Archives pour: Janvier 2008

31.01.08

06:15:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

Les trois visages de la peur

Alors que les plus grandes réussites cinématographiques de Mario Bava, le maître italien de l’épouvante gothique ( Le masque du démon, Opération peur, Le corps et le fouet ou encore Lisa et le Diable ), mais également l’un des précurseurs du "Slasher" avec La baie sanglante, avaient connu une sortie en zone 2 chez nous, seul manquait à l'appel Les trois visages de la peur (avec quand même également son classique Six femmes pour l'assassin, pour l'instant uniquement disponible en zone 0 chez VCI entertainment ). Cette lacune va très bientôt être comblée par Les éditions Montparnasse qui nous offrent une édition, certes minimaliste, de ce film.

Les trois visages de la peur

Le film à sketches n'étant pas encore tombé en désuétude dans les années soixante, bien au contraire, c'est ainsi que le réalisateur va utiliser ce concept pour adapter F.G. Snyder, Tolstoi, et Ivan Chekhov. Le fil conducteur sera attribué à Boris Karloff, pour trois histoires dans lesquelles la peur sera bien présente :
Dans "Le téléphone" : Rosy passe une nuit particulièrement éprouvante, harcelée au téléphone par un inconnu lui annonçant sa propre mort...
Dans "Les Wurdalaks" : un vampire prend les traits d'une femme pour hanter la campagne slave…
Et enfin, dans "La goutte d'eau" : Miss Chester n'aurait peut-être pas dû voler la bague de l'une de ses patientes récemment décédée...

Les trois visages de la peur

Reconnu comme un des meilleurs longs-métrages du réalisateur, Les trois visages de la peur allie aussi bien une ambiance étrange, bien entendu gothique ( "Les Wurdalaks" ) mais également délétère, alors que tout l'art de la mise en scène de Mario Bava sera mis en valeur au fil des sketches.

Le DVD édité par Les éditions Montparnasse avancera une image en 16/9 et proposera le film en version italienne sous-titrée ou non, ainsi qu'en version française, le tout en mono.
Par contre, l'éditeur ne nous offrira tout simplement aucun bonus.

Les trois visages de la peur

Donc, à défaut d'édition fournie, ce sera avec plaisir que nous pourront, dès le cinq février, découvrir ou plutôt redécouvrir ce petit classique de l'épouvante italienne des années soixante.

Les trois visages de la peur (Pocket)

Les trois visages de la peur (Pocket)
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Le corps et le fouet

Le corps et le fouet
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30.01.08

00:36:53, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Red room

A partir d’un script extrêmement simpliste, ce Red room va rapidement s’enfoncer dans la dépravation la plus totale pour mettre en avant la bassesse humaine liée à l’appât du gain, tout en faisant preuve d’un mauvais goût prononcé typiquement oriental.

Red roomEn effet, le script place quatre personnes dans un endroit clos, afin de participer à un jeu, le "King Game", dont le but est de faire abandonner ses adversaires pour empocher dix millions de yens.
Après une courte séquence d'introduction nous montrant deux demoiselles se livrant à un baiser bien baveux, le métrage avance ses quatre personnages ( un couple et deux jeunes femmes ) qui vont se présenter tour à tour devant la caméra, tout en indiquant brièvement leur motivation pour participer à ce jeu dont nous ignorons encore les règles, dans un style de mise en scène indiquant que les protagonistes sont filmés pendant l'épreuve.
Et rapidement, nous allons découvrir le principe de ce jeu où chaque des participants tirera une carte et celui ayant celle représentant une couronne deviendra le roi et obligera ses concurrents à se livrer à une action choisie, dans le but évident de leur faire abandonner la partie.

Red roomUne fois ce principe établi, le métrage reviendra en arrière au cours de flash-back récurrents, afin de mieux nous faire connaître ces quatre individus hétéroclites ayant pour diverses raisons besoin de ces dix millions de yens.
Et c'est sous forme de petits sketches que la partie va développer ses différents tours, d'abord très timidement, puisque le premier roi incitera seulement ses deux adversaires féminines à s'embrasser goulûment pour un "french kiss" tout en bruitages écoeurants, alors qu'ensuite ce sera au tour de l'homme présent de faire tourner pendant six minutes une de ses adversaires assise sur une chaise, entraînant juste un vomissement très graphique, mais faisant quand même monter la pression d'un cran en installant de la sorte une animosité de plus en plus flagrante entre les participants, puisque ensuite ce sera au tour de l'homme de devoir supporter un sèche-cheveux en marche directement enfoncé dans sa bouche.

Red roomA la vue de ces quelques sévices finalement assez "bon enfant", le spectateur commencera alors à se demander si le métrage ne va pas devenir une supercherie mensongère, mais ce serait mal connaître le degré de perversité des japonais, puisque le métrage va juste après sombrer dans l'avilissement le plus complet, d'abord en obligeant une des jeunes femmes ( dont nous découvrirons alors qu'il s'agit d'un homme ) à uriner directement dans la bouche de sa concurrente, mais surtout ensuite lorsque le "roi" va demander au mari de brutaliser sa femme pendant cinq minutes, ce qu'il fera d'abord bien timidement, puis sous les reproches de celle-ci, il va carrément "péter les plombs" pour la frapper de plus en plus violemment avant de la violer, entraînant son abandon de force, lors d'une séquence bien dérangeante et brutale, mais également porteuse d'un humour malsain directement issu de cette situation "autre".
Mais le pire restera à venir dans le dernier acte du métrage, où les sévices sexuels deviendront sanglants, avec notamment une castration vengeresse faisant suite à un tour où une des demoiselles subira les assauts d'un tournevis avant qu'une ampoule électrique ne soit cassée dans son vagin à grand renfort de bruitage, avant qu'une dernière idée totalement monstrueuse et infâme ne vienne clore le film, mais sans pour autant que l'ensemble ne verse dans un gore franc, puisque la plupart des actes odieux avancés ne seront que suggérés.

Red roomTourné avec peu de budget dans un décor unique, la fameuse "Red room" du titre venant de la luminosité à prédominance rouge donnée à l'image, et en mettant en scène uniquement ses quatre protagonistes, le métrage, en plus de ses idées définitivement barrées, saura installer une atmosphère de plus en plus tendue, surtout lorsque les personnages retourneront autour de la table pour désigner le prochain"roi", en nous laissant imaginer la possible vengeance de ceux et celles précédemment humiliés, mais se sera également lors des séquences de sévices que le réalisateur se lâchera complètement et mettra en place une ambiance plus déjantée et débridée qui limitera en partie l'impact des aberrations subies par les personnages, tout en donnant ainsi un caractère bien plus jouissif à l'ensemble, avec également une partition musicale dynamique mais intense parfaitement adaptée.
Bien que brièvement présentés, les personnages arriveront à devenir attachants, chacun pour des raisons différentes, grâce aux flash-back prenant place alors que le "jeu" n'a pas encore commencé et ce sera surtout le "seul" homme de la partie qui arrivera à s'attirer les faveurs du spectateur, aussi bien dans son attitude pleutre qui contrastera efficacement avec ses débordements de violence à venir que par ses regrets immédiats après ses mauvais gestes.
Justement, l'interprétation jouera un rôle important dans la crédibilité du métrage, puisque les différents acteurs et actrices parviendront de manière cohérente à laisser paraître leur changement de comportement et les dérives futures.

Red roomLa mise en scène de Daisuke Yamanouchi, un habitué des œuvres flirtant entre l'horreur et l'érotisme, est efficace, en mélangeant habilement les plans issus des caméras vidéos filmant la partie à ceux pris directement sur le vif, parvenant de la sorte à bien différencier les périodes jouissives à celles plus tendues.
Les effets spéciaux sont plutôt convaincants tout en demeurant simplistes, et on pourra donc regretter que l'auteur n'ait pas plus appuyé sur l'aspect sanglant disponible.
Donc, ce Red room présentera un spectacle largement déviant et pervers, qui pourrait presque faire passer Takashi Miike pour un aimable plaisantin, tant la volonté outrancière du réalisateur se révélera jouissive, dépravée et parfois véritablement choquante !

Le DVD de Zone 1 édité par Unearthed films avancera une image nette ou volontairement granuleuse lors des séquences venant des caméras censées filmer la partie de "King Game" et proposera le film en version originale japonaise, heureusement sous-titrée, mais uniquement en anglais.
Au niveau des bonus, cette édition sera plutôt pauvre en ne nous offrant qu'une courte galerie de photos et quelques bandes-annonces d'autres titres édités par Unearthed films, dont le sévère Bone sickness ou le trop gore Das Komabrutale duell.

Pour ceux qui voudraient se lancer dans cette partie de "King Game", le DVD de Zone 1, réservé quand même à un public averti, est disponible ici !

Red room
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29.01.08

01:30:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : No country for old men
Réalisateur : Ethan et Joel Coen
Durée du film : 2 h 02
Date de sortie en salle : 23 janvier 2008

par Nicofeel

Après le calamiteux Ladykillers, sans doute le navire de l’œuvre des frères Coen, ceux-ci reviennent en très grande forme avec ce formidable polar typique de leur style si particulier, tiré d’un roman de Cormac Mac Carthy.
Dès les majestueux premiers plans, qui montrent la magnificence des espaces américains, tandis qu’une voix off (le spectateur se rendra compte plus tard qu’il s’agit de celle d’Ed Tom, le shérif vieillissant interprété très justement par Tommy Lee Jones) empreinte de mélancolie constate l’injustice du monde, les frères Coen instaurent une atmosphère fataliste, qui oppose la grandeur de la Nature aux actions pathétiques des hommes.

Mélange détonnant de road movie et de film noir, No country for old men narre la cavale particulièrement absurde d’un cow boy sympathique (interprété de manière convaincante par Josh Brolin, acteur qu’on a revu récemment dans le sympathique Planète terreur de Robert Rodriguez) qui tombe par hasard sur une mallette remplie de billets de banque et qui décide de la garder pour lui.

No country for old men

Trois personnages très différents (un tueur psychopathe indestructible, un autre tueur représentant le crétin texan et joué par Woody Harrelson, le shérif Ed Tom) vont alors se lancer à ses trousses, dans une course effrénée et grotesque qui multipliera les cadavres. Les immenses paysages désertiques du Texas semblent engluer totalement ces quatre personnages, qui se débattent obstinément dans un monde trop grand pour eux. Les frères Coen multiplient à ce titre les plans où les personnages sont totalement perdus dans des espaces qui s’étirent à perte de vue et qui les dépassent. No country for old men se déroule sur la zone frontalière entre les Etats-Unis et le Mexique, dans des lieux qui semblent loin de toute civilisation, laissant les personnages livrés à eux-mêmes. La course-poursuite traverse les contrées inhospitalières d’une Amérique profonde isolée, où les motels miteux se succèdent et se ressemblent.

Le film n’hésite pas à convoquer le récit biblique. En effet, la mallette pleine d’argent devient la cause d’une véritable apocalypse dans laquelle le personnage de tueur magistralement interprété par l’acteur espagnol Javier Bardem serait l’ange exterminateur. Entièrement vêtu de noir, complètement impassible, insensible à la douleur, déambulant la plupart du temps avec un fusil à pompe dans une main et une bouteille à air comprimé dans l’autre, ce tueur psychopathe est l’un des plus impressionnants personnages des frères Coen, voire du cinéma tout court, laissant derrière lui un incroyable amoncellement de cadavres. N’obéissant à aucun code si ce n’est le sien, se donnant le droit de vie et de mort sur les hommes en déterminant s’ils doivent vivre ou mourir à pile ou face, ce personnage indestructible et fantômatique possède une aura quasi-surnaturelle et pourrait personnaliser la mort-même, puisque tous ceux qui croisent son chemin sont inexorablement tués.

No country for old men

Cette mallette déclenche l’apocalypse car elle représente tout simplement le pouvoir corrupteur de l’argent qui mène la société à sa perte. Les frères Coen restent d’ailleurs très évasifs sur la provenance de la mallette : le spectateur sait seulement qu’elle vient d’un trafic de stupéfiants et qu’elle implique de nombreuses personnes, de trafiquants mexicains à hommes d’affaire véreux.

Ce qui intéresse les frères Coen n’est évidemment pas l’origine de la mallette mais les conséquences absurdes et funestes qu’elle provoque. Ponctué d’un humour noir corrosif, No country for old men rappelle par son ambiance les géniaux Blood simple et Fargo, des mêmes frères Coen. Mais ce film semble encore plus noir que les deux films précités, bien qu’il soit souvent très drôle. En effet, les frères Coen ne laissent aucun échappatoire à leurs personnages, qui soit meurent (même ceux qui ne sont pas directement impliqués) soit se retirent définitivement, à l’exception du tueur psychopathe interprété par Bardem. Dans un monde où l’honneur n’a plus cours, où plus rien n’est sacré, l’argent, l’injustice et la violence continuent de perdurer, entraînant les hommes dans une spirale infernale qui les mène immanquablement à leur perte. Les nombreuses scènes de violence du film, ne lésinant pas sur le sang, sont d’une redoutable efficacité et dénoncent en filigrane le fait que la société actuelle s’est construite sur le sang d’autrui (on pense aussi au génocide indien, car les espaces montrés par les frères Coen rappellent forcément le western et donc le sang répandu des indiens). Les dernières paroles prononcées par le shérif Ed Tom dressent un constat mélancolique sur un monde de valeurs morales qui n’existe déjà plus.

No country for old men

No country for old men est incontestablement une des réussites majeures des frères Coen et redore le blason de leur cinéma (qui avait été mis à mal par Ladykillers). Superbement mis en scène et interprété, ce film parvient à trouver un équilibre miraculeux entre le film noir, la comédie noire, le road movie, le western et le thriller et débouche sur une vision particulièrement pessimiste du monde (comme le prouve la conclusion abrupte du film).

Ma note : 9/10

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28.01.08

01:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street
Réalisateur : Tim Burton
Durée du film : 1 h 55
Date de sortie en salle : 23 janvier 2008

par Nicofeel

Sweeney Todd

Réalisateur culte, auteur de plusieurs chefs d'oeuvre (Edward aux mains d'argent, Ed Wood ou encore les deux premiers Batman), Tim Burton n'avait pas réalisé un excellent film depuis quelque temps (il a même littéralement sombré en remakant le chef d'oeuvre de Schaffner, La planète des singes, en faisant un film particulièrement impersonnel et kitsch par moments).
C'est désormais chose faite avec Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street. Vendu d'après la bande annonce du film comme une comédie musicale comportant une dose d'humour noire, Sweeny Todd est pourtant bien autre chose. Le film est particulièrement sombre (même s'il est vrai que l'univers de Burton l'est) et est surtout sans concession.
Vértiable drame, Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street raconte l'histoire de Benjamin Barker, un homme qui a croupi sans raison pendant 15 ans en prison parce que sa femme était également aimée d'un homme influent de Londres, le juge Turpin. Aidé par le jeune Anthony Hope, il s'enfuit et regagne Londres. Prenant désormais l'identité de Sweeney Todd, il est bien décidé à se venger. Il regagne alors le domicile de madame Lovett qui l'héberge et celui-ci, pris dans un engrenage de folie, commet des actes horribles...

Sweeney Todd

Première grande qualité du film de Burton : les décors. Celui-ci a parfaitement recréé une atmosphère gothique qui rappelle inmanquablement les films d'horreur de la célèbre firme Hammer et notamment du grand réalisateur Terence Fisher. Cette atmosphère gothique est renforcée par la couleur en sépia du film. Les deux personnages du film, Sweeney Todd et madame Lovett, ont eux aussi des allures de personnages gothiques. Madame Lovett fait même par moments penser à une sorcière.
Seconde qualité du film : l'interprétation. Tim Burton bénéficie d'un casting de choix avec un Johnny Depp parfait dans le rôle de Sweeney Todd. Les deux autres acteurs principaux , à savoir Helena Bonham Carter (la femme de Burton dans la vie ; que l'on peut voir notamment dans les films de James Ivory) dans le rôle de madame Lovett et Alan Rickman (habitué au rôle de salopard dans Piège de cristal ou au contraire de dandy romantique dans Raisons et sentiments de Ang Lee) dans le rôle du juge Turpin sont parfaits.

