Archives pour: 2008

24.12.08

16:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Slumdog Millionaire
Réalisateur : Danny Boyle
Avec : Jamal Malik (Dev Patel), Latika (Freida Pinto), Salim (Madhur Mittal), Prem Kumar (Anil Kapoor),
Durée du film : 2h00
Date de sortie en salles : 14 janvier 2009

Par Nicofeel

Slumdog Millionaire

Slumdog Millionaire est l’adaptation d'un roman indien de Vikas Swarup. Réalisé par Danny Boyle, auteur entre autres de Trainspotting, 28 jours plus tard et Sunshine, Slumdog Millionaire est un film particulièrement dépaysant.
En effet, Slumdog Millionaire se déroule en Inde. Là où on est en revanche en terrain connu, c’est dans le fait que la trame principale du film est de nous raconter les aventures d’un jeune homme qui est sur le point de remporter le jeu « Qui veut gagner des millions ? ». Si le jeu n’est pas présenté par Jean-Pierre Foucault, il l’est par un personnage visiblement tout aussi important dans le film, un certain Prem Kumar.

Le film débute au moment où Jamal Malik, un jeune homme issu des bidonvilles, est arrêté par la police car on le soupçonne d’avoir triché pour avoir réussi à se qualifier jusqu’à la dernière question du jeu « Qui veut gagner des millions ? ». Nanti d’un pactole virtuel de 10 millions de roupies, Jamal Malik peut gagner 20 millions de roupies s’il répond à la dernière question qui lui sera proposé par Prem Kumar. Mais avant, il doit faire face à un interrogatoire particulièrement musclé de la part des forces de police.
Le film devient l’occasion de revoir question par question les raisons qui ont pu permettre Jamal Malik à répondre correctement. Danny Boyle décide alors de faire un parallèle entre les questions qui sont posées par le présentateur de l’émission télé Prem Kumar et la vie de Jamal Malik qui y est liée.
On commence cette longue histoire avec l’enfance de Jamal Malik. Si le film est un peu fumeux au départ avec par exemple ce gamin qui n’hésite pas à tomber dans une marre de merde pour pouvoir faire signer un autographe de sa star musicale préférée, en revanche le film de Danny Boyle prend rapidement son envol.
Car cette histoire de « Qui veut gagner des millions ? » permet surtout au réalisateur britannique de nous montrer l’évolution d’un pays, l’Inde, et surtout les conditions sociales misérables dans lesquelles vivent une partie non négligeable de la population. Danny Boyle nous montre un pays qui est quasiment chaotique avec par exemple des enfants qui sont livrés à eux-mêmes ou qui, encore pire, sont exploités par des adultes qui font preuve de méthodes horribles pour arriver à leurs fins. Le milieu mafieux est également visiblement très vivace en Inde. Slumdog Millionaire est aussi et surtout l’histoire d’une amitié entre deux garçons issus des bidonvilles, Jamal et Salim (qui se surnomment les mousquetaires Athos et Porthos). Ce duo va être rapidement un trio puisque va se joindre à eux la petite Latika.
Le film joue sur plusieurs plans : l’humour avec notamment le rapport entre le présentateur de l’émission télé et Jamal Malik ; la critique sociale avec cette description de l’Inde qui est loin d’être celle qui est vue par les touristes ; la romance avec cette obsession de Jamal à retrouver son amie Latika une fois qu’il l’a perdue de vue. Le film est d’ailleurs très beau dans cette volonté qu’a Jamal de retrouver l’amour de sa vie.

D’une durée de deux heures, le film de deux heures passe très bien. On suit avec un intérêt certain les aventures de Jamal Malik qui se retrouve embarqué dans des histoires incroyables. Tous les acteurs du film sont très bons, aussi bien les enfants que les adultes.
Le film de Danny Boyle est une intéressante réflexion sur la notion de l’argent avec ce pauvre Jamal Malik dont on fait tout pour qu’il ne réussisse pas à toucher les fameuses 20 millions de roupies qui doivent revenir au vainqueur du jeu « Qui veut gagner des millions ? ». Ainsi, comme dit précédemment il est arrêté et auditionné de façon musclée par la police. Mais avant cela, le présentateur télé, quelque peu vexé de ce qu’il estime être de la chance, essaye de déstabiliser Jamal Malik. Il en vient même à lui donner une fausse information qui pourtant servira Jamal Malik. Mais ce dernier, s’il vient des bidonvilles, est loin d’être idiot…
Très exotique, ce film de Danny Boyle bénéficie d’une très bonne bande son où l’on peut entendre des sons caractéristiques de l’Inde, qui ont été visiblement retravaillés pour plaire au public occidental.
Au chapitre des déceptions, on signalera que Danny Boyle a une fâcheuse tendance à nous offrir un filmage effréné, à la limite du clip, dans plusieurs scènes dites d’action. Les ralentis et accélérés sont utilisés à tout-va. Le montage du film est par ailleurs extrêmement coupé : les images se succèdent à une vitesse hallucinante. Du coup, on ne voit pas toujours ce qu’il se passe précisément à l’écran. Cette tendance de réalisateurs contemporains, élevés à la sauce MTV, est vraiment inutile et fatiguant.
Malgré tout, ce défaut reste minime et n’entame pas le plaisir que l’on prend à suivre l’histoire mouvementée de Jamal Malik et du même coup des différents thèmes que brasse le réalisateur Danny Boyle dans ce film.

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23.12.08

18:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Hunting creatures

Petit film sanglant réalisé entre potes par quelques uns des défenseurs du gore allemand, ce hunting creatures flirte hélas bien trop souvent avec l’amateurisme pour être vraiment efficace, tout en offrant quand même quelques moments très volontaires.
Le script place une petite escouade hétéroclite face à des zombies issus d’une expérience génétique ayant mal tournée.

Hunting creaturesAprès une courte séquence d’introduction nous montrant trois jeunes malfrats rançonnant le tenancier d’un café, nous retrouvons ces mêmes personnages investissant une usine apparemment abandonnée pour y préparer une rave-party privée destinée à quelques jeunes, que nous auront largement le temps de suivre en train de danser mollement sur une musique plutôt énervante, tandis que le réalisateur tentera désespérément de cacher les manque de figurants censés participer à cette soirée qui donnera franchement dans le ridicule pas forcément assumé.
Mais heureusement, un tuyau relié à une étrange bombonne va bientôt fuir et répandre un liquide verdâtre sur les participants, les brûlant salement avant de les transformer en de monstrueux zombies avides de chair humaine, qui vont bien entendu s’attaquer aux organisateurs qui n’auront que le temps de s’enfuir en laissant sur le carreau un de leurs amis. Ensuite, l’intrigue va mettre en scène un chercheur s’interrogeant sur le résultat de ses recherches ( qui comme par hasard ont pour effet de recréer la vie de façon agressive sur ses sujets ), vite dérangé par un de ses collèges lui annonçant que des jeunes tiennent une fête sur un des lieux de leurs expériences, l’enjoignant à se rendre sur place, où ils vont tomber sur les deux organisateurs survivants qui vont les prendre en otage et leur demander des explication sur cette situation, avant de les forcer à se lancer avec eux sur les traces de ces zombies affamés.

Hunting creaturesSi la mise en situation restera bien pauvre et parfois navrante devant le manque de budget bien trop visible, l’argument nécessaire à justifier l’apparition de ces zombies aux dents pointues trop comiques sera tout aussi superficiel et éculé, avec ces recherches sur l’immortalité n’ayant réussi qu’à tuer le cobaye humain à qui on a inoculé le sérum ( au cours d’un flash-back assez graphique et répugnant ), et la mise en avant de cette machination destinée à effectuer un nouveau test sur les jeunes ravers n’apportera pas grand-chose à l’intrigue dont la seule chose que le spectateur attend est le commencement de la chasse aux zombies. Et, après des préparatifs vite expédiés recherchant un style martial jamais abouti, le métrage va donc effectivement lancer ces protagonistes aux trousses des morts-vivants, alors que le liquide vert échappé de l’usine désaffectée va commencer à se propager dans l’eau, servant ainsi de prétexte à une pollution sanglante qui frappera par exemple un quidam allant se relaxer dans son sauna.

Hunting creaturesEt alors que l’on était légitimement en droit de s’attendre à ce que le métrage "décolle" véritablement, ce ne seront que de petites situations vaguement sanglantes qui viendront égayer l’ensemble, avec certes des impacts de balles graphiques et quelques coups de sabre sanguinolents, mais il faudra attendre l’ultime partie du métrage pour que celui-ci offre enfin un spectacle jouissif et très volontaire à base de démembrements, de coups de feu en pleine tête et un repas des zombies toutes tripailles dehors, le tout dans une bonne humeur assez communicative.
Quant aux éléments relatifs aux personnages et à la relation ambiguë entre les organisateurs de la rave-party et le chercheur qu’ils considèrent comme responsable de la mort d’un de leurs amis, ceux-ci resteront très simplistes et sans pouvoir espérer déclencher la moindre émotion chez le spectateur, en étant d’une banalité simplifiée au maximum. Mais hélas, l’ensemble souffrira de manière frontale d’un amateurisme avéré qui s’exprimera à tous les niveaux. Déjà, l’interprétation ne brillera pas par sa crédibilité, tant les différents acteurs sembleront peu expressifs devant la caméra, à l’exception d’Andreas Pape lui-même, ensuite, la mise en scène, si elle avancera quelques effets de style intéressants et plus ou moins innovants, demeurera bien souvent pâle et sans réel dynamisme. Enfin, les effets spéciaux, même avec leur volontarisme de dernière heure très visuel, seront quand même basiques dans l’exposition des impacts de balles et des diverses mutilations infligées aux victimes de ces zombies déchaînés.

Donc, ce Hunting creatures se suivra sans problème après son exposition laborieuse, grâce à une action constante et quelques débordements graphiques appuyés, mais ne pourra en aucun cas rivaliser avec les autres efforts de ses compatriotes, la faute à son amateurisme trop visible !

Hunting creaturesLe DVD de zone 1 édité par Unearthed Films proposera une image granuleuse et sautante, avec une bande-son cohérente, agrémentée d’une partition musicale aussi énervante au départ qu’elle deviendra par la suite virulente, alors que le métrage n’est proposé qu’en version allemande, heureusement couplée avec des sous-titres anglais. Au niveau des bonus, on pourra suivre un makin-of suivant la réalisation de différentes séquences, tout en analysant la confection des effets spéciaux gores, quelques scènes coupées qui auraient très bien pu se mêler au métrage, une galerie de photos assez conséquente, ainsi que la bande-annonce du film, accompagnée de celle du très sanglant Das komabrutale duell.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce petit film sympathique et gore malgré ses défauts récurrents, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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22.12.08

10:40:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Crazy eights

Sélectionné pour le dernier After Dark Hororfest aux côtés entres autres de Lake dead, Nightmare man ou encore Borderland, ce Crazy eights subira de plein fouet une intrigue grossière, aléatoire et floue qui viendra immanquablement gâcher une ambiance effrayante supportée par des décors criants de vérité.
Le script va replonger dans le traumatisme de leur enfance un petit groupe d'individus réunis suite au décès d'un de leurs camarades.

Crazy eightsAprès un petit laïus écrit revenant sur les expériences comportementales menées sur des enfants à partir des années cinquante, le métrage va avancer une courte séquence d'introduction suivant justement une gamine laissée par sa mère aux "bons" soins de docteurs dans un établissement hospitalier pour une séquence brillamment mise en scène mais ne parvenant pas à affecter le spectateur en étant trop rapide et surtout bien trop vague. Ensuite, l'intrigue va nous présenter brièvement plusieurs des personnages principaux lors de courtes scènes uniquement destinées à bien nous faire comprendre qu'ils sont en proie à des cauchemars étranges, mais là aussi, ces séquences peineront à avoir la moindre efficacité.

Crazy eightsCe n'est qu'après cette entame bizarre et infructueuse que le métrage va réunir ce petit groupe de six personnes, des amis d'enfance réunis suite au décès du septième comparse de leur groupe appelé les "Crazy eights", alors qu'ils ne semblent être que sept sans que cela ne les gêne le moins du monde. La dernière volonté du défunt, qu'ils vont lire dans son appartement étrange sentant bon l'ésotérisme bas de gamme, sera qu'ils se rendent dans une grange afin d'y ouvrir une vieille malle. Après un moment de réflexion, ils vont se décider à y aller, se rendant ainsi au milieu de nulle part et bien sûr trouver l'objet de leur quête qui contiendra différents jouets leur ayant appartenu, ainsi que le journal intime du mort. En essayant de sortir la malle, ils vont la faire tomber, révélant son contenu caché, le squelette d'une petite fille. Troublé mais désireux d'oublier cet incident, le groupe va repartir pour se perdre et avoir l'impression de tourner en rond dans la forêt, pour finalement apercevoir une petite fille et en cherchant à la suivre, ils vont tomber sur un bâtiment abandonné.

Crazy eightsCette mise en situation restera bien superficielle pour ne mettre en avant que des personnages superficiels et en plus vaguement stéréotypés, mais surtout comprendra bien des ellipses quant à ces "Crazy eights" et au lien les unissant, pour ne montrer qu'une photo et évoquer une équipe de baseball, laissant de la sorte le spectateur en dehors de l'intrigue puisqu'il ne pourra en aucun cas s'attacher ni même s'intéresser réellement aux personnages qui feront masse à l'écran, réduisant de fait les personnalités. Mais heureusement ensuite le groupe va bien entendu se séparer pour chercher la fillette à l'intérieur du bâtiment, nous permettant enfin de découvrir légèrement les différents protagonistes, jusqu'à ce que l'un d'eux, en descendant des marches menant au sous-sol, ne tombe et se casse une jambe. Sa compagne va bien sûr alerter les autres qui vont rejoindre le blessé au sous-sol, pour voir la porte de sortie se fermer toute seule sans espoir d'une réouverture, emprisonnant le groupe dans ces murs décrépis.

Crazy eightsExtrêmement prévisible sur le fond, puisque bien entendu les personnages vont se retrouver sur les lieux de leur enfance, ayant été les victimes d'expériences sur le comportement dans ce bâtiment qui sera un hôpital désaffecté, et comme il se doit, le fantôme de la fillette découverte dans la malle va venir hanter et tuer un par un les membres du groupe. Et justement, le réalisateur, alors qu'il nous aura déjà donné les clés de son film dès son texte introductif, donnant ainsi des kilomètres d'avance au spectateur sur les protagonistes, prendra son temps pour faire découvrir aux protagonistes qu'ils connaissent le lieu dans lequel ils sont enfermés, pour autant de révélations foirées d'avance qui n'auront donc aucun impact, alors que l'identité du spectre ne sera un secret pour personne.

Crazy eightsMais en plus de ce script définitivement raté dans ses effets d'annonce, le métrage devra composer avec des inepties énormes, comme le manque de vitalité des personnages pour essayer de quitter cet endroit largement néfaste pour eux, puisqu'à aucun moment ils ne vont tenter de casser les carreaux ou encore de défoncer les portes. Non, ils vont rester là à arpenter les couloirs, si possible seuls pour permettre au spectre de frapper plus facilement, tout en laissant en outre le spectateur perplexe devant la facilité avec laquelle ces protagonistes ont pu oublier le drame survenu et les expérimentations qu'ils ont subi dans leur enfance.

Crazy eightsHeureusement, le métrage comportera quand même quelques point positif en notamment l'aspect indéniablement réaliste de ses décors sordides et parfois malsains ( avec ces installations et cette pièce aux murs présentant les photos des enfants) qui aurait été capable de glacer le sang avec une intrigue tenant la route, tandis que les scènes mettant en avant ce fantôme au look directement hérité de celui du spectre de Ring seront plutôt formellement réussies à défaut de surprendre ou d'inspirer la moindre frayeur, même si les meurtres ne seront que très peu graphiques.

Crazy eightsL'interprétation est ici plutôt convaincante, portée par des acteurs aux visages connus, dont Traci Lords (j'ai dit visages connus, hein…), ou encore Dina Meyer, qui porteront le film sur leurs épaules et parviendront parfois à donner un peu d'ampleur à l'ensemble, tandis que la mise en scène du réalisateur est plutôt classique pour n'utiliser ses effets que rarement et de façon assez adaptée, tout en bénéficiant d'une photographie adéquate et impactante. Les quelques effets spéciaux seront réussis, pour mettre en avant ce spectre graphique et pour de petits et rapides plans sanglants.

Donc, ce Crazy eights sera hélas décevant à cause de son intrigue ne faisant que survoler un sujet pourtant porteur et qui en plus accumulera les incohérences et les ellipses douteuses, laissant juste une atmosphère glaçante venir donner un semblant d'impact au métrage.

Crazy eightsLe DVD de zone 1 édité par Lionsgate proposera une image nette et ne connaissant pas le moindre défaut, tandis que la bande-son sera efficace, avec notamment une partition musicale performante et adaptée au climat troublant du film, celui-ci étant ici disponible dans sa version originale anglaise, avec des sous-titres anglais et espagnols optionnels.
Au niveau des bonus, il faudra hélas se contenter de quelques bandes-annonces et des obligatoires webisodes de l'élection de Miss Horrofest présents sur tous les titres de l'After Dark Horrorfest de cette année.

Pour ceux qui voudraient quand même découvrir l'atmosphère de ce métrage hélas gâché par son intrigue limitée et superficielle, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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21.12.08

15:15:00, Catégories: Test / Critique  

Décrié dés sa sortie au cinéma, Waterworld a su avec le temps trouvé des aficionados dans le public cinéphile dont je fais partie. Si en effet, le film lorgnait du côté de l’esprit Mad Max, il fallait bien avouer qu’ils ‘agissait là d’un sacré hommage au film de ce genre, que la mise en scène était particulièrement géniale et que le sous texte écologique prête beaucoup moins à sourire aujourd’hui à l’heure où le réchauffement climatique et la montée des eaux semblent se préciser chaque jour qui vient.
Cependant, bien qu’on soit fan de cette œuvre, on ne pouvait s’empêcher de trouver quelques trous au scénario et quelques personnages secondaires quelque peu survolés.
Alors comprenez que la sortie d’une version longue (non intitulée director’s cut) n’ait pu que susciter mon intérêt et le visionnage m’a donner envie de vous faire part des principales modifications (40’ tout de même). Pour ceux qui préfèrent ne pas connaître le contenu je vous invite à ne pas lire ces lignes qui ne font que spoiler les changements opérés pour cette version du film.

On peut dire que dans l’ensemble, les scènes sont souvent plus longues, plus dures psychologiquement (le héros est encore plus anti-héros avec refus de porter assistance). Les scènes de mer sont aussi plus présentes, replaçant ainsi le héros dans sa solitude et le film dans son contexte. Ceci se vérifie aussi dans des dialogues rajoutés qui approfondissent le pitch d’origine et donne un ensemble plus cohérent : la recherche de magazines, la notion de cycles lunaires…..

Dans l’arrivée de Costner sur le premier îlot, on retrouve une scène de procès nettement plus captivante où le personnage de Jeanne Tripplehorn commence nettement à prendre forme et prend déjà parti pour le mutant. Dans le même temps, le personnage du chercheur est aussi bien plus développé et n’est plus là pour combler les trous par une présence comique. Il est un véritable savant auquel son invention échappe quelque peu mais qui est la véritable source du savoir sur Dryland. De ces quelques scènes en résulte un monde bien plus cruel que dans le montage cinéma : la population montre ici une certaine aversion pour Tripplehorne et sa fille adoptive, trop différentes à leurs yeux, des juges déjà acquis à la peine, une forme de processions très nazifiante et des enfants qui n’hésitent pas à attaquer physiquement et de façon violente le mutant.

S’ensuit quelques scènes de rallonge : le professeur et ses préparatifs au départ (avant que le machine ne s’embraye), des scènes de pillages plus importantes, des scènes de réparation du bateau après l’évasion ainsi qu’une présentation de l’histoire d’Enola plus marquée

On retrouve l’utilisation du filtre à urine de Costner, scène qui aurait pu paraître anodine si elle n’assombrissait pas encore plus ce personnage qui récolte la pisses des filles et en bois le liquide purifié intégralement, laissant la mère et son enfant complètement assoiffées et affamées puisqu’on le voit aussi couper une petite tomate en trois pour se l’avaler tout seul, devant les yeux des filles. Dans le même temps, une scène montre le sacrifice que fait Jeanne pour sa fille adoptive en récoltant ce qu’elle peut et lui offrir en intégralité.

La scène de la pêche est nettement plus développée, que ce soit avant ou après, la mise à nue dans le sens littéral du terme d’Helen renforce le lien qui unit cette femme et la jeune fille qu’elle souhaite protéger, et on assiste à une discussion qui met plus en valeur le mythe de Dryland. Ce qui suit est très important. Elle donne une épaisseur au personnage de Denis Hopper et l’ascendant qu’il a sur ses hommes ainsi que dans la projection qu’il a de lui-même en tant que futur maître de la ‘terre promise’. Après la capture d’Enola, on le voit disserter sur la régulation des populations.

Cette capture d’Enola est un point capital de l’histoire autour de laquelle viennent se greffer nombre de scènes nouvelles et qui comblent les incohérences et les lacunes de la version cinéma : Il y a tout d’abord une discussion philosopho écologique entre Costner et Helen sur le bateau en ruine puis le départ de Costner de l’atoll des survivants sur un bateau volé à eux même qui le prennent alors pour un fuyard et un traître. Il se rend alors sur son pauvre navire et admet l’existence de Dryland en comparant les magazines (d’où leur importance en début de métrage) et les dessins qu’a fait Enola. Il retourne donc sur l’Atoll qui est agressé par la bande à Hopper. Il tue les agresseurs laisse s’échapper l’un d’entre eux qui perd du carburant qui se consume et récupère 2 scooters. Il en brûle un et prend l’autre pour rejoindre le pétrolier où on voit une préparation complète de l’avion par lequel Hopper cherchera à s’enfuir. L’accession de Costner au pétrolier est plus complexe que dans la version cinéma.

On passe ensuite à la récupération d’Enola autour de laquelle s’articule des explications techniques par le professeur pour la recherche de Dryland. ET le reste concerne la toute fin : le départ de Costner de Dryland, bien plus douloureux, notamment pour Helen qui l’embrasse et lui donne un nom : Ulysse. Enfin, quand les filles grimpe le sommet pour voir partir le catamaran, on découvre à leur pied la plaque du mont Everest, chose qu’on supposait dans la version cinoche mais qui n’était pas ouvertement explicite. Le film se termine sur des plans entiers de Costner aux commandes de son bateau

Toutes ces explications m’ont surtout servi à mettre en valeur le fait que ces 40’ de rab ne sont pas de simples rajouts mercantiles mais qu’il s’agit là bien d’une œuvre géante, à part entière malgré ses inspirations très Mad Maxiennes. Il s’agit là d’un film à grand spectacle certes mais qui se voulait à l’origine comme une réflexion plus poussée sur l’avenir de l’homme et sa condition que ne le laissait supposer sa version cinéma, bien plus concentrée sur l’action au détriment de certains personnages trop survolés pour s’inclure convenablement dans l’histoire.
Cette extended version, uniquement disponibles aux USA, ne possède certes qu’une Vost mais celle-ci s’avère diabolique. Le master est nickel et on appréciera que ce double dvd comporte sur son deuxième disque la version cinéma avec vraie Vf.

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20.12.08

10:10:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Tooth and nail

Tout en faisant partie du dernier After Dark Horrorfest en compagnie entre autres de Lake dead, de Nightmare man ou encore de l’excellent Borderland, ce sera en profitant du regain actuel des films "post apocalypse", que ce Tooth and nail va venir nous conter sa petite intrigue très basique sur le fond mais bénéficiant d'une forme originale (un huit-clos) dans ce contexte mais laissant sa phase d'exposition venir quand même empiéter sur l'action.
Le script va suivre la confrontation, dans un monde décimé suite à une pénurie d'essence, d'un groupe de survivants retranchés dans un hôpital avec des barbares cannibales bien décidés à en faire leur repas.

Tooth and nailD'entré le métrage va grâce à une voix off nous raconter la fin du monde civilisé suite à une pénurie d'essence ayant entraîné le chaos, avant de mettre en scène un trio d'individus "normaux" tombant sur le cadavre d'un homme et sur une jeune femme inanimée qu'ils vont ramener dans leur fief, un ancien hôpital déserté qui leur sert de basse arrière. C'est ainsi que nous allons découvrir le petit groupe présent sur place et dirigé par Darwin, un homme pacifiste croyant que l'humanité va pouvoir renaître de ses cendres, tel le Phénix, et encourageant ses compagnons à vivre pour reconstruire quelque chose. Cette mise en situation pourra largement surprendre en avançant des personnages à l'apparence très classique et ne portant aucun des stigmates habituels de la fin du monde, puisqu'il vivront dans un univers aseptisé, propre et où chacun aura sa place, même si un élément perturbateur, Viper, ne verra pas d'un bon œil l'arrivée de Neon, la demoiselle ramassée dans la rue.

Tooth and nailCar en effet, cette jeune femme va tout faire pour s'intégrer au groupe pour y parvenir et ainsi gagner les faveurs de ses nouveaux camarades, entraînant une querelle qui verra Viper frapper Darwin avant de quitter définitivement les lieux. La vie reprendra ensuite son cours pour laisser le réalisateur avancer des situations essayant de donner de la profondeur à chaque protagoniste mais hélas sans réussir vraiment à créer l'empathie désirée, tout en imposant un faux rythme au métrage qui aurait pu devenir fastidieux sans l'arrivée du premier tournant de l'intrigue, avec la disparition sanglante de Darwin, égorgé dans une salle de bains par des mains inconnues.

Tooth and nailDésemparés sans leur leader et ne sachant pas s'il est mort ou vif vu qu'ils ne vont découvrir qu'une marre de sang, les membres du groupe vont alors partir à la recherche du disparu, pour rapidement nous faire découvrir les "Rover" à l'œuvre, ces barbares au look typé "heroic-fantasy", qui vont attaquer brusquement un des personnages sorti dehors pour le blesser avant qu'un des "Rover" ne l'achève sauvagement à coups de hache lors d'une séquence assez brutale et sanglante. C'est alors que Neon va dévoiler sa véritable histoire au groupe et leur raconter que c'est poursuivie avec son petit ami par les "Rover" qu'elle a atterri là où elle fût trouvée, pour également leur décrire le mode opératoire de ces cannibales prenant d'assaut les groupes épars en ne tuant les humains qu'un par un afin d'avoir toujours de la viande fraîche.

Tooth and nailCe qui va se vérifier à la nuit tombée puisque les "Rover" vont revenir dans l'hôpital et traquer les protagonistes s'étant séparés afin de mieux se cacher. L'entrée en scène de ces barbares cannibales va lancer une seconde partie du film qui sera largement plus virulente et hargneuse que la première, calme et presque morne, pour suivre d'abord cette première nuit riche en suspense qui va voir les "Rover" réussir à débusquer un des personnages, laissant les autres dans un désarroi encore accru puisqu'ils ne vont plus savoir quoi faire, inférieurs en nombre et en armes, et ne sachant comment se cacher efficacement. Cette état de fait ne traînera pas longtemps puisque l'intrigue va nous réserver un coup de théâtre devenu de plus en plus prévisible, tout en restant efficace pour plonger le film dans un dernier acte barbare qui verra une revanche acide mais facile de Dakota, une des dernières survivantes contre les "Rover".

La seconde partie du métrage sera bien évidemment la plus percutante en avançant des rebondissements dignes de ce nom ne lésinant pas sur le suspense (les séquences de traque), ni sur les scènes violentes qui se permettront même quelques écarts gores graphiques (visage brûlé à l'acide, flèches transperçant les corps et autres coups de massues brutaux), mais hélas les revirements de situation demeureront largement anticipables (comme ce retour bien opportun de Viper) et le final qui se voudra grandiloquent ne parviendra pas à atteindre son but en paraissant largement bien aisé pour l'héroïne, dont le retour vers des sources primitives ne sombrera pas pour autant dans le ridicule, ce qui le guettait quand même beaucoup.

Tooth and nailHélas, les limites d'un budget que l'on devinera minuscule ne permettront pas au réalisateur de visualise pleinement ses idées, car mis à part quelques plans toujours efficaces de la ville désertée avec ses véhicules abandonnés, le réalité de ce monde dévasté ne se fera pas sentir, sentiment accru par le traitement en huit-clos de l'intrigue, et plus dommageable encore, les "Rover" censés être une horde barbare guettant leurs victimes ne seront jamais plus d'une petite dizaine à l'écran, réduisant ainsi terriblement leur impact et ce même si leurs looks seront bien graphiques.

Tooth and nailL'interprétation est convaincante, avec des acteurs et surtout des actrices impliquées dans leur rôle, et notamment la délicate Nicole Duport dont la transformation finale sera percutante, mais par contre, les" grosses pointures" annoncées, Michael Madsen en tête, ne feront que de brèves apparitions. La mise en scène du jeune réalisateur Mark Young sera largement posée et restera classique pour donner un cachet particulier au métrage, tout en maîtrisant bien la création d'une tension dans la seconde moitié du film. Les effets spéciaux sanglants du métrage seront réussis, pour avancer quelques plans gores bienvenus et efficaces en n'étant jamais gratuits.

Donc, ce Tooth and nail parviendra à captiver son spectateur sur la longueur malgré son entame anémique mais posant bien la situation et ses personnages, grâce à une réalisation efficiente pour donner de l'impact aux séquences fortes !

Tooth and nailLe DVD de zone 1 édité par Lionsgate avancera une image nette et ne perdant que de rares détails lors des séquences nocturnes, tandis que la bande-son sera probante malgré une partition musicale certainement pas assez dynamique, le métrage étant ici disponible dans sa version originale anglaise, avec des sous-titres optionnels en anglais et en espagnol. Par contre au niveau des bonus il faudra se contenter des webisodes de l'élection de Miss Horrorfest et de quelques bandes-annonces d'autres titres de l'éditeur.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce "post-nuke" atypique et plutôt agréable, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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19.12.08

06:50:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Mister Lonely
Réalisateur : Harmony Korine
Avec : Diego Luna, Samantha Morthon, Denis Lavant, James Fox, Melita Morgan…
Durée du film : 1h51
Date de sortie en salles : 17 décembre 2008

Par Nicofeel

Réalisé par Harmony Korine, Mister lonely est une sorte de comédie empreinte de tristesse. Débutant sur la chanson mélancolique « Mister lonely » de Bobby Winton, Mister lonely nous raconte les aventures d’un sosie de Michael Jackson (interprété par Diego Luna). On voit celui-ci en train de répéter sa chorégraphie afin de ressembler le plus possible au chanteur original. Avec un côté quasiment ludique, il est indiqué plusieurs titres de Michael Jackson tout au long du film. Ainsi, apparaît en premier lieu une des célèbres chansons du roi de la pop, Man in the mirror (1988, figure dans l’album Bad) : ce titre a d’ailleurs une connotation symbolique puisque le sosie de Michael Jackson ne vit finalement qu’au travers de la star qu’il incarne. Le second titre présenté est Beat it (1983, figure dans l’album Thriller), le troisième est le cultissime Thriller (1983, album le plus vendu de tous les temps), connu notamment pour son très beau clip-vidéo avec des zombies. Enfin, le dernier titre présenté est You are not alone (1996, album History) qui clôt l’histoire comme elle avait commencé, de manière mélancolique. On notera cependant que le film contient uniquement les titres des chansons, il n’y a aucune musique de Michael Jackson.
Le réalisateur Harmony Korine ne se contente pas de nous présenter le quotidien d’un sosie de Michael Jackson. Il a l’idée en fait de faire se rencontrer plusieurs sosies. Ainsi, un sosie de Marilyn Monroe (Samantha Morthon, vue dans l’excellent Control) rencontre le sosie de Michael Jackson et le convainc de venir sur une île avec d’autres sosies.

On retrouve dans un même lieu, un château, les sosies de personnages historiques : outre Michael Jackson et Marilyn Monroe, sont présents Charlie Chaplin (interprété par Denis Lavant, vu récemment dans Tokyo !), le pape, Madonna, la reine d’Angleterre, le petit chaperon rouge, Abraham Lincoln, Shirley Temple ou encore James Dean.
Le film d’Harmony Korine est, comme son titre l’indique, une réflexion sur la solitude. Tous ces sosies ont beau être ensemble (notamment vers la fin du film lorsqu’ils dansent ensemble), ils se sentent cruellement seuls. D’ailleurs, à l’instar de l’original, Marilyn Monroe se comporte comme une femme dépressive. L’original aurait-il pris le dessus sur le sosie ? Le film apparaît aussi comme une étude sur l’identité. Que sont au fond ces gens qui donnent l’impression d’être de grands enfants? Cherchent-ils tout simplement à éviter le monde ? Sont-ils à la recherche de leur identité ? Car tous ces sosies qui vivent ensemble donnent l’impression de n’exister qu’au travers de ce qu’ils représentent. Cela paraît presque logique qu’ils s’appellent ensemble non pas par leur prénom de naissance mais par le prénom de la star qu’ils incarnent.
Il y a d’ailleurs un petit côté pathétique dans tout ça avec par exemple le sosie de Michael Jackson qui se protège le nom et porte des lunettes, à l’instar de l’original ou encore le sosie de Charlie Chaplin qui reprend certains gestes célèbres de son modèle. Avant d’être sur cette île, le sosie de Michael Jackson gagnait de l’argent dans la rue ou en faisant un petit spectacle dans une maison de retraite : on se doute bien que l’original ne se contenterait pas de cela. D’un autre côté, le sosie de Michael Jackson, comme les autres d’ailleurs, apparaît comme un être plus proche, plus humain. En effet, il prend plaisir à redonner le sourire à des personnes âgées le temps d’un spectacle et il ne se fait pas prier pour signer des autographes à des enfants.
Les sosies veulent acquérir une part de liberté, d’humanité et vivre aussi pour ce qu’ils sont à la base. On notera sur ce point que le sosie de Charlie Chaplin fait tout pour séduire le sosie de Marilyn Monroe. Le sosie essaie de vivre aussi pour lui.
Voilà pour l’essentiel des éléments positifs du film avec cette réflexion sur la solitude et sur l’identité. Cependant, il faut bien reconnaître que le film d’Harmony Korine est desservi par plusieurs défauts qui rendent fastidieux le visionnage du film. Ainsi, le réalisateur nous montre en parallèle de son histoire de sosies des nonnes (qui volent dans les airs !). La réflexion autour de la notion de foi apparaît comme étrange dans ce film. Dans le même ordre d’idée, on ne voit pas vraiment ce qu’apportent les épisodes avec les moutons. Toutes ces scènes donnent l’impression d’un film inégal, fourre-tout et au demeurant assez ennuyeux par instants. Même le côté ludique du film avec par exemple la présentation des sosies ou encore l’incrustation d’un smiley sur l’écran, n’empêchent pas de trouver le temps assez long.
Par ailleurs, si l’idée n’est pas en soi mauvaise, Harmony Korine a un peu trop tendance à abreuver le spectateur de ralentis. On comprend bien qu’il souhaite apporter un côté nostalgique à son film et faire comme si le temps était arrêté, mais à la longue ces ralentis finissent par être fastidieux. Cela finit par donner l’impression de tics visuels. On se demande parfois si Harmony Korine ne se regarde pas filmer.
Heureusement, la thématique générale du film est intéressante et l’interprétation des acteurs est vraiment très bonne.
Au final, Harmony Korine livre avec Mister lonely une réflexion sur l’identité et sur la solitude. Son film est original, atypique (comme cette scène surréaliste où le sosie du pape pleure dans sa baignoire) mais relativement ennuyeux si on ne rentre pas dans cet univers bizarroïde.

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06:45:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Borderland

Faisant partie des titres sélectionnés pour le dernier Afterdark horrorfest, avec entre autres Lake dead, Nightmare man ou encore Unearthed, ce Borderland, inspiré d'un authentique fait divers, pourra compter sur son ambiance moite et trouble pour suivre le calvaire de trois jeunes touristes américains confrontés à des trafiquants de drogue adeptes de magie noire et ayant kidnappé l'un d'eux pour effectuer un sacrifice humain, laissant ainsi une intrigue solidement charpentée tenir le spectateur en haleine de bout en bout jusqu'à l'explosion de violence finale.

BorderlandDans sa séquence d'introduction, le métrage va avancer deux policiers investissant une maison, étant à la recherche de membres d'un cartel, pour tomber sur divers éléments démontrant l'existence de rites religieux païens avant d'être attaqués par des individus qui vont copieusement mutiler l'un des agents avant de le tuer, plongeant ainsi d'entrée le métrage dans une ambiance sordide et sauvage tout en laissant transparaître la détermination et le fanatisme des assassins.

BorderlandEnsuite l'intrigue va nous dévoiler ses trois personnages principaux, Phil, Henry et Ed, trois étudiants américains en vacances entre l'Amérique et le Mexique qui vont décider d'aller passer quelques jours dans ce pays pour se ravitailler en drogue et passer du bon temps. Mais contrairement à ce que l'on pourrait croire, ces protagonistes vont immédiatement éviter les clichés et les poncifs pour demeurer naturels et porteurs d'une empathie évidente qui va les rendre indéniablement attachants, surtout que le réalisateur va accorder une place importante à la mise en situation pour dévoiler les différents tempéraments de ces trois protagonistes au travers de leurs périple réaliste et évitant tout humour déplacé, ainsi que de leur rencontre avec une jeune autochtone, Valeria, dans un bar, tandis que Phil va se lier d'amitié avec une jeune prostituée mère d'un petit bébé. Et ce sera au retour d'une fête foraine que Phil, ayant délaissé ses amis pour rejoindre sa nouvelle amie, va être accosté et enlevé par des inconnus.

BorderlandCe sera le début de la descente aux enfers pour le trio puisque Phil va être séquestré dans un grange en plein désert avec pour seule compagnie un autre américain à la solde de ses ravisseurs qui va d’abord prendre soin de lui avant de laisser éclater sa méchanceté après une tentative d’évasion ratée, tandis que Henry, Ed et Valeria vont se heurter à l’incompréhension de la police locale avant que les ravisseurs ne commencent à leur chercher des noises à leur tour, faisant progressivement basculer le métrage dans une violence sèche et traumatisante qui trouvera son apothéose lors d’un dernier acte furieux. En effet, après nous avoir fait participé à ce sacrifice humain présenté de manière réaliste et évitant de trop s’attarder dans des détails qui auraient pu faire sombrer le film dans le ridicule, l’intrigue va suivre la revanche d’Ed qui va à son tour plonger dans l’ultra-violence libératrice et du coup jouissive pour n’épargner aucun de ses adversaires.

BorderlandTout en basant ses situations sur des croyances locales et cet ancien culte, le métrage va heureusement éviter tout folklore inhérent qui aurait pu distraire du but principal pour justement se centrer sur l’intrigue principale et n’utiliser ces croyances que pour accroître le sentiment de menace et avancer quelques effets chocs , mais ne laissant jamais le moindre aspect surnaturel venir plomber l’ambiance lourde de précarité et de danger qui va coller à l’ensemble du film , permettant ainsi à une tension réelle de s’installer durablement.

BorderlandAfin d’étayer ses différents développements, le réalisateur n’hésitera donc pas à avoir recours à la violence franche et brutale, parfois terriblement démonstrative (le meurtre sauvage d’Henry) pour s’appliquer à mettre en avant la détermination et surtout le fanatisme religieux aveugle de ces individus complètement envoûtés au point de commettre les pires abominations au nom de leurs dieux et surtout pour satisfaire leur "parrain", maître de cérémonie naturellement impressionnant et tout aussi fanatique.

BorderlandMais au-delà de cet aspect graphique qui marquera les esprits, l'intrigue saura emboîter parfaitement ses différents rebondissements et même la rencontre fortuite de Henry et de Ed avec le policier rescapé de l'introduction paraîtra naturelle tout en relançant de manière efficace l'action vers son terrible dénouement. De plus, chaque situation, même en apparence anodine, trouvera au fur et à mesure du déroulement du film sa justification et le réalisateur pourra compter sur des effets de surprise réussis et glaçants pour rendre suffocante l'atmosphère déjà bien lourde de l'ensemble.

BorderlandLes personnages, naturels et parvenant à avoir une vie propre, pourront compter sur une interprétation toujours convaincante et adaptée, sans aucun surjouage pour créer un sentiment de réalisme qui aidera largement le spectateur à s'impliquer dans l'intrigue. La mise en scène du réalisateur est largement performante, aussi bien grâce à une photographie ocre qui rendra l'image moite que par sa capacité à suivre l'action de très près. Les effets spéciaux sont eux aussi probants pour quelques plans d'un gore franc et graphique réaliste et toujours justifié par l'intrigue.

Donc, ce Borderland saura se montrer prenant, captivant et arrivera à impliquer totalement le spectateur qui du coup vivra une expérience éreintante et traumatisante.

BorderlandLe DVD de zone 1 édité par Lionsgate avancera une image nette et sans défaut notable, tandis que la bande-son sera convaincante, portée par une partition musicale adaptée et percutante, le métrage étant ici proposé en version anglaise avec des sous-titres anglais et espagnols optionnels.
Au niveau des bonus, on pourra suivre un passionnant making-of sous forme d'interview du réalisateur retraçant l'ensemble du projet et du tournage via une sorte de journal de bord, un intéressant documentaire sur le fait divers ayant inspiré le métrage, entrecoupé d'images d'archives peu ragoûtantes, alors que les traditionnels webisodes de l'élection de Miss Horrorfest et quelques bandes annonces d'autres titres de l'éditeur concluront ces bonus prolongeant plus qu'agréablement la vision du métrage.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce film parfaitement maîtrisé et impliquant pour retracer ce fait divers dramatique, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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18.12.08

06:40:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

The toolbox murders

Malgré son rattachement au genre "slasher", ce The toolbox murders (connu chez nous le titre La foreuse sanglante) parviendra largement à dépasser ce statut quelque peu réducteur pour devenir largement prenant, tout en étant étonnant dans sa formule narrative inhabituelle.
Le script va décrire une série de meurtres secouant un quartier résidentiel perpétrés par un assassin utilisant des outils de bricolage pour mutiler ses victimes.

