des délinquants issus des banlieues, notamment dans leur façon de parler ordurière, parviendront sans mal à "exister" et à proposer des éléments intéressants et porteurs pour la suite (le fait que Yasmine soit enceinte, par exemple), laissant ensuite l’intrigue faire une pause douloureuse à l’hôpital où la jeune femme va y laisser son frère, avant de prendre la route avec les différents protagonistes pour suivre leur périple qui va les mener en deux temps vers cet auberge/ hôtel perdue en pleine campagne.

frontieresL’arrivée de premier duo dans cette auberge sera plutôt ludique et sensuelle, puisque ce seront deux jeunes femmes affriolantes qui vont les recevoir et « s’occuper » d’eux, tout en laissant toutefois progressivement monter une tension certaine par de petits indices laissant à penser que les occupants des lieux ne sont pas très nets, impression confirmée lors d’un repas assez glauque (la vielle dame à la trachéotomie) et avant que le métrage bascule définitivement dans la violence pure, révélant la nature sanguinaire de cette famille dépravée.
Ensuite, l’intrigue fera se succéder de nombreux rebondissements brutaux et régulièrement gores pour suivre l’affrontement entre les deux clans, Yasmine et Alex ayant rejoint l’endroit pour ne pas tarder à découvrir eux aussi la teneur des habitants, tout en nous plongeant dans les mœurs glauques et barbares de ces nazillons dirigés par le "Père", un ancien de la Seconde Guerre Mondiale sadique et imposant, jusqu’au dernier acte qui de façon respectueuse des codes du genre va suivre la vengeance tout aussi virulente du protagoniste survivant des violences passées.

FrontieresBien évidemment prioritairement tourné vers une action qui sera essentiellement sanglante et sauvage, tout en comportant quand même des plages de suspense, le métrage se montrera virtuose dans cette enchaînement de séquences aussi brutales que parfois méchamment sadiques (les tendons) pour mettre en avant cette famille complètement libérée de toute moralité se livrant au cannibalisme et conservant leurs victimes à des fins alimentaires (ce qui nous vaudra une visite de chambre froide très graphique et peu ragoûtante), pour un enchevêtrement de scènes gores terriblement volontaires et visuelles, mais parfois prévisibles, donnant l’impression que Xavier Gens s’est littéralement "lâché" pour rendre son film aussi jouissif et sanguinolent que possible.

FrontieresMais hélas, à côté de cet aspect copieusement réussi, le métrage ne sera pas exempt de menus défauts qui viendront parfois décrédibiliser l’ensemble, lorsque le réalisateur tentera de donner à l’ensemble un côté "engagé" politiquement, en fustigeant bien sûr les nostalgies hitlériennes, mais il le fera de manière bien trop basique, facile et flirtant encore avec la caricature (le « Père » balançant en autres par exemple un "Arbeit macht frei" inopinément), tout comme pourra l’être la séquence du repas de succession lorgnant aussi dangereusement qu’involontairement du côté de la parodie. Mais ce ne sera pas tout, certaines situations sembleront extrêmement faciles (notamment lors du dernier acte parfois invraisemblable), et voir même carrément improbables (pourquoi les deux jeunes iront, après le crash de leur voiture, s’enfoncer dans cette mine et qui plus est aller se coincer dans ce passage souterrain exigu, même si cela offrira au métrage une séquence claustrophobe réussie). Et enfin, les différents personnages ne parvenant pas vraiment à devenir attachants, les petites tentatives lacrymales échoueront invariablement.

FrontieresL’interprétation est convaincante, peuplée de seconds rôles charismatiques et bien plus imposants que ceux présentés comme des "héros malheureux", tandis que la mise en scène de Xavier Gens est efficace, donnant véritablement du rythme à l’ensemble et utilisant ses effets avec parcimonie pour les rendre ainsi encore plus profitables.
Les effets spéciaux sont ici outrageusement sanglants et graphiques tout en demeurant la plupart du temps probants et réalistes, même si quelquefois leur générosité cédera place à quelques petits ratés (l’explosion de tête notamment).

Donc, ce Frontière(s) offrira un bilan globalement satisfaisant grâce à son impact visuel fort et plus que volontaire, mais laissera quand même ses carences se révéler au grand jour !