Sweeney Todd

Troisième qualité du film : la musique bien évidemment. Le film est une adaptation d'une comédie musicale à succès. D'ailleurs, on notera que Danny Elfman, le compositeur attitré de Burton a décliné la proposition de celui-ci de faire partie du projet et de retravailler les séquences musicales de la comédie musicale dont s'inspire le film. Notons par ailleurs que tous les acteurs chantent dans le film et le résultat est plus que probant. Ceci est d'autant plus important que 90 % du film est constitué de séquences chantées. Le thème musical principal, particulièrement dépressif, est bien dans l'ambiance du film.
Quatrième qualité du film : le scénario. Après avoir vu le film, on en ressort quelque peu étonné car Tim Burton n'a manifestement fait aucune concession (la Warner qui produit le film a pourtant dû faire des bonds en voyant le résultat, se disant que l'interdiction aux moins de 12 ans va leur coûter cher). L'univers du film est particulièrement noir. Johnny Depp incarne fabuleusement un Sweeney Todd vengeur qui n'a que ce mot à la bouche. Au lieu de penser à refaire sa vie, Sweeney Todd ne pense qu'à supprimer le juge Turpin. Son aveuglement est tel qu'il en devient un être réellement monstrueux, pas sympathique du tout : il supprime à coups de rasoirs de multiples innocents, il tue même des gens qui l'apprécient et l'aiment. La fin du film, est d'une grande beauté sur le plan graphique mais est sombre au possible. A noter que Tim Burton a également rendu hommage aux films italiens d'épouvante (lesquels se caractérisent d'ailleurs souvent par des meurtres purement gratuits) par le biais du rouge visible à l'écran lorsque Sweeney Todd commet ses meurtres (il s'agit bien de rouge et non de sang, on pense dès lors à Dario Argento et notamment à Phénomèna lors de la scène finale).
Mais au-delà de tous ces meurtres, qu'est Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street ? Eh bien il s'agit d'un formidable drame humain. Car c'est avant tout une histoire d'amour ou plutôt histoires d'amour. Il y a d'abord Sweeney qui veut se venger pour avoir été séparé de son épouse qu'il aimait tant (cela donne lieu à des séquences de flashbacks au début du film particulièrement travaillées sur le plan esthétique et qui rappellent les plus grands films de la Hammer) ; il y a aussi le juge Turpin qui aime la fille de Sweeney, qu'il enferme pour être sûr de ne pas la perdre ; il y a le jeune matelot, Anthony Hope, qui a délivré Sweeney et qui désire plus que tout délivrer la fille de Sweeney des griffes du juge Turpin pour faire sa vie avec ; il y a enfin madame Lovett qui aime Sweeney tout en sachant le caractère pourtant psychopathe de celui-ci (les rêves de madame Lovett donnent lieu d'ailleurs aux seules scènes où l'horizon est bleu et où le monde apparaît sous un jour positif). Madame Lovett est d'ailleurs l'un des personnages qui véhicule particulièrement bien l'humour noir du film, avec ses tourtes inmangeables qui finissent par avoir un contenant très particulier lorsqu'elle obtient un succès dans ses ventes...
La fin du film, particulièrement triste mais également évocation d'un romantisme poussé au paroxysme, risque de laisser plus d'un spectateur sur le carreau.
En tout cas, ce nouveau film de Tim Burton est une grande réussite et devient immédiatement une pierre angulaire dans l'oeuvre de ce réalisateur passionnant. A voir de toute urgence.

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Ma note : 9,5 / 10

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26.01.08

01:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Andre the butcher

Malgré son affiche renvoyant directement à l’univers d’Hostel d’Eli Roth, ce Andre the butcher s’avère être un petit slasher surnaturel ouvertement orienté vers le "fun" et l’humour salace, tout en ne négligeant pas pour autant de nous gratifier de quelques scènes sanglantes volontaires.

Andre the butcherLe script place dans une campagne isolée trois pom-pom girls et leur compagnon, en panne de voiture après un accident, qui vont devenir la cible d'un tueur sanguinaire et indestructible.
Après une courte séquence d'introduction mettant en scène un prisonnier évadé en pleine fusillade avec un policier, dont le combat va rapidement se faire arrêter par un assassin portant un casque de soudeur qui va occire les deux protagonistes, le métrage nous présente ses personnages principaux par le biais d'un vieil homme barbu qui va introduire l'histoire de façon souriante, nous permettant ainsi de découvrir cette petite bande de supporters d'une équipe de football, un jeune homme et trois pom-pom girls, en route pour un match, qui vont d'abord croiser des supporters de l'équipe adverse, entraînant une bataille rangée volontairement comique et débridée, avant d'avoir un accident au milieu de nulle part, dû à l'attitude perturbatrice de la petite amie du conducteur qui lui faisait une petite gâterie, les obligeant ainsi à marcher pour trouver du secours.

Andre the butcherEnsuite, l'intrigue va placer de façon providentielle une maison déserte sur la route du petit groupe où ils vont bien entendu trouver refuge, avant de se séparer, puisque l'homme du groupe va devoir retourner à leur voiture accidentée pour une raison futile, emmenant avec lui une des filles.
Pendant ce temps, deux autres évadés de prison vont s'approcher des lieux, après avoir d'abord rencontré un autre policier mutilé dont il ne restera que la tête et le tronc, ce qui ne l'empêchera pas de leur tirer dessus et ensuite de leur demander de le tuer, avant de prendre en otage les deux demoiselles restées dans la maison, alors qu'elles se livraient à une petite séance de lesbianisme guère osé.
Après quelques petites apparitions sporadiques toujours agrémentées de plans gores volontaires mais simplistes, le meurtrier du film va enfin véritablement rentrer en scène et s'en prendre directement aux personnages pour nous entraîner dans un dernier acte assez jouissif, mettant en avant le caractère surnaturel et vengeur de l'assassin, tout en alignant des rebondissements réguliers et savoureux.
Au-delà de cette intrigue plus que basique et ne parvenant jamais à générer la moindre tension ou un quelconque suspense, ce qui ressortira du métrage, c'est son côté gentiment grivois et lubrique, aussi bien dans l'attitude de personnages aux penchants obscènes avérés et parfois déplacés, entraînant le métrage dans une joyeuse irrévérence ( le shérif qui tentera de violer une des jeunes femmes ), que dans des situations à la limite de l'absurde, complètement débridée et s'offrant grassement une bonne tranche de délire.

Andre the butcherMais du coup, lorsque l'ensemble essayera de redevenir sérieux pour nous expliquer par exemple l'origine de l'assassin, ou lors des apparitions surnaturelles à la télévision du tueur, la sauce ne prendra pas et laissera le spectateur de marbre, surtout que les différentes séquences avançant ce vieillard barbu venant donner son avis sur l'intrigue enfoncera définitivement le clou pour faire basculer le métrage dans la comédie horrifique.
Car le film ne négligera pas pour instant son aspect sanglant, et malgré son petit budget, se permettra quelques dérives sanguinolentes graphiques et volontaires, mais régulièrement aussi absurde ( le tueur qui se recoud son bras précédemment arraché, par exemple, ou encore lorsque dans sa présentation, on le retrouve assis devant sa télévision en train de déguster les croûtes directement arrachées à son bras ) et grotesques ( cette moitié de policier entrailles à l'air qui refusera obstinément de mourir ).

Andre the butcherEt du coup, la réalité de cet assassin increvable venant punir ses victimes de leur pêchés aura bien du mal à se montrer vraiment probante, malgré son look certes très graphique et intentionnellement très visuel et de son aptitude à verser dans le comique, bien sûr voulu, mais réduisant son charisme à néant.
Le métrage déroulera son intrigue sur un rythme assez vif et constant, mais hélas de trop longues et singulièrement inutiles séquences de dialogue viendront plomber légèrement l'ensemble et détourner l'attention du spectateur.
Les personnages, bien que stéréotypés au possible, arriveront à devenir un minimum attachants, bien que l'interprétation ne brille pas par sa crédibilité ni son investissement dans le métrage, laissant ainsi la voie libre à Ron Jeremy ( surtout connu pour ses activités dans le "X" dans les années quatre-vingt ), cabotinant gaiement dans le rôle du meurtrier, sentiment accru par une partition musicale très "métal" qui s'enflamme à chacune de ses interventions.
La mise en scène du réalisateur est plutôt commune et sans relief, malgré quelques petits efforts de style, parvenant juste en de rares instants à créer quelques effets de surprise réussis.
Les effets spéciaux sont globalement convaincants, même s'ils demeurent basiques et faciles à mettre en avant ( l'homme-tronc ), en étant volontaires et presque graphiques dans un gore peu inventif.

andre the butcherDonc, ce Andre the butcher saura se montrer souriant et démonstratif, sans pour autant provoquer un enthousiasme véritable, du fait de certaines longueurs largement nuisibles non compensées par cette lubricité de tous les instants.

DVD de zone 1 édité par ThinkFilm avancera une image juste quelque peu granuleuse, alors que la bande-son sera cohérente, notamment grâce à une partition musicale dynamique et survoltée. Par contre, cette édition ne proposera le film qu'en version anglaise, avec seulement des sous-titres espagnols.
Au niveau des bonus, en dehors de quelques bandes-annonces dont celle du film, seule une scène rallongée ( par ailleurs une des meilleures du métrage ) sera disponible.

Pour ceux qui voudraient faire la connaissance d'Andre the butcher, le DVD de zone 1 est disponible ici ou bien !

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25.01.08

14:30:00, Catégories: Box office cinéma  

par Emmanuel

Même si ca prend moins de temps qu'une critique, la rubrique box office est toujours là et bien là contre vents et marées... La semaine du 16 au 22 janvier est marquée à nouveau par une arrivée massive de nouveautés et, cocorico, par la victoire presque surprise d'un film français.

Le box office Français de la semaine 3
Titre du film Nombre d'entrées France Nombre d'entrées Total
1. Enfin veuve 619 085 619 085
2. La guerre selon Charlie Wilson 280 835 280 8351
3. Into the wild 254 896 547 635
4. Chambre 1408 162 862 162 862
5. Survivre avec les loups 161 125 161 125
6. Je suis une légende 119 599 2 842 671
7. Lust, Caution 92 291 92 291
8. Le renard et l'enfant 86 861 2 144 930
9. Reviens moi 76 360 227 589
10. A la croisée des mondes,
la boussole d'or
70 720 2 896 886

Enfin veuveC'est bien simple, le top 5 est completement bouleversé avec pas moins de 4 nouveautés. Et en tête, un film français, chose qui n'était plus arrivé depuis la sortie du coeur des hommes 2 il y a trois mois. Enfin veuve, 2ème film d'Isabelle Mergault, s'annonce comme son 2ème succès: le film démarre mieux que les 480 000 entrées de Je vous trouve très beau mais aura sans doute du mal à atteindre les 3,3 millions d'entrées de ce dernier grâce à un excellent retour presse et spectateurs.

Deuxième mais loin derrière, on retrouve la caustique guerre selon Charlie Wilson.

Sinon, la belle surprise de la semaine est pour Survivre avec les loups qui malgré un parc assez restreint d'écrans (192 seulement soit 14ème film au nombre d'écrans) est parvenu à émouvoir plus de 160 000 spectateurs. Le film se classe quasiment à égalité que Chambre 1408, l'adapation d'une nouvelle d'un poids lourd de la littérature fantastique américaine, Stephen King.

Seul le film de Sean Penn s'accroche au podium et résiste très bien grâce à un excellent bouche à oreille: -13% seulement en 2ème semaine.

Côté déception, le dernier Ang Lee rassemble moins de 100 000 spectateurs, une claque comparée aux 220 000 entrées de Brokeback Moutain (en évoquant ce film, nous ne pouvons qu'avoir une pensée émue pour Heath Ledger, tragiquement disparu cette semaine).

Enfin, au bilan des films de fin d'année 2007, les deux grands gagnants sont Je suis une légende et la boussole d'or qui devraient rapidement dépasser les 3 millions de spectateurs. Il était une fois, 19eme cette semaine, ne devrait pas atteindre cette barre (2,66 millions pour l'instant).

J'allais oublier nos chouchous qui sont toujours là et bien là, j'ai nommé la graine et le mulet, 15ème cette semaine et qui avec 54 000 entrées supplémentaires dépasse le demi million de spectateurs. Surtout le film de Kechiche enregistre en 6ème semaine et sur 165 écrans le même résultat qu'AVP Requiem en 3ème semaine et 385 écrans. Finalement, la qualité paie toujours. Quand à la visite de la fanfare, je l'évoque surement pour la dernière fois car elle accroche tout juste la 20ème place du classement avec 363 000 entrées cumulées

A la semaine prochaine avec la question: qui remportera le duel Burton/Coen ? Réponse vendredi 1er février!

A la semaine prochaine !

Les critiques cinéma des sorties de la semaine :

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01:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Zombie diaries

C'est en adoptant un ton "reportage" que ce The zombie diaries vient nous conter une nouvelle invasion de morts-vivants, devenant certes du coup originale, mais hélas également quelque peu poussive en s'attardant trop longuement sur ses divers personnages.
Le script suit indépendamment plusieurs groupes de personnages devant faire face à un virus transformant ses victimes en zombies assoiffés de chair humaine.

Zombie diariesAprès une séquence pré-générique nous montrant quelques militaires prenant possession d'une ferme abandonnée et déserte, le métrage nous présente un premier groupe de quatre documentalistes pour la télévision effectuant justement un reportage sur ce mystérieux virus commençant à étendre sa propagation sur le monde entier, sans que pour autant l'Angleterre ne soit pour l'instant véritablement touchée. Après avoir interviewé une responsable de lycée, nous suivrons donc ces personnages se rendant hors de Londres dans une ferme pour s'entretenir avec le propriétaire des lieux, mais qui vont trouver portes closes, en plus de tomber en panne de voiture, ce qui les obligera à se réfugier dans l'habitation où ils vont découvrir un premier mort-vivant, avant d'être attaqué par une horde de zombies et de devoir s'enfuir dans la forêt.

Zombie diariesEnsuite, le métrage nous fera découvrir un second groupe d'individus arpentant une ville déserte à la recherche de victuailles et cherchant à établir un quelconque contact avec d'autres survivants, qui vont bien entendu se retrouver face à d'autres morts-vivants.
Et enfin, le métrage nous proposera de suivre une troisième et dernière bande de survivants ayant trouvé refuge dans une ferme ( décidément ! ) et essayant de s'organiser pour survivre en décimant le moindre zombie approchant des lieux.
Un dernier retour vers le premier groupe vérifiera le dicton selon lequel "l'homme est un loup pour l'homme" en mettant en présence une menace bien vivante et toute aussi mortelle pour nos quatre documentalistes.

Zombie diariesSi le fait de découper le métrage en trois parties bien distinctes ayant pour point commun la façon d'être filmée à la manière d'un reportage pris sur le vif par les personnages eux-mêmes ( procédé déjà appliqué par le Cannibal holocaust de Rugerro Deodato ou bien sûr par Le projet Blair Witch, mais pas encore au film de "zombie" ) offrira un point de vue novateur dans le genre et rendra presque crédible les mésaventures des différents groupes de personnages, ce procédé obligera l'intrigue à multiplier les séquences de présentation des protagonistes, ralentissant du coup le rythme de l'ensemble sans pour autant impliquer plus encore le spectateur. En plus, les différentes situations présentées ici n'auront pas franchement d'originalité propre, entre cette inspection de maison classique et prévisible débouchant sur une découverte certes macabre mais vite expédiée, puis cette exploration d'un centre-ville désert, faisant évidemment toujours de l'effet, avec ces détritus tournoyant au vent et ces rues vides de toute animation et enfin ce groupe s'occupant à faire des "cartons" sur les morts-vivants avant de se disperser pour mieux tomber dans les griffes des zombies, et il faudra attendre le dernier acte du film pour enfin sortir des lieux communs du genre avec quelques surprises désagréables pour les protagonistes et même quelques sous-entendus scabreux tranchant grassement avec le reste du métrage.

