Archives pour: Février 2008

29.02.08

16:30:00, Catégories: Box office cinéma  

par Alexis

Du 20 au 26 février, les gens sont allés au cinéma comme toutes les autres semaines de l'année. Mais que sont ils donc allé voir? Réponse comme d'habitude dans cette rubrique box office. Et c'est Paris qui détrône Asterix de la tête du classement hebdomadaire.

Le box office Français de la semaine 8
Titre du film Nombre d'entrées France Nombre d'entrées total
1. Paris 778 000 778 000
2. Astérix aux Jeux Olympiques 741 000 6 146 000
3. Jumper 627 000 627 000
4. Bienvenue chez les ch'tis 555 000 555 000
5. Benjamin Gates et le livre des secrets 524 000 1 351 000
6. Le dragon des mers 186 000 348 000
7. Enfin veuve 156 000 2 047 000
8. Juno 153 000 519 000
9. John Rambo 142 000 779 000
10. Cloverfield 127 000 778 000

Pour cause d'abandon (qu'on espère momentané) de la rubrique, c'est le webmaster qui fait le billet dans le blog sur les 2 derniers box office que nous avons en retard. Donc peu de commentaires

On notera principalement qu'Astérix est détrôné par le dernier Klapisch, Paris. Parmi les autres entrées de la semaine, on notera Jumper qui débarque à la 3ème place mais surtout Bienvenue chez les ch'tis de Dany Boon qui n'est sorti que dans la région Nord pas de Calais (+ Somme) et en avant-première dans le reste de la France. Sur 64 Salles, le film totalise déjà 555000 entrées. Il faut surement prévoir plus de 3 millions de tickets vendus pour la première semaine. Un énorme succès.

Benjamin Gates resiste pas trop mal et totalise désormais 1.3 millions d'entrées. Le dragon des mers progresse. Enfin veuve est superbe de longévité tandis que Juno conserve presque son nombre d'entrées. Enfin John Rambo et cloverfield ezxplosent et ne passeront sans doute pas le million.

Pour finir Sweeney Todd est millionnaire.

A la semaine prochaine !

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16:00:00, Catégories: Box office cinéma  

par Alexis

Du 13 au 19 février, les gens sont allés au cinéma comme toutes les autres semaines de l'année. Mais que sont ils donc allé voir? Réponse comme d'habitude dans cette rubrique box office. Et originalité, l'affiche présentée est Astérix, toujours n°1 en nombre d'entrées pour la 3ème semaine consécutive.

Le box office Français de la semaine 7
Titre du film Nombre d'entrées France Nombre d'entrées total
1. Astérix aux Jeux Olympiques 1 004 000 5 405 000
2. Benjamin Gates et le livre des secrets 827 000 827 000
3. John Rambo 246 000 637 000
4. Cloverfield 240 000 651 000
5. La jeune fille et les loups 228 000 228 000
6. Enfin veuve 199 000 1 891 000
7. Juno 185 000 367 000
8. Le dragon des mers 162 000 162 000
9. Les liens du sang 155 000 377 000
10. P.S.: I Love You 128 000 276 000
Asterix 3

Pour cause d'abandon (qu'on espère momentané) de la rubrique, c'est le webmaster qui fait le billet dans le blog sur les 2 derniers boxoffice que nous avons en retard. Donc peu de commentaires

On notera principalement qu'Astérix est toujours en tête. Les films en place dans le top 10 résistent bien aux nouveaux films puisque seulement 3 des nouveautés de la semaine entrent dans le top 10. Le blockbuster Benjamin Gates 2 se classe deuxième tandis que La jeune fille et les loups fait 5 et le dragon des mers fait 8.
John Rambo (3ème)passe devant Cloverfield (4ème). Enfin veuve passera la semaine prochaine la barre des 2 millions d'entrées tandis que Juno bénéficie d'un bon bouche à oreille en faisant plus d'entrées en 2ème semaine qu'en première !
Enfin Into the wild est millionnaire.

A la semaine prochaine !

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27.02.08

23:28:03, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : There will be blood
Réalisateur : Paul-Thomas Anderson
Durée du film : 2 h 38
Date de sortie en salle : 27 février 2008

par Nicofeel

There will be blood

Après avoir réalisé des films comme Magnolia et Punch drunk love, on attendait impatiemment le retour derrière la caméra de Paul-Thomas Anderson. L'attente n'aura pas été vaine. Il signe avec There will be blood une oeuvre magistrale qui a été récompensée au festival de Berlin par le prix du meilleur réalisateur (Ours d'argent).
There will be blood est une fresque (un peu comme un Barry Lyndon de Kubrick), une sorte de chronique sociale qui s'intéresse au destin d'un homme, Daniel Plainview, et de toutes les personnes qui gravitent autour de lui. Daniel Plainview est interprété par un magistral Daniel-Day Lewis, lequel a obtenu l'oscar du meilleur acteur pour sa performance d'acteur qui est tout bonnement époustouflante. Daniel Day-Lewis est Daniel Plainview. Le film de Paul-Thomas Anderson s'intéresse à la personnalité de cet homme, nullement aimable, de la découverte de son premier puits de pétrole au début du XXème siècle jusqu'à la crise de 1929.
Daniel Plainview est un personnage qui est obsédé par le pétrole. Dès les premières minutes du film, on le voit avec le visage barbouillé de pétrole. Il pense à son fils, mais seulement après le pétrole. Daniel Plainview entend parler d'un gisement probable de pétrole en Californie et il décide de s'y rendre. Il rachète pour une bouchée de pain toutes les terres avoisinantes, qui sont des terres arides où rien ne pousse, fait construire des puits de forage et devient très riche. La grande force du film de Paul-Thomas Anderson est de nous brosser le portrait d'un homme, Daniel Plainview, prêt à tout pour réussir. Le côté extrême du personnage est assez impressionnant à voir : il se fait passer au départ pour un entrepreneur qui soi-disant va permettre à chacun de réussir (il dit qu'il va créer une école, qu'il va faire venir de l'eau et permettre l'agriculture sur cette terre aride, etc.) il décide de se séparer (provisoirement alors) de son fils lorsque celui-ci perd le sens de l'ouie, il se fait baptiser (sans pour autant qu'il se mette à croire en Dieu) afin que son pipeline puisse passer par une ferme qu'il ne possède pas, etc. Daniel Plainview est au sens propre du terme un être exceptionnel. C'est un véritable entrepreneur qui refuse qu'on lui dicte sa conduite à tenir. Il sait où il va et il ne se fie qu'à son point de vue. D'ailleurs, le pétrole est aussi la métaphore de sa faillite dans ses relations avec autrui : plus le pétrole est extrait, moins il s'intéresse à sa famille (qui ne se résume qu'à son fils) et aux gens qui le côtoient. On a même l'impression que ce n'est plus du sang qui coule dans ses veines mais bien de l'or noir.

There will be blood

Cette idée est explicitement indiquée par Daniel Plainview qui déclare à son frère que plus il fréquente les gens, moins il les aime. Il les déteste même et souhaiterait être seul au monde. Mais Daniel Plainview n'est pas forcément le seul à être ambigu, voire détestable. Car finalement Plainview ne cache à personne son caractère difficile et sa volonté d'être le meilleur (quitte à devoir couper les ponts avec des gens qui l'aiment, comme le montre bien l'une des scènes de fin du film).

There will be blood

En effet, Eli Sunday, interprété de façon plus que convaincante par Paul Dano, est un personnage très trouble. C'est lui qui vient annoncer (en prenant le prénom de Paul) à Daniel Plainview l'existence d'un endroit rempli de pétrole. Puis il se présente en tant qu'Eli lorsque Daniel Plainview se rend à la ferme des Sunday. Eli est celui qui se prend pour une sorte de prophète, un prédicateur (on pense au Malin de John Huston ou encore à Elmer Gantry le charlatan de Richard Brooks) qui harangue les foules afin de les amener à croire en Dieu. Cependant, Eli n'est pas désintéressé du côté matériel du monde puisqu'il n'a de cesse à parler à Daniel Plainview d'argent qu'il doit lui donner, au nom de l'Eglise. Du début de leur rencontre à la fin du film, il parle d'argent à Daniel Plainview d'argent qu'il lui doit. Les processions d'Eli sont particulièrement exteriorisées et ont un côté théâtral évident. La critique de Paul-Thomas Anderson de la religion comme opium du peuple est très claire. Surtout que la fin du film permet d'en savoir plus sur le personnage controversé d'Eli...

There will be blood

En plus d'une excellente distribution, There will be blood bénéficie d'une mise en scène très fluide avec et d'une superbe photo (le début du film est sidérant avec aucun dialogue avant plusieurs minutes et une mise en scène qui privilégie les jeux d'ombre et de lumière) qui permettent d'apprécier l'immensité des paysages américains.

There will be blood

On voit l'entreprise exceptionnelle qui est effectuée par Daniel Plainview dans un environnement qui est au départ hostile ; les plans majestueux de Paul-Thomas Anderson opposent les plans arides de la terre dont est extrait le pétrole et la mer où décide de se baigner Daniel Plainview.
La musique de Jonny Greenwood (le guitariste de Radiohead) est quant à elle particulièrement inspirée et devient très présente lors des moments clés du film.
Au final, There will be blood restera sans nul doute comme un grand classique du cinéma américain. Un film désenchanté sur la condition humaine qui dresse le portrait d'un incroyable self-made-man qui s'avère être également un personnage aussi sombre sur le plan relationnel que le pétrole qu'il chérit tant. Robert Altman, à qui le film est dédié, peut être fier de son disciple.

Ma note : 10 / 10

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Punch-Drunk Love : Ivre d'amour - Edition belge 2003

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23:16:47, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Storm warning

Fatigué de devoir se battre avec les studios américains pour mener à bien ses projets ( son dernier film, Mortelle Saint-Valentin ayant été bafoué et vidé de toutes ses séquences sanglantes ), le réalisateur Jamie Blanks ( également auteur du premier Urban legend) a préféré retourner dans son Australie natale pour réaliser ce Storm warning, un "Survival" radical, oppressant et au final brutal et sanglant.
Le script suit les déboires d'un couple qui, après s'être égaré au retour d'une partie de pêche, va trouver refuge pour s'abriter d'une tempête montante dans une ferme isolée dans la lande.
Mais les trois hommes habitant la maison vont se révéler être de dangereux psychopathes.

Storm warningLe métrage lance directement la présentation de ses deux principaux personnages, un avocat et sa jeune compagne, une artiste française, en route pour une journée de pêche au large d'un estuaire australien, tout en limitant le plus possible cette partie d'exposition pour juste nous permettre de faire connaissance avec ce couple tranquille dont la tempête montante va perturber leur sortie et précipiter un retour d'autant plus évasif qu'ils vont se perdre au milieu des méandres de la rivière et plus précisément dans une canalisation agricole où ils vont finir par accoster pour continuer leur chemin à pied, alors que les éléments commencent à se déchaîner.
Si l'entame du métrage parviendra de suite à générer une certaine tension, notamment en insistant bien sur la montée en puissance de cette tempête, première menace pour le couple, ce ne sera que pour mieux ensuite s'en servir pour rendre encore plus sombre et violent le décor de l'intrigue, avec cette pluie plus que soutenue et ces éclairs sporadiques, notifiant bien ainsi la précarité de la situation des deux personnages qui vont bien entendu chercher à s'abriter dans le premier refuge venu.

Storm warningEt c'est ce qu'ils feront, non sans auparavant avoir aperçu des hommes à bord d'un pick-up malmenant un jeune homme, lorsqu'ils vont tomber sur cette ferme perdue au milieu de nulle part, apparemment inhabitée dans laquelle ils vont s'empresser de rentrer.
La visite, nécessitée par la recherche d'un éventuel téléphone, de cette endroit décrépi et nauséabond commencera à laisser entrevoir la personnalité de ses occupants, entre cette poupée gonflable négligemment abandonnée sur un canapé et ces murs tapis de photos érotiques, tandis que l'ensemble baignera dans un état d'insalubrité notoire glauque et repoussant.
Notre avocat aura juste le temps de découvrir dans une grange attenant à la ferme une énorme plantation de marijuana avant que les propriétaires ne reviennent ( au hasard à bord d'un pick-up ), pour une confrontation aussi inévitable qu'oppressante.
Après un bref affrontement verbal plus que tendu, obligeant le couple à justifier sa présence dans la ferme, l'intrigue ne va que progressivement faire monter la pression dans ce huit-clos, d'abord en ne présentant que deux des trois occupants des lieux ( le troisième étant monté dans sa chambre par l'un des deux autres sans que nous ne puissions le voir ), mais surtout en imposant au couple d'"invités" une série de brimades et d'humiliations de plus en plus précises et à la limite de la perversité, alors que les deux frères qui habitent cette ferme laisseront largement sous-entendre leur personnalité psychotique et hargneuse.

Storm warningCe ne sera qu'après un repas "spécial" et un premier accès de violence physique, commençant à trancher avec celle plus psychologique utilisée jusqu'alors, que le métrage va basculer, lorsque le couple sera conduit dans une autre grange pour y passer la nuit, puisque les deux frères vont enfin révéler leurs véritables intentions dépravées envers leur victime féminine, interrompues par l'arrivée du troisième larron, le père ( un personnage imposant au faciès d'une dureté incroyable ), qui va salement corriger ses fils, avant de laisser le couple seul dans la grange, leur laissant ainsi tout le loisir de préparer une revanche qui éclatera dans le dernier acte du film, pour des rebondissements sanglants ( les hameçons ), mais aussi originaux dans la volonté farouche de la demoiselle de se protéger des assauts sexuels de ses tortionnaires, avant d'exploser dans un final terriblement gore et jouissif.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que le réalisateur Jamie Blanks n'y a pas été de main morte pour donner à son "Survival" un caractère excessif et virulent, en dosant parfaitement chacun des éléments nécessaires à sa réussite, tout en restant toujours crédible et réaliste.

Storm warningAinsi, les décors y ont été remarquablement travaillés, entre la beauté et la pureté des décors naturels de la phase d'exposition, qui s'opposeront rapidement avec la déliquescence ambiante à venir, aussi bien avec l'extérieur boueux de la ferme que son intérieur peu ragoûtant ressemblant à un taudis.
Ensuite, les personnages ont été véritablement étudiés, avec cet avocat taciturne qui aura bien du mal à s'imposer et aura vraiment le rôle de la victime, alors que sa compagne, pourtant sujette à la convoitise vicieuse, sera bien plus belliqueuse et inventive, renversant ainsi la tendance de sa personnalité d'origine ( s'indignant par exemple de la mort d'un poisson que son compagnon venait de pêcher ). Mais surtout, les trois détraqués auront droit aux faveurs du réalisateurs, qui laissera clairement transpirer leurs spécificités propres, malgré de petites facilités trop évidentes ( le plus jeune frère timide et moins agressif ), au travers des situations intervenant lors de la phase de violence psychologique du film, pour mieux laisser s'exprimer ensuite le père, tout aussi peu fréquentable.

Storm warningEnfin, en plus de proposer des rebondissements réguliers, ne cédant que très rarement aux figures imposées du genre ( avec juste un début de fuite bien vite stoppé, qui semblera bien facile, et ce même aux personnages, avançant ainsi clairement la lucidité du réalisateur ), le métrage va se lâcher de manière frontale et virulente dans une violence d'une brutalité jusqu'auboutiste qui n'hésitera pas à avoir recours à des effets sanglants terriblement volontaires et graphiques ( avec même une légère impression d'en faire un peu trop lors du final ), tout en faisant peser sur l'ensemble du film une tension écrasante qui ne faiblira pas un instant et ne laissera pas de répit au spectateur avec une absence complète d'humour ( seul le sous-entendu zoophile du programme télévisuel regardé par les habitants de la ferme pourra faire rapidement sourire ).

Storm warningL'interprétation aidera largement le film à se montrer crédible grâce à une implication totale des acteurs, avec une mention particulière à l'actrice française Nadia Farès à l'aise dans un rôle aussi physique qu'éprouvant, mais aussi à John Brumpton, imposant de charisme dans le rôle du père.
La réalisation de Jamie Blanks est en totale adéquation avec le sujet et colle de près à l'action lorsque celle-ci devient expansive, tout en n'usant qu'avec parcimonie d'effets d'autant plus efficaces.
Les effets spéciaux, essentiellement sanglants, sont probants et réalistes, sans au final être si nombreux que cela.
Donc, ce Storm warning se révèlera être une excellente surprise, furieuse, violente et jusqu'auboutiste dans un climat de tension permanente !

Storm warningLe DVD de zone 1 édité par Dimension Extreme avancera une image nette et ne perdant aucun détails malgré les nombreuses séquences nocturnes, alors que la bande-son sera efficace, avec notamment une partition musicale parfaitement adaptée. Cette édition proposera le film en version anglaise, mais avec seulement des sous-titres espagnols et anglais. Au niveau des bonus, il faudra se contenter de la bande-annonce et du teaser du film, accompagnés par d'autres bandes-annonces ( The mist ou encore le Halloween de Rob Zombie ).

Pour ceux qui voudraient se mesurer à cette famille de détraqués, le DVD de zone 1 est disponible ici ou bien encore !

Urban legend

Urban legend
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Mortelle St-Valentin

Mortelle St-Valentin
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25.02.08

01:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Graveyard shift

Adapté d’une nouvelle de Stephen King, ce Graveyard shift ( sorti en salles chez nous soue le titre La créature du cimetière ) s’entoure d’une atmosphère putride et suintante pour nous conter son histoire mêlant plutôt habillement son fond de drame social à un fantastique pur et sans grande surprise.
Le script met en scène quelques ouvriers d’une manufacture de filature de lin qui vont se retrouver face à une monstrueuse créature vivant dans les sous-sols de leur usine.