FrontieresLe DVD de zone 1 édité par Lionsgate avancera une image claire et sans défaut, même lors des séquences se déroulant dans l’obscurité de la mine, tandis que la bande-son sera efficiente, avec une partition musicale adaptée et dynamique, le métrage étant ici proposé en version française, avec des sous-titres anglais et espagnols optionnels, mais hélas, aucun bonus ne sera disponible.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette nouvelle preuve de l’existence d’un cinéma de genre virulent en France, le DVD de zone 1 est disponible ici ou encore !

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04.06.08

01:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Evil

Peu réputée pour ses films de genre, la Grèce nous livre pourtant avec ce Evil une sympathique et dynamique variation sur le thème du zombie, même si ses situations demeurent basiques.
Le script suit le parcours de quelques individus qui vont chercher à se protéger des hordes de zombies lâchés dans Athènes suite à une mystérieuse contamination.

EvilD'entrée, le métrage va exposer la cause de la future contamination en suivant trois ouvriers d'un chantier tombant sur une grotte souterraine inconnue qu'ils vont rapidement explorer avant d'être attaqués par une entité vraisemblablement invisible, pour ensuite nous faire suivre ces trois personnages dans leurs activités nocturnes, avec cet homme regardant un match de foot à la télévision avant de passer à table en compagnie de son épouse et de sa fille, cet autre qui lui sera au stade et ce troisième invité à une soirée en boîte de nuit.
Bien entendu, ils vont rapidement se transformer en zombies assoiffés de sang après quelques crampes d'estomac pour s'en prendre à leur entourage, sa compagne pour le premier, laissant ainsi sa fille s'évader, bientôt rejointe par une voisine à la porte de qui elle aura été frapper, les autres spectateurs du match de foot pour le second (avec un sympathique clin d'œil, puisque cette transformation sera suivie à la télévision par le premier contaminé) et enfin les autres danseurs pour le troisième, avec juste sa petite amie qui parviendra à s'enfuir à bord d'un taxi.

EvilCette mise en situation ne perdra pas de temps en considérations pour très vite lancer son invasion de zombies déchaînés pour nous présenter ses principaux personnages en cours de route, scindé en deux petits duos, au gré des instants de répit que va leur accorder l'intrigue, tout en mettant en avant des créatures bien vives, dans la mouvance du 28 jours plus tard de Danny Boyle, puisque celles-ci pourront à loisir se mettre à gesticuler et à courir après leurs victimes qu'une simple morsure transformera à leur tour en contaminés agressifs.
Après quelques situations déclinant la fuite éperdue des deux groupes, ceux-ci vont s'étoffer chacun d'un troisième survivant, puisqu'un jeune homme va être "ramassé" par le chauffeur de taxi et sa cliente, le sauvant ainsi des nouveaux zombies lancés à ses trousses, tandis que les deux demoiselles vont tomber sur un homme plus âgé qui va les prendre sous sa coupe, et après d'autres péripéties et la rencontre d'un militaire esseulé puisque sa garnison a été massacré, tout ce petit monde va se rencontrer et lutter ensemble pour tenter de survivre et de fuir.

EvilMalgré un budget que l'on devine serré, le métrage va, passé un premier acte guère graphique, aligner toute une série des séquences ouvertement sanglantes et jouissives pour mettre en scène ces combats opposant humains et contaminés, multipliant les décapitations rocambolesques et autres moyens divers pour détruire les zombies, pour des séquences volontaires et débridées, apportant ainsi régulièrement un aspect comique appuyé à ses scènes au ton semi-parodique avéré ( lors de l'attaque du restaurant ou les survivants s'étaient réfugiés pour se nourrir, notamment), sans pour autant que le réalisateur ne renonce entièrement à chercher à installer un climat de tension avec cette menace omniprésente qui sévira sans toujours prévenir.