Zombie diariesPour un film s'intéressant de près aux zombies, ceux-ci ne bénéficieront que d'une présence à l'écran très limitée, en ayant déjà du mal à avoir une première séquence les mettant en scène(qui se fera largement attendre), pour ensuite ne représenter qu'une menace sporadique et guère envahissante mais plutôt opportune et trop facilement ciblée pour quelques scènes essayant vaguement d'être sanglantes et ne parvenant jamais à être complètement efficaces.
L'interprétation est par contre assez convaincante, avec des interprètes donnant effectivement l'impression de se filmer entre eux et de subir cette invasion, alors que la mise en scène du duo de réalisateurs est tout à fait adaptée à la démarche recherchée, avec des mouvements de caméra secs et hachés et grâce à l'utilisation de plans-séquences édifiants que seule l'intrusion rare mais malvenue d'une partition musicale tentant de se montrer oppressante viendra quelque peu gâcher.
Zombie diariesLes effets spéciaux sont rudimentaires et peu expansifs, en étant surtout concentrés sur des explosions de boîtes crâniennes simplistes, alors que les maquillages des morts-vivants ne sont que peu élaborés.
Donc, ce The zombie diaries ne parviendra pas à transformer l'essai de son originale mise en forme, en ne se montrant que bien trop peu généreux en rebondissements combatifs pour se concentrer de façon trop approfondie sur des personnages sans réelle saveur !

Le DVD de zone 2 édité par Revolver Entertainment présente une image claire et parfois volontairement trouble et granuleuse afin de donner encore un peu plus un aspect réaliste à l'ensemble, alors que la bande-son est claire, mais cette édition ne présente que la version anglaise du film, sans la présence de sous-titres.
Au niveau des bonus, le DVD avancera un making-of essentiellement composé d'interviews croisées des deux réalisateurs et des interprètes, revenant sur les principaux aspects du projet, quelques scènes coupées qui auraient encore alourdi le rythme en n'offrant que des palabres inutiles et la bande-annonce du film.

Le DVD de zone 2 anglais est disponible ici ou encore !

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24.01.08

01:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Survivre avec les loups
Réalisateur : Véra Belmont
Durée du film : 1h58
Date de sortie en salle : 16 janvier 2008

par Emmanuel

Survivre avec les loups

Productrice respectée (« La guerre du feu », « Farinelli » entre beaucoup d’autres), Véra Belmont est aussi réalisatrice. Plus de 10 ans après son dernier film, « Marquise », elle revient derrière la caméra avec « Survivre avec les loups ».

Elle souhaitait depuis longtemps aborder un sujet qui la touche directement au cœur et au corps : la Shoah. Le problème est qu’elle souhaitait le traiter sous un angle nouveau tout en adressant un message fort aux plus jeunes générations. Elle a trouvé tous les ingrédients qu’elle recherchait dans le récit autobiographique de Mischa Defonseca. L’histoire vraie de cette petite fille qui traverse à pied l’Europe de la Belgique à l’Ukraine à la recherche de ses parents déportés est un moment de pure et intense émotion, une leçon de vie à ne pas négliger.

Survivre avec les loups

Loin d’un mièvre et gentillet « Renard et l’enfant » auquel le titre et l’affiche peuvent faire référence (malheureusement pour le film de Belmont), cette épopée n’a rien d’un documentaire. Passée 15 premières minutes maladroites, particulièrement mal jouées et où tout sonne faux, le film prend son envol : la petite Mischa prend son baton de pèlerin et s’enfonce dans la forêt, seule et désarmée. Elle va affronter la faim, le froid, la solitude et la peur. Le titre est d’ailleurs particulièrement bien choisi : il n’est jamais question içi de vivre, juste d’essayer de ne pas mourir, de sur-vivre. Ne pouvant pas compter sur les hommes, elle trouvera en revanche le réconfort auprès des loups qui vont l’adopter presque comme une des leurs.

La comparaison métaphorique (le vrai prédateur, c’est l’homme !) est certes évidente et facile, la piqure de rappel sur la violence parfois gratuite et absurde des hommes ne fait jamais de mal. Surtout que la réalisatrice a l’élégance de ne rien asséner, elle se contente de montrer. Les images parlent d’elles mêmes. Elle arrive à suggérer l’horreur de la guerre et des camps de concentration en quelques scènes chocs tout en suivant son fil conducteur principal, l’intemporel mythe de l’enfant sauvage.

survivre avec les loups

Et la performance hallucinante de vérité de la jeune Mathilde Goffart permet d’accentuer encore le réalisme de cette invraisemblable dépassement de soi. Pour son premier rôle, elle se révèle instinctivement bien plus à l’aise dans les scènes difficiles et physiques que dans les scènes de comédie pure. Elle est bien secondée par un Guy Bedos parfait en grand-père de substitution.

Cependant, certaines scènes agacent : plans larges sur la tanière des loups, travelling sur la campagne déserte et enneigée, Véra Belmont donne un côté trop aventures à la tragédie. Vouloir alléger le propos pour les plus jeunes est certes louable, la façon de le faire n’est pas des plus légères ni des plus fines. Et à vouloir transformer la petite fille en héroïne intemporelle de contes (Mischa ressemble furieusement au Petit Chaperon Rouge dans sa cape – rouge- et elle laisse des repères comme Le Petit Poucet), on en oublierait presque que les méchants de l’Histoire n’ont été que bien trop réels. Enfin, que dire de la musique insupportable d’Emilie Simon qui anihile toute émotion. Electronique et pesante, elle semble en décalage permanent avec le ton du film, malgré ce que semble en penser Véra Belmont (« J’ai posé sa musique sur les premières images de mon film et elle accompagnait et soutenait le film comme par magie.»)

Enfin, que tout soit vrai dans ce que raconte Mischa est finalement assez secondaire. Probablement même, l’enfant devenue adulte a exaggeré et déformé certains aspects de son aventure. L’essentiel n’est pas là. Le film a le mérite d’exister, d’évoquer sous un angle différent cette sombre période de l’histoire. Vu à travers les yeux innocents d’une petite fille pour qui l’amour d’une mère vaut qu’on risque sa vie, cette presque fable parvient à transmettre un message de tolérance et de courage destinée à toute la famille.

En faisant abstraction de ses défauts et de ses maladresses, le film laisse le spectateur avec les yeux humides et une seule et unique petite phrase en tête : plus jamais ça.

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23.01.08

01:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Quatre minutes
Réalisateur : Chris Kraus
Durée du film : 1 h 52
Date de sortie en salle : 16 janvier 2008

par Nicofeel

quatre minutes

L'année 2007 avait marqué la renaissance du cinéma allemand avec notamment le fabuleux drame La vie des autres qui avait rencontré un très grand succès tout à la fois du public que des critiques. L'année 2008 confirme le renouveau du cinéma allemand en ce début d'année le cinéaste Chris Kraus, qui réalise un drame particulièrement intéressant, Quatre minutes. Le film a d'ailleurs lui aussi reçu de nombreuses récompenses dans les festivals (dont celui du meilleur film au festival international de Shanghaï ou encore le prix du public au festival de San Francisco).

Le début du film est particulièrement symbolique de ce que l'on va voir par la suite : on observe des oiseaux qui s'envolent tandis que la caméra descend jusqu'à nous montrer les barbelés d'une prison. Le film fonctionne parfaitement sur deux thèmes opposés : liberté et asservissement. On comprendra d'ailleurs par la suite que d'autre thèmes opposés vont être mis à l'honneur.
Mais il est grand temps de s'intéresser au scénario du film : Quatre minutes (qui fait écho à la fin du film et notamment à du Schumann recomposé par le personnage principal pour l'occasion) est un film où une vieille dame, Traube Kruger, qui donne depuis plusieurs années des leçons de pianos à des détenus va rencontrer une jeune détenue, Jenny, assez introvertie dans ses relations avec autrui et occasionnellement assez violente (comme le prouve une des premières scènes du film, essentielle au demeurant, avec l'un des gardiens), qui dispose manifestement d'un talent inné pour jouer du piano. La vieille dame décide donc de prendre la jeune femme sous sa coupe pour pouvoir lui faire passer le concours d'entrée au Conservatoire. Tout le film va traiter avec une grande finesse la relation entre ces deux personnages.

quatre minutes

L'intérêt central du film est de nous montrer que ces personnages possèdent toutes les deux des zones d'ombres qui les ont marquées à vie. Pour Jenny, la détenue, on comprend assez vite qu'elle a eu une enfance difficile et que sa situation n'est que la conséquence logique de malheureux événements : viol, perte d'un enfant, incarcération dont les preuves sont loin d'être évidentes.
A l'opposé, le personnage de la vieille dame, qui paraît assez lisse en apparence, est en fait celui qui possède le plus de zones d'ombres. Et c'est ce qui estb intéressant dans ce personnage. En bon réalisateur allemand qu'il est, Chris Kraus n'en n'oublie pas d'apporter sa pierre à l'édifice quant aux erreurs passées de son pays. Par le biais de flashbacks qu'a la vieille dame, Chris Kraus montre toute l'horreur de la Seconde Guerre Mondiale. Surtout, le réalisateur évoque la culpabilité du personnage de Traube Kruger lorsqu'elle était jeune et qu'elle a décidé de « lâcher » la seule femme qui ait réellement compté pour elle. D'ailleurs, Chris Kraus a l'intelligence de nous montrer d'abord des flashbacks quasi oniriques dans la relation entre Traube Kruger jeune et la femme qu'elle fréquentait puis des images beaucoup plus sombres avec l'omniprésence des nazis. La culpabilité de Traube Kruger est aussi celle de l'Allemagne dans son ensemble vis-à-vis de la guerre.
Quant au personnage de Jenny, il apparaît finalement beaucoup plus sincère : à l'opposé de Traube Kruger, qui est rigoriste et particulièrement dure, Jenny est une jeune femme certes renfermée et parfois violente dans ses réactions mais qui apparaît au fur et à mesure que le métrage avance comme quelqu'un de sincère, qui est au fond victime d'un milieu familial et d'une société qui l'a rejetée. A tel point qu'elle passe désormais sa vie en prison. La description du milieu carcéral dans le film fait assez réaliste, montrant qu'il s'agit d'un microcosme de notre société et où la règle est le chacun pour soi. Le réalisateur Chris Kraus se sert des leçons de piano pour finalement montrer deux personnages, la vieille Traube Kruger (qui revit via Jenny) et Jenny, qui cherchent à obtenir un moment de pure liberté.
A cet égard, la fin du film, est tout à la fois la preuve que Jenny a réussi son entreprise mais que son destin est marqué par la fatalité.

quatre minutes

Si Quatre minutes est un film très intéressant, il y a cependant quelques facilités scénaristiques qui font que le film n'atteint pas la puissance de La vie des autres. Mais il s'agit tout de même d'un très bon film.

Ma note : 8.5/10

La vie des autres

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Shattered glass - Edition belge

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22.01.08

01:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Defenceless

Avec ce Defenceless, le réalisateur australien Mark Savage nous livre une œuvre définitivement atypique, surréaliste et étrange sur le thème du "Rape and revenge", dont l'une des particularités et non des moindres est de ne comporter aucun dialogue.
Le script suit le calvaire d'une jeune femme qui, pour avoir refusé de signer un compromis de vente de son terrain en bord de mer à des promoteurs désireux d'y créer un complexe hôtelier, va s'attirer le courroux de ceux-ci, qui vont d'abord s'en prendre à son entourage avant de s'attaquer directement à sa personne, entraînant donc dans un deuxième temps une revanche sanguinaire.

DefencelessC'est directement que le métrage met en scène son héroïne entourée des co-signataires de cet acte de vente, qu'elle décevra en refusant de signer avant de les laisser en plan pour rejoindre son fils dans son havre de paix au bord de la mer, sans se douter que peu de temps après son compagnon ( ou ex-compagnon ) va subir une agression mortelle, clairement montrée lors d'une première séquence violente et sèche, dont elle recevra les photos accompagnées d'un mot lui intimant de signer son contrat.
Au lieu de s'exécuter, l'héroïne ira faire son deuil dans les champs surplombant l'océan et y rencontrera une jeune femme qui prendra soin d'elle et deviendra son amie intime. Mais bien entendu, ce sera au tour de cette nouvelle compagne d'être agressée puis violée et battue à mort par ceux que l'on devinera aisément être les trois promoteurs qui enverront ensuite le film de l'agression au personnage principal, la plongeant alors dans une tristesse sans nom, qu'elle tentera d'effacer en compagnie de son fils, jusqu'à ce qu'à son tour, elle ne subisse les derniers outrages sur la plage avant également tuée.

DefencelessToute cette première partie du film pourra facilement surprendre par son mélange de poésie surréaliste, mais devenant à la longue quelque peu laborieux ( la longue séquence des deux jeunes femmes s'amusant dans les champs cherchant à sous-entendre un lesbianisme naissant entre elles ), et de violence pure n'hésitant pas à détailler copieusement les actes de barbarie commis par ces trois hommes masqués dans un style clairement SM, alors que l'absence volontaire de dialogue ne nuira pas spécialement à la compréhension globale mais ressemblera plus à un exercice de style de la part du réalisateur qui semblera bien chercher par ce biais à se différencier de la norme cinématographique d'usage.

DefencelessLa seconde partie du film, qui verra "renaître" l'héroïne neuf mois après sa mort, toujours sur la plage et avec pour compagnie une jeune fille qui l'aidera à se reconstituer, sera quant à elle encore plus étrange en nous faisant suivre le mode de vie bizarre de la ressuscitée ( avec par exemple cette habitude de s'endormir dans l'eau ), avant de lancer sa vengeance lorsqu'elle apprendra ce qui lui est arrivé auparavant, non sans avoir d'abord vengé la fillette tuée par son père incestueux, se livrant au passage au cannibalisme.
Ce dernier acte du métrage se caractérisera par sa violence sanglante lors de l'assassinat des trois violeurs, le premier étant méchamment torturé et castré avant de mourir, alors que le second sera simplement massacré à coups de serpe et que le dernier sera lui aussi castré, le tout à grands renforts de gros plans sanglants expansifs, appliquant ainsi une morale récurrente dans le genre, mais ici poussée à son paroxysme.

DefencelessSi le métrage restera terriblement volontaire dans ses débordements de violence et parviendra à se montrer jouissif dans la vengeance de cette femme bafouée ne montrant aucune pitié face à ses agresseurs, le reste du métrage aura par contre du mal à se montrer véritablement probant, en partant un peu dans tous les sens sans que l'on sache véritablement où le réalisateur souhaite nous emmener, ni ce qu'il cherche à définir, notamment dans la seconde partie et le retour à la vie vraiment bizarre de son héroïne, jamais justifié ni expliqué, mais donnant lieu à de longues séquences redondantes faisant figurer cette gamine pas vraiment à sa place.
Par contre, l'auteur saura tirer partie des décors naturels sauvages resplendissants du bord de mer australien pour magnifier ses élans poétiques et ses dérives à caractère bizarre qui peupleront l'ensemble du métrage, ralentissant le rythme de l'ensemble mais achevant de donner au film une touche "autre" recherchée.

DefencelessL'interprétation est plus que convaincante, entièrement portée par Susanne Hausschmid qui n'hésitera pas à payer de sa personne lors des séquences délicates, alors que la mise en scène du réalisateur est limpide et sait se montrer impactante lors des scènes violentes.
Les effets spéciaux sont ici globalement réussis mais basiques en faisant surtout éclabousser le sang sur les protagonistes, mais les gros plans resteront efficaces.
Donc, ce Defenceless se vivra comme une expérience complètement différente, parfois légèrement irritante ( sentiment accru par une partition musicale lyrique omniprésente lors des séquences surréalistes ), mais aussi furieusement brutale dans ses débordements de violence !