Graveyard shiftAprès une longue séquence d‘introduction suivant un homme s’affairant autour de sa machine a broyer du lin, celui-ci étant scruté par la multitude de rats grouillant dans ce lieu humide et assez nauséabond, avant qu’il ne se fasse attaquer par un mystérieux mais redoutable agresseur, le métrage va installer son intrigue, située dans des années cinquante, autour de cette usine à filer du lin pour suivre l’arrivée d’un nouvel employé quelque peu différent, car vraisemblablement plus instruit et moins bourru que la plupart des autres hommes habitant sur place.
Mais cette mise en situation va également largement s’attarder sur le contremaître gérant la manufacture, un être violent et doté d’un charisme écrasant ses subordonnés, tout en mettant de ce fait largement en avant les conditions de travail de travail épouvantables de cette époque où seuls les syndicats pouvaient faire quelque peu plier une direction sans scrupules et se livrant à un harcèlement sexuel évident.

Graveyard shiftEnsuite, tout en continuant de suivre son personnage principal qui va bien sûr s’attirer les foudres et les railleries de ses collègues alimentées par des blagues stupides ( le rat dans l’assiette ) et se lier d’amitié avec une demoiselle travaillant avec lui, le métrage va lentement installer une petite tension liée à la présence de cette "chose" s'en prenant à différents membres du personnel, lors de séquences furtives et cherchant de manière très visible à faire monter le suspense en ne nous montrant que très partiellement l'anatomie de la créature, jusqu'à ce que le contremaître ne décide de faire nettoyer les sous-sols par un groupe de "volontaires" dont bien entendu le personnage principal et sa nouvelle amie feront partie, les amenant comme il se doit à affronter la bête dans un dernier acte assez probant malgré son caractère prévisible.
Au-delà de cette intrigue finalement assez classique, ce qui va rendre l'ensemble intéressant et captivant tournera essentiellement autour des lieus choisis, ceux-ci dégageant une atmosphère malpropre et malsaine totale, avec cette humidité omniprésente imposant une moisissure de plus en plus visible alors que les protagonistes vont s'enfoncer dans les méandres des sous-sols boueux et dégoulinants et ces rats ayant largement envahi la place pour se loger dans chaque recoin de l'usine et donner véritablement une impression d'insalubrité écœurante, alors que les personnalités vont également se défier dans une spirale de violence qui trouvera son épilogue dans un final brutal et occultant presque la créature.

Graveyard shiftEn effet, celle-ci ne servira presque que de "faire-valoir" pour donner au film une connotation fantastique et horrifique simpliste, puisque nous n'en apprendrons que très peu sur ce monstre hybride au look très graphique mais hélas quelque peu sommaire, et notamment sa relation avec le cimetière avoisinant ne sera que trop brièvement avancée grâce à des sous-entendus graphiques lors du final et donnera ainsi l'impression de ne servir qu'à rendre l'ensemble encore plus visuel, et même l'éventualité d'une certaine connaissance de son existence par certaines membres de la communauté sera bien vite balayée.
Par contre, le réalisateur reprendra à son compte les éléments du script de Stephen King concernant les différents protagonistes pour leur permettre de proposer des traits de caractère fouillés et, tout en s'offrant une petite part de délire avec ce dératiseur ( remarquablement interprété par Brad Dourif ) un peu fou et venant apporter au métrage une note souriante par ailleurs bien absente pour laisser s'exprimer la dureté des situations de l'époque.

Graveyard shiftL'interprétation est justement convaincante, malgré un David Andrews ne faisant guère le poids face à Stephen Macht, excellent de brutalité et de perversité sous-jacentes.
La mise en scène du réalisateur est assez commune en se contentant de suivre l'action et peinant à donner de l'ampleur à ses effets de surprise trop répétés ( notamment les interventions opportunes du contremaître ).
Les effets spéciaux sont globalement réussis, avec quelques effets sanglants presque graphiques et une créature assez "jolie" mais sous-exploitée.
Donc, ce Graveyard shift offrira un spectacle tout à fait fréquentable, mais se révélera quand même dénué de grandes ambitions !

Graveyard shiftLe DVD de zone 1 édité par Paramount présentera une image nette et sans défaut, même lors des nombreuses scènes se déroulant dans la pénombre, alors que la bande-son sera convaincante, malgré une partition musicale relativement terne et sans emphase, mais cette édition aura l'avantage évident de proposer le film en version française en plus de la version originale anglaise.

Par contre, il ne faudra pas compter sur le moindre bonus, puisque nous n'aurons même pas droit à la bande-annonce.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette adaptation assez fidèle et peu connue de Stephen King, le DVD de zone 1 est disponible ici ou encore !

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24.02.08

20:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Redacted
Réalisateur : Brian de Palma
Durée du film : 1 h 30
Date de sortie en salle : 20 février 2008

par Nicofeel

Réalisateur qui n'a eu de cesse tout au long de sa carrière de s'intéresser au sens et au pouvoir des images, Brian de Palma (Carrie, Pulsions, Outrages, Phantom of the paradise, Scarface, Blow out) nous revient avec un film particulièrement engagé et qui est loin d'être aimable. Tourné en 18 jours en Jordanie avec des caméras HD, le film a obtenu le Lion d'argent de la mise à la scène au dernier festival de Venise.

redacted brian de palma

Redacted signifie rendre propre à la publication, autrement dit enlever les informations pouvant être gênantes. Le générique d'introduction du film est de ce point de vue extrêmement révélateur avec des informations qui sont indiquées au spectateur et qui sont progressivement effacées pour ne garder plus que le terme de Redacted.
Le film Redacted traite des conséquences de l'interventionnisme américain en Irak. Il nous montre le quotidien des militaires américains qui sont sur place pour aboutir au coeur de l'intrigue du film (inspiré d'un fait réel) à savoir le viol et le meurtre d'une jeune irakienne de 15 ans (le film se rapproche donc sur cet aspect des choses d'Outrages, où De Palma s'était intéressé au viol d'une jeune femme au Vietnam par les militaires et aux conséquences de cet acte).
Brian de Palma se sert de ce fait divers pour deux raisons : d'abord montrer que la réalité est très différente selon les sources utilisées ; ensuite dresser un tableau qui est loin d'être reluisant pour les militaires américains présents en Irak.
Le film de De Palma s'attache à montrer que la réalité est à géométrie variable. Elle dépend pour beaucoup des sources que l'on utilise. C'est pour cette raison que dans ce film qui prend des allures de faux documentaire, l'origine des images est très diverse : images vidéo des militaires américains, images vidéo des rebelles irakiens, caméras de surveillance, images envoyées sur Internet, images qui sont passées sur les journaux télévisés américains. Dès le départ, il faut dire que De Palma nous indique bien qu'il faut faire attention aux images qui sont véhiculées par les différents médias. Ainsi, il fait dire dès le début du film par le biais de l'un des militaires américains que la première victime en Irak sera la vérité.
Les militaires américains en prennent d'ailleurs pour leur grade dans ce film. On nous montre des militaires qui n'ont aucun respect pour la population locale (ils les appellent souvent les rats ou encore les bougnoules) et qui surtout se prennent pour les maîtres dans un pays qui n'est pourtant pas le leur. La justification de l'interventionnisme américain est posée à de nombreuses reprises. De Palma dresse un constat terrible de la situation actuelle. L'exemple le plus significatif est celui des barrages. Ceux-ci sont dressés pour tenter d'empêcher de passer les rebelles. On apprend dans le film que 2000 personnes ont trouvé la mort en voulant passer ces barrages et qu'au final seules 60 de ces personnes se sont révélées être des rebelles (un des points culminants de la bêtise de l'armée est le fait d'avoir tué les occupants d'une voiture alors que la femme àp l'intérieur était sur le point d'accoucher et que les militaires avaient dit au conducteur de passer).

redacted

Les militaires présentés dans le film s'intéressent avant tout à leur propre personne : ils souhaitent soit devenir des héros qui seront très appréciés lorsqu'ils auront quitté l'Irak (on voit bien que la notion de héros est très relative, comme le prouve une des dernières scènes du film), soit tout simplement passer le temps agréablement (bières, jeux de cartes et, beaucoup plus grave, assouvir leurs pulsions sexuelles sur une pauvre jeune fille qui ne leur a rien fait). Pire : De Palma montre clairement dans le film que l'état-major américain a cherché coûte que coûte à classer sans suite les agissements de plusieurs militaires. D'ailleurs, ces militaires n'ont visiblement pour certains aucune conscience car ils cherchent encore à se trouver des excuses après avoir commis des gestes inadmissibles.

redacted

Faisant la lumière sur un acte abominable (le viol et le meurtre d'une jeune fille, sans compter le meurtre d'une partie de la famille de celle-ci au même moment) et sur les conséquences qu'il a engendré, Brian de Palma s'interroge dans Redacted sur le sens des images qui sont véhiculés lors de l'interventionnisme en Irak. Nullement aimable, le film de De Palma est un véritable brûlot contre la politique étrangère américaine actuelle (les dommages collatéraux, à savoir les civils irakiens blessés et morts lors du conflit sont d'ailleurs montrés à la fin du film par le biais d'images d'archives). Il s'agit là d'un véritable électrochoc et d'un engagement de la part du réalisateur américain contre les seules images qui sont véhiculées aux Etats-Unis par le Pentagone. Certainement un des films essentiels de 2008.

Ma note : 9 / 10

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21.02.08

01:00:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

Planete terreur

Seconde partie du concept Grindhouse initié par Quentin Tarantino ( avec son Boulevard de la mort sorti en DVD en décembre dernier ) en hommage au cinéma d’exploitation des années soixante-dix, ce Planète terreur, réalisé par Robert Rodriguez (auteur entre autres de Une nuit en enfer et de Sin city) nous promet une bonne dose de délire sanglant avec ses contaminés zombiesques déchaînés, que TF1 Vidéo nous proposera dès le 06 mars prochain en double DVD collector !

Planete terreur

En effet, l’intrigue lâche, après un trafic d’armes chimiques qui a mal tourné, un virus qui se répand dans l'air et transforme, peu à peu, tous les habitants d'un village en zombies pustuleux. Un groupe composé d’une gogo danseuse unijambiste et de son compagnon pistolero, d’un sheriff et de son frère cuistot, ainsi qu’un médecin vont tenter de survivre à ce chaos...

Planete terreur

Précédé de critiques élogieuses, qui évoquent un film complètement dans l’esprit des séries B gore d’antan, jouissif et au traitement radical et généreux, mais avec également un humour déjanté directement hérité des Re-Animator et autres Le retour des morts-vivants, que Robert Rodriguez s’est approprié tout en insistant largement sur le concept en présentant une image volontairement détériorée ( brûlures et traces sur la pellicule ), avec même une bobine du film manquante.

Planete terreur

Le double DVD collector édité par TF1 Vidéo avancera le film avec une image en 2.35 (16/9 anamorphique ) et disponible avec une bande-son en français et en version anglaise en DD5.1, mais aussi pour la version française la possibilité d’opter pour une piste en DTS 5.1.
Au niveau des bonus, ce sera sur plus d’une heure trente que cette édition collector reviendra sur le film avec de nombreux modules dédiés aux personnages masculins et féminins du métrage, mais également sur le réalisateur et sa façon de filmer, ainsi que sur les effets spéciaux.

Planete terreur

Donc, il ne nous reste plus qu’à patienter jusqu’au 06 mars pour découvrir en DVD cette seconde partie du concept Grindhouse qui, au-delà des deux films en eux-mêmes, a permis de presque réhabiliter et surtout de remettre sur le devant de la scène tout un pan de cinéma plus ou moins oublié !

Boulevard de la mort - Edition collector / 2 DVD

Boulevard de la mort - Edition collector / 2 DVD
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20.02.08

07:51:24, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Savage harvest

Pour son premier long métrage, le réalisateur indépendant Eric Stanze ( auteur ensuite du terriblement glauque Scrapbook ou encore de Ice from the sun et dernièrement de Deadwood park ) nous livre avec ce Savage harvest un démarquage évident du Evil dead de Sam Raimi en privilégiant largement les effets sanglants par rapport à une intrigue hélas bien insipide.
En effet, le script place un petite groupe de jeunes gens dans une forêt pour une partie de camping utile, puisqu’ils doivent aider en même temps l’oncle d’une des demoiselles à réhabiliter un chalet. Mais ils vont rapidement se retrouver confrontés à des démons sanguinaires issus d’une légende indienne.

Savage harvestAprès une courte séquence d‘introduction nous montrant un sacrifice rituel indien plutôt sanglant puisqu’un homme encagoulé aura un pieu enfoncé en pleine tête, le métrage nous présente ses principaux personnages en pleine préparation d’un périple en pleine forêt où ils vont retrouver l’oncle de Karen qui rénove un chalet.
Clairement, cette mise en situation sera le point faible du métrage, en étant d’une lenteur et d’un intérêt plus que limité à cause de personnages lénifiants au possible, mais on pourra toujours s’occuper en décelant quelques plans en hommage direct à Evil dead ( l’avancée de la voiture dans les bois ). Hélas, l’arrivée de la petite bande ne sera guère plus palpitante ( avec quelques conflits superficiels et basiques ) et on pensera vraiment toucher le fond lorsque l’oncle se mettra à raconter sa légende indienne qui s’éternisera dans un maelstrom d’explications sur ces démons logeant dans des pierres et capables de transformer les vivants en monstres assoiffés de chair humaines ( faisant ainsi une parallèle flagrante avec le Démons de Lamberto Bava ) .

Savage harvestMais heureusement, passée cette première partie harassante, le métrage va rapidement devenir extrêmement jouissif et volontaire dans une succession de scènes sanglantes incroyablement maîtrisées, à la vue de la piètre qualité du reste, découlant d’un budget ridicule.
Et dès que l’oncle aura eu la bonne idée de se transformer en démon ( sans la moindre explication, bien sûr ) et de s’attaquer à ses invités, l’intrigue va s‘acharner sur ses personnages qui vont régulièrement périr sous les assauts des créatures, tandis que les survivants, de moins en moins nombreux, vont essayer de lutter, en découvrant notamment qu’il faut impérativement détruire le cœur des monstres pour les renvoyer en enfer ( dans un emprunt au mythe du vampire plutôt bien employé ).
Mais en dehors de ces éléments repiqués ici ou là, le métrage va quand même apporter quelques situations plus originales, avec surtout cette barrière envoyant quiconque la franchie dans une sorte de monde parallèle ( donnant droit à des séquences expérimentales très visuelles dont le style se retrouvera par la suite dans la carrière d’Eric Stanze ), mais également dans les méthodes employées aussi bien pour la destruction des démons que lorsque ce sera ceux-ci qui vont s’en prendre aux vivants.

Savage harvestEn effet, les séquences gore s’offriront le luxe d’une diversité remarquable, entre cette jeune femme coupée en deux, exhibant ainsi ses entrailles, cette autre demoiselle qui aura le visage explosé d’un coup de carabine ou bien encore ce démon qui finira le crâne écrasé par une tronçonneuse refusant de démarrer, quand les démons ne se donneront pas en spectacle pour de rapides scènes de repas bien répugnantes.
De même, si l’intrigue semblera mettre un temps fou à démarrer, une fois lancée, elle déroulera ses différents rebondissements sur un rythme vif, se permettant même de faire sursauter à quelques reprises son spectateur grâce à des effets de surprise réussis, en ne laissant de répit à ses protagonistes que le temps d’échafauder un piège ou de rassembler les pierres démoniaques pour les détruire.
Par contre, l’interprétation frisera l’amateurisme le plus complet, avec des acteurs se contentant de débiter un texte appris par coeur ( ce qui sera grandement visible lorsque l’oncle racontera sa légende indienne ) et qui peineront à exprimer leur peur.
Heureusement, Eric Stanze saura apporter à sa mise en scène des effets plus que réussis, aussi bien avec des cadrages originaux que lorsqu’il utilisera de façon tournoyante et virevoltante sa caméra et quand il nous gratifiera d’images étranges ( en négatif par exemple ).
Les effets spéciaux, point fort évident du métrage, seront toujours probants et d’un graphisme plus que volontaire dans une multitude d’effets sanglants réalistes et parfois bluffants, alors que les maquillages des démons seront eux aussi remarquables et efficaces.

Donc, ce Savage harvest, malgré sa capacité à récupérer les idées des autres pour un assemblage du coup peu original et l’extrême lenteur de sa première partie, dépassera largement le cadre de son budget pour nous offrir un spectacle furieusement sanglant et éminemment prometteur pour la suite de la carrière de son réalisateur !

Savage harvestLe DVD de zone 1 édité par Sub Rosa Studios avancera une image parfois floue mais plutôt claire, notamment à la vue des nombreuses séquences se déroulant dans l’obscurité, alors que la bande-son sera efficace, en se parant d’une partition musicale parfaitement adaptée lors des temps forts du film. Par contre, le film n’est ici proposé qu’en version anglaise, sans aucun sous-titre.
Au niveau des bonus, on trouvera un long making-of complet et explicatif sur l’ensemble du projet, de la pré-production jusqu’au montage et la séquence additionnelle tournée sur la demande du distributeur, grâce à des interviews du réalisateur, de ses interprètes et du responsable des effets spéciaux qui reviendra également sur son travail, tandis que plusieurs scènes du tournage viendront agrémenter l’ensemble. Mais on pourra aussi visionner deux bandes-annonces différentes du film, ainsi que celles d’autres titres d’Eric Stanze et un clip musical, tandis qu’une assez longue galerie de photos du tournage viendra aussi se joindre à ses bonus plus que conséquents et intéressants.

Pour ceux qui voudraient se pencher sur les débuts prometteurs de ce réalisateur indépendant aujourd’hui reconnu dans son milieu, il faudra se pencher sur la réédition proposée par Image Entertainment au même contenu, proposée ici par exemple, puisque la première édition de Sub Rosa Studios est désormais quasiment introuvable !