The toolbox murdersD'entrée le métrage va suivre son meurtrier, d'abord au volant de sa voiture, ce qui donnera l'occasion au réalisateur de placer deux petits flash-backs que l'on devinera relatifs à son trouble mental, puis à l'œuvre puisqu'il va pénétrer dans l'appartement d'une femme ivre qui semblera le connaître mais qui réagira tardivement lorsque notre homme va sortir une perceuse qui va lui servir à tuer cette personne pour une première séquence assez tendue et graphique avec cette poursuite dans l'appartement.

The toolbox murdersEnsuite, le métrage va directement continuer à suivre le meurtrier pour d'autres meurtres encore plus graphique puisqu'une autre jeune femme aura le crâne défoncé par un marteau tandis qu'une troisième, cueillie dans son bain alors qu'elle s'adonnait au plaisir solitaire, va être clouée grâce au pistolet à clous du tueur, lors d'une scène bien malsaine et troublante en étant aussi bien sadique qu'érotique, laissant même un instant planer un doute quant au viol que l'assassin aurait pu aisément commettre.

The toolbox murdersCe n'est après cette entame fulgurante et complètement immersive jusqu'à provoquer un malaise certain que l'intrigue va véritablement nous présenter ses personnages principaux, et notamment Joey, dont la sœur, victime de l'assassin qui l'aura étranglée, a disparue, ainsi que Kent un de ses amis avec qui il va mener l'enquête pour retrouver sa sœur, doublonnant de la sorte le travail du sergent Cameron. Mais rapidement, alors que la première partie tentait de dissimuler l'identité de l'assassin, nous allons pénétrer dans la maison de celui-ci pour le découvrir en compagnie de la sœur de Joey, Laurie, qu'il aura épargné et gardera séquestrée, attachée à un lit. Le métrage va lors d'un long monologue du meurtrier laisser ce dernier étaler les motifs troublants de sa folie puritaine le poussant à assassiner les femmes qu'il juge peu vertueuses, lors d'une autre séquence maladive terriblement efficace en étant aussi troublante que dangereuse.

The toolbox murdersHélas, on ne pourra pas forcément en dire autant de la petite enquête de Joey et de Kent qui, si elle permettra de revenir sur les lieux des crimes de façon vaguement macabre, restera bien superficielle et n'aurait servi à pas grand-chose sans ce twist final assez simple mais efficace qui débouchera sur un dernier acte inquiétant et surprenant jusque dans ce dernier retournement de situation assez méchant et inattendu dans ce contexte qui sera vite balayé par une dernière séquence formellement parfaite qui achèvera le métrage sur une note visuellement très forte.

The toolbox murdersMême si son "argument de vente" résidera bien entendu dans l'utilisation d'outils de bricolage détournés de leur utilisation habituelle pour devenir mortels, le métrage ne s'éternisera pas sur ce sujet pour uniquement nous gratifier d'entrée de quelques séquences d'une efficacité à toute épreuve, entre érotisme et plans gores, et permettant au réalisateur de faire maîtriser à son spectateur la violence de son assassin pour mieux ensuite l'avancer de manière faussement doucereuse, créant ainsi de fait une ambiance tendue permanente, même lorsque notre homme semblera s'occuper de manière attentionnée de Laurie, la jeune fille séquestrée, et alors que la réaction de celle-ci pourra également surprendre en adoptant une attitude très adulte malgré sa jeunesse et son effroi face à une situation peu enviable.

The toolbox murdersPar ailleurs, le métrage se montrera également troublant pour avancer l'analyse de cet homme ayant basculé dans la folie suite à un douloureux fait divers, avec encore une connotation sexuelle qui sera en permanence sous-entendue par l'intrigue, et de son entourage jusqu'à ce retournement de situation retors extrêmement efficient et choquant dans le contexte puritain mais qui semblera quelque part justifier les craintes et les sentiments dégoûtés du meurtrier face à une jeunesse selon lui dépravée.

The toolbox murdersL'interprétation est convaincante, dominée par un Cameron Mitchell largement efficace et inspiré par ce rôle de meurtrier dérangé, tandis que les autres acteurs resteront crédibles et notamment la jeune Pamelyn Ferdin dans le rôle de Laurie. La mise en scène du réalisateur est efficace pour découper les séquences de manière impactante mais tout en n'arrivant pas toujours à donner un véritable rythme global à l'ensemble. Les effets spéciaux sanglants du film seront assez graphiques pour avancer les méfaits du tueur, tout en demeurant réalistes sans aucune exagération ni la moindre outrance.

Donc, ce The toolbox murders mériterait largement une réhabilitation car cette petite perle oubliée parvient à se montrer plus qu'efficace tout en demeurant atypique !

The toolbox murdersLe DVD de zone 0 édité par Blue underground bénéficiera d'une image très nette, surtout pour un film de cet âge, tandis que la bande-son sera convaincante, notamment en apportant un accompagnement décalé aux scènes de meurtre, le métrage étant ici proposé dans sa version originale anglaise sans aucun sous-titres.
Au niveau des bonus, on pourra suivre une courte mais intéressante interview d'une des actrices victimes du tueur dans l'entame du film, la bande-annonce, ainsi qu'un spot TV et deux spots radios d'époque, laissant une conséquente galerie de photos clore ces bonus sobres mais prolongeant agréablement la vision du métrage.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette perle de la fin des années soixante-dix hélas bien trop méconnue, le DVD de zone 0 est disponible ici ou !

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17.12.08

07:45:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Burn after reading
Réalisateurs: Joel et Ethan Coen
Avec : George Clooney, Brad Pitt, Frances McDormand, John Malkovich, Tilda Swinton, Richard Jenkins...
Durée du film : 1 h 35
Date de sortie en salles : 10 décembre 2008

Par Nicofeel

Burn after reading

Réalisé par Joel et Ethan Coen, Burn after reading fait suite à l’excellent No country for old men. Les frères Coen reviennent à la comédie, genre qu’ils ont récemment abordé en 2003 avec le sympathique Intolérable cruauté et en 2004 avec le pathétique Ladykillers.
Dans ce film, on nous raconte les mésaventures de plusieurs personnages avec en premier lieu Osbourne Cox (interprété par John Malkovich) qui démissionne de la CIA. Il décide alors de raconter ses mémoires, lesquelles sont retranscrites sur un CD. Il perd ce CD qui est récupéré par un professeur de sport peu scrupuleux, Chad (Brad Pitt) qui souhaite récupérer de la sorte avec sa collègue Linda (Frances McDormand) de l’argent en faisant parler Osbourne. Au milieu de tout ça, on retrouve Harry Pfarrer qui couche entre autres avec la femme d’Osbourne Cox, Katie Cox (Tilda Swinton).
Jouant sur des situations totalement absurdes qui vont de mal en pis, le scénario des frères Coen montre qu’à partir de rien du tout, il peut arriver des choses terribles. Tous les acteurs du film sur-jouent et participent à une ambiance globale certes drôle mais particulièrement cynique.
Car si les frères Coen sont sans nul doute en mode mineur avec ce film, en revanche dans leur critique ils n’y vont pas avec le dos de la cuillère.
Tous les maux que l’on peut constater dans notre société actuelle, et particulièrement aux Etats-Unis sont passés en revue : il y a d’abord le culte du corps avec une femme qui veut faire de la chirurgie esthétique ou encore un homme qui s’est fait implanter des cheveux qui est évoqué dans le film. Toujours sur cette question, il y a le travail de Chad et Linda dans un gymnase. Le sport est vu comme quelque chose de nécessaire pour améliorer son physique.
Les frères Coen critiquent également une société où la notion de fidélité semble avoir bien disparue. Les personnages sont d’ailleurs assez cyniques. Katie Cox trompe sans vergogne son époux mais elle ne sait pas que dans le même temps, son amant, Harry, fréquente plusieurs femmes. On apprendra même plus tard dans le film que l’épouse d’Harry, qu’on pensait assez sérieuse sur ce point, trompe également son mari ! Bref, on assiste à un véritable mic-mac où tous les coups sont permis en amour, à partir du moment où le conjoint ne l’apprend pas. En plus d’apparaître comme des gens infidèles, les Américains sont présentés comme de véritables obsédés sexuels, à l’image du personnage d’Harry, qui a conceptualisé un fauteuil très spécial.

En rapport avec l’amour, on notera que les frères Coen balancent également sur les sites de rencontre où l’on ne cherche (d’après le film) quasiment que des rencontres d’un soir et où l’on n’hésite pas à tromper son conjoint. Les sentiments sont visiblement rares.
Dans une société où les valeurs morales ne sont plus de mise, on ne s’étonnera pas que l’une des dernières grosses critiques des frères Coen a lieu contre cette société où l’argent est le maître mot. Le personnage de Chad, bien débile, en est le meilleur exemple. Ce personnage est complètement à la ramasse, ce qui donne lieu à des scènes assez drôles, puisqu’il cherche coûte que coûte à récupérer de l’argent en faisant chanter Osbourne Cox. D’ailleurs, l’épouse de ce dernier est également obnubilée par l’idée de récupérer les livrets d’épargne de son époux.
En dressant un portrait peu flatteur mais assez réaliste de notre société actuelle (même si tout est exagéré), les frères Coen donnent une certaine substance à un film qui peut paraître inoffensif au premier abord.
Car on restera avant tout intéressé par les aventures des différents personnages du film, qui sont servis en l’occurrence par des acteurs qui en font des tonnes. La distribution, qui rassemble George Clooney, John Malkovich, Tilda Swinton, Frances McDormand, Brad Pitt ou encore Richard Jenkins, est excellente. George Clooney interprète par exemple parfaitement le rôle d’un véritable obsédé sexuel qui passe de femme en femme sans aucun remord. Brad Pitt est également très bon avec son personnage à moitié demeuré. Les femmes ne sont pas en reste, le personnage joué par Frances McDormand étant quasiment l’alter ego féminin de Chad (joué par Brad Pitt).

Tous les acteurs ont l’air de bien s’amuser. Signalons que les personnages des services secrets (CIA), sont également présentés comme particulièrement ridicules dans leur organisation. Car au fond, le fameux CD, qui est recherché, n’est qu’un prétexte qui sert de révélateur d’une société qui semble être fondée sur des choses matérielles, futiles ou avant tout sexuelles.
Au final, Burn after reading est à prendre pour ce qu’il est, c’est-à-dire un pur moment de détente. Cette comédie assez drôle bénéficie de l’humour des frères Coen. Espérons cependant que les deux frangins nous reviennent avec une histoire plus sérieuse, là où ils sont les meilleurs (hormis The big lebowski qui demeure une comédie de très grande qualité).

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16.12.08

07:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Last house on dead end sreet

Film maudit, qui fut même un temps considéré comme perdu à jamais, ce Last house on dead end street mérite bien sa réputation sulfureuse due aussi bien à son sujet délicat (les snuff-movies) pour lequel il fait figure de précurseur qu’à son traitement "underground" et jusqu'auboutiste terriblement sordide et glauque dans l'agencement de la violence.
Le script va suivre les méfaits d'un réalisateur peu scrupuleux qui pour réussir à innover va se mettre avec quatre acolytes à filmer des "snuff-movies".

Last house on dead end sreetClairement divisé en deux parties, le métrage va dans son entame s'attacher à nous présenter son personnage principal, Terry Hawkins, un jeune délinquant qui exprimera son anticonformisme en voix-off lors de l'introduction avant de décider de se lancer dans la réalisation de films d'un genre nouveau, espérant répondre ainsi aux attentes de deux producteurs pervers lassés des bandes érotiques amatrices softs dont nous aurons l'occasion de suivre deux exemples languissants et assez risibles par leur timidité érotique. Notre homme va alors s'entourer de quatre individus d'horizons différents qui ne vont pas sourciller à l'idée de mutiler et de tuer pour les besoins de films amateurs et au contraire vont pouvoir laisser libre cours à leurs penchants sadiques et pervers.

Last house on dead end streetCette première partie permettra également au réalisateur Roger Watkins d'avancer des séquences bizarres, comme pour présenter cette demoiselle, femme du producteur au visage peint de noir, qui se fera violemment fouetter par un bossu lors d'une soirée donnée chez son mari, mais laissera surtout place à un discours rebelle clairement dicté par les penchants du réalisateur, alors lui-même grand consommateur de substances illicites, mais sans que cela ne vienne nuire à la qualité formelle de ses plans pour juste donner l'impression d'avoir affaire à un script terriblement brouillon et à la limite improvisé.

Last house on dead end streetLe métrage trouvera son apothéose dans son second acte qui va voir Terry et sa bande commencer à filmer pour d'abord étrangler un aveugle attaché avant de se lancer dans le quadruple meurtre des deux producteurs et de leurs compagnes, donnant au passage l'occasion à Roger Watkins de nous offrir une longue et réputée séquence terriblement graphique (et la seule véritablement gore du film) et répugnante tout en restant réaliste, au cours de laquelle une des jeunes femmes se fera méchamment taillader le visage avant de se faire couper les jambes à la scie pour finalement être éviscérée.

Last house on dead end streetLes autres meurtres, s'ils seront bien moins graphiques, n'en seront pas pour autant bien fous et déviants (le pied d'une biche détourné dans un but inavouable ou encore la perceuse) et laisseront complètement ressortir la folie homicide furieuse d'un groupe manipulé par Terry, même s'il semblera perdre plus ou moins le contrôle de la situation. Mais le réalisateur ne se contentera pas de suivre les agissements malsains de ses personnages, il va leur donner un caractère perturbant et carrément malsain et surréaliste, avec notamment le port de masques intrigants qui vont cacher le faciès des protagonistes lors de leurs méfaits, amplifiant ainsi le caractère glauque entourant le métrage.

Last house on dead end streetCet aspect du métrage sera d'ailleurs bien présent, même en amont dans l'intrigue, avec par exemple cette scène réelle (donc "snuff"…) suivant l'égorgement d'une vache dans un abattoir) et saura aussi se manifester par les penchants pervers de ce deux producteurs toujours avides de sensations nouvelles (et on peut les comprendre devant la niaiserie des films proposés…), tout en investissant carrément la seconde partie du métrage de manière encore renforcée par une image sale et granuleuse pour suivre ce mélange de violence gratuite (comme lorsque Terry va maltraiter un des producteurs en le rouant de coups de pieds qui achèveront toute une série de brimades) et de gore sordide franc et ouvertement choquant pour cette fameuse séquence de démembrement innovante et magnifiée par la mise en scène de Roger Watkins qui va véritablement donner une ampleur dramatique et troublante à cette longue scène au cours de laquelle les assassins seront avancés de manière impactante et formellement convaincante, renvoyant directement au chef d'œuvre de Stanley kubrick, Orange mécanique avec le même charisme évocateur et perturbant.

Last house on dead end streetLes personnages resteront pour la plupart délimités par leurs états d'âme et leurs penchants sadiques, à l'exception de Terry qui sera un peu plus approfondi, tandis que le métrage bénéficiera d'une interprétation adaptée à la folie du propos pour mettre en avant les visages hallucinés des protagonistes. La mise en scène de Roger Watkins sera quand même parfois hésitante, mais parviendra véritablement à donner un impact profond à ses séquences "chocs", grâce notamment à des angles de prises de vue impactants (les vues en plongée sur la "table d'opérations"). Les effets spéciaux seront ici réalistes dans un souci évident de paraître glauque afin de choquer le spectateur.

Donc, ce Last house on dead end street se montrera digne de sa réputation d'oeuvre glauque aussi bien par sa scène "culte" que par son ambiance poisseuse, parfois sadique et perverse !

Last house on dead end streetLe DVD de zone 2 anglais édité par Tartan Video avancera une image ayant conservé ses défauts d'origine et n'offrant donc qu'une qualité d'image mitigé, mais cela ne nuira pas au métrage, bien au contraire en renforçant son aspect sordide. La bande-son sera convaincante notamment grâce à une partition musicale étrange et participant activement à créer une atmosphère délétère (les battements de coeur).
Au niveau des bonus, on pourra suivre quatre courts-métrages du réalisateur (commentés par celui-ci) d'un intérêt variable mais laissant présager l'ambiance du film, ainsi que quelques scènes coupées assez inutiles.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette œuvre "underground" glauque au possible, le DVD de zone 2 anglais est disponible ici ou !

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15.12.08

07:30:00, Catégories: Test / Critique  

Par Le Doc

Howard Storm, réalisateur habitué des séries télévisés (Taxi avec Danny DeVito et Andy Kaufman, Alf, ou plus récemment Tout le monde aime Raymond), nous livre ici sa seule réalisation pour le grand écran... et le moins que l'on puisse dire, c'est que le monsieur se sentait peut-être plus à l'aise sur les plateaux télé que ceux de cinéma. Devant la caméra : Lauren Hutton, actrice de talent à la filmographie assez fournit, immortalisée par John Carpenter dans l'un de ses (excellent) premier (télé)film, Somebody's Watching Me (Meurtre au 43ème étage en VF). Karen Kopins, également habituée des plateaus télé, que l'on n'a pas revu sur les écrans depuis le milieu des années 90 avec sa belle bouille écope du rôle de la gentille jeune fille sage. Un autre jeune, habitué des séries TV, téléfilm mais également aux stand-up fait ici ses premiers pas devant la caméra. Il s'agit de Monsieur Jim Carrey, âgé de 23 ans à l'époque et dont on connait tous la carrière depuis.

Le film prend donc pour personnage principal Mark Kendall (Jim Carrey) jeune homme qui ne rêve que d'une chose, cette chose qui fait baver, qui fait rire, qui rend fou les mecs de son âge : faire l'amour ! Mais évidemment sa petite amie Robon Pierce ne se sent pas prête à passer à l'acte et repousse le jeune homme qui ressent alors un profond désarroi, vu tous les djeuns qui s'envoient en l'air dans son entourage. Mais heureusement, il n'est pas seul le petit Mark, il peut compter sur ses deux meilleurs amis Russ et Jamie (sans Fred...ok je sors), les deux puceaux-lourdaud de base qui ne pensent évidemment qu'à une chose : le cul ! Les trois compères, désespéré décident alors de partir "en chasse" dans les bars d'Hollywood. Seulement voilà, Hollywood, c'est pas aussi tranquille que ce que l'on pourrait croire ! Il se trouve d'ailleurs que la "Comtesse" dont on ne connaitra pas le nom (mais dont on sait qu'elle dort dans un cercueil, qu'elle se réveille à la nuit tombé et que son majordome lui apporte du sang de paysan autrichien en guise de petits déjeuners...) écume les bars de la ville à la recherche d'un jeune homme vierge qu'elle pourrait sucer au niveau de l'antre-jambe...pour boire son sang évidemment... Et pour compliquer les choses, si elle n'a pas sucer le sang d'un jeune garçon vierge à trois reprise avant Halloween, et ben elle sera dans de beaux draps !
Le faible Mark tout émoustillé par cette femme mature et son décolleté va bien évidemment se laisser prendre au piège...mais la Comtesse parviendra-t-elle à le morde à trois reprises ? Mark comprendra-t-il qu'il est sur le point de devenir un vampire ? Comment la petite amie de Mark réagira-t-elle quand elle apprendra que son petit ami a couché avec une vieille qui se ballade en limousine ? Quel est la recette de la moussaka ? Vous ne saurez rien de tout ça dans la suite de cet article...

Malgré mon ironie littéraire, il se trouve que ce Once Bitten est un pop-corn movie, ou plus précisément une "teenage comedy" sympathique, qui aurait pu être beaucoup plus efficace si elle avait été réalisé avec un peu plus d'amour et de soin. En effet, une teenage comedy avec pour trame fantastique le vampirisme en plein milieu des années 80 avec un casting plutôt correct aurait pu donner l'un de ces films qu'on garde en mémoire, qui nous rappelle des tas de souvenirs, dont on connait les scènes par coeur, qui nous font toujours autant rire après moulte et moulte visionnage...mais non. Ici, la réalisation de Storm se révèle être beaucoup trop mollassonne et sans une quelconque recherche d'ingéniosité. On ressent ici parfaitement les réflexes d'un homme de TV tant on a presque tendance à se croire devant un téléfilm. Le metteur en scène se révèle assez maladroit avec ses personnages et leurs attitudes et peine ainsi à créer de l'affection et à nous attacher à ses protagonistes qui sont pourtant sympathiques. Le casting est quant à lui en demi-teinte. Lauren Hutton, ex-mannequin et plutôt bonne actrice semble ici quelque peu fatigué (ou est-ce pour le rôle puisqu'elle est censée avoir plus de 300 ans ?) et peine à convaincre dans son rôle de vampire...elle parait presque ridicule lorsqu'elle ouvre grand la bouche pour laisser apparaitre ses canines (manie presque irritante présente chez quasiment tous les vampires au cinéma...). Mais on ne peut occulter son charme indéniable et sa plastique séduisante. A ses côtés le tout jeune Jim Carrey donc, qui tient ici pour la première fois son "premier rôle" et il s'en sort plutôt pas mal. On sent évidemment qu'il n'est pas encore totalement affirmé, qu'il tâtonne, se perfectionne...mais il laisse tout de même entrevoir le potentiel comique qui lui ouvrira les portes du succès quelques années plus tard. Le reste du casting n'est pas forcément brillant et est composé de comédiens dont on entendra plus vraiment parler...Autre petit point négatif : la BO. Les bandes-originales des films des années 80 sont généralement réussites et sympathique grâce à leur côté cheap et souvent entrainant...ici, la sauce ne prend pas, notamment sur une musique associée à une scène de poursuite qui se révèle assez peu adapté.

En bref, ce Once Bitten, quasiment inédit dans nos contrées françaises (il n'avait bénéficié que d'une sortie VHS) se révèle être une petite comédie intéressante pour découvrir Jim Carrey à ses début mais qui peine à marquer de par son manque d'ambition et sa réalisation mollassonne. Le DVD zone 1 est disponible à petit prix chez DeepDiscount en VOSTFR !

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07:25:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Trackman

C’est de Russie que nous vient ce Trackman, et ce sera bien sa seule originalité, puisque pour le reste le métrage va se contenter de ressasser mollement les poncifs du "slasher" de manière en plus quasiment invraisemblable.
Le script suit la fuite de trois braqueurs de banque et de leurs otages à travers les couloirs de tunnels souterrains, mais rapidement ils vont se rendre compte qu'ils ne sont pas seuls et qu'un assassin rôde.

TrackmanD'entrée le métrage va mettre en scène deux des personnages principaux planifiant depuis la terrasse d'un café le braquage d'une banque que nous allons suivre de façon alternée entre la préparation et l'exécution, suivant ainsi un procédé narratif toujours efficace pour voir ce braquage capoter lorsqu'un trio de policiers en uniformes va pénétrer dans la banque pour retirer de l'argent, obligeant les malfaiteurs cachés à ouvrir le feu, tuant deux des trois policiers tandis que le troisième sera vite désarmé. Mais ce contretemps a laissé l'opportunité aux employés de donner l'alarme et les trois braqueurs vont rapidement quitter les lieux en emportant avec eux leur butin et trois otages, deux jeunes femmes et le policier survivant.
Cette introduction sera vive et rythmée pour suivre ce braquage ayant mal tourné et laissant les bandits s'enfuir dans des tunnels proches de la banque comme ils l'avaient prévu pour disparaître sans laisser de traces et rejoindre un comparse les attendant à la sortie.

TrackmanSeulement voilà, l'individu devant les attendre et ayant en plus préparé un coup monté avec l'un des braqueurs pour doubler les deux autres sera la première victime d'un mystérieux assassin que nous apercevrons à l'œuvre lors d'une séquence expéditive n'apportant pas la tension désirée. Et rapidement les braqueurs à moitié perdus vont s'apercevoir que quelqu'un habite ces tunnels, grâce à une rapide exploration sans ampleur de l'antre du tueur, prenant d'ailleurs place de façon inhabituellement précoce dans l'intrigue, avant de découvrir le cadavre de la première victime, dont les yeux ont été arrachés.

TrackmanHélas, à partir de ce moment-là l'intrigue va s'enliser méchamment dans ces tunnels arpentés de long en large par les protagonistes qui vont bien entendu se séparer et surtout auront la propension à ne pas entendre le tueur s'approcher d'eux, devenant ainsi des proies faciles pour un assassin dont la particularité éculée, en plus de coups des piolets portés, sera d'ôter les yeux de ses victimes à l'aide d'un instrument adéquat, mais sans que cela n'offre pour autant une débauche de plans sanglants repérés puisque seule une énucléation sera clairement avancée de façon graphique.

TrackmanAu milieu des situations anémiques et franchement improbables (les braqueurs, armés de revolvers et de grenades n'arriveront pas à tenir en respect un individu uniquement armé d'un piolet) du milieu du métrage, il faudra donc compter sur les splendides décors souterrains pour donner un peu d'envergure au métrage et laisser un sentiment claustrophobe s'installer sporadiquement, avec en plus un réalisme saisissant dans l'agencement de ces tunnels humides, boueux, presque glauque et étant dans un état de délabrement qui constituera une menace presque plus impactante que celle du tueur.

TrackmanMais heureusement, après s'être débarrassé de presque tous ses personnages, l'intrigue va retrouver un peu de vigueur lors du dernier acte plus vif mais restant bien facile (l'hélice géante de la bouche d'aération) pour nous offrir un final terriblement opportuniste et pas assez méchant qui se clôturera par une dernière révélation assez réussie et plutôt imprévue à défaut de venir trop tard et de n'être pas forcément crédible mais achevant le film sur une note un peu plus positive que ne pouvaient le laisser espérer le cheminement pris par l'intrigue.

TrackmanEn plus de ces décors remarquables, le métrage pourra quand même compter sur son meurtrier pour apporter un peu de charisme à l'ensemble, celui-ci offrant un look bien graphique et directement hérité de celui du tueur de Meurtres à la Saint Valentin, le sympathique "slasher" des années quatre-vingt, qui sera régulièrement mis en valeur par le réalisateur lui offrant les plus belles scènes du métrage, en plus de générer parfois un semblant de suspense et de tension lors de ses apparitions surprises et de ses approches en direction de ses victimes et même s'il aura la particularité de s'évanouir dans la nature bien facilement lorsque cela deviendra nécessaire.

TrackmanPar contre, les autres personnages resteront transparents et sans aucune personnalité, entre les deux chefs de bande sans âme sûrs d'eux confrontés à un troisième larron plus fou et provocateur, mais sans que cela ne fournisse quoique ce soit d'intéressant dans les différentes situations du métrage, mais il bénéficieront quand même d'une interprétation cohérente à défaut d'être véritablement convaincante. La mise en scène du réalisateur sera assez mitigée, peinant à trouver le bon rythme pour avancer ses situations, mais magnifiant les séquences mettant en scène le meurtrier évoluant parfois même dans un ralenti formellement accrocheur.
Les quelques effets spéciaux sanglants seront plutôt probants, pour suivre la seule énucléation du film, mais également pour quelques violences ne versant pas dans un gore volontaire, loin de là.

Donc, ce Trackman offrira un bilan plus que mitigé à cause d'une intrigue sans ampleur, facile et sans une once d'originalité, mais en même temps le métrage présentera une beauté formelle attrayante.

TrackmanLe DVD de zone 1 édité par Lionsgate dans sa collection Ghost House underground avancera une image claire et ne perdant pas de détails lors des séquences se déroulant dans l'obscurité, tandis que la bande-son sera plutôt efficace avec une partition musicale étrange et adaptée, le métrage étant ici proposé dans sa version originale russe, mais aussi en version anglaise, avec des sous-titres anglais et espagnols optionnels.
Par contre, au niveau des bonus, il faudra se contenter de la bande-annonce du film, accompagnée par celles des autres titres de la collection et quelques autres.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce "slasher" russe guère original et quelque peu poussif mais avançant de belles images, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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14.12.08

11:15:00, Catégories: Dossier  

Comme nous avons pu le voir à plusieurs reprises, la mort symbolise aussi le renouveau , voire une nouvelle vie, basée sur de nouvelles motivations et une nouvelle estime de soi pour ceux qui y sont indirectement confrontés. Le Punisher par exemple, ressemble en bien des points à Batman puisque lui aussi est né après le massacre de toute sa famille (dixit le film ou la bande dessinée pour un traitement assez similaire). C’est la confrontation avec la mort qui en a fait une force de mort, continuant d’exister bien après avoir assouvi sa vengeance, pour le simple idéal qu’une telle atrocité ne soit pas connue par quelqu’un d’autre. Et une fois encore, c’est ce background particulier qui fait d’un personnage somme toute humain l’un des éléments les plus instables mais aussi l’un des plus fascinants de l’Univers Marvel. De toute manière, dans les comics, ce n’est pas la somme de pouvoirs qui compte mais bien le traitement humain du personnage en lui-même, diférenciation qui a longtemps joué dans la qualité des productions Marvel qui mettait en avant les soucis les plus anodins par rapport aux affrontements avec les vilains plutôt que la politique inverse chez Dc avec des histoires simples toujours basées sur le même canevas. Qui se souvient de cet extra terrestre capable de se projeter dans le plan astral et pouvant assomer Superman en faisant jeu égal avec sa force ? Logiquement personne. Par contre, la mort de Gwen Stacy …. C’est une autre paire de manche… et ce n’est pas ber qui me contredira.

La mort peut aussi jouer le rôle de déclencheur. Dans Equilibrium, Kurt Wimmer propose une société où la moindre émotion est annihilée dans l’œuf grâce à une drogue nationalisée, le Prosium. Sans émotion, plus de guerre. Sans réaction devant la mort, plus de sentiment de haine ou de vengeance. Le hic, c’est qu’on se retrouve devant un ensemble aseptisé , sans but et sans espoir. Il faudra un accident anodin et la mort d’une femme particulière pour que Christian bale parvienne à trouver la force de se rebeller, faisant de fait évoluer son personnage sur une autre route que celle qui lui était destinée, touchant du même coup l’ensemble de l’humanité. Sans mort, pas de vie, pas de décisions réfléchies et pas d’évolution. Dans une société d’immortels, la tendance serait à la continuité passive, sans perspective d’évolution.

La mort peut également être l’occasion de se démarquer dans les mémoires, par la beauté de cette dernière, par ses implications tacites, révélatrices d’un certain égocentrisme ou d’un don de soi inattendu magnifiant un rôle ou un moment clef de l’histoire. Dans le Superman de Donner (et dans sa suite magnifique, dixit une analyse complète sur le site entre la version lester et cette dernière rédigée par votre serviteur) , Kal-el est retravaillé, refondu afin de lui offrir une nouvelle génèse. Il vit une adolescence assez perturbante, devant d’ores et déjà se contenir pour ne pas mettre en danger sa famille, subit la perte de son père puis débarque à Metropolis et s’éprend de la vie qu’il s’est crée et de sa jeune collègue Lois lane. Il sauve bien sur deux chats et trois enfants, dans le respect des préceptes de Jor-El. Tout va bien dans le meilleur des mondes, puiqu’il ne doit affronter que Luthor (ce qui n’est déjà pas si mal) et qu’il encore aucune conscience de la venue prochaine de Zod. Tout est donc bleu dans la tête du Kryptonien. Mais avec un nuage présent depuis le décès de Jonathan Kent et qui va se transformer en un véritable déluge avec la mort de Loïs.

Loïs décédée dans les bras de Superman : une réaction de désespoir total d’un super héros quasi divin. Cette seule image représente toute la complexité, la maestria et la poésie qu’a pu insuffler Reeve au personnage de Kal El. Plus que que le sauvetage du quart des Usa, plus que la scène de l’hélicoptère ou bien encore la récente adaptation de Bryan Singer, cette scène est LA scène qui caractérise le plus Superman au cinéma. Un moment d’anthologie avec un cri désespérément humain qui reste en tête longtemps après la fin de la projection. Mention spéciale à Arditi qui a su lui aussi retranscrire cette sensation en doublant Chris Reeve ( à l’image des non, non, ,non précédent l’envolée et qui a été massacré lors de l’adaptation de la version longue en 2001). L’ensemble est de plus renforcé par un silence oppressant, presqu’écrasant. Superman quitte alors le monde douceâtre de l’adolescence pour entrer dans de plein pied dans le monde amer des adultes, méprisant tous les préceptes de son père pour assouvir son seul désir, et ce, quitte à bouleverser l’ordre cosmique.

Sans la mort de Loïs, aurait on eu droit à une telle séquence ? Pas Certain, surtout lorsqu’on considère les suites à venir, au cinéma, comme dans les adaptations TV.


Autre exemple marquant de cette mort révélatrice de la noblesse d’une âme en perdition que l’on peut retrouver dans la saison 7 de Buffy (et oui, encore elle !) avec show final de près de deux heures où Spike enterre littéralement la mythologie entourant le premier vampire avec une âme, Angel pour un sacrifice énorme permettant à notre joyeux scooby gang de pouvoir s’en sortir en vie (ou presque vu la mort de certaines figures récurrentes qui auraient du être toutes aussi marquantes, mais balayées par le nombre de cadeaux offerts à nos yeux émoustillés, d’une invasion de turokans assoiffés à une Willow débordée par ses pouvoirs bénéfiques de sorcière (joli parallèle avec la saison précédente et beau clin d’œil à Charmed) en passant à la destruction pure et simple de Sunny Dale, autre forme de décès entraînant une sévère introspection quand à une suite potentielle). Le fait que Spike revienne à l’état protoplasmique dans la saison 5 d’Angel reste de fait anecdotique puisqu’il n’aura plus jamais l’occasion de se mettre ainsi en valeur.

La mort au cinéma où à la télévision, pour autant qu’elle soit marquante ne permettra pas forcément au personnage fictif d’avancer mais pourra également nous toucher de plein fouet tout ne nous faisant réfléchir sur nos propres angoisses. Ainsi on pourra citer la mort de Diana Rigg dans Au service secret de sa majesté. Ce passage nous donne les quelques minutes les plus dures à voir et à supporter de toute la saga cinématographique de Bond. Ces quelques images possèdent une telle puissance d’émotion et provoque une empathie si forte pour le perso de Bond, notamment quand celui-ci l’embrasse et lui prend la main que le spectateur qui avait relâché sa vigilance au moment du mariage, suite à l’excellent affrontement entre Blofeld et Lazemby en Bobsleigh reste sonné et en larmes à l’annonce du générique final, avec ce plan lourd de sens sur le pare brisé troué d’une balle. Un moment fort de cinéma et une mort marquante tout autant pour nous que pour Bond… si blessant , si humain qu’il ne sera presque plus abordé dans le reste de ses aventures, si ce n’est au détour discret d’un dialogue murmuré. Idem pour les morts si inutiles à première vue et pourtant fondamentales dans le parcours de Rocky que celles de Mickey (qui le hantera encore dans le 5ème opus) et d’Appolo Creed qui le laissera une fois encore sans repères. Et que dire de celle d’Arthuro dans Sliders ? Il ne faudra rien moins que l’explosion d’une des Terres pour illustrer le chagrin et le vide qu’elle va représenter dans les quelques saisons restantes qui se trouveront changées à jamais et dont l’intérêt sera proche du zéro absolu. Réussir une telle symbiose entre quatre personnages aux origines si diverses pour tout massacrer de la sorte dans un sacrifice ultime, cela relève de la folie pure ou d’un courage incertain…

Après avoir abordé la mort et l’avoir exploité sous toutes ses formes, que pouvait il alors rester à l’Hollywood d’aujourd’hui pour encore réussir à tirer quelques espèces sonnantes et trébuchantes sur le dos de la Faucheuse ? Il n’aura pas fallu chercher bien loin, il aura effet suffit de reprendre tous les points évoqués précédemment pour ensuite les aborder du point de vue de la Mort elle-même dans une volonté d’auto-recyclage permanent. La Mort est donc devenu un slasher avec la trilogie Destination Finale dans lequel on essaie de nous faire comprendre avec plus (2nd opus) ou moins (dernier volume) de maestria que quand la Mort a décidé quelque chose, il ne fait pas bon la contredire et qu’elle finit toujours par avoir gain de cause. Fini le côté sentimental et bonjour le côté spectaculaire et surtout inventif car ces films ont le mérite de ne pratiquement jamais se répéter et de faire dans une action bien plus originale qu’un simple coup de coupe coupe…. On se souviendra d’ailleurs longtemps de la scène de l’autoroute, devenue maître étalon du genre pour un moment encore.
Cependant , pour les fans d’une mort empreinte de surnaturel (dur de faire autrement) mais non dénuée d’un certain humour, la télévision a aussi réussi à tirer son épingle du jeu en proposant de bonnes séries à succès comme Dead Like me ou bien encore Ghost Whisperer au principe certes pompé sur Poltergeist, dead Zone et Charmed, mais suffisamment remanié pour parvenir à sortir un univers qui lui est propre, sans compter d’assez bons scénarios qui baladent (légèrement) le spectateur.
La Mort peut également être détournée de son objectif premier afin de mieux nous surprendre voir de nous faire sourire comme ce fut le cas pour le cultissime Fantômes contre fantômes de Jackson avec une histoire à tiroir eux-mêmes divisés en plusieurs parties que ne renierait pas Fox Mulder ou bien encore , histoire de faire un lien avec Jeffrey Combs illuminé dans le film précité avec Re-Animator et toutes ses suites qui détourne l’idée de résurrection dans ses retranchements les plus extrêmes et les plus percutants visuellement.
Enfin, pour ceux qui voudraient simplement découvrir un monde mortuaire toute en nuance, comment ne pas conseiller la trop rare Six Feet Under, chronique d’une famille de croque mort bien plus vivantes que certaines séries se voulant une retranscription fidèle mais drôle du quotidien….
Reste bien sûr, afin de boucler la boucle, le cas des séries qui meurent en laissant la place et la gloire à leur spin off tout en continuant à vivre à travers elle : Les experts, Angel , Star Trek et Babylon 5 et j’en passe….
La mort n’a pas fini de faire parler d’elle et sa vie promet d’être encore longue et prospère.

Merci d’avoir tenu jusqu’ici, et n’hésitez pas, réagissez !

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11:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Zombie night

Petit film indépendant sans grande originalité, ce zombie night pêchera surtout par son intrigue plus qu’hasardeuse qui fera se répéter des situations sans intérêt ( en plus de donner le sentiment d’avoir été déjà vues maintes fois) en plus d’être régulièrement improbable et redondant.
Le script va suivre la lutte pour la survie d’un groupe d’individus confrontés à une invasion de zombies avides de chair humaine.

Zombie nightAprès une courte séquence d’introduction inutile suivant un homme courant dans des ruelles pour être finalement attaqué par un mort-vivant qui va le mordre et se délecter de ses entrailles, le métrage va mettre en scène trois de ses personnages principaux, Mark et Amber, un couple circulant à bord de leur voiture en compagnie de leur fille Emily, pour leur faire entendre à la radio la description d’événements liés à une attaque chimique, information bientôt relayée à l’écran par une série de flashes de journaux télévisés annonçant cette attaque et mettant surtout en avant un effet secondaire attendu des radiations, puisque les humains touchés se transforment en créatures assoiffées de sang et dévorant les vivants. Cette entame sentira déjà le réchauffé, avec ces plans d’informations télévisées guère crédibles par le détachement des différents speakers mis en avant et surtout par ces images de fond pas du tout convaincantes.

Zombie nightEnsuite, l’intrigue va se recentrer sur le couple qui va tomber en panne d’essence et devoir se réfugier dans le sous-sol d’un bâtiment désert pour quelques temps et quand mark va se décider à tenter une sortie, ce ne sera pas pour tomber sur une horde de zombies mais sur Dave, un jeune homme ayant vu mourir sa femme et sa fille sous ses yeux des mains des monstres et qui va révéler à Mark l’effroyable situation et notamment la présence des zombies, chose que Mark ne croira pas avant de se retrouver face à face avec plusieurs d’entre eux. Pendant ce temps, le métrage essayera de créer un minimum de tension en revenant régulièrement voir Amber et la jeune Emily seules et apeurées par des bruits récurrents venant du dessus. Finalement les deux hommes, après une altercation avec quelques zombies qui offriront au spectateur quelques plans sanglants assez volontaires, vont retourner auprès d’Amber bientôt rejoints par d’autres individus, dont Derek, un homme un peu spécial et qui ne va pas tarder à constituer une menace en devenant systématiquement contradicteur.

Zombie nightAprès une pause dans ce sous-sol, le petit groupe, qui ne cessera d’enfler au fil des situations, va quitter ces lieux devenus peu sûrs pour rejoindre une usine désaffectée où ils vont se barricader pour le restant du film. Déjà bien moribonde, l’intrigue va alors s’étioler complètement à cours d’imagination pour se contenter de suivre de petits rebondissements liés à la présence de ce Derek qui tentera plusieurs fois de renverser l’autorité de Mark et de Dave, les deux leaders du groupe, avant de s’éloigner avec quelques acolytes pour toujours revenir se mêler au groupe et lui nuire, quitte à tuer des survivants innocents. Et au milieu de cette lutte de pouvoir sans relief ni la moindre ampleur, l’intrigue va également régulièrement avancer ces zombies qui vont bien entendu venir à l’assaut du groupe, sans conviction mais parvenant quand même à mordre et à massacrer épisodiquement des humains, contaminant les blessés qui se verront obligés de quitter les lieux ou de se suicider, apportant alors de courtes séquences lacrymales surfaites et pas forcément crédibles.