Le DVD de zone 1 édité par Subversive Cinema avancera une image nette et sans défaut et une bande-son efficiente dont l'absence de dialogue rendra la compréhension aisée même pour les non anglophones.
Au niveau des bonus, cette édition comprendra un making-of essentiellement composé d'interviews du réalisateur qui revient sur sa démarche et des acteurs du métrage, une courte mais attractive galerie de photos, les filmographies des principaux intervenants, alors que le DVD sera accompagné d'un petit livret comprenant des extraits du journal de production du film.

Pour ceux qui voudraient tenter l'expérience, le DVD de zone 1 est disponible ici ou encore !

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21.01.08

01:00:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

Abandonnée

Le réalisateur espagnol Nacho Cerda nous offre avec ce Abandonnée son premier long métrage, d’ailleurs sélectionné au festival "Fantastic’arts" de 2007 mais sans hélas remporté le moindre prix, après une série de courts, dont certains ( dont le controversé Aftermath) ont été édité en DVD sous le titre La trilogie de la mort.

Abandonnee

Minimaliste en diable pour mieux imposer son cauchemar éveillé, le script met en scène Marie, une productrice de cinéma américaine, qui retourne dans son pays natal, la Russie, où le cadavre de sa mère a été retrouvé dans des circonstances étranges. Elle ne l'a jamais connue, ayant été adoptée et emmenée aux Etats-Unis à la naissance. Le seul indice dont elle dispose est une ferme isolée, abandonnée dans les montagnes, qui appartenait à ses parents naturels. Marie hérite du lieu, mais personne ne veut l'y conduire car une superstition locale prétend que l'endroit est... damné. Un seul homme est prêt à s'embarquer pour un voyage aussi long et dangereux... Un inconnu qui, étrangement, semble en savoir beaucoup sur son histoire... Une fois sur place, le mystérieux guide disparaît, obligeant Marie à explorer seule le site abandonné.

Abandonnee

Et d’après les critiques parcourues ici où là, Nacho Cerda a largement réussi son coup en réalisant un film purement terrifiant jouant parfaitement avec ses décors d’intérieurs délabrés, mais également avec des maquillages probants et effrayants, dont certains en hommage aux zombies du regretté Lucio Fulci, tout en entretenant une tension de tous les instants.

Abandonnee

Le DVD édité par Wild Side proposera le film en version originale ou en version française ( avec une option DD5.1 ou DTS5.1 à chaque fois ), avec une image au format 2.35 (16/9 anamorphique ).
Cett édition comprenant deux DVD, le second nous proposera ses bonus contenant notamment un makin-of, deux reportages sur le réalisateur Nacho Cerda, des cènes alternatives ou coupées, un comparatif film/storyboard multi-angles et une galerie de photos, sans oublier un storyboard imprimable.

Abandonnee

Donc, il ne reste plus qu’à attendre le 22 janvier pour pouvoir se plonger dans l’univers morbide et macabre de ce Abandonnée confirmant si besoin en était la bonne santé du cinéma de genre espagnol !

Abandonnee

Nacho Cerda : La trilogie de la mort

Nacho Cerda : La trilogie de la mort
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20.01.08

01:00:00, Catégories: Test / Critique  

Un film coup de coeur : Cria cuervos

Cria cuervos

Réalisé en 1976 par le grand cinéaste espagnol Carlos Saura (auteur des remarquables Antonieta, Carmen ou El Dorado), troisième volet clôturant une magnifique trilogie commencée avec les excellents Ana et les loups (1971) et La cousine Angélique (1973), Cria cuervos est sans doute l’œuvre majeure de Saura, en même temps qu’un des films les plus originaux, les plus douloureux et les plus aboutis sur le monde de l’enfance.
Le titre du film est tiré du célèbre proverbe espagnol « Cria cuervos y te sacaron les ojos » (« Nourris les corbeaux et ils t’arracheront les yeux »), qui s’adapte parfaitement à ce film morbide et profondément marqué par la mort.
Cria cuervos est raconté du seul point de vue d’Ana, sœur cadette d’une famille bourgeoise typique de l’Espagne des années 1950 composée de trois filles : l’aînée prénommée Irene, évidemment Ana et la benjamine prénommée Maite. Le film débute sur une photo représentant la petite Ana (magistralement interprétée par la petite Ana Torrent, 9 ans à l’époque du tournage, et qu’on a revue récemment dans le terrifiant Tesis d’Alejandro Amenabar) et sa mère (jouée par la grande Geraldine Chaplin, qui interprète également Ana adulte), et le spectateur comprend déjà que cette relation va hanter tout le métrage.
Saura entremêle habilement présent, passé et futur dans une structure narrative complexe d’une grande inventivité qui tente de transcrire le processus de la mémoire et du souvenir. Ces souvenirs peuvent être d’ailleurs réels ou fantasmés, mais ils retranscrivent avec justesse l’état d’esprit d’Ana. Dans un même plan, Ana peut passer librement du réel au rêve ou au fantasme. Il lui suffit de passer dans un couloir ou un escalier pour entrer dans une strate temporelle différente.
La véritable narratrice est bien Ana adulte, qui se souvient de son enfance brisée par trois morts successives : celle de son père, mort dans la jouissance, entre les bras de sa maîtresse Amélia ; celle de sa mère, morte dans d’atroces conditions parce qu’elle n’a jamais pu être aimée et comprise de son époux ; celle enfin du petit cochon d’Inde d’Ana, prénommé Roni, que celle-ci ira enterrer au fond du jardin.
Dans cette atmosphère délétère, rendue pesante par ces décès à répétition, Ana ne peut que se réfugier dans l’imaginaire et le souvenir, celui notamment de cette mère tant aimée. Cet imaginaire et cette mémoire finissent d’ailleurs par se confondre entièrement dans la tête d’Ana, au point que celle-ci ne distingue quasiment plus la frontière entre réel et rêve.
Orphelines, Ana et ses deux sœurs (ces deux filles se créant également une carapace fictive pour s’extraire du réel) sont prises en charge par la tante Paulina, qui n’est autre que la sœur de la mère des trois fillettes.
La grande force de Saura est de ne pas avoir enjolivé cet univers enfantin marqué par le deuil. Au contraire, le cinéaste espagnol représente Ana comme une enfant renfrognée, insomniaque, hantée par de terribles obsessions morbides et errant de manière permanente dans les couloirs de la maison. Seul le regard d’Ana, dur et impassible, est expressif, d'une intensité redoutable. Car Ana croit qu’elle a le pouvoir de mort sur les gens.
Cette mort omniprésente, Ana l’utilise comme un exutoire, elle l’expérimente sur sa grand-mère (continuellement perdue dans un passé révolu, fixant éternellement des images de sa vie), pour la libérer du poids du passé, elle l’essaie aussi sur sa tante Paulina, pourtant très loin de la marâtre caricaturale, plutôt aimante et douce.
Profondément dérangeant, Cria cuervos est un grand film sur la fin de l’innocence. Cette fin de l'innocence qui arrive dès la scène primitive du début du film (la mort du père), elle est présente dès le commencement.
En effet, Cria cuervos n'est pas un cheminement vers la perte de l'innocence, mais l'évolution d'une fin de l'innocence perdue dès le début.
Face à des choses qui la dépassent et qu’elle ne comprend pas, Ana reproduit dans ses jeux ce qu’elle croit voir : par exemple coiffer sa poupée dans une piscine vide ; reproduire les scènes de disputes entre son père et sa mère, avec ses deux sœurs ; demander à la bonne Rosa, la seule personne qui semble comprendre Ana, de lui montrer ses seins ou encore tuer pour de faux ses sœurs dans une partie de cache-cache.
Parfois traumatisant (la scène où Ana a entre les mains le pistolet chargé de son père) et cruel, souvent troublant, Cria cuervos est une vision noire et désenchantée du monde de l’enfance, magnifiée par la mise en scène rigoureuse de Saura, entre onirisme et réalisme, laissant échapper des trésors d'émotion et de poésie.
Les seuls moments de bonheur sont au rythme de la jolie chanson Porque te vas (« Car tu t'en vas »), hymne du film, lorsqu’Ana danse avec ses deux sœurs ou qu’elle écoute cette mélopée seule dans son coin.

Cria cuervos

Cette chanson lui permet de s’évader dans un monde où tout serait enfin possible, où elle pourrait vivre à jamais aux côtés de sa mère (idéalisée).
Mais Cria cuervos est encore plus que cela : c’est aussi un bras vengeur contre la censure de son pays (n’oublions pas que le général Franco décède en 1975) et une métaphore à peine voilée des conséquences terribles du franquisme.
Oui, le spectateur peut déceler la haine du régime de Franco par Carlos Saura, où le père d’Ana, militaire de carrière, indifférent à ses enfants et son épouse, volage et impitoyable, serait la représentation de la dictature franquiste et de ses funestes conséquences, dont les horreurs se répercutent sur la mère d’Ana, qui serait alors l’image agonisante et sans espoir de la république espagnole assassinée. Où la grand-mère d’Ana serait le fier passé de l’Espagne, figée éternellement dans un passé lointain et révolu. Où enfin Ana elle-même serait le futur incertain de l’Espagne, l’ange vengeur du peuple espagnol qui, après avoir tué le père (Franco) reconstruirait un nouveau régime (car n’oublions pas qu’Ana, au début de Cria cuervos, croit avoir tué son père).
Cependant, dans un beau travelling final, où le spectateur voit Ana aller à l’école en compagnie de ses sœurs et se fondre avec leurs camarades de classe, un espoir subsiste, peut-être tout simplement le renouveau de l’Espagne…

Cria cuervos

Assurément, Cria cuervos est le chef d’œuvre absolu de Carlos Saura, dont les multiples visions n’entament en rien la beauté et la perfection. Cri de révolte contre le franquisme, portrait particulièrement torturé de l’enfance marquée par la mort, film sur le temps et la mémoire, Cria cuervos est fabuleusement porté par la jeune Ana Torrent, tout simplement impressionnante. Et le spectateur gardera longtemps dans sa tête le doux leitmotiv de Porque te vas, seule note d’espoir (avec la présence fantômatique mais rassurante de la mère d'Ana, à jamais idéalisée) dans un monde ravagé par la haine et la mort. Admirable !

Cria cuervos

Ma note de ce chef-d'oeuvre : 10/10

A noter que ce film est disponible depuis peu (le 21 novembre 2007) en DVD chez Carlotta, éditeur cinéphilique par excellence. Carlotta avait d'ailleurs ressorti le film en copie neuve dans une somptueuse copie au cinéma avant de l'éditer en DVD.

Cria cuervos

Cria cuervos
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19.01.08

13:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Smiley Face
Réalisateur : Gregg Araki
Durée du film : 1h 25
Date de sortie en salle : 16 janvier 2008

par Emmanuel

Smiley face

Attendu au tournant après l’éprouvant mais brillant Mysterious Skin, Gregg Araki signe avec Smiley Face son film le plus léger mais aussi le plus inconsistant. On est presque surpris de le retrouver aux commandes de ce « stoner movie » dont l’objectif unique et assumé est de faire rire.

Et le pari est-en partie- réussi. Avec un pitch des plus improbables rappelant les pires teen comédies américaines de ces dernières années (et notamment « eh mec elle est où ma caisse » ?), le scénario arrive à enchaîner les situations loufoques plus invraisemblables les unes que les autres à vitesse grand V. La pauvre héroïne (pas de drogue dure cependant ici, que de la beuh et de la bonne apparemment) se retrouve embarquée dans une folle journée – comme Ferris Bueller avant elle – dont elle ne sortira pas indemne et nous non plus. Entre répliques percutantes et situations cocasses, on se surprend souvent à (sou)rire.

Smiley face

Le succès du film repose en grande partie sur les épaules d’Anna Farris qui est de chaque plan. Omniprésente pendant 1h30 avec ses mimiques parfaites pour le slapstick et sa voix droopesque, elle campe une Jane plus vraie que nature. Défoncée, totalement irresponsable, actrice ratée et trentenaire désenchantée qui ne tient à rien sauf à son lit (rien que ça), elle va rencontrer au cours de son périple sous influence une brochette de personnages plus déjantées les uns que les autres. D’un patron anti-syndicaliste de boucherie au pote geek de son colloc psychopathe, ils vont tous subir la loi de cette ineffable tornade blonde incontrôlable.

Côté réalisation, on oscille entre bonnes idées et paresse absolue. Gregg Araki s’accorde une vraie récréation après Mysterious Skin et se permet donc, à part deux-trois plans bien ficelés (notamment la scène d’introduction avant le générique), de filmer son OVNI comme une banale et mauvaise sitcom. De plus, il faut bien reconnaître que le script ne tient pas la longueur. Probablement écrit au coin d’une table sur du papier…à rouler, il aurait sans doute pu donner lieu à un court-métrage absolument formidable et hilarant de bout en bout. Là, par contre, au bout de 40 minutes de film, le propos se dilue contrairement aux effets des spaces muffins dévorés par Jane.

Smiley face

Autre point négatif, la conclusion n’est pas des plus finaudes. Pourquoi cette leçon de pseudo morale après 1h20 assez réjouissante de politiquement incorrect ? Inutile et un peu incompréhensible. Finalement, le monde de Jane est assez proche de celui des Bisounours, la drogue en plus (quoique si on se souvient bien de ces oursons multicolores, on pouvait sérieusement se demander à quoi ils carburaient). De plus, en comparant Smiley Face aux autres films de Gregg Araki, un constat se fait jour : toutes les obsessions du réalisateur semblent avoir disparu. Où est donc passé l’artiste engagé et perturbant auteur d’une trilogie ô combien trash sur la génération X des années 90 ? N’y avait-il donc la place pour aucune réflexion dans cette comédie presque trop légère ? Contrairement à une teen comédie habituelle, il n’y a ici aucune (ou presque) allusion graveleuse à la sexualité des personnages alors que le sexe est justement une des lubies majeures du réalisateur. Comme si Smiley Face marquait une vraie pause dans sa carrière, une parenthèse enchantée avant de s’attaquer à de nouveaux projets plus ambitieux.

Au final, Smiley Face se révèle comme une farce enfumée qui se laisse voir sans déplaisir mais qui se laisse aussi oublier sans effort. Pas un bad trip donc mais on déjà vu came comique de meilleure qualité.

Verdict : Pas de Hara kiri en vue car finalement Araki rit quand même et nous avec...

Mysterious skin

Mysterious skin
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18.01.08

13:00:00, Catégories: Box office cinéma  

par Emmanuel

Tiens, on est vendredi, non? Ah ben si! Et donc qui dit vendredi, dit chiffres.

C'est parti pour les résultats de la semaine du mercredi 09 au mardi 15 janvier avec du changement (enfin!) et beaucoup moins d'entrées que la semaine derniere, les vacances sont finies...

Le box office Français de la semaine 2
Titre du film Nombre d'entrées France Nombre d'entrées total
1. Into the wild 292 739 292 739
2. Je suis une légende 188 989 2 723 072
3. Reviens moi 151 229 151 229
4. Alien vs Predator : Requiem 139 997 515 506
5. Le renard et l'enfant 135 915 2 058 069
6. 30 jours de nuit 130 527 130 527
7. A la croisée des mondes :
la boussole d'or
113 597 2 826 166
8. It's a free world 100 256 264 914
9. Hitman 98 421 705 258
10. Détention secrète 85 678 85 678

Into the wildC'est fini! Après 3 semaines au sommet du box office, Will Smith s'est fait détroner par un petit gars qui a tout abandonné pour vivre Into the wild. Avec près de 300 000 spectateurs, Sean Penn réalise là son meilleur démarrage en tant que réalisateur et devrait pulvériser son record d'entrées établi avec The pledge (477 364 entrées). Ce score est d'autant plus impressionnant que le film ne dispose que de 172 copies dans toute la France soit le 15ème film seulement loin des 648 écrans du Renard et l'enfant qui, au passage, dépasse les 2 millions de spectateurs cette semaine.