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19.02.08

01:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Shotgun stories
Réalisateur : Jeff Nichols
Durée du film : 1 h 32
Date de sortie en salle : 2 janvier 2008

par Nicofeel

shotgun stories

Shotgun Stories est le premier film de Jeff Nichols. Son film qui été tourné en seulement 21 jours, est pourtant loin d'être bâclé.
Shotgun Stories se déroule dans dans une ville perdue dans le sud de l'Arkansas. Dans cet endroit 3 frères : Son (interprétré par Michael Shannon, vu notamment dans Bug de William Friedkin), Kid et Boy vivent ensemble dans une maison (quasiment délabrée) suite au départ d'Annie, la femme de Son. Son et Kid (qui vit habituellement dans une tente) travaillent ensemble dans une exploitation de poisson tandis que le rondouillard Boy (qui vit habituellement dans un van) se laisse quelque peu vivre et n'a pas de travail. Un événement majeur va rapidement survenir dans le film : il s'agit du décès du père de Son, Kid et Boy qui leur est signalé par leur mère. Les 3 frères se rendent en retard à la cérémonie et Son va faire un discours contre son père décédé, lequel les a abandonnés pour refaire sa vie avec une autre femme . Cette femme est d'ailleurs présente lors de la cérémonie avec ses 4 enfants qui sont donc les demi-frères de Son, Kid et Boy. Histoire de montrer un peu plus son dégoût à l'égard de son père décédé, Son crache sur le cercueil de celui-ci. Ce moment, présent dès le début du film, marque le début des hostilités entre Son, Kid et Boy d'un côté et de l'autre côté les 4 frères Hayes, Cleaman, Stephen, John et Mark. On comprend très vite que l'on va assister à un drame familial.
Jeff Nichols s'attache en fait à montrer par le biais de ce premier film l'inutilité de la vengeance. Par le biais de plusieurs de ses personnages, il nous dit très clairement que cela ne mène à rien. Et c'est bien le cas. Mais pourtant, les intimidations sont multiples entre Son, Kid et Boy et de l'autre côté les frères Hayes.

shotgun stories

Car le réalisateur a beau laisser de nombreuses zones d'ombre, on comprend aisément qu'il y a un lourd contentieux entre ces deux familles (qui pourtant ne forment qu'une seule et même famille puisque ce sont des demi-frères). Son, Kid et Boy ont un ressentiment envers un père qui a les abandonnés et ont été élevés par une mère qui ne leur a inculqués que la haine de leurs demi-frères.
Jeff Nichols filme à merveille la tension qui se met progressivement en place en place dans cette ville perdue de l'Arkansas. Ce drame familial est filmé dans un cadre naturel qui laisse la part belle aux paysages ruraux : plaines de blé, régions de coton et étangs sont filmés majuestueusement, le tout sous un soleil de plomb. Considéré comme un digne héritier de Terrence Malick d'après l'affiche du film, Jeff Nichols magnifie lui aussi les paysages américains et dresse un portrait très juste de la condition humaine. La tragédie humaine se fond dans l’immensité des paysages. On a l'impression que rien ne peut arrêter ce drame.
Pourtant, Jeff Nichols montre bien dans son film que toutes ces personnes ont une vie qui leur appartient et qu'ils feraient bien de la vivre pleinement au lieu de ressasser un passé qui ne pourra de toute façon pas changer : Son a une épouse (qui l'a momentanément quitté car elle ne veut pas qu'il continue de jouer dans les casinos) et un fils ; Kid est sur le point de se marier avec sa petite amie Cheryl ; de l'autre côté Cleaman a lui aussi deux enfants et ses deux frères cadets sont encore très jeunes.
En fait, il faut attendre l'inéluctable, à savoir la mort de plusieurs protagonistes pour que certains personnages prennent conscience qu'il est temps de passer à autre chose et de stopper cette violence qui ne mène à rien.

shotgun stories

On ne peut qu'apprécier toute la subtilité du film et le fait qu'un personnage comme Boy, pourtant bien décidé à venger l'un de ses frères(comme le prouve le moment où il décide de prendre une initiative et d'acheter un fusil), comprend que la mort n'amène que la mort. Il faut passer à autre chose mais surtout vivre. Le dernier plan du film où la caméra recule et montre plusieurs des personnages en train de se reposer avec le fils de Son à leur côté est une façon de dire qu'ils ont compris que la vie doit continuer. Le passé est une chose, il faut vivre le présent.
Le film Shotgun Stories illustre également à merveille l'ennui que certaines personnes peuvent ressentir à habiter dans un lieu où les occupations sont peu nombreuses. Son, Kid et Boy ont peu de moyens et leurs occupations se limitent à aller pêcher, passer des moments ensemble sans rien faire (ce qui donne lieu à des scènes d'unee grande sensibilité car on comprend tout le côté fraternel de ces personnages), à regarder des jeunes jouer au basket (c'est le cas de Boy). Sur cet aspect des choses, le film fait penser à La dernière séance de Peter Bogdanovic.
Bénéficiant de décors naturels qui sont magnifiés par son réalisateur, d'acteurs qui sont tous très bons, d'une histoire forte, d'une description sociale très juste de personnes qui n'ont rien ou presque rien (Son, Kid et Boy), Shotgun stories est une découverte fort intéressante. Son réalisateur est une révélation dont on attend impatiemment son prochain film.

Ma note : 8,5 / 10

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18.02.08

01:30:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Capitaine Achab
Réalisateur : Philippe Ramos
Durée du film : 1 h 40
Date de sortie en salle : 13 février 2008

par Nicofeel

Capitaine Achab

Réalisé par Philippe Ramos, Capitaine Achab constitue une adaptation libre du roman Moby Dick d'Hermann Melville (paru en 1851). En effet, Capitaine Achab est très différent tant du roman (dont la trame ne se retrouve que dans la cinquième partie du film) que de l'adaptation la plus célèbre de Moby Dick, celle de John Huston qui date de 1956.
Philippe Ramos s'intéresse dans Capitaine Achab à la vie de celui qui est connu pour avoir combattu la baleine blanche Moby Dick. Il prend comme point de départ la naissance d'Achab pour conclure sur sa mort. Philippe Ramos inscrit Achab dans l'Histoire en décidant de raconter la vie d'Achab par le souvenir. Le film est divisé en 5 chapitres. A chacun des 5 chapitres, une voix off, qui correspond au personnage que va cotoyer Achab, raconte qui était Achab. Les 5 chapitres sont intitulés : le père (le père d'Achab, joué par Jean-François Stévenin) ; Rose (qui est la tante d'Achab) ; Mulligan (qui est le pasteur qui le recueille) ; Anna (jouée par Dominique Blanc) et Starbuck (interprété par Jacques Bonnafé, qui interprète le rôle d'un garçon harponnier).
Le film de Philippe Ramos inscrit également Achab dans un univers particulier. A la manière d'un Terrence Malick, Philippe Ramos magnifie les paysages, qui sont censés être ceux des Etats-Unis (mais le film a été tourné entre la France et la Suède). Le film offre de nombreuses images à couper le souffle : on est d'abord charmé par le paysage forestier qui laisse progressivement place à un paysage maritime. Le cadrage et la mise en scène de Philippe Ramos donnent l'impression que l'on regarde de véritables tableaux, l'aspect pictural du métrage étant évident.
Achab, de sa naissance à sa mort, semble être lié à la Nature. Il y a d'abord son rapport avec son père et sa volonté d'être comme un chasseur ; il y a la découverte de la femme avec le personnage de Louise (qui lui offre un médaillon qu'il gardera toujours avec lui) que l'on peut voir comme une nouvelle Eve. Pour faire le lien entre Terre et Mer, Philippe Ramos convoque le récit biblique avec une scène majestueuse où, Achab enfant, se retrouve à errer dans une barque et à être recueilli par le pasteur Mulligan : le lien avec l'histoire de Moïse est alors évident (d'autant qu'Achab gardera toujours sur lui la Bible de sa mère). Le dernier endroit où se rend Achab est Nantucket City (sur l'île de Nantucket), bien connu pour avoir longtemps servi de base aux chasseurs de baleine.
L'histoire d'Achab est également celle d'une vie manquée sur le plan de ses relations avec les femmes (il faut se rappeler que dès le départ il a perdu sa mère, morte à sa naissance) : lorsqu'il est jeune, il aime la belle Louise mais il est trop jeune à l'époque et celle-ci se trouve avec son père et d'autres adultes ; lorsqu'il se retrouve orphelin, il a quelques difficultés avec Rose, sa tante, qui a alors décidé de le recueillir ; enfin, lorsqu'il se trouve à Nantucket City, il est soigné et aimé par Anna mais rien n'y est, il n'arrive pas à la garder. Ou plutôt c'est lui qui la quitte. Car forcément, Capitaine Achab en vient dans sa dernière partie à s'intéresser à la traque de la baleine blanche Moby Dick.

Capitaine Achab


A ce moment, comme dans le film de John Huston, on comprend que si Achab n'a pas réussi à s'établir sur Terre, c'est que cette baleine, qui lui a coûté une jambe, est pour lui une véritable obsession. Cette dernière partie donne lieu à de très belles scènes, lesquelles sont donc racontées par Starbuck, l'harponnier. Cette dernière partie finit d'inscrire le capitaine Achab dans l'Histoire.
On notera que Philippe Ramos n'a pas réalisé un film historique traditionnel comme on pourrait pu s'y attendre. D'abord, le film comporte de nombreuses zones d'ombre, notamment le fait que les exploits d'Achab, qui passe de simple matelot à capitaine (et même un capitaine connu par beaucoup), ne sont absolument pas mis en scène. Il y a également le fait que le film comporte plusieurs scènes d'une grande poésie, qui sont même pour certaines oniriques (notamment lorsque Achab enfant s'endort et se réveille sous des ossements géants, près de l'océan ; ou encore lorsqu'Achab est représenté de manière gigantesque avec la mer à ses pieds).

Capitaine Achab

Enfin les musiques du film sont très éclectiques et ne comportent pas simplement des morceaux du répertoire classique.
L'interprétation du film est irréprochable avec ce casting qui réunit de très grands acteurs français : Denis Lavant dans le rôle d'un Achab adulte attiré inmanquablement par l'océan et obsédé par Moby Dick ; Jean-François Stévenin dans le rôle d'un père assez rustre et exigeant envers son fils ; Dominique Blanc qui interprète Anna, la femme qui restera à jamais éprise d'Achab.
Au final, si le film peut paraître aux yeux de certains quelque peu austère, Capitaine Achab n'en reste pas moins un film original quant à son récit et très réussi sur le plan esthétique.

Ma note : 8,5 / 10

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01:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Branded

Malgré l’obtention de plusieurs prix dans divers festivals indépendants, ce Branded aura bien du mal à interpeller véritablement son spectateur, à cause d’une action anémique et d’un manque d’audace flagrant.
Le script met en scène les membres d’un groupe de rock célèbre qui, isolés dans une maison pour répéter, vont devoir composer avec un tueur mutilant des jeunes femmes et qui pourrait bien être l’un d’entre eux !

BrandedAprès une séquence d‘introduction prenant place au sixième jour de l’intrigue pour nous montrer l’arrestation d’un homme, Mitch ( qui sera bien entendu le personnage central de l’histoire ) qui tournera rapidement en une série d’images presque subliminales cauchemardesques et sanglantes pour désigner les tourments internes de cet homme que nous retrouverons ensuite au premier jour pour son arrivée dans cette maison où il surprendra non pas un cambrioleur mais son seul voisin, un homme quelque peu bourru mais sécuritaire.
Ensuite, le métrage avancera un second membre de ce groupe de rock reconnu et adulé en la personne de "Crash", un homme au look délibérément provocateur dans la plus pure tradition du rock'n'roll, tout comme son attitude démonstrative et sensuelle avec une jeune demoiselle de passage qui le conduira, sous l'emprise de la drogue, à l'attacher dans une remise et à la bâillonner avant de l'abandonner, laissant ainsi la place peu de temps après à un mystérieux assassin masqué qui va se charger de la mutiler à l'aide d'une cuillère brûlante avant de l'achever à l'aide d'un couteau très "spécial".

BrandedSi l'entame du métrage aura de quoi laisser perplexe le spectateur devant ses séquences de dialogue s'éternisant, cette première scène de meurtre sera quant à elle légèrement plus attractive, même si la réalisatrice n'ira pas bien loin dans l'agencement de la torture subie par la victime et parera l'ensemble d'effets de style clippesques du plus mauvais effet.
Mais hélas, le film retombera aussi vite dans ses travers pour peu après nous présenter les deux autres personnages appartenant au groupe, laissant ainsi se succéder des plages entières de palabres sans réel intérêt et ne parvenant même pas à devenir comique ni même critique sur le quotidien de ces jeunes gens oisifs, jusqu'à ce que "Crash" n'aille draguer dans la drugstore du coin deux demoiselles qui, bien sûr seront les prochaines victimes du tueur qui utilisera le même mode opératoire, aussi bien graphique que visuel, gâchant de la sorte une nouvelle fois l'impact et l'intensité qui auraient pu parcourir cette séquence.

BrandedAprès la découverte par le policier du coin du premier cadavre, les personnages principaux vont devoir rester dans leur demeure et vont appeler en renfort leur manager, la sœur aînée de Mitch qui va les sermonner copieusement ( s'offrant donc au passage une ironie enfin délicieuse avec ces rockeurs malmenés par une femme ), avant d'alimenter les petits rebondissements du dernier acte du film et même de générer un vague suspense ( la cicatrice ), mais cela n'empêchera pas le final d'être prévisible quant à l'identité de l'assassin, une fois les pistes trop faciles écartées, notamment celle d'un Mitch régulièrement assailli de cauchemar où une gamine vient le hanter.
Alors, que reste-il dans le marasme dans lequel la réalisatrice Darla Enlow ( bien plus à l'aise pour dévoiler ses charmes ailleurs ) a noyé son intrigue sans surprise s'appuyant sur des personnages fades et sans saveur ?

BrandedPas grand-chose, si ce n'est ces récurrentes successions de visualisation des cauchemars de Mitch, dont les rapides plans seront assez graphiques et volontaires dans un tourbillon d'images sanglantes et macabres, et les rares scènes de tortures n'avançant qu'un sadisme de pacotille et un érotisme bien trop frileux.
En plus, l'interprétation ne brillera pas par son charisme ( un comble pour de présumées stars du rock ), ni par son implication pour essayer de se montrer crédible, alors que la mise en scène de la réalisatrice optera trop fréquemment pour des effets hérités du clip ( les plans de tortures, mais même lorsque l'intrigue n'en demandait pas tant ! ).
Les effets spéciaux sont ici basiques et simplistes, faisant de façon évasive et inexistante couler un peu de sang.
Donc, ce Branded n'apportera vraiment pas grand-chose et fera certainement pas honneur à ses visuels accrocheurs !

BrandedLe DVD de zone 1 édité par Brain Damage Films proposera une image claire mais souffrant par moments de petits soucis de pixellisation, tandis que la bande-son sera quant à elle plutôt convaincante, avec une partition musicale assez dynamique, mais cette édition ne présentera le film qu'en version anglaise sans aucun sous-titre.
Au niveau des bonus, on trouvera un clip musical en totale adéquation avec le métrage, un bêtisier trop répétitif et toute une série de bandes-annonces de titres édités par Brain Damage Films.

Pour ceux qui voudraient quand même faire la connaissance de ces rockeurs neurasthéniques, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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17.02.08

01:00:41, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

A l'intérieur

Réalisé par Julien Maury ( auteur de plusieurs courts-métrages, dont un Pizza à l’œil à la réputation flatteuse ) et Alexandre Bustillo ( bien connu des lecteurs du magazine spécialisé dans le fantastique et le cinéma de genre Mad Movies, auquel il a contribué pendant des années ), ce A l’intérieur tendrait à prouver que le cinéma horrifique français peut nous gratifier de films brutaux et démonstratifs, après le Haute tension d’Alexandre Aja en 2003. Réponse en DVD le 20 février, après une sortie en salles en juin dernier, grâce à La Fabrique de films qui pour l’occasion édite le film avec un double DVD collector.

A l'intérieur

L’intrigue, écrite par Alexandre Bustillo et retravaillée ensuite avec son compère Julien Maury, met en scène Sarah, une jeune femme seule depuis l’accident de voiture qui a coûté la vie à son mari, qui s’apprête à passer le réveillon de Noël sans compagnie malgré l’omniprésence de sa mère. Cette nuit de Noël sera la dernière qu’elle passera chez elle car étant enceinte, elle doit rentrer à l’hôpital le lendemain pour accoucher. Chez elle, tout est calme, jusqu’au moment où l’on frappe à sa porte. Derrière, une femme prête à tout pour arracher l'enfant qu'elle porte en elle…

A l'intérieur

Salué par la critique comme étant un véritable film gore français terriblement réaliste, magistralement mis en scène et interprété ( notamment par Alysson Paradis et Béatrice Dalle dans le rôle de la femme venant agresser la future maman ), pour un résultat éprouvant dépassant le cadre du thriller pour devenir une véritable tragédie.

A l'interieur

Le double DVD édité par La Fabrique de films proposera une image en 2.35 ( 16/9 anamorphique ) et en version française DD 5.1 et DD 2.0, avec des sous-titres français optionnels.
Au niveau des bonus, on retrouvera les deux réalisateurs pour un commentaire audio en compagnie du chef-opérateur, mais également pour une interview au cours de laquelle ils reviendront sur leurs dix films cultes ( mettant ainsi en avant les influences de A l’intérieur ), tandis qu’un making-of et plusieurs modules retraceront la conception du film et que l’éditeur en profitera pour placer le court-métrage Pizza à l’œil, un entretien avec Béatrice Dalle, une galerie de photos et plusieurs bandes-annonces et teasers du film.

A l'interieur

Donc, pour ceux qui auraient raté le film lors de sa sortie sur grand écran, cette parution en DVD sera l’occasion de vérifier l’étendue de la réussite de ce film, que les rédacteurs de Mad Movies ont élu "Meilleur film 2007", malgré l'évidente controverse que cela a pu engendrer !

A l'interieur
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15.02.08

18:00:00, Catégories: Box office cinéma  

par Emmanuel

Du 6 au 12 février, les gens sont allés au cinéma comme toutes les autres semaines de l'année. Mais que sont ils donc allé voir? Réponse comme d'habitude dans cette rubrique box office. Et originalité, l'affiche présentée est pour mon coup de cœur de la semaine et pas pour Astérix, toujours n°1 en nombre d'entrées.