Zombie nightHélas donc, le métrage se cantonnera à suivre ses protagonistes converser et se quereller mollement jusqu’à devenir définitivement improbable devant la capacité de Dave, seul chef après la mort de Mark, à accepter les éternels retours de ce Derek bien ridicule, pour de fait reléguer les zombies au second plan. Ce qui sera d’ailleurs dommage car lorsque le réalisateur daignera les faire intervenir, cela sera toujours pour amener des scènes gores assez volontaires et graphiques, entre morsures, impacts de balles en pleine tête et autres énucléations, et même si les vivants donneront l’impression de se laisser bien souvent cueillir par leurs adversaires de façon trop facile et sans opposer de réelle résistance.

Zombie nightMais heureusement, en plus de ces séquences sanglantes franches, au milieu de cette inertie ambiante vont intervenir quelques petits détails truculents, comme par exemple ces bikers s’amusant avec une femme zombifiée à moitié nue, ou encore en avançant des bambins grimés en zombies, lorsque ce ne sera pas un couple s’étant isolé sur un toit pour une petite scène érotique qui se fera surprendre par Dave. Mais cela restera peu de chose par rapport à la vacuité d’un script aussi stupide qu’incohérent.

Zombie nightPetit budget oblige, les différents interprètes ne sont ici certainement pas tous professionnels et cela va se ressentir régulièrement pour en plus donner une platitude monotone aux nombreuses séquences de dialogues, laissant juste quelques acteurs et actrices offrir un peu d’ampleur à l’ensemble, et notamment dans le rôle d’Amber la très jolie Andrea Ramolo, même si quelque part elle porte bien son nom. La mise en scène du réalisateur est mitigée, statique et plate la plupart du temps, mais arrivant quand même parfois à s’énerver ou à gratifier le spectateur de plans réussis et très visuels (les extérieurs de l’usine ou encore les vus sur les zombies). Les effets spéciaux sont presque étonnamment probants dans un tel contexte pour avancer des maquillages de zombies assez convaincants, tandis que les effets sanglants restent graphiques et réussis.

Donc, ce Zombie night pourra largement s’éviter sans aucun remord à cause de son intrigue laborieuse qui risque bien de finir par lasser et venant gâcher les quelques points positifs du métrage.

Zombie nightLe DVD de zone 1 édité par Maverick entertainment avancera une image nette mais parfois délavée, tandis que la bande-son sera juste correcte, avec une partition musicale terne et sans emphase, tandis que certains dialogues sembleront étouffés, le métrage étant ici présenté dans sa version originale anglaise sans le moindre sous-titre.
En bonus, il faudra se contenter de quelques bandes-annonces d’autres titres de l’éditeur.

Pour ceux qui voudraient quand même se risquer à suivre cette invasion de zombies fastidieuse, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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13.12.08

09:00:00, Catégories: Dossier  

La mort est un moyen couramment utilisé par les scénaristes au même titre que la réapparition de personnages depuis longtemps disparus (souvenez vous le retour de Abby dans Côte Ouest par exemple ou bien encore celui du fils de Catherine Chancelor ou de Dany Rommalloti dans les Feux de l'Amour, les soap opéras étant les plus friands de ce genre de retournements) afin d'essayer d'opérer un électrochoc sur l'audience d'une série. A ce titre, l'assassinat par empoisonnement du président dans 24h Chrono avait permis au show d'enregistrer l'un de ses plus importants quotas de téléspectateurs.
Mais au delà de ça, doit on simplement y voir un effet d'annonce pour exciter le microcosme du buzz sur Internet et donner des couvertures potentielles à Téléstar ou bien une volonté véritable de faire avancer le schmilblick et d'apporter un plus à l'univers exposé ?

Prenons le cas du Batman ou du Phantom. Dans les deux cas , ces superhéros plus que mortels et sans réels pouvoirs le sont devenus à la suite de la mort tragique de proches. Bruce Wayne est réellement mort la nuit où ses parents ont été assassinés pour laisse la place à un archange de justice tandis que pour le Phantom, le poste se transmet de père en fils lors du décès du Phantom en fonction. Cette base a d'ailleurs été mainte fois revisitée dans les différentes adaptations du héros de Gotham démontrant que si ses parents étaient restés en vie, Wayne n'aurait été qu'un golden Boy parmi tant d'autre. Le mythe du Batman doit naitre et être écrit dans le sang, comme un constante invariable de son univers, qu'il s'agisse des multiples fusions des différentes Terre dans l'univers DC ou de la mise en place de Terry Mc Ginnis qui clôturera de manière exceptionnelle la saison 2 de Justice League Unlimited , puisque ce dernier est un clone de Batman qui doit lui aussi connaître un traumatisme d'enfance pour pouvoir prendre conscience de la notion même d'injustice. Pour plus de détails et pour éviter les redites avec le monde Dc et le Dinyverse, je ne peux que vous renvoyer sur le malle à malice concernant The Batman season 5.

D'ailleurs , pourquoi se cantonner aux stéréotypes des comics? Le cinéma nous a également donné de nombreux héros à la naissance violente et intimement liée à la mort. Robocop par exemple ne serait jamais devenu le cyborg que nous connaissons tous sans sa confrontation mortelle avec Clarence Bodicker. Lors de cette affrontement quasi christique où Murphy se prend une bonne centaine de balles les bras en croix, ce n'est plus le policier mais l'homme qui meurt, ayant refusé jusqu'à la dernière minute de céder un pouce de terrain à ce tueur d'humanité, ce qui lui coutera sa main (en parallèle avec la lance romaine) puis une véritable crucifixion autant mise en image qu'en souffrance. Et c'est cette mort qui va à la fois tuer mais aussi sauver l'essence de Murphy. Bien évidemment, la partie humaine va être réduite à une poignée d'os et de cervelle, sans compter un visage hommage non irriguée mais présentant malgré tout une belle teinte rosée, mais la partie flic et sens du devoir va être émulée au possible, tout comme le sens du sacrifice qui restera plus fort que celui de la vengeance et qui permettra, dixit Robocop II , de mettre en place un cyborg unique, non duplicable, vu qu'aucun produit de cet univers machiste et viril qu'est la police ne parviendra à surmonter la perte de tout ce qui le caractériser au profit d'une vie quasi éternelle. La mort n'est donc pas qu'une question de physique mais aussi d'âme et Murphy est malgré tout parvenu à garder la sienne ... ce qui rend caduque la version 2001 – Directives prioritaires où est crée en un épisode et demi un double black de Robocop via l'exécution d'un John Cable, alter ego de Murphy mais sans sa même force d'implication.

La vengeance reste de son côté un leitmotiv fatal faisant bon ménage avec la mort, celle ci consentant même à relâcher des victimes qui peuvent ainsi faire expier leurs pêchés à leurs bourreaux sans autres formes de procès. On pensera évidemment à The Crow mais aussi à Ghost Rider 2ème génération (comprendre pas celui avec Johnny Blaze) qui, dans une atmosphère gothique d'outre tombe court après leur rédemption tout en protégeant les innocents. Les démonstrations sont en fait si nombreuses qu'on pourra citer en vrac Spiderman et la mort de Gwen Stacy intimement liée à celle du premier Bouffon Vert, The Flash de Terre 1 dont la femme meurt avec celle de Barry Allen sur Terre II, Spawn bien sûr et autres Faust (bien que le traitement cinéma de ce dernier vire rapidement au grand guignolesque)...
Néanmoins, la vengeance mortelle peut aussi conduire à une reconsidération puis une reconstruction de soi, permettant de couper les liens avec une vie précédente afin de se protéger ou de protéger ce qui nous est cher. Tarantino dans Kill Bill l'a bien compris et nous offre un ballet mortel s'effectuant entre quelques membres d'une brigade d'assassins qui , suite à une cérémonie de mariage contrariée vont devoir affronter l'un de leur élément le plus actif et paradoxalement le plus pacifiste jusqu'à un final éblouissant de simplicité avec le décès de Bill qui signifie la libération complète et sans remords d'Uma Thurman. La mort permet donc de construire et pas seulement de détruire pour nous offrir des personnages bien plus complexes et bien plus fouillés que la normale. Tous les personnages ayant la mort dans leur processus de construction sont généralement plus torturés, plus marginaux aussi, tout un chacun espérant inconsciemment ne pas avoir à l'affronter dans un futur proche. Prenez Konoha et son citoyen le plus emblématique, Naruto. Synonyme de démon enfermé et de la mort quasi totale de l'élite de son village , il va devoir vivre avec ce passif pour finalement se faire accepter de tous, transformant la mort passée en une joie de vivre communicative via une conception de Nido assez particulière. Oroshimaru, en tant que Bad Guy sera lui aussi extrêmement intéressant, au même titre que Gaara du désert , via une approche de la mort assez remarquable, l'un voulant la dépasser, l'autre lui étant intimement liée avec une motion paradoxale d'amour. Zabuza était aussi passionnant, véritable égal de Kakashi, mais c'est dans sa mort et celle de son acolyte qu'ils ont révélé leur beauté profonde. Idem pour Naruto d'ailleurs qui s'est totalement libéré en croyant assister à la mort de Sasuké et qui parvient à briser un nunjitsu génétique réputé inviolable. Il en ressort plus mature, ayant réellement compris ce qu'était l'engagement Ninja, et que la route d'Hockage serait parsemée d'épreuves. Dans Dragon Ball, San Goku lui même préfère rester dans l'autre monde pour que le destin de la Terre ne repose plus entre ses mains mais dans celle de la relève. Ainsi, la mort peut être un véritable symbole de renouveau et pas un arc caricatural ou une fin en soi comme le pensait à tort le Masque de Mort du Cancer de Saint Seiya.

On achèvera ce chapitre sur le décès récent de Lionel Luthor (à l'origine de ce dossier d'ailleurs) dans la saison 7 de Smallville , poussé dans le vide par un Lex avide de pouvoir et embrassant totalement son côté obscur. C'est par la mort des autres qu'il y sera parvenu, éliminant même psychiquement son bon côté pour n'être que noirceur absolu. Paradoxalement, dans ce dernier plan sur le visage de John Glover, on peut entr'apercevoir un lueur d'apaisement, d' accomplissement conduisant au rachat des péchés de Lionel qui parvient alors à dépasser les dernières paroles de son fils : j'ai grandi dans ton ombre, tu périras dans la mienne. C'est tout le contraire, Lex a effectivement grandi dans l'ombre de Lionel mais l'âme de Lionel noiera à tout jamais celle de Lex dans la lumière. Mais un tel personnage ne part pas sans laisser de traces. C'est tout le casting de la série qui va se retrouvé affecté par cette brutale disparition, preuve encore une fois que la mort peut être source de redéfinition. Clark a perdu son émissaire kryptonien et un allié de poids, Lex son père (et a trouvé accessoirement une fortune considérable à ajouter à la sienne) , la série un contre poids équilibrant les forces du centre à la fois bonnes et mauvaises, le côté Janus de ce Luthor n'existant pas dans les autres rôles. Plus fort encore, l'assassinat de Lionel va conduire à une nouvelle mise en abîme de son souvenir et laisser une impression de changement de personnalité après laquelle il aura couru durant ses dernières années.
On finira aussi par citer la série Scrubs dans laquelle John Dorian perdra une grande partie de son innocence suite au décès du personnage interprété par Brendan Fraser, décès qui changera aussi la conception qu'on sur la vie Cox et consort, le show devenant subitement plus mature en cette fin de saison assez dramatique dans sa mise en scène. La mort, plus qu'un moment d'abandon peut donc être retranscrite comme une étape dans la vie des survivants.

à suivre

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08:55:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Penny dreadful

Faisant partie de l’After Dark Hororfest de l'année dernière avec entre autres Unrest, Wicked little things, Dark ride ou encore le Abandonnée de Nacho Cerda, ce Penny dreadful fera quand même office de vilain petit canard en ayant bien du mal à tenir la route sur toute sa longueur et ce malgré un pitch en apparence alléchant.
Le script met en scène une demoiselle ayant la phobie des voitures depuis la mort de ses parents dans un accident automobile qui va tenter d'exorciser ses peurs en se rendant sur les lieux du drame en compagnie de sa psychologue, mais un dangereux psychopathe échappé d'un asile qu'elles vont prendre en stop va en décider autrement !

Penny dreadfulDès sa première séquence, le métrage va avancer son personnage principal, Penny, une adolescente visiblement perturbée et malade en voiture qui va profiter d'un arrêt dans une station-service tenue par un personnage étrange pour quitter le véhicule où elle circulait en compagnie d'Orianna, pour se rendre dans les toilettes et essayer de se calmer, ce qui permettra au métrage de nous faire découvrir sous la forme d'un flash-back sanglant mais aussi chargé d'émotions l'origine des troubles de Penny, puisque nous découvrirons que ses parents sont morts dans un accident de voiture dont elle fût la seule rescapée.

Penny dreadfulLa présentation de ces deux femmes continuera ensuite alors qu'elles auront repris la route, pour avancer la profession de psychologue d'Orianna qui veut essayer de guérir Penny de sa peur maladive des voitures en l'emmenant sur les lieux de l'accident ayant coûté la vie à ses parents, avec bien entendu un voyage en voiture que l'adolescente a bien du mal à supporter, situation qui sera encore aggravée lorsqu'elles vont renverser un autostoppeur sans toutefois blesser celui-ci mais se sentant obligées de le prendre à bord pour le conduire à sa destination.
L'intrigue installera alors une situation assez tendue, vu que ce personnage encapuchonné dont nous ne verrons même pas le visage se comportera de façon étrange, notamment en restant muet malgré les tentatives de conversation lancées par les deux femmes.

Penny dreadfulC'est en croyant s'en être débarrassé qu'elles vont le laisser aux portes d'un camp de vacances fermé au fond d'une route aussi sinueuse que perdue au milieu des bois, pour ensuite rapidement se rendre compte que l'homme a profité de sa descente de voiture pour crever un pneu, forçant Orianna à stopper le véhicule un peu plus loin et à chercher un réseau pour son téléphone portable, non sans que Penny n'ait trouvé le moyen de se tordre la cheville, devant du coup rester dans leur voiture en attendant le retour d'Orianna. Mais après avoir laissé s'écouler un certain temps, elle va s'impatienter et sortir de la voiture pour aller à la rencontre de sa psychologue, pour rien trouver de mieux à faire que de s'assommer en tombant sur un rocher. Lorsqu'elle se réveillera, ce sera pour se retrouver dans leur voiture, Orianna morte à ses côtés et surtout, le véhicule sera coincé entre des arbres, bloquant les portières, confinant ainsi Penny dans un rôle de prisonnière sentant la présence de l'autostoppeur dans les parages.

Penny dreadfulEn minimisant au maximum la mise en place de l'intrigue, le spectateur pourra aisément comprendre que la volonté avérée du réalisateur est de placer son héroïne dans une situation bien inconfortable pour elle en l'enfermant dans cette voiture symbolisant évidemment sa phobie, mais hélas, une fois cet état de fait programmé et installé, le métrage aura bien du mal à recycler ses rebondissements. En effet, mis à part quelques apparitions de l'autostoppeur qui ne parviendront même pas à surprendre (alors que les effets de surprise de la première partie du film fonctionnaient plutôt bien), il ne se passera plus grand-chose, et ce ne seront pas les quelques quidams qui viendront fortuitement se mêler à l'intrigue qui viendront rehausser l'ensemble.

Penny dreadfulEn effet, lorsque le métrage tentera de se donner des allures de "slasher", ce sera pour expédier ses situations et n'avancer que quelques meurtres faciles, sans aucune tension perfectible et même pas gores mettant en scène des personnages survolés et basiques qui n'auront presque pas le temps de s'exprimer devant la caméra, renvoyant systématiquement l'intrigue au huit-clos installé aux abords de cette voiture dans laquelle Penny souffrira et tentera de résister tant bien que mal au malaise ressenti. Mais hélas, même cette partie du métrage n'aura que peu d'impact, en étant guère claustrophobe alors que le sujet s'y prêtait parfaitement, et le calvaire de Penny sera rarement glorifié pour demeurer la plupart du temps soporifique, avec uniquement quelques détails macabres graphiques (la clé coincée entre les dents d'Orianna). Et si le dernier acte reviendra au "slasher", heureusement sans nous balancer le moindre twist foireux, ce ne sera une fois encore que pour avancer des événements simplistes que la fin ouverte ne fera pas gagner en intensité.

Penny dreadfulPourtant pétri de bonnes intentions, le réalisateur Richard Brandes (précédemment auteur de La secte des vampires) n'arrivera pas à donner l'ampleur voulue à son sujet pourtant bien trouvé, la faute à un manque de renouvellement dans ses rebondissements qui n'offriront dans la seconde moitié du film que des situations anecdotiques au cours desquelles l'héroïne ne rendra pas communicative sa peur et son malaise, alors que les petites invraisemblances qui orneront l'intrigue parvenait presque pourtant à se faire oublier rapidement (avec quand même une interrogation de taille : comment l'autostoppeur a t-il pu placer rapidement le véhicule de façon à coincer par des arbres les portières, ceux-ci empêchant même Penny de se glisser par les fenêtres ? ). En plus, le réalisateur ratera ses effets lorgnant vers une grandiloquence jamais ne serait ce qu'effleurée (le sang recouvrant les vitres), et le meurtrier, au look pourtant très graphique, surtout lorsqu'il dévoilera son visage, sera complètement sous-exploité au profit de l'héroïne.

Penny dreadfulL'interprétation est convenable, essentiellement portée par la jeune Rachel Miner qui ne parviendra pas à faire passer beaucoup d'émotions, avec en prime un caméo du toujours aussi imposant Michael Berryman. La mise en scène du réalisateur manquera donc surtout de rythme, et ses effets visuels censés retranscrire le trouble de Penny n'auront que peu d'impact.
Les quelques effets spéciaux éparpillés dans la métrage seront plutôt réussis, en versant dans un gore rapide et jamais expansif.

Donc, ce Penny dreadful n'arrivera qu'à distiller un ennui poli, trop rarement coupé par juste quelques petites trouvailles et idées innovantes qui ne suffiront pas à sauver l'ensemble du marasme dans lequel il s'est enfermé !

Penny dreadfulLe DVD de zone 1 édité par Lionsgate avancera une image claire et sans défaut, même lors des très nombreuses séquences se déroulant dans l'obscurité, tandis que la bande-son sera cohérente, malgré une partition musicale trop terne et sans effet.
Au niveau des bonus, on pourra suivre un petit making-of revenant sur l'ensemble du projet au travers d'interventions du réalisateur et de ses principaux interprètes, sans que le ton promotionnel d'usage soit ici trop flagrant, uniquement suivi par la bande-annonce du film et de celles des autres titres de l' After Dark Horrorfest.

Pour ceux qui voudraient quand même aller s'enfermer avec Penny dans ce huit-clos manquant d'envergure, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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12.12.08

07:10:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Caos calmo
Réalisateur : Antonello Grimaldi
Avec : Nanni Moretti, Alessandro Gassman, Valeria Golino, Charles Berling, Hippolyte Girardot, Denis Poladylès, Isabella Ferrari...
Durée du film : 1h55
Date de sortie en salles : 10 décembre 2008
Par Nicofeel

Réalisé par le cinéaste italien Antonello Grimaldi qui adapte là un roman à succès, Caos calmo a pourtant tout du film morettien.
Il faut dire que le principal rôle du film, autour duquel tout gravite, est tenu par Nanni Moretti. Celui-ci interprète le personnage de Pietro, un homme parti à la plage pour se distraire avec son frère Carlo (joué par Alessandro Gassman). Là, chacun d’eux sauvent une jeune femme de la noyade. A son retour, Pietro trouve sa femme, Lara, allongée par terre : elle vient de décéder.
On le comprend immédiatement : Caos calmo est un film sur le deuil. Tout ceci est donc très proche des préoccupations de Nanni Moretti et notamment de son chef d’œuvre absolu, le sublime film La chambre du fils, récompensé à juste titre par la Palme d’Or à Cannes en 2001.
Sauf qu’ici la personne qui décède n’est pas son fils mais son épouse. Pietro se retrouve seul avec sa petite fille de 10 ans. Pietro n’arrive pas à faire sortir sa douleur, d’où le titre du film, Caos calmo, le chaos calme.
Pourtant, ce personnage a complètement perdu ses repères. Du jour au lendemain, il décide subitement d’accompagner sa fille à l’école. Il lui déclare qu’il l’attendra jusqu’à ce qu’elle ait terminé et c’est ce qu’il fait. Pietro attend toute la journée sur la place située en face de l’école. Il s’interroge sur l’existence avec des choses futiles (les différentes compagnies aériennes qui l’ont fait voyager ; les différentes adresses où il a vécues durant son existence) ou plus sérieuses (les choses qu’il apprend sur sa femme par le biais de sa belle-sœur, Marta, plutôt perturbée sur le plan psychologique et qui est jouée par Valeria Golini). Surtout, il se raccroche à la vie par le biais de son être le plus cher qui lui reste : sa fille, qui elle aussi ne semble pas plus ébranlée que cela par le décès de sa mère.

Le fait de rester sur la même place tous les jours de la semaine va permettre à Pietro de se faire de nouvelles relations. On peut citer par exemple la mère qui amène chaque jour à l’école son enfant trisomique, lequel a une sorte de jeu avec Pietro. On peut citer également la jeune femme mystérieuse qui promène chaque jour son chien. Il y aussi le cafetier du coin ou encore un vieil homme qui a lui aussi perdu sa femme et qui invite Pietro à déjeuner. On se retrouve dans une sorte de microcosme avec la sphère privée et la sphère publique qui ne font plus qu’un lorsque Pietro est sur cette place.
Car Pietro travaille habituellement dans un grand groupe audiovisuel qui est concerné par une fusion. Pietro travaille désormais depuis la place située en face de l’école de sa fille. Et de nombreuses fois, ses collègues (interprétés par une belle brochette d’acteurs français : Charles Berling, Hippolyte Girardot, Denis Poladylès), qui sont pour certains ses amis, viennent le voir soit pour lui parler de la fusion, soit pour lui proposer un poste, soit pour lui donner un sentiment sur un collègue de travail. Sur ce point, on peut penser que Nanni Moretti se plaît à évoquer par le biais de son personnage le monde capitaliste, qui n’est pas sans évoquer son dernier film, Le caïman. En effet, les questions d’argent et de pouvoir sont au cœur des interrogations des personnages qui viennent voir Pietro. Mais lui n’en a que faire et il le fait clairement savoir. Le capitalisme, vu comme une histoire de trahisons, de mésalliances, est critiqué au plus haut point, mais de manière assez subtile.
Pour sa part, Pietro cherche avant tout à faire son deuil et à fréquenter pour l’heure les personnes qui lui sont les plus chères : il y a ainsi sa petite fille avec qui il s’entend parfaitement. Il y a aussi son frère Carlo, séducteur italien qui connaît un succès professionnel avec la vente d’un jeans qui fait fureur et quoi est très tendance. Carlo a d’ailleurs des rapports très proches tant avec son frère Pietro qu’avec sa nièce Claudia. Les relations entre ces trois personnages sont sincères et révélatrices d’un amour réciproque.

On notera que Pietro cherche à faire table rase du passé, comme le prouve son choix de couper ses relations professionnelles et de ne pas chercher à savoir quelles ont pu être les relations qu’a pu nouer sa femme (pour preuve, il détruit tous les mails rédigés par sa femme sans les lire). Beau film sur le plan émotionnel, Caos calmo bénéficie sur ce point du thème principal du film. Cependant, notons que les autres musiques du film auxquelles le spectateur a droit ont parfois tendance à surligner l’émotion. Le réalisateur Antonello Grimaldi aurait pu être plus fin.
De même, le réalisateur nous livre une scène de sexe entre Pietro et Eleonora Simoncini (jouée par la volcanique Isabella Ferrari), la femme bourgeoise que Pietro a sauvé de la noyade, qui paraît parfaitement incongrue. Cette scène semble complètement décalée par rapport au ton général du film. On comprend que le réalisateur du film souhaite nous montrer une sorte de renaissance de la part de Pietro mais il aurait pu faire preuve de plus de subtilité. Heureusement, il ne s’agit pas de la scène finale.
En somme, Caos calmo est un beau film qui tient avant tout par l’excellente prestation de Nanni Moretti, dont on ressent les sentiments rien qu’en l’observant. Nul doute que si ce film avait été réalisé par Moretti lui-même, il aurait été mieux mis en scène et aurait été plus subtil sur certains aspects.

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07:00:00, Catégories: Dossier  

Le principe d'une bonne série Tv reste de mettre en place des personnages parfois caricaturaux il est vrai dans les premiers épisodes mais qui finissent par être attachants. Le propre d'un bon show, c'est de réussir à faire pleurer ou réagir émotionnellement (rire, angoisse, peur et tout ce que vous voudrez d'autre) lorsque l'un des dits personnages est soumis à une situation extraordinaire. Si vous ne ressentez rien, c'est plutôt mauvais signe et il est quasiment certains que la saison n'ira pas à son terme où guère au delà. Les exemples sont légions pour les mauvais sujets (mauvaise exploitation, tendance à la redite, chute d'audience vertigineuse) comme pour les petites perles qui n'ont su trouver leur public malgré un pitch novateur ou du moins une bonne exploitation à l'instar de feu Tru Calling ou encore de la brillantissime Odyssey 5 que le studio a stoppé en pleine narration et dont le final ne pourra être connu que par les possesseurs du coffret dvd grâce au commentaire audio de Peter Weller et de M. Cotto (pour ceux qui ne l'ont pas, les machines devaient s'unir aux humais et inversement pour lutter contre une menace encore plus grande, étalée sur cinq saisons).

Néanmoins, une mort stylisée dans une série à succès et surtout amenée de manière correcte permet à cette dernière de connaître un pic d'audience ou pour le moins de générer un buzz de premier ordre sur le Net. De plus, elle permet, en cas de prolongation de saison de se poser la question de l'après, à savoir comment les personnages survivants vont-ils prendre leur parti de vivre sans leur camarade, quand il n'est pas question de l'héroïne principale. Le rapport à la mort peut alors être abordé de diverses façons, divergeant selon l'age du personnage, le passif vis-à-vis du trépassé, les relations établies avec lui et dans le cas d'une série manichéenne, on aura de surcroît le bonheur de voir cette analyse passée au crible du côté de la force obscure. Logique, car quand un bad guy de saison meurt, on s'y attend tous et les héros reprennent leurs petite vie quotidienne en attendant que les scénaristes leur pondent avec un bonheur plus ou moins grand selon les années un méchant d'envergure encore plus grande qui attendait tout simplement que le précédent soit mort pour entrer en scène. Pour exemple, on citera de nombreuses séries cultes de ces dernières années se basant sur des menaces prétendues quasi universelles comme Charmed (encore) qui nous a gentiment introduit deux démons mineurs avant de nous dévoiler La Source et Balthazar pour que ces derniers finissent par s'entretuer dans la course au pouvoir tout en nous mettant une cuillerée de fondateurs (les gentils marchent selon le même principe),d'avatars et autres démons majeurs ceux là. Buffy appartient également au nombre selon une suite logique avec sept bad guys plus ou moins réussis (Le Maître, monumental méchant pour une première saison et si réussi que son ombre survole encore la série jusqu'au grand final et qu'il a été faire un tour du côté du spin off Angel, puis Spike , le Maire, Adam, une histoire tordue avec une sœur en cadeau bonux, puis enfin Willow qui change de camp et pour finir le Mal en personne qui lâche ses créatures les plus primitives) qui engrangent un nombre incalculable de décès mais aussi de nouveaux membres des forces démoniaques. Le plus jouissif de cette bande de boss de jeux vidéos reste bien sûr Adam qui tue simplement pour comprendre comment fonctionne la mort alors qu'il est lui même un être composé de cadavres de divers monstres. La boucle est bouclée.

Maintenant, prenons les choses du côté inverse, quand un héros meurt dans une série. Attention, pas n'importe quel personnage, pas celui qui se distingue par un acte héroïque le temps d'un épisode mais bien un héros apparaissant au générique. Quand ce dernier est tué au cours d'une saison, les méchants ne sont pas les seuls concernés. C'est toute l'histoire du soap qui doit être réécrite pour repartir sur des bases saines, ce qui permet d'entrevoir deux possibilités. Soit le mort reste mort, avec le traumatisme logique qui en découle et un déséquilibre des forces , toujours à l'image de Charmed avec le décès de Prue par le démon Shark qui remet en cause le ciment même du trio via le pouvoir des trois, quintessence de leurs dons de sorcière. Les scénaristes, avec cette mort problématique doivent alors s'arracher littéralement les neurones pour pouvoir reconstruire sans dénaturer les fondements de la série une suite logique et donnent donc une demi soeur qui se révèle comme par hasard sorcière elle aussi. On pensera également à la mort de Dax dans la saison 6 de Star Trek Deep Space Nine qui bien que paraissant anecdotique va redéfinir complètement le personnage de Worf, déjà l'un des plus riche de cet univers particulier, et lui donner une nouvelle rage de vivre après un passage de deuil extrêmement pénible, faisant de lui un klingon bien plus humain que la majorité des membres de Starfleet et un guerrier dont l'honneur et l'intégrité pourraient à eux seuls faire basculer tout l'Empire vers une ère de gloire jusque là inaccessible (ce qui sera indirectement le cas avec le maintien de son rôle d'éminence grise alors qu'il refuse les pleins pouvoirs). On pourra encore ajouter le trépas inévitable de Jonathan Kent qui permettra à Smallville de perdre ses ailes d'innocence pour entrer de plein fouet dans une ère adulte plus que bienvenue, symbolisée par un enterrement sous la neige tel un espoir se répandant sur le monde dans l'indifférence générale. Cependant, les exemples sont tellement nombreux qu'on ne les abordera pas tous ici, qu'il s'agisse de la mort de Grundy qui redéfinit le personnage d'Hawkgirl dans Justice League alors que la planète entière lui tourne le dos à celle de Captain Marvel dans l'univers éponyme qui sera l'un des plus beau décès retranscrit dans le monde des comics, un peu comme celui de Supergirl avec la saga Infinite Crisis chez Dc , via une couverture magnifique montrant un Superman en larmes tenant son corps ensanglanté.
La seconde possibilité en cas de décès prématuré réside bien sûr dans une résurrection. Les moyens sont multiples. On peut clairement prendre les spectateurs pour des abrutis de première bourre comme dans Dallas avec le retour de Patrick Duffy dans le rôle de Bobby Ewing qui fait son apparition sous la douche sur le prétexte que la saison écoulée n'était qu'un rêve (dont les actions et leurs conséquences perdurent dans la réalité.... encore un qui a du abuser de la pilule bleue de Morpheus) ou les respecter tout en ne trahissant pas l'univers que l'on a eu tant de mal à créer via le retour emprunt de mysticisme de Buffy, qui s'accompagne de plus d'une remise en question du personnage et de ses adjuvants, Spike en tête , qui la perd complètement d'ailleurs. Le problème récurent avec cette option reste son utilisation à outrance qui dénature jusqu'au côté émotionnel voulu par la perte brutale d'un acteur phare. Dans Smallville, Lana Lang, Chloé Sullivan, Lois Lane ou encore Lex meurent tant de fois pour revenir en forme que cela n'a guère plus d'intérêt (tout comme la perte ou le transfert de pouvoir qui conduisent à une lassitude certaine et à des incohérences monstres du type Shawn Ashmore qui devient un superboy névrosé dans la saison 1 puis qui interprète ensuite le rôle de Jimmy Olsen quelques années plus tard sans que personne ne s'en offusque. Même si le rôle est interprété par Aaron Ashmore, le coup du frère jumeau est un peu gros à avaler). Mais ce principe de renaissance à répétition peut malgré tout devenir un arc scénaristique majeur autour duquel s'articule les différentes aventures personnages comme San Goku et sa tribu dans Dragon Ball Z nonobstant bien sûr les multiples menaces encourues par Saori dans les Chevaliers du Zodiaque? Malheureusement, on peut aussi avoir à faire au phénomène inverse, assez rare il est vrai mais extrêmement frustrant : la mort bête et inutile.

Dans Star Trek la nouvelle génération, le lieutenant Tasha Yar est tuée par « l'essence du mal » d'un seul coup, sans raison . Les scénaristes ont crée un personnage qu'il était difficile de rendre intéressant, dans une fonction également peu sujette à développement, d'autant plus qu'elle était pourtant nouvelle sur l'Enterprise, à savoir chef de la sécurité et ils l'ont tuée en un claquement de doigt, sans pour autant entraîner de
conséquences sur l'équipage. Pas un changement, à part la promotion éclair de Worf et un Data légèrement touchée (il n'en est qu'au début de son
développement émotionnel et on est encore loin de l'échange avec Spock de la saison 5), pas un retour sur événement ou presque dans les six saisons à
venir , à part dans un épisode ayant pour base un paradoxe temporel, ce qui reste assez léger.
On peut aussi citer le cas Withler dans Blade. Autant son décès apparent dans le premier opus marquait un pas supplémentaire dans le parcours initiatique du Diurnanbule , via une scène extrêmement forte en émotion (la plus puissante de la trilogie à coup sûr suivie de près par le décès de la vampire alliée dans le second volet) , lui permettant de partir affronter Deacon Frost la rage au ventre et avec un plan infaillible, autant son exécution par les humains (un comble pour une pirouette de scénariste mal exploitée en plus dans ses différents aspects qui auraient pu souligner l'inutilité d'un combat pour une race n'en valant finalement pas la peine) dans un dernier tome avilissant ne conduit à rien, si ce n'est à l'introduction tardive d'une Jessica Biel dont la transparence ferait passer le miroir de la marâtre de Blanche Neige pour un maître de cours de l'Actor's Studio... Poussons même le vice en rappelant la mort d'Albert dans la Petite maison dans la prairie. Avec un destin aussi hors norme et un personnage aussi fort qui a réussi à s'intégrer comme le premier orphelin de la famille Ingalls pour finalement mourir dans le final d'un épisode certes bouleversant mais ne permettant pas au spectateur d'avoir le recul nécessaire pour en apprécier toutes les finesses au moment de la destruction finale de Walnut Grove, autre entité indissociable du show multirediffusé de M6.

La mort peut donc être tout à la fois répétitive, aussi utile que futile tout en laissant pourtant des traces, ce qui nous permet de la lier dès à présent au principe de naissance, voir même de renaissance pour plusieurs franchises.

à suivre

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11.12.08

07:15:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Sleep dealer
Réalisateur : Alex Rivera
Avec : Jacob Vargas, Luis Fernando Pena, Leonor Varela, ...
Durée du film : 1h30
Date de sortie en salles : 10 décembre 2008

Par Nicofeel

Réalisé en 2008 par le cinéaste mexicain Alex Rivera, Sleep dealer, est un thriller cyberpunk altermondialiste.
Il montre un monde futuriste où l’eau est détenue par des grands groupes industriels et où la liberté de chacun, ou plutôt la liberté des pauvres gens, est bien réduite. D’ailleurs, un immense mur a été dressé à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique. Le film se déroule dans un univers cyberpunk avec des gens qui se relient à une sorte d’univers parallèle où ils échangent des données via des espèces de connecteurs qu’ils font installer sur eux, un peu comme dans Existenz de Cronenberg.

La réalité virtuelle est très présente dans le film et est utilisée pour nous montrer une société où l’exploitation de l’homme par l’homme n’a jamais été aussi importante : si les ressortissants Mexicains ne peuvent pas rejoindre comme ils le souhaitent les Etats-Unis, en revanche les Américains ne se privent pas d’exploiter, même à distance, les Mexicains. Ainsi, on retrouve dans des immenses entrepôts, dénommés Sleep dealers (d’où le titre du film), des Mexicains qui sont reliés à des connecteurs qui leur permettent de travailler à distance en contrôlant des robots qui exploitent en Floride des orangeraies.
Tout est dématérialisé dans cette société : les hommes travaillent ainsi à distance sur des robots ; les souvenirs peuvent être vendus sur une plate-forme virtuelle. Précisément, on se trouve dans une société purement capitaliste où les informations qui figurent dans la mémoire de chacun, se vendent, à condition qu’elles trouvent preneur. C’est la loi de l’offre et de la demande. Dans ce monde où les pauvres vivent dans des conditions difficiles et sont exploitées, comme c’est le cas au Mexique où se déroule l’action du film, Memo, un jeune homme tente de se rebeller à sa façon en interceptant des données stratégiques.
Il est alors repéré et poursuivi par les autorités gouvernementales. On notera sur ce point que le film critique indirectement la politique des Etats-Unis où la menace terroriste est dans toutes les têtes et donne lieu à des comportements radicaux. Ainsi, le père de Memo décède suite à l’envoi d’un drône par le gouvernement. Le film peut également faire penser à 1984 de George Orwell avec un gouvernement qui scrute les faits et gestes des habitants.
Le reste du film va nous montrer un Memo décidé à subvenir aux besoins de sa famille en se rendant à Tijuana, la ville du futur (où l’on recrute les fameux sleep dealers). Il va alors fréquenter des personnes qui vont progressivement se rallier à sa cause.


Doté d’un pitch très intéressant et d’acteurs qui se révèlent tous assez solides, notamment l’acteur qui joue le rôle de Memo, Sleep dealer est pourtant une énorme déception. La mise en scène est épouvantable avec plusieurs effets clippesques (ralentis, accélérés), notamment des espèces de floutage de l’image, qui sont parfaitement inutiles. Le réalisateur se veut innovant mais il rate totalement sa cible. Pour réaliser un film sur le rapport entre réalité virtuelle et réalité telle qu’on la connaît, David Cronenberg n’a pas eu besoin avec Existenz de nous concocter des scènes clippesques. En fait, il semblerait qu’Alex Rivera soit victime du syndrome MTV qui touche plusieurs cinéastes contemporains (il n’y a qu’à voir les fameux Saw pour s’en persuader).
Par ailleurs, les effets spéciaux du film, à savoir des images numériques, font très cheap et sont vraiment très laids.
Au final, malgré un scénario des plus enthousiasmants, le film d’Alex Rivera est complètement plombé par une mise en scène clippesque insupportable et d’un budget trop étriqué. De manière surprenante, ce film a remporté le prix du meilleur film lors du dernier festival international du film fantastique de Neuchâtel. On peut penser que c’est le propos du film, plus que sa mise en scène, qui a été ici récompensée.

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07:10:00, Catégories: Dossier  

La Mort… Entité tantôt bénéfique, tantôt maléfique, voire parfois neutre, simple pion dans l’équilibre des forces d’un Univers en mutation permanente et pourtant sujet de si nombreuses interprétations. On peut tuer pour elle, dixit le titan Thanos de l’univers Marvel, on peut devenir un de ses agents , dixit la série Charmed dans un duo d’épisodes au potentiel malheureusement non assumé, on peut aussi chercher à la fuir, dixit the Fountain (même si le raccourci peut sembler de prime abord minimaliste) voir s’en servir comme prétexte pour accumuler un tableau de chasse plus ou moins impressionnant comme savent si bien le faire les slashers. Et pourquoi pas même assister au travail funèbre exécuté par la Mort elle-même à l’instar de Destination finale. Car il ne faut pas se mentir, bien que redoutée, la Mort en soi est un des éléments qui permet de lancer un héros, de faire repartir une franchise moribonde ou tout simplement de marquer le spectateur lambda en le saisissant là ou cela fait mal en lui rappelant avant tout qu’il n’est qu’un enfant dans un corps d’adulte, fragile et vulnérable face à l’émotion la plus simple et la plus douloureuse, la tristesse face à la perte d’un être cher. Certains rigoleront peut être à la lecture de cette dernière ligne. Et pourtant.
A la mort de Villeret , de Newman et de Ledger, histoire de ratisser à la fois large et talentueux, lequel d’entre vous n’a pas poussé un juron malgré lui du type « merde, pas lui … » ? Combien se posent la question de savoir si Eastwood ou Douglas ne vont pas être les prochains ?
Pas convaincu ?
Qui n’a pas réagit émotionnellement petit à la mort de la maman de Bambi chez Disney, de Dark Vador (bien que cela soit relativement attendu) chez Lucas (avec un traitement tout en humanité et en finesse pour l’un des personnages qui restera le bad guy le plus marquant de l’histoire du cinéma fantastique et peut être même du cinéma en général) ou d’Aeris dans Final Fantasy 7 chez Squaresoft qui marquait là un première dans le micro monde du jeu vidéo ?

La mort donc, peut revêtir plusieurs aspects, que ce soit pour satisfaire les amateurs de gore et de grosses machineries débilo-mystiques à la Saw ou à la Jason ou bien pour permettre à des héros plus que septuagénaires de hanter l’imaginaire collectif en cristallisant nos peurs les plus profondes.

La mort au cinéma est avant tout un moyen de faire recettes. On ne compte plus les nombreuses adaptations et suites ou préquelles mises en chantier avec des résultats toujours honorables au box office depuis qu’une maman un peu trop possessive et exclusive s’est mis en tête d’exécuter tout ceux qui pouvait se moquer de son rejeton chéri. Je ne parle bien sûr pas des Goonies, merveille parmi les merveilles dans la catégorie des films qui donnent la vedette un groupe de gosses plus futés qu’il n’y paraît, ancêtres des geeks actuels, à l’image d’un data fana de 007 , mais de Crystal Lake et de son résident Premium Class, Jason.

Le premier Vendredi 13 a ouvert la boîte de pandore du meurtre gratuit au cinéma. Fini les procédés raffinés conduisant à une chasse sur un île dominée par le Comte Zaroff qui établit bon gré mal gré des règles de survie pour quiconque tombe entre ses griffes, terminé les envolées métaphysiques de la créature de Frankenstein qui tue plus par innocence que par conviction profonde, et bonjour au meurtre pour le meurtre, de manière à ce que des ados prépubères puissent laisser libre court à leurs pulsions sauvages avant de rentrer, mentalement repus de tant de violence, retrouver leur Teddy Bear tout en embrassant leur mère et en la remerciant d’avoir payer la place de ciné pour ce qu’elle croyait être une reprise de Taram et le chaudron magique… Quoiqu’avec le père Disney, la violence et la mort peuvent être tout aussi violent, dixit l’exécution de la princesse par les petits de Vermithrax dans le trop mésestimé Dragon du Lac de feu (à venir dans un avenir proche dans la Malle à malice).