EvilMais au-delà de cette volonté de donner au métrage son quota d'actions sanglantes, l'intrigue va s'intéresser à ses personnages, arrivant à les rendre attachants malgré des personnalités plus ou moins stéréotypées (le chauffeur de taxi sera un invétéré dragueur obsédé, tandis que nous auront droit aux minettes habituelles et que l'homme plus âgé aura bien entendu la "tête sur les épaules" pour diriger le groupe), en prenant le temps de nous dépeindre leurs ressentiments et leurs états d'âme au milieu du chaos ambiant, mais sans que cela ne soit un seul instant ennuyeux ou auteurisant pour simplement livrer des sentiments bien naturels et parfois douloureux (l'adolescente du groupe semblera ainsi bien perdue et traumatisée par la perte de ses parents et de son petit frère), en s'accordant également quelques pointes d'humour dans les dialogues et les situations plus "calmes" du film.

EvilMalgré un sentiment d'amateurisme flottant parfois sur le métrage, l'interprétation aidera largement l'ensemble à rester convaincant et crédible, avec des acteurs ne cherchant jamais à faire trop pour demeurer naturels, tandis que la mise en scène du réalisateur sera dynamique, parfois presque trop en offrant un découpage clippesque, mais utilisera ses effets, notamment en avançant plusieurs angles d'un même plan conjointement sur la même image, avec justesse et parcimonie, tout en soignant ses plans qui deviendront de temps en temps surprenants (le final).
Les effets spéciaux sont largement probants, en n'hésitant pas à s'adonner à un gore franc sans pour autant tomber dans la démesure, pour toute une série de façons parfois originales d'occire les zombies, ceux-ci mourrant le plus souvent d'une simple blessure comme les humains, ces effets resteront réalistes et régulièrement bluffantes (le zombie coupé en deux continuant à ramper), alors que les maquillages des contaminés seront eux aussi volontaires et réussis.

Donc, ce Evil assurera largement son spectacle sanglant sur un mode dynamique et décomplexé pour un résultat plaisant et souriant, évitant tout folklore local !

EvilLe DVD de zone 1 édité par TLA releasing avancera une image claire mais quelquefois granuleuse, avec une bande-son vive guidée par une partition musicale envoûtante bien que discrète, le métrage étant ici proposé en version originale grecque, avec d'indispensables sous-titres anglais.
Au niveau des bonus, seule une courte galerie de photos sera disponible, accompagnée de la bande-annonce du film et de celles d'autres titres de l'éditeur.

Pour ceux qui voudraient rencontrer ces "contaminés" grecs, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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03.06.08

01:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Nuda_per_Satana

Mélange atypique d’érotisme et de fantastique gothique nonsensique, ce Nuda per Satana offre un spectacle décalé, parfois terriblement kitsch mais toujours très photogénique sur un thème hélas pas forcément complètement exploité.
Le script place deux individus dans un mystérieux château où ils vont se retrouver confronter à des individus étranges avant d’affronter leur "double" maléfique et pervers.

Nuda_per_SatanaAprès une courte séquence d‘introduction nous montrant une jeune fille guère vêtue courant dans la nuit, le métrage va mettre en scène son personnage principal, le Dr William Benson, un médecin en route de nuit pour une urgence dans une ferme isolée qui, après avoir demandé son chemin, va manquer de renverser une demoiselle immobile au bord de la route pour finalement s’arrêter un peu plus loin sain et sauf et entendre le bruit d’un accident. Sur place, il trouvera Susan, une jeune femme assommée par le choc qu’il va emmener dans son véhicule pour essayer sans succès de la réanimer. De dépit, il va aller chercher de l’aide aux alentours, pour uniquement tomber sur un château où il va croiser un mystérieux individu ne devant pas quitter sa place qui disparaîtra sans laisser de traces. Arrivé au château, il haranguera les éventuels habitants pour voir toutes les lumières s’éteindre une par une et une porte s’ouvrir toute seule.

Nuda_per_SatanaCette entame du métrage plongera immédiatement le spectateur dans le mystère entourant l’environnement de ce médecin bien malaisé de s’élancer sur les routes par ce temps orageux et constituera la seule partie du métrage qui demeurera limpide et accessible. En effet, dès que le médecin rentrera dans ce château, le non-sens deviendra le maître mot du film. D’abord notre homme découvrira un intérieur abandonné et poussiéreux, avant de tomber en ouvrant une porte sur un homme allongé par terre qui lui rira au nez, une dague plantée dans la gorge puis derrière une autre sur un couple en plein ébat sexuel tandis que deux demoiselles s’adonneront aux plaisirs saphiques. Finalement, il croisera la jeune femme secourue plus tôt sur la route qui l’appellera par un autre prénom, semblant bien le connaître au point de se jeter des ses bras, comme s‘ils étaient amants, tout en répondant à ses questions par des tirades "philosophiques" étranges. Sans transition, ce sera au tour de Susan d’aller rejoindre le château où elle rencontrera un mystérieux personnage, certainement le châtelain qui lui proposera son aide et l’invitera à l’accompagner à l’intérieur pour se rafraîchir.