Le box office Français de la semaine 6
Titre du film Nombre d'entrées France Nombre d'entrées total
1. Astérix aux Jeux Olympiques 1 393 123 4 400 934
2. Cloverfield 410 455 410 455
3. John Rambo 391 630 391 630
4. Enfin veuve 236 837 1 692 194
5. Les liens du sang 221 714 221 714
6. Juno 182 134 182 134
7. P.S.: I Love You 148 178 148 178
8. Sweeney Todd 126 944 881 566
9. No Country for Old Men 113 693 655 832
10. Into the Wild 102 446 981 041

Certes, Astérix aux Jeux Olympiques occupe toujours la tête du box office et rajoute dans son escarcelle près d'1,4 millions de spectateurs supplémentaires mais le film perd quand même 54% de spectateurs en une seule semaine. Les prochaines vacances de février permettront-ils au film d'atteindre la barre des 10 millions que s'est fixé son producteur? On finit en soulignant qu'en cette 2eme semaine Astérix profitait du même nombre d'écrans qu'en 1ere semaine (soit 1078 écrans) et qu'il n'a donc plus réussi qu'a attirer 1292 personnes par écran!

Il faut aussi dire que la concurrence était rude. Pas moins de 5 nouveautés se sont glissés dans le Top 10 dont deux sur le podium, les mastodontes américains Cloverfield et Rambo qui performent tous deux autour de 400 000 spectateurs.Pour Rambo toutefois, c'est assez loin des performances des trois premiers dont le plus mauvais, le 3eme opus, avait fini sa carrière juste sous la barre des 2 millions de spectateurs. Autre nouveauté, les liens du sang et PS I Love you tirent également leurs épingles du jeu.

A la porte du Top 10, Ca se soigne, 11eme, réalise presque 100 000 entrées tandis que la fabrique des sentiments, 14eme, attire un peu plus de 50 000 entrées. Le cinéma français ne se porte donc pas mal du tout surtout quand on voit qu'Enfin veuve continue son petit périple de chemin, encore 4eme cette semaine et qui ne lache que 30% de spectateurs après un mois d'exploitation. N'oublions pas dans ces satisfactions, survivre avec les loups, 12eme, et qui tutoie les 500 000 spectateurs, et la graine et le mulet, 18eme en 9eme semaine.

Sinon, je suis une légende, qui disparait du Top 20, n'arrive pas à rassembler les 37 000 spectateurs qui lui manquaient pour enfin passer la barre des 3 millions de spectateurs. Into the Wild, passera lui la barre du million d'amoureux de la nature la semaine prochaine.

J'ai gardé le meilleur pour la fin: Juno, le rayon de soleil de cette semaine ciné. Ce "feel good movie" qu'on compare à Little Miss Sunshine a réussi à attirer 182 134 spectateurs sur seulement 149 écrans. Encore mieux, à Paris, Juno (formidable Ellen Page) rassemble plus de 93 000 personnes sous son nom soit une 4eme place dans la capitale et surtout une place de n°1 en terme de remplissage devant Astérix: une moyenne de 3445 personnes par écran... Chapeau bas, Miss Juno

A la semaine prochaine !

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01:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Max & Co
Réalisateurs : Sam & Fred Guillaume
Durée du film : 1 h 16
Date de sortie en salle : 13 février 2008

par Emmanuel

La souris, la grenouille et les mouches, fable naturaliste

Produit presque 100% francophone (helvético-franco-belge et un tout petit peu anglais aussi), ce très court (1h15) film d’animation est une surprenante et ambitieuse initiative. D’habitude, ce sont nos cousins britanniques qui s’attaquent – avec succès – à ce genre de projet. De Wallace et Gromit à Chicken Run, on connaît le savoir faire des studios Aardman dans ce genre très particulier et périlleux de l’animation image par image de pâte à modeler.

S’il fallait toutefois rapprocher Max & Co de l’un de ses prédécesseurs, on aurait plutôt envie d’évoquer Tim Burton. D’ailleurs le personnage de savant fou qu’on retrouve ici rappelle directement l’univers et la fantasmagorie de l’étrange Noël de Monsieur Jack. Il n’est d’ailleurs pas étonnant d’apprendre qu’une partie de l’équipe de Max & Co a déjà collaboré à ces longs métrages d’animation.

Côté scénario, les deux jeunes frères à l’origine du projet avaient à la base comme ambition de réaliser un court métrage. De cette trame originelle, on retrouve la quête du petit orphelin Max à la recherche de son père disparu. Pour pouvoir passer au grand écran, l’histoire a été doublement étoffé avec la révolte des ouvriers du petit village contre le patron de l’usine de tapettes à mouche d’un côté et une histoire de manipulation génétique pour multiplier ces fameuses mouches. Le film est donc à la fois une quête initiatique, une critique des dérives scientifiques modernes et une illustration de la lutte des classes digne de Zola. Le film a d’ailleurs une touche clairement naturaliste, renforcée par le parti pris d’intégrer les personnages et le décor dans des paysages réels. Autre choix assumé, celui d’animaliser les humains pour adoucir la critique et souligner certains traits de caractères. Par exemple, le grand patron, particulièrement savoureux (c’est un héritier paresseux qui n’a jamais souhaité reprendre le poste de son père) est une grenouille en impeccable costumes trois pièces qui certes joue au poker met se jette à l’eau avec grand plaisir.

Le scénario est donc finalement très riche et les images fourmillent de détails, d’idées et de trouvailles originales (celle de l’orchestre d’ascenseur est particulièrement géniale).

Mais à force de profusion, le film risque de perdre le public à qui il est censé s’adresser, les enfants. D’autant plus que certains pans de l’histoire sont particulièrement sombres et traités de manières très brutes (notamment la représentation sans fard de la mort). Les adultes, eux, se réjouiront d’une critique sociale acerbe mais pourront bailler poliment devant la quête du jeune Max.

Techniquement, c’est irréprochable… ou presque. Les expressions de visage des personnages sont variées et réalistes. L’animation, elle, est fluide et naturelle. Seul bémol ? Lors des scènes où l’action s’accélère, il y a une nette impression de ralenti. Mais ne soyons pas tatillon, c’est bluffant : on en oublierait presque que ce sont des marionnettes.

Côté voix, Lorànt Deutsch prête sa gouaille et son accent de titi parisien à Max. Seul souci, son débit de paroles est telle que la marionnette a parfois du mal à suivre ! Un Patrick Bouchitey donne lui son timbre doucereux à la grenouille capitaliste. Quand à Virgine Efira, elle campe une chanteuse de cabaret, sexy mais lucide.

Prix du public au dernier festival international du film d’animation d’Annecy, Max & Co est une belle réussite où adultes et enfants pourront trouver matière à rire et réfléchir… surtout à l’utilité d’une tapette à mouches !!!

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14.02.08

01:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : La fabrique des sentiments
Réalisateur : Jean-Marc Moutout
Durée du film : 1 h 44
Date de sortie en salle : 6 février 2008

par Nicofeel

La fabrique des sentiments

Second film du cinéaste français Jean-Marc Moutout, La fabrique des sentiments s'intéresse à la solitude urbaine. Pour cela, le réalisateur a décidé d'axer son récit en portant incessamment sa caméra sur le personnage d'Eloïse, interprété par une impeccable Elsa Zylberstein.
Eloïse est une jeune femme de 36 ans, qui a particulièrement réussi sa carrière professionnelle puisqu'elle est clerc de notaire et en voie de prendre la succession du notaire chez qui elle travaille. Par contre, du côté de sa vie privée, c'est beaucoup plus compliqué. En effet, elle est célibataire et sans enfant (les rapports avec sa famille sont par ailleurs peu nombreux). Elle est seule et même très seule.

La fabrique des sentiments

C'est alors qu'elle décide de s'inscrire à un jeu de séduction très en vogue dans notre société actuelle : le speed dating. Le principe est simple : sept hommes et sept femmes se retrouvent dans un lieu très tendance (mais qui peut paraître très froid). Chaque homme se retrouve avec une femme et ces deux personnes ont sept minutes pour tenter de séduire l'autre. Quand les sept minutes sont passées, les hommes vont voir une autre femme et vice versa. Si l'accroche a lieu, les personnes peuvent ensuite se revoir après avoir échangé leur numéro de téléphone. A travers ce speed dating que l'on voit exclusivement du point de vue d'Eloïse, on constate que ces opérations de séduction obligent les gens à se vendre comme s'ils vendaient un produit. On remarque d'ailleurs la très grande diversité des personnalités : il y a les gens qui se montrent dragueurs dès la première approche ; les gens qui tentent de se montrer le plus agréable possible ; il y a même les gens désabusés qui sont venus ici un peu par hasard ou plutôt pour échanger des mots avec une personne du sexe opposé.
Au milieu de tout ça, il y a Eloïse qui rencontre suite à cette soirée un jeune avocat (personne du même monde professionnel qu'elle) dynamique qui lui avait laissé un souvenir correct lors cette soirée.

La fabrique des sentiments

Elle sort avec et couche avec mais il semblerait que ça n'aille pas pour autant. En fait, comme de nombreuses personnes de notre société actuelle, Eloïse est une femme qui a un mode de vie indépendant, qui souffre mais qui pour autant a du mal à franchir le pas pour s'engager dans une relation sérieuse.
Dans le même temps, le réalisateur montre une Eloïse qui se retrouve affaiblie sur le plan de la santé avec du jour au lendemain plusieurs problèmes médicaux (vertiges notamment). On a d'ailleurs le sentiment à plusieurs moments, notamment à la fin du film, que des événements censés être vécus par Eloïse ne sont en fait que du domaine de son imaginaire. Le dernier plan du film est d'ailleurs de ce point de vue assez clair, laissant comprendre qu'il s'agit pour l'héroïne d'un éternel recommencement sur le plan amoureux.
Au final, Jean-Marc Moutout réalise un film à des années-lumière d'une comédie anglaise sur la trentenaire célibataire (Le journal de Bridget Jones) ou de la comédie française qui finit bien (J'me sens pas belle). Ici, on est plus proche du drame. On est précisément dans l'analyse sociologique. A travers son personnage principal, Jean-Marc Moutout fait le portrait de toute une génération actuelle de femmes (mais le constat est également valable pour les hommes) qui se retrouve désespérement seule et qui a bien du mal à trouver l'âme soeur. Le personnage d'Eloïse est celui d'une femme qui cherche son alter ego mais qui doute aussi bien d'elle-même que des autres. Dans une société de plus en plus individualiste et de plus en plus mécanique (à l'instar du speed dating), le réalisateur semble nous poser la question suivante : Mais où est l'amour dans tout ça ?
La société a évolué et c'est ce que nous fait comprendre l'actrice qui joue le personnage de la grand-mère d'Eloïse.
Le casting du film est excellent avec le jeu très sobre d'Elsa Zylberstein dans le rôle d'Eloïse, de la présence presque magnétique de Bruno Putzulu dans le rôle de l'avocat amoureux et de Jacques Bonnaffé dans celui de l'homme qui semble en vouloir à la Terre entière et qui paraît presque dangereux, tant sa frustration sexuelle est apparente.

La fabrique des sentiments

Par ailleurs, les dialogues du film font très vrai.
Cependant, à mes yeux, la réussite du film n'est pas totale car le film tourne un peu en rond par moments. Mais peut-être que le sujet du film et son traitement (un traitement très froid, quasi chirurgical, à l'image des hôpitaux qu'est amenée à fréquenter Eloïse) y est pour quelque chose.
Au final, La fabrique des sentiments est un film qui prend la température d'une société où la solitude est devenu un fait de plus en plus présent, notamment dans les grandes villes.

La fabrique des sentiments

Ma note : 8/10

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13.02.08

01:00:00, Catégories: Dossier  

Lors de sa première édition en DVD, "Eyes Wide Shut" est sorti dans une version 1.33:1, au format vidéo 4/3, "pour respecter la volonté du réalisateur".

L'édition collector sortie en fin d'année 2007, présente le film au format 1.78:1 (proche du 1.85:1 sorti en salles), et au format vidéo 16/9.

Voici les différences principales du point de vue de l'image:

En général, l'image la plus "complète" est celle de l'édition initiale, et la version 1.78:1 a été obtenue en rognant des bandes en haut et en bas de l'image, plus ou moins importantes selon le cadrage. On trouvera ci-dessous trois illustrations significatives:

eyes wide shut
eyes wide shut
eyes wide shut

Le choix entre les deux versions n'est pas forcément évident. En effet la version 4/3 est la plus riche en contenu, mais les parties supprimées sont souvent peu significatives. La place accordée au sujet principal est donc plus importante dans la version 16/9, et la définition, pour cette partie de l'image, est forcément meilleure.

De plus, la règle générale ci-dessus n'a pas toujours été respectée. Si l'on examine l'image ci-dessous (désolé d'imposer la vue de la nudité de Nicole, mais cet exemple est le plus illustratif), on voit que la version qui contient l'image la plus riche est la version 16/9, avec des bords droits et gauche qui n'apparaissaient pas sur la version 4/3, et avec un décalage en hauteur centrant mieux le personnage principal.

eyes wide shut kidman nue

Au final si l'on considère que les couleurs sont un poil mieux saturées sur la version 16/9, et la compression également un peu mieux réussie, on peut considérer que sur le seul plan de l'image, la version collector est la plus intéressante. Et bien sûr, il y a les bonus en plus...

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01:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Squirm

Réalisé par Jeff Lieberman, à qui nous devons également Survivance, Blue sunshine mais aussi le plus récent et excellent Au service de Satan, ce Squirm, sorti chez nous à l’époque sous le titre abusif de La nuit des vers géants, nous convie à suivre une invasion animale d’un genre particulier et inédit, puisque ce sont des vers de terre qui vont cette fois-ci attaquer les humains.
Le script isole un petit village suite à une tempête ayant coupé l’électricité et le téléphone et placera notamment une jeune femme, son petit ami et sa famille face à une invasion de vers de terre devenus agressifs au contact de l’électricité diffusé dans le sol par des lignes à haute tension ravagées par la tempête.

SquirmAprès un petit laïus cherchant à faire passer le métrage pour une histoire vraie, nous découvrirons rapidement les effets de cette tempête dévastatrice qui va envoyer au sol ces pylônes électriques permettant ainsi aux câbles de répandre le courant dans la terre, avant que l’intrigue ne nous présente ses personnages principaux, une famille rurale, composée de deux sœurs et de leur mère, occupée à recenser les dégâts dus à cet ouragan tandis que Geri, la plus âgée des deux jeunes femmes, s’impatiente de recevoir son petit ami devant arriver de New-York.
Toute cette première partie d’exposition, s’étalant quelque peu en longueur, sera rendue agréable à suivre par le réalisateur qui, en plus de rendre son couple principal attachant grâce à une naïveté touchante dans leur amour très prude, multipliera les clins d’œil au spectateur par une caricature constante mais aussi discrète que souriante du milieu rural, aussi bien pour nous présenter quelques personnages secondaires irrésistibles ( le shérif ) qu’en mettant en scène des situations gentiment absurdes avec cet éleveur de vers et son fils Roger légèrement simplet.

SquirmMais au-delà de cet aspect délicatement amusant, l’intrigue commencera petit à petit à mettre en place ses éléments intrigants et porteurs de sous-entendus, d’abord par la découverte de ce squelette qui sera lui aussi prétexte à une situation comique avant de devenir plus tard bien plus inquiétant, tout en entraînant une petite enquête quant à son origine qui alimentera plusieurs rebondissements, avant que la première véritable attaque ne survienne lors d’une partie de pêche qui virera au cauchemar lorsque le jeune éleveur de vers simplet verra la peau de son visage se faire pénétrer par les vers pour une scène étonnante et volontaire.
Ensuite, l’intrigue mettra progressivement en avant ces vers jusqu’au dernier acte intense et porteur d’une tension réelle, timidement d'abord ( avec par exemple cette scène de douche avortée ), avant d'exploser littéralement vers son final.
Car en plus de jouer sur la répulsion que peut procurer ces animaux gluants et pas franchement agréables à regarder, le réalisateur ajoutera une autre menace bien humaine en la personne de Roger, dont dès le début du film, l’attirance qu’il vit pour Geri sera flagrante et ne sera pas forcément de bonne augure pour la suite avec l’arrivée de celui qu’il considère comme un concurrent direct et en plus déplacé, avec une jalousie qui sera exacerbée et le rendra ensuite aussi dangereux que les vers de terre, alimentant ainsi une bonne partie de la tension du dernier acte, tout en apportant un petit côté glauque et malsain pas déplaisant du tout.

SquirmAlors, même si le métrage mettra du temps à véritablement se lancer dans son sujet principal et donnera parfois l’impression de s’éparpiller quelque peu ( l’enquête sur le squelette ), ce sera pour mieux laisser le spectateur s’imprégner de la situation pour pouvoir ensuite le tenir en haleine lorsque ces vers lanceront un véritable assaut de masse contre la petite ville et bien entendu plus particulièrement contre la famille des personnages principaux.
Et même si l’ensemble comportera quelques situations bien faciles ( l’attaque du bar et celle du shérif ) et avancera des événements bien opportuns ( l’arbre chutant sur la maison ) à la crédibilité douteuse, cela ne nuira pas à la cohérence globale du film qui saura harmonieusement basculer de la comédie "gentille" vers l'horreur pure dans sa dernière partie, alors qu'en plaçant son intrigue dans un milieu rural pas toujours reluisant et présentant des personnages bizarres et peu attirants ( notamment les éleveurs de vers ), le métrage se dotera d'un climat sordide et peu ragoûtants largement propice à voir débarquer ces vers agressifs.
L'interprétation est assez cohérente avec des interprètes arrivant à faire illusion, surtout la toute mignonne Patricia Pearcy dans le rôle féminin principal, alors que la mise en scène de Jeff Lieberman, alors débutant, est plutôt vive et constante, nous offrant même des plans en caméra subjective assez étonnants.

SquirmLes effets spéciaux sont globalement probants, avec quelques maquillages réussis de Rick Baker, alors que la visualisation des vers souffrira quand même d'un manque de moyens lorsqu'ils seront présentés en masse, mais bien sûr, resteront crédibles lorsqu'il s'agira de vrais animaux évoluant devant la caméra, renforçant du coup l'effet répulsif provoqué à grand renfort de gros plans.

Donc, ce Squirm s'avérera être une bien sympathique série B n'ayant presque pas souffert du poids des années pour se montrer efficace et prenante !