Cependant, histoire de revenir à notre petit joueur de machette, il faut reconnaître qu’il met en place une codification efficace pour un genre nouveau. L’unité de lieu reste globalement la même durant ses premières aventures sanguinaires, à savoir le camp de vacances de Crystal lake , les victimes sont toujours des jeunes adultes pot pubère qui se prennent pour des réincarnations de Bugs Bunny et qui copulent à tout va sans compter bien sûr la consommation de la substance illicite du moment. L’unité de temps varie légèrement d’un film à l’autre, le tout excédant rarement deux à trois jours , quand ce n’est pas quelques heures et le croquemitaine local fait preuve d’une grande maîtrise de son art en offrant moult exécutions variées autant graphiquement que physiquement. De plus, face à cette débauche de mauvais sentiments, on s’amuse de voir les acteurs ayant plus ou moins peur (selon leur degré de talent) et hurler à s’en liquéfier les cordes vocales, ce qui d’ailleurs ne sert à rien, si ce n’est pour le côté jouissif, et qui risque en plus d’agacer profondément le bad guy en manque de tripes qui finira par vous coller un bon 60 cm d’acier émoussé et rouillé (vu l’espérance de vie, le tétanos reste secondaire) entre les deux yeux , via la cloison nasale si la lame rebique un peu sur votre fontanelle.

La mort n’est alors plus source de terreur mais d’amusement, le slasher moderne se regardant plus comme un porno , le spectateur lambda attendant le moment propice pour devenir mateur et comme dirait le réalisateur de Shortbus : mater c’est participer. Et c’est dans état d’esprit que Paramount, bien que gênée par le succès d’un tel procédé, met en chantier non pas une , ni deux, mais sept suites, toutes basées sur le même canevas, la fin de la franchise se renouvelant dans le surnaturel. D’un autre côté, il aurait été difficile de mettre en place sept suites à Rosemary’s baby, c’est certain. Les fans apprécient, quittent généralement la salle en échangeant des remarques acerbes sur la qualité des morts mis en scènes, le volume d’hémoglobine à l’écran et j’en passe tout en se régalant à l’avance de voir le bad guy revenir pour une énième tuerie car c’est ça les USA, ça tremble et ça pleure quand un malade mental dézingue tout un lycée avant de se donner la mort mais ça va voir l’adaptation de l’histoire au cinéma (Elephant) , ça la récompense même (Cannes et consort….) et ça fait le pied de grue quand le principe atteint son paroxysme dans la saleté et l’absolu manque de crédibilité avec la franchise Saw (qui est bien partie pour aller jusqu’à un numéro 20 ou 21 en direct-to-video).

Bien évidemment, Jason n’est pas un exemple isolé. Le précurseur reste John Carpenter avec son Halloween puis Wes Craven avec son Freddy. D’ailleurs, dans le principe de mort gratuite, ces deux grands du cinéma d’horreur ont eu un point commun avec Cunningham et son Vendredi 13 : leur premier épisode, leur « pilote » (terme approprié vu que certaines séries tv bénéficient de moins d’opus que ces franchises à succès).

En effet, ces trois serial killers ont eu droit à une naissance en or massif , basée sur un scénario de qualité, qui prenait le pas sur la gratuité des décès tout en respectant le chaland, et qui plus est, véritable cerise sur le gâteau, chacun avait ses motivations et un background d’enfer. Dans Halloween, Michael Myers, avant de devenir un épouvantail monolithique , était à lui seul l’incarnation de la folie et du côté démoniaque de l’humanité, ayant commencé par vouloir tuer sa sœur et continuant sans relâche à vouloir la faire disparaître une fois évadée. Le Dr Loomis renforce d’ailleurs ce côté terrifiant en ne le sous-estimant pas et en insistant sur son manque total de sentiments et d’émotions. L’antéchrist vulcain en somme. Et pour ne rien arranger, avec une économie de moyens considérables mais transpirant le génie de mise en scène à chaque plan, Myers, qui ne dit rien de tout le film, apparaît comme habité par une intelligence redoutable, quasi machiavélique dans la façon de mettre la pression à Jamie Lee Curtis, et ce jusqu’à la confrontation finale. Les meurtres qui parsèment la route de ce frère envahissant sans être présent ne sont d’ailleurs pas gratuit, ils sont simplement le résultat d’une maxime simple : mauvais endroit, mauvais moment. Dans Nightmare on Elm Street, Freddy bénéficie lui aussi d’une arrivée tonitruante et originale (si l’on excepte la comparaison avec le très bon Dreamscape où le principe du rêve agissant dans la réalité est aussi exploité), en effrayant ses victimes via le monde des rêves, mais pas au hasard, en les choisissant pertinemment via une vengeance certaine par rapport à son exécution passée. Chacune de ses apparitions est mémorable, la peur est savamment entretenue et le final , lui aussi titanesque se résout dans une simplicité extrême.

La mort prend alors l’apparence de croquemitaines pour effectuer ses basses œuvres …. Avant de sombrer dans un crétinisme absolu extrêmement marqué dans la vingtaine de suite (les trois franchises comprises) où le scénario disparaît quasi totalement, où les bases mises en place s’estompent (dans les derniers Freddy, tous les enfants d’Elm Street sont morts, Freddy ne devrait alors plus avoir de raison d’exister, dans Halloween, à la mort de sa sœur, Myers devrait lui aussi rendre les armes et Jason , après le début sa virée en Enfer puis de sa balade dans l’espace d’un futur proche devrait lui aussi ranger son masque et son couteau piqué au géant vert dans un tiroir….) au profit de tirades ridicules bien que cultes (Die, bitch de Krueger, groumph de Jason et le bruit de pas de Myers) et de résurrection délirantes (on est loin de l’exploitation du Vaudou de ce brave Chucky) conduisant le plus souvent au trépas des survivants de l’opus précédent, histoire d’établir un lien.

Bref, le gros défaut de cette mort là, c’est de réussir à poser des bases souvent excellentes, voir effrayantes à des personnages phares , tout en engrangeant un tableau de chasse conséquent, puis de massacrer tout cela dans un joyeux conformisme de licence conduisant à une trahison du matériel original (fichu exemple d’un Jason devant un car de jeunes quasi offerts sur un ,plateau et auxquels il ne touche pas !) et faisant de la mort en marche un pantin de paille qui ne meurt vraiment jamais, comble du paradoxe.

Cependant, le décès en soi peut (heureusement) revêtir bien d’autres aspects pour moult enjeux.

A suivre

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10.12.08

07:30:00, Catégories: Dossier  

par Ivenpast

(suite de la partie 1) ... On citera avant de passer à l’étape suivante, la voiture construite et utilisée par le Punisher dans le film éponyme des années 2000 où, en parallèle de son concepteur, elle aborde les qualités d’un char d’assaut permettant également une belle course poursuite. Néanmoins, de course poursuite en accidents de la route, il faut passer à la vitesse supérieure et de simple objet à l’extension d’un personnage, on va naturellement aboutir à l’étape suivante où la voiture devient elle-même un personnage de fiction.

batmobileA ces quelques mots doivent normalement surgir 3 véhicules : la Delorean de Retour vers le Futur (impossible de ne pas la citer dans un tel dossier !), la Batmobile des années 90 et 2000 (trop marquante pour être ignorée, mais nous passerons rapidement sur ses déclinaisons, celles-ci ayant déjà fait l’objet d’un dossier à part dans ces colonnes) et la Cadillac du Corniaud (qui trouve ici sa place logique). Pour Retour vers le Futur, le projet de base n’était pas une voiture mais un frigo.
L’idée de ce moyen de voyager dans le temps a été à l’époque abandonnée pour éviter d’éventuels problèmes de mimétisme par des enfants impressionnables voulant à leur tour effectuer l’expérience chez eux pour rencontrer leurs copains les dinosaures. On passe alors au projet d’une voiture qui se doit d’être futuriste pour coller à l’ambiance générale du scénario et comme dit Doc Brown, « quitte à choisir une voiture, autant en prendre une qui aie de la gueule ! ». La Delorean devint donc au fur et à mesure de cette trilogie un personnage à part entière mais surtout à part égale avec Chris Lloyd et Mike J. Fox. Virez la voiture de Retour vers le futur, vous n’avez absolument plus rien, car même la locomotive finale n’est qu’une extension de la Delorean. La boucle est alors bouclée puisque même le véhicule phare possède à son tour un prolongement. La révolution avec ce scénario ambitieux, outre l’incroyable quantité de paradoxes temporels introduits aux cours des pérégrinations des héros (un exemple simple : dans le troisième opus, le réservoir de la Delorean est percé par une flèche. La belle affaire ! Plutôt que de passer 105 mn à bricoler une chaudière avec des bûches de toutes les couleurs, pourquoi ne pas simplement piquer le réservoir de la Delorean enterrée au fond de la mine par Doc Brown pour le Marty de 1955 avec un peu d’essence ? De toute manière, ce modèle là ne bougera pas jusqu’à sa redécouverte par le Doc Brown de 1955 suite au message laissé par celui de 1875 … Vous suivez toujours ?) c’est que la voiture est au cœur de toutes les intrigues, tellement impliquée dans le destin des héros qu’elle va changer leur vie ! Et cette manière d’occuper l’écran… entre les roues qui laissent des traces de flammes, les gerbes électriques qui l’entourent et le fait qu’elle soit par la suite capable de voler, il me semble que tout ce qu’on pouvait humainement faire avec une vraie voiture a été fait, et de façon à ce que le tout s’imbrique parfaitement dans l’histoire, la Delorean s’imposant à travers les siècles en s’adaptant encore et encore.
La Batmobile a de son côté bien évolué depuis 1966 et reste dorénavant un élément fondateur du mystère entourant le Batman. Evidemment, par rapport à la Delorean, son impact scénaristique est moindre, mais elle représente la liberté de son héros ainsi qu’une partie de lui-même, plus encore que le Batplane. Elément quasi mystique dans la version de 1989 avec une turbine d’avion de chasse et un aérodynamisme massif mais percutant, elle acquiert ses lettres de noblesse en suivant la descente aux enfers du Dark Knight. Quasi invulnérable et pouvant elle aussi revêtir une véritable seconde peau résidant en une armure au déploiement fascinant, elle n’a de cesse de se faire malmener, disséquer, déstructurer et même violée dans une approche humanisante qui finira par la réduire à son essence essentielle pour sauver un Batman lui aussi progressivement discrédité aux yeux du public. Au même titre qu’un Pingouin ou qu’une Catwoman, la Batmobile a un temps plus que conséquent de présence à l’écran, de par son arrivée tonitruante en pleine célébration des fêtes de Noël de Gotham à la course poursuite n’engageant que Batman livré au main du Pingouin et laissant croire qu’il a totalement perdu le contrôle de lui-même aux yeux des habitants. L’impact de ce véhicule est tellement fort qu’un épisode entier lui sera consacré dans la fameuse série animée qui servait alors de transition mais aussi de présentation aux réalisations burtoniennes (Star Wars et son épisode animé récemment , ainsi qu’avec ses Clone Wars n’ont au final rien inventé dans ce domaine). Comment peut on dans ces conditions encore parler de simple accessoire voir plus déshonorant encore de gadget ? Malheureusement, dans les épisodes suivants (Batman Forever et Batman et Robin), on effectue une régression totale avec une Batmobile affreuse esthétiquement et seulement prétexte à une ou deux scènes mémorables, on pensera au fait qu’elle escalade les murs. Batman Begins et sa suite remettent heureusement les pendules à l’heure en suivant , détail amusant, la même progression scénaristique et dramatique que ses illustres aînés. Le tank de Nolan est dans le premier épisode un monstre de la route, donnant l’impression d’être parfaitement autonome et virtuellement indestructible avant de céder la place à une moto, plus légère, suite à un discrédit quasi général sur la chauve souris. Dans Returns, Batman est attaqué de toute part, on fait donc de même dans The Dark Night. Néanmoins, son esthétique barbare emporte l’adhésion et achève d’installer la franchise sur de nouveaux rails, en totale rupture avec l’univers (animé et fictionnel) crée auparavant. Audacieux et payant.
On terminera le côté prestige du véhicule en citant un vieux film français populaire, à savoir le Corniaud, qui possède lui aussi une voiture mémorable, véritable Mont de Piété sur quatre roues pour gangsters malchanceux et représentant le lien parfait entre Saroyan / De Funès et Bourvil , possédant l’aspect vif et avisé de l’un et l’insouciance tranquille de l’autre, simplement dans ses lignes de forces . La Cadillac est toute en longueur et, via une très belle carrosserie, permet des rebondissements incroyables de scénario pour l’époque qui auraient été tout bonnement inconcevables sans elle. Tout le film va se retrouver basé sur elle, de son entrée indirecte dans l’univers de Bourvil via la destruction de sa deux-chevaux (tour de force intéressant d’introduire aussi longtemps, si l’on ajoute la scène de restaurant, une voiture sans la montrer à l’écran) à sa condamnation finale, tout contaminé qu’il est par la fourberie de De Funès.

La voiture est donc parvenue à devenir un personnage à part entière dans l’industrie hollywoodienne. Mais cela ne suffit plus. En ces temps troubles surgit alors une nouvelle évolution : si l’on est capable de transférer une âme dans une poupée Good Guy, pourquoi ne pas en faire autant sur un véhicule fédérateur et d’apparence diront nous mignonne, la Coccinelle ? Les studios Disney vont alors faire fort en trouvant un véhicule suffisamment complexe pour donner l’impression de la vie et suffisamment enfantin afin de rassembler tout un public plus ou moins jeune. La voitures sont désormais semi autonome et peuvent vire leur propre histoire, à condition qu’un ou deux humains relativement dégourdis ou du moins au fond de l’âme pur et avec suffisamment de motivation déambulent à proximité pour assurer son entretien. En cela, le premier opus de cette franchise qui a été réactualisé avec un bonheur certain récemment est extrêmement bien ficelé, nous offrant une Coccinelle humanisée au possible, véritable allégorie de nos défauts les plus primaires (orgueil, jalousie et j’en passe) enrobée dans une couche de sentiments plus nobles (courage, sacrifice et sens de la justice). Néanmoins, Hollywood is Hollywood et si une voiture peut être gratifiée d’une bonne âme, mais en position de relative célibataire, on peut encore faire mieux et fabriquer une voiture de toute pièce ayant répartie et humour puisque pouvant parler …. On pensera forcément à K 2000 et à la mythique Pontiac de David Hasseloff (rachetée entre temps par Vincent Perrot, mais c’est une autre histoire). A partir de là, fini les histoires pour gosses et bonjour les scénarii pour ados avec une voiture capable de faire jeu égal avec l’acteur vedette de la série et pouvant de surcroît être de bon conseil et prendre des initiatives. Le show d’ailleurs sera vendu sur le nom de M. Knight et de Kitt , les deux personnages partageant la même initiale mais aussi l’affiche. De plus, avec ce parangon des séries des années 80 (qui donnera naissance à un genre valable sur tous les moyens de locomotion possible de Tonnerre mécanique pour la moto à Supercopter pour la voie des airs et même dans les années 90 à Caraïbes offshore pour la voix des mers, avec un différence notable par rapport au modèle référentiel, c’est que ces derniers appareils, aussi perfectionnés soient ils ne possède pas de personnalité propre), l’humanisation va être poussée à son paroxysme, Kitt pouvant éprouver divers sentiments et même de la peur suite à un accident où elle a failli y perdre ses microprocesseurs et dans lequel elle refuse de se dépasser, entravant sérieusement le déroulement de la mission du jour. Et comme pour parfaire l’antagonisme de son caractère humain, on va alors créer un Nemesis parfait, représentation idéale du jumeau diabolique et donc deux aspects de personnalités qui se révèlent alors complémentaires en la calandre de Karr pour un des épisodes les plus fameux de la franchise (repris d’ailleurs avec Supercopter dans un opposé orange lançant non plus des missiles mais des lasers….). La voiture prend donc son envol , est capable de pensées et d’actions, tout comme l’homme….et comme ce dernier, certaines vont tourner mal. Vraiment mal. Voire être simplement possédées et assoiffées de sang.
Rassurez vous, on est encore loin (heureusement) de la transposition mécanique de Christopher Lee, mais on s’attarde volontiers sur deux gros succès du monde du dvd : Enfer mécanique et bien évidemment Christine de Carpenter. Le diable ou la possession démoniaque sont alors au rendez vous pour ces deux films de la même décennie ou presque mettant en scène des voitures magnifiques, arborant des carrosseries noires ou rouge métallisées, et capable de traquer jusqu’à la mort un groupe d’individus variés pour des motifs aussi divers que la vengeance ou le plaisir de tuer simplement. La voiture devient Slasher et pervertie l’âme humaine alors que jusqu’à maintenant, l’humain trouver régulièrement dans sa voiture un moyen d’extérioriser ce qu’il était réellement (un tombeur ou un vantard n’aura jamais de R5 à l’écran et inversement un geek roulera rarement en Ferrari….). La boucle est bouclée, notamment dans une scène extrêmement marquant où la Plymouth Furie de 1958, toute à la perspective de se faire ses pneus neufs sur le visage d’une adolescente entreprenante, va se faire écraser par un véhicule de chantier. Mais là où le réalisateur fait très fort, c’est dans le traitement de la douleur et de l’acharnement du véhicule à ne pas rendre les armes. La voiture plie, le métal se déchire et produit un bruit assourdissant, la voiture se plaint littéralement mais n’abandonne pas, quitte à traîner son bourreau avec elle sur plusieurs mètres avant de se faire complètement écraser jusqu’à l’extinction de l’étincelle de vie qui l’habitait avec un phare s’éteignant progressivement. La voiture d’Hollywood peut donc vivre, aimer, vouloir tuer, souffrir et enfin mourir.

On se dit alors que l’évolution, tout comme celle de l’homme est complète et qu’on ne pourra pas aller plus loin. Détrompez vous, le dernier stade a été atteint il y a moins de 5 ans grâce à Pixar et son flamboyant Cars. Dans cet univers totalement recrée à l’échelle des boîtes à moteurs, la voiture s’affranchit de son créateur et se subvient à elle-même dans le premier film où une quatre roue est humanisée, avec des expressions humaines, des besoins humains, des sentiments humains via l’amour, l’envie, le goût de la victoire, la chappe de la défaite et consort. Et pas un bipède à l’horizon pour une histoire comme toujours pour le studio proche d’un parcours initiatique permettant à la voiture insouciante et égoïste de mûrir et de découvrir le sens de la vie, démontrant ainsi que même les moteurs de courses peuvent passer de l’age ingrat de l’adolescence au monde posé des adultes.

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07:25:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Night of the seagfulls

Dernier volet de la tétralogie d’Amando De Ossorio dédiée aux templiers morts-vivants ( après Tombs of the blind dead, The return of the evil dead et The ghost galleon), ce Night of the seagulls, sorti à l’époque chez nous sous le titre de La chevauchée des morts-vivants revient quelque peu aux sources du mythe pour nous délivrer une intrigue pesante et limpide mais diablement efficace en dépit d’une certaine lenteur dans l’action.
Le script suit l’arrivée d’un jeune médecin et de son épouse dans un petit village côtier reculé et où se pratique un étrange rituel destiné à donner en sacrifice épisodiquement des jeunes femmes, emmenées par des templiers morts-vivants.

Night of the seagullsPour ce dernier épisode de la saga des templiers, le réalisateur reprendra ses bonnes habitudes en nous gratifiant d’une séquence d’introduction médiévale suivant un jeune couple perdu sur la route de leur nouvelle maison et qui vont être les victimes des templiers, ceux-ci tuant l’homme avant d’embarquer la jeune femme qu’ils vont offrir en sacrifice à la statue d’une divinité ancestrale en lui arrachant le cœur pour le poser dans la gueule de cette statue lors d’une séquence alliant un aspect vaguement érotique à un côté sanglant plutôt volontaire, tout en mettant en avant la cruauté inhumaine de ces templiers asservis au Mal.

Night of the seagullsEnsuite le métrage va revenir au temps présent pour suivre l’arrivée d’un jeune couple, Henry et Joan, dans un village archaïque, pour nous indiquer tout de suite la fonction de médecin que Henry doit commencer à exercer sur place. Cherchant la maison de l’ancien praticien du village, le couple va se rendre dans l’épicerie locale pour être reçus par un mutisme apeuré des habitants du cru qui vont ignorer les questions d’Henry, obligeant celui-ci à hausser le ton et à empoigner un homme pour lui soutirer l’information désirée. Cette première séquence dans ce village rustique laissera d’entrée régner une atmosphère sinistre et mystérieuse, que ne fera que confirmer la rencontre avec le vieux médecin pressé de partir et qui va mettre en garde le couple contre toute sortie nocturne, tout en acceptant de se faire raccompagner par Henry. Seule, Joan va commencer à déballer leurs affaires, sous les yeux d’un individu louche au faciès inquiétant qui se révélera être l’idiot du village persécuté par ses pairs et cherchant un refuge que Joan lui offrira.

Night of the seagullsViendra alors la première nuit, au cours de laquelle, réveillés par des bruits de cloches et le cri des mouettes, Henry et Joan vont assister à une partie d’une étrange procession au cours de laquelle les femmes du village, toutes vêtues de noir, vont accompagner une jeune femme sur la plage pour l’offrir aux templiers sortis de leurs tombeaux et descendus sur la plage sur le dos de leurs montures fantomatiques. Cette séquence nocturne sera magnifique, aussi bien par cette sorte de cérémonie curieuse et étrange incitant les habitantes du village à aller en cortège sur la plage que par cette nouvelle résurrection des templiers, certes moins étalée que précédemment mais toujours aussi graphique, notamment avec cette chevauchée sur la plage.

Night of the seagullsLe lendemain Joan va essayer d’aller faire des courses à l’épicerie déjà visitée pour réussir à obtenir des vivres grâce à l’aide de Lucy, une demoiselle orpheline qui va obtenir de travailler pour le couple. La nuit suivante, alors qu’aucun patient ne sera venu consulter Henry, une jeune femme hystérique va se présenter au domicile du médecin et après avoir reçu un tranquillisant, les habitants du village vont venir la chercher, puisqu’elle sera la prochaine victime des templiers que nous aurons le plaisir de revoir à l’œuvre pour un nouveau sacrifice.
Bien entendu, la prochaine sur la liste des sacrifiées sera Lucy, poussant alors Henry à agir au péril de sa vie et de celle de Joan.

Night of the seagullsLe métrage aura l’avantage de pouvoir compter sur une intrigue limpide et simple pour peu à peu nous en apprendre plus sur ces templiers venant depuis six siècles tous les sept ans réclamer sept nuits consécutives une jeune femme pour offrir à leur Dieu et ainsi laisser le village en paix, chose que les habitants effectuent sans le moindre remords et sans même chercher à se battre, dans une sorte de tradition séculaire obligatoire et sans rémission mais faisant vivre dans la peur des inconnus tout le village, expliquant ainsi cette crainte légitime à l’arrivée d’Henry et de son épouse. Et justement, cette atmosphère aussi sinistre qu’étrange qui englobera le film de bout en bout participera activement à la création d’une ambiance tendue et délétère, non sans rappeler les écrits de Lovecraft, et notamment "Le cauchemar d’Innsmouth", tout en suivant une logique implacable.

Night of the seagullsLes templiers morts-vivants auront en plus une présence à l'écran assez conséquente puisque en plus de trois scènes de sacrifice, nous aurons le loisir de les suivre lorsqu'ils vont investir le village déserté par ses habitants suite à un rebondissement de l'intrigue, tandis que dans la dernière partie du film, ils vont venir cueillir Henry, Joan, Lucy et Teddy calfeutrés dans leur maison pour un nouveau huit-clos directement hérité de celui de La nuit des morts-vivants de Georges A. Romero qui laissera un final très graphique venir détruire pour toujours les templiers lors d'une conclusion émérite certes quelque peu simpliste par son argument destructeur mais terriblement visuelle.

Night of the seagullsLes personnages seront ici crédibles et plus fouillés que d'habitude, pour nous faire part des peurs de Joan mais aussi des convictions d'Henry dans sa fonction de médecin, bien vite mise à mal par le manque de patients, et les seconds rôles, assez peu nombreux, apporteront tous leur pierre à l'édifice, d'autant plus que l'interprétation sera ici convaincante et cohérente jusqu'à rendre communicative les frayeurs des protagonistes. La mise en scène d'Amando De Ossorio est toujours aussi efficace dans ce mélange de poésie macabre et d'onirisme pour regarder évoluer ces templiers au ralenti lors de scènes toujours aussi impactante et formellement magnifiques. Les quelques effets spéciaux demeureront simplistes lorsqu'il s'agira de faire couler le sang, mais les maquillages des morts-vivants seront toujours aussi graphiques.

Donc, ce The night of the seagulls constituera une conclusion largement satisfaisante à cette tétralogie globalement efficace et parcourue d'un charme macabre resplendissant !

Night of the seagullsLe DVD de zone 2 anglais édité par Anchor Bay avancera une image hélas parfois granuleuse et délavée, tandis que la bande-son sera terriblement efficace avec ses râles entremêlés à ces chants grégoriens envoûtants, le métrage étant ici présenté dans sa version anglaise accompagnée de sous-titres anglais optionnels.
Au niveau des bonus, il faudra se contenter des bandes-annonces des quatre films de la franchise et d'une assez longue galerie de photos et d'affiche du film, même si les mêmes clichés sont repris plusieurs fois.

Pour ceux qui voudraient suivre ce dernier et très réussi volet de la saga des templiers morts-vivants, le DVD de zone 2 anglais est disponible ici et bien entendu dans le coffret regroupant les titres de la franchise !

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09.12.08

07:30:00, Catégories: Dossier  

Ce dossier non exhaustif, et qui je l'espère entraînera de nombreuses propositions de compléments dans la partie post en bas de page se propose de brosser ce pan de l'histoire du cinéma à travers des voitures phares ou intimistes, mais ayant malgré tout eu leur part de succès dans le scénario ou l'exploitation du film auquel il appartient , réussissant parfois même la gageure d'éclipser les héros de chair et de sang pour leur propre calandre dans l'imaginaire populaire. De Taxi à Bond en passant par Cars et Christine, faites chauffer les moteurs et en route pour marquer de gomme des années de pellicule.

Ne nous leurrons pas. La voiture, dont la naissance est contemporaine de celle du cinéma, n'a longtemps été qu'un simple accessoire , vecteur de charme pour les séducteurs à la Clark Gable , opportunité de se rendre d'un point A à un point B sans plus de fioritures mais laissant quand même la possibilité de quelques plans introspectif à l'image de celui du Psychose où la conscience de l'héroïne la travaille au corps ... cette image va longtemps lui coller aux jantes et il faut bien reconnaître qu’avant les années 60, il n’y aura pas à grand-chose à signaler de ce côté-là. Je défie d’ailleurs quiconque de me proposer plus d’une demi douzaines de modèles ayant pu le marquer avant cette période au cinéma.

Les années 1960 vont marquer un changement véritable dans la considération de cet objet du quotidien, permettant à la voiture de passer du statut de simple objet à celui d’extension du personnage de cinéma véritable, et ce grâce à l’arrivée de deux formidables licences : Batman et James Bond. Par Batman, nous parlerons évidemment ici de la version de 1966 avec l’introduction de la fameuse Batmobile conduite alors par Adam West. Cette dernière , pas encore personnage à part entière, permet tout de même de différencier le héros Batman du milliardaire Bruce Wayne et possède son lot de gadgets efficaces pour lutter contre le crime, réussissant même l’exploit d’être assez en avance sur son temps.
On est bien sûr encore loin des véhicules si particuliers mis en image par Tim burton et la franchise animée des années 1990 mais cette voiture là, de par ses lignes particulières et un soupçon agressives marquent encore les esprits de tous les fans aujourd’hui. De toute manière, elle représente l’objet indispensable de tout Batman’s Movies au même titre que les jolies filles dans James Bond … qui va lui aussi apporter un changement fondamental. Il est évident que pour Dr No et Bons baisers de Russie, le souvenir de la voiture bondienne soit tombée aux oubliettes, le fait principal relevant alors du personnage qui peut aisément se passer de sa voiture pour exister en tant que tel . Batman 66 peut se vanter de surcroît de se baser sur une idée similaire. Enlevez leurs véhicules à ces deux héros, ils n’en restent pas moins des icônes fortes, empruntes de classe pour l’une et de culture malicieusement Kitch pour l’autre. Mais nous y reviendrons un peu plus tard.

Ce principe de la voiture transport va se poursuivre dans toute l’histoire cinématographique donc, et ce, jusqu’au Taxi d’aujourd’hui. Pour prendre quelques exemples de voitures marquantes, on pourra citer en vrac leur utilisation dans HonkyTonk Man d’Eastwood, dans l’espion qui m’aimait, dans Sos Fantômes ou bien encore la citroën DS de Fantômas ou bien même la fameuse 403 de Columbo. Tous ces véhicules ont du ressurgir dans vos esprits à leur simple énoncé mais que représente elle vraiment au fond ?
Que ce soit l’inspecteur ou l’espion, la troupe de chasseurs de fantômes ou la vielle voiture de collection du chanteur désabusé, tous ont un background suffisamment dense pour pouvoir exister sans ce faire valoir. Bien sûr, ces véhicules représentent en soi un reflet de leur propriétaire. Eastwood arrive dans la ferme de son frère avec une voiture couverte de poussière et de crasse, écho de son propre état de santé, devenu lamentable suite aux abus d’alcools entre autre. La voiture va être nettoyée de fond en comble par son neveu (et accessoirement son véritable fils dans la vie, qui sera aussi derrière l’OST du diptyque mémoires de nos pères) tandis que lui-même va essayer de reprendre des forces au sein de la dite famille. Une fois tout le monde propre ou remis d’aplomb, l’oncle et le neveu vont prendre la route pour un avenir plein d’espoir consistant en une audition salvatrice et pour cela, la voiture est rutilante. Las, au fur et à mesure de la déchéance prévisible d’Eastwood , cette dernière se voit de nouveau contrainte à arborer une pellicule de misère qui finira par survivre à son propriétaire dans un final pessimiste et lourd de sens où ni nui l’autre n’iront plus nulle part. Mais finalement, la voiture dans ce métrage , n’a que pour fonction de faire avancer les personnages et sans elles, le film aurait pu se dérouler à bord d’un bus ou en faisant de l’auto stop. La fonction première est donc conservée.
Bond, dans l’Espion qui m’aimait, conduit une superbe Lotus qui à un moment devenu classique, celui de la poursuite qui représente le fait d’arme et l’heure de gloire du châssis à 4 roues dans tous les films de ces 40 dernières années, de French Connection aux Armes fatales en passant par I Robot ou bien encore Jurassic park (en fait seule la nature des poursuivants finit par réellement différer au final, qu’il s’agisse d’un T-rex ou d’une armada de robots en colère), finit par distancer un hélicoptère en défonçant le parapet d’une route sinueuse pour finir en pleine mer dans un véhicule capable de se transformer en sous marin . Bien que spectaculaire, on sent que la voiture ne reste qu’un moyen de transport limité puisque devant dorénavant se dépasser pour réussir à maintenir une certaine attention. La preuve de son inutilité une fois sa scène passée est confirmée par Bond qui en fait assez peu de cas et la laisse derrière lui pour poursuivre sa mission. Idem dans Sos fantômes où certes, la fameuse ambulance permet d’imposer une certaine image visuellement, mais en réfléchissant bien, un camion aurait tout aussi bien pu faire l’affaire tant son importance est infinitésimal dans le déroulement de l’action. Pas un plan ne nécessite impérativement sa présence.
Le fameux taxi de Luc Besson permet quant à lui de faire se démarquer son chauffeur et d’apporter son lot de scènes cocasses avec radars tombants et méchants en déconfiture mais dans cette saga, il joue finalement le rôle le moins important face à la galerie de personnages abrutis faisant vivre la licence. Certes, le relooking de la Peugeot, surtout lors de ses scènes live de customisation est sympathique mais au fur et à mesure de l’évolution (?) de la saga, ce sont bel et bien les personnages qui prennent le dessus, et ce dès le second opus avec ce commissaire pas piqué des hannetons qui finit par phagocyter le temps de présence de tout le casting à l’écran (ah, les « cons nichons wouah ! » et autres « jolis gâteaux ») jusqu’à porter purement et simplement le film pour son dernier volume. Vous enlevez le commissaire, vous avez un page pleine de tâches. Vous enlevez le taxi, vous gardez quand même un brouillon présentable. Il en va de même , en y pensant pour la télévision, petite fille (il)légitime du grand cinoche avec des séries comme Shérif fais moi peur. La DS de Fantômas reste quand à elle anecdotique même si aucun gamin ne peut oublier la manière dont elle distance Fandor et Juve en prenant son envol sur la piste d’aéroport.

Et c’est là qu’une légère transition s’opère en cette fin d’années 60. Car la DS n’est plus alors qu’un simple accessoire, bien qu’elle en ait l’apparence, mais devient une extension directe du personnage, reflet d’un trait de caractère ou d’une manière d’être. D’apparence normale, elle démontre sa fourberie, à l’image de son maléfique propriétaire et parvient à changer sa nature première pour une ultime pirouette scénaristique totalement invraisemblablement mais vous l’avouerez assez jouissive la première fois, tant elle est inattendue. Columbo et sa 403 reprennent ce schéma, la Peugeot adoptant l’allure dégingandée de son chauffeur tout en présentant un allié fatigué mais sûr et qui ne vous lâchera jamais, malgré une fatigue certaine et une ou deux sorties de route. Ce principe de prolongement du personnage va bien sûr se retrouver dans Bond, une fois encore, la licence réussissant souvent à être avant gardiste, via la célèbre Aston Martin de Goldfinger. Cette voiture va tellement marquer les spectateurs qu’elle restera à jamais associée à l’agent britannique et restera de mémoire, la seule voiture à apparaître dans deux films de 007 puisqu’on la retrouvera au début d’Opération Tonnerre. Racée, stylée, aux lignes de prédateur, elle va devenir un appendice de Bond, regorgeant d’autant de trésors et de ressources que son heureux conducteur. Evolution suprême , elle va même intégrer le scénario pour tout un passage tournant autour de ses jolis phares, passage qui, s’il n’existait plus, ôterait une bonne partie de l’intérêt du métrage et aurait conduit le scénariste dans une belle impasse. Car sans sa voiture, comment Bond aurait il pu exécuter un tel baroud d’honneur dans l’usine même de Goldfinger ? Comment aurait il pu rencontrer l’une des deux sœurs Masterson et mieux encore, preuve d’un changement des temps, comment aurait il eu le temps de s’emparer de ranger le Jet Pack lui ayant permis de semer ses poursuivants dans l’opus suivant ? Une nouvelle ère est en marche et va se retrouver confirmée dans une continuité cinématographique qui ne fera que renforce le phénomène.

A suivre ....

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07:25:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Zombie cult massacre

C'est en flirtant constamment avec l'amateurisme que ce Zombie cult massacre va venir délivrer son quota de scènes sanglantes étonnamment réussies servies par une intrigue hélas largement parasitée par la description certes souriante et ironique de la vie d'une communauté religieuse pas très nette.
Le script va introduire deux jeunes gens au sein d'une secte religieuse dominée par un gourou ayant le pouvoir de transformer les vivants en zombies et utilisant ce pouvoir pour faire croire à ses disciples l'approche de la fin du monde.

Zombie cult massacreAprès une courte séquence d'introduction prenant place en 1979 pour suivre un père maltraiter son jeune fils tout en écoutant un sermon à la télévision pour une scène psychédélique assez étrange, le métrage va revenir à la réalité de 1999 pour nous présenter ses deux personnages principaux, Marvin et Sally en route pour rejoindre le village d'enfance de Marvin (que nous devinerons être l'enfant battu), tandis que dans le même temps une demoiselle armée va s'enfuir à travers bois, poursuivie par des zombies qui auront finalement raison d'elle et offriront au métrage une première scène gore incroyable puisque la jeune femme verra ses deux seins se faire arracher par les mains des morts-vivants, entre autres morsures.

Zombie cult massacreEnsuite Sally et Marvin vont se rendre compte qu'ils se sont perdus et après avoir demandé leur chemin dans une station-service, ils vont involontairement percuter un homme titubant au milieu de la route qui sera bien entendu un zombie qui s'empressera de mordre Marvin, tandis que plusieurs autres morts-vivants vont commencer à se regrouper autour du véhicule. Les deux personnages devront leur salut à un couple sorti de nulle part à bord de leur voiture qui va éloigner les zombies et emmener Marvin et Sally jusqu'à leur confrérie.

Zombie cult massacreAprès cette entame plus que généreuse en plans sanglants volontaires, le métrage va hélas rétrograder ses zombies à l'arrière-plan pour préférer s'intéresser à la vie de cette petite communauté religieuse dominée par Jeffrey, un gourou aussi charismatique qu'obsédé sexuel qui se croira investi d'une mission divine pour protéger ses ouailles (et éventuellement abuser des demoiselles de l'assistance) et qui donc verra l'arrivée de Sally d'un bon œil. Mais heureusement au milieu de scènes acides s'en prenant ouvertement à ces extrémistes religieux de façon ironique et frontalement dénigrante, le métrage nous conduira régulièrement au laboratoire d'un jeune savant fou essayant de domestiquer un zombie, notamment en lui fournissant de quoi manger.

Zombie cult massacreToute cette partie centrale du métrage sera gentiment transgressive et apportera son lot de situations farfelues (les sermons se terminant par une chanson rock, par exemple) et parfois même déplacées (les visites de Marvin à ce "Diable" assez ridicule, surtout que les scènes hallucinatoires le mettant en avant se dérouleront dans un décor digital terriblement mal incrusté), parvenant ainsi à maintenir l'attention du spectateur, avec quand même quelques retours vers les zombies pour de petits "cartons" sanglants faciles mais toujours impactants, mais il faudra quand même attendre le dernier acte pour que le métrage se montre enfin à nouveau accrocheur et sauvagement sanglant.

Zombie cult massacreEn effet, ce sera lorsque Marvin, devenu le petit protégé de Jeffrey, décidera de prendre le pouvoir que les choses vont dégénérer sérieusement, surtout qu'en parallèle un "biker" devant servir de pâture au zombie domestiqué réussira à s'échapper en emmenant avec lui Sally tombée en disgrâce et décidera de lancer une offensive contre la communauté avec ces compagnons motards. Nous verrons donc Marvin massacrer au hachoir Jeffrey et crucifier un de ses adversaires au sein de la secte avant de lâcher les zombies sur lui, mais surtout l'assaut des "bikers" va déclencher un véritable foutoir gore terriblement jouissif qui clôturera le métrage sur une note définitivement débridée.

Zombie cult massacreAlors bien sûr, les influences du jeune réalisateur seront facilement identifiables, avec de nombreux emprunts évidents à la trilogie de George A. Romero, entre l'attaque des motards, idée reprise de Zombie ou encore cette communauté vivant entourée de morts-vivants calqués sur Le jour des morts-vivants dont semblera aussi issu le savant fou cherchant à comprendre et à domestiquer un zombie qui ne lui rendra pas ses faveurs, mais l'auteur arrivera toujours à se démarquer naturellement de ses références soit en y ajoutant des innovations intéressantes, soit en détournant carrément ces "hommages" pour aller dans d'autres directions.

Zombie cult massacreMais hélas toute la bonne volonté et les idées folles du réalisateur ne pourront venir combler ce budget famélique qui imposera un côté amateur à l'ensemble, terriblement visible lorsque celui-ci se lancera dans des effets de style hasardeux et autres incrustations digitales très "cheap" et en plus cette immersion dans le quotidien certes souriant de cette secte occupera trop longtemps l'intrigue pour finir par tourner quelque peu en rond et presque lasser, même si le réalisateur agrémentera cette partie de scènes sanglants sporadiques.

Zombie cult massacreL'interprétation est juste cohérente pour ne jamais parvenir à impliquer réellement le spectateur et porter les stigmates d'un non professionnalisme ambiant, tandis que la mise en scène est quand même dynamique, notamment lors de l'entame du film et pour son final plus que démonstratif mais extrêmement bordélique, tout en avançant une photographie originale percutante. Les effets spéciaux, concoctés par Jim Vanbebber lui-même auteur de quelques perles du gore "underground" comme ses courts-métrages Roadkill, My sweet Satan ou encore son film The Manson family, seront assurément le point fort du film pour multiplier les plans sanglants exubérants faits de morsures, impacts de balles et autres démembrements et énucléations, avec même un accouchement prématuré orchestré par des zombies peu délicats, tandis que les maquillages des zombies seront également globalement très réussis.

Donc, ce Zombie cult massacre ne fera pas mentir son titre en avançant des zombies affamés, un culte délicieusement farfelu malgré la répétition et la redondance des situations et un massacre final purement jouissif, compensant ainsi en partie son aspect amateur qui ne manquera pas de déplaire à certains !

Zombie cult massacreLe DVD de zone 1 édité par Sub Rosa Studios avancera une image souvent granuleuse et parfois floue, tandis que la bande-son sera très dynamique grâce à une partition musicale "métal" forcément adaptée, le métrage étant ici proposé dans sa version originale anglaise sans aucun sous-titres.
Au niveau des bonus, un petit making-of scindé en deux parties s'attardera de façon plaisante sur les zombies et les effets gores du film, puis sur les "bikers", suivi d'une longue série d'interviews du réalisateur et de nombreux interprètes du film ainsi que de Jim Vanbebber, laissant un tout petit reportage sur la première du film et la bande-annonce clôturer ces bonus largement intéressants.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce petit film amateur bien saignant, le DVD de Zone 1, assez rare, est quand même disponible ici !

