par Nicore

C’est en multipliant les hommages, notamment au cinéma de Dario Argento, que ce Evil dead trap prend des allures de "slasher" assez méchant pour mieux dériver vers le fantastique dans sa dernière partie, pour un résultat plaisant mais au rythme quand même régulièrement défaillant.
Le script suit une jeune animatrice d'une émission de télévision qui, après avoir reçu une cassette vidéo montrant un "snuff movie", va se rendre avec plusieurs membres de son équipe sur les lieux de son tournage, sans se douter d'un mystérieux assassin les y attend.
Après de rapides séquences d'introduction étranges, le métrage nous présente son personnage principal, une jeune femme animant une émission de télé nocturne diffusant des vidéos envoyées par les téléspectateurs qui va découvrir sur une cassette reçue le spectacle atroce d'une demoiselle attachée se faisant copieusement mutiler avant d'être finalement assassinée, lors d'une séquence très sanglante au cours de laquelle la victime aura notamment un œil crevé en gros plan par un couteau, ce qui ne sera pas sans rappeler l'énucléation d'Olga Karlatos dans L'enfer des zombies de Lucio Fulci ou encore la fameuse scène d'Un chien andalou de Luis Bunuel.
Ensuite, l'héroïne, rendue perplexe par cette vidéo plus que réaliste, va demander à ses collègues de l'accompagner pour aller explorer l'endroit où fut tournée cette vidéo, puisque celle-ci est suffisamment explicite en montrant clairement comment s'y rendre, et malgré les réticences premières, ce sera un petit groupe de cinq personnes qui va donc se rendre sur place.
L'intrigue s'installera donc alors aux abords de cette endroit décrépi qui ressemblera à une usine désaffectée ( même si nous découvrirons plus tard qu'il s'agit d'une ancienne base militaire, sans que cela n'influe sur la suite ) que les personnages vont inspecter en deux groupes séparés, à la recherche d'indices susceptibles d'alimenter leur émission de télé.
Mais rapidement, nous allons découvrir qu'ils sont observés par une mystérieuse forme encapuchonnée, avant que les traditionnels meurtres ne commencent, dans une ambiance sinistre et délétère.
Car en effet, le réalisateur aura largement soigné ses décors lugubres, humides et même putrides ( avec ces asticots tombant d'un plafond, en hommage au Phenomena de Dario Argento ? ), éclairés d'une lumière unique bleutée pour faire apparaître son tueur au look définitivement inspiré des giallos italiens avec son ciré noir, qui va massacrer les divers protagonistes dans des séquences toujours bien sanglantes et inventives ( le corps transpercé ou encore cette pendaison originale et douloureuse ), mais également porteuses d'un certain suspense amenant quelques effets de surprise plutôt maîtrisés.
Hélas, le métrage donnera l'impression, en dépit de son rythme assez lent, d'utiliser ses arguments trop vite, en éliminant rapidement les différents personnages, pour ensuite ne plus savoir quoi trop amener et finalement dériver vers un grand "n'importe quoi" un peu trash mais à l'aspect éminemment fouillis et peu clair, qui viendra gâcher légèrement l'ensemble, malgré encore un côté volontaire avéré.
Et il n'y aura pas que le dernier acte qui donnera cette impression, puisque déjà auparavant certaines situations sembleront déplacées et sans grand intérêt, comme ce serpent envahissant ou encore cet autre mystérieux personnage qui viendra peu à peu se mêler à l'intrigue, en étant à la recherche de son frère.
Mais heureusement, le métrage sera parsemé de fulgurances visuelles et scénaristiques originales ( tranchant ainsi largement avec l'impression de "déjà-vu" due aux très nombreuses références italiennes présentes, aussi bien au niveau de la partition musicale que d'autres éléments déjà évoqués ) et méchamment réussies, qui laisseront même à penser que James Wan s'en est copieusement inspiré pour son Saw.
En effet, entre une séquence de "piège" particulièrement efficace et un assassin encapuchonné ne se servant au cours d'une scène que d'un flash d'appareil photo pour suivre sa victime dans le noir , le tout dans des décors glauques et humides, comment ne pas y voir de troublantes convergences ?
L'interprétation est assez quelconque, sans réelle présence à l'écran ni aucun charisme, alors que la mise en scène de Toshiharu Ikeda est inventive ( avec même quelques plans au ras du sol hérité du Evil dead de Sam Raimi ) mais pas assez dynamique pour donner un rythme vif à l'ensemble.
Les effets spéciaux sont tout à fait réalistes ( avec toujours ce terrible plan de l'œil crevé ) en versant dans un gore très volontaire mais finalement pas si présent.
Donc, ce Evil dead trap méritera largement le coup d'œil, malgré ses petits défauts et notamment cette dernière partie indescriptible en véritable foutoir, et arrivera en dépit de ses ( trop ? ) nombreuses situations référentielles à avoir une vie qui lui sera propre !
Le DVD de zone 1 édité par Synapse films avancera une image quelque peu granuleuse mais qui ne perdra pas trop de détails lors des multiples séquences se déroulant dans l'obscurité, tandis que la bande-son sera probante, en partie grâce à une partition musicale très typée que n'auraient pas renié les Goblin de Suspiria.
Par contre, au niveau des bonus, il faudra se contenter uniquement de la bande-annonce originale du film.
Pour ceux qui voudraient se mesurer à ce tueur inventif, le DVD de zone 1 est disponible ici ou bien encore là !
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