Le DVD édité par MGM avancera une image étonnamment nette et claire, alors que la bande-son sera convaincante, grâce à une partition musicale efficace, même lorsqu'elle fait "crier" les vers de terre et cette édition ne proposera le film qu'en version anglaise, mais avec la possibilité d'insérer des sous-titres français.
Au niveau des bonus, hélas seule la bande-annonce et un spot TV seront disponibles.

Pour ceux qui voudraient se mesurer aux répugnants vers de terre du film, le DVD est disponible ici ou !

Survivance (1981)

Survivance (1981)
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Blue sunshine - Edition Aventi

Blue sunshine - Edition Aventi
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Au service de Satan

Au service de Satan
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12.02.08

01:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Juno
Réalisateur : Jason Reitman
Durée du film : 1 h 31
Date de sortie en salle : 06 février 2008



par Nicofeel

juno

Réalisé par Jason Reitman (auteur de Thank you for smoking), Juno est une sorte de teen-movie. Prenant le ton de la comédie, le film évoque pourtant des sujets graves et très contemporains.
Juno Mc Guff (interprétée par une très convaincante Ellen Page) est une adolescente de 16 ans qui décide du jour au lendemain de coucher avec un bon copain à elle, le très sérieux Paulie Bleeker (Michael Cera). Et ce qui devait arriver arriva, elle se retrouve enceinte.
C'est par son sujet même que le film diffère dès le départ de la masse des teens-movies. En effet, on a jamais vu dans un teen-movie une héroïne enceinte. Toute la force et l'originalité du film de Jason Reitman, remarquablement écrit, est de faire rire le spectateur sur un sujet très sérieux. Ellen Page incarne parfaitement cette adolescente qui se cherche et va finir par se trouver par le biais de sa grossesse. Le réalisateur nous montre une jeune fille qui est avant tout éprise de liberté. D'ailleurs, c'est certainement la raison qui conduit Juno à décider assez rapidement (après avoir enlevé l'éventualité d'avorter) de faire adopter son enfant. Elle comprend très vite qu'elle n'est pas à un âge et dans une situation (elle est en classe de première) qui lui permettent d'avoir un enfant. C'est ainsi qu'elle trouve avec son amie Leah un couple riche, les époux Loring, Vanessa (Jennifer Garner) et Mark (Jason Bateman), qui cherchent à adopter un enfant. Juno Mc Guff va les voir souvent tout au long de sa grossesse et pense que ce seront de bons parents pour l'enfant qu'elle porte.

juno

Juno est un film qui réserve beaucoup de surprises et évite tous les clichés du genre. On ne peut qu'apprécier la relation qui s'établit entre Juno et Paulie Bleeker. Ces deux adolescents, qui se révèlent assez originaux (et quelque peu à la marge par rapport à des adolescents de leur âge) chacun de leur côté, connaissent des moments difficiles dans leur relation mais celle-ci est pleine de tendresse, comme le révèle la fin du film. C'est avant tout une belle histoire entre deux jeunes qui s'aiment mais qui n'ont pas pu prévoir ce qui leur est arrivé.
Le personnage de Juno est également intéressant car il est révélateur d'une société qui a perdu ses repères sur le plan familial. Dans la famille de Juno d'abord, celle-ci vit avec son père et avec sa belle-mère ainsi qu'avec une demi-soeur. Juno s'aperçoit que partout où elle passe les adultes ont bien du mal à s'aimer : c'est ainsi qu'elle assiste à la séparation entre Vanessa et Mark. Juno va ensuite voir son père et lui demande s'il n'est pas possible d'aimer quelqu'un toute une vie. Cette question fondamentale montre tout l'amour que porte en elle Juno, un amour pour autrui qui ne cessera d'augmenter.
Le personnage de Juno montre également la difficulté de certains adultes à devenir père. Dès le départ, Paulie Bleeker semble hors du coup ce qui est normal car c'est encore un adolescent. Mais Mark Loring n'est pour sa part plus un adolescent. Pourtant, le fait d'être père semble passer après ses préoccupations quotidiennes : son travail, sa musique ou encore le visionage de films. Au passage, on peut faire un parallèle entre le fait que Mark montre à Juno Mc Guff le film The wizard of gore (de Herschell Gordon Lewis, le pape du gore justement), qui est une manière pour lui de refuser l'idée d'être père, et le fait que Paulie appelle Juno à de nombeuses reprises ma magicienne, une façon d'être tendre mais aussi qui indique que Juno accepte quant à elle d'aller jusqu'au bout de sa grossesse. Une grossesse qui est finalement pour elle le passage de l'adolescence à la vie adulte.

juno

Si le film bénéficie de dialogues très drôles, il réserve aussi de beaux moments d'émotion, notamment à la fin où l'on voit que Juno a tenu sa promesse et est devenue une nouvelle personne. Elle est désormais réconciliée avec tout le monde et notamment sa belle-mère et son meilleur ami, Paulie. Le dernier plan du film est d'une grande tendresse et est symptomatique de la volonté de liberté de l'héroïne du film.
Comédie traitant de sujets particulièment sérieux, Juno est à des années-lumière des teen-movies type American pie. Ici, on a droit au portrait très attachant de personnes qui ne cherchent qu'à vivre. Bénéficiant de très bons dialogues et d'un casting excellent, Juno est une belle réussite. On attend avec impatience le prochain film de Jason Reitman.

juno

Ma note : 8,5/10

Un autre film de Jason Reitman est disponible en DVD :

Thank you for smoking

Thank you for smoking
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Thank you for smoking - Edition belge

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11.02.08

01:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : John Rambo
Réalisateur : Sylvester Stallone
Durée du film : 1 h 30
Date de sortie en salle : 6 février 2008

par Nicofeel

John Rambo

20 ans après un Rambo 3 de triste mémoire (le film étant d'un nationalisme abject), Sylvester Stallone reprend le rôle de l'un de ses deux célèbres héros (l'autre héros étant Rocky). Sly est d'ailleurs dans ce John Rambo le réalisateur du film en plus d'en être la tête d'affiche.
Le synopsis du film est assez simple. On apprend, via des images qui circulent sur les télévisions du monde entier (on entend la voix de Patrick Poivre d'Arvor sur la version française de John Rambo !), que la Birmanie est le lieu d'une guerre (on peut même parler de génocide) sans relâche entre les cruels militaires au pouvoir et les rebelles Karen. Pendant ce temps, John Rambo s'est retiré en Thaïlande où il vit en vendant des serpents. Il est alors approché par des hommes et femmes d'une mission humanitaire venus pour aider sur le plan médical les civils birmans. D'abord réticent, Rambo réussit à se faire persuader par la femme de ce groupe humanitaire de les amener en Birmanie. Mais après les avoir mené au lieu dit, plus aucune nouvelle...
John Rambo, qui constitue le quatrième film des aventures de Rambo, est une véritable boucherie. On se croirait revenu en plein coeur des années 80. Sylvester Stallone incarne parfaitement son personnage de John Rambo, ancien héros du Vietnam, impassible et quasiment mutique.
La première grande qualité du film de Sylvester Stallone est d'avoir resseré au maximum l'action si bien que le film, qui dure 1h30, est mené tambour battant. Avec une troupe de mercenaires, John Rambo doit ramener les membres de la mission humanitaire, s'ils sont toujours en vie.

John Rambo

Sylvester Stallone n'a pas fait dans la fioriture : les scènes d'action se succèdent à un rythme d'enfer. Et le résultat est une véritable boucherie : au début du film on voit les militaires birmans tuer et violer des civils. La riposte de Rambo et des mercenaires qui sont avec lui ne fait pas dans la dentelle. Une fois que ceux-ci se trouvent dans le camp des militaires, de nombreux soldats sont tués.
La seconde qualité du film, dans le prolongement de la première, constitue la scène finale. A l'instar d'un Sam Peckinpah dans La horde sauvage, Stallone filme un véritable massacre. John Rambo déssoude un nombre impressionnant de militaires birmans avec une mitrailleuse.

John Rambo

De même, les mercenaires ne sont pas en reste. Têtes qui explosent, corps criblés de balles, têtes décapités, jambes coupées, sont au programme d'un film d'action bien bourrin qui atteint alors son point paroxysmique.
Autre qualité du métrage, c'est sa morale. A la différence d'un Rambo 3, le film John Rambo n'est pas contestable. Rambo agit bien pour sauver des vies (notamment celle de la femme qui l'avait persuadé d'amener la mission humanitaire en Birmanie). D'ailleurs, comme le dit à un moment, entre vivre pour rien et mourir pour quelque chose il faut choisir. Rambo a choisi de s'engager au sein de ce conflit. De manière plus générale, le réalisateur Sylvester Stallone a le mérite de montrer aux yeux des spectateurs une réalité qui a bien lieu mais dont on ne parle pas : en effet, la guerre en Birmanie entre les militaires et les rebelles Karen n'est pas du domaine de la fiction. D'ailleurs, on imagine aisément que le jeu des militaires, qui dans le film qui se mettent à tuer des civils en les faisant courir dans l'eau après avoir envoyé des grenades, n'est pas bien loin de la réalité.
On pourra également apprécier la fin du film qui montre clairement que le héros John Rambo a définitivement bouclé la boucle.
Cependant, le film, bien que réaliste et assez bien mis en scène (notamment lors de cette fin dantesque qui n'est jamais clippesque, on réussit bien à voir ce qui se passe), souffre de plusieurs défauts. Il faut d'abord reconnaître que mis à part Sylvester Stallone aucun des personnages du film n'est charismatique. Pire, les fameux mercenaires qui sont censés aidés John Rambo, sont de pures caricatures. Les dialogues sont parfois involontairement drôles.

John Rambo

Par ailleurs, le film est certes bien resseré mais le scénario est basique au possible.
En somme, dans un film qui permet à Sylvester Stallone de redonner des lettres de noblesse à son héros fétiche, on passe globalement un bon moment. Un film prévisible et pas très fin mais très « carré » sur le plan de l'action pure, notamment dans un final incroyable.

John Rambo

Ma note : 7 / 10

Rambo : La trilogie - Edition 2005

Rambo : La trilogie - Edition 2005
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Rambo : La trilogie / 4 DVD

Rambo : La trilogie / 4 DVD
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Rambo : Trilogy - Ultimate Edition / 4 DVD

Rambo : Trilogy - Ultimate Edition / 4 DVD
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Rambo II : La mission

Rambo II : La mission
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Rambo III

Rambo III
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10.02.08

17:00:00, Catégories: Box office cinéma  

Par Emmanuel

Pour protester contre le succès d'Astérix, le box office a décidé de faire exceptionnellement grève du vendredi et de ne paraitre que dimanche... Après cette bouderie voici les résultats pour la premiere semaine de février...

A souligner, l'accès aux critiques des films se fait en cliquant sur leur nom dans le tableau du box office!

Le box office Français de la semaine 5
Titre du film Nombre d'entrées France Nombre d'entrées Total
1. Astérix aux Jeux Olympiques 3 007 811 3 007 811
2. Enfin veuve 342 575 1 455 357
3. Sweeney Todd 247 188 754 622
4. No Country for old men 217 115 542 139
5. Into the wild 150 107 878 595
6. Cortex 121 858 121 858
7. Survivre avec les loups 107 028 430 558
8. La guerre selon Charlie Wilson 86 448 520 009
9. Chambre 1408 56 253 325 642
10. Promets moi 53 295 53 295
asterix aux jeux olympiques

Comme prévu, il est là et bien là, le petit Gaulois avec plus de 3 millions de spectateurs en 1ere semaine (6eme meilleur démarrage de tous les temps), un score presque consternant vu la piètre qualité du film. Mais, et quelle joie, tempérons un peu ce succès en soulignant que le Astérix de Chabat avait fait mieux (3.6M) avec un budget moindre (50M€ contre 78M€). Et au niveau du nombre d'entrées par copies, cet opus fait beaucoup moins bien que les deux précédents: le 3 rassemble "seulement" 2790 entrées par copie (pour 1078 écrans au total, du jamais vu) contre 3900 pour le 2 et 3485 pour le 1. Succès certes mais pas de médaille d'or.

Par contre, et là surprise, qui résiste le mieux à l'invasion gaulloise? Ce n'est ni le barbier de Burton (-51% en une semaine, un énorme gadin) ni le vieil homme des Coen (-33%) mais Enfin Veuve d'Isabelle Mergault qui conserve sa 2eme place et attire 342.000 spectateurs supplémentaires.

Sinon, côté nouveautés, seuls Cortex et Promets moi se hissent dans le top 10 avec des scores toutefois très décevants. La concurrence a été rude et ne les a pas épargnés. La 4eme nouveauté à intégrer le top 20 est nos souvenirs brulés avec un beau casting mais qui peine à convaincre plus de 24 000 amateurs de mélo.

Côté confirmation, Into the wild résiste toujours aussi bien. -17% seulement en 4eme semaine et presque 900 000 entrées tandis que Survivre avec les loups fléchis un peu (-34%) en 3eme semaine. Le film de Véra Belmont a tout de meme déjà attiré plus de 400 000 spectateurs, un chiffre plus qu'honorable. La graine et le mulet, 14eme pour sa 8eme semaine, a lui dépassé la barre des 600 000 curieux.

Enfin, notons que Je suis une Légende bloque sous la barre des 3 millions de spectateurs puisque ses 32 000 spectateurs supplémentaires en 7ème semaine ne lui permettent toujours pas de franchir le cap.

A la semaine prochaine !

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08.02.08

07:00:00, Catégories: Dossier  

Par Nicofeel

Né à Berlin le 20 décembre 1963, Jörg Buttgereit fait partie de ces réalisateurs undergound dont l’œuvre est sujette à controverse. Il y a les pro et les anti Buttgereit. Et pour cause, en seulement quatre longs métrages, le réalisateur allemand a créé une œuvre qui ne peut laisser personne insensible.
C’est en 1987 que Buttgereit réalise son premier long métrage, Nekromantik, une œuvre particulièrement malsaine qui pourtant pose de vraies questions. Nekromantik est comme son titre le laisse supposer un film sur la nécrophilie. Il montre une femme prenant plaisir avec son compagnon dans des actes nécrophiles. Mais le film n’est pas simplement un brûlot censé choquer, il s’interroge sur les relations entre romantisme et nécrophilie.

nekromantik DVD

En 1989, Buttgereit réalise Der Todesking (le roi des morts), qui constitue probablement avec Schramm, son dernier film, son œuvre la plus aboutie à ce jour. Le film est divisé en sept segments qui sont reliés par un cadavre en décomposition (le cadavre pouvant représenter l’Homme). Chaque scène évoque une journée différente de la semaine. Le point commun de ces scènes est qu’elles traitent toutes du suicide. Une œuvre difficile à voir mais qui pose là encore de nombreuses questions.

der todesking DVD

En 1991, Buttgereit revient avec la suite de son Nekromantik, précisément Nekromantik 2. Le film est interdit dans plusieurs pays et vaut à son auteur de nombreux problèmes judiciaires. On va jusqu’à demander au juge la destruction du film ! Cependant, Buttgereit gagne devant les tribunaux, qui reconnaissent d’ailleurs le côté artistique de son œuvre. Ce qui permet à Buttgereit de faire constater avec un certain plaisir qu’il est enfin devenu officiellement un artiste ! Le film en lui-même reprend la même thématique que Nekromantik, sauf que cette fois-ci le plaisir de la nécrophilie est exclusivement vu du côté féminin.

En 1993, Buttgereit réalise son dernier long métrage à ce jour. Il s’agit de Schramm, un film qui montre le quotidien sordide d’un « serial-killer » qui est amoureux de sa voisine, laquelle est une prostituée. Un film incroyablement abouti qui s’intéresse une nouvelle fois au côté sombre de l’homme, lequel pourrait pourtant s’avérer être monsieur tout-le-monde.

Schramm

Jörg Buttgereit n’a plus tourné depuis Schramm. En 1996, il s’est fait remarquer en réalisant les effets spéciaux du film comico-horifique gay Killer Kondom, distribué aux Etats-Unis par la firme indépendante Troma (Toxic Avenger, Sergeant Kabukiman, etc.)
Cela fait donc près de 13 ans que l’on attend un nouveau film de la part de ce réalisateur qui certes est underground mais qui a toujours soigné ses films aussi bien d’un point de vue technique que musical et qui a toujours fait preuve d’une réelle réflexion ; ce qui n’est pas toujours le cas de nos voisins teutons, comme le montrent les films d’Andreas Schnaas et d’Andreas Bethmann, qui cherchent avant tout pour le premier à montrer du bon gore qui tâche et pour le second des scènes érotiques mâtinées d’horreur. C’est pourquoi le monde de Buttgereit mérite que l’on s’y intéresse, au détour de plusieurs thématiques permettant de relier ses différents films.

1) Buttgereit et le romantisme :

Le réalisateur allemand Buttgereit fait preuve dans tous ses films d’un romantisme qui se rapproche du vaste mouvement artistique qui marqua l’Europe du XIXème siècle. En effet, l’âme du romantique est celle d’un homme qui aspire à un monde nouveau, et qui exalte une sorte de paradis perdu. C’est exactement ce qui se passe pour les héros buttgereitiens. Ceux-ci semblent souvent errer comme des âmes en peine, à la recherche d’un monde qui n’existe pas ou qui n’est plus à leur goût.

On notera d’ailleurs que les enfants, qui sont finalement au commencement du cycle de la vie, apparaissent dans les deux œuvres les plus abouties de Buttgereit : Der Todesking (au début et à la fin du film, une petite fille évoque la personne du roi des morts en le dessinant ; au générique de fin, on voit le portrait de plusieurs enfants qui font suite à l’évocation du roi des morts) et Schramm (l’enfance de Lothar Schramm étant évoquée à plusieurs reprises). Ces enfants sont là pour montrer que les personnages buttgereitiens sont désormais des adultes qui ont quitté le monde de l’enfance et doivent faire avec ce monde qui ne leur convient que très peu. Le spleen et la solitude qui caractérisent l’être romantique sont très présents dans l’œuvre de Buttgereit.

Les actes des personnages de ses films attestent d’ailleurs de ce romantisme. Dans Nekromantik 2 notamment, l’héroïne en vient à faire abstraction du présent et à vivre uniquement sur le passé puisqu’elle ne peut imaginer vivre sans son ami récemment décédé. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle pratique la nécrophilie.