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08.12.08

06:40:00, Catégories: Test / Critique  

Salut à tous!

partie final du dossier sur diniverse aujourd'hui avec une présentation rapide des épisodes de l'ultime saison de The Batman. Enjoy!

Batman

Episode 1/2 : The Batman – Superman Story

Logique que dans cette ère nouvelle, le premier duo soit compose de Superman et de Batman. Et première surprise, Batman se retrouve confronté à un héros très connu mais extrêmement individualiste voir même orgueilleux, un peu comme à ses propres débuts. Pour ce qui est des méchants du jour, excusez du peu, on a en vrac Métallo, Lex Luthor (qui arrive ici à sa représentation la plus réussie depuis longtemps et faisant oublier avec un plaisir non feint le Luthor et son iguane Ignace de la série Krypto qui a force de vouloir cibler un public encore plus jeune finit par servir de berceuse), Poison Ivy et Mercy. Le pitch ici, c’est d’avoir réussi à contrôler Superman qui va être envoyé pour tuer le Batman . L’épisode, double, est très bien réalisé et on ne voit pas el temps passé entre la première rencontre, la découverte des identités secrètes qui rappelle assez celles démontrées dans la série classique et l’affrontement final, plus l’apparition de Jimmy Olsen qui est enfin plus qu’une potiche masculine (ce qui était le cas dans toutes les adaptions sauf, dans Lois et Clark) et de Lois Lane, toujours aussi frondeuse. Et c’est finalement Batman qui parvient à convancre le héros suprême que le travail en équipe peut avoir du bon.

Episode 3 : Vertigo

Un épisode agréable mettant en scène les deux seuls super héros sans pouvoirs véritables d cette nouvelle JLA, Batman et Green Arrow , qui a sévèrement la côte avec la Warner, entre les derniers épisodes de JLU et la série Smallville. Si le projet de film pouvait se concrétiser là-dessus , ce serait vraiment formidable, surtout vu les bribes de scénario dont on a pu prendre connaissance récemment via certaines rumeurs… Les scènes d’action et de réflexion sont ici légions, la naissace de Green Arrow est remarquablement bien écrite et démontre qu’un gosse de riche hyper gâté peut devenir un héros sans pour autant avoir un passif dramatique, d’où la différence évidente entre Green Arrow qui est frondeur et Batman qu reste réfléchi en toute circonstances.

Episode 4 : White Heat

Episode plus classique, sans la participation de la JLA, où Batman doit affronter un Firefly qui se prend pour Magma des X Men. Les effets de lumire sont magnifiques et a dualité psychique des personnages basée sur l’amour et la notion de bien et de mal est très fouillée, tout comme la conception même de pouvoir d’ailleurs.

Episode 5 : A mirror darkly

Arrivée en fanfare du Flash, toujours interprété par Wally West vu le côté adolescent du personnage qui ferait passer Robin pour un sage, et de son nemesis le plus connu, le maître des Miroirs. De beaux affrontements et une démonstration sans doute possible de l’intelligence du dark knight. La découverte de la Batcave par Flash repose sur une manière de faire assez logique pour le personnage.

Episode 6 : Joker Express

Partant sur un principe de menace de caractère explosif sur l’ensemble de la ville via le réseau souterrain, cet épisode est le plus faible de la saison et rappelle furieusement tous les défauts de la première. Les scénaristes semblent céder à la facilité et on commence à s’inquiéter …

Episode 7 : Ring Toss

… jusqu’à l’épisode permettant l’entrée en lice de Hal Jordan ! Amusant de voir que c’est dans la série se voulant la plus récente et la plus moderne qu’on parvient enfin à voir en action le Green Lantern original (si l’on met de côté son caméo dans un double épisode de JLU première période). Et on a droit pour la peine à un véritable festival ! Lantern se retrouve pris en charge avec un anneau quasi déchargé par Sinistro dont le caractère n’a jamais été aussi sombre et agressif, sorte de mélange entre le Luthor de Superman TOS le Amazo de JLA, le tout avec encore moins de patience et d’inhumanité que le Brainiac de JLU ! S’en suit un combat graphiquement remarquable qui se conclut par la défaite de Lantern qui ordonne à son anneau de retrouver Batman. Mais étant presque vide, il tombe dans les mains du…. Pingouin qui a tôt fait de comprendre comment il fonctionne avec les dérives que l’on peut supposer. L’anneau réagissant selon les images mentales de son propriétaire, le bouclier d’énergie cède la place à un parapluie géant …. Ce qui reste drôle jusqu’à ce que ce brave Cobblepot soit retrouvé par Sinistro (après être devenu une goule de Dracula dans l’OAV de la franchise, on peut dire que le pingouin joue de malchance !) . C’est alors Batman qui passe l’anneau et là , mazette, ça ne dure pas longtemps mais qu’est ce qu’on se régale ! L’épisode finit bien sûr par une râclée pour le méchant, mais bon…

Episode 8 : The metal face of comedy

Le Joker revient dans un épisode délirant cette fois où , via un fou d’informatique travaillant pour lui, il parvient à se réincarner dans un ensemble nano-technologique capable de s’auto reproduire. C’est l’une des rares fois du show où le Joker parvient à dépasser le modèle de TOS visuellement, graphiquement, et verbalement. Le must réside dans le réveil du vrai Joker (entré en catatonie suite au transfert) qui a tout faire pour reprendre sa place dans le monde du crime et auprès d’Harley. Les quiproquos sont légions, les versus riche en originalité et le caméo de Nightwing en avatar choisi par Robin dans le monde virtuel achève de rendre l’ensemble plus que plaisant. Pour sa dernière apparition, le Joker a réussit un coup de maître.

Episode 9: Attack of the terrible Trio

La crise de nerfs de chaque adaptation animée de Batman, puisqu’on se retape encore l’histoire de ces trois amis qui se transforment ou arborent des qualités totémiques, celles du requin marteau, du rapace et du renard. A chaque fois les épisodes sont lourds et inintéressants et cette fois ci, bien que le syndrome de mutation soit de mise, ne déroge pas à la règle. Le thème de l’animalité avait été brillamment bordé dans Batman Beyond. On aurait pu s’en passer après le Joker Show vu précédemment.

Episode 10 : The end of Batman

Batman et Robin sont confrontés à Wrath et Scorn, qui sont en fait leurs doubles maléfiques puiqu’ils aident les criminels contre la police. Ils portent eux aussi des costumes, quasi négatifs par rapport aux originaux. L’histoire est intéressante, permettant 0 Batma d’avoir son Bizarro, d’autat plus que son identité secrète est découverte et que Wrath est en réalité l’un des amis proches de Wayne. Parallèlement, on relèvera la même construction que dans l’épisode Bob et Carole et Lois et Clark de la série éponyme avec doutes, comparaisons des emplois du temps qui concordent trop souvent et menaces finales Heureusement, le Joker nous fait un come-back éclair et gaze tout ce petit monde, leur faisant perdre la tête. L’idée d’utiliser un contre Batman est bien mise en scène mais n’est pas neuve, car venant avant tout du monde des comics pour une histoire qu était aussi très réussie. On remarquera la similitude des costumes d’ailleurs.

Episode 11 : What goes up …

L’épisode qui montre enfin le Hawkman de Thanagar et on pas une réincarnation d’un égyptien antique comme dans JLU ou un Hawkman traître aux idéaux du comics comme dans « A la croisée des étoiles » de JLA. Il s’agit bien ici de l’original et le scénario qui va avec se déroule pour la plupart en plein air ! On découvre l’origine des pouvoirs des Thanagariens sur Terre ou ailleurs d’ailleurs et il faut reconnaître à Black Mask (méchant charismatique de cette licence, équivalent au Crâne rouge de Marvel, le passif historique en moins) que l’idée de partir directement avec l’immeuble contenant le coffre plutôt qu’avec le coffre seul était audacieuse. Un très bon moment donc qui laisse regretter qu’Hawkgirl aie longtemps été seule à voler dans le ciel de JLA.

Episode 12/13 : Lost Heroes - Final

C’est l’épisode qui va clore toutes ces années de super héros tv afin que la Warner puisse se consacrer pleinement à la sortie d’équivalents OAV de DC , déjà commencée avec Batman the Gotham Knight et Superman Doomsday. S’en sont suivis une nouvelle adaptation de JLA et de WonderWoman
Mais pas la peine de rêver, le tout est introuvable avec ne serait ce que des sous titres français. Pour les plus curieux, www.latourdesheros.com vous ouvre les bras.
Puisque c’est la fin, il n’y plus de retenue, plus de limite. Toute la JLA revient d’un bloc, comme la menace extraterrestre qui donne l’assaut final et une connexion bienheureuse avec la fin de la saison précédente pour effectuer un rappel discret avec le perso un peu oublié qu’est le Dr Hugo Strange. Et ce qui pourrait passer pour improbable se déroule : la JLA est kidnappée au grand complet, à l’exception de Green Arrow et de Batman qi n’ont pas de pouvoirs particuliers.
Comme je ne veux pas gâcher le plaisir à ceux qui voudront se procurer la double galette , je n’en dis pas trop mais sachez qu’entre des robots extraterrestres ayant littéralement pompés les pouvoirs des héros les laissant plus démunis que de simples humains, des combats homériques pour les récupérer et le recul d’une invasion qui menace la terre entière, il y a de quoi e prendre plein les yeux, nonobstant bien sûr un rôle central pour Batman qui reste LE héros de cette série et de cet univers.

The Batman saison 5 reste donc une quintessence parfaite doté d’un final spectaculaire et qui permet de clore avec panache tout un pan de l’histoire de l’animation Warner … qui continuera de faire la joie des plus jeunes et des moins vieux pour de longues années encore.

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06:30:00, Catégories: Point de vue  

Warner a donc fait le tour de ses emblématiques héros. Mais depuis quelques années déjà, une nouvelle section s’est ouverte, à destination du plus jeune public. Terminé alors les triples ou quadruples lectures d’un même épisode (épisode pour lui-même, univers multi-référentiel à destination du geek, critique certaines d’une société contemporaine et défense des valeurs les plus élémentaires par un héros qui reste avant tout un être humain. Mais il y a encore d’autres degrés de lecture possible…) et place à une action bon enfant sans trop de violence ni trop d’ambiguïté. Les héros sont des héros, les méchants sont des méchants mais comble du comble, ce n’est pas toujours leur faute.
On citera dans cette optique les Teen Titans, animés à la sauce japonisante manga et qui donne une série de cinq saison sur des héros pré-pubères plus préoccupés par le repas du soir et l’amitié sincère du copain du jour que par la sauvegarde de leur ville. On modernise à outrance les graphismes et les histoires qui finissent toujours bien, on colle un nouveau boss sous-jacent sur plusieurs saisons et on lance le tout sur des rails avec au final un grand bazar où le meilleur cohabite avec le pire.
Néanmoins, la franchise fonctionne et on met sur les rails, comme à l’époque de Tim Burton et de son Batman un nouvel animé qui correspond à la période de Batman Begins. Et comme la mode du côté Marvel est de redéfinir à la racine toute la cosmogonie super-héroïque, on se dit sans peine qu’on peut faire la même chose.
Et nous voilà avec The Batman.

Batman

Les deux premières saisons sont assez flippantes en fait, pas dans le sens où elles font réellement peur, il ne faut pas oublier que l’on parle d’un public (très) jeune, mais simplement car elles sont d’une vacuité sans faille. Lors de la refondation d’une histoire aussi connue, le héros seul n’est pas uniquement concerné. Toute la galerie de vilains doit connaître aussi un rajeunissement. Le Joker en tête en fait les frais et devint une sorte de pantin mutant extrêmement souple mais à l’humour d’un gosse de cour de récré de maternelle. Catwoman porte un costume qui la rapproche de son équivalent papier, le Pingouin reste relativement fidèle à lui-même avec un graphisme équivalent ni plus ni moins à une fusion de ses deux précédents avatars . M Freeze par contre bénéficie d’un relooking complet qui , si il n’a plus grand-chose à voir avec le personnage déshumanisé de la précédente version gagne en ampleur et en puissance, les scénarios le mettant en scène équivalent généralement à de très bons épisodes , tant du point de vue graphique que du point de vue de la confrontation inéluctable avec l’homme chauve souris. Man Bat ne connaît qu’une épuration de ses lignes et ouvre le bal en clin d’œil à l’ancienne série. Seul Clayface est refondu en intégralité et deviens maintenant un ami d’enfance de Batman entré dans la police.
La batmobile et les batgadgets ont eux aussi eu la grâce d’un sérieux coup de jeune et le grappin se lance maintenant comme les oiles chez Venom, la technologie en plus. Le côté à la fois inquiétant et monolithique de la première batmobile des années 90 cède sa place à un véhicule aux lignes félines et racées qui laisse derrière lui les traces d’un nuage de plasma bleu du plus bel effet lors des scènes de nuit.
Les adjuvants sont aussi remaniés, et Gordon n’apparaît pas avant la troisième saison. Batman devint alors dès le départ un simple hors la loi, bien qu’œuvrant pour la justice, qui doit être arrêté au même titre que le vilain du jour. Et c’est là que la série pêche sérieusement, de par son manque d’ambition flagrant. Esthétiquement parlant, on reste déjà déçu par les premiers plans où le gothisme torturé de Gotham était de suite identifiable et on a droit en lieu et place à des cellos issus de la série Martin Mystère. Le générique reste d’une banalité inquiétante face à son aîné qui était à lui tout seul une véritable histoire, quand au nouveau visage du héros, il n’est ni attirant ni mystérieux, ce que réussissait à faire ressentir l’autre Bruce malgré un faciès plus près du carré que de l’humain.
On part alors du principe que l’on se trouve face un Batman débutant. Mais pourquoi alors la galerie de vilains est elle déjà aussi complète ? Cela ne colle pas. Dans la saison suivante, on essaie de corriger certaines erreurs en jouant sur l’originalité de faire apparaître Batgirl avent Robin. Mais passés les quelques épisodes où Barbara Gordon tente de découvrir l’identité de Batman tout en se faisant accepter de lui tandis que son père parvient à changer la perception de la police et du public sur le Dark Knight, on s’ennuie de nouveau. Le fait d’avoir deux justiciers au lieu d’un ne change finalement pas grand-chose, si ce n’est la multiplication des risques.
Arrive alors la quatrième saison, et un nouveau changement s’opère avec l’arrivée de Robin. Ce Robin là est une refonte parfaite de tous les Robin préexistants n de Dick Grayson à Tim Drake en passant par celui des premières séries et des Teen Titans. Et c’est un fait heureux car il va redonner un peps salvateur à la série. La coexistence avec Batgirl va être houleuse et rappeler les bons moments des jeunes Titans. Aute fait intéressant, avec deux enfants, aussi merveilleux et dégourdis soient ils, Bruce va devoir gagner en maturité et se rapprocher ainsi du Batman que l’on connaît mais sans pour autant négliger sa vie privée qui reste pour une fois développée à part égale dans cette série, Wayne étant globalement autant à l’écran que Batman. Les scénarios aussi gagnent en ampleur avec des méchants d’un nouveau genre à la psychologie en apparence plus fouillée sans compter l’évolution psychologique des anciens qui sombrent encore plus dans la folie, le psychiatre d’Arkam en tête. On commence à fusionner les anciens bons points de près de dix quinze ans d’animations pour trouver un produit fini correspondant à tous les âges, avec le retour également des multiples niveaux de lecture et des clins d’œil référentiels, ne serait ce qu’avec l’épisode qui se déroule des dizaines d’années après la disparition du Batman original et toute la légende du vigilante entretenue autour de celui ci.
Pour le moment on a donc : la maturité grandissante qui rapproche ce Batman de celui de base, dans son raisonnement comme dans sa tendance à s’approcher de la ligne jaune, le côté spectaculaire propre à l’ensemble des séries DC avec un soupçon de folie douce permettant d’avoir des pitchs jusque là encore inespérés comme lorsque le Joker subtilise l’appareil à venin de Bane pour devenir un diable hypertrophié, mais aussi dans cet autre très bon épisode où un has been total réussit à s’emparer de la potion ayant donné ses pouvoirs à Clayface, pour devenir plus redoutable encore. Les exemples pour une douzaine d’épisodes saisonniers sont encore très nombreux. Le côté futuriste de Batman Beyond commence à ressortir dans l’utilisation des gadgets et la transcription de l’atmosphère de Gotham qui arbore des ciels crépusculaires superbes, nonobstant la nouvelle Batmobile et tous les accès aménagés dans la ville du Manoir aux entreprises Wayne. Et enfin, Wayne équivaut à Batman dans le traitement du personnage, le monde des affaires ayant autant de temps de présence que celui du crime, sans compter un Bruce en Jeans et T Shirt souvent présent dans la Batcave pour un Batman qui apparaît régulièrement sur les sites Wayne.
Reste néanmoins deux petits ingrédients et non des moindres qui vont permettre d’obtenir une dernière saison flamboyante et rachetant elle seule les erreurs des quatre précédentes : une menace d’ordre planétaire et l’intégration de nouveaux personnages pour que l’évolution de Batman puisse passer d’un être solitaire (premiers épisodes) à un être pouvant se reposer sur d’autres mais en gardant un certain contrôle (l’arrivée des acolytes) et enfin un héros accompli, parfaitement conscien de ses faiblesses et n’hésitant pas non seulement à travailler en équipe, mais avec plus puissant que lui. Ce vrai bonheur télévisuel, ce fantasme de Geek est alors permis avec le season final de la 4ème saison , dans lequel viennent en bloc une invasion extraterrestre assez bien conçu via le remplacement progressif des humains par des cyborgs (déjà mis en place dans Batman TOS mais par un scientifique bien humain ayant perdu le contrôle de sa création), une alliance inattendue tous les héros de Gotham de Batman à la police de la ville et de tous les vilains qui œuvrent de concert pour sauver leur monde sur une musique riche d’émotions. Il faut voir M Freeze débarqué, glace en avant , aux côtés de Gordon et sous l’approbation de celui-ci… Mais l’élément le plus marquant reste la venue de Martien Manhunter qui va présenter à Batman après avoir sauvé la ville le satellite et les membres de la JLA !... que Batman connaissait déjà puisque démontrant qu’il avait déjà piraté le pc central de la tour de gué nouvelle génération.
La cinquième saison s’annonce donc parfaite et elle l’est dans son ensemble, commençant sur les ruines de Gotham et avec un Batman complet et accompli. Le produit fini qui va de nouveau devenir l’ange gardien de sa ville. Et comme la saison annoncée et la dernière, l’équipe créative se lâche et offre des animés d’une qualité folle avec des idées complètement barrées. Le principe est simple et équilibré et alterne entre épisodes classiques confrontant Batman au méchant du jour (généralement le Joker) et les épisodes estampillés JLA qui restent les meilleurs de tous.

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06.12.08

13:45:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Leonera
Réalisateur : Pablo Trapero
Avec : Martina Gusman, Elli Medeiros...
Durée du film : 1h53
Date de sortie en salles : 3 décembre 2008

Par Nicofeel

Leonera

Présenté en compétition au dernier festival de Cannes, Leonera pourrait faire penser au départ à une sorte de thriller. En effet, dès les premières minutes du film, on voit une jeune femme, Julia (interprétée par Martina Gusman) qui se réveille avec du sang sur elle et surtout avec deux corps, celui de son petit ami, qui est décédé, et celui d'un autre homme, qui est blessé.
Julia est rapidement mise en cause et envoyée en prison.
Le film pourrait alors donner lieu à une recherche de la vérité dans cette affaire. Mais en fait cela n'est pas le sujet ce qui intéresse le cinéaste argentin Pablo Trapero.
Pablo Trapero ne va pas non plus nous livrer un film traditionnel sur la prison avec les difficiles relations entre les gardiens de prison et les prisonniers ou encore les éventuelles relations chaotiques entre les prisonniers.
Non, Pablo Trapero fait un film complètement antinomique et que l'on a jamais eu à ce jour l'habitude de voir. Son héroïne, Julia, arrive en prison alors qu'elle est enceinte de quelques semaines. Elle intègre donc un pénitencier de la province de Buenos Aires pour le moins spécial. Il s'agit d'un pénitencier qui est réservé aux femmes enceintes ou qui ont un enfant en bas âge.
L'impression ressentie dans cet univers est très différent de celui que l'on est habitué à voir. On est certes en prison mais on voit des femmes qui peuvent communiquer avec d'autres femmes et surtout on a des enfants en bas âge qui sont présents dans ces lieux. Les gardiennes de prison sont également très loin des stéréotypes que l'on est habitué à voir dans ce genre d'endroit.
Par ailleurs, loin de tout misérabilisme, Pablo Trapero nous montre que ces femmes, qui sont décidément pas comme les autres, sont solidaires entre elles. Ainsi, à peine arrivée, la belle Julia est prise sous l'aile de Marta, une femme avec plusieurs enfants à qui il reste quelques années de prison à effectuer.
Le film de Pablo Trapero est entièrement centré sur le personnage de Julia qui est incarné par Martina Gusman, qui n'est autre que sa femme à la ville. Martina Gusman est extrêmement impliquée dans le film Leonera puisque, en plus d'être l'actrice principale, elle a co-écrit et co-produit le film.
Leonera qui signifie en espagnol cage aux lions désigne en fait une cellule de détention. Le personnage de Julia est complètement abattue face à ce qui lui arrive. Elle se retrouve en prison alors qu'elle ne comprend pas pourquoi. Sa mémoire n'arrive pas à se souvenir des événements qui l'ont menés à trouver chez elle deux corps inertes.
Toujours est-il que Julia va progressivement retrouver l'envie de se battre et de faire face à ce milieu carcéral par le nouveau lien familial qu'elle va être amenée à avoir : son enfant. Le fils, Thomas, qu'elle va donner naissance en prison et qu'elle va commencer à éduquer va faire changer cette femme.
Très fort sur le plan émotionnel, Leonera nous montre les liens qui sont amenés à unir ces femmes en prison. Julia bénéficie pour sa part de l'aide précieuse de sa voisine de cellule, Marta, qui l'aide à élever son enfant.

Mais le dilemme du film est que Julia va devoir se séparer un jour ou l'autre de son enfant. En effet, la loi argentine prévoit qu'une femme emprisonnée peut élever l'enfant qu'elle a eu en prison jusqu'à l'âge de 4 ans mais pas au-delà. Ensuite, l'enfant est élevé par un parent ou à défaut est remis aux services sociaux.
L'une des grandes forces du film est de montrer le lien très fort qui finit par unir Julia à son fils Thomas. Celle-ci ne veut pas être séparé de son fils qui est devenu sa raison de vivre.
Le réalisateur Pablo Trapero évoque avec une grande justesse de ton le lien qui unit ces femmes qui sont certes en prison mais qui restent avant tout des mères.
D'ailleurs, le personnage de Julia est très inquiète car sa propre mère, qui résidait depuis de nombreuses années en France, est revenue en Argentine. La mère de Julia (interprétée par Elli Medeiros une star de la chanson bien connue des années 80) est bien décidée à élever l'enfant. Elle compte bien tirer parti du fait que sa fille est en prison et qu'un enfant ne peut pas grandir en prison.

Julia se bat contre l'omniprésence de sa mère qui tente bien de récupérer au plus vite l'enfant. Mais les événements ne jouent pas en sa faveur. La machine judiciaire, qui est clairement critiquée dans ce film, la condamne définitivement à 10 ans de prison, et ce de manière bien subjective. Julia ne pourra donc pas revoir son enfant avant de nombreuses années. D'autant que la mère de Julia a réussi à prendre l'enfant avant le seuil des quatre ans.
C'est alors que le dernier quart du film nous montre le combat de Julia pour récupérer son enfant, déjà jusqu'à ce que ce dernier ait atteint l'âge des quatre ans. L'actrice Martina Gusman illumine l'écran par sa volonté de vivre avec son jeune fils. Le combat de cette mère est vraiment le coeur de ce film. Tel une lionne (d'où le titre du film), Julia va tout faire pour obtenir son enfant auprès d'elle. On appréciera encore une fois la solidarité de ces femmes emprisonnées qui comprennent ô combien ce que ressent Julia. L'aide très précieuse de son amie Marta fait plaisir à voir.
La fin du film, à l'image d'un thriller, nous montre le choix radical effectué par Julia pour vivre au quotidien avec son enfant. La fin du film résonne d'ailleurs comme un message d'espoir. Une vie nouvelle s'offre à Julia et à son enfant. La liberté a un goût bien spécial pour le personnage principal de ce film.
La boucle est désormais bouclée. Et comme un symbole, le générique du début et le générique de fin du film, comportent les mêmes morceaux musicaux, notamment cette très belle chanson, « Duermete nino », où l'on entend des enfants chanter et où l'on perçoit toute la force du lien filial.
Film de prison très original, Leonera parvient parfaitement à faire ressentir le lien qui unit cette mère emprisonnée à l'enfant qu'elle a donnée naissance dans ce lieu. Très réussi dans sa mise en scène, Leonera marque également par la justesse de son ton. Voilà donc un film essentiel de l'année 2008 à ne pas rater.

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13:30:00, Catégories: Dossier  

Salut à tous !

La loupe de Batman et celle de Superman en série animée ont rencontré un petit succès, je vous propose donc la suite et fin de l’analyse sur le diniverse en quelques articles sur le blog. Enjoy !

Je passerais volontairement sous silence le passage Batman Beyond, puisque les évènements décrits dans ce très bon show d’anticipation sur l’avenir proche et potentiel de Wayne se déroule justement dans le futur. Et au risque de dévoiler un élément clef de l’intrigue, on peut dire que le mythe du chevalier noir
continue d’être ardemment entretenu par deux Bruce Wayne….

Justice leagueAmorcé avec la partie Superman et la nouvelle adaptation de Batman en animé, la Ligue de Justice était la suite logique de l’expansion de l’univers DC, d’autant plus que la plupart des personnages était déjà introduite, tant du point de vue des bons (Superman, Batman, Flash, Green Lantern et la planète Oa) que des bads guys (Metallo, Humanité, Grundy et autres Lex Luthor).
Pur les petit nouveaux comme Wonder Woman, on prend la série live de Linda Carter comme base psychologique et historique (Hyppolita, l’île des amazones, l’avion invisible….) et on remet le tout au goût du jour avec une force équivalente à celle de Superman (dixit un combat assez impressionnant entre les deux héros) et la capacité bien pratique de voler.
Hawkgirl aussi est introduite mais sans Hawkman (dont les apparitions laisseront un drôle de goût dans la bouche) tandis que les classiques n’ont pas été choisis au hasard. Ainsi, le Flash n’est autre que WallyWest, le plus jeune tenant du titre et non pas Barry Allen, le scientifique, ce qui permet d’avoir un personnage limite immature (dans le bon sens) et dragueur, pouvant apporter une certaine légèreté dans des situations de crise. Le Green Lanter n’est pas le tant attendu Hal Jordan, pilote émérite et relevant de l’univers classique de DC, qui aurait pu être un doublon à Flash sur le domaine de l’insouciance. On n’utilise pas non plus le Green Lantern vu dans Superman the animated serie et on présente à la place un ancien G.I. du nom de John Stewart, parangon d’expérience et de rectitude don le sens de l’honneur aurait tendance à dépasser celui du kryptonien mais pouvant parfois recourir aux méthodes de Batman pour parvenir à ses fins.
Introduction également de Martian Manhunter , personnage aux pouvoirs plus divers que Superman mais à la fragilité plus grande que celle de Batman. Ses origines sont tragiques et il reste facilement influençable.
Les bad guys vont également être à la noce avec le retour pour au moins un épisode de tous les vilains déjà vus par le passé, Darkseid et Brainiac en tête, mais aussi en créant de nouveaux visages, comme celui de l’androïde Amazo ou bien encore Sinistro.
Dans cet univers apparemment très riche, l’accent va être mis pendant les deux premières saisons sur le côté fantastique et aventureux de la Ligue qui non contente d’être confrontée aux problèmes terrestres sera aussi amenée à mener la lutte pour le bien dans la galaxie. Les enjeux deviennent parfois universels et des races entières vont parfois devoir leur salut à l’interventionnisme de la Ligue. Côté action, le show remplit bien, peut être trop bien son office. Et avec sept personnages principaux au lieu d’un , le travers de négliger un aspect vital est grand. Et la série tombe dedans à pieds joints.
La vie privée des héros, du moins ceux ayant une seconde identité est simplement balayée, quand elle n’est pas utilisée comme un simple déguisement. Batman semble se consacrer uniquement à sa vie nocturne, Clark Kent n’est quasi jamais mentionné, les héros sont sans cesse attaqués et les évolutions scénaristiques propre à des confrontations au sein d’un groupe tout comme les histoires d’amour potentielles sont reléguées le plus souvent à deux ou trois lignes de dialogue pour quinze épisodes à courir après la ligue de l’injustice du moment. Il est vrai que certains épisodes se payent le luxe de voyager dans l’histoire de Dc, mais au final, à part coffrer le méchant de la semaine, le tout commence à s’enliser dans un manichéisme facile, la somme des pouvoirs de la Ligue étant nettement supérieure à celle des méchants psychopathes.
Arrive alors le triple épisode « A la croisée des étoiles ».
Et une fois de plus, tous les acquis volent en éclat. A elle seule, cette histoire balaye deux ans d’aventures, remet en cause jusqu’à l’existence même de la JLA et les liens les plus solides s’évanouissent d’eux-mêmes. Hawkgirl est un transfuge doublée d’une espionne et ce simple détail menace de détruire la planète entière. Les identités secrètes sont dévoilées par un Batman en grande forme à qui l’on ne peut rien cacher et les personnalités lisses vont se fissurer pour laisser transparaître des malaises latents, sources d’épisodes entiers dans les trois saisons à venir.
La JLA est déstructurée, la confiance est mise à mal, les membres fondateurs commencent à lutter contre leurs propres pulsions (donnant lieux à des allers retours uchroniques extrêmement fort avec en vrac un Superman ayant tué Luthor, une JLA totalitariste, les nazis dominant le monde à la Vandal Savage….) ce qui conduit à la mise en chantier de la JLU (pour Unlimited) où la ligue est composée de plusieurs dizaines de héros (Fate, Supergirl et j’en passe quand ce n’est n’est pas une corporation au grand complet type green lantern qui fait des siennes).

Le schmilblick repart alors de plus belle avec le projet Cadmus , projet top secret gouvernemental visant à effectuer une séparation de la JLA et de l’état en place (et permettant de voir que les USA savent qui est Batman , entre autre) Brainiac qui va s’unir à Luthor pour dominer et acquérir un but nouveau, le sien arrivant à son terme le tout sans parler des vilains et des super héros qui changent régulièrement de camp. Les scénarios sont toujours au top et s’étalent parfois sur une demi douzaine d’épisodes et les rapports simplement humains prennent enfin le temps d’exister, un héros ne pouvant être sur la brèche en permanence. Ainsi, voir Batman boire un café avec Green Lantern en parlant de ses sentiments pour Wonderwoman ou Hawkgirl à quelque chose de rafraîchissant tout comme voir Diana essayé d’inviter Bruce à s’humaniser en sortant ensemble et que celui-ci rétorque qu’il ne voudrait pas la mettre en danger de par la nature même de ses ennemis ce à quoi Wonder Woma s’empresse de briser une corniche en signalant que le pour ce qui est du danger, elle a du répondant. Le show s’allège donc de ses défauts majeurs, gagne en maturité et en complexité, sort des punchlines en veux tu en voilà et gagnes ses futurs galons de série culte intégrant même au vol la mort de Superman, le personnage de Doomsday ou bien encore en réservant des moments de gloire à chacun de ses protagonistes à l’image du final fantastique laissant une JLA détruite par un brainiac/luthor quasi omnipotent et contre lequel il ne reste que Flash qui , devant la menace s’enfuit à la grande choix du boss du jour …. pour le pulvériser littéralement pièces par pièces, ce dernier ayant au moment de son départ pris le contre pied d’effectuer le tour du monde aussi rapidement que possible pour avoir l’élan nécessaire afin de pouvoir le contrer. Sa vitesse augemnte alors de plus en plus , laissant derrière lui une traînée électrique ainsi que son insouciance et son manque d’assurance pour devenir un homme véritable et un héros éternel lors de sa victoire finale , pour laquelle il a failli lasser sa vie. La seule fois où une tension héroique aussi forte , où un tel déchaînement de pouvoirs a eu lieu remonte à l’explosion du phénix dans la saga X Men ou bien encore au déchaînement d’Ororo contre Fatalis qui l’avait transformée en statue vivante.
La cinquième saison sera agréable mais anecdotique face à un tel season final et le téléchargement illégal aura raison de la licence.

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05.12.08

07:55:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

The ghost galleon

Troisième volet de la tétralogie vouée aux morts-vivants templiers (après Tombs of the blind dead Et The return of the evil dead), ce the ghost galleon, sorti chez nous à l’époque sous le titre Le monde des morts-vivants, ne retrouvera hélas pas l’efficacité de ses prédécesseurs et perdra une partie du charme macabre entourant ces templiers en délocalisant l’intrigue à bord d’un bateau fantôme.
Le script va suivre la découverte d’un navire fantôme par un petit groupe d’individus partis en mer à la recherche de deux demoiselles.

The ghost galleonSans passer par la case "flash-back" pour mettre une première fois en avant ses templiers comme le réalisateur l'avait fait auparavant, le métrage va tout de suite nous présenter une partie de ses personnages principaux et tout d'abord Lillian, une jeune femme orchestrant une séance de photos en studio avec ses mannequins en maillot de bains, pour être ensuite entretenue par l'une d'elles, Noémie, inquiète de la disparition de Kathy, sa colocatrice. Devant les explications floues de Lillian, Noémie va menacer d'alerter la police, forçant alors Lillian a lui fixer un rendez-vous sur le port afin de lui révéler la vérité. Et donc en fait Kathy et une autre jeune femme, Lorena, font partie d'une opération visant à mettre sur le devant de la scène l'agence de mannequinat dirigée par Howard Tucker, opération consistant à placer les deux demoiselles en pleine mer, perdues, dans l'attente d'être repêchées par un bateau passant par là et ainsi attirer l'attention des médias. Idée fumeuse s'il en est qui permettra au métrage d'amorcer l'arrivée du navire fantôme qui ne va pas tarder à apparaître tout près du canot des deux demoiselles et l'accoster.

The ghost galleonCette mise en situation sera expéditive pour notamment avancer une idée de base complètement idiote, mais permettra au réalisateur de placer quelques scènes certainement assez osées pour l'époque (1974) en présentant ses actrices en petites tenues et tout en laissant quelques situations n'ayant rien à voir avec les morts-vivants occuper le terrain lorsque Noémie va encore menacer d'alerter les autorités sur cette affaire, pour être ensuite retenue contre son gré par Tucker et essayer de s'évader en trompant Sergio, le sbire de Tucker, celui-ci arrivant bien sûr à rattraper la demoiselle pour finalement laisser sous-entendre un viol.

The ghost galleonHeureusement ensuite l'intrigue va quelques peu recentrer son action sur sa partie maritime avec d'abord Lorena qui refusant de rester dans le canot en compagnie de Kathy va grimper à bord du bateau fantôme et commencer à l'explorer, rejointe quelques temps après par Kathy qui après s'être assoupie un moment va décider d'aller à la recherche de son amie. Hélas ces situations paraîtront guère crédibles et parfois même complètement déplacées, comme lorsque que Kathy, une fois à bord, va s'asseoir tranquillement dans une des pièce du bateau et se mettre à écouter de la musique, laissant ainsi tout le loisir aux templiers de quitter leurs tombeaux pour venir l'attraper.

The ghost galleonInquiets de ne plus pouvoir correspondre par radio avec le duo, Tucker, Lillian, Sergio, Noémie et un professeur spécialiste des conditions climatiques maritimes, mais aussi des légendes et notamment celle entourant un bateau fantôme régulièrement vu dans les parages de l'endroit où sont portées disparues Kathy et Lorena, vont à leur tour prendre part à une expédition destinée à retrouver les deux jeunes femmes, pour bien sûr tomber à leur tour sur le navire fantôme qu'ils vont s'empresser d'explorer, devenant ainsi les prochaines victimes des templiers (dont une ébauche d'histoire sera racontée par le professeur ayant trouvé sur place le journal de bord du bateau), laissant de la sorte l'intrigue dispenser quelques rebondissements simplistes et surfaits sans réel souci de crédibilité, qu'un final bien plus percutant et d'une beauté envoûtante viendra relever, avec cette sortie de l'eau magnifique des morts-vivants.

The ghost galleonHélas le métrage, déjà terni par une intrigue superficielle et sans aucune ampleur, sera endeuillé par de trop nombreux points faibles qui viendront gâcher complètement ce troisième volet d'une franchise jusque là efficace. Déjà, les personnages seront stéréotypés au possible jusqu'à devenir quasiment insupportables (et notamment Barbara Rey dans le rôle de Noémie), pour en plus "agir" dans des situations définitivement improbables, flirtant même avec le ridicule le plus complet, sans que le réalisateur n'arrive à donner le moindre impact aux scènes mettant en avant les templiers, celui-ci ne gagnant guère au changement de lieu pour accomplir leurs méfaits sataniques, puisqu'en plus le métrage restera désespérément soft avec des crimes perpétrés en hors-champ ou carrément éludés. La "traditionnelle" séquence de sortie de tombeau des morts-vivants perdra elle aussi au passage tout impact, puisque les morts reposeront non plus dans ce cimetière macabre envoûtant, mais juste dans des caisses en bois qui s'ouvriront lentement pour les laisser sortir. Dans le même ordre d'idées, l'affrontement entre le petit groupe et les templiers sera lui aussi bâclé, avec d'abord une mise en retraite des morts-vivants bien facile et affligeante, tandis que la solution trouvée pour espérer s'en débarrasser laissera pantois devant tant de facilité scénaristique fauchée et sans ampleur.

The ghost galleonMais, même au milieu de ces inepties sans saveur, le réalisateur parviendra quand même à placer de belles images, notamment lorsque l'action prendra place à bord de ce navire fantôme aux décors des plus réussis, le tout enveloppée d'une brume troublante, laissant sporadiquement une petite atmosphère inquiétante s'installer, hélas bien vite gâchée par les naufrages de l'intrigue. Et enfin, la toute dernière scène du métrage méritera presque de devoir se taper le reste du film, par sa beauté retrouvée dans la manière d'agencer l'arrivée sur la terre ferme des templiers lors d'une séquence splendide figurant parmi les plus réussies de la franchise, pour clore ainsi l'ensemble sur une note positive et laissant quelques espoirs en ce qui concerne le quatrième et dernier volet de la saga de ces templiers morts-vivants.

The ghost galleonL'interprétation est vraiment mitigée, avec des acteurs soit complètement lisses, soit en faisant trop (la mise à mort de Barbara Rey, ridicule à souhait à cause des grimaces de l'actrice), tandis que la mise ne scène d'Amando De Ossorio est trop molle pour laisser un quelconque rythme s'installer, mais le réalisateur arrivera à magnifier quelques belles séquences, tout en laissant un érotisme, certes dérisoire aujourd'hui, laisser une marque constante sur le métrage, tout en avançant quelques idées perverses ( le viol, la relation trouble entre Kathy et Noémie). Les effets spéciaux présents ne présenteront que des templiers toujours aussi graphiques mais malmenés par une intrigue ne leur laissant pas l'opportunité de placer des plans sanglants ici uniquement réduits à une petite décapitation très rapide suivie d'un début de festin terriblement sage.

Donc, ce The ghost galleon laissera son spectateur sur sa faim en étant trop superficiel, sage et surtout en ne présentant qu'une intrigue la plupart du temps ridicule et sans aucune saveur.

The ghost galleonLe DVD de zone 2 anglais avancera une image nette, même lors des nombreuses scènes se déroulant dans l'obscurité et dans la brume, tandis que la bande-son sera plutôt efficace, avec une partition musicale toujours envoûtante pour suivre les templiers, mais demeurant sinon trop discrète, le métrage étant ici proposé dans sa version anglaise avec des sous-titres anglais optionnels.
Au niveau des bonus, on pourra parcourir une assez courte galerie de photos et d'affiche du film, la bande-annonce du film et celles des autres titres de la franchise, ainsi que la bande-annonce américaine du film, un spot télé et un destiné à la radio américaine assez amusants.

Pour ceux qui voudraient suivre ce troisième volet maritime, et accessoirement la plus faible, de la saga des templiers morts-vivants, le DVD de zone 2 anglais est disponible ici ou et bien entendu dans le coffret regroupant l'intégralité de la franchise !

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00:08:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Baby blues
Réalisatrice : Diane Bertrand
Avec : Karin Viard, Stefano Accorsi...
Durée du film : 1h29
Date de sortie en salles : 26 novembre 2008


Par Nicofeel

Baby blues

Réalisé par Diane Bertrand, Baby blues est une comédie sentimentale à l'intérêt assez limité. Car la réalisatrice est loin d'éviter les lieux communs et la plupart des situations du film sont plus que prévisibles.
Cependant, le film reste relativement sympathique à regarder, en raison principalement de sa distribution, et notamment des deux acteurs vedettes, qui permettent de sauver les meubles.
L'actrice Karin Viard incarne Alex, une femme de presque quarante ans qui travaille dans le service marketing d'une importante entreprise de sous-vêtements. Elle vit depuis dix ans en concubinage avec Fabrizio, interprété par Stefano Accorsi qui travaille pour sa part en tant qu'acousticien.
Le couple vit parfaitement ensemble avec leur animal de compagnie, une chienne qui commence à être âgé.
Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes jusqu'à ce que l'on propose à Alex d'aller travailler à New York, au sein de la maison-mère de son entreprise. Alex hésite et Fabrizio est irrité par ces hésitations. Lui souhaite tout simplement suivre sa concubine dans ses choix.