Nuda_per_SatanaEnsuite, l’intrigue, déjà devenue bien nébuleuse, perdra ce qui pouvait lui rester de mesure pour suivre conjointement les péripéties ahurissantes des deux protagonistes qui bien entendu finiront par se retrouver pour un dernier acte essayant vaguement de justifier les aberrations passées tout en continuant à abonder dans le sens trouble global du métrage, entre séquences érotiques et horreur kitsch (la palme revenant à cette araignée géante incroyable qui va attaquer Susan, celle-ci étant tombé dans sa toile), avec une pointe de sadisme lors d’une séquence de fouettage très graphique, le tout déroulé sur un mode semi onirique très esthétique.

Nuda_per_SatanaCar si le réalisateur Luigi Batzella (ayant essentiellement œuvré dans le cinéma "bis" italien) a vraisemblablement laissé partir son métrage dans tous les sens sans se soucier de la linéarité de l’ensemble pour délivrer au final une série de tableaux pas foncièrement toujours imbriqués les uns dans les autres et alors qu’il ne se souciera pas plus du jour et de la nuit pour passer de l’un à l’autre sans préavis, la forme aura ici été largement privilégiée, puissant son inspiration dans le style gothique, très en vogue en cette période riche du cinéma d’exploitation transalpin, pour placer la cadre de son intrigue tout en accordant une place importante à une photographie précieuse remarquable, même si parfois, cela dérivera encore vers une ambiance délicieusement déplacée et kitsch, notamment lors d’un final aberrant qui verra une danse ridicule de deux demoiselles fraîchement sorties de tombeaux, bientôt rejointes par deux hommes en pagne et peinturlurés, pour une séquence définitivement "autre" et terriblement décalée.

Nuda_per_SatanaMais le métrage sera principalement tourné vers un érotisme à l’origine juste osé, mais qui dans cette version « intégrale » sera caviardée d’inserts plus ou moins hardcore peu probants, surtout quand on tentera de nous faire croire que ces plans poursuivent l’action, mais avec des actrices ne ressemblant aucunement à celle vues juste auparavant. Il faudra donc compter sur la plastique irréprochable de Rita Calderoni, précédemment vue dans le déjà très spécial Black magic rites de Renato Polselli (et avec lequel le métrage entretient des liens de non-sens évident), qui n’hésitera pas à dévoiler ses charmes avantageux.
Par contre, l’interprétation ne brillera pas par son charisme, car mise à part Rita Calderoni qui arrivera à se montrer crédible dans sa frayeur, les autres acteurs resteront bien amorphes, et même Stelio Candelli, pourtant une figure du "bis" italien, ne semblera pas plus à l’aise que cela.
La mise en scène de Luigi Batzella sera largement efficace, en multipliant les angles de prises de vues originaux tout en utilisant ses effets de déformation d’image et autres astuces pour rendre les plans étranges avec efficience et justesse.

Donc, ce Nuda per Satana abordera le thème de la dualité interne humaine et du double maléfique de façon évidemment farfelue et parfois grotesque, mais en tout cas ne laissera pas son spectateur impassible devant une telle débauche de volonté érotique et stylistique appuyée !

Nuda_per_SatanaLe DVD de zone 0 édité par Sodementedcinema avancera une image ayant juste conservé ses rares défauts d’origine, tandis que la bande-son sera à l’image du film, décalée et attrayante, le métrage étant ici proposé en version italienne et anglaise, mais avec de précieux sous-titres français.
Au niveau des bonus, il faudra se contenter d’une assez conséquente galerie de photos et de la bande-annonce du film, accompagnée parc elles d’autres titres édités par Sodementedcinema.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce petit joyau absurde de "sexploitation" à tendance fantastique, le DVD de zone 0 est disponible ici ou !