Dans Schramm, le romantisme du héros est également bien réel. En effet, Lothar Schramm est amoureux de sa voisine, ou en tout cas de l’image qu’il se fait d’elle. Malgré le cerveau particulièrement dérangé qui est le sien, il ne fait que penser à sa voisine, sans jamais lui faire du mal, même lorsqu’il la drogue afin de l’endormir. Sa voisine bénéficie d’une sorte d’aura qui ne se démentira jamais tout au long du métrage.

Dans Der Todesking, le romantisme est aussi un thème très présent. En effet, la motivation de ces suicidés laisse apparaître qu’il s’agit de personnes seules, au bout du rouleau, qui n’ont plus la force de vivre dans un monde dans lequel elles ne veulent plus faire partie. Le spleen vécu par ces personnes atteint un point paroxysmique par rapport aux autres métrages de Buttgereit.
D’autant que dans les autres métrages, la sexualité apparaît comme un point central.

2) Buttgereit et la sexualité :

Chez Buttgereit, la sexualité est un thème majeur qui apparaît de manière récurrente dans ses films. Pour autant, la sexualité revêt deux aspects principaux : elle est soit renfermée (Schramm, Der Todesking) soit déviante (les deux Nekromantik).
Dans tous les cas, le résultat est le même : elle montre une frustration, aussi bien de l’homme que de la femme.

La sexualité renfermée apparaît dans Schramm par la vision du quotidien de son héros principal, Lothar Schramm (joué par l’excellent Florian Koerner Von Gustorf) qui a peur de l’acte sexuel. D’ailleurs, tout au long du métrage, il est assailli par de nombreuses visions cauchemardesques explicites : un vagin dévorateur ou encore son sexe qu’il cloue pouvant signifier son incapacité à faire l’amour à une femme. Car Schramm, qui est amoureux de sa voisine, une prostituée (la « girl next door » Monika M), n’arrive pas à lui déclarer sa flamme. S’il se laisse inviter par elle dans un restaurant pour se faire remercier des services qu’il lui a rendus, il fait un blocage quand il s’agit de dire à cette femme tout ce qu’il pense d’elle. Il n’arrive qu’à fantasmer sur elle. Son caractère troublé l’amène par ailleurs à la droguer, lorsque celle-ci se trouve chez lui, afin de l’endormir. Pour autant, Lothar Schramm ne lui fait aucun mal. Il la déshabille, l’insulte en la traitant de pute (ce qu’elle est effectivement dans sa vie professionnelle, mais qui fait le tapin sans doute plus par nécessité que par choix), afin de faire ressortir toute la frustration qui est en lui. Une frustration qu’il a besoin d’extérioriser d’une façon ou d’une autre comme le prouve une scène du début du film où on le voit en train de forniquer avec le tronc d’une poupée gonflable. Cette scène particulièrement tordue et pourtant si vraie montre en fin de compte un homme qui se sent très seul et ne sait pas comment faire pour communiquer avec les gens qui l’entourent. Son livre de chevet est d’ailleurs très clair : « Tortured love. »

Dans Der Todesking, la sexualité n’est jamais vraiment traitée de manière aussi frontale que dans Schramm. Il s’agit plutôt d’un thème sous-jacent. En effet, le thème principal de ce film est le suicide. Mais la sexualité n’est jamais loin. En effet, c’est notamment l’absence de sexualité qui fait que ces gens seuls, dont le quotidien est morne et triste, décident d’en finir avec la vie. Deux journées, donc deux segments de Der Todesking, sont à rapprocher. Le segment du mardi montre un homme qui regarde un film qu’il a loué au vidéo-club du coin et qui tue sa femme d’un coup de pistolet dès que celle-ci rentre au foyer, avant de se pendre. Quant à l’autre segment, celui du mercredi, il montre un homme parlant de sa femme à une autre femme située sur un banc, à côté de lui. La jeune femme lui donne un pistolet et celui-ci se fait sauter la cervelle. Dans les deux cas, le segment du mardi et du mercredi, montrent des gens qui n’arrivent plus à communiquer avec leurs conjoints respectifs, et donc a fortiori qui n’ont plus de rapports sexuels avec. La frustration sexuelle est sans nul doute bien réelle et explique en partie leur geste irréparable.

Dans les deux Nekromantik, la sexualité est plus déviante et perverse. En effet, le maître-mot de ces films est la nécrophilie. Or, ce terme désigne une perversion sexuelle se manifestant par la recherche du plaisir avec un cadavre. Les deux femmes qui jouent dans ce diptyque, respectivement Beatrice M et Monika M, ne sont en effet contentées sexuellement qu’en faisant l’amour avec des cadavres. Dans Nekromantik 2, il ne s’agit d’ailleurs pas de n’importe quel cadavre. Il s’agit précisément de la dépouille de son ex-petit ami, qui a décédé peu de temps auparavant (en fait le personnage principal de Nekromantik 1). Monika M pousse le vice à garder ce squelette en lui adjoignant la tête et le sexe de son actuel petit ami qu’elle vient de tuer. Mais au bout du compte, s’il s’agit d’un vice, il y a malgré tout dans cet acte sexuel un véritable acte d’amour. Car en pratiquant ce plaisir pervers, elle entend avant tout pratiquer le sexe avec son ancien amour, aujourd’hui décédé. D’ailleurs cet ancien amour, qui était le personnage principal de Nekromantik 1, joué alors par Daktari Lorenz (connu également pour composer seul ou en partie les bandes originales des films de son pote Buttgereit), avait lui aussi des mœurs sexuelles très particulières. Incapable de prendre du plaisir avec une prostituée, il la tue, réussit alors à lui faire l’amour et surtout à jouir. La jouissance est d’ailleurs un autre thème fondamental lié à la sexualité. Daktari Lorenz, qui joue le rôle d’un certain Robert Schmadtke, a beaucoup de mal à jouir de plaisir. C’est pourquoi il en arrive à des considérations extrêmes, en décidant de se suicider et d’obtenir avant de mourir une jouissance ultime procurée par sa souffrance de l’instant. Car il faut bien voir que si les attitudes sexuelles particulièrement perverses des personnages principaux de Nekromantik 1 et 2 sont à elles seules répréhensibles (car il y a mort d’homme), elles ont le mérite de montrer la souffrance vécue par ces gens. Des personnes qui pourraient être les voisins de tout un chacun, des personnes qui sont avant tout des êtres fragiles, dont la société ne se préoccupe absolument pas.


3) Buttgereit et la société contemporaine :

Comme on a pu s’en rendre compte précédemment, Buttgereit dépeint dans chacun de ses films un univers à la fois glauque et pessimiste.
Malgré le côté dérangeant que peut constituer la vision des films du réalisateur allemand, il faut rappeler que celui-ci s’intéresse avant tout à montrer des personnes marginales qui veulent exister, des laissés-pour-compte par la société (un peu comme le réalisateur Henenlotter, qui pour sa part utilise parfois le côté humoristique, ce qui n’est pas jamais le cas chez Buttgereit).
Si la société ne fait rien pour personne, le pire peut arriver. Et c’est que ce critique ouvertement le réalisateur allemand.
Lui qui n’a de cesse de montrer que la solitude peut devenir in fine un fardeau insurmontable.

Ainsi, dans Nekromantik, le personnage principal, qui perd son travail et dans la foulée sa petite amie, perd aussi très rapidement les quelques repères sociaux qui pouvaient encore le raccrocher à la société. En effet, que faire quand on n’a plus de famille, plus de travail et plus d’amis ? A défaut d’apporter des réponses, Buttgereit a le mérite de poser la question.

Dans Schramm, la solitude du héros est encore plus visible. On voit tout au long du film un être anti-social, et pourtant profondément humain. Lothar Schramm est un homme meurtri, dont le traumatisme remonte visiblement à son plus jeune âge, comme le montrent les séquences en flash-back avec des personnes qui semblent être sa sœur (rapports incestueux ?) et sa mère, qui renvoient à une pureté originelle aujourd’hui disparue. Lothar Schramm semble avoir perdu sa famille ou en tout cas avoir coupé les liens avec celle-ci. On remarquera d’ailleurs que la figure du père brille par son absence.

Dans Der Todesking, la solitude qui accable tous ses personnages atteint un niveau paroxysmique. En effet, chacun d’eux, pour des raisons diverses, décide d’en finir avec la vie.

La société n’apporte aucune solution concrète quant à ces problèmes fondamentaux. Il ne suffit pas d’avoir une politique de l’emploi ou d’édicter chaque jour des lois à respecter, il faut avant tout penser à l’être humain afin que celui-ci ne soit pas marginalisé.
Si Buttgereit traite de sujets aussi sensibles que la nécrophilie, le suicide et l’étude d’un serial-killer au travers de ses films, c’est bien parce qu’il sent que la société doit changer.
A sa façon, il remet en cause le fonctionnement même de celle-ci. Ce n’est pas pour rien qu’il cite au début de Der Todesking une phrase du célèbre assassin Pierre-François Lacenaire (1800-1836) : « Ce qui me tue reste mon secret. » En effet, Lacenaire, qui avait ri avant d’être guillotiné, avait clairement remis en question les institutions punitives de son époque. Devant l’absence de choix qu’offre la société pour vivre en paix, une solution possible demeure le suicide, qui est d’ailleurs une victoire contre la mort et surtout une victoire contre Dieu.

4) Buttgereit et la religion :


Si Buttgereit est loin de croire dans les vertus d’une société qui ferait tout pour le citoyen, il émet encore plus de doutes quand à l’existence de Dieu.
La vision de ses différents longs métrages prouve que celui-ci ne croit absolument pas en Dieu.
D’ailleurs, tout ce qui est interdit par la religion est évoqué de manière explicite dans les films de Buttgereit. Des sujets tels que le meurtre (présents dans ses quatre longs métrages), le suicide (Nekromantik 1, Schramm) et la nécrophilie (Nekromantik 1 et 2), ne peuvent qu’être bannis par les autorités ecclésiastiques.
D’autant qu’à sa façon, Buttgereit n’hésite pas à blasphémer, au travers de symboles ô combien explicites.

Dans les 2 Nekromantik, les rapports sexuels entre un homme et une femme, prônés par l’Eglise, sont remplacés par des rapports entre un homme ou une femme et un mort (ou entre les trois à l’instar de Nekromantik 1). Nekromantik 2 va d’ailleurs encore plus loin dans le blasphème puisque l’héroïne n’hésite pas à déterrer le cadavre de son ex-ami afin de l’avoir à nouveau à ses côtés. Cet homme est donc censé ne pas pouvoir trouver le repos éternel auquel il aspire.

Dans Schramm, Lothar Schramm tue chez lui deux témoins de Jéhovah après que ceux-ci lui aient demandé s’il croyait en Dieu. La réponse est donc extrêmement claire et limpide… A un autre moment du film, Lothar Schramm rêve (mais est-ce seulement un rêve ?) qu’il se cloue le sexe, ce qui rappelle sans nul doute la crucifixion du Christ. La fin de Schramm est également anti-christique : Lothar Schramm, arrivé au seuil du paradis, est accueilli par Dieu le père (la figure du père étant absente tout au long du métrage) -ce qui ne semble pas très étonnant, puisque Buttgereit a précédemment comparé son personnage à Jésus-Christ - qui le gifle. On peut penser que Dieu juge Lothar Schramm des actes qu’il a commis sur terre et l’interdit de la sorte de regagner le paradis.

Le paradis, il en est également question dans Der Todesking. En effet, la religion catholique interdit aux gens de se suicider. Sinon le paradis ne leur sera jamais offert. En tout cas, cet argument est valable pour les chrétiens et autres croyants. Car Buttgereit est plus proche de la personne athée que du croyant. Surtout que le suicide étant l’action de se tuer soi-même volontairement, il permet d’après le réalisateur à l’homme de faire un choix. A cet égard, un des personnages de Der Todesking qui apparaît dans le segment du vendredi, lit une lettre où il est notamment écrit : « Je meurs donc je suis. » Quant au segment du jeudi, il montre un pont filmé sous divers angles. Sur l’écran défilent le nom, l’âge et la profession de nombreuses personnes qui se sont suicidées du haut de ce pont : un gynécologue, un étudiant, un propriétaire terrien, un chômeur, un boursicoteur, une femme au foyer, etc. Buttgereit montre le côté universel du suicide qui peut toucher tout le monde ; la religion n’y changeant rien.
La vision du monde de la part de Buttgereit est clairement anti-christique. D’autant que son film, qui montre 7 façons de se donner la mort durant les 7 jours que comporte la semaine, vient inexorablement en opposition avec les 7 jours qu’a mis Dieu pour créer le monde. Le cinéma de Buttgereit est d’ailleurs rempli d’oppositions pour le moins originales.

5) Les oppositions du cinéma de Buttgereit :

La première opposition du cinéma de Buttgereit est purement formelle. En effet, on peut constater que le réalisateur propose parfois des séquences en noir et blanc. Ces dernières sont là soit pour rappeler le passé (le début de Nekromantik 2, filmé en noir et blanc, a pour but de faire le lien avec le premier opus) soit pour montrer que l’on est dans un film à l’intérieur du film créé de toute pièce par Buttgereit (on pense au segment du mardi dans Der todesking où un homme loue une cassette vidéo et la regarde chez lui ; l’extrait de cette cassette étant une création exclusive de Buttgereit).

Mais ce n’est pas tant l’opposition de séquences en couleur et en noir et blanc qui a lieu dans les films de Buttgereit que l’opposition entre séquences réalistes et oniriques. Tout le talent de Buttgereit tient à sa capacité à montrer des choses complètement différentes à la base, qui au bout du compte se complètent à merveille. Ainsi, l’auteur allemand, qui n’a de cesse de montrer des personnages évoluant au sein d’un environnement morne, crade, sans aucun avenir, leur offre pourtant parfois (momentanément) une porte de sortie. Ainsi, les films de Buttgereit, qui sont souvent proches du documentaire, un documentaire froid où il n’y a aucune espèce de dramatisation ce qui rend le résultat encore plus déconcertant et désespéré (Der Todesking), comportent souvent des séquences en flash-back. Ces séquences évoquent parfois le passé des protagonistes comme c’est le cas de Lothar Schramm qui se rappelle souvent son enfance avec sa sœur notamment ainsi que sa mère. Il semble que la perte de ces êtres ou en tout cas l’absence de communication avec eux, soit en partie responsable de son état pour le moins instable.
Ces séquences, qui prennent aussi la forme de rêves, offrent également des moments de pur romantisme. Buttgereit fait preuve d’un onirisme et d’une poésie certaine lorsqu’il montre les séquences de danse entre Marianne (Monika M) et Schramm dans le film du même nom. Ces séquences, marquées par une musique douce et mélodieuse (utilisation du piano, d’un synthétiseur, de bruits du vent, etc.) sont réellement entraînantes et complémentaires avec le reste du métrage dans la mesure où elles signifient clairement que Lothar Schramm fantasme pour sa voisine. Il ne pense qu’à elle. Quant à la séquence au piano dans Nekromantik 2 vécue comme dans un rêve (il s’agit de la séquence musicale appelée Squelette délicieux), il s’en dégage là encore un romantisme certain qui permet de comprendre tout l’amour que l’héroïne a pour son ex-compagnon décédé.

Et c’est de là que découle une opposition fondamentale du cinéma de Buttgereit, comme d’ailleurs de nombreux autres réalisateurs, le lien entre amour et mort ou plus précisément le lien entre Eros et Thanatos. Buttgereit a un penchant certain pour les amours contrariés, les deux Nekromantik le prouvant sans ambiguïté. Cette opposition montre bien que la vie n’est pas un long fleuve tranquille et qu’en chacun de nous il peut sommeiller des penchants pour le moins particuliers.

Une des dernières oppositions fondamentales du cinéma de ce réalisateur allemand est le fait que la position dominant/dominé « habituelle » est renversée. Alors que l’on a coutume de dire que la femme est le sexe faible, Buttgereit dresse le portrait de femmes dominantes. Dans les 2 Nekromantik, ce sont clairement les femmes qui ont les cartes en main et qui font ce qu’elles veulent de leurs compagnons respectifs. Quant à Lothar Schramm, il est toujours prêt à aider sa voisine sur laquelle il fantasme en permanence. On notera d’ailleurs que c’est elle qui paie l’addition lorsqu’ils se rendent au restaurant. C’est donc la femme, a fortiori une prostituée, qui paie l’homme. Le renversement de perspective est intéressant dans la mesure où il prouve une fois de plus que Buttgereit n’a pas fait des films juste pour choquer son monde mais bien pour faire avancer les choses ou en tout cas pour apporter des éléments de réflexion quant aux changements qui restent à effectuer au sein de notre société. Rien que pour cela, merci monsieur Buttgereit.

A noter que les 4 films de Buttgereit sont disponibles en DVD zone 2 (mais ni en France ni en Belgique).
Cependant, on peut les commander sur deux sites :
- Celui de la sympathique association www.sinart.asso.fr
- Le site américain bien barré, www.xploitedcinema.com

Deux sites qu'apprécient particulièrement mon ami Nicore (d'ailleurs il a déjà parlé de ces sites sur le blog !).