La réalisatrice Diane Bertrand donne l'impression de nous offrir des sortes de tranches de vie. Elle évoque sur le ton de la comédie de nombreux problèmes que connaît notre société actuelle. Ce qui est en soi un choix intéressant se révèle vite une faiblesse du film. En effet, les sujets ne sont abordés qu'en surface. Ainsi, le besoin de plus en plus pressant d'Alex de devenir mère est signifié avec des éléments pour le moins peu fins : elle croise des femmes enceintes ; elle se retrouve soudainement dans un magasin d'habillement pour enfants ; une de ses collègues de travail et une de ses amies proches tombe enceinte. On voit que la finesse n'est pas de mise dans le film. D'ailleurs Fabrizio, qui ne souhaite pas avoir d'enfant, allume la télé et voit un documentaire animalier où est évoqué la descendance des animaux.
Dans le même état d'esprit, plusieurs personnages sont de pures caricatures : on a par exemple droit au pote homosexuel qui fait office pour Alex de conseil et de soutien ; on a aussi droit au pote quelque peu déjanté qui fait office d'ami de sortie entre mecs pour Fabrizio.
De plus, alors qu'aussi bien Alex que Fabrizio sont amenés à voir le même psychiatre, cela donne encore des scènes bien caricaturales.
Cependant, ne soyons pas trop dur. Baby blues reste un film qui se regarde sans souci et que l'on peut même un certain plaisir par instants.
Le couple Karin Viard – Stefano Accorsi fonctionne à merveille et apporte même une touche charme au film.
De plus, même si plusieurs thèmes ne sont abordés qu'en surface, ils sont tout de même le reflet de problèmes que l'on vit dans notre société actuelle : ainsi, le film aborde la question de la difficulté de concilier une vie professionnelle pleine et une vie privée où l'on ferait le choix d'avoir un enfant. Par le biais des séances chez la psychiatre, le film montre également qu'il est parfois difficile de s'entendre avec sa famille, les parents ayant parfois tendance à empêcher les gens de vivre pleinement. Enfin, le film montre que les problèmes au sein d'un couple peuvent tout simplement provenir de choses qui ne sont pas dites.
Baby blues bénéficie par ailleurs d'une bande son assez sympathique qui est particulièrement reposante.
On appréciera également quelques scènes amusantes dans ce qui est tout de même une comédie sentimentale : pour ma part, j'ai trouvé assez marrant la scène où Fabrizio est saoûl et ouvre la porte au patron d'Alex ; le transfert d'affection sur la chienne ; plusieurs disputes entre Alex et Fabrizio et évidemment la réconciliation attendue.
Au final, relativement caricatural et loin d'être surprenant, Baby blues est une comédie sentimental qui ne se démarque pas de nombreux autres films de ce genre. Cependant, le film peut être regardé tant pour son duo d'acteurs principaux fort plaisant que pour son côté optimiste. En ces temps moroses, un tel film fait tout de même du bien.

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04.12.08

01:00:00, Catégories: Nouveautés  

Par Le Doc

Envie d'épater tous le monde à Noël avec les derniers films sortis en salle au pied du sapin ? Vous vous sentez l'âme bilingue ? Vous voulez faire des économies sur les nouveautés DVD ? Alors les sorties DVD Zone 1 sont faites pour vous !
Un mois de décembre plutôt riche mais sans grande surprise.

Important : A noter que pour proposer un plus large choix, je chroniquerai également des dvd ne possédant ni piste son ni sous-titre français. A noter également que les pistes française annoncées ici peuvent être des versions canadienne. Les différentes versions n'étant que très rarement précisé, je ne peux garantir quel versions se trouve dans chaque dvd !

Commençons tout d'abord par les sorties dvd du jour, le 2 décembre, qui voit débarquer dans les bacs américains Le monde de Narnia : Chapitre 2 Prince Caspian, deuxième volet de cette sage, ici disponible en édition simple comme en édition double ou en blu-ray. Des sous-titres français ainsi qu'une VF sont disponible. Sort également ce 2 décembre la nouvelle comédie avec Will Ferrell, Step Brothers, sortie la semaine dernière dans nos salles obscures sous le nom de Frangins malgré eux. Vous retrouverai également ici une version simple en DVD et double en Blu-ray et DVD avec également sous-titres et VF qui vont bien ! Le film d'action du russe Timbor Bekmambetov, Wanted, se voit aussi offrir une sortie DVD ce jour avec une édition simple en dvd et blu-ray et double dvd, l'audio et les sous-titres français sont ici aussi présent.
Alors qu'en zone 2, Cdiscount explose les prix des différentes saison de la série, le nouveau film de la saga X-Files pointe son nez en dvd simple et double ainsi qu'en blu-ray. Une version audio française est disponible ici mais pas de sous-titres, qui ne sont ici qu'anglais ou espagnol. Et pour rester dans les grosses machines, le film Hancock avec Will Smith est disponible depuis quelques jours en dvd et blu-ray disc avec sous-titres et audio en français.

Mais la grosse sortie US de ce mois de décembre est sans conteste le fameux Dark Knight qui nous fera l'honneur de se montrer disponible d'ici le 9 décembre prochain et édition simple et double dvd ainsi qu'en blu-ray. Et cerise sur le gâteau, des sous-titres français seront disponible. De quoi profiter DU film marquant de cette année 2008 en VOSTF !

Le 9 décembre sera également disponible l'original Horton, doublé en VO par monsieur Jim Carrey (oui c'est autre chose que Dany Boon) qui comportera des sous-titres français ainsi qu'une édition avec une pitite peluche, idéal pour les gosses à Noël ! A la même date sortira un coffret exclusif 3 DVD de l'adaptation du roman de Matheson Je suis une légende avec Will Smith, comportant vraisemblablement beaucoup de bonus. Bien qu'une piste française soit disponible, aucun sous-titre français n'est précisé. Ce même coffret sera disponible en Blu-ray. Toujours à la même date, le troisième volet de la franchise La Momie (à ne pas confondre avec La Mome...ok je sors) sera disponible. L'édition simple comportera une piste VF mais pas de sous-titres, contrairement à l'édition double DVD ou Blu-Ray. La fameuse comédie musicale MammaMia ! sera quant à elle disponible à partir du 16 décembre, toujours en édition simple, double et blu-ray avec piste VF et sous-titre en sus.

Plus proche des fêtes de fin d'année sera disponible, à partir du 21 décembre, le nouveau film des frères Coen, Burn after reading, pas encore sorti chez nous, édition qui comportera des sous-titres français ! Le Blu-ray comportera également une piste son VF. Même chose pour le remake du film de Corman, Death Race qui sortira à la même date en dvd et blu-ray.

Le 23 décembre donnera le feu vert à une collection de coffret de star hollywoodienne. Chaque coffret comportera 3 films de la star en question, le tout pour environ 15$ (approximativement 11€ !)(attention, aucune piste audio VF ni sous-titre ne sont précisé dans les fiches DVD pour l'instant dans ces coffrets, mais cela reste à surveiller). Les stars misent à l'honneur seront donc : Billy Crystal, Brad Pitt, Bruce Willis, Denzel Washington, Gene Hackman, Jake Gyllenhaal, John Travolta, Johnny Depp, Kevin Costner, Leonardo Dicaprio, Matt Damon, Queen Latifah, Renee Zellwegger, Tom Hanks...

Enfin, côté cinéma bis, à noter la sortie le 16 décembre d'un double dvd des aventures de Santo le fameux catcheur mexicain. Pour 6$, vous pourrai vous offrir Santo en Anonimo Mortal et Santo y El Aguila...malheureusement, aucun sous-titre n'est prévu, même pas anglais ! A réservé au hispanophone donc. Niveau nanar, le mystérieux Bloodsuckers From Outer Space aura également droit à une édition dvd à la fin du mois, le 30 décembre plus précisément, uniquement en VO également. Et comme on ne change pas les habitudes, toujours uniquement en VO, deux nouveaux volumes de la collection Exploitation Cinema avec le 30 décembre : Nightmare in Wax / Blood of Dracula's Castle d'un côté et Horror High/Lurkers de l'autre...de quoi se faire de bonnes soirées doubles programmes bis à pas cher !

Ceci n'est qu'un rapide point de vue des sorties des titres les plus connu (et je ne parle pas des rééditions) mais n'hésitez pas à partager vos bons plans et vos sorties les plus attendus dans les commentaires et même pourquoi pas dans le forum dans la section adéquate !

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03.12.08

08:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Ed Gein, the butcher of Plainfield

Parmi les meurtriers psychopathes ayant réellement existé, Ed Gein est certainement celui dont les méfaits ont été le plus directement ou indirectement adaptés à l'écran. En effet, aussi bien Norman Bates que le Buffalo Bill du Silence des agneaux doivent beaucoup à ce tueur, mais bien sûr, c'est le Leatherface de Massacre à la tronçonneuse qui en est le plus largement inspiré, avec cette particularité qu'avait Ed Gein de se confectionner des masques en peaux humaines, en autres perversions nécrophiles.
Si Chuck Parello avait déjà adapté presque fidèlement la vie d'Ed Gein en 2000, ce Ed Gein, the butcher of Plainfield prendra quant à lui bien des libertés avec l'histoire réelle.
Le script va donc suivre le quotidien du sinistre serial-killer avec en parallèle celui d'un jeune officier de police de la ville qui va se retrouver directement impliqué dans l'affaire.

Ed Gein, the butcher of PlainfieldAprès une séquence d'introduction assez graphique nous montrant une demoiselle pendue par deux crochets transperçant ses épaules mais qui réussira à se décrocher pour tomber sur son bourreau, le métrage va se donner des airs de Massacre à la tronçonneuse pour son générique alternant image d'archives et gros plans sur des détails macabres très visuels, avant de lançant son intrigue en suivant Ed Gein creusant près de sa maison pour voir arriver un visiteur. Bien entendu, le spectateur va s'attendre à une séquence de meurtre qui ne viendra pas après avoir quand même de fait placé une légère tension. Ensuite l'intrigue va s'intéresser à Bobby Mason, un jeune policier enquêtant sur la disparition d'une jeune femme après que l'on ait retrouvé son véhicule abandonné et comportant des traces de sang sur la vitre, tout cela pour nous faire pénétrer dans le quotidien de Mason, entre sa vie avec sa mère et ses états d'âme qu'il inflige à Erica, sa petite amie ( et au spectateur par la même occasion...).

Ed Gein, the butcher of PlainfieldL'intrigue va alors daigner revenir à son personnage principal pour nous faire découvrir ses activités de détrousseur de cadavres en compagnie de Jack, un homme difforme dont il va devoir finir par se "séparer" dans le sang devant les réticences de ce dernier à continuer leur "travail", alors qu'ensuite il devra tuer le gardien du cimetière l'ayant pris en flagrant délit de transport de morceaux de corps humains, pour finalement laisser le réalisateur remonter quelque peu ( et vaguement) aux origines de sa folie, avec cette réalité vacillante pour Gein, au point d'avoir des hallucinations au cours desquelles sur mère va prendre la place d'une serveuse de bar, poussant Ed Gein à l'étrangler avant d'emmener son corps dans son établi où il va la découper en morceaux pour ce qui sera l'une des rares scènes sanglantes du métrage.

Ed Gein, the butcher of PlainfieldCette nouvelle disparition va inquiéter encore plus le shérif et ses lieutenants, dont bien entendu Mason qui va pousser à une grande prudence aussi sa mère que sa petite amie, ce qui n'empêchera pas celles-ci de se retrouver individuellement entre les mains de Gein lors du dernier acte complètement romancé du métrage, pour une série de rebondissements assez classiques et opportunistes dans leur approche pour bien sûr déboucher sur la découverte par la police de l'antre de l'assassin, et notamment de son "célèbre" costume fait de peau humaine, et enfin son arrestation mouvementée et se voulant grandiloquente sans y parvenir véritablement.

Ed Gein, the butcher of PlainfieldMais hélas, en dépit des possibilités offertes par le personnage central du film, celui-ci n'offrira qu'un bilan bien mitigé. Déjà, le fait de délaisser très régulièrement Ed Gein pour suivre ce policier sans faveur va faire trop souvent retomber la pression imposée par l'aura macabre entourant Gein pour nous faire suivre des situations bénignes. Ensuite, le choix de romancer complètement l'histoire réelle de l'assassin pour placer en victimes deux des proches du policier donnera alors l'impression d'assister à une fiction n'ayant plus aucun lien avec la vérité historique du personnage et surtout ces rebondissements, déroulés sur un rythme aménique, resteront prévisibles en plus de ne jamais innover. Et enfin, malgré quelques petits écarts gores, le métrage ne se penchera jamais sur les tendances perverses avérées d'Ed Gein, en délaissant ses penchants nécrophiles et ses diverses activités macabres pour seulement retenir cette utilisation détournée de la peau humaine, et encore cela sera bien vite expédié, lors de l'exploration de la maison de Gein par la police qui elle aussi sera décevante en ne nous montrant aucun détail morbide pour uniquement s'arrêter à ce costume en peau humaine.

Ed Gein, the butcher of PlainfieldMais heureusement le film possède aussi quelques qualités, et la principale résidera dans la présentation d'Ed Gein qui, si elle ne collera pas du tout avec l'apparence réelle de l'homme plutôt chétive alors qu'ici le personnage est largement imposant, amènera un charisme évident et arrivera à nous faire partager les troubles intérieurs qui tourmentait l'individu et de ce fait l'interprétation de Kane Hodder (surtout connu pour avoir endossé à quatre reprises le rôle de Jason Voorhees) sera véritablement convaincante. Mais le métrage arrivera quand même sporadiquement à se montrer efficace dans les rares scènes avançant Ed Gein dans son rôle de prédateur pour facilement générer une tension assez bien maîtrisée, mais découlant toujours du charisme du personnage principal.

Ed Gein, the butcher of PlainfieldL'interprétation est au final mitigée, car si Kane Hodder assure dans le rôle titre, on ne pourra pas en dire autant de Shawn Hoffman transparent dans le rôle du jeune policier, tout comme la toute mignonne Adrienne Frantz jouant sa petite amie, et ainsi, il faudra compter sur les seconds rôles pour assurer un peu de crédibilité au métrage, tandis que le toujours imposant Michael Berryman viendra faire un petit caméo le temps de se faire tuer par Ed Gein. La mise en scène est terriblement basique pour ne jamais chercher à innover et surtout le réalisateur ne parviendra pas à faire décoller le rythme du métrage qui restera trop languissant et mou pour suivre les différentes situations du métrage. Les effets spéciaux sanglants seront bien rares mais apporteront un graphisme volontaire et réaliste à l'ensemble pour quelques plans bien méchants (la fracture ouverte à la jambe tripotée par Ed Gein).

Donc, ce Ed Gein, the butcher of Plainfield ne s'imposait pas vraiment et laissera invariablement son spectateur sur sa faim en n'étant pas assez offensif ni rythmé !

Ed Gein, the butcher of PlainfieldLe DVD de zone 1 édité par Lionsgate avancera une image ayant tendance à être granuleuse tout en perdant quelques rares détails lors des séquences se déroulant dans la pénombre, tandis que la bande-son est juste cohérente, avec une partition musicale trop timide, le métrage étant ici proposé dans sa version anglaise avec uniquement des sous-titres espagnols optionnels.
Au niveau des bonus, on pourra suivre quelques scènes coupées (ayant le mérite d'avancer une séquence sanglante un peu plus graphique que dans le montage final, tandis que les autres seront des scènes de dialogues fastidieuses), une courte galerie de photos et quelques bandes-annonces d'autres titres de l'éditeur.

Pour ceux qui voudraient quand même découvrir cette version romancée de la vie du célèbre serial-killer, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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02.12.08

08:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Wrestlemaniac

C’est en allant directement à l’essentiel que ce Wrestlemaniac va verser dans le "slasher" bourrin, sexy et avançant un meurtrier original, tout en étant hélas quelque peu handicapé par des personnages mongoloïdes.
Le script va confronter l'équipe du tournage d'un film érotique amateur à un catcheur psychopathe surpuissant qui va s'acharner sur le petit groupe.

WrestlemaniacAprès une très courte séquence d'introduction voyant une demoiselle ensanglantée sortir en hurlant d'une église mexicaine, le métrage va tout de suite nous présenter ses principaux personnages, un petit groupe circulant à bord d'un van sur les routes désertes du désert mexicain, avec au volant Alphonse, l'initiateur du film érotique qu'ils doivent aller tourner à Cabo San Lucas, une ville côtière du Mexique, tandis qu'à l'arrière seront installés deux bimbos, Dallas et Debbie, accompagnée par Jimbo et Steve, le seul à être d'origine mexicaine, tandis qu'au sol dormira la frêle Daisy cuvant l'alcool ingurgité précédemment. Le métrage ne s'attardera pas sur cette présentation, laissant juste le temps aux protagonistes de balancer quelques blagues pas forcément drôles et de montrer une certaine insouciance lorsqu'ils vont se rendre compte qu'ils sont perdus.

WrestlemaniacRespectant les codes du genre le métrage va faire s'arrêter le petit groupe à une station essence délabrée tenue par un être au faciès inquiétant, mais grand fan de catch (tout comme Steve) qui va plus ou moins leur indiquer leur chemin tout en les mettant en garde sur la proximité de la ville fantôme de "La Sangre de Dios", connue pour être l'endroit où fût déposé le corps d'El Mascarado, le plus grand catcheur mexicain devenu fou et aux origines étranges, puisqu'il est sorti de nulle part peu après la disparition de trois catcheurs célèbres, laissant ainsi penser qu'il aurait pu être le fruit d'une expérience gouvernementale visant à créer le catcheur parfait.

WrestlemaniacLa présence d'une menace ainsi décryptée, l'intrigue va pouvoir faire repartir ses personnages qui vont bien entendu tomber en panne suite à une collision avec un rocher placé en pleine milieu de la route, juste aux abords de "La Sangre de Dios". Mais cela ne semblera pas gêner Alphonse qui va pénétrer dans la ville fantôme et décider de tourner quelques scènes de son film érotique sur place. Le réalisateur, déjà fortement intéressé par l'anatomie de ses protagonistes féminins va pourvoir alors placer une scène torride bien stupide et volontairement pleine de clichés au cours de laquelle Alphonse va se trémousser avec ses trois partenaires féminines, mais tout en n'allant pas bien loin dans l'érotisme, jusqu'à ce que Daisy, prise de haut-le-cœur, ne sortent du bâtiment théâtre de la scène et se décide à prendre l'air dans la prairie environnante.

WrestlemaniacBien sûr, l'assassin va alors faire son apparition, mais sans que le réalisateur ne nous laisse le loisir de l'admirer, laissant planer un petit mystère sur sa personne, surtout que peu après ce sera au tour de Jimbo d'être attaqué sans que le meurtrier rentre vraiment dans la champ de la caméra. Ensuite l'intrigue va se montrer plus dynamique pour lancer son jeu de chat et de la souris à la nuit tombée et les survivants, de moins en moins nombreux, vont devoir affronter ce fameux El Mascarado, dont la particularité est d'arracher la peau du visage de ses adversaires une fois ceux-ci au sol, reproduisant ainsi une coutume de l'univers du catch mexicain, ou une fois battu le vaincu voyait son masque enlevé par le gagnant, sauf qu'ici ne portant pas de masque, ce sera le peau qui sera décollée.

WrestlemaniacSi la première partie du film sera assez navrante en véhiculant un humour au ras des pâquerettes personnifié par le personnage d'Alphonse, stupide au possible, pour laisser le métrage n'avancer que des situations classiques et sans grand intérêt (mis à part la scène bien trouvée au cours de laquelle le groupe va se rendre compte qu'il ne sont pas seuls) avec des meurtres définitivement softs, la seconde moitié du métrage sera bien plus performante pour suivre la partie de cache-cache qui va se jouer entre les quelques survivants et ce catcheur fou et imposant, tout en nous gratifiant de quelques idées originales ( le combat de catch dans l'antre du tueur) et en assurant le spectacle en étant régulièrement gore pour conclure des séquences parfois même assez stressantes (le minibus).

WrestlemaniacEn effet, le réalisateur ne lésinera donc pas finalement sur les plans sanglants volontaires et parfois même bien méchants (l'acharnement dont fera preuve le meurtrier sur Alphonse, en lui fracassant entre autres les dents contre le rebord d'une fenêtre, par exemple), tout en avançant ces arrachages de peau très graphiques qui seront visualisés sans concession lors de gros plans. Mais le métrage laissera aussi un suspense parfois bien présent s'exprimer pour mieux ensuite nous avoir avec des effets de surprise simples mais efficaces qui fonctionneront facilement, s'écartant ainsi de la prévisibilité ambiante, tout comme le sera également le final ouvert du film, rompant avec la "happy end" d'usage et en plaçant au passage un plan récurrent qui montrera une certaine finesse de l'auteur jusque là pas forcément évidente, surtout à la vue de ses personnages.

WrestlemaniacLe boogeyman du film sera bien entendu imposant, joué par une véritable star du catch mexicain, et avancera un certain charisme à l'écran, bien complété par la découverte de son antre aux murs ornés des visages de ses victimes, pour assurer lors de ses interventions une tension parfois palpable, ce qui contrastera de façon évidente avec le peu d'intérêt représenté par les autres protagonistes du film, tous aussi crétins et superficiels les uns que les autres, ce qui bien sûr ne facilitera une quelconque identification, peut-être en définitive même pas recherché par l'auteur à la vue du final, celui-ci voyant par contre dans ses interprètes féminines de quoi largement alimenter le film en plans sexys plus que réguliers puisqu'en effet, les cadrages au niveau du fessier des demoiselles seront nombreux et les situations s'arrangeront pour présenter ces dernières en tenues légères, nous laissant ainsi profiter amplement de leur anatomie généreuse, pour même imposer des positions équivoques lorsqu'il sera nécessaire de se cacher du tueur.

WrestlemaniacEt justement l'interprétation est ici juste cohérente, avec des acteurs en faisant quand même trop dans la première partie du film, mais cela s'arrangera par la suite pour un regain de crédibilité bienvenue, tandis que la mise en scène du réalisateur est dynamique pour ne laisser aucun temps mort venir nuire au rythme vif de l'ensemble, enjouée et utilises ses effets avec efficience pour que ceux-ci aient de la sorte un impact réel. Les effets spéciaux sanglants du film seront probants pour les diverses mutilations orchestrées par l'assassin et notamment ces décollements de visages très graphiques et volontaires.

Donc, ce Wrestlemaniac assurera un spectacle "fun" et bien décomplexé en dépit de ses petites faiblesses, pour un résultat qui s'oubliera certainement très vite mais fera sur le coup passer un bon moment par sa virulence assez sanglante et sa capacité à générer une certaine tension.

WrestlemaniacLe DVD de zone 2 anglais édité par Revolver Entertainment avancera une image claire et ne perdant aucun détail même lors des séquences se déroulant dans l'obscurité, tandis que la bande-son sera efficace mais quelque peu en retrait de l'action, pour un métrage ici présenté dans sa version originale anglaise, sans aucun sous-titre.
Au niveau des bonus, contrairement à son homologue sorti en zone 1 qui comportait un making-of, il faudra ici se contenter de quelques bandes-annonces d'autres titres de l'éditeur.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce catcheur psychopathe violent et sanglant, le DVD de zone 2 anglais est disponible ici ou !

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01.12.08

08:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

The return of the evil dead

Second volet de la tétralogie du réalisateur espagnol Amando De Ossorio dédiée aux templiers morts-vivants (et accessoirement aveugles), après Tombs of the blind dead, ce The return of the evil dead (sorti à l'époque chez nous sous le titre de Le retour des morts-vivants, prêtant ainsi parfois confusion avec le film homonyme de Dan O'Bannon de 1985) recyclera de manière plutôt convaincante les templiers maudits tout en étant presque audacieux pour l'époque (1973) au niveau de ses effets sanglants.
Le script va faire s'abattre sur un petit village une malédiction datant du quatorzième siècle lorsque des templiers voués au Mal furent brûlés vifs par des villageois en promettant de revenir se venger, ce qu'ils feront lors de la commémoration du 500ème anniversaire de cette événement.

The return of the evil deadDans sa séquence pré-générique le métrage va prendre place au quatorzième siècle pour justement suivre la mise à mort de ces templiers qui vont déclarer être immortels et promettre de revenir, poussant les villageois vindicatifs à leur brûler les yeux séparément avant de les livrer aux flammes, pour ne pas qu'ils retrouvent leur chemin lors d'un éventuel retour à la vie, donnant ainsi enfin au spectateur une autre explication sur la cécité des morts-vivants de la franchise espagnole lors d'une séquence assez volontaire et graphique emportée par un brin de sadisme avec ces brûlures aux yeux filmées en gros plan.

The return of the evil deadEnsuite l'intrigue va revenir de nos jours (enfin ceux de 1973), pour suivre la préparation de la commémoration de l'anniversaire de la fin du règne des templiers, pour rapidement suivre des habitants s'affairer sur la place du village, tandis qu'une demoiselle va sauver l'idiot du village harcelé par des enfants et que le maire, accompagné de son adjoint et de Vivian, sa jeune fiancée, va accueillir Jack, un ancien militaire reconverti en artificier venu préparer le feu d'artifice devant être tiré le soir même. Le courant semblera passer très vite et bien entre Vivian et Jack, ce qui s'avérera normal puisque la demoiselle a eu une aventure avec lui quelques temps auparavant, ce que nous découvrirons lorsque le couple va aller s'isoler dans les ruines de la forteresse des templiers pour batifoler, sous l'œil indiscret de notre idiot du village qui va se faire découvrir pour rappeler au couple la légende voulant que les templiers sortent de leurs tombes le soir même pour se venger des descendants de leurs bourreaux, laissant même au réalisateur l'opportunité de placer un second flash-back sadique montrant le sacrifice d'une demoiselle mutilée par les templiers pour lui extraire le cœur afin ensuite de le dévorer .

The return of the evil deadLe métrage ne perdra donc pas de temps dans sa mise en situation rapide ni dans sa présentation hâtive mais suffisante des personnages principaux pour ainsi pouvoir, grâce à un subterfuge bien trouvé dans l'enchaînement des situations, faire vite sortir de leurs tombes les templiers, pour une séquence s'inscrivant dans la lignée de celle du film précédent mais possédant le même charme gothique admirable allié à un sens du macabre évident, nous laissant de la sorte admirer à nouveau les templiers chevauchant au ralenti leurs montures fantomatiques pour l'une des scènes "obligatoires" de la franchise. Et bien entendu ceux-ci vont faire route vers le village où la fête bat son plein, mais prenant auparavant le temps de s'attaquer à une demoiselle profitant de l'absence de son père pour accueillir son amant qui sera la première victime des morts-vivants, laissant juste le temps à cette jeune femme de s'enfuir.

The return of the evil deadL'assaut du village sera bien entendu la scène forte du métrage et prendra bien le temps de suivre les attaques répétées des templiers contre des villageois d'abord surpris et tentant de s'enfuir sous les coups d'épée répétés, pour ensuite voir un semblant de résistance s'organiser autour de Jack qui, avec d'autres, va tenter de repousser les assaillants, mais sans succès et ainsi, ils ne seront qu'un petit groupe à pouvoir s'enfermer dans l'église du village, lançant donc un huit-clos qui occupera le restant du film pour des rebondissements réguliers jusqu'au final quelque peu raté en étant bien trop facile pour ne guère donner d'explication.

The return of the evil deadSimple sans être simpliste l'intrigue, qui ne sera aucunement une suite mais plutôt un autre développement autour du "mythe" crée précédemment tout en le bouleversant quelque peu (la périodicité du réveil des templiers et la nécessité d'une aide humaine) va se concentrer sur cette attaque des templiers contre ce village (sans partir dans des sous-intrigues tortueuses comme le métrage précédent) en avançant un nombre restreints de protagonistes principaux qui auront ainsi le temps de s'exprimer au fil des situations, laissant par exemple la veulerie mesquine du maire apparaître clairement notamment lors d'un mensonge ignoble qu'il va proférer pour espérer pouvoir sortir de l'église en échappant aux templiers, et laissant autour du personnage de Vivian, seul élément féminin existant réellement dans le film, s'exprimer les convoitises masculines débouchant sur des actes de violence pas nécessairement gratuits.

The return of the evil deadLes templiers bénéficieront d'une présence à l'image quelque peu plus importante qu'auparavant, laissant leur beauté macabre et envoûtante planer sur le métrage tout en faisant preuve d'une violence hélas parfois maladroite et presque peu crédible en comparaison de leur lenteur à se mouvoir mais ils infligeront de nombreuses plaies à leurs victimes quand ce ne sera pas une décapitation sanglante qui viendra ôter la vie à un quidam se croyant tirer d'affaire. Ces morts-vivants seront donc toujours aussi graphiques avec leur faciès décharnés à moitié caché par leurs capuches et les séquences tournées au ralenti fonctionneront toujours autant, et c'est d'ailleurs évidemment ce qui fera le charme de la franchise.

The return of the evil deadL'interprétation est ici plutôt convaincante, même si le "héros" joué par Tony Kendall n'offrira pas le charisme adéquat, presque occulté par la présence de l'ignoble maire interprété par Fernando Sancho. La mise en scène d'Amando de Ossorio est plutôt efficace pour créer une ambiance macabre réelle, mais hélas l'impression de redite et de longueur se fera sentir lors de l'attaque massive des templiers. Les effets spéciaux sont assez réussis si on tient compte de l'âge du film et surprendront par leur volonté graphique généreuse.

Donc, ce The return of the evil dead offrira une variation appréciable au mythe des templiers aveugles, qui sera cruelle et parfois même sadique, tout en conservant l'envoûtement propre à ces morts-vivants décharnés.

The return of the evil deadLe DVD de zone 2 anglais édité par Anchor Bay avancera une image assez claire et en connaissant pas de défaut notable, tandis que la bande-son sera efficace grâce à une partition musicale adaptée et participant largement au climat envoûtant du métrage, celui-ci étant proposé en version espagnol avec des sous-titres anglais optionnels.
Au niveau des bonus, il faudra se contenter des deux imposantes galeries de photos du film et de diverses affiches et autres lobby cards, uniquement accompagnées par la bande-annonce du film et de celles des autres titres de la franchise.

Pour ceux qui voudraient suivre ce nouvel épisode de la sage des templiers morts-vivants, le DVD de zone 2 anglais est disponible ici ou dans le coffret comprenant l'intégralité de la franchise !

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28.11.08

08:05:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Hunger
Réalisateur : Steve McQueen
Avec : Michael Fassbender, Liam Cunningham...
Durée du film : 1h40
Date de sortie en salles : 26 novembre 2008

Par Nicofeel

Hunger


Réalisé par l'anglais Steve McQueen (un homonyme du célèbre acteur), Hunger a été présenté cette année à Cannes. Le cinéaste y a obtenu la Caméra d'Or du meilleur premier film. Bruno Dumont, le président du jury de la sélection de la Caméra d'Or, avait alors évoqué « la naissance d'un très grand metteur en scène, d'une grande puissance ».
Bruno Dumont ne s'est pas trompé. Hunger est un film brillamment mis en scène et qui se révèle particulièrement marquant.
Se basant sur des faits réels, Hunger raconte les conditions de détention de membres de l'IRA, dans la prison de Maze en Irlande du Nord, en 1981. Le récit se focalise sur la personne de Bobby Sands, républicain à qui on refusait le statut de prisonnier politique. Le film raconte ses conditions de vie en prison. Et sur ce plan le film est vraiment très cru. On nous montre des hommes qui sont traités comme des bêtes. Hunger ne peut que révolter le spectateur devant tant d'inhumanité.
On voit ces hommes qui sont en prison qui refusent de porter des habits de prisonniers et qui se retrouvent nus avec comme seul moyen de se protéger du froid (le film se déroule en hiver, avec de la neige visible pendant les rares moments où l'on voit l'extérieur de la prison) une unique couverture. Les cellules de ces prisons sont encore plus révoltantes. Elle sont petites et particulièrement dégouttantes. On demeure circonspect de voir que ces hommes emprisonnés doivent faire leurs peines, qui vont de 6 à 12 ans (cas de Bobby Sands), dans ces cellules. En plus, niveau intimité, c'est plus que limité, avec chaque cellule qui est habitée par deux personnes.
Dans ces conditions, la notion de respect de l'homme est bien loin d'être présente. Où sont les droits de l'homme dans tout ça ? Ils sont tout simplement baffoués comme le prouvent les moments où les prisonniers sont tabassés par les gardiens ou le moment où ils sont forcés de prendre un bain, lequel bain donne l'impression que l'on lave non pas des hommes mais des animaux.
Le film de Steve McQueen a évidemment une connotation politique. Si le personnage de Margareth Thatcher n'apparaît jamais à l'écran, en revanche on entend sa voix à deux reprises qui évoque son intransigeance. Le premier Ministre britannique ne souhaite pas accéder à la seule chose qui reste à ces hommes, c'est-à-dire leurs idéaux. Madame Thatcher ne veut pas reconnaître à ces hommes le statut de prisonniers politiques. Or, qu'ont fait de mal ces hommes ? Il n'est nullement prouvé qu'ils se soient livrés personnellement à des meurtres ou à des actes de terrorisme.
Surtout, au-delà de ces considérations politiques, le film Hunger pose des questions en terme de morale. Ainsi, dès le début du film, Steve McQueen filme de manière quasi clinique un surveillant de prison depuis son réveil le matin chez lui jusqu'à son entrée en fonction à la prison. Comme on le verra plus tard dans le film, cet homme agit comme une brute, n'hésitant pas à tabasser des prisonniers, notamment pour leur couper les cheveux. On comprendra dès lors la vie morne, déshumanisée et les remords de cet homme qui se blesse continuellement aux mains pour se calmer. Il se condamne lui-même d'une certaine façon.


La notion de morale est également présente lorsque l'on voit à un moment des policiers arriver en renfort dans la prison et qui se mettent à tapper sur des prisonniers. Le cadrage de Steve McQueen est bien réalisé puisque dans la même scène, on a l'impression que l'écran est coupée en deux (split-screen) avec d'un côté des policiers brutaux et de l'autre ce jeune policier qui a mis peu de temps pour perdre ses idéaux et qui se met à pleurer devant tant d'injustice. Car comment servir l'ordre et la justice lorsqu'on donne aux policiers des ordres injustes ? Surtout, comment ces personnes peuvent accepter sans broncher de commettre des actes indignes ?
Le réalisateur Steve McQueen offre un film sans concession où il pointe du doigt les comportements inadmissibles de ces policiers. Mais il n'en fait pas un cas général, comme l'idée de montrer ce jeune policier qui refuse d'entrer dans un tel système.
Mais la force du film n'en reste pas là. Dans toute sa deuxième partie, on va avoir droit aux derniers jours de Bobby Sands qui a décidé, avec près de 75 autres prisonniers, de débuter une grève de la faim, tant qu'on ne leur aura pas reconnu le statut de prisonniers politiques. Cette grève a comme originalité de débuter avec une personne et d'être suivie par une autre personne 15 jours plus tard. Ainsi, la grève peut durer des mois avec la survenance progressive de morts pour tenter d'infléchir la position du gouvernement britannique. C'est Bobby Sands qui explique cette manière d'agir dans le film à un prêtre dans un entretien très marquant où toutes les motivations de cet homme sont clairement évoquées. Dans cet entretien qui prend des allures de discours funèbre, les notion de morale, de suicide, de choix, d'idéal, sont mises en avant. Le personnage de Bobby Sands acquiert un statut quasi christique. D'ailleurs, la suite du film, qui montre sa grève de la faim, tend à étayer cette idée. Ainsi, on assiste aux 66 jours de grève de la faim de Bobby Sands. Le cinéaste Steve McQueen filme la lente agonie de Bobby Sands qui se caractérise par une perte de poids très importante, par une fatigue excessive, par une perte progressive de l'usage des sens, par la survenance d'horribles blessures sur tout le corps. Bobby Sands terminera d'ailleurs ses derniers jours dans un lit avec des docteurs qui se relaient jour et nuit pour l'assister dans son quotidien. On ne pourra que saluer l'incroyable performance d'acteur de Michael Fassbender (vu récemment dans le marquant Eden lake) qui a dû faire un sacré travail sur le plan physique, quand on voit la dégénérescence physique du personnage qu'il interprète à l'écran.

Hunger

Pour terminer, saluons également le fait que Steve McQueen n'omet pas dans son film de signaler que ces grèves de la faim, qui vont s'achever pour certaines par des morts, ont des répercussions autres que politiques. En effet, à plusieurs reprises, les prisonniers sont visités. Ils ont chacun une famille ou des amis qui pensent à eux. Leurs conditions de détention, leurs choix de faire cette grève de la faim sont donc d'autant plus des crèves-coeur.
Au final, Hunger de Steve McQueen est un film difficilement supportable par ce qu'il montre à l'écran mais il s'agit d'une oeuvre brillante à tous points de vue.

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08:00:00, Catégories: Nouveautés  

par Ivenpast

Dvdpascher étant le site des bonnes affaires, il est difficile de ne pas partager cette offre promotionnelle incroyable. Les fans de mangas type Cowboy Bebop ou Trigun savent que jusqu’à maintenant, pour acquérir leur série fétiche en coffret VF / VOST , il faut généralement débourser entre 40 et 80€.

Manga Distribution va, pour compenser ces prix complètement borderlines, proposer pour la mi décembre une nouvelle collection chez votre marchand de journeaux.

Chaque série se verra disponible à l’achat pour le prix unique de 19.99€ . A raison d’un coffret par mois, que ce soit dans la série « Gold » ou la série « Nostalgie » , force est de reconnaître qu’avoir l’intégrale d’Evangelion ou de Hellsing pour ce prix est plus que raisonnable.

Plus fort encore, si vous souscrivez à l’abonnement en ligne, vous recevrez chez vous directement chaque coffret au prix de 16.95€ port inclus ! Les deux collections font chacune 33 coffrets ce qui reste faisable pour n’importe quel budget. Pour les plus curieux, voici les listes complètes des deux collections (je cite le site) :

Collection Nostalgie

Collection Nostalgie

« Ranma ½ », « Théo ou la Batte de la victoire », « Rémi sans Famille », San Ku Kaï », « BT’X », « Albator 84 », « Creamy », « Jeanne et Serge », « Emi Magique », Cynthia, Laura, Sharivan, Judo Boy, Geogie, Sakura, Lamu.

Pour les autres titres, nous envisageons : « Bioman », « Tom Sawyer », « Max & Compagnie », « L’Empire des Cinq », « Shurato », « Gigi », « Vanessa », « Susy aux fleurs Magiques ».

Collection Gold

Collection Gold

« N° 1 Cowboy Bebop», « N° 2 Gungrave + Paranoia Agent», « N° 3 Rahxephon», « N° 4 Samuraï Shamploo», « N° 5 Escaflowne », « N° 6 Evangelion», « N° 7 Trigun », « N° 8 Yu Yu Hakusho vol 1 », « N° 9 Hunter X Hunter vol 1», « N° 10 Ergo Proxy », « N° 11 Yu Yu Hakusho vol 2 », « N° 12 Hunter X Hunter vol 2», « N° 13 Yu Yu Hakusho vol 3 », « N° 14 Noir », « N° 15 Kenshin vol 1 + Soul Traker», « N° 16 Surprise ***** vol 1», N° 17 Kenshin vol 2 », « N° 18 Berserk », « N° 19 Excel Saga », « N° 20 Surprise*****vol 2 », « N° 21 Kenshin vol 3 », « N° 22 Gunsword », « N° 23 Shana », « N° 24 Entre elle & lui », « N° 25 Fushigi Yugi vol 1 », « N° 26 Surprise**** », « N° 27 Captain Herlock », « N° 28 Hellsing », « N° 29 Ailes Grises », « N° 30 Fushigi Yugi vol 2 », « N° 31 Surprise **** ».

Pour ceux qui resteraient dubitatifs, je vous invite à regarder les tarifs pour les séries en question vendues à l’unité, rondelle par rondelle…. Un bon plan à priori, confirmé par le sérieux de manga Distribution.

Enfin, voici le lien :

http://www.declic-collection.fr/declic_collection_v2/index.php?script=accueil

Les tops sérigraphies et packagings devraient fuser dans les mois à venir !

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27.11.08

08:00:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

La "Troma", c'est cette société de production et de distribution de films à petits budgets largement orientés horreur et érotisme, le tout bien souvent secondé par un humour terriblement premier degré débile mais complètement assumé. La "Troma" et son président, le déjanté Lloyd Kaufman, nous ont au fil des années régulièrement gratifiés de film "cultes", comme le véritable étendard de la firme, le Toxic avenger.

Toxic avenger

Jusqu'en 2003, les titres de la "Troma" n'étaient quasiment pas disponible chez nous en DVD, et il fallut compter sur L.C.J. Editions et Sony Music Video qui lancèrent conjointement une collection d'œuvres produites ou uniquement distribuées par Lloyd Kaufman et ses amis, dont les principaux titres de gloire que sont Tromeo & Juliet, la série des Toxic avenger et autres Sgt Kabukiman N.Y.P.D.. Mais au fil du temps, ces éditions sont devenues quasiment introuvables, même si elles continuent d'apparaître sur les catalogues de certains sites de vente.

Sgt Kabukiman

Et donc, parmi les bonnes nouvelles de cette fin d'année, une réédition d'une partie de ces titres, sous l'impulsion de L.C.J. Editions, avec une première salve prévue pour le 1er décembre, comprenant de purs produits "Troma" mais également des films uniquement distribués par la firme.

Monster in the closet

C'est ainsi que nous allons pouvoir (re) découvrir le terrible Combat shock et son vétéran du Vietnam perdant complètement pied avec la réalité jusqu'à sombrer dans une folie homicide, pour un film qui détonera dans le catalogue de la "Troma" en étant sombre et nihiliste. Et comme autres titres qui ne sont que distribués par la "Troma" et dans un style bien plus léger, l'excellent Cannibal ! The musical de Trey Parker, le fondateur de "South park" viendra suivre les aventures du premier cannibale américain, entre comédie musicale délirante et gore jouissif, tandis que Monster in the closet nous conviera à un autre délire mémorable avec ce monstre investissant les placards, et The G.I. executioner, film assez obscur de Joël M. Reed datant de 1975.

