21.05.08

01:00:00, Catégories: Dossier  

En ouvrant et en clôturant ce film par les propos du journaliste Murrows, décrivant dans les années 50 ce que serait l’avenir de la télévision, Georges Clooney pose les bases de son deuxième long métrage : une fois de plus, après le comico éducatif « Confession d’un homme dangereux », il s’impose, encore bien plus qu’un Sean Penn comme un réalisateur engagé, intelligent et surtout brillant comme Hollywood n’a su nous offrir depuis qu’Oliver Stone a sombré avec les tours du « World Trade Center ».

Dans un noir et blanc magistral de beauté et à travers une reconstitution extraordinairement bien travaillée des fifties, Clooney met en image le combat froid et glacial qui opposa ce fameux journaliste, sommet d’intégrité et le terrible sénateur McArthy qui créa dans les années 50 une véritable période de terreur anti communiste dans son pays.
Par ce simpliste résumé, on s’aperçoit d’emblée qu’une fois encore, Clooney, pur produit d’Hollywood et de l’american way of life s’attaque à la face cachée et sombre de son Amérique natale, celle qui l’a porté aux nue et à la reconnaissance mondiale et bien plus que son vieux pote Steven Soderbergh qui lui n’est que faussement génial mais a contribué a porter Clooney sur son piedestal et s’avère bien meilleur producteur puisqu’il a produit ces deux films, G.C filme ses brûlots avec un talent réel et un savoir faire indéniable. Ce type est véritablement paradoxal. On ne peut pas dire qu’en tant qu’acteur, il ait bouleversé la donne établie : son charme naturel a largement contribué à son succès amis il reste pour moi un acteur médiocre, usant des mêmes mimiques de façon répétitive et hormis ces dernières années avec notamment « Syriana », il n’a guère cherché à bousculer son aura. Mais il suffit de se concentrer sur son travail de metteur en scène pour constater à quel point ils ‘agit d’un homme réfléchi qui veut remettre en cause la façon de travailler actuelle. A chaque fois, sans réellement prendre parti, il impose à son public une réflexion très souvent grave mais en le mêlant à un genre cinéphile qui saura le captiver. Confession d’un homme dangereux » était tout bonnement génial, genre de comédie (un animateur de jeu télévisés qui devient tueur de la CIA) traversée par des moments plus tendus (intensité dramatique devenant insupportable au fil des meurtres et donc du film), ici le ton est beaucoup plus tragico éducatif.

Sans arriver au didactisme d’un « JFK », les deux films se valent néanmoins par leur approche sans concession de la réalité historique et la façon de filmer ‘à la thriller’ qu’ont choisi leurs réalisateurs respectifs. De cette période noir, presque fasciste des USA, peu de grands auteurs se sont penchés dessus et Clooney a réussi le pari de recréer cette ambiance délétère à laquelle la collaboration française n’avait rien à envier car aussi faite de matraquage médiatique des inculpés, de délation, de procès partiels et expéditifs. Le acteurs, tout en retenue, David Strathairn en tête (mais aussi Clooney lui-même, Robert Downey Jr et Jeff Daniels) sont magnifiques car arrivent à recréer l’état de peur presque panique qui habitait ces êtres qui ont osé défier tout un système qui aurait pu/du les broyer. Je vous laisserai découvrir tous les tenants et les aboutissants de l’histoire mais sachez tout de même que Clooney ne s’est pas borné à livrer un film d’entertainment classique. Il y a mêlé une réflexion poussée sur ce que se devait être la télévision, à savoir un outil d’éducation et de défense des peuples et non un asservissement de la populace au service d’états prêt à tout censurer et à condamner sans le moindre recul. Le parallèle avec le cinéma actuel (notamment celui de la période début deuxième guerre du golfe) est évident et la vision qu’avait ce vrai journaliste, loin d’être communiste mais vrai amoureux de la vérité, du monde futur (le notre donc) cinquante avant fait froid dans le dos.

Georges Clooney est donc un réalisateur à suivre car promis, s’il continue dans sa lancée, à un avenir digne d’un Kubrick ou d’un Oliver Stone. Je vous invite ainsi de toute urgence à découvrir ce petit chef d’ouvre d’intelligence, admirablement filmé et surtout dominé par des acteurs dont le jeu n’a rarement été aussi bon. La version que j’ai testée est le Blu-ray américain, multizone et où seul est dispo une VOST 5.1 d’excellente facture. L’image est quant à elle magnifique et immaculée de tout défaut. Les bonus (principalement un double commentaire audio et un docu) ne sont quant à eux qu’en VO. Note du film : 9.5/10.
En France, Le film est dispo chez Metropolitan, en DVD seulement

P.S : Pour tous ceux qui ne l’ont pas vu, je recommande bien sur « Confessions d’un homme dangereux » dispo en France en DVD

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Confessions d'un homme dangereux

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