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07.02.08

01:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Promets-moi
Réalisateur : Emir Kusturica
Durée du film : 2 h 06
Date de sortie en salle : 30 janvier 2008

par Nicofeel

promets moi

Après le très intéressant La vie est un miracle, le grand cinéaste serbe Emir Kusturica, auteur des remarquables Papa est en voyage d’affaires, Underground ou encore le sublime Le temps des gitans (sans doute son plus beau film à ce jour), met en scène de nouveau une comédie survoltée, dans le style hystérique qui lui est propre. Au son d’une partition musicale assourdissante mais excellente (si on aime la musique tzigane, évidemment), Kusturica met en scène une invraisemblable farce d’une incroyable énergie, qui entraîne le spectateur dans une succession ininterrompue de péripéties toutes plus délirantes les unes que les autres.

promets moi

Promets-moi narre les aventures d’un jeune paysan, encore adolescent, qui part à la ville pour chercher une épouse, à la suite d’une promesse à son grand-père mourant. Sur cette trame classique, le cinéaste serbe fait appel à son imagination très slave et mélange les genres : comédie romantique, film d'action pur, comédie paillarde, drame, policier avec un bonheur communicatif, sans oublier une certaine propension au mauvais goût, notamment avec de multiples références à la zoophilie.
Kusturica livre une oeuvre moins ambitieuse qu'Arizona dream, Underground ou même La vie est un miracle, mais qui reflète bien les contradictions et les horreurs du monde, sans que le cinéaste se prenne pour le donneur de leçons. Du coup, l'absence de prétention permet à Kusturica de s'affranchir de certaines lourdeurs politiques ou sociales qui handicapent parfois son cinéma. Promets-moi est une farce, Kusturica ne s'en cache pas, et donne à voir une galerie de personnages truculents, souvent à la limite de la débilité.
On retrouve d'ailleurs avec plaisir l'acteur fétiche du cinéaste, Miki Manojlovic, en roue libre, dans le rôle de Bajo le Boss, caricature du parrain parvenu qui prend la grosse tête. Stupide mais dangereux, rêvant de puissance (il veut construire les premières Twin Towers serbes) mais restant une canaille inculte sans foi ni loi, Bajo est un personnage détestable, qui prostitue les filles, mais il est aussi attachant, dans sa folie et dans son énergie, dans son rêve ridicule, dans sa passion zoophile et sadique des dindons. Accompagné de lieutenants aussi bouffons que lui, Bajo est un personnage survolté, veul et hystérique, qui représente tout simplement la société actuelle avec une accentuation (quoique) de ses défauts. Face à l’innocence du jeune héros, naïf mais débrouillard, Bajo crée un véritable contrepoids, provoquant un affrontement très amusant.
Véritable bande dessinée filmée, Promets-moi montre des silhouettes burlesques qui ne cessent de foncer, malgré les obstacles. Même la pesanteur n’a plus sa place, comme en témoigne l’homme volant qui revient tout au long du film, traversant les scènes sans se soucier de quoi que ce soit, et qui est pris à un moment pour un ange venant sauver le monde par le grand-père du jeune héros. Souvent inégal mais traversé de fulgurances typiques de l’univers de Kusturica, Promets-moi est une sorte de best-of kusturicien. On sent que Kusturica veut s’amuser et amuser le spectateur, l’entraînant dans une folle cavalcade. Mais le cinéaste y injecte par instant des scènes d’une rare poésie, qui sont comme suspendues, en dehors du monde et où Kusturica, tout comme le grand cinéaste japonais Hayao Miyazaki, étale tout son amour de l’air et des personnages qui se déplacent librement dans l’espace, au gré de sa fantaisie. Ce sont ces moments qui sont le meilleur du film et où Promets-moi dépasse les limites de la comédie bouffonne pour se libérer de toute contrainte narrative et ainsi donner naissance à des purs moments de poésie.
Par ailleurs, Kusturica, malgré un côté paillard on ne peut plus présent dans le film, devient très émouvant lorsqu’il se met à parler d’amour, notamment dans les deux histoires d’amour parallèles qui se nouent entre le jeune garçon et la jeune fille (interprétée par une superbe actrice serbe, d’une beauté à couper le souffle et d’un naturel confondant) et entre le grand-père et l’institutrice aux formes opulentes.

promets moi

Le spectateur pourra trouver le film trop hystérique et être réticent à se laisser mener par Promets-moi, d’autant que le film dure tout de même plus de deux heures. De toute façon, ceux qui sont allergiques au style du cinéaste serbe peuvent passer leur chemin, ce film-ci étant encore plus assourdissant et plus hystérique que les autres. Mais les amoureux de son style, mélange détonnant de paillardise et d’émotions brutes mâtiné de surréalisme, y trouveront leur bonheur, tant Promets-moi ressemble à Kusturica.
Promets-moi est assurément une œuvre mineure du cinéaste, mais il procure un plaisir immédiat. On aurait aimé un peu plus d’ambition, mais il est néanmoins assez difficile de résister au charme de cette comédie typiquement slave menée tambour battant, sans temps morts et rythmée par une musique tzigane endiablée qui colle parfaitement au film.

Ma note : 8 / 10

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06.02.08

01:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Evil breed

Sans vraiment chercher à se montrer original, ce Evil breed, the legend of Samhain s’appuie sur une intrigue sans réelle saveur pour nous offrir un petit festival de scènes sanglantes rendant l’ensemble jouissif et débridé.
Le script envoie quelques étudiants accompagnés de leur professeur dans une région aussi reculée que marécageuse où ils vont devenir les proies d’une famille de cannibales dégénérés et consanguins.

Evil breedAprès une longue séquence pré-générique nous mettant directement dans l’ambiance du film en nous montrant un couple de campeurs en plein ébat dérangés par des bruits obligeant l’ homme à aller inspecter les alentours pour découvrir que son amie a disparu pour la retrouver dans un drôle d’état, occasionnant un premier effet gore surprenant, avant d’être lui même attaqué et de se réveiller et d’être assassiné dans l’antre des cannibales dont nous pourrons ainsi appréhender l’aspect glauque et putride, sans pour autant visualiser les prédateurs.
Ensuite, l’intrigue va nous présenter ses principaux personnages, cinq étudiants en route pour une demeure isolée au milieu d’un marécage où ils vont en compagnie de leur professeur étudier la culture celte.
La mise en situation de ces protagonistes restera hélas très sensiblement stéréotypée pour véritablement intéresser le spectateur, surtout que les fausses alertes vont fuser pour essayer vainement de nous surprendre, celles-ci étant au demeurant toujours bien stupides et inutiles, tandis que le métrage se sentira obligé de se conformer aux traditions du genre en mettant en scène un voisin irlandais qui va bien entendu mettre en garde les nouveaux venus contre la fameuse légende de Samhain et les sacrifices humains qu’elle comporte, sans pour autant que cela ait le moindre impact et aura même plutôt tendance à faire sourire.

Evil breedMais alors que l’impression que le film s’enlise dans la médiocrité commencera à s’installer, au terme d’une première partie multipliant les effets faciles ( telle ce cours de druidisme se terminant par l’évocation d’une fable racontant la dégénérescence d’une famille se conformant à la religion celte, mais permettant au réalisateur de se livrer à un petit hommage aux films muets ) et ne se montrant que bien trop rarement captivante ( même la raillerie du genre au travers de dialogues faussement référentiels et par la visualisation d’un "slasher" passant à la télévision sera très limitée ! ), le métrage prendra brusquement un tournure complètement différente, une fois que l'intrigue aura éparpillé ses protagonistes dans la nature, pour s'adonner à un jeu de massacre très sanglant, généreux et parfois même inventif et souriant dans les méthodes expéditives destinées à occire l'intégralité du casting.

Evil breedEn effet, dès que les cannibales au physique repoussant ( mais en même temps quelque peu exagéré, leur donnant de la sorte un aspect légèrement comique ) vont faire leur apparition, le métrage va voir son rythme s'accélérer pour nous offrir une dernière demi-heure de folie à base de décapitation originale, d'éviscération graphique et autres séquences horrifiques souvent volontaires, sans oublier la présence d'humour inattendu ( le couteau ), tout en faisant preuve d'une belle vivacité dans l'action et même si une fois encore, nous aurons droit à quelques passages obligés ( la course poursuite dans les bois, mais ici singulièrement détournée ) et autres effets largement prévisibles.
Alors bien sûr, on pourra toujours relever de nombreuses incohérences flagrantes ( la facilité avec laquelle les victimes attachées vont se délivrer, par exemple ), mais cela ne nuira pas vraiment à l'ensemble, tant l'aspect débridé, presque cartoonesque des situations s'imposera naturellement, tant au niveau de la violence que de l'érotisme assez osé mais également participant au côté amusant du film.

Evil breedL'interprétation est ici cohérente mais sans réel charisme à l'écran, mais permettra à deux anciennes stars du cinéma X ( Jenna Jameson et Ginger Lynn Allen ) de continuer leur reconversion dans des rôles plus "classiques", alors que la mise en scène du réalisateur sera quand même instable, en utilisant parfois des plans en caméra subjective sans intérêt, mais saura s'adapter à l'intrigue pour bien rythmer la dernière moitié du métrage.
Les effets spéciaux sont probants, volontaires dans l'expression d'un gore franc et régulier, alors que les maquillages des cannibales sont très graphiques et peu décelables.
Donc, ce "Evil breed" montrera sa capacité à s'accommoder d'un script limité pour réussir à se montrer savoureux et appréciable dan sa débauche finale !

Evil breedLe DVD de zone 1 édité Lions Gate avancera une image claire, mais ayant tendance à perdre ses détails lors des séquences se déroulant dans l'obscurité, alors que la partition musicale sera convaincante, mais le film ne sera proposé qu'en version anglaise non sous-titrée.
Au niveau des bonus, seules deux scènes raccourcies au montage pour cause de gore trop expansif seront présentée en version intégrale, valant ainsi largement le détour, accompagnées par quelques bandes-annonces d'autres titres du catalogue de Lions Gate.

Pour ceux qui voudraient faire la connaissance de ces cannibales sanglants, le DVD de Zone 1 est disponible ici ou encore !

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05.02.08

01:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Dead clowns

Les clowns et le cinéma de genre ont toujours fait bon ménage. Après celui maléfique de , les clowns extraterrestres de Les clowns tueurs venus d'ailleurs et autres assassins déguisés en clown comme dans Killjoy, voici venir ceux de Dead clowns.
Sauf qu'ici ils ont plutôt une sale tête puisqu'il s'agit de clowns morts-vivants revenus d'outre-tombe pour se venger, dans cette petite série B flirtant continuellement avec le Z et plombée par un rythme anémique.

Dead clownsEn effet, le script ressuscite les clowns d'un cirque tués lors d'un accident ferroviaire sur un pont s'étant effondré au cours d'un ouragan, les plongeant ainsi dans la mer, sans que les habitants de la ville avoisinante ne cherchent véritablement à les porter secours. Cinquante ans plus tard, alors qu'un nouvel ouragan vient frapper les lieux, les clowns vont sortir de l'eau pour s'en prendre aux descendants de ceux les ayant ignoré lors de la tragédie.
D'entrée, le métrage choisit pour nous présenter ses différents personnages de les placer devant l'annonce cet ouragan allant bientôt déferler sur leur petite ville côtière et les obligeant à s'y préparer . C'est ainsi que nous suivrons un père calfeutrer sa maison sous le regard de son fils handicapé, alors qu'une jeune femme tourne en rond chez elle et qu'un agent de sécurité parcourt le cinéma dont il a la garde, tandis qu'un autre choisira justement ce moment pour revenir sur place avec son ami, afin de lui faire découvrir l'endroit de son enfance, tout en commençant par lui raconter ( et au spectateur par la même occasion ! ) l'effroyable accident survenu cinquante ans en arrière et ayant entraîné la mort de tous les membres d'un cirque et notamment des nombreux clowns officiant dans celui-ci.

Dead clownsSi cette entame du métrage parviendra à intéresser un minimum, ce sera surtout grâce à une ambiance étrange ( sentiment renforcé par une partition musicale très atmosphérique ) et jouant sur l'attente de l'arrivée de cette tempête décrite comme terrible, car les différents protagonistes n'auront droit à aucune faveur de la part du réalisateur puisque celui-ci ne s'attardera nullement dans leur mise en situation assez commune et sans aucun charisme ni profondeur, empêchant de la sorte de s'attacher à eux.
Mais ensuite, l'intrigue va réveiller ses clowns, sans nous apporter la moindre explication justificative, alors que l'ouragan s'attaquera à la ville, a grand renfort de plans en stock-shot très visibles et nuisant fortement à la crédibilité de l'ensemble, pour une série de rebondissements amenant les zombies à décimer l'intégralité du casting, tout en divisant le métrage en autant de parties distinctes puisque jamais les différents personnages ne se rencontreront ni s'allieront pour lutter contre les envahisseurs, et ce ne sera pas non plus l'intrusion de deux nouveaux protagonistes, un couple façon "Bonnie and Clyde" en fuite après l'assassinat d'un religieux ( ! ) qui viendra rehausser le niveau du film.
Car en effet, ces personnages transparents ( la palme revenant à celui joué par Debbie Rochon ne prononçant pas un seul mot et se contentant d'errer dans sa maison ) isolés dans des sous-intrigues basiques ne parvenant jamais à gagner en intensité ni même à générer le moindre suspense ne serviront qu'à permettre au film d'aligner quelques séquences sanglantes basiques, surtout qu'il faudra attendre le dernier acte pour que ces scènes deviennent quelque peu graphiques et généreuses, tandis que l'intrigue ne nous livrera pas plus d'explications et osera nous infliger un final navrant dont heureusement le dernier plan viendra mettre en avant la lucidité du réalisateur.

Dead clownsIl ne faudra pas trop compter non plus sur les clowns morts-vivants pour effrayer un minimum, puisque ceux-ci ne montreront assez timides dans leur attaques et seules les séquences de cannibalisme resteront vaguement réussies en étant volontaires. Et même leur apparence physique prêtera plus à sourire qu'autre chose, à la vue des maquillages rudimentaires et plus que simplistes leur étant attribué.
L'interprétation sera bien entendu au diapason en se montrant terne et sans réelle implication des interprètes, alors que la mise en scène du réalisateur restera molle et sans effet, se contentant de suivre l'action avec une caméra presque fixe qui ne saura jamais s'énerver, mais à quoi bon, puisque même les scènes d'action donne l'impression d'avoir été tournées au ralenti.
Par contre, les effets spéciaux ( hormis les maquillages des clowns, bien sûr ) seront assez probants en versant dans un gore devenant de plus en plus expansif au fil du métrage, avec notamment un bras sectionné assez bluffant, alors qu'une autre victime aura carrément l'œil arraché de son orbite pour être juste après avalé par un des clowns et que les séances de dégustation des morts-vivants seront elles aussi plutôt réjouissantes.
Donc, ce Dead clowns, bien trop superficiel et peu rythmé pour devenir franchement captivant, se suivra avec un ennui poli uniquement entrecoupé de quelques passages sanglants séduisants !

Le DVD de Zone 1 édité par Lions Gate avancera une image claire et juste quelque peu granuleuse par moments, alors que la bande-son sera elle convaincante, épaulant le métrage d'une partition musicale plus qu'efficace.
Par contre, cette édition ne proposera en bonus que la bande-annonce du film, ainsi que celles d'autres titres de l'éditeur.

Pour ceux qui oseraient vouloir se lancer dans l'aventure, le DVD de Zone 1 est disponible ici ou encore !

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04.02.08

01:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

8th plague

C’est en se déroulant dans la cadre original, lugubre et suintant d’une prison désaffectée que ce The 8th plague vient nous conter une histoire de zombies mêlant l’originalité au classicisme, tout en se révélant être furieusement jouissif et brutal dans son dernier acte.

8th plagueLe script suit une jeune femme qui, à la recherche de sa sœur disparue lors d’un week-end de camping en foret avec des amis à elle, va se rendre accompagnée par sa co-locatrice, le petit ami de celle-ci, un policier et un autochtone dans une prison abandonnée où ils vont faire de sinistres rencontres liées à une étrange inscription maléfique peinte sur un mur.
Après une courte séquence d’introduction mettant tout de suite dans l’ambiance avec cet homme récitant une prière dans un lieu sordide, le métrage nous présente son héroïne, une demoiselle accaparée par la disparition de sa sœur, au point de repousser les avances d’un de ses collègues, de faire des cauchemars ( nous valant ainsi une splendide scène onirique ) et de se prendre la tête avec sa co-locatrice et son boy-friend, qui vont finalement lui proposer de partir le lendemain à la recherche de la disparue.

8thplagueCette quête les entraînera dans une forêt où ils vont découvrir la tente déserte de la sœur, avant de se rendre au commissariat de la petite ville toute proche pour déclarer la disparition et demander de l’aide aux policiers présents, lors d’une séquence mettant parfaitement en avant le côté pervers et laxiste des officiers en place.
Ce sera finalement l’adjoint du shérif qui se chargera d’accompagner la petite bande à la prison désaffectée environnante, dernier lieu signalé par la disparue, avec pour compagnie un habitant du coin robuste et frustre, mais connaissant bien les lieux, tout en faisant sur la route la rencontre d’un alcoolique leur lançant les traditionnels mises en garde d’usage, avant d’être la première victime des créatures se terrant aux alentours de cette prison.
L’exploration de cette prison décrépie et pourrissante par le groupe, divisé en trois, donnera lieu à quelques séquences éprouvantes et tendues, surtout que les différents personnages vont découvrir un peu partout des traces de sang frais peu encourageantes et alors que les multiples recoins sombres non visités vont se révéler être autant de caches possibles pour les morts-vivants que nous tarderont pas ensuite de suivre en action.

8th plagueDès lors, l’action pure et la violence vont succéder à l’atmosphère sinistre et pleine de tension qui habitait le métrage, même si un suspense éreintant viendra quand même régulièrement se mêler à l’ensemble.
En effet, les attaques de ces zombies très typiques vont démontrer rapidement la volonté graphique du réalisateur de la plus brutale des façons en nous gratifiant de scènes gores expansives, aussi bien lorsque les morts-vivants vont subir dans des gerbes de sang les coups de hache vindicatifs des personnages que lorsque qu’un de ceux-ci, confronté à l’étrange inscription ayant le pouvoir de transformer les vivants en zombies, va s’arracher les yeux pour ne plus la voir, pour une scène forte de gros plans troublants, ou lors dune séquence de repas des morts-vivants très classique en lorgnant du côté des méfaits de George A. Romero, mais pour autant très efficace.

8th plagueLe cadre choisi par le réalisateur aura bien entendu une importance significative dans la création de cette ambiance sombre, sinistre et malsaine, avec cette prison aux nombreux couloirs pourvus de geôles infects et pourrissants ayant vraisemblablement été le théâtre d’atrocités sataniques terribles par le passé, même si l’intrigue restera finalement assez floue sur l’origine et sur la propagation du mal, malgré quelques flash-back instructifs.
De même, les différents protagonistes n’auront que des personnalités assez simplistes et stéréotypées ( le couple d’amoureux n’hésitant pas à essayer de faire l’amour en pleine prison au cours des recherches, le policier rustre ), et seule l’héroïne aura droit à plus de faveurs de la part du réalisateur, qui insistera bien sur les motivations de celle-ci, très liée à sa sœur depuis la perte de leurs parents, ce qui occasionnera d’ailleurs un final à l’impact dramatique très fort et offrira une conclusion douloureuse au métrage.