Cannibal the musical

Parmi les purs produits "Troma", Mother's day réalisé par le frère de Lloyd Kaufman fera quelque peu bande à part en appartenant au genre "rape and revenge" sadique et cruel, mais teinté d'un humour noir ayant plutôt tendance à mettre mal à l'aise. Car en effet, les autres titres bénéficiant d'une réédition véhiculeront tous l'esprit "Troma", que ce soit Troma's war et son groupe de rescapés d'un accident d'avion luttant contre un groupuscule terroriste dans un délire total, le second et le troisième volet de la saga des Class of nuke'em high, films de campus déjantés et festifs, ou encore les amusants The first turn-on que l'on pourra considérer comme l'ancêtre des American pie et When nature calls et son retour à la nature farfelu, sans oublier Vegas in space et son délire grotesque définitivement assumé. Enfin, si le "Toxic avenger" sera le grand absent de cette vague de rééditions, nous pourrons retrouver son compère justicier le Sgt Kabukiman N.Y.P.D. dans des aventures forcément décapantes.

Mother's day

Donc, tout en souhaitant que L.C.J. Editions continue sur sa lancée pour nous proposer des rééditions des autres titres de la collection dédiée à la "Troma", on aura largement avec cette première salve de quoi combler nos envies de folie burlesque, parfois saignante ou sexy !

Troma

Sgt Kabukiman N.Y.P.D.

Sgt Kabukiman N.Y.P.D.
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Combat shock

Combat shock
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Cannibal ! : The musical

Cannibal ! : The musical
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Troma's war

Troma's war
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Class of nuke'em high 2

Class of nuke'em high 2
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Class of nuke'em high 3

Class of nuke'em high 3
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The first turn-on

The first turn-on
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The G.I. executioner

The G.I. executioner
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Mother's day (1980) - Edition 2008

Mother's day (1980) - Edition 2008
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When nature calls

When nature calls
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Vegas in space

Vegas in space
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Monster in the closet

Monster in the closet
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26.11.08

08:05:00, Catégories: Nouveautés  

L’année 2009 sera Gotham ou ne sera pas. Il y a quelques jours déjà, nous vous annoncions la sortie prochaine de Batman : Mask of the Phantasm et de Batman Beyond : saison 1, ce qui restait déjà en soi deux excellentes nouvelles pour les fans de Caped Crusader. Mais la Warner ne compte pas s’arrêter en si bon chemin et sort enfin dans nos contrées le coffret de l’intégrale des Anges de la Nuit (Birds of Prey pour la version originale) dès le 3 décembre 2008.

Anges de la Nuit

Cette série plutôt méconnue chez nous car sous médiatisée par rapport à un Smallville et même à une série déjà morte sur Dick Grayson se propose de présenter en une douzaine d’épisodes une variation possible de l’Univers de Batman en réussissant le tour de force d’être passionnante sans pour autant mettre ce dernier en scène. Se basant sur un comic book d’Alan Moore, la série s’ouvre sur l’une des dernières frasques du Joker qui cloue littéralement au sol Barbara Gordon, l’obligeant de fait à renoncer à sa carrière de batgirl pour devenir Oracle. Dans le même temps, Catwoman est tuée et laisse derrière elle sa fille , fruit de ses amours avec Bruce Wayne.

Face à cette hécatombe, celui-ci part sans laisser d’adresse tandis qu’Alfred reste au service de Barbara dans une tour de guet improvisée tandis qu’Helena qui a bien grandi entame une carrière de justicière. Arrive alors un flic moins corrompu que les autres et une nouvelle fille douée de pouvoirs télékinésiques (entre autre) ….

Lorgnant tout à la fois du côté de sa propre écurie (DC) et sur celle de la concurrence (Marvel) , nonobstant un petit coup d’œil sur ce qui se faisait à la télévision alors (Dark Angel, Mutant X et j’en passe) , Birds of prey parvient à se créer une identité propre, à grand renfort de méta humains du jour (c’est ainsi que la série appelle les personnages à pouvoirs ) tout en proposant des personnages attachants et assez fouillés psychologiquement parlant. A tout ceci, il reste légitime d’ajouter un traitement des décors assez respectueux du style mis en place par Tim Burton au cinéma et un fil rouge magnifique effectuant une continuité sans borne avec le Diniverse, puisque la bad guy de la série est Harley Quinn Herself, et que cette dernière , sans le garde fou qu’était le Joker, démontre une envie certaine de faire de Gotham son univers.

Cette série donc mérite d’être redécouverte , sans compter un casting juste tant au niveau des acteurs que des personnages fictifs (Clayface étant lui-même de la partie dans un épisode charnière).

Si la Warner continue sur cette voie, les mois à venir vont être riches en surprise. Peut être auront nous alors droit à l’édition deluxe de The Dark Knight et pourquoi pas même à des sorties Z2 de Superman Doomsday, Batman Gotham Knight, Justice league the new Frontier et pourquoi pas même Wonder Woman ? Wait and see….

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08:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Catacombs

C'est uniquement du côté de ses décors qu'il faudra espérer trouver une quelconque originalité dans ce Catacombs à l'intrigue simpliste et encore mis à mal par une réalisation régulièrement irritante.
Le script envoie dans les catacombes parisiennes deux sœurs américaines se rendant à une "rave party" sans se douter qu'un assassin arpente les lieux.

CatacombsAprès un petit texte nous informant de l'histoire des catacombes situées sous Paris, le métrage va avancer un générique mêlant des images d'une "rave party" à celles d'une jeune femme courant dans les tunnels et poursuivie par un mystérieux individu qui aura raison d'elle, pour une mise en condition plutôt réussie, avant que le métrage ne nous présente son personnage principal, Victoria, une jeune américaine débarquant à Paris suite à l'invitation de Carolyn, sa sœur déjà sur place. Passée une petite halte à la douane qui sera caricaturale sur l'état d'esprit des douaniers français inquisiteurs se gaussant en outre sans raison de l'héroïne, Victoria va donc retrouver sa sœur et se rendre avec elle en taxi jusqu'à son appartement, laissant alors les deux réalisateurs nous gratifier de quelques vues typiques de Paris, avant de plonger les deux sœurs dans l'immeuble sordide où habite Carolyn, celle-ci s'amusant même à raconter une histoire de serial-killer ayant vécu sur place pour effrayer Victoria et permettant aux auteurs de visualiser les fruits de l'imagination de Victoria pour quelques petits plans sanglants de bonne augure.

CatacombsMais après un effet de surprise navrant de bêtise introduisant les amis de Carolyn, les deux sœurs vont aller faire du shopping dans Paris, laissant encore un aspect "carte postale" accaparer le métrage quelques temps, avant que nos héroïnes se rendent à une soirée techno clandestine donnée dans les catacombes parisiennes que nous aurons le loisir de suivre quelques instants au cours de plans saccadés irritants et stéréotypés avançant des individus farfelus jusqu'à ce que Victoria, Carolyn et leurs amis choisissent de s'isoler un peu pour boire un verre, laissant Jean-Michel, l'organisateur de la soirée, raconter à Victoria une légende concernant un enfant élevé dans les catacombes par des satanistes et errant depuis dans les tunnels à la recherche de victimes, histoire que nous visualiserons par de courts plans syncopés assez graphiques.

CatacombsPuis le petit groupe va décider d'aller se baigner laissant seule Victoria sur la berge et après quelques moqueries, celle-ci va décider d'aller rejoindre la "party" accompagnée par sa sœur, pour tomber dans les griffes d'un meurtrier coiffé d'un masque de bouc qui va tuer Carolyn et poursuivre Victoria dans les multiples couloirs des catacombes. Véritablement lancée, l'intrigue ne va pas pour autant laisser seule Victoria bien longtemps puisqu'elle va réussir à rejoindre la "rave party" bientôt précocement achevée par l'arrivée en nombre de la police, renvoyant ainsi Victoria avec la foule dans les tunnels où, dans sa fuite, elle va se cogner la tête pour se réveiller désespérément seule et complètement perdue, mais pour combien de temps ?

CatacombsA partir de ce postulat de base intéressant, les deux réalisateurs ne vont hélas développer que des situations communes et donnant très vite l'impression de tourner en rond pour suivre caméra à l'épaule d'abord la fuite de Victoria puis son errance dans les tunnels qu'une rencontre fortuite ne rendra guère plus motivante en ne proposant que des situations classiques, prévisibles et sommaires pour gentiment nous amener à un premier twist facilement anticipable que viendra compenser quelque peu un final plus méchant et enfin quelque peu saignant puisque passés les petits coups d'éclats de la première partie le métrage demeurera désespérément sage au niveau gore.

CatacombsHeureusement les décors magnifiques de ces catacombes aux murs ornés de crânes humains viendront donner au film un petit côté macabre appréciable, tout en laissant sporadiquement une atmosphère claustrophobe s'installer et qui viendra s'ajouter à la barrière de la langue qui isolera dès le départ de manière avérée et parfaitement retranscrite Victoria des autres protagonistes. Dans ce contexte l'assassin du film n'aura qu'une toute petite présence à l'écran, ce qui sera quand même dommage à la vue de son look performant et de ses cris rauques surpuissants, mais surtout il ne fera pas beaucoup de victimes (deux...), handicapant d'entrée le métrage au niveau plans sanglants.

CatacombsLes personnages seront ici plutôt transparents, à l'exception de Victoria dont la personnalité largement à l'opposé de celle de sa sœur sera mise en avant avec en toile de fond un caractère introverti couplé à une névrose jamais clairement annoncé et juste sous-entendue par ces nombreuses pilules contenues dans son sac de voyage inspecté par les douaniers. De ce fait, l'interprétation ne brillera pas par son charisme, et aussi bien Alecia Moore (connue comme chanteuse sous son nom de scène Pink) que les autres acteurs seront bien fades laissant seule Shannyn Sossamon (déjà vue dans Le purificateur et bientôt à l'affiche du remake One missed call d'Eric Valette) dans le rôle de Victoria paraître réellement impliquée.

CatacombsLa mise en scène du duo de réalisateurs est mitigée, parfois plutôt convaincante pour suivre les déboires de Victoria en utilisant des effets classiques mais toujours efficaces (l'écran noir et les éclairages alternatifs) et un rythme vif bien maîtrisé pour alimenter le petit suspense qui accompagnera ces séquences mais la réalisation sera aussi régulièrement trop hachée et épileptique, notamment pour les plans suivant la "rave party" qui finiront pas donner mal au crâne et à faire mal aux yeux avec ces éclairages agressifs insistants. Les quelques petits effets spéciaux sanglants du métrage sembleront probants dans la mesure où la caméra ne s'attardera pas dessus pour clairement paraître trop soft à ce niveau-là.

Donc, ce Catacombs ne fera pas date dans le genre et relèvera même du gâchis à la vue des possibilités offertes par des décors somptueux et une intrigue qui aurait largement pu s'ouvrir vers d'autres directions moins conventionnelles et rabâchées.

CatacombsLe DVD de zone 2 anglais édité par Lions gate UK bénéficiera d'une image nette et ne connaissant pas de défaut notables, tandis que la bande-son sera efficace en étant adaptée et dynamique tout en sachant se montrer discrètes lors de certains temps forts du métrage, le métrage étant ici proposé en version anglais avec des sous-titres anglais optionnels.
Par contre, au niveau des bonus il faudra se contenter de quelques bandes-annonces d'autres titres de l'éditeur (Saw 3 bien évidemment mais aussi celle du Fragile de Jaume Balaguero).

Pour ceux qui voudraient se plonger dans les catacombes parisiennes en compagnie de l'héroïne, le DVD de zone 2 anglais est disponible ici ou !

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25.11.08

08:05:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Satan's blood

Nous venant d’une Espagne se libéralisant fortement après la fin du franquisme à la fin des années soixante-dix, ce Satan’s blood mettra surtout en avant l’aspect érotique de son intrigue satanisme parfois confuse mais riche en séquences osées et en références démoniaques.
Le script va placer entre les griffes de deux satanistes un couple qu’ils vont inviter dans leur demeure isolée dans le but caché de les initier à leurs messes noires orgiaques.

Satan's bloodAprès un petit monologue d’un spécialiste de l’occulte sur la véracité de l’existence du Mal mise en corrélation avec celle du Bien, le métrage va avancer une séquence pré-générique forte et déjà sensuelle pour suivre une demoiselle se faire violer par un prêtre sataniste sous le regard de ses disciples avant que ce dernier ne sorte un couteau, pour nous laisser uniquement deviner ses intentions puisque cette scène s’arrêtera là. Ensuite, le métrage va nous présenter ses deux personnages principaux, Andy et Anna, un couple en week-end s’ennuyant raisonnablement en n’arrivant pas à joindre le moindre de leurs amis pour finalement décider d’aller faire un tour dans un parc avec leur berger allemand ainsi qu’une ballade en ville.

Satan's bloodCe sera au retour de cette promenade, arrêtés à un feu rouge, qu’ils vont être harangué par le couple occupant la voiture à côté de la leur et surtout par un certain Bruno qui semblera connaître Andy puisqu’il affirmera avoir été au collège avec lui et s’empressera d’inviter Anna et Andy à venir boire un verre chez eux. Après un trajet qui semblera interminable, les deux voitures vont quitter la ville pour prendre une toute petite route de campagne qui débouchera sur la villa isolée de Bruno et de sa compagne Berta. D’entrée, le métrage rendra cette rencontre "fortuite" bizarre en plaçant différents petits indices étranges qui pourtant ne viendront pas perturber plus que cela Andy et Anna, même quand ils verront leur adresse écrite derrière une vieille photo de classe montrée par Bruno.

Satan's bloodMais auparavant l'intrigue aura pris soin de placer les personnages dans cette demeure perdue au milieu de nulle part et avançant un air sinistre avéré, surtout que l'intérieur sera riche en symboles d'origine sataniste que les invités ne sembleront pas remarquer et en tout cas cela ne les gênera pas, Anna trouvant même amusant un livre décrivant photos à l'appui des rites démoniaques. Et rapidement la conversation dévira vers le surnaturel et Berta proposera un petite séance de ouija qui offrira au métrage une séquence certes troublante mais languissante jusqu'à devenir quelque peu fastidieuse (surtout que les questions posées à l'esprit présent seront quand même largement saugrenues), qui clôturera la soirée, Anna et Andy ne pouvant pas rentrer chez eux avec l'orage grondant au dehors de peur de se perdre.

Satan's bloodAprès une autre petite scène érotique dans la salle de bains, Andy et Anna vont donc se coucher mais Anna, réveillée par les aboiements de son chien venant de l'extérieur, va se relever et arpenter la demeure pour finalement être agressée par un inconnu déjà vu plusieurs fois dans la maison sans que l'on sache qui il peut bien être qui va tenter de la violer mais Anna réussira à s'enfuir et à rejoindre Andy. Le couple désireux d'avoir des explications va quitter sa chambre à la recherche de bruno et de Berta pour tomber sur eux en pleine messe noire sexuel et, envoûtés, ils vont y participer pour ce qui sera La séquence du métrage.

Satan's bloodEn effet, le réalisateur va nous offrir une longue séquence érotique où les corps huilés des quatre personnages vont se mêler dans tous les sens pour une orgie des sens volontaire et presque même provocatrice avec ses références religieuses fortes, tel ce tableau du Christ prenant feu, mettant ainsi en avant la présence silencieuse du Malin. Mais malgré le côté osé évident de cette séquence, le réalisateur parviendra à éviter de tomber dans le graveleux ou l'obscénité en avançant un esthétisme fort et troublant. Mais hélas, passé ce temps fort remarquable, le métrage sombrera dans la confusion pour laisser le piège se refermer sur Anna et Andy, au travers de situations souvent prévisibles (la voiture qui ne démarre pas, par exemple) et pas vraiment claires, notamment dans son dernier acte, largement influencé par le "Rosemary's baby" de Roman Polanski auquel le métrage se référera régulièrement, notamment en insistant sur le début de grossesse d'Anna, sans que cela ne vienne le moins du monde prendre part au déroulement propre de l'intrigue.

Satan's bloodPar contre, pour réussir à rentrer dans le film, il faudra que le spectateur accepte le rythme languissant imposé par le réalisateur qui s'attardera sur chaque des situations, parfois de manière justifiée pour laisser paraître la menace sourde qui pèsera sur Andy et sur Anna, mais hélas souvent aussi de façon pas franchement utile, comme le prouveront ces séquences de dialogue anodins qui parcourront le métrage, tout en n'évitant pas également une certaine redite dans les événements. Mais cela ne viendra pas occulter l'ambiance sinistre et parfois même malsaine qui accompagnera l'ensemble, portée par ces nombreux détails liés au Mal et au satanisme, et même si cela se fera dans un élan folklorique évident.

Satan's bloodL'interprétation sera ici plutôt cohérente, avec des acteurs concernés par leur rôle, tandis que la mise en scène du réalisateur confortera l'atmosphère étrange et sensuelle entourant le métrage, aussi bien pour affirmer les scènes érotiques régulières que pour respecter ses engagements sataniques débridés, tout en nous offrant quand même une dernière séquence bien sadique et violente mais qui ne viendra pas pour autant faire toute la lumière sur l'intention de la seconde moitié du film. Les quelques effets spéciaux sont plutôt rudimentaires mais feront leur petit effet (le corps déchiqueté dans le congélateur, par exemple).

Donc, ce Satan's blood pourra rebuter certains spectateurs par son faux rythme mais réussira invariablement à envoûter les autres par sa démence dans la perversion satanique !

Satan's bloodLe DVD de zone 0 édité par Mondo Macabro avancera une image plutôt nette et ne connaissant pas de défaut flagrants, tandis que la bande-son sera efficace, avec une partition musicale collant parfaitement à l'ambiance globale du film, le métrage étant ici proposé en version originale espagnole sous-titrée en anglais et en version anglaise.
Au niveau des bonus, on pourra lire un petit laïus sur la genèse du film et l'histoire du classement "S" en Espagne, plusieurs galeries de photos assez conséquentes, une séquence d'ouverture alternative, mais surtout un passionnant documentaire sur la relation entre la satanisme et le cinéma de genre, "The devil's disciples" donnant la parole à Gavin Baddeley, un érudit du satanisme.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette petite perle du cinéma érotico-fantastique espagnol, le DVD de zone 0 est disponible ici ou !

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08:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Happy hell night

Petit "slasher" oublié des années quatre-vingt-dix sans grande envergure, ce Happy hell night parviendra quand même à se montrer graphique et aura le mérite d'avancer un meurtrier (une sorte de goule) très visuel.
Le script confronte une bande de lycéens à un prêtre revenu d'entre les morts suite à un rituel effectué par les membres d'une confrérie estudiantine.

Happy hell nightCalibré, le métrage va suivre à la lettre les règles du genre pour d'abord avancer une séquence se voulant angoissante au cours de laquelle un infirmier d'un hôpital psychiatrique va montrer à l'une de ses collègues une ombre recluse dans une cellule depuis vingt-cinq ans, pour bien entendu effrayer cette demoiselle. Ensuite, l'intrigue fera un bond en arrière de vingt-cinq ans pour la traditionnel flash-back d'ouverture qui suivra un jeune homme ensanglanté allant réveiller un prêtre pour le conduire sur les lieux d'un carnage, un crypte où a eu lieu une sorte de bizutage qui a mal tourné et ramené d'entre les morts un autre prêtre Zachary Malius, qui se sera empressé de massacrer les jeunes présents, comme nous le montrera une caméra s'attardant sur les détails de ces corps en charpie.

Happy hell nightDe retour au présent, le métrage va nous présenter ses personnages, quelques lycéens préparant la fête d'Halloween au sein de leur confrérie estudiantine et notamment trois de ses membres, Sonny, Eric, le maître de la confrérie et Bara qui s'occupe de la télévision locale du campus. Cette mise en situation des personnages restera lourdingue et guère palpitante, notamment en avançant l'éternel triangle amoureux puisque Sonny va faire des galipettes avec Liz, la petite amie d'Eric qui va découvrir le pot aux roses. C'est dans ce contexte que la confrérie va avoir vent de la "légende" de Zachary Malius et Eric va envoyer Sonny et un novice prendre des photos de Malius à l'asile psychiatrique.

Happy hell nightL'expédition à l'asile va installer un petit suspense basique lorsque les deux jeunes vont tenter de s'y introduire sans se faire repérer avant de véritablement déclencher l'action puisque Malius, pourtant décrit auparavant comme quelqu'un n'ayant pas bougé ni mangé depuis vingt-cinq ans, va se mettre en mouvement et s'abattre sur les jeunes pour tuer le novice et ne laisser à Sonny que le temps de s'enfuir. La "résurrection" de Malius nous offrira une scène assez flippante dans sa mise en scène s'appuyant aussi bien sur les décors humides et glauques de sa cellule que sur un montage haché pour suivre ce personnage très graphique se lever de sa chaise poussiéreuse.

Happy hell nightEt bien entendu Malius va se diriger vers la fête donnée par la confrérie pour Halloween afin de décimer une partie du casting lors de quelques séquences de meurtres qui vont s'enchaîner sans aucun temps morts, directement les unes derrière les autres, nous gratifiant au passage de quelques effets sanglants rapides mais efficace puisque Malius maniera son petit piolet avec virtuosité. Cherchant à se donner un peu de profondeur, l'intrigue va alors mêler au débat un vieux prêtre, celui qui a découvert le massacre de l'introduction, et le père de Sonny, le seul rescapé de cette même introduction, permettant ainsi au métrage de mettre en avant le côté surnaturel de l'intrigue, notamment lors d'une séquence blasphématoire qui verra un Christ en plâtre prendre vie sur sa croix pour un effet surprenant et très réussi.

Happy hell nightLa dernière partie du film donnera lieu à une partie de cache-cache au siège de la confrérie, agrémenté d'un des personnages (Bara) qui suivra derrière les caméras de surveillance les déplacements du tueur pour en informer ses amis, pour utiliser les lieux communs du genre et même carrément repiquer à l'identique une des situations du Halloween de John Carpenter avec l'assassin qui, allongé au sol après un vol plané au travers d'une fenêtre du premier étage, aura disparu lorsque les personnages regarderont à nouveau par cette fenêtre. L'issue du métrage alimentera encore l'élément fantastique pour achever ce meurtrier lors d'un final prévisible mais plutôt volontaire (le meurtrier pris dans un piège n'hésitera pas par exemple à se couper un bras pour espérer s'en sortir) avant qu'un dernier clin d'œil amusant ne vienne présager l'éventualité d'une potentielle suite... qui ne viendra jamais !

Happy hell nightSi les différents personnages resteront désespérément superficiels et plutôt stéréotypés (seul ce Bara voyeur et amateur de films pornographiques sera un brin souriant, exposant ainsi quelque plans assez osés qui viendront s'ajouter à l'érotisme léger déjà présent dans le métrage), le boogeyman du film assurera à lui seul le spectacle en avançant une tronche pas possible, diabolique et très visuelle, alors qu'en plus il ponctuera chacun de ses crimes par une petite phrase sardonique ironique puisque se référant aux pêchés de l'église. Et donc on pourra regretter son peu de temps de présence à l'écran, essentiellement situé dans la seconde moitié du métrage.

Happy hell nightL'interprétation est cohérente mais sans aucun charisme autre que celui de Charles Cragin dans le rôle du tueur, tandis que la mise en scène du réalisateur (qui ne signera après ce film que le pas terrible Brainscan) est classique pour alimenter le suspense minime qui accompagnera le métrage et pour modérer ses petits effets de surprise incluant notamment de nombreux mannequins chauves ressemblant au tueur dans les arrières plans comme autant de fausses menaces. Les effets spéciaux seront globalement probants, pour des plans gores réguliers et assez volontaires, mais sans non plus tomber dans la démesure ou la surenchère à ce niveau-là.

Donc, ce Happy hell night se suivra sans déplaisir grâce à sa seconde partie plutôt généreuse et surtout grâce à son meurtrier au faciès très visuel, mais ne laissera bientôt aucune trace dans la mémoire de son spectateur.

Happy hell nightLe DVD de zone 1 édité par Anchor Bay avancera une image assez nette mais parfois granuleuse et perdant quelques petits détails lors de ses séquences se déroulant dans l'obscurité, tandis que la bande-son sera appréciable par sa partition musicale parfois bien impactante lors des temps forts du métrage, ce qui compensera sa prédominance parfois gênante lors des séquences de dialogues, rendant certains de ceux-ci presque inaudibles, le métrage étant ici proposé dans sa version originale anglaise, sans aucun sous-titre.
Par contre, au niveau des bonus, il faudra uniquement se contenter de la bande-annonce du film.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce meurtrier charismatique, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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24.11.08

08:05:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Musée haut, musée bas
Réalisateur : Jean-Michel Ribes
Avec : Michel Blanc, Victoria Abril, Pierre Arditi, Josiane Balasko, Isabelle Carré, André Dussollier, Gérard Jugnot, Philippe Khorsand, Valérie Lemercier, Fabrice Luchini, Yolande Moreau, François Morel, Dominique Pinon, Daniel Prévost, Muriel Robin, Evelyne Bouix, Pierre Lescure, Jean-Michel Ribes...
Durée du film : 1h33
Date de sortie en salles : 19 novembre 2008

Par Nicofeel

Musée haut, musée bas

Avec Musée haut, musée bas, Jean-Michel Ribes adapte sa pièce à succès. En venant au cinéma, on aurait pu craindre que le résultat de l’adaptation de cette pièce soit plus proche d’un téléfilm que d’un film. Heureusement, il n’en n’est rien. Jean-Michel Ribes profite du cinéma pour nous donner un certain rythme à son film, avec notamment des mouvements que l’on ne retrouve quasiment que sur le grand écran (mouvements à la grue en particulier).
Au niveau du film en lui-même, ils montrent une variété de personnes, venues au musée André Malraux, pour voir des œuvres artistiques. A l’image de la société, on a droit à de multiples comportements.
Jean-Michel Ribes semble prendre un certain plaisir à s’attaquer aux gens qui fréquentent les musées. Il y a par exemple les étrangers qui sont fustigés pour leur côté inculte : ainsi, tel est le cas des Anglais dans le film qui n’arrivent même pas à prononcer le nom de Gauguin ; il y a les Allemands qui sont dès le départ pressés d’en finir et qui font une visite du musée au pas de course ; il y a les Japonais qui prennent des photos de tout ce qu’ils voient. Il y a enfin un couple dont la femme est joué par Victoria Abril qui fait preuve d’une inculture assez incroyable avec notamment l’incompréhension qui a lieu quant à la notion d’œuvre qui reste de manière permanente ou non au musée.
Les Français en prennent aussi pour leur grade. Il y a ceux qui cherchent à voir précisément un artiste et qui sont excédés de ne pas le voir directement : tel est le cas du personnage joué par la comique Muriel Robin. Il y a également les personnes qui ne connaissent rien à l’art et qui critiquent ouvertement des grands maîtres sans avoir la moindre idée de leur œuvre : tel est le cas par exemple de la famille dont l’épouse ne supporte pas Picasso. Il y a aussi les gens qui s’extasient devant tout et n’importe quoi, comme c’est le cas du personnage joué par Isabelle Carré.

Musée haut, musée bas

D’ailleurs, Jean-Michel Ribes en profite pour critiquer ouvertement l’évolution de la notion d’art ou d’œuvre reconnue dans la société. Comme le dit l’un des personnages dans le film, ce qui fait une œuvre d’art, c’est nous, à savoir les membres d’une société. Ce qui peut sembler être du vide aux yeux de certains sera une grande œuvre pour d’autres. Cette notion d’œuvre d’art est donc parfois toute relative. C’est notamment l’art contemporain qui fait l’objet de certaines critiques. C’est le cas notamment dans le film avec quelques créations qui sont exposées dans le musée qui peuvent paraître vraiment ridicules : tel est le cas de la galerie où sont photographiées de nombreux sexes d’hommes ; la galerie où sont exposées des reproductions de mammouths ; la création faite à base de bouteilles en plastique, ou encore la prochaine exposition qui devrait avoir lieu concernant l’art africain.

Jean-Michel Ribes critique également le politiquement correct qui a lieu depuis plusieurs années avec l’écologie qui est désormais la préoccupation de tous. Par le biais du conservateur du musée, joué par un très amusant Michel Blanc, l’écologie est mise à mal. Comme s’il s’agissait d’un recul de la société. Evidemment, le trait est grossi mais sur le fond le réalisateur du film n’a pas forcément tort. L’écologie est certes importante mais on en fait peut-être un peu trop.
Dans tous les cas, avec Musée haut, musée bas, Jean-Michel Ribes fustige les comportements des personnes qui se rendent au musée. Servi par une pléiade d’acteurs connus (citons entre autres Michel Blanc, Victoria Abril, Pierre Arditi, Josiane Balasko, Isabelle Carré, André Dussollier, Gérard Jugnot, Philippe Khorsand, Valérie Lemercier, Fabrice Luchini, Muriel Robin) qui en font des tonnes, le film réserve des moments très drôles. C’est par exemple le cas lors des apparitions de Victoria Abril, qui joue le rôle d’une femme qui ne connaît nullement les œuvres unanimement reconnues ; la conversation entre une femme et des gardiens de musée (galerie réservée aux mammouths) sur la notion d’art ; le moment très drôle où André Dussollier, qui joue le rôle du ministre de la culture, fait dans le politiquement correct lorsqu’il tombe sur la galerie où sont exposées des photographies de sexe alors qu’il considère cela comme parfaitement ridicule ; le moment où des personnes sont isolées dans une pièce et participent à une culture qui se crée par leur biais en direct. C’est pour ma part un des moments les plus amusants du film, montrant à quel point la notion de culture a été tellement élargie de nos jours que l’on peut y ranger tout et n’importe quoi.
Cependant, à mon sens, le film de Jean-Michel Ribes est assez inégal. Plusieurs gags ne sont pas drôles et certains se révèlent même assez agaçants comme l’insistance du mot Gauguin dans le rapport entre le guide et les visiteurs anglais ; les élèves qui viennent au musée et ne cessent de crier ; le rapport entre le personnage joué par Isabelle Carré qui ne cesse de s’émerveiller de tout ce qu’elle voit alors que dans le même temps son compagnon à l’écran, joué par Pierre Arditi, ne cesse de faire la tête et en a dès le départ raz-le-bol d’être dans ce musée.
De plus, à mon sens, le film part complètement en vrille à la fin avec son côté quasiment apocalyptique. En fait, ce qui dessert le film, c’est la redondance ou l’excès de certaines scènes. Le réalisateur Jean-Michel Ribes a trop joué sur la répétition de scènes et il a trop grossi le trait par instants. Du coup, son film s’essouffle sérieusement et tire en longueurs.
Au final, Musée haut, musée bas, est une comédie inégale qui réserve tout de même plusieurs moments assez drôles.

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08:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Tombs of the blind dead

Premier volet de la tétralogie dédiée aux templiers morts-vivants du réalisateur espagnol Amando de Ossorio, ce Tombs of the blind dead (connu chez nous sous le titre La révolte des morts-vivants) privilégiera une ambiance macabre et parfois presque surréaliste au service d’une intrigue assez classique mais présentant des morts-vivants dont la singularité viendra de leurs origines.
Le script suit l’enquête d’une demoiselle et d’un homme de ses connaissances suite à la disparition de Virginia, une amie à elle, disparue près d’un village aussi abandonné que réputé hanté.

Tombs of the blind deadAprès un générique très réussie promenant la caméra dans ce village déserté et décrépi avec pour fond une musique envoûtante se terminant par les cris d’une femme à la vue d’une main squelettique, le métrage va nous présenter son personnage principal, Betty, une demoiselle se promenant autour d’une piscine, où elle va rencontrer une ancienne camarade d’école, Virginia et Roger, un ami à elle. Après quelques palabres, le trio va se donner rendez-vous le lendemain pour une escapade hors de Lisbonne. Très rapide, cette introduction permettra ensuite au métrage de donner un peu de profondeur à ses protagonistes lorsque nous les retrouverons à bord d’un train où Betty, sans gêne va ouvertement draguer Roger sous les yeux de Virginia, irritant celle-ci au point de la faire quitter le compartiment pour aller prendre l’air au bout du train, bientôt rejointe par Betty avec qui elle va se remémorer un épisode trouble de leur adolescence commune puisqu’elles se seront livrées à un ébat saphique visualisé lors d’un court flash-back sulfureux mais prude.

Tombs of the blind deadMais bientôt Virginia, sans doute jalouse de la connivence de ses deux compagnons, va quitter précipitement le train en sautant de celui-ci en marche, chose rendue possible par la lenteur de ce tortillard, avant de s’enfoncer dans la prairie. Roger et Betty vont vouloir faire stopper le train, mais, à la vu de ruines au loin, le conducteur, effrayé, va refuser de s’arrêter, créant ainsi un sentiment de menace autour de l’avenir de Virginia, d’autant que celle-ci va bien entendu aller visiter les ruines, nous faisant par la même occasion découvrir l’étendue de cet endroit dominé par un vieux cimetière sinistre, pour finalement décider de s’y installer pour passer la nuit.

Tombs of the blind deadMauvaise idée bien sûr, puisque, alors qu’elle aura fait du feu et se sera "confortablement" installée dans son sac de couchage à l’intérieur d’un des bâtiments, la cloche du village va retentir, sonnant le réveil des templiers morts-vivants qui vont s'extirper de leurs tombeaux lors d'une séquence splendide, macabre et profitant de cette ambiance sonore parfaitement adaptée pour aller attaquer Virginia qui malgré sa tentative de fuite sur un des chevaux des templiers, sera rattrapée. Cette première apparition des morts-vivants sera tout simplement magnifique, avec en plus ce décalage de vitesse les faisant évoluer dans un ralenti presque surréaliste et onirique qui les rendra encore plus impressionnant (la poursuite à cheval) avec déjà un look terriblement graphique les faisant même ressembler à la Mort elle-même avec leur capuchon recouvrant leurs visages squelettiques, et tandis que la sortie de leur tombeaux sera efficace dans cette atmosphère brumeuse adéquate.

Tombs of the blind deadN'ayant pas de nouvelles de Virginia, Betty et Roger vont aller mener l'enquête en partant de leur hôtel à cheval, pour rejoindre les ruines où ils vont découvrir les affaires de Virginia et surtout deux policiers qui vont leur apprendre la mort de leur amie, retrouvée en plein champ, mordue de partout et vidée de son sang. Après une séquence d'identification du corps de Virginia qui sera rendue savoureuse par l'apparent plaisir que prendra le gardien de la morgue à d'abord dévoiler un autre cadavre à une Betty déjà bien mal à l'aise, l'intrigue va continuer à suivre l'enquête des deux protagonistes, d'abord par le témoignage de l'assistante de Betty dans son atelier de confection de mannequins pour les magasins d'habillement qui originaire de la région, va les initier à la légende des templiers, avant qu'un expert en la matière ne les renseigne plus précisément sur l'origine de ce templiers, au cours d'un second flash-back, qui adeptes des forces du Mal, auront sacrifié de jeunes vierges (sacrifice qui sera visualisé pour une séquence sadique et quelque peu sanglante convaincante) avant d'être pendus sur la place publique, laissant ainsi des corbeaux venir leur manger les yeux. Ce spécialiste en la matière semblera largement croire à la légende et préviendra même ses interlocuteurs que le seul moyen d'échapper aux templiers est de ne pas faire de bruit car ceux-ci, aveugles, se repèrent avec les sons.

Tombs of the blind deadEnsuite, après ces situations intéressantes mais guère rythmées rehaussées par la résurrection de Virginia qui donnera lieu à un autre meurtre et à une bagarre dans l'atelier de confection de mannequins entre l'assistante de Betty et le cadavre animé de Virginia, l'intrigue va renvoyer Roger et Betty dans les ruines pour une dernière nuit d'horreur, en compagnie de deux personnages un peu lourdement avancés, dans le but de vérifier la véracité de la légende. Evidemment, ils en seront largement pour leurs frais lorsque la cloche va retentir, pour un dernier acte qui avancera à nouveau ces templiers squelettiques pour d'autres situations assez graphiques et toujours aussi admirables dans leur agencement, avant qu'un final plus saugrenu mais démonstratif ne vienne clore l'ensemble.

Tombs of the blind dead L'intrigue aura parfois tendance à s'éparpiller quelque peu inutilement, avec des sous intrigues qui n'apporteront au final que peu de choses (la relation trouble entre Betty et Virginia), tout en proposant des situations annexes purement gratuites mais délectables ( la réapparition d'une Virginia morte-vivante) et en disposant de protagonistes quasiment inutiles (le couple qui accompagnera Roger et Betty lors de la dernière partie bien superficiel et qui n'offrira au métrage qu'un brin de perversité avec cet accouplement plus ou moins forcé au milieu des tombes), mais ces digressions seront bien nécessaires pour meubler l'ensemble entre les deux temps forts clairement identifiés composés des séquences mettant en scène les templiers.

Tombs of the blind deadL'interprétation est cohérente mais sans réel charisme devant la caméra, tandis que la mise en scène d'Amando de Ossorio sera convaincante, avec l'utilisation d'un éclairage qui rendra ces ruines largement menaçantes, tandis que les effets de ralenti agrémentant les déplacements des templiers seront envoûtants.
Les effets spéciaux sont globalement réussis, avec ces remarquables morts-vivants décharnés ayant un effet évident en étant tout simplement effrayants, tandis que les quelques écarts sanglants du métrage offriront des effets certes faciles et parfois disgracieux (les coups d'épées dans la poitrine de la suppliciée du second flash-back), mais généreux pour l'époque.

Donc, ce Tombs of the blind dead offrira un spectacle globalement efficace et captivant, rendu très photogénique par ses templiers morts-vivants originaux et remarquables.

Tombs of the blind deadLe DVD de zone 2 édité par Anchor Bay avancera une image claire et débarrassée de ses défauts d'origine, tandis que la bande-son sera particulièrement efficace grâce à une partition musicale ensorcelante, le métrage en ici proposé en version espagnole agrémentée de sous-titres anglais.
Au niveau des bonus, on pourra consulter une large galerie de photos, d'affiches et de Lobby cards du film, ainsi que les bandes-annonces des quatre titres de la franchise des templiers et une séquence d'ouverture ahurissante et incroyable d'opportunisme destinée au marché américain et essayant de relier le métrage à La planète des singes pour surfer sur le succès de ce film.

Pour ceux qui voudraient rencontrer ces templiers maudits et terriblement graphiques, le DVD de zone 2 anglais est disponible ici ou dans le coffret regroupant l'intégralité de la franchise !

Tombs of the blind dead
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21.11.08

08:00:00, Catégories: Nouveautés  

batman logoAvis à tous les fans de Batman ! Pour accompagner la sortie dvd des multiples éditions de The Dark Knight de Christopher Nolan, la Warner met les petits plats dans les grands et nous offre une arlésienne longtemps convoitée et seulement réalisable via l’import , la sortie simultanée de Batman contre le fantôme masqué et de la première saison avec piste audio en version française de l’excellente série Batman Beyond (Batman la relève dans nos contrées).

La date officielle reste pour le moment le 4 février 2009.

Pour mémoire, Batman contre le fantôme masqué propose de se replonger dans la jeunesse de Bruce Wayne et de voir une des nombreuses interprétations modernes qui ont fait de lui le Batman du Diniverse. Machinations, pègre, Joker et autre Beaumont sont de la partie dans une histoire mélangeant avec astuce passé idéaliste et présent douloureux. La version française, encore inédite sur le support serait présente en remplacement de la version québéquoise disponible sur le zone1.

Batman Beyond revient quand à elle sur le futur de Batman. Alors que Bruce Wayne porte encore le costume lors d’un casse et d’une prise d’otage, ce dernier est victime d’un malaise cardiaque qui le conduit à sauver sa vie en ayant recours à une arme. Ecoeuré par cette option désespérée, il raccroche alors le masque pendant plusieurs dizaines d’années avant que ne surgisse dans sa vie Terry McGinnis qui va reprendre le flambeau contre toute attente pour venger la mort de son père ….
Série d’anticipation prenant une liberté totale avec l’univers des comics, Batman Beyond réussira à se créer un monde cohérent et unique dans lequel les Batman de la JLU et de la JLA (autres séries toujours attendues dans nos contrées) et un certain Static feront quelques apparitions dans des doubles épisodes temporels fameux.

Les bonus devraient être les mêmes que sur les zone 1 , sous titres en sus of course.

La seule question reste de sa voir si les packagings originaux seront conservés ou si nous auront droit à l’affreux travail d’édition de Warner Belgique qui avait remplacé les luxueux fourreaux par d’horrible dvd slims.

Quand à une sortie française de Batman : Gotham Knight, vu que le début 2009 sera incontestablement placé sous le signe de la chauve souris, on peut commencer à espérer, qui sait …




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Batman : The Dark Knight

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07:55:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

SL8N8

Coproduction entre la Belgique et la Hollande, ce SL8N8, abréviation phonétique de "Slacht nacht" qui trouvera sa justification dans les développements du métrage, est connu à l'international sous le titre de Slaughter night et vient nous prouver que le Benelux peut lui aussi nous fournir des œuvres horrifiques performantes, tant au niveau d'une intrigue recherchée quant à l'origine et aux motivations de son assassin surnaturel que pour les effusions sanglantes plus que volontaires.
Le script enferme une bande de jeunes dans les sous-sols d'une mine désaffectée où ils vont devoir affronter le spectre d'un assassin passant de corps en corps pour accomplir son funeste dessein.