Autre constatation, les films de Noël disparaissent progressivement du classement et perdent entre 68%(Le renard et l'enfant) et 80% (Bee Movie) de fréquentation. Et si la boussole d'or devrait passer le cap des 3 millions de spectateur, ce ne sera probablement pas le cas du Disney Il était une fois.

Et cela implique du renouvellement: cette semaine pas moins de 4 nouveautés se glissent dans le Top 10 dont 2 sur le podium puisque le superbe drame Reviens moi occupe une très belle 3ème place.

Evidemment, on ne pouvait pas finir ce box office sans signaler que La Graine et le Mulet (12ème) et La visite de la fanfare (14ème) sont toujours là. Le premier tutoie la barre des 500 000 spectateurs tandis que le 2ème a dépassé les 300 000 spectateurs...

Sur cette nouvelle réjouissante, à la semaine prochaine!

Les critiques ciné des films de la semaine :

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01:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Scarecrows

Egalement connu sous le titre de Paratrooper, ce Scarecrows vient gonfler la liste des œuvres mettant en scène des épouvantails meurtriers, tout en étant globalement captivant et en nous offrant même quelques dérives sanglantes réussies.
Le script suit les déboires d'un groupe d'anciens militaires responsables d'un braquage sur une base aérienne qui, dans leur fuite en avion et suite au vol du butin par l'un des leurs, vont se retrouver à arpenter un étrange champ à la recherche du fuyard, sans se douter qu'une force maléfique les épie et attend pour frapper.

ScarecrowsCertainement par manque de moyens, le métrage nous épargne ce braquage pour nous faire découvrir directement les auteurs en route pour le Mexique à bord d'un avion "emprunté" avec pour otage le pilote et sa fille, nous permettant ainsi de faire rapidement la connaissance avec ces militaires suréquipés mais aux traits de caractère bien stéréotypés, avant que l'un des braqueurs ne saute de l'appareil avec l'argent dérobé enfermé dans une grosse malle, entraînant de la sorte la stupeur puis la fureur des autres occupants de l'appareil qui vont bien évidemment se lancer à la recherche du voleur, d'abord en parachutant les trois autres hommes du commando, tandis que l'avion va chercher à se poser.

ScarecrowsLe métrage prendra ainsi place dans ce champ parsemé d'épouvantails inquiétants pour une traque assez commune mais parvenant quand même à installer une ambiance menaçante ( avec plusieurs phénomènes inexpliqués, tels cette voiture roulant sans moteur ou ce groupe électrogène se mettant en route tout seul ), tout en créant un début de tension ( notamment lors de l'inspection de cette maisonnette perdue au milieu de ce champ ), mais rendue quelque peu ridicule par ces dialogues incessants ( les différents personnages pouvant communiquer par radio, les poursuivants ne cessant pas de maudire et de menacer le fuyard ) plombés par une version française désastreuse.
Mais alors que l'intrigue commencera sérieusement à tourner en rond, les épouvantails vont se mêler à la partie de cache-cache pour d'abord attaquer le voleur du butin lors d'une séquence assez surréaliste et troublante avant de s'en prendre au reste du groupe lui aussi arrivé à cette maisonnette.

ScarecrowsEt ce qui frappera le spectateur à partir de ce moment-là, ce seront les exactions sanglantes volontaires et inventives de ces créatures de paille n'hésitant pas à sectionner une main pour se la coudre ensuite, par exemple, alors que le retour du fuyard parmi ses anciens camarades entraînera également quelques effets sanglants vraiment probants tout en nous réservant une surprise de taille. Heureusement d'ailleurs que le réalisateur a su faire preuve d'un volontarisme expansif à ce niveau-là, car sinon l'intrigue continuera à dérouler ses petits rebondissements sans réelle saveur sur un rythme de métronome, en multipliant les allers-retours dans ce champ pour des motifs parfois bien futiles, alors que le doute puis la terreur qui gagnera le groupe aura bien du mal à se montrer véritablement communicative, et même lorsque l'un des personnages sombrera dans la folie pure, ce sera sans éclats ni artifice.
En plus, les personnages laisseront définitivement indifférents, aussi bien en agissant un peu n'importe comment, parfois même comme s'ils cherchaient sciemment à se faire trucider, qu'en continuant à entretenir des dialogues insipides et stériles.

ScarecrowsMais au-delà de cette intrigue aux développements guère imaginatifs, le métrage pourra compter sur une atmosphère lugubre parfaitement rendue, notamment grâce à ces épouvantails crucifiés dont le spectateur s'attendra à chaque instant à les voir prendre vie, alors que le réalisateur se gardera bien de fournir la moindre explication quant à la malédiction régnant sur ces lieux maléfiques, même si la caméra s'attardera à plusieurs reprises sur cette photo montrant trois hommes d'antan, que l'on devinera bien facilement être les épouvantails meurtriers, mais sans pour autant justifier leur présence, ni leur mode opératoire, et encore moins la possession des corps des victimes, élément qui donnera quand même lieu à un dernier baroud sanglant toujours généreux et graphique.

ScarecrowsL'interprétation est ici très commune, presque superficielle et aucun interprète n'arrive vraiment à rester bien longtemps crédible, alors que la mise en scène du réalisateur est plutôt molle et peine ainsi à donner du rythme à un métrage qui en aurait pourtant bien eu besoin, mais cette lenteur dans l'action favorise l'installation d'un climat inquiétant et parfois même angoissant, même si l'utilisation d'effets (surtout en caméra subjective ) n'apporte pas grand-chose à l'ensemble.
Les effets spéciaux sont par contre copieusement réussis, avec des maquillages des épouvantails effrayants et des effets sanglants toujours crédibles et bluffants ( la décapitation du fuyard est assez terrible dans son genre ! ).
Donc, ce Scarecrows offrira un bilan plutôt mitigé, mais compensera ses lacunes et ses maladresses par son atmosphère convaincante et ses effets gores volontaires.

ScarecrowsLe DVD de zone 1 édité par MGM avancera une image particulièrement claire et nette malgré de multiples séquences se déroulant dans la pénombre et proposera une bande-son dont la partition musicale peinera à s'imposer. Au niveau des langues, l'éditeur, comme souvent, nous offrira la possibilité de suivre le métrage en version française ( même si la VF est désastreuse en terme de choix des voix et de traduction ), ou en version anglaise, mais avec seulement des sous-titres anglais.
Enfin, si le film est proposé ici dans sa version intégrale, le DVD ne comportera hélas pas le moindre bonus.

Le DVD de zone 1 est disponible ici !

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17.01.08

01:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Lust, Caution
Réalisateur : Ang Lee
Durée du film : 2 h 38
Date de sortie en salle : 16 janvier 2008

par Nicofeel

lust caution

Ang Lee est un réalisateur taïwanais particulièrement apprécié dans les festivals : pour preuve, il a déjà obtenu 2 Ours d'Or à Berlin avec Garçon d'honneur et avec Raison et sentiments (une belle adaptation de l'oeuvre du même nom de Jane Austen) ; ainsi que deux Lions d'Or à Venise, l'un pour Le secret de Brokeback Mountain et l'autre lors du dernier festival à Venise, pour Lust, Caution.
Lust,Caution n'a pas pour autant volé son prix car, ce qui est présenté par certains comme un simple thriller érotique, est en fait un drame romanesque assez intense.

Lust, Caution se passe d'abord dans une phase historique très particulière : après l'introduction du film, le récit est constitué par un long flashback, qui évoque l'invasion des Japonais en Chine, et précisément à Shangaï en 1938-1942. Durant cette période, à l'instar de ce qui se passait en France, les Chinois sont entrés pour certains dans une résistance souterraine afin de tenter de mettre à mal la politique de leur oppresseur : ces résistants sont donc inidrectement au service de Tchang Kaï-chek, leader de la République de Chine.
Lust, Caution joue en outre sur plusieurs autres niveaux : le niveau historique est clairement évoqué et l'ambiance du film montre bien que chacun épie l'autre, que tout le monde est surveillé et que la confiance envers autrui est réduite au minimum. Le film d'Ang Lee montre par ailleurs assez clairement l'invasion des Japonais en Chine. En effet, les Chinois en sont réduits à de véritables rationnements au niveau de leur nourriture. Ce qui n'est pas le cas de ceux qui collaborent avec l'ennemi.
Mais Lust, Caution joue aussi à un autre niveau. Celui du film qui allie espionnage et drame romanesque. Il montre le combat personnel d'une résistante, Wong Chia Chi, alias madame Mack qui est incarnée par la belle actrice Tang We (superbe performance d'actrice). Celle-ci doit donner de sa personne pour permettre l'élimination de monsieur Yee ( interprété par l'immense acteur qu'est Tony Leugn Chiu Wai, connu notamment pour sa prestation dans In the mood for love), une personne influente qui collabore avec les Japonais. Le film fait dès lors inmanquablement penser à l'excellent Black book de Paul Verhoeven où une jeune hollandaise avait également donné de sa personne pour pouvoir raconter à d'autres résistants ce que fomente un chef nazi. D'ailleurs, comme chez Verhoeven, le film d'Ang Lee montre que les personnes auxquelles on a affaire sont plus subtiles que l'on ne l'imagine. Le spectateur ne peut pas détester monsieur Yee qui, bien qu'étant au service des Japonais, se montre de plus en humain au fur et à mesure que le film avance et révèle un personnage assez complexe.

lust cautionLa subtilité du drame d'Ang Lee est clairement visible par le biais de ses fameuses scènes de sexe : la première est d'ailleurs assez surprenante. Mais surtout, ces scènes de sexe, particulièrement crues au départ (ce qui est assez étonnant quand on connait l'origine géographique du film) montrent qu'un amour finit quasiment par exister entre monsieur Yee et celle qu'il croit être madame Mack (en fait Wong Chia Chi). On se retrouve de ce point de vue dans une situation identique au Black book de Verhoeven. Madame Mack finit par se poser des questions quant aux sentiments qu'elle éprouve réellement auprès de monsieur Yee (alors que sa quête initiale est de participer à son élimination). La fin du film prouve clairement l'ambivalence de ces sentiments entre la volonté de permettre l'exécution d'un traître et d'un autre la peur de voir disparaître quelqu'un qui l'aime et finit même par la respecter.
Autre qualité du film d'Ang Lee, Lust, Caution est surtout le carrefour des amours impossibles. Car si Wong Chia Chi(alias madame Mack) est entrée dans la résistance, c'est en raison de son amour pour un jeune homme cultivé qui a rapidement décidé de rejoindre le clan des opposants à l'oppresseur japonais. Wong Chia Chi doit donc faire l'amour avec un homme qui n'est pas celui qu'elle aime et qui est même l'incarnation de l'ennemi. Le côté romanesque du film ajoute à l'intensité de celui-ci.
Parmi les autres qualités du film, notons, outre une interpétation excellente de ses deux acteurs principaux, un scénario qui distille de temps en temps de réelles surprises.

La bande son du film est parfaitement dans l'ambiance de Lust, Caution. Quant à la photographie du film, elle est tout bonnement magnifique.
A noter une intéressante citation de la part d'Ang Lee au Suspicion ( Soupçons en français, 1941) d'Alfred Hitchcock qui regroupait deux monstres sacrés du cinéma, Cary Grant et Joan Fontaine.
Pour autant, malgré toutes ces qualités, le film d'Ang Lee n'atteint pas à mes yeux la puissance du film de Verhoeven. Le seul reproche que j'aurais à faire à Lust, Caution est le fait que l'intrigue manque un peu de rythme, notamment dans sa première partie. Le film, à défaut d'être ennuyeux, est par moments un peu trop lent. Mais cela reste un défaut mineur.
Au final, Ang Lee nous livre un très bon long métrage, qui oscille entre film d'espionnage et drame romanesque (comme le prouve sa fin, qui pourrait bien en émouvoir plus d'un).

Ma note : 8,5/10

Le secret de Brokeback Mountain

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Tigre & Dragon

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16.01.08

01:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : XXY
Réalisatrice : Lucia Puenzo
Date de sortie en salle : 26 décembre 2007

par Nicofeel

XXY est le premier film d’une jeune réalisatrice argentine, Lucia Puenzo, fille du cinéaste Luis Puenzo, auteur notamment de L’histoire officielle et de La peste.

xxy

Le film traite d’un sujet fort troublant : l’hermaphrodisme, mais sans jamais rechercher le sensationnalisme ou la complaisance. D’une grande finesse d’écriture et de style, XXY ne verse jamais dans la facilité et le voyeurisme, ce qui est primordial pour un film au thème aussi dérangeant. Au contraire, la jeune réalisatrice suit avec une infinie délicatesse et une grande tendresse les états d’âme d’une jeune fille (ou un jeune garçon ?) prénommée Alex, atteinte d’une ambiguïté génitale : d’apparence douce et plutôt féminine, Alex a « les deux »…
Aimé(e) de ses parents, Alex a du mal à assumer son hermaphrodisme, d’autant plus qu’âgé(e) de 15 ans, elle (il) est en pleine crise d’adolescence. L’arrivée du jeune Alvaro va tout chambouler : séduit(e) par le jeune garçon, Alex voit son corps se transformer et s’éveiller au désir…
Magnifiquement interprétée par la jeune actrice Inès Efron, Alex va être obligé(e) d’effectuer LE choix : être fille ou garçon…
La grande force du film est de considérer Alex non comme une curiosité mais comme un(e) adolescent(e) s’ouvrant aux émois du désir, qui commence petit à petit à découvrir son corps.
Filmé dans de splendides paysages naturels et sauvages dans un coin paumé de l’Uruguay, au bord d’une plage (mais le film pourrait se dérouler n’importe où, d’où l’universalité du sujet), XXY préserve cependant le mystère d’Alex, amenant sans cesse le spectateur à s’interroger sur ce qu’il voit ou croit voir.
Lucia Puenzo, un peu à la manière de la jeune cinéaste argentine Lucrecia Martel (auteur des excellents La ciénaga et La niña santa), ne révèle en effet pas tout et conserve tout au long du film une ambiguïté bienvenue qui est aussi celle d’Alex.

Partagé(e) constamment entre le féminin et le masculin, Alex recherche tout simplement son identité propre. Cette hésitation permanente culmine dans une incroyable scène d’amour entre Alex et Alvaro, d’une audace stupéfiante, laissant le spectateur interloqué et troublé.
Le récit, tout en zones d’ombre, est basé sur une mise en scène d’une grande sensibilité, qui englobe les points de vue de tous les protagonistes sans jamais chercher à les juger : Alex, Alvaro, les parents d’Alex, les parents d’Alvaro.
Car si XXY se concentre avant tout sur Alex, le film n’oublie jamais les réactions des adultes et les interrogations de ceux-ci par rapport à la sexualité de leurs enfants. Face à ce phénomène inexplicable, les parents d’Alex et ceux d’Alvaro ne savent pas comment se comporter et sont figés, malgré l’amour qu’ils portent à Alex, entre égoïsme, tolérance et incompréhension.
Tout(e) en contradictions, Alex souffre incroyablement de son hermaphrodisme : elle (il) est différent(e). Et comme chacun sait, ce qui est différent fait peur (et fait même peur à soi-même)… Elle (il) réagit par rapport à cela par un mélange de colère et de sauvagerie qui la ferme au regard des autres.
Cette peur de la différence débouche sur une scène très dure, où de jeunes gens intrigués par l’hermaphrodisme d’Alex la (le) contraignent à se déshabiller devant eux. Pire qu’un viol, cette séquence impitoyable dénonce notre attitude face à ce que nous ne comprenons pas.