8th plagueMais cela n’empêchera pas l’interprétation d’être convaincante et réaliste, alors que la mise en scène du réalisateur ( dont c’est le premier long métrage ) est vive et alerte, découpée en plans courts donnant un aspect haché au métrage impactant lors des scènes violentes et sanglantes.
Les effets spéciaux sont plus que probants, aussi bien pour les maquillages discrets mais efficaces des zombies, que pour les plans gores du film, certes concentrés dans la dernière partie du film, mais abondants, volontaires et parfois même originaux, tout en se montrant crédibles.
Donc, ce The 8th plague mérite véritablement d’être découvert, en étant captivant malgré l’apparente lenteur de sa première moitié, mais aussi bien violent et démonstratif, au point d’en devenir jouissif mais également dramatique !

8th plagueLe DVD de Zone 1 édité par Anthem Pictures avance une image claire mais perdant hélas une partie de ses détails lors des séquences se déroulant dans l’obscurité, alors que la bande-son est probante, avec notamment une partition musicale assez discrète mais néanmoins très efficiente et participant activement à générer du suspense. Par contre, cette édition ne proposera la film qu’en version anglaise, non sous-titrée.
Au niveau des bonus, nous aurons droit à un court making-of assez superficiel composé d’interviews des interprètes et du réalisateur, mais aussi à plusieurs scènes coupées, notamment une explicative revenant sur l’histoire du personnage accompagnant le groupe dans la prison, ainsi que la bande-annonce du film.

Le DVD de Zone 1 est disponible ici ou encore , en attendant pourquoi pas une édition en zone 2 chez nous, qui serait largement méritée !

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03.02.08

10:45:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Le voyage du ballon rouge
Réalisateur : Hou Hsiao Hsien
Durée du film : 1 h 53
Date de sortie en salle : 30 janvier 2008
par Nicofeel

Né d’une commande du Musée d’Orsay de Paris, Le voyage du ballon rouge permet à l’immense cinéaste taïwanais Hou Hsiao-hsien, auteur des remarquables La cité des douleurs, Goodbye south goodbye ou encore Millennium mambo, de réaliser un film français. Après son sublime film récapitulatif Three times, Hou tente l’expérience d’adapter son style à Paris, comme il l’avait déjà fait, avec bonheur, avec Café lumière, tourné au Japon, en japonais et avec des acteurs japonais. Et le grand cinéaste réussit de nouveau le miracle, à savoir garder son magnifique style, tout en portant un regard neuf sur la ville de Paris, ville cinématographique par excellence.

Sur une trame minimaliste, Hou livre un superbe hommage au chef d’œuvre d’Albert Lamorisse datant de 1956, Le ballon rouge. Les amateurs d’histoires et de scénarios peuvent passer leur chemin, car le film de Hou n’est basé que sur la façon dont on fabrique des images et dont on peut faire surgir la poésie du réalisme cinématographique.

D’ailleurs, Hou ne filme pas Paris, ville cinématographique par excellence, de manière touristique. Il ne s’attarde jamais sur les monuments, la beauté de la ville. On reconnaît bien évidemment Paris, mais de façon assez curieuse, limitée au quotidien. Film théorique et poétique, Le voyage du ballon rouge va en décontenancer plus d’un. Hou filme la vie d’une famille éclatée composée de la mère, Susanne (une Juliette Binoche blonde et comme d’habitude très convaincante), et de ses deux enfants : Louise et surtout Simon, âgé de 7 ans, mais le cinéaste ne filme que des moments, des instants, des blocs de cinéma, un peu à l’instar de Pialat. Il n’y a ni début ni fin, seulement un pur temps cinématographique qui donne à voir des morceaux de vie.

Le film n’est composé que de plans-séquence, figure chère à Hou Hsiao-hsien qui lui permet d’immerger totalement le spectateur dans la vie du film. Comme à son habitude, ces plans-séquence sont souvent complexes et ne font pas de différences entre l’avant-plan et l’arrière-plan, ce qui oblige le spectateur à scruter dans le plan pour y trouver des informations.
Hou élabore en effet à l’intérieur de ses plans-séquence toute une série d’interactions entre les personnages, sans les hiérarchiser. L’action entre la situation de l’avant-plan a la même importance que celle à l’arrière-plan et que celles qui se passent sur les côtés. C’est alors au spectateur, selon sa sensibilité, de privilégier telle ou telle action. Par exemple, un plan-séquence du film, qui se déroule dans l’appartement de Susanne, montre en avant-plan Susanne qui est au téléphone, en arrière-plan, Fang (la jeune chinoise qui sert de baby-sitter à Simon) qui cuisine et sur le côté droit, on voit un aveugle en train de raccorder le piano, tandis que la voix de Simon (qui rentre et sort du plan) se fait entendre. Dans ce plan-séquence typique de Hou Hsiao-hsien, quatre actions ont lieu et se superposent, créant un mouvement de vie incroyable.
Chez Hou (comme chez le grand cinéaste américain Robert Altman, mais de façon différente), toutes les actions au sein du plan sont importantes et forment, quand on ajoute les différents plans-séquence, une pure unité cinématographique qui représente finalement la vie, renforcée par les raccords entre les différents plans-séquence: ce raccord peut être musical (dans le film, la chanson Emmène-moi de Charles Aznavour débute dans un plan-séquence, c’est en effet Simon qui la lance sur le juke-box, et continue, alors qu’on se retrouve dans l’appartement de Suzanne, cette chanson fait donc le raccord entre les deux plans-séquence, formant une unité) ou oral (alors qu’on est passé dans un autre plan, les dialogues du plan précédent continuent).

En outre, Le voyage du ballon rouge est placé sous le signe de la rencontre (mais la rencontre est un raccord si on veut) : rencontre du cinéaste avec Paris, rencontre de Susanne avec Fang (qui est l’alter ego de Hou, puisqu’elle est étudiante en cinéma), rencontre de Fang avec Simon, rencontre de Simon avec le ballon rouge, rencontre du rêve et de la réalité, rencontre du réalisme (la description du milieu bobo) avec la poésie (les apparitions du ballon rouge). Et toutes ces différentes rencontres sont orchestrées dans le film par le biais des plans-séquence qui les font toutes entrer en interaction, créant un espace cinématographique de vie.
L’œil de la caméra est omniprésent dans le film, notamment par la petite DV de Fang, qui n’arrête pas de filmer Simon avec, tandis que Simon filme avec cette même DV Fang.
Hou s’interroge en fait sur le pouvoir de l’image en filmant le ballon rouge proprement dit, qui n’est vu que par Simon. Comment faire surgir la poésie du quotidien ? Le cinéaste multiplie à ce sujet les reflets et filme souvent ses personnages dans des miroirs, créant un certain onirisme poétique dans le côté morne de la vie quotidienne
Par ailleurs, le ballon rouge qui flotte au-dessus de Paris et semble suivre Simon n’est-il pas le regard divin ? Ou alors le regard de l’artiste . ? De Hou ?
Le voyage du ballon rouge pose en effet également la question du regard. Hou l’explique dans la scène finale qui se déroule au Musée d’Orsay en compagnie des enfants et qui se focalise sur l’analyse du point de vue dans un tableau : qui regarde ?
Enfin, Hou se permet de rendre également hommage aux marionnettistes (puisque Susanne est une marionnettiste), comme dans son génial Le maître de marionnettes.

Pour le cinéaste, le spectacle de marionnettes peut aussi retranscrire avec justesse le déroulement de la vie, comme les plans-séquence. D’ailleurs, Hou filme le spectacle (ce qu’on voit) mais surtout ce qu’il y a derrière le spectacle, à savoir Susanne en train de faire les différentes voix des marionnettes, les techniciens qui les font bouger,… Derrière le spectacle, il y a la vraie vie. De même qu’on peut aussi s’en approcher derrière les plans-séquence de cinéma.
Hou montre aussi que l’image et le son sont deux choses différentes, par le biais du spectacle de marionnettes bien entendu, mais aussi par les petits films sans en 8 mm. Dans les deux cas, c’est la voix de Susanne qui fait naître le son et raccorde l’image et le son.
Hou traite donc non seulement des images mais surtout des raccords (on peut considérer la rencontre aussi comme un raccord) entre elles, qui font naître l’unité cinématographique, mais aussi la vie et la poésie.
Le voyage du ballon rouge n’est peut-être pas le meilleur film de Hou Hsiao-hsien mais il s’avère passionnant de bout en bout, démontrant que le cinéaste taïwanais n’a rien perdu de son talent en s’expatriant en France. En revanche, ce n’est pas un film très facile d’accès et il peut laisser hermétique. Mais si le spectateur arrive à entrer dedans, il y découvrira de multiples beautés ainsi qu’une réflexion profonde sur le sens des images et de la vie.

Ma note : 9,5 / 10

Three times

Three times
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Three times + Millennium mambo

Three times + Millennium mambo
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02.02.08

01:00:00, Catégories: Box office cinéma  

par Emmanuel

Fin janvier, 4ème semaine de l'année et enfin un beau duel bien viril... D'un côté du ring, un barbier fou et mélomane; de l'autre, un ange du mal avec une coupe Mireille Matthieu. Avant le raz de marée annoncée (et désolant) du nouvel Astérix la semaine prochaine, ce combat fait plaisir à voir entre deux films de qualité signés Burton et Coen

Le box office Français de la semaine 4
Titre du film Nombre d'entrées France Nombre d'entrées Total
1. Sweeney Todd 507 434 507 434
2. Enfin veuve 493 697 1 112 782
3. No country for old men 325 024 325 024
4. Into the wild 180 853 728 488
5. Survivre avec les loups 162 405 323 530
6. La guerre selon Charlie Wilson 152 726 433 561
7. Chambre 1408 106 527 269 389
8. Je suis une légende 87 822 2 930 493
9. Live 74 506 74 506
10. Le renard et l'enfant 62 528 2 207 458
Sweeney Todd

Et le vainqueur est... Johnny Depp presque par KO. Sur un nombre presque égal d'écrans, Burton réalise 50% d'entrées de plus que les Coen! C'est d'ailleurs le 3ème meilleur démarrage de Mister Tim après Sleepy Hollow (816 000 entrées) et Charlie et la chocolaterie (766 000 entrées). Les frères Coen font eux moins bien que leurs deux précédents opus, médiocres certes mais bénéficiant de deux têtes d'affiche synonymes de succès que sont George Clooney et Tom Hanks.

Enfin veuve résiste fort bien et s'intercale entre les deux poids lourds, une 2ème place sur le podium et le titre honorifique de premier film millionaire de 2008.

Du côté des autres sorties, seul Live s'incruste dans le top 10 avec un satisfaisant 74 506 entrées au regard de son faible total de 98 écrans (le film réalise deux fois plus d'entrées sur deux fois moins d'écrans que le drame Reviens Moi). Il permet à son distributeur, Pretty Pictures, de réaliser son meilleur démarrage hexagonal.

De son côté, Frontières, malgré son interdiction aux - de 16 ans, se classe 12ème (54 600 entrées) et éclipse totalement la pauvre Didine, 17ème et 38 500 entrées seulement.

LA bonne surprise de la semaine, c'est l'excellente performance de survivre avec les loups qui non content de garder sa 5ème place se paie aussi le luxe de gagner 2% de spectateurs en 2ème semaine. Plus de 300 000 spectateurs ont déjà été conquis et émus par l'incroyable périple à travers l'Europe nazie d'une petite Belge.

Sinon, même si la fanfare a disparu, La graine et le mulet s'accroche toujours avec une belle 15eme place et 40 774 spectateurs supplémentaires.

Pour finir, notons le retour en 11ème semaine et à la 19ème place du très beau film germano-turc, De l'autre côté. 33 707 spectateurs qui s'expliquent en grande partie par le succès du festival Télérama qui proposait de revoir les meilleurs films de 2007 pour 3€ seulement.

A la semaine prochaine, par Toutatis !

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01.02.08

01:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Jackhammer massacre

Le réalisateur et spécialiste des effets spéciaux Joe Castro, pourtant habitué aux petits budgets "funs" et gore comme Terror toons, nous livre avec ce The jackhammer massacre une œuvre sombre, nihiliste et désespérée sur fond de drogue et de violence brutale.
En effet, le script suit la descente dans l'enfer de la drogue d'un jeune homme qui va, au comble de sa paranoïa psychotique, s'emparer d'un marteau-piqueur pour décimer son entourage.

Jackhammer massacreAprès une séquence pré-générique nous montrant deux hommes venir réclamer de l'argent à un drogué, qui deviendra le personnage principal du métrage, avant de lui administrer une dose massive d'un cocktail de drogues pour finalement se faire occire par ce dernier armé de son marteau-piqueur, pour une première scène sanglante très graphique puisque la première victime aura carrément la tête défoncée par cette arme originale, le métrage revient un an en arrière pour nous proposer de suivre la déchéance de cet homme, Jack, qui d'homme d'affaires respecté par ses collègues va, à cause de la fréquentation de son meilleur ami Mike ayant l'habitude de se droguer, sombrer dans la dépendance et se retrouver à vivre dans l'entrepôt de stockage et de réparation de matériels ou vraisemblablement il officie.
Mais l'intrigue ne se penchera pas sur cet aspect pour préférer s'attarder sur le déclenchement de la psychose du personnage, au travers d'une longue séquence au cours de laquelle les deux amis vont aller se droguer chez un dealer punk, à grand renfort de plans précis sur la préparation et l'injection de la drogue qui ont du largement faire tiquer la MPAA, pour finalement voir Mike mourir d'une overdose.

Jackhammer massacreAprès quelques situations visualisant parfaitement l'état de décrépitude du personnage, se faisant par exemple très facilement bluffer par un dealer véreux, nous retrouverons la séquence pré-générique instigatrice de la folie furieuse dans laquelle Jack va littéralement sombrer, puisque ensuite ce sera sa sœur lesbienne et surtout son amie, puis son patron, d'autres personnes et finalement quatre employés de son entreprise qui vont subir son déchaînement de violence.
Si le métrage mettra du temps avant de lancer véritablement son action destructrice et meurtrière, ce sera pour nous faire partager l'univers halluciné du personnage principal de manière terriblement réaliste, aussi bien lorsque celui-ci se droguera de façon explicite dans son bras complètement détruit par de trop nombreuses injections que lorsque le manque l'entraînera dans une véritable déchéance physique à base de vomissements ou encore faisant littéralement baver le personnage, nous livrant ainsi un plaidoyer sans aucune concession contre les drogues.
Mais lorsque Jack saisira son marteau-piqueur, ce sera pour multiplier sans temps mort les séquences violentes et sanglantes ( même si tout n'est pas montré à l'écran ), son arme au départ improvisée défonçant les cages thoraciques, les crânes quand elle n'ira pas s'enfoncer carrément dans le fondement d'une demoiselle, le plus souvent avec des gros plans gores rapides mais expansifs, avant que ce petit groupe ne vienne faire l'inventaire de l'entrepôt où les précédents crimes ont eu lieu et où se tapit encore notre assassin passablement perturbé.
Joe castro cherchera alors à donner une autre dimension à son métrage, en cherchant à mettre en place un suspense qui aura quand même du mal à tenir la route en étant bien trop fugace et prévisible dans les irruptions du meurtrier, tout en ne négligeant par pour autant l'utilisation du marteau-piqueur qui continuera son œuvre criminelle de façon toujours volontaire, jusqu'au final bien facile en demi happy end venant quelque peu ternir le niveau de l'ensemble.

Jackhammer massacreOutre ses effets sanglants abondants et jouissifs dans leur démarche graphique, le métrage pourra compter pour devenir éprouvant et efficace sur la visualisation de la paranoïa délirante du personnage principal, au travers de ses cauchemars éveillés et notamment des apparitions fantomatiques de son ami décédé qui viendra régulièrement lui rendre visite pour l'inciter à tuer, à la manière du zombie du Loup-garou de Londres, mais en version tragique.
Et justement, ce qui pourra aussi étonner de la part du réalisateur, c'est l'absence totale d'humour dans le film, puisque celui-ci sera définitivement sérieux et sordide, sans jamais laisser le spectateur souffler grâce à des situations plus souriantes, pour préférer continuer encore et encore à suivre le personnage principal dans sa décrépitude morale et physique, nous amenant presque parfois à le prendre en pitié, notamment dans la première partie du métrage.
L'interprétation participera activement à rendre l'ensemble probant et impactant, grâce surtout à Aaron Gaffey qui porte littéralement le film sur ses épaules et nous offre une prestation hallucinée surprenante, alors que les autres interprètes seront bien plus fades, mais, à la vue de leur simple condition de victime, cela ne sera pas vraiment gênant.
La mise en scène de Joe Castro prendra également une part importante dans la réussite globale du film, en multipliant des effets adéquats pour mettre en avant la folie du personnage principal et les effets de la drogue sur ses sens.
Les effets spéciaux seront pour la plupart réussis, expansifs et généreux dans un gore franc avec des blessures infligées par le marteau-piqueur qui seront diversifiées et mordantes, même si le métrage ne tombe pas dans la surenchère pour se limiter à des plans brefs et parfois expéditifs.
Donc, ce The jackhammer massacre s'avérera être une expérience étrange dans son mélange de genres, entre drame sordide sur fond de drogue et horreur à la frontière du slasher, mais sera en tout cas efficace et brutal dans sa démonstration !

Le DVD de Zone 1 édité par Lions Gate avancera une image claire mais parfois quelque peu granuleuse, alors que la bande-son sera performante, notamment avec une partition musicale certes discrète mais adaptée. Par contre, cette édition ne proposera le film qu'en version anglaise, avec seulement des sous-titres espagnols.
Au niveau des bonus, il faudra se contenter de la bande-annonce du film, accompagnée par celles de quelques autres d'autres titres édités par Lions Gate.

Pour suivre cette épopée sanglante et pessimiste, le DVD de Zone 1 est disponible ici ou encore !

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