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Permalink 1139 mots par nicore, 1576 vues • Réagir

02.06.08

01:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Affaire de famille
Réalisateur : Claus Drexel
Avec : André Dussollier, Miou-Miou, Hande Kodja, Eric Caravaca
Durée du film : 1h20
Date de sortie en salles : 4 Juin 2008

Par Emmanuel

Famille, je vous hai...me!

Producteur, scénariste, chef opérateur : Claus Drexel aurait pu se contenter de ses déjà nombreuses casquettes… Il en rajoute toutefois une nouvelle : celle de réalisateur. Après s’être fait la main sur trois courts-métrages (entre 1996 et 2000), il revient derrière la caméra pour son premier long, « Affaire de famille » dont il signe aussi le scénario.

Le pitch? Une famille ordinaire de province voit sa vie chamboulée par l’apparition d’un sac de sport bourré de billets. Pas besoin d’en dire plus, il suffit d’observer ensuite les réactions de chacun… L’ambition – louable – de Drexel était de réaliser un film décalé à l’humour noir dans la grande tradition du cinéma anglais qui sur ce thème a produit des pépites réjouissantes. Le problème est que son film se rapproche plus d’un honnête téléfilm du samedi soir de France 3 qu’à un « Crimes, Arnaques et Botaniques ». D’ailleurs, malgré la déclaration d’intention de l’ami Claus (« le film est un jeu de pistes truffé de bombes qui explosent petit à petit sans qu'on s'y attende, alors qu'on pense avoir tout saisi »), ce qui frappe tout au long de cette « affaire », c’est cette impression de déjà-vu et de déjà-fait… en mieux.

Premier problème : la découpe du film en trois parties égales présentant chacune la vision de l’histoire par l’un des membres de la famille. Passons rapidement sur le fait que le procédé n’est pas d’une originalité folle (« Angles d’attaque », sorti sur nos écrans en avril, exploitait déjà le même filon avec huit personnages !) pour insister sur la première demi-heure du film centrée sur

Censée susciter intérêt et curiosité chez le spectateur, elle propose au contraire une exposition de la situation d’un ennui lénifiant qui plombe le reste de la projection. C’est d’autant plus dommage que la suite – surtout la dernière partie du film – est beaucoup plus rythmée et dynamique. Notamment une scène annexe dans une armurerie, drôle et réjouissante, de loin la meilleure du film.

Quand au suspense, il est plus qu’artificiel. Seul un vrai béotien de ce genre de film se laissera suspendre par le dénouement. Forcément, avec cinq personnages seulement, difficile de ne pas se douter de la tournure que vont prendre les évènements.

L’autre souci majeur du film est l’absence quasi-totale d’ambition artistique. La mise en scène est d’une platitude totale, les décors sont volontairement laids ou passe partout. La scène ridicule de sortie du stade où les figurants sont incapables de faire croire qu’ils sont de vrais supporters de foot illustre bien ce manque de moyens et d’imagination (on pourra juste s’amuser d’un hommage appuyé et décalé à Shining).

Côté casting, prometteur sur le papier, il se révèle décevant à l’écran : Dussollier fait paresseusement du Dussollier, Caravaca surjoue en permanence, Miou-Miou est bi-polaire, tantôt réjouissante, tantôt agaçante.

La seule qui tire véritablement son épingle du jeu grâce à une présence intense, c’est la jeune Hande Kodja, repérée dans « Meurtrières » en 2006.

Pour finir sur le côté artistique, impossible de ne pas évoquer la musique omniprésente et encombrante. Elle souligne avec tellement d’insistance chaque rebondissement qu’on se croirait presque devant une superproduction américaine qui aurait envahi Grenoble (Car oui, au fait, l’action du film se passe à Grenoble. Passionnant, certes, mais n’importe quelle autre ville de France aurait sans doute fait l’affaire tant Grenoble est peu mis en évidence…)

Malgré une intention louable, le premier film de Claus Drexel est trop convenu, plat et faussement original pour emporter l’adhésion. Il y a malheureusement fort à parier que le film ne suscitera qu’un désintérêt poli de la part du public qui ne s’affairera pas en famille pour aller le voir en salles.

Permalink 731 mots par Emmanuel, 539 vues • Réagir

Juin 2008
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