Mélodrame délicat et touchant, XXY intrigue, fascine, met mal à l’aise. Mais le film distille au fur et à mesure une émotion qui ne cesse de grandir.
D’un cas étrange et particulier, Lucia Puenzo en fait une fable sur la tolérance et sur la quête d’identité, elle touche donc à l’universel.
Mais Alex demeure insaisissable, unique. Tout le film chemine sur l’acceptation de son état, de son corps, de son désir, sur la découverte de l’amour, afin qu’elle (il) fasse son propre choix, envers et contre tout.
Sur un sujet casse-gueule, Lucia Puenzo réussit un premier film étonnant qui évite tous les pièges inhérents à ce type de sujet et qui ne sombre jamais dans le pathos. Préservant le mystère d’Alex tout en amenant le spectateur à la (le) comprendre, la jeune cinéaste argentine frappe fort et parvient à rendre son héroïne (héros) attachant(e).
En outre, XXY démontre une nouvelle fois la vitalité actuelle du cinéma argentin et son originalité.
Après Lucrecia Martel et le regretté Fabian Bielinsky (cinéaste récemment décédé et auteur des très bons Les neuf reines et El aura, avec Riccardo Dorin, excellent acteur qui joue d’ailleurs le père d’Alex dans XXY), Lucia Puenzo est une réalisatrice assurément à suivre.

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15.01.08

07:00:00, Catégories: Nouveautés  

Par Nicore

Hostel 2

Après un premier Hostel déjà réalisé par Eli Roth ( poulain de David Lynch précédemment réalisateur du controversé Cabin Fever et ici soutenu par Quentin Tarantino ) qui avait divisé les spectateurs pour de multiples raisons ( film opportuniste surfant sur le renouveau de l’horreur gore, métrage justement trop ou pour certains pas assez gore par rapport au carnage annoncé lors de la promo du film, etc…), mais avait de toutes façons le mérite de nous offrir la plus franche rupture de ton depuis Une nuit en enfer en passant brutalement de la comédie potache à la violence sanglante, l’inévitable séquelle a donc vu le jour, suite au succès, tant au box-office qu’ensuite en DVD de ce premier opus.

Hostel 2

Alors, le réalisateur allait t’il donner dans la surenchère pour ce second volet ?
Apparemment, d’après les critiques, la réponse est oui, avec une histoire mettant cette fois-ci en scène trois jeunes américaines, Beth, Lorna et Whitney, qui, alors qu’elles sont en vacances en Europe, rencontrent une superbe femme. Celle-ci se propose de leur faire découvrir pour un week-end un établissement de cure où elles pourront se reposer et s'amuser. Attirées par cette offre, les trois jeunes femmes la suivent et tombent dans son piège. Livrées à de riches clients associant l'horreur au plaisir, les trois jeunes femmes vont vivre un cauchemar absolu, nous offrant au passage de nombreuses séquences sanglantes, mais également en délaissant l’humour potache pour un second degré plus percutant !

Hostel 2

Et ce sera donc le 23 janvier prochain que le DVD sortira dans les bacs français, édité par Columbia/ Tristar. Cette édition proposera le métrage en version française et anglaise sous-titrée en DD 5.1 et une image en 2.35 ( 16/9 anamorphique ).
Au niveau des bonus, cette édition, outre le commentaire audio du réalisateur accompagné de Quentin Tarantino et de Gabe Roth, proposera des modules revenant sur les effets spéciaux, les décors, la torture, mais aussi quelques scènes supplémentaires, une interview d’Eli Roth, plusieurs bandes-annonces ainsi qu’un autre bonus sobrement intitulé "Sang et boyaux" !

Hostel 2

Et bien entendu, le même jour sortira une édition en blu-ray, au même contenu.




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Hostel 2
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14.01.08

07:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Into the wild
Réalisateur : Sean Penn
Durée du film : 2 h 27
Date de sortie en salle : 9 janvier 2008

par Nicofeel

into the wildQuatrième film réalisé par l’excellent acteur Sean Penn, futur président du Festival de Cannes 2008 et auteur en tant que réalisateur des remarqués (et remarquables) The indian runner, Crossing guard et The pledge, Into the wild est la biographie filmée d’un jeune américain nommé Christopher MacCandless qui a décidé à 20 ans, après avoir obtenu son diplôme universitaire, de réaliser son rêve : aller en Alaska.
Tiré d’une histoire vraie, Into the wild est un passionnant road movie dressant le portrait complexe d’un jeune homme en rebellion contre la société qui n’hésite pas à tout laisser derrière lui pour ne faire qu’un avec la Nature.
Le film de Sean Penn est avant tout un récit initiatique, presque philosophique, centré sur la quête d’identité et la recherche de la sagesse. Filmé sur les lieux réels foulés par le vrai Christopher MacCandless, dans des paysages magnifiques exaltant la nature sauvage, Into the wild est une invitation au voyage, aussi bien physique qu’intérieure.
Suivant la forme du journal intime rédigé par MacCandless, le film est divisé en cinq chapitres bien définis qui vont permettre progressivement au héros de se retrouver. Au gré des lieux traversés et des rencontres, Christopher MacCandless finira par trouver sa voie.
Magistralement incarné par le jeune acteur Emile Hirsch, Into the wild dépasse le stade du road movie. Révolté par la société de consommation, l’importance de la famille, le culte de la réussite et l’omniprésence de l’argent, MacCandless est en colère contre un système capitaliste immuable, un système dont il ne veut plus jamais faire partie. Inspiré par les récits et romans de Henry Thoreau, Jack London, Boris Pasternak ou encore Léon Tolstoï, il prend la décision de disparaître complètement, de se fondre dans la mère Nature pour quitter à jamais une société injuste et inégalitaire, sans laisser aucune trace de son passage. Il endosse alors un autre nom, Alex Supertramp, donne ses économies à un organisme de charité, brûle les derniers billets qu’il possède et part dans l’immensité des paysages américains.
La grande qualité de Sean Penn est de s’être intéressé profondément au comportement antisocial de MacCandless. Car bien que son héros explique par sa révolte son action, cette révolte contre le système n’est pas la seule cause de ce comportement.

Choyé par ses parents (interprétés par le grand William Hurt et Marcia Gay Harden), issus de la classe supérieure américaine, admiré par sa jeune sœur (Jena Malone) qui est aussi la narratrice des aventures de son frère, MacCandless souffre secrètement du dysfonctionnement de sa famille, dont seule sa sœur a droit à son respect.

into the wild

Entrecoupé par des flashbacks retraçant les relations que MacCandless entretient avec sa famille, Into the wild prend alors une dimension qui dépasse le simple film d’aventure. Car Sean Penn, par l’ambiguïté des liens entre MacCandless et ses parents, crée un véritable suspense qui aboutit à la cause réelle de la fuite de son héros. En effet, il s’agit bien d’une fuite en avant, comme le remarque si justement le beau personnage incarné par Hal Holbrook, Ron Franz, qui lui pose la question : « Que fuis-tu ? ».
Par le biais de ses rencontres, dont la plus marquante est celle avec le couple de hippies qui deviendra pour MacCandless / Alex une famille de substitution, celui-ci trouve un sens à sa vie et découvre progressivement la raison de sa haine contre ses parents. Mais il découvre aussi le travail (par le biais du personnage interprété par Vince Vaughn), la solidarité, l’artisanat (le travail sur le cuir, que Ron Franz lui apprend), et bien sûr la toute-puissance de la Nature, cette Nature qui nous a créé mais qui peut aussi nous perdre (comme dans le génial Délivrance de John Boorman).

Bercé par les belles chansons d’Eddie Vedder, Into the wild est un passionnant récit, tout en retraçant une aventure humaine hors du commun. Sean Penn montre bien que l’aboutissement du voyage de MacCandless / Alex n’est pas l’Alaska mais bel et bien le paix avec lui-même, le pardon et le bonheur, notions qui ne sont pas forcément incompatibles avec la beauté indomptable de la Nature.
Même si Sean Penn abuse parfois, à mon sens, du ralenti et d’un montage peut-être trop cut, Into the wild est une fascinante expérience, un film d’aventure qui promène le spectateur au cœur de la Nature sauvage, mais aussi un formidable voyage intérieur à la recherche de l’absolu.
MacCandless, à la fin du voyage, une fois qu’il aura fait la paix avec ses démons et lui-même, pourra enfin retrouver son identité, cette identité qu’il n’a cessé de rechercher. Lui qui voulait disparaître laissera une trace, la trace de son passage, celle qui pourra témoigner de son aventure.

Sean Penn donne une formidable leçon de vie, tout en rendant un hommage poignant à Christopher MacCandless, personnalité hors du commun qui pourra rester à jamais gravé dans les mémoires. Et dans la Nature…

Ma note : 8.5/10

The pledge

The pledge
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Crossing Guard

Crossing Guard
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The Indian runner

The Indian runner
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13.01.08

13:19:45, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : California dreamin'
Réalisateur : Cristian Nemescu
Durée du film : 2 h 35
Date de sortie en salle : 2 janvier 2008

par Nicofeel

Réalisé par le jeune cinéaste roumain Cristian Nemescu, né en 1979 et tragiquement décédé dans un accident de voiture fin 2007, California dreamin’ est un film déjà très maîtrisé, alors même que le montage n’a pu être complètement achevé.
Le film débute en 1999, pendant la guerre du Kosovo et décrit les mésaventures d’un train traversant la Roumanie et transportant des équipements militaires envoyés par l’OTAN, placé sous l’autorité de soldats américains venus rétablir la paix au Kosovo. Alors que le convoi américain (qui comporte aussi quelques soldats roumains) a reçu l’accord verbal du gouvernement roumain pour traverser le pays, un village roumain isolé nommé Capalnita refuse de laisser passer le train, prétextant l’absence d’autorisations officielles écrites…

Sur cette trame originale, Cristian Nemescu livre une chronique villageoise désabusée mais non dénuée d’humour, décrivant avec un naturel déconcertant et un sens du détail très fin une galerie de personnages savoureuse. En filigrane, le cinéaste dénonce l’omniprésence des Etats-Unis et leur rôle de gendarmes du monde.
La farce est souvent énorme, hilarante, mais un certain sentiment de malaise finit par imprégner au fur et à mesure le film. Nemescu dresse une série de portraits diversifiés, chacun des personnages ayant son importance. Il n’y a pas de héros, ou alors tous les villageois et les soldats sont des héros.
Le récit polyphonique s’articule autour de ces émouvants villageois roumains, oubliés de leur propre gouvernement, presque totalement isolés et dont tout le monde semble se contrefoutre. L’arrivée des américains devient alors la seule bouée de sauvetage, l’élément qui permettrait (du moins le pensent-ils !) d’exister aux yeux du monde… Nemescu se permet même des flashbacks en noir et blanc se déroulant pendant la deuxième guerre mondiale, où des ressortissants roumains ont attendu vainement ces fameux américains. Intercalés dans la narration du film, ces flashbacks montrent seulement que l’Histoire ne cesse hélas d’inlassablement se répéter.

Entre des américains aveuglément bienveillants, seulement préoccupés par l’obtention des papiers leur permettant de passer, des villageois crédules, naïfs, espérant vainement un soutien et une reconnaissance, sans parler des notables corrompus, Nemescu renvoie tout le monde dos à dos et dénonce avec virulence l’impuissance et la naïveté des roumains, la corruption généralisée, la quasi-indifférence des américains et la fatalité inéluctable de cet enchevêtrement qui ne peut déboucher que sur le drame.
Emergent de cette galerie de personnage certains protagonistes marquants. En premier lieu, le chef de gare qui immobilise le train et qui a attendu chimériquement l’arrivée des américains lors de la deuxième guerre mondiale, alors qu’il n’était qu’enfant. Personnage désabusé, cynique, corrompu (mais dans un but de survie), dominateur et malgré tout sensible, il reflète tout simplement la dualité de la Roumanie, Etat éternellement mis à l’écart, oublié, ayant vécu le joug de la dictature, gangrené par la corruption et le capitalisme sauvage.
Il y a aussi sa jolie fille, adolescente rebelle, pas si naïve, en plein épanouissement, reine de beauté inutile qui ne cherche qu’à quitter le village, ce village qui la bride et la maintient dans la misère, et ce à n’importe quel prix.

californiadreaminIl y a encore le maire, notable benêt mais sympathique qui voit l’arrivée des américains comme un miracle et qui pense vainement que ceux-ci permettront au village de briller, enfin… Et tous les autres, que Nemescu dans un élan de générosité, met en avant à un moment ou un autre, sans mépris mais avec une grande tendresse.
Le regard de Nemescu se porte aussi sur les soldats américains, dont le chef, le capitaine interprété par l’impressionnant Armand Assante (le méchant du ridicule Judge Dredd de Danny Cannon, avec Stallone), oscille sans cesse entre pitié et monstruosité. Le jeune cinéaste roumain lui confère une ambiguïté certaine, qui n’est que la concrétisation de la politique extérieure américaine. De même, le spectateur sent la sympathie qu’éprouve Nemescu pour le second du capitaine, jeune homme sensible et pacifiste, qui semble concerné par la misère autour de lui.
Constamment partagé entre farce et tragédie, California dreamin’ rappelle les films du grand cinéaste serbe Emir Kusturica (auteur entre autres du sublime Le temps des gitans et de l’excellent Underground) par son côté picaresque, caustique et truculent, mais qui n’omet jamais le tragique de la situation.
Un tragique qui culmine dans un climax final d’une incroyable violence, après de multiples manipulations, et débouchant sur une guerre civile sanglante et impitoyable, provoquée par les américains qui, après avoir obtenu les papiers leur permettant de repartir au Kosovo, laissent sans se retourner le village qui les a accueillis si chaleureusement. Et l’Histoire se répétant inlassablement…

californiadreaminD’une grande cruauté, ce climax ne constate hélas que la stricte vérité… Ce qu’ils sont beaux, les gendarmes du monde !
Et dans un épilogue à Bucarest apaisé mais lucide, le sigle Coca-Cola peut alors s’afficher, démontrant tristement l’emprise des Etats-Unis sur la Roumanie, conséquence inéluctable. Les Mamas and Papas peuvent alors entonner leur chanson culte, California dreamin’…

Film rageur, égratignant férocement la politique extérieure américaine, mais aussi chronique villageoise picaresque et enjouée, reflétant en filigrane la situation duale et inextricable de la Roumanie, California dreamin’ est une grande réussite de Nemescu, très maîtrisé pour un cinéaste de seulement 28 ans tragiquement disparu et qui démontre la vitalité actuelle du cinéma roumain, après les réussites exemplaires de La mort de Dante Lazarescu de Cristian Puiu, 12h08 à l’est de Bucarest de Corneliu Porumbuiu et de la Palme d’Or 2007 4 mois, 3 semaines et 2 jours de Cristian Mungiu.

Ma note : 9/10

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12.01.08

19:00:00, Catégories: Box office cinéma  

par Emmanuel

2008 a à peine commencé que la rubrique box office prend déjà deux jours de retard... Mais pas de panique, elle est toujours là. Voici donc les résulats de la premiere semaine de l'année du 2 au 8 janvier.

Le box office Français de la semaine 1
Titre du film Nombre d'entrées France Nombre d'entrées Paris
1. Je suis une légende 488 415 2 534 083
2. Le renard et l'enfant 423 170 1 922 154
3. A la croisée des mondes :
la boussole d'or
401 460 2 712 569
4. Alien vs Predator : Requiem 375 509 375 509
5. Il était une fois 318 720 2 533 214
6. Bee movie, drôle d'abeille 241 576 1 208 976
7. Alvin et les Chipmunks 228 487 699 942
8. Hitman 225 312 606 837
9. It's a free world 164 658 164 658
10. La graine et le mulet 102 941 410 813

Je suis une légende will smithEt de trois! Will Smith reste en tête une semaine de plus à la tête du box office français et le film franchit la barre des 2,5 millions d'entrées.

Le renard et l'enfant et la boussole d'or s'échangent leurs places sur le podium et restent toujours aussi bien placé dans ce classement tout comme Il était une fois qui perd une place au profit d'une des sorties de la semaine, Alien vs Predator Requiem. Ses 375 000 entrées sont même une plutôt bonne performance puisqu'avec 426 écrans, il n'est que le 7ème film le plus projeté.

Parmi les 7 autres sorties de la semaine, seul le nouveau Ken Loach It's a free world intègre le top 10 et même pire le top 20 ! Ses 164 000 entrées constituent un assez bon score pour le réalisateur anglais. Pour rappel, c'est avec le vent se leve , son précédent film qu'il avait réalisé son meilleur score en France : 907 836.

Le flop de la semaine dans les nouveautés c'est bien sûr Dante 01: 36 343 spectateurs seulement en 1ère semaine, une catastrophe. Pierce Brosnan ne fait pas beaucoup mieux avec le Chantage, 41 882 entrées seulement!

Sinon à retenir en vrac, Bee Movie dépasse le million d'entrée pendant que Tous à l'ouest (Lucky Luke) ne finit plus de s'enfoncer: 67 000 entrées malgré 448 écrans.

Pour finir, un point sur les deux films coups de coeurs de fin 2007 : la graine et le mulet résite bien (-10% seulement de fréquentation) et dépasse les 400 000 entrées alors que l'arrivé de la fanfare, 13ème, tutoie les 300 000 spectateurs

A la semaine prochaine !

Les critiques ciné des films de la semaine :

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01:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Ce The great american snuff film joue d’une ambiguïté certaine pour nous plonger dans l’épopée meurtrière d’un serial-killer, épaulé par un simple d’esprit, qui s’amusait à filmer ses victimes, afin de réaliser un "snuff-movie", qu'il intitulera justement dans son journal The great american snuff film.
En effet, le script suit le parcours de cet homme, William Allen Grone, meurtrier censé avoir existé, puisque le film se dit inspiré de ses méfaits ( mais impossible de trouver le moindre article sur lui, en dehors de ceux traitant de ce film…) et notamment la séquestration, la torture et finalement le meurtre de deux demoiselles.

Great american snuff filmAprès quelques phrases d'explication sur notre tueur, le métrage lance directement son action avec le kidnapping brutal de deux jeunes femmes, alors que leur ami sera quant à lui froidement assassiné d'une balle dans la tête, pour une entame mettant directement le spectateur dans le bain, avant que l'intrigue ne nous présente véritablement ses deux bourreaux au travers d'un premier flash-back nous faisant suivre leur premier crime en commun, celui d'un homme s'en rendu à la casse auto isolée en plein désert et ressemblant plus à une décharge qu'autre chose servant de refuge au simplet accompagnant William Allen Grone, dont nous découvrirons ainsi le passe-temps consistant à filmer ce qui l'entoure, et bien entendu ici l'agonie et la mise à mort de cet homme.
Ensuite, l'intrigue suivra le calvaire de deux prisonnières, droguées, brûlées avec des mégots de cigarettes mais surtout inlassablement filmées par Grone alors que lui et son camarade s'amusent à les humilier, tout en faisant intervenir d'autre flash-back, notamment pour nous montrer le tout premier crime commis par Grone sur une prostituées étouffée avec un sac plastique, jusqu'au dernier acte nihiliste qui verra le contrôle échapper au meurtrier et l'obligera à abréger son "film" de la pire des façons, avant que le métrage ne nous propose de suivre les deux minutes trente issues des preuves retrouvées par la police lors de l'enquête et mettant en scène le "vrai" William Allen Grone exécutant une victime, pour une séquence se réclamant snuff .

Great american snuff filmSi l'ensemble du métrage s'applique à traduire un réalisme avec une réussite évidente, ce seront bien sûr ces derniers instants qui marqueront le spectateur et laisseront planer le doute quant à la véracité de ces images barbares, même si on est légitimement en droit de s'imaginer que tout cela n'est encore que du cinéma, voyant mal les autorités américaines permettre que des preuves, surtout de cet acabit, prennent place dans un film, mais n'empêche que le réalisateur Sean Tretta aura plus que finement abattu sa dernière carte et laissera son spectateur libre juge de ce qu'il veut croire ou non, reprenant ainsi le principe du Projet Blair Witch et de son faux documentaire tendant à prouver l'existence de cette sorcière, ici remplacée par un criminel abject et sans scrupules.
Car auparavant, le métrage se sera découpé sous forme de "chapitres", eux aussi censés être tirés du journal du tueur, dont nous pourrons également suivre les états d'âme grâce à une voix-off ponctuant chaque nouvelle séquence, nous immisçant de la sorte dans l'univers étrange de cet homme.

Great american snuff filmMais tout cela n'empêchera pas le film de se montrer parfois très graphique et violent, avec des coups assenés qui font véritablement mal, sordide et glauque dans l'exposition du calvaire enduré par les deux jeunes femmes, tantôt sévèrement attachées avec du chatterton ou alors enchaînées comme de vulgaires animaux, et malsain lors des soupçons de nécrophilie soulevés par le métrage.
L'interprétation renforce encore un peu plus la crédibilité de l'ensemble, notamment les deux actrices jouant les victimes, qui parviennent aisément à exprimer leur terreur et leur dégoût devant leur situation guère enviable, alors que le simplet campé par Ryan Hutman est lui aussi parfaitement crédible.

Great american snuff filmLa mise en scène de Sean Tretta convient parfaitement au propos du film, en mêlant des plans avec une image granuleuse vraiment digne du super 8 de son personnage principal à d'autres plus nettes, et il parvient régulièrement à installer une tension croissante en nous faisant appréhender et redouter le pire lors des séquences débouchant sur un meurtre ( la prostituée, la première victime ), tout en maîtrisant bien l'agencement de la folie de son assassin et en arrivant à créer une belle intensité lors du final. Seul bémol, l'emploi de certains effets ( l'écran qui se couvre d'un filtre rouge à la fin de plusieurs plans ) vient nuire au côté réaliste de l'ensemble et la partition musicale pourtant bien souvent efficace et prenante s'égare parfois dans du rock bruyant plutôt malvenu.
Par contre, si le film se montrera régulièrement porteur d'une violence âpre et crue, il ne faudra pas s'attendre à un déluge de gore, puisque l'ensemble se voudra avant tout réaliste, n'amenant ainsi que des effets spéciaux discrets mais probants.
Donc, ce The great american snuff film restera une expérience vraiment "autre" parvenant à mettre mal à l'aise malgré son budget que l'on devine anémique et qui mériterait d'être plus volontiers reconnu !

Le DVD de zone 1 édité par Brain Damage Films ne propose que le film en version anglaise non sous-titrée et avance une image nette, mais parfois volontairement granuleuse.
Au niveau des bonus, cette édition disposera d'un petit making-of essentiellement composé d'interviews du réalisateur et des interprètes, de la bande-annonce du film ainsi que celles d'autres titres édités par Brain Damage Films, d'un clip musical réalisé par Sean Tretta ainsi que de trois scènes aux allures "snuff" terriblement volontaires pour continuer d'entretenir la légende de William Allen Grone.

Pour ceux qui voudraient se lancer dans l'aventure, le DVD de zone 1 est disponible ici ou sur le site officiel de Brain Damage films !

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11.01.08

01:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Reviens-moi
Réalisateur : Joe Wright
Durée du film : 2h 03
Date de sortie en salle : 9 janvier 2008

par nicofeel

Reviens moiRéalisateur anglais, Joe Wright avait déjà lors de son précédent film fait beaucoup parlé de lui. En effet, il venait de réaliser une excellente adaptation du chef d'oeuvre de Jane Austen, Orgueil et préjugés.
Joe Wright nous revient cette fois-ci avec Reviens-moi (Atonement selon son titre original), où il adapte à nouveau l'oeuvre d'un romancier, cette fois-ci Ian Mac Ewan avec Expiation (le roman datant de 2001). L'oeuvre est beaucoup plus sombre qu'Orgueil et préjugés. Cependant, autant le dire tout de suite, la réussite du film est totale.
Véritable drame romantique, Reviens-moi, se déroule sur près de 75 ans, débutant en Angleterre en 1935 et s'achevant à notre époque actuelle. Le film montre une jeune femme, Briony, qui raconte sa vie telle qu'elle l'a vécue mais aussi telle qu'elle aurait aimer qu'elle soit (d'où le titre du roman à l'origine du film, Expiation). L'action démarre avec une Briony âgée de 13 ans, puis de 18 ans et enfin à la fin de sa vie.

Première grande qualité du film et non des moindres, son filmage : Joe Wright, qui avait déjà montré toute l'étendue de son talent dans Orgueil et préjugés avec des belles envolées lyriques, nous offre une nouvelle fois une mise en scène très dynamique. Véritable cinéaste du mouvement, Joe Wright nous offre à plusieurs reprises de très beaux travellings qui permettent de voir l'action dans sa continuité. Surtout, au moment où l'action est censée se dérouler en France, on a droit sur la plage à un immense plan séquence (c'est-à-dire aucune coupe dans l'action) de près de 10 minutes où toute l'horreur des conséquences de la guerre est visible pour le spectateur.
Par ailleurs, notons dans la première partie du film l'excellente utilisation de flashforwards (c'est-à-dire que le spectateur voit une scène qui va ensuite avoir lieu, c'est en somme l'inverse d'un flasback) qui permettent de comprendre les tenants et aboutissants de l'action.

Reviens moiSeconde grande qualité du film : toute l'ambiguité qui régit les différents personnages du film. Et au premier rang de ces personnages il y a évidemment celui de Briony, qui, après s'être rendue responsable d'un drame, veut se racheter de sa faute. Elle devient alors lors de la seconde guerre mondiale une infirmière. Lors d'une très belle scène où l'on voit se succéder les blessés de guerre (ce qui d'ailleurs fait inmanquablement penser à L'ange rouge de Masumura), on comprend que Briony est prête à tout pour aider les hommes et pour obtenir une paix intérieure. J'apprécie particulièrement toute la nuance de ce personnage qui ne cessera de penser au seul homme qu'elle a toujours aimé, et qu'elle a pourtant dénoncé.

D'ailleurs, un autre point fort du film est de faire croire au spectateur que les deux « héros » du film sont Cécilia, la soeur de Briony (jouée par Keira Knightley) et son amant de toujours, Robbie (joué par James McAvoy). Pourtant, comme nous le montre clairement la fin du film, tout est finalement vu du personnage de Briony (interprétée lors de ses 18 ans par une très convaincante Romola Garai). Et c'est cela aussi qui est formidable : le film montre clairement que le cinéma permet de tout montrer et de changer éventuellement la fin d'une histoire.

Reviens moiDernière grande qualité du film : les relations sociales entre les personnages. Déjà dans Orgueil et préjugés, Joe Wright critiquait les relations de classes. Ici, la critique est encore plus grande et elle donne même lieu à un certain sentiment de malaise avec l'infériorité très claire du pauvre Robbie, fils de domestique, qui se retrouve accusé pour une chose horrible qu'il n'a pas commise. Sa parole n'a aucune importance comparé à celle de bourgeois beaucoup plus puissants et influents que lui (et surtout la parole d'une enfant ce qui est extrêmement dommageable). D'autant que ces mêmes bourgeois ont des attitudes très troubles, comme le montre le début du film. L'hommage à Joseph Losey et notamment au film Le messager est on ne peut plus clair (notamment par le biais de cette fameuse lettre qui attise le désir de Cécilia mais surtout la jalousie de Briony).

En fin de compte, Joe Wright réalise avec Reviens-moi un très grand drame romantique, très bien filmé, très bien joué et très bien scénarisé. Que demander de plus ?

Ma note : 9/10

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10.01.08

01:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : 30 jours de nuit
Réalisateur : David Slade
Durée du film : 1h 45

par Nicofeel

30 jours de nuit

30 jours de nuit constitue le second film de David Slade. Pour ce jeune réalisateur, remarqué pour son premier film Hard candy (à mes yeux assez contestable sur le fond mais il s'agit d'un autre débat), il s'agit d'adapter une bande dessinée américaine culte, publiée en 2002.

Avec ce film, David Slade entre de plein pied dans le genre horrifique. Le pitch de base du film est assez stimulant : dans une ville de l'Alaska, Barrow, chaque année, les habitants connaissent un mois entier où le soleil disparaît. Lorsque cet événement a lieu, d'étranges phénomènes se déroulent : meurtres de chiens, puis meurtres d'hommes. On comprend assez vite que les habitants de la ville sont attaqués par des vampires particulièrement coriaces.

30 jours de nuit bénéficie de nombreux atouts. Tout d'abord, et c'est là le point le plus positif, l'ambiance du film. En effet, David Slade a le mérite de prendre son temps pour poser une ambiance : on nous montre les différents personnages et surtout le côté particulièrement isolé de la ville. La disparition progressive du soleil au début du film est particulièrement belle. Surtout, le film joue beaucoup (notamment au départ) sur la suggestion : on voit des événements étranges qui se déroulent mais à l'instar des protagonistes, on ne sait pas ce qui se déroule ; par ailleurs, on voit à de maintes reprises des ombres qui se révèlent bien menaçantes.

Ensuite, les vampires en eux-mêmes sont bien réussis. On peut même aller jusqu'à dire que le film renouvelle le film de vampires. Car ces vampires, qui ont une réelle présence, agissent par groupes et surtout sont très proches des humains dans leur apparence. Ils ont ensuite un but qu'ils comptent poursuivre jusqu'au bout : exterminer tous les êtres humains de cette ville. On notera au passage que les effets spéciaux, notamment des vampires sont particulièrement réussis (les effets spéciaux ont été faits par la société Weta Workshop, connue notamment pour avoir participé sur Le seigneur des anneaux).

De plus, les différentes attaques des vampires sont parfois bien violentes et très réalistes (j'apprécie beaucoup notamment une des premières attaques où l'on voit par le biais d'un plan séquence tourrné en plongée, plusieurs personnes qui se font tuer par les vampires). Il n'y a pas de scène stupide comme c'est le cas dans d'autres films où le monstre se fait tuer en deux temps trois mouvements. Ici, le vampire est un être très difficile à éliminer. Alors quand on pense qu'il y en a plusieurs... le combat devient réellement presque insurmontable.

Dernier point positif : la photo du film et les décors. Le fait que le fait se déroule dans une quasi obscurité ajoute évidemment à l'ambiance du film. Quant aux décors, ils peuvent paraître minimalistes mais ils sont au contraire très intéressants dans le sens où l'on ne sait jamais précisément où les personnages se situent dans cette ville qui s'apparente de plus en plus à une ville fantôme, d'autant qu'on est dans une ville enneigée.

Cependant, malgré toutes ces bonnes intentions (ambiance assez tendue, très belle photo du film, vampires très crédibles), 30 jours de nuit souffre de plusieurs défauts qui font que ce film reste un honnête divertissement, mais pas plus.
Premier problème, les acteurs dans leur ensemble se révèlent assez caricaturaux. Si Josh Hartnett, qui interprète le rôle principal du shériff de la ville s'en tire avec les honneurs, les autres personnages ne sont que de purs faire valoir qui n'ont pas grand chose à apporter au récit. Pire, certaines scènes sont pratiquement grotesques (exemple : la scène où l'un des personnages sort à découvert pour retrouver son père alors que les vampires rôdent) et plusieurs répliques (sur la famille notamment) sont au raz des paquerettes.

Second problème, si les effets spéciaux et les scènes gores sont assez réussis, en revanche lors des scènes de combat les images sont beaucoup trop hachées. A cause de cela, les scènes deviennent peu lisibles et l'ensemble paraît un peu confus.

Au final, 30 jours de nuit constitue un film d'horreur tout à fait convenable, qui aurait même pu être excellent, s'il ne souffrait pas des quelques défauts évoqués précédemment.

Ma note : 7,5/10

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09.01.08

01:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Emmanuel

13 ans… C’est le temps qu’il aura fallu attendre pour revoir Marc Caro derrière une caméra. Rien d’étonnant chez ce grand perfectionniste qui avait mis 14 ans à accoucher avec son acolyte Jeunet de l’inclassable "La cité des Enfants perdus".

Dante01L’impatience était d’autant plus grande de découvrir Dante01 que Caro avait décidé de s’attaquer à un genre complètement délaissé en France : la science fiction. Qui plus est, il s’est adjoint les services de Pierre Bordage, un des rares auteurs français de SF reconnu et respecté. Cerise sur le gâteau, le casting de gueules cassées promettait beaucoup - de Dominique Pinon à Francois Hadji-Lazaro.

Tout commence d’ailleurs pour le mieux avec dix premières minutes bluffantes : une voix off envoûtante qui nous emmène au pays des contes, une prison spatiale en orbite autour d’une planète de feu, des criminels psychopathes qui servent de cobayes humains… Cet agencement simple va être bouleversé par l’arrivée de deux nouveaux arrivants : une belle et jeune scientifique venu tester de nouveaux traitements et un mystérieux individu mutique et torturé.

Dès la première scène-la décongélation du nouveau venu, deux choses sautent aux yeux : un évident manque de moyens et un vrai talent de la part du réalisateur pour le cacher. Des éclairages habiles, des bruitages efficaces, une caméra toujours bien placée, Caro connaît les ficelles et les tire à bon escient. Après tout, un huis clos habile et haletant n’a pas forcément besoin d’un budget colossal. L’important, c’est le scénario…

Dante01… et c’est bien là tout le problème du film : de scénario, point ou presque. 1h10 d’ennui intersidéral entre l’introduction prometteuse et une fin dantesque. Certes, on peut se laisser prendre à l’évolution de l’intrigue malgré sa linéarité extrême mais de nombreux défauts agacent. Les personnages ne sont que des esquisses, pire des caricatures aux pseudonymes trop connotés (César le petit chef, Moloch le molosse affamé, Bouddha le tueur pacifique ; j’en passe et des pires) avec lesquelles les acteurs font ce qu’ils peuvent - le plus mal servi étant Lambert Wilson, muet pendant 88 minutes et bien mal à l’aise quand il s’agit de faire passer une émotion avec son seul visage ; les effets spéciaux rappellent furieusement les pires nanars des années 80; les scènes tournent en rond ou se répètent à l’identique et les connotations religieuses sont pesantes, très pesantes, trop pesantes (la station a une forme de croix ; Saint Christophe est considéré l’ange rédempteur). Enfin comment expliquer l’évocation inutile et incompréhensible des fameux cercles de l’enfer décrit par … Dante ? Une incohérence assez étrange : le film entre dans le 2eme cercle dès la 20eme minute et n’en sortira plus, aucune référence ne sera plus fait à ces fameux neuf cercles ultérieurement.

Dante01Mais le pire est encore à venir. Car tout ce salmigondis culmine dans une scène finale ahurissante de prétention vaine qui arrive comme un cheveu sur la soupe et qui ne sort le spectateur de sa douce torpeur que pour le plonger dans un état d’hilarité profond. Certes, depuis Alien (auquel le film emprunte sans le talent l’ambiance et le schéma labyrinthique du vaisseau), tout le monde sait que dans l’espace, personne ne vous entendra crier. Dante01 pose une autre question : dans l’espace confiné d’une salle obscur, quelqu’un vous entendra-t-il ricaner ?En bref, un naufrage presque complet, touchant à force de naïveté et de maladresse. On avait tellement envie de croire à la résurrection de la SF à la française, au miracle du renouveau du genre que l’on avait peut etre mis trop de foi en Caro. La déception est d’autant plus cruelle qu’on sent chez lui une vraie sincérité et une personnalité originale.

Histoire d’une rédemption, Dante01 risque fort de se retrouver crucifié au box office.

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08.01.08

07:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : It's a free world !
Réalisateur : Ken Loach
Date de sortie au cinéma : 2 janvier 2008

par nicofeel

it's a free worldChef de file du cinéma britannique qui s'intéresse aux problèmes de la société, Ken Loach a obtenu en 2006 à Cannes la consécration suprême en obtenant la Palme d'Or avec Le vent se lève.
Le cinéaste britannique nous revient avec It's a free world... (titre ô combien ironique), qui constitue l'un de ses meilleurs films comme vous allez pouvoir le constater.

It's a free world nous montre une jeune femme, Angie (interprétée par Kierston Wareing) qui travaille pour un cabinet de recrutement londonien. Elle est dépêchée dans un pays d'Europe de l'Est pour recruter de nouvelles personnes selon leurs compétences. Mais à cause d'une altercation qu'elle a avec l'un des supérieurs hiérarchiques, elle se fait virer lorsqu'elle rentre à Londres. Elle décide alors de fonder sa propre agence de recrutement avec sa colocataire, Rose. Elle trouve alors à diverses entreprises de la main d'oeuvre étrangère. Mais bien vite on constate qu'Angie ne se montre pas mieux que son cabinet de recrutement par les méthodes qu'elle utilise.

It's a free world est avant toute chose une dénonciation en règle des pratiques quelque peu douteuses pour ne pas dire immorales d'agences de recrutement qui profitent du fait que des immigrés ont besoin d'un travail pour se faire de l'argent sur leur dos (la scène initiale où les gens commencent par donner de l'argent au recruteur, alors qu'ils n'ont pas encore de travail, est sans équivoque). Cette question est d'autant plus actuelle qu'on sait qu'un grand nombre d'immigrés se rendent chaque année en Angleterre afin d'y trouver un travail. Mais leur destin est souvent loin d'être un long fleuve tranquille.
Ces immigrés, qui ont quitté leur pays d'origine pour cause de chômage, se retrouvent dans un pays dont ils ne connaissant souvent pas la langue et où ils des problèmes évidents pour récupérer des papiers afin d'être en règle sur le territoire britannique.
C'est justement sur le dos de ces pauvres personnes qu'Angie et Rose voient leur nouvelle société de recrutement prendre un certain essor.

Ken Loach n'a de cesse de nous montrer une héroine (Angie) qui va de plus en plus loin dans ses pratiques : au départ elle souhaite seulement se retrouver un job. A la fin, elle en vient avec sa collègue Rose à employer des gens à des niveaux plus bas que le SMIC local ; elle ne déclare pas aux impôts la TVA et autres bénéfices ; elle sous-loue des appartements aux personnes à qui elle trouve un travail saisonnier ; elle se retrouve à dénoncer des gens qui vivent dans des espèces de bidonvilles afin de trouver un endroit pour dormir à de nouveaux travailleurs.
Pourtant, au-delà de ces pratiques immorales et douteuses, on ne déteste pas Angie. Car elle est un produit de la société qui cherche avant tout à survivre. Elle qui dit à de nombreuses reprises qu'on l'a toujours arnaqué, voudrait pour une fois avoir sa chance. Cette mère célibataire voudrait que son fils soit fière d'elle. Et lors d'une scène qui montre toute la nuance d'Angie : on la voit en train d'aider une famille d'immigrés, en allant jusqu'à les loger chez elle pour la nuit.

Mais évidemment on finit toujours à un moment donné à être rattrapé par son destin. Et lorsque Angie est elle-même victime d'une arnaque, elle se doit retrouver une grosse somme d'argent. La fin du film, qui fait écho à la scène d'ouverture, montre que finalement rien n'a évolué pour l'héroine. Ou plutôt les choses ont même empiré pour elle (de recruter des gens pour obtenir une promotion elle en arrive à recruter des gens pour sauver sa peau).

Au final, It's a free world est une totale réussite de la part de Ken Loach. Celui-ci traite d'un sujet très important et se montre d'ailleurs particulièrement vindicatif quant à la façon dont son pays (ou plutôt certains employeurs peu scrupuleux) traite les ressortissants immigrés. Dans le même temps, il dresse un portrait tout en nuances d'une femme elle-même prise dans ces événements. La prestation de l'actrice principale, Kierston Wareing, est tout bonnement époustouflante.
Il est évident que It's a free world sera à la fin de l'année un des films essentiels de cette année au cinéma.

Ma note du film : 9/10

Permalien 765 mots par nicofeel Email , 639 vues • Réagir

07.01.08

06:30:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

hillside cannibals

Réalisé avec peu de moyens directement pour la vidéo, ce Hillside cannibals pille sans vergogne l’intrigue de La colline a des yeux, avec pour seule différenciation de s’intéresser beaucoup plus aux cannibales meurtriers qu’aux victimes.
En effet, le script place quelques jeunes dans un canyon isolé pour une virée de débauche et qui vont rapidement se retrouver attaqués par des humanoïdes cannibales et les deux survivants de cette agression vont essayer tant bien que mal de s’en sortir.
Après un générique réussi alliant des images du désert à des flashes morbides, le métrage nous présente plus que rapidement ses personnages principaux, deux couples accompagnés d’une troisième demoiselle, arrivant à la destination de leur voyage, une plaine désertique où ils comptent passer du bon temps, en s’installant au milieu des rochers pour un feu de camp autour duquel ils vont s’adonner à ce que les stéréotypes du genre imposent : flirt, drogue et alcool.

hillside cannibalsMais le réalisateur ne va pas traîner pour lancer ses cannibales dans une agression sauvage et sanglante qui va laisser sur le carreau trois des jeunes gens lors d’une séquence violente et porteuse d’effets gores rapides mais efficaces. Ensuite, l’intrigue va s’immiscer dans le repaire des meurtriers, ayant embarqué avec eux la quatrième victime encore vivante, tandis que seule une jeune femme va s’échapper avant de revenir tenter d’aider son compagnon.
Si la phase d’exposition restera simplifiée au possible, le métrage passera ensuite beaucoup de temps en compagnie de ces primitifs ne communiquant que par rugissements et autres bruits incompréhensibles, pour bien nous laisser s’imprégner de l’atmosphère putride et se voulant morbide ( a grand renfort de crânes et autres os humains éparpillés dans la caverne des cannibales ) régnant sur les lieux, et en mettant en avant une sorte de rite faisant du porteur d’un masque en peau humaine ( merci Leatherface ! ) le chef de la bande, mais contrairement à ce que l’on pourrait penser, ces scènes ne seront hélas que très peu sanglantes en se reportant plutôt sur l’aspect vaguement érotique ( incestueux ? ) des liens unissant les différents cannibales.

hillside cannibalsAutrement, l’intrigue se contentera de revisiter des lieux communs du genre, entre course-poursuite à travers bois ( étrange dans un canyon…) et apparitions de nouveaux personnages à la crédibilité réduite ( tel cet homme traquant les monstres depuis la mort de sa fille deux ans auparavant et débarquant juste au bon moment ! ), ne servant généralement que pour alimenter quelques autres séquences enfin sanglantes, tout en tournant légèrement en rond à force de réutiliser les mêmes schémas scénaristiques.
Si les différents personnages humains ne serviront globalement qu’à se faire décimer, le réalisateur sera beaucoup plus prolixe dès qu’il s’agira de décrire les rapports tendus entre les membres du clan des cannibales, notamment du fait qu’un des plus jeunes se refuse à tuer froidement et semble bien plus intéressé par ce walkman récemment découvert, mais hélas n’abordera jamais l’origine de cette confrérie ( ou famille ) de dégénérés, ne nous donnant ainsi aucune explication, ce qui aurait pu justifier l’ensemble et leur donner un peu plus de crédibilité.

hillside cannibalsEn demeurant bien trop souvent prévisible, le métrage peinera à installer la moindre tension qui subsistera que très rarement et pour de courts instants, tout en effaçant toute trace de suspense, et les retournements de situation se voulant imprévus auront hélas largement été anticipés par le spectateur, et il ne faudra compter que sur le final nihiliste et enfin quelque peu audacieux pour surprendre un minimum.
L’interprétation est correcte mais sans réelle prestance à l’écran et même les cannibales n’auront que peu de charisme, devenant ainsi une menace "fantôme", alors que la mise en scène du réalisateur restera basique, n'utilisera que trop peu d'effets et peinera donc à donner du rythme à l'ensemble, même lors des séquences violentes du métrage.
Les effets spéciaux, guère nombreux mais plutôt volontaires, seront probants et verseront dans un gore assez expansif pour nous montrer un certain nombre de mutilations, surtout des égorgements, mais aussi une jeune femme coupée en deux pour un effet bluffant.
Donc, ce Hillside cannibals restera une oeuvre bizarre, au fort goût de déjà-vu et qui ne se montrera jouissive que lors de ses petits débordements sanglants.

Le DVD de zone 2 allemand propose une image hésitante et sautante par moments, alors que la bande-son bénéficiera d'une partition musicale adaptée et efficace. Au niveau des langues, cette édition ne proposera que les versions allemande et anglaise, avec uniquement des sous-titres allemands. Pour les bonus, il faudra se contenter de la bande-annonce allemande et celle anglaise, d'un petit making-of assez promotionnel mais disséquant pour nous certains des effets spéciaux du film, ainsi que des bandes-annonces d'autres titres édités par Cine-club.

Le DVD de zone 2 allemand est disponible ici, alors qu'une autre édition, toujours en zone 2 et reprenant le même contenu ( version allemande en moins ) est proposée !

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05.01.08

15:00:00, Catégories: Box office cinéma  

par Emmanuel

Nouvelle année, les bonne habitudes ne changent pas... Voici les chiffres du box office de la dernière semaine de l'année 2007 du mercredi 26 décembre au mardi 1 janvier!

Le box office Français de la semaine 52
Titre du film Nombre d'entrées France Nombre d'entrées Paris
1. Je suis une légende 920 126 2 045 668
2. A la croisée des mondes :
La boussole d'or
645 466 2 311 109
3. Le renard et l'enfant 589 367 1 498 984
4. Il etait une fois 465 980 2 214 494
5. Hitman 381 525 381 525
6. Bee movie 341 369 967 400
7. Alvin et les Chipmunks 303 301 471 455
8. Gone Baby Gone 134 071 134 071
9. Actrices 131 812 131 812
10. L'auberge rouge 122 701 701 830

Les 4 premiers du classement restent inchangés par rapport à la semaine dernière et la fréquentation des salles tirent grandement partie des vacances scolaires... Plusieurs films en profitent pour redécoller alors que les nouveautés souffrent...

Toujours en tête, Will Smith et sa légende ont déjà séduit plus de 2 millions de spectateurs en seulement 2 semaines. Pour atteindre cette barre, la croisée des mondes (2eme cette semaine et+58% de fréquentation) a eu besoin de 4 semaines et Il était une fois (4eme comme la semaine dernière et +52% de spectateurs) de 5 semaines.

Le renard et l'enfant, qui complète le podium, continue de séduire le public et atteint déjà presque la barre du 1,5 million de spectateurs. Le film de Luc Jacquet fait disparaitre l'autre documentaire animalier, les animaux amoureux, du Top 20... Un vrai flop!

Côté nouveautés, Hitman, fortement égratignés par les critiques et même par son réalisateur, ne s'en tire pas trop trop mal. L'objectif d'EuropaCorp était fixé à 1 million d'entrées en bout de course. Avec plus de 380 000 gamers dès la 1ere semaine, le score pourrait être atteint.
Sinon, outre Gone Baby Gone et Actrices qui intègrent le top 10, les autres sorties de la semaine ramassent une gifle: Charlie, les filles lui disent merci avec la pourtant superbe Jessica Alba se classe 18eme avec moins de 70.000 entrées. Et que dire de l'absence de ce top 20 d'Eden Log, SF à la française avec Clovis Cornillac? On ne peut qu'être inquiet pour Dante01, autre navet français futuriste qui est sorti début 2008.

Trois points pour finir:
. LA progression de la semaine est signé par le navrant Alvin et les Chipmunks qui voit sa fréquentation augmenter de 80% par rapport à la semaine 51.
. L'auberge rouge et la nuit nous appartient dépassent tous les deux la barre des 700 000 spectateurs.
. Surtout, deux beaux succès d'estime pour deux films acclamés par la critique et appréciés par le public: le poignant la graine et le mulet (plus de 300 000 entrées en trois semaines) et la superbe visite de la fanfare (presque 200 000 entrées en deux semaines) se classent respectivement 12 et 13eme cette semaine avec plus de 110 000 entrées chacun soit une progression de plus de 30% de fréquentation. Comme quoi avec deux films atypiques, loin des sentiers battus des grosses productions et des techniques rodés de communication, on peut séduire et attirer le public.

C'est tout pour aujourd'hui... Ah non, j'oubliais le cumul des entrées pour 2007 s'est arrété à 168 178 550 soit une baisse de 6% par rapport à l'an dernier.

A la semaine prochaine!

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