SL8N8Dans sa séquence d'introduction le métrage va se propulser au dix-neuvième siècle pour y suivre un meurtrier s'en prenant à de jeunes enfants qu'il va kidnapper et emmener dans son antre pour les décapiter afin d'accrocher leurs têtes à des pics dans un but mystérieux, mais il sera perturbé dans sa besogne par des policiers venus l'arrêter avant qu'il ne puisse tuer sa dernière victime. Cette première scène sera largement accrocheuse en osant montrer une décapitation d'enfant, brisant ainsi un tabou rarement visité (si ce n'est dans l'oriental et complètement fou The untold story) et avançant ainsi d'entrée la volonté graphique des deux jeunes réalisateurs.

SL8N8Ensuite, le métrage va revenir au présent pour nous présenter rapidement ses personnages principaux participant à une fête dans leur université, et surtout Kristel, une demoiselle refusant les avances d'un de ses camarades et voulant quitter l'endroit pour rentrer chez elle, accompagnée par deux de ses amies, mais sa voiture refusera de démarrer. Ce sera donc son père qui viendra cueillir le trio et déposer les amies de Kristel chez elles avant de prendre le chemin de leur domicile, tout en ayant une conversation houleuse (à propos d'un futur voyage planifiée par la demoiselle sans en avoir parlé à son père) qui va perturber la vigilance de ce dernier et provoquer un accident avec une fourgonnette, tuant ainsi le père de Kristel, lors d'une seconde séquence percutante et bluffante dans la mise en scène de cet accident.

SL8N8A partir de ce moment-là Kristel va commencer à avoir de brèves hallucinations, comme lors de l'enterrement de son père, et ce sera en furetant dans son bureau qu'elle va tomber sur un dossier étudié par le défunt traitant du cas de Andries Martiens, un assassin du siècle dernier ayant massacré sept fillettes dans le but d'accomplir une cérémonie vaudou afin de pouvoir aller en enfer interroger ses parents à propos d'un héritage caché, mais interrompu par la police, renvoyant ainsi de fait à l'introduction sanglante du métrage. Sur ce fait, elle tombera sue sa mère qui évoquera les derniers manuscrits de son père restés en Belgique et qui acceptera que Kristel aille les chercher.

SL8N8Bien entendu, elle n'ira pas seule et sa bande d'amis va l'accompagner dans ce périple qui va les mener dans une ancienne mine de charbon aujourd'hui désaffectée et étant juste visitée par des touristes. Après avoir récupéré divers objets de son père, dont une boîte à musique et un ouija ayant appartenu à ce fameux Andries Martiens, Kristel va être conviée avec ses amis à une visite guidée des sous-sols de la mine au cours de laquelle le lien entre l'endroit et l'assassin du siècle dernier sera évidemment mis en avant de façon effective et judicieuse. Mais une fois la visite terminée, l'ascenseur censé les ramener à la surface refusera de fonctionner, laissant le petit groupe de Kristel, leur guide et trois autres touristes coincés dans les méandres de la mine.

SL8N8Après cette mise en situation qui prendra bien le temps de s'attarder sur le passé de ce meurtrier dont d'après la légende le fantôme hanterait la mine, l'intrigue va s'approprier les règles du "slasher" pour d'un côté laisser les protagonistes faire plus ou moins n'importe quoi (comme prendre des pilules d'ecstasy ou improvise une séance de ouija auquel bien sûr ce sera Andries Martiens qui répondra présent) et se disperser dans la mine plutôt que de rester groupés, et de l'autre côté lancer une vague de meurtres puisque l'esprit de Martiens va posséder tout à tour les visiteurs pour chercher à reproduire son rituel inachevé un siècle auparavant. Mais heureusement, cette seconde partie du métrage sera bien prenante et parfois même suffocante grâce à ses décors étroits et suintants.

SL8N8En effet, passées les imbécillités des personnages, l'intrigue reprendra ses droits pour accumuler les séquences sanglantes sur un rythme vif et tendu qui s'accommodera parfaitement de son élément surnaturel pour au contraire renforcer l'impact des différentes situations tout en plaçant des coups de théâtre et autres effets de surprise radicaux (mais hélas guère renouvelés pour se reproduire plusieurs fois) régulièrement qui mettront harmonieusement en avant ce tueur passant de corps en corps à chaque fois que ses adversaires l'auront réduit en pièces. Et même si les situations donneront parfois l'impression de se répéter, l'intrigue parviendra à rester prenante de bout en bout et à gérer parfaitement son suspense pour maintenir sous pression le spectateur tout en lui balançant régulièrement des scènes très gores comme autant d'électrochocs.

SL8N8De plus les personnages, malgré leur comportement ridicule, arriveront à avoir une vie propre malgré les stéréotypes et surtout et de façon évidente Kristel, héroïne désignée d'entrée de jeu, qui sera le fer de lance dans le combat à mort mené contre le spectre d'Andries Martiens, sans pour autant devenir une "superwoman" en affichant une certaine fragilité éperdument crédible et qui augmentera encore la force de la violence contenue dans les différents rebondissements du métrage. Ces personnages pourront ainsi compter sur une interprétation convaincante, porté par la toute mignonne Victoria Koblenko, mais laissant les autres acteurs apporter leur pierre à l'édifice de façon largement honorable.

SL8N8Par contre, la mise en scène des deux réalisateurs sera parfois trop saccadée, et notamment lors des scènes d'action du film pour parfois rendre presque illisibles ces séquences à cause d'une caméra aux mouvements trop brusques, mais sinon ils parviendront à gérer aussi bien l'ambiance claustrophobe que le rythme global du métrage. Les effets spéciaux sont largement probants, avec des maquillages très graphiques pour les possédés, tandis que les plans sanglants du métrage seront volontaires et parfois même bien méchants, telle la décapitation de l'introduction ou encore ce visage coupé en deux dans la largueur par une pelle, sans oublier des morsures graphiques du plus bel effet et cette explosion de tête jouissive.

Donc, ce SL8N8 remplira largement son contrat en étant graphique, tendu et volontaire pour servir une intrigue réussissant à avancer un boogeyman convaincant !

SL8N8Le DVD de zone 2 hollandais édité par Paramount avancera une image qui ne sera que sporadiquement granuleuse, tandis que la bande-son sera efficace, avec une partition musicale adaptée et renforçant agréablement les temps forts du film, le métrage étant ici proposé dans se version originale néerlandaise, avec de précieux sous-titres anglais.
Au niveau des bonus, une interview des deux réalisateurs et des principaux interprètes sera présente, mais hélas non sous-titrée, tandis qu'un bêtisier et la bande-annonce viendront compléter la vision du métrage.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce "slasher" surnaturel réussi et graphique, le DVD de zone 2 hollandais est disponible ici ou !

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20.11.08

08:05:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Two Lovers
Réalisateur : James Gray
Avec : Joaquin Phoenix, Gwyneth Paltrow, Vinessa Shaw, Isabella Rossellini, Elias Koteas...
Durée du film : 1 h 50
Date de sortie en salles : 19 novembre 2008

Par Nicofeel

Two Lovers

Après ses trois films sur la mafia (Little Odessa ; The yards et La nuit nous appartient), le réalisateur américain James Gray change radicalement de genre. Avec Two lovers, on est clairement dans le film romantique.
Mais comme on pouvait s’en douter, si le genre du film change, en revanche le style et les thèmes de prédilection de James Gray demeurent.
D’ailleurs, on retrouve son acteur fétiche, Joaquin Phoenix (dont c’est censé être le dernier film puisqu’il a déclaré qu’il arrêtait sa carrière d’acteur), particulièrement remarqué dans La nuit nous appartient. Comme dans ce film, Joaquin Phoenix va devoir faire des choix.
Joaquin Phoenix incarne dans Two lovers Leonard Kraditor, un jeune homme dont la sensibilité est à fleur de peau. Ceci, on le comprend dès les premiers plans du film avec sa tentative de suicide lorsqu’il se met à sauter du haut d’un pont. On comprend d’ailleurs très rapidement qu’il n’en n’est pas à sa première tentative de suicide. Leonard Kraditor est sur le plan sentimental un écorché vif. Il a du mal à se remettre de sa séparation avec son ex-fiancée.
Mais le destin va lui apporter non pas une mais deux jeunes femmes. Leonard, qui travaille dans le pressing de ses parents et vit chez ceux-ci, va rencontrer par leur biais la fille d’amis, à savoir la belle brune qu’est Sandra Cohen, jouée dans le film par Vinessa Shaw. Sandra est la fille de bonne famille par excellence. Elle est vraiment ce dont rêvent beaucoup de personnes. Elle est belle, elle est simple, elle est agréable et elle a une situation aisée et stable (elle travaille dans l’industrie pharmaceutique chez Pfizer). Et pour ne rien gâcher, elle est dès le départ amoureuse de Leonard. Ce dernier l’aime bien mais ce n’est pas la passion.

Two Lovers

En fait, la passion, Leonard l’a pour Michelle, sa nouvelle voisine, qu’il a rencontré de manière fortuite. Jouée par la blonde Gwyneth Paltrow, Michelle est tout l’inverse de Sandra. Elle est instable sur de multiples points : elle déménage assez souvent ; elle a un travail d’assistante dans un cabinet d’avocats ; elle n’est pas libre, à la différence de Sandra, puisqu’elle fréquente un homme marié, qui fait partie d’ailleurs du cabinet d’avocat où elle travaille ; elle s’adonne de temps en temps à l’absorption de substances illicites. Malgré tout ça, Leonard Kraditor a tout de suite eu le coup de foudre pour cette femme dont il apprécie le côté écorché vif, le côté instable, qui lui donne l’impression qu’ils sont faits l’un pour l’autre.

Two Lovers

La grande qualité du film de James Gray est d’avoir réalisé un film furieusement romantique, au premier sens du terme. Leonard est véritablement passionné par Michelle, à tel point qu’il la suit de temps en temps ou qu’au moment où il a sympathisé avec elle, il se met à lui téléphoner fréquemment ou à lui envoyer des SMS. Par ailleurs, il joue le rôle du confident et dès que Michelle a des difficultés, il joue le rôle de l’ami fidèle. Mais dès le départ, on voit bien que cette passion est vouée à l’échec. Le film est certes romantique mais c’est bien un drame romantique auquel on assiste.
Une autre force du film de James Gray est le fait que ce dernier a donné de l’épaisseur à tous ces personnages. On comprend la douleur intérieure, les espoirs et les rêves de chacun. Le personnage de Sandra n’est pas qu’un simple faire-valoir. Elle déclare d’ailleurs à un moment donné à Leonard que de nombreux garçons souhaiteraient sortir avec elle. Femme tendre mais bien déterminée, Sandra fait tout pour obtenir le cœur de Leonard. D’ailleurs, c’est au moment où elle lance cet ultimatum à Leonard que va démarrer leur relation.
Le personnage de Michelle est lui aussi celui d’une femme qui a ses envies, ses rêves et qui est triste intérieurement. Elle sort avec cet homme marié (joué par Elias Koteas) dont elle n’espère qu’une chose : qu’il quitte sa femme. C’est aussi une passionnée.
On comprend aisément que le problème provient du fait que chacun a bien une passion pour une personne, mais que cette passion n’est pas réciproque. Du coup, la question du choix est clairement posée : est-ce que Leonard doit choisir un amour de raison avec Sandra, qui lui apportera amour et équilibre dans sa vie personnelle et professionnelle ou un amour de passion avec Michelle qui est certes instable mais qui semble être sa raison de vivre ?
En fait, comme le destin fait bien les choses, Leonard n’aura au bout du compte plus de choix à effectuer puisque l’une des deux portes va se refermer. Mais avant, le personnage va être confronté à ses démons intérieurs et il va encore faire un choix : celui de la vie (et donc d ce qu’il compte faire de celle-ci ou celui de la mort. La scène qui se déroule sur la plage, au bord de l’eau, est vraiment très belle et résume parfaitement le ton du film.
Au final, servi par une belle brochette d’acteurs (signalons que Ruth Kraditor est interprétée par Isabella Rossellini), à commencer par Joaquin Phoenix qui incarne parfaitement cet homme passionné mais tourmenté, Two lovers un drame romantique très bien réalisé par James Gray. On notera également l’excellente BO du film, qui permet au spectateur d’appréhender le plus justement possible les sentiments vécus par Leonard Kraditor. Voilà donc un très beau film qui réserve des émotions intenses.

Two Lovers

La nuit nous appartient

La nuit nous appartient
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La nuit nous appartient - Edition collector / 2 DVD (+ CD)

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La nuit nous appartient (Blu-ray)

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Little Odessa - Edition kiosque

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The yards - Edition 2001

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08:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Seven women for Satan

Comptant parmi les rares incursions françaises dans le cinéma de genre dans les années soixante-dix (avec l’œuvre de Jean Rollin), ce Seven women for Satan, titré chez nous Les week-ends maléfiques du comte Zaroff connut, malgré sa médaille d‘argent au festival de Stiges en 1977, une classification X sous l’ère giscardienne, très rigide et rétive au fantastique sanglant et à l’érotisme, alors quand un métrage osait allier les deux…
Le script suit les tourments du comte Boris Zaroff, coincé entre ses pulsions et ses fantasmes sadiques et le fantôme de l’ancienne propriétaire d’un château qu’il vient d’acheter.

Seven women for SatanD’entrée, le métrage va prendre un ton plus ou moins onirique pour suivre son personnage principal poursuivant à cheval, accompagné par son dogue allemand, une jeune femme nue à travers bois lors d’une séquence réussie en partie grâce à son cadrage original ( et la seule à véritablement relier l’intrigue au titre français du film renvoyant au classique de Ernest B. Schoedsack), qui aboutira par la mort de la demoiselle tombant dans un précipice, sortant du coup notre homme de ses rêveries pour le renvoyer à l’univers rationnel de son bureau. Nous le retrouverons ensuite à bord de sa voiture où il va prendre en stop une jeune routarde et lui offrir l’hospitalité pour la nuit avant de reprendre la route vers le château qu’il vient d’acquérir. Une séquence fantasmagorique donnera l’occasion au réalisateur Michel Lemoine de placer une première scène érotique puisqu’en offrant une coupe de champagne à son invitée, Le Comte Zaroff va s’imaginer léchant ledit champagne sur le corps nue de son hôte.

Seven women for SatanLe lendemain, le "couple" va poursuivre son chemin, mais lors d'un arrêt que l'on pensait voir dégénérer en partie de jambes en l'air, le comte Zaroff va s'en prendre à la demoiselle et tenter de l'étrangler avant de lui mordre le sein pour finalement l'écraser avec sa voiture au terme d'une course-poursuite, tout en étant taraudé par le remords. Mais après s'être débarrassé du corps dans un lac (pour une autre scène flirtant avec le surréalisme et l'onirisme), il va donc rejoindre Karl, son majordome, dans son château, alors que nous allons découvrir le but ultime de ce dernier, fils d'un compagnon du comte Zaroff d'origine et chargé par son père de retrouver le dernier descendant des Zaroff pour lui faire perpétuer les penchants sadiques de la famille.

Seven women for SatanMais hélas, à partir de ce moment-là le métrage va devenir flou et se plonger dans un délire défiant tout sens narratif pour peu après introduire un fantôme qui va coller aux basques de Boris Zaroff, sans que l'on sache véritablement qui est cette demoiselle vêtue de blanc, un amour passé décédé ou le fantôme de l'ancienne propriétaire du château, ni quel est son but. Et pour couronner le tout, le métrage va introduire des personnages plus ou moins aberrants, avec d'abord cette jeune femme postulant comme secrétaire auprès de Zaroff et qui après avoir été vraisemblablement droguée par Karl va se lancer dans une danse érotique qui se terminera par une longue séance de plaisir solitaire lascive, observé derrière une glace sans teint par Boris, avant d'être attaquée par le dogue allemand qui va la pousser à se jeter dans le vide.

Seven women for SatanMais le clou du spectacle restera quand même ce couple en panne de voiture qui viendra sonner à la porte du château pour quémander l'hospitalité et dont la jeune femme, passablement naïve, verra, sans parvenir à se faire croire par son partenaire, Karl transporter le corps de la secrétaire aux alentours du manoir, laissant ainsi un humour au second degré venir de manière presque déplacée se mêler à l'ensemble plus sérieux et fantasmagorique, mais qui ne sera qu'un préliminaire à la scène débile du film, lorsque qu'en faisant une visite de la salle de tortures, le couple acceptera de se faire attacher sur une table, sans comprendre la réalité du supplice mijoté par Karl, pour finalement voir descendre sur eux une planche hérissée de pointes acérées qui va les transpercer.

Seven women for SatanMais hélas, malgré la volonté clairement affichée de Michel Lemoine de placer de belles images oniriques et éthérées dans son métrage, l'absence de limpidité dans son propos va quand même venir pervertir l'ensemble et rendre obscur l'orientation réelle d'un film oscillant toujours entre cauchemar et réalité jusqu'à perdre complètement le spectateur qui n'aura plus que le choix de se laisser guider par les images et accepter la tournure floue prise par les événements et qu'un final tout aussi aléatoire ne viendra pas éclairer. Il conviendra donc au spectateur d'accepter l'aspect déphasé du métrage, qui, entre ses dialogues philosophiques aberrants, n'hésitera pas par exemple à placer cette secrétaire droguée et nue dans les bras d'un géant noir, une statue devenue vivante par les effets de la drogue, avançant ainsi une scène troublante d'érotisme.

Seven women for SatanCar justement, en dépit de sa classification d'œuvre "fantastique", Michel Lemoine assumera complètement l'aspect érotique omniprésent du film, dénudant régulièrement ses actrices sans jamais tomber dans le graveleux pour préférer donner à ces séquences une beauté onirique transcendante. Mais cela n'empêchera pas l'auteur de rendre quelques hommages appuyés au cinéma de genre, avec notamment cette salle de tortures que n'aurait pas renié Roger Corman lorsqu'il tournait avec Vincent Price, tandis que la présence du grand Howard Vernon dans le rôle de Karl donnera un cachet daté mais efficace au métrage.

Seven women for SatanJustement, l'interprétation est assez convaincante, entre un Howard Vernon magistral de cabotinage et une Joëlle Cœur parfaite dans le rôle du fantôme, laissant même à Michel Lemoine le rôle principal de Boris Zaroff qu'il prendra largement à cœur en imposant sa "gueule" hallucinée. La mise en scène du réalisateur est probante, avec un art de manier les grands angles et autres filtres déformant l'image (l'arrivée au château) pour achever de déstabiliser le spectateur, tout en arrivant à donner une touche surréaliste à ses séquences oniriques. Les quelques effets spéciaux resteront basiques mais presque crédibles.

Donc, ce Seven women for Satan offrira une oeuvre vraiment "autre" au cinéma de genre français et malgré sa nébulosité permanente, arrivera à devenir attachant et à entraîner son spectateur dans son délire fantasmagorique !

Seven women for SatanLe DVD de zone 0 édité par Mondo Macabro avancera une image ayant conservé une petite partie de ses défauts d'origine, sans que cela ne vienne gêner la vision du film, et tandis que la bande-son sera relativement convaincante malgré des craquements récurrents, grâce à une partition musicale adaptée et arty, le métrage étant ici proposé en version anglaise, mais aussi dans sa version française d'époque, avec des sous-titres anglais amovibles.
Au niveau des bonus, on pourra suivre une plaisante et décontractée interview du réalisateur qui reviendra sur sa carrière avec de nombreuses anecdotes savoureuses, un petit décryptage littéraire du film, la biographie du réalisateur et des principaux interprètes ainsi que la bande-annonce d'origine du film.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette petite perle d'un fantastique "autre" hexagonal terriblement décalé, le DVD de zone 0 est disponible ici ou !

Seven women for Satan
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19.11.08

08:05:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Saw 5
Réalisateur : David Hackl
Avec : Costas Mandylor, Scott Patterson, Julie Benz, Tobin Bell, Betsy Russell
Durée du film : 1 h 30
Date de sortie en salles : 5 novembre 2008

Par Nicofeel

Saw 5

Saw 5 est la suite directe des quatre premiers épisodes de cette célèbre série qui a déjà rapporté près de 550 millions de dollars (sans compter les produits dérivés en DVD). Avouons-le tout de suite, au vu de la qualité très relative de ce long métrage, on comprend que la seule justification de cette suite est l'appat du gain pour ses producteurs.
Saw 5 est réalisé par David Hackl, un parfait inconnu dont c'est le premier film. On notera tout de même que David Hackl connaît très bien la série des Saw puisqu'il a été décorateur sur Saw 2, assistant sur Saw 3 et réalisateur de la seconde équipe sur Saw 4.
Mais venons-en dès à présent au film en lui-même. Alors que le célèbre Jigsaw, à savoir John Kramer (joué par Tobin Bell) est décédé, le tueur sadique continue à faire parler de lui. En fait, le détective Mark Hoffman a pris le relais. A l'instar de John Kramer qui est devenu complètement à la suite de la perte de l'enfant de son ex-femme, Mark Hoffman a voulu se venger de lui-même de l'homme qui avait tué sa soeur.

Saw 5 suit en parallèle deux histoires : il y a l'agent du FBI, Peter Strahm qui, conscient que le nouveau tueur est Hoffman, part à sa poursuite. Il y a également une intrigue qui va être l'occasion de montrer au spectateur plusieurs jeux sadiques, caractéristiques du jigsaw. Ainsi, cinq personnes, qui ont toutes des choses à se reprocher, vont devoir s'entraider pour réussir des épreuves si elles veulent sortir de l'endroit où elles sont enfermées.

Saw 5 fait vraiment dans la redite. En effet, le film est entrecoupé de nombreux flashbacks qui reprennent des éléments des autres épisodes. Alors certes on en apprend plus sur les relations qui sont nouées entre John Kramer et son disciple Hoffman : Jigsaw lui expose toute sa théorie. Pour l'amener vers lui, il lui indique que le système judiciaire remet en liberté des assassins. Il lui montre par ailleurs ce qu'est selon lui la différence entre un assassinat et une réhabilitation. Finalement, avec Mark Hoffman qui sombre progressivement vers le mauvais côté, on comprend que la frontière entre le bien et le mal est ténue.
Mais tout ceci, on le savait déjà et ça sent vraiment le réchauffé. Les flashbacks nous délivrent certes des explications sur les autres films mais il faut bien reconnaître que cela ralentit cruellement l'action. Par ailleurs, une personne qui n'aurait jamais vu les autres épisodes de Saw aura bien du mal à comprendre ce qui se passe.
Au demeurant, l'action du film n'est pas enthousiasmante. Le seul véritable intérêt consiste à suivre les cinq protagonistes qui doivent affronter les jeux sadiques du Jigsaw. Comme souvent, on nous a concocté des meurtres bien sadiques (lesquels démarrent par une décapitation) qui mettent une nouvelle fois les protagonistes face à des choix, comme celui de devoir verser leur sang dans un bêcheur. Cependant, globalement, sur le plan des tortures le film se révèle plus sobre que d'habitude. Saw 5 est moins complaisant que ses précédécesseurs, et notamment que Saw 4.

Le film n'a pas que des défauts. Il bien reconnaître que la psychologie des personnages est tout de même plus fouillée que d'habitude. On comprend mieux les aspirations de chacun.
De plus, la photographie du film est plutôt plaisante, en jouant parfaitement sur les nombreux endroits sombres du film. On est bien dans une atmosphère de thriller.
Malgré tout, le film pêche part sur plusieurs points. En plus des défauts évoqués précédemment, on notera que sur le plan de la mise en scène, le réalisateur ne peut pas s'empêcher de nous monter des scènes clippesques avec une caméra qui bouge dans tous les sens lors de la révélation de pièges. Ces acccélérés ne sont nullement justifiés et n'apportent rien au film.
De plus, on pourra terminer les reproches par le jeu des acteurs qui est globalement assez mauvais. Costas Mandylor dans le rôle d'Hoffman mérite probablement sur ce point la palme, tant il ne laisse transparaître aucune émotion visible à l'écran.
Au final, mis à part quelques scènes sympathiques, Saw 5 est un ratage presque total. Cependant, on peut penser qu'un Saw 6 verra le jour par le biais du personnage de Jill, l'ex-femme de John Kramer, à qui ce dernier a légué une étrange boîte...
Donc, suite au prochain épisode !

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08:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Blood relic

Petit slasher sans envergure mais sans prétention, ce Blood relic ne cherchera certainement pas à révolutionner le genre, mais distillera sa petite intrigue avec une certaine efficacité pour parvenir à captiver quand même un minimum son spectateur.
Le script enferme un groupe de jeunes dans une ancienne base aérienne ayant été dans le passé le théâtre d’un massacre lié à un talisman vaudou pour les confronter à un mystérieux assassin.

Blood relicDans son introduction le métrage va prendre place en 1983 pour suivre cet officier tourmenté et victime d’hallucinations qui va s’énerver et tuer plusieurs membres du personnel d’une base aérienne tout en paraissant être possédé par un curieux talisman qu’il portait autour du cou jusqu'à ce qu'il le cache dans une cavité d'un mur, pour une séquence assez convaincante grâce à une mise en scène adéquate mais hélas demeurant très sage en étant que très vaguement sanglante. Après un bond dans le temps jusqu présent, nous allons d’abord retrouver notre homme pour être convié à sa libération de l’asile psychiatrique où il était enfermé depuis le carnage, avant que l’intrigue ne nous présente son personnage principal, Terry, une demoiselle rejoignant l’ancienne base militaire où a eu lieu le drame et qui doit désormais abriter un musée en pleine préparation d’ouverture. Terry va donc rencontrer le personnel s’affairant, mais avant cela, elle aura entendu les deux responsables du musée en pleine conversation houleuse à propos de l’orientation à donner au musée. C’est ainsi qu’elle se trouvera face à face avec Harry, l’un des deux actionnaires, un homme halluciné et charismatique qui va lui faire faire le "tour du propriétaire" avant de la laisser avec ses nouveaux collègues.

Blood relicCette mise en situation sera plutôt fastidieuse, en avançant des protagonistes lisses et sans aucune personnalité mais heureusement elle ne traînera pas en longueur pour rapidement placer une première fausse alerte graphique et érotique avec ce couple s'amusant à créer des situations dramatiques avant de se lancer dans leurs galipettes, et laisser une certaine tension s'installer à chaque intervention de Harry qui semblera bien dangereux, devenant ainsi de fait un futur coupable potentiel ( et idéal ? ). Et bien entendu, une des demoiselles travaillant dans le musée va découvrir de manière bien opportune le talisman et le remettre à Harry qui semblera bien intéressé par la chose.

Blood relicTerry et ses compagnons vont en fin de journée décider de revenir le soir même sur leur lieu de travail pour une "party", respectant de la sorte les traditions du genre et donnant l'opportunité à la mystérieuse ombre aperçue plusieurs fois auparavant de frapper. Et ce sera après une séance de "ouija" assez minable et faussement tendue se terminant par une plaisanterie calamiteuse que le groupe va se disperser, deux couples partant chacun de leur côté pour un peu d'intimité tandis que les autres vont se lancer dans une partie de strip-poker, laissant alors un érotisme avéré mais guère osé venir égayer un peu l'ensemble, surtout que le tueur ne va pas tarder à sévir pour éliminer ainsi les deux couples débauchés lors de séquences dont les effets de surprise seront plutôt émoussés et prévisibles mais tout en ayant quand même un petit effet.

Blood relicLes rescapés vont par contre bien vite se rendre compte du danger en découvrant les cadavres (avec déjà une provocation du tueur avec cette carte à puce pouvant ouvrir les portes extérieures coincée dans les entrailles d'une des victimes) et errer dans le bâtiment à le recherche d'une issue jusqu'à ce qu'ils tombent sur l'officier de l'introduction, bien entendu revenu sur les lieux et réfutant les crimes pour annoncer être en quête du talisman pour le détruire, lançant ainsi la meilleure partie du métrage qui, en plus du jeu de "chat et de la souris" entre les personnages et l'assassin, va véritablement susciter une recherche de l'identité du meurtrier tout en permettant à l'intrigue, au détour de ses rebondissements, de placer quelques pièges mortels simplistes mais efficaces.

Blood relicSi le métrage peinera à démarrer, avec cette première partie poussive et alignant les clichés du genre sans grande originalité (heureusement que la première fausse alerte sera un brin perverse…) mais bénéficiant de décors très réalistes puisque le film a été tourné dans un véritable musée dédié à l'aviation, la seconde sera bien plus probante et maintiendra le spectateur attentif à ce qui se passe sur l'écran pour tenter d'anticiper un final qui refusera de façon bien plaisante toute "happy end" pour au contraire devenir cruel et nihiliste mais sans se prononcer sur la véracité de l’influence du talisman vaudou, mais surtout les situations arriveront à se renouveler dans façon régulière en évitant toute redite et l'arrivée de ces deux pièges surprendra dans l'ambiance très "slasher" véhiculée par l'ensemble depuis le début du métrage.

Blood relicCar hormis cet apport, le réalisateur, en toute connaissance de cause, se tiendra au rythme et à la grande tradition du genre, aussi bien en respectant ses codes que ses scories (des personnages survolés et guère attachants) pour présenter un mélange d'érotisme dévoilant généreusement les poitrines de ses actrices et de meurtres sanglants qui resteront bien sages en n'avançant que de timides plans sanglants vite entrevus, tout en conservant un rythme soutenu à partir de son second acte et en réservant une surprise finale certes guère innovante mais bien amenée et "gentiment" agressive.

Blood relicL'interprétation est, presque de façon surprenante, convaincante, avec de jeunes acteurs parvenant, malgré la simplicité extrême de leurs personnages, à créer une certaine harmonie entre eux donnant ainsi une crédibilité aux séquences de dialogues, et le métrage bénéficiera également de l'expérience de la "scream queen" Debbie Rochon et du jeu halluciné de Billy Drago, cette fois-ci adapté. La mise en scène du réalisateur est plutôt efficace, avec un minimum de soin apporté à ses effets (avec entre autres une utilisation bien maîtrisée de l'arrière plan) et une capacité à suivre l'action de près. Les effets spéciaux sont par contre rudimentaires et pas franchement expansifs pour quelques scénettes sanglantes sans volonté graphique.

Donc, ce Blood relic se suivra globalement sans ennui (attention quand même à l'entame qui pourrait être décourageante !) et arrivera même à générer du suspense et une petite tension dans sa seconde partie pour au final laisser une bonne impression à son spectateur !

Blood relicLe DVD de zone 1 édité par MTI Video avancera une image nette et ne connaissant aucun défaut, tandis que la bande-son sera appréciable malgré une partition musicale pas assez dynamique et peinant à accompagner les temps forts du film, le métrage étant ici proposé en version anglaise avec uniquement des sous-titres espagnols.
Au niveau des bonus, on pourra explorer les filmographies des principaux interprètes et du réalisateur, suivre un making-of amusant et plein d'anecdotes sur le tournage du film construit sous forme de "journal de bord" de Debbie Rochon et découvrir les bandes-annonces de trois autres titres de l'éditeur.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce petit slasher plutôt agréable et bien construit, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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18.11.08

08:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : The chaser
Réalisateur : Na Hong-Jin
Avec : Kim Yoon-Seok, Ha Jeong-Woo, Yeong-Hie Seo, In-Qi Jung,, Hyo-Ju Park...
Durée du film : 2h03

Date de sortie en salles : 18 mars 2009 (film vu le 9 novembre 2008 en avant-première en clôture du 14ème festival Cinémas et Cultures d'Asie de Lyon)

Par Nicofeel

The chaser

Le sud-coréen s'est fait connaître avec deux courts-métrages, dont un certain Sweet. Avec The chaser, il réalise son premier long métrage. Et le résultat est très probant.
The chaser est un thriller qui appartient au genre du film de serial-killer. Le film part d'un postulat de base des plus intéressants. En effet, on connaît très rapidement l'identité du serial-killer qui est mis en garde à vue. Le problème est de trouver d'une part les preuves qui vont le condamner et d'autre part une dernière victime de ce fou, Mi-Jin, qui est encore en vie.
On se retrouve dans un véritable contre-la-montre où le rôle de l'enquêteur est dévolu à Joong-Ho (interprété par Kim Yoon-Seok), un ancien flic devenu proxénète et qui avait la charge de Mi-Jin.
Comme dans le film Memories of murder, The chaser nous montre une police désorganisée qui a bien du mal à s'en sortir. D'ailleurs, plusieurs pointes d'humour sont dirigées contre ces membres de la police, particulièrement inefficaces. On ne s'étonnera donc pas qu'à un moment donné, le psychopathe, Young-Min, soit libéré.
Doté d'une très belle photo, The chaser bénéficie d'une ambiance poisseuse, pesante. Et ce sentiment est renforcé tant par la musique du film que par l'action qui a lieu en grande partie durant la nuit.
Le film réussit par ailleurs une excellent dosage entre des scènes d'action pure, qui se révèlent généralement par la confrontation entre Joong-Ho et Young-Min, et des scènes plus intimistes. L'idée de mettre Joong-Ho avec la fille de Mi-Jin est excellente. On voit bien que Joong-Ho fait tout pour retrouver la maman de cette petite fille. Lui le proxénète se sent coupable de n'avoir pas été coupable d'aider la prostituée qu'il emploie. Ainsi, au fur et à mesure que le film avance, l'enquête de Joong-Ho progresse. A l'image d'un Bad lieutenant, le personnage de Joong-Ho atteint progressivement la rédemption.
On notera dès à présent que The chaser est un thriller très au-dessus de la production courante non seulement en raison de la mise en scène efficace de son réalisateur (mise en scène soignée et très rythmée, qui sait également être lyrique par instants, comme dans les films de production HK), mais également en raison de l'excellence de l'interprétation. Les deux acteurs principaux jouent parfaitement le rôle de Joong-Ho et de Young-Min. Le premier est vraiment passionnant dans son rôle d'ancien flic, obnubilé par l'idée de sauver une de ses filles à tel point qu'il utilise des méthodes peu orthodoxes (méthodes peu orthodoxes utilisées également par la police), alors que le second est parfaitement crédible dans son rôle de serial-killer.

Young-Min est un personnage qui fait froid dans le dos car il agit sans véritable mobile. Il prend un malin plaisir à tuer des femmes parfaitement innocentes. La violence dont il fait preuve est très bien rendue à l'écran. Young-Min se plaît à massacrer des jeunes femmes avec l'aide d'un marteau. Le réalisateur Na Hong-Jin montre que le psychopathe a très bien préparé son coup. Ainsi, la pauvre Mi-Jin se rend dans la gueule du loup, elle est vite désarmée. Elle ne peut rien faire. Elle est prise au piège (la porte est fermée à clef, le réseau de son portable ne passe pas). Elle doit donc attendre des secours ou tenter de se libérer pour son éventuel salut.

Entre temps, The chaser n'aura pas ménagé sa peine en matière de violence, le film devenant de plus en plus gore.
The chaser doit aussi une grande partie de sa réussite à un scénario qui distille de nombreux rebondissements. Le spectateur n'a jamais un coup d'avance. Il découvre avec le personnage de Joong-Ho les événements qui se déroulent dans le film.


Pendant plus de deux heures, The chase maintient le spectateur sous tension. Il n'y a d'ailleurs pas vraiment de happy-end. Le film est très sombre. Voilà d'ailleurs certainement une autre raison qui pourrait nous amener à faire un parallèle avec Memories of murder.
Au final, The chaser, qui est inspiré de faits réels, est un thriller qui se révèle intéressant de bout en bout. Bien rythmé, bien réalisé, bien interprété, bien scénarisé, c'est donc un succès total pour Na Hong-Jin. Cela explique certainement pourquoi les Américains, et notamment Léonardo Di Caprio, souhaitent déjà en faire un remake.

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07:50:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Haunted forest

C'est en ayant quand même du mal à assumer ses influences que ce Haunted forest va s'approprier les tics de la nouvelle vague horrifique asiatique pour servir une intrigue tentant d'apporter un semblant d'originalité bien vite balayé par les poncifs mis en avant tout au long du métrage.
Le script envoie trois amis en pleine forêt à la recherche d'un arbre censé être au centre d'une malédiction amérindienne ancestrale.

Haunted forestAprès une séquence d'introduction suivant un photographe amateur apeuré s'enfuyant à travers bois pour être finalement la victime d'un spectre à forme humaine sorti du sol au pied d'un arbre, le métrage va avancer ses trois principaux protagonistes, Josh, Flipp et Sean, ce dernier ayant entraîné ses deux comparses pour une virée dans la forêt suite à la découverte par les autorités de l'appareil photo du disparu vu juste auparavant recelant des clichés montrant un arbre terrifiant, réplique exacte de celui dessiné dans le journal du grand-père de Sean, un anthropologue ayant passé sa vie à s'intéresser aux civilisations amérindiennes, à leurs croyances et à leurs légendes. En effet, cet arbre est censé abriter l'esprit de Satinka, une jeune indienne s'attaquant aux ennemis de la forêt selon un mode opératoire très précis.

Haunted forestPrécise et rapide, cette mise en situation aura le mérite d'aller droit à l'essentiel pour placer les protagonistes dans le contexte de l'intrigue, pouvant ainsi déclencher une action qui ne tardera pas à faire apparaître son fantôme (une jeune fille aux longs cheveux noirs, comme par hasard…) lorsque Flipp aura la "bonne" idée de s'éloigner du campement pour aller chercher son petit chien s'étant aventuré hors de la lumière du feu de camp. Ce sera donc au petit matin que Josh et Sean vont s'apercevoir de la disparition de Flipp et se lancer à sa recherche. Ne pouvant laisser le métrage sans personnages féminins, l'intrigue va avancer deux demoiselles en quête de fleurs hallucinogènes, Jennifer et Kiyomi, celle-ci devant à son tour disparaître par la faute du spectre, et laisser de la sorte son amie seule, dans l'obligation de partir également à sa recherche.

Haunted forestBien entendu, Jennifer va rencontrer le duo et c'est ensemble qu'ils vont tenter de retrouver les disparus, sans pour l'instant se douter qu'en plus de la présence spectrale qui les surveillera, un chasseur ne semblera guère apprécier leur présence dans la forêt, à moins que les deux ne soient liés. Les deux disparitions seront mises en œuvre par des séquences assez convaincantes mettant en avant par de courtes apparitions ce fantôme qui peinera quand même à effrayer le spectateur ayant déjà suivi les méfaits de Sadako dans la trilogie des Ring et dont la ressemblance sera bien trop flagrante pour ne pas réduire son impact initial, mais qui sera valorisé par des plans très graphiques et parfois essayant un minimum d'être originaux. Mais hélas ensuite, le métrage va se perdre quelque peu dans les méandres d'un script qui peinera à renouveler ses situations pour suivre les déboires des personnages passant leur temps à arpenter la forêt dans tous les sens, régulièrement entrecoupé par des scènes assurant la continuité de l'élément fantastique et tentant d'effrayer le spectateur (avec même un hommage au Projet Blair Witch et sa tente malmenée par une force inconnue) pour peu à peu nous amener à connaître parfaitement la façon de faire de cette Satinka vengeresse.

Haunted forestMais heureusement, alors que la lassitude et l'ennui commençaient à s'installer méchamment, le métrage va sortir de sa torpeur dans sa dernière partie pour déjà nous présenter lors d'un flash-back que l'on aurait aimé plus méchant l'histoire de Satinka avant de lancer un acte final enfin quelque peu débridé et osant présenter quelques scènes véritablement graphiques à défaut d'être surprenantes ou originales tant l'issue du film deviendra claire malgré l'aspect tortueux pris par une intrigue ayant bien du mal à s'y retrouver dans les diverses possessions aussi maléfiques qu'aléatoires des différents personnages.

Haunted forestPourtant, l'idée de base mêlant cette légende amérindienne à un discours écologiste de base (et souvent bien trop appuyé) avait de quoi séduire et les opportunités offertes étaient nombreuses. Mais le réalisateur, paresseux sur ce coup-là, s'est contenté de calquer ses effets de surprises et son élément fantastique sur ceux issus de la déferlante asiatique de fantômes de demoiselles aux cheveux aussi longs que noirs et à l'œil torve ( avec quand même des emprunts éhontés et flagrants, comme ces gros plans sur les yeux grisâtres), pour un résultat laissant donc une impression de déjà-vu persistante seulement occultée lors de scènes probantes (l'apparition dans la voiture) plus que rares, et laissant son ingrédient lui fortement original (les arbres) de côté. De plus, l'histoire de cette demoiselle malmenée par des pionniers ivres et voulant brûler la forêt n'aura rien de très palpitant pour justifier la malédiction qui en découlera.

Haunted forestEnfin, les protagonistes seront simplistes et interchangeables, avec notamment ce Sean qui passera son temps à lire le journal de son grand-père à la moindre occasion, tandis que ses acolytes demeureront lisses et n'engendreront aucune apathie et encore moins d'identification. L'obligatoire présence féminine sera quant à elle bien effacée et n'apportera en plus que très peu de choses à l'intrigue et au métrage qui restera par ailleurs très prude. L'interprétation qui en résultera sera acceptable mais guère inspirée pour des acteurs impassibles et sans le moindre charisme. La mise en scène du réalisateur sera parfois efficace, notamment pour mettre en valeur les décors naturels, mais par contre, les quelques effets de style viendront plus nuire à l'ensemble qu'autre chose. Les effets spéciaux sont plutôt probants, même si les maquillages spectraux seront limités et parfois visibles, le film n'étant par contre que très peu sanglants, avec juste quelques petites plaies nécessitées par le mode opératoire de Satinka et un final enfin plus graphique.

Donc, ce haunted forest se suivra d'un œil distrait et ne parviendra pas à accrocher son spectateur pour juste lui offrir quelques "beaux" plans de spectres directement influencés par ceux venus d'Orient !

Haunted forestLe DVD de zone 1 édité par Lionsgate avancera une image claire et ne connaissant aucun défaut, même lors des séquences se déroulant dans la pénombre, tandis que la bande-son sera efficace et adaptée, lyrique et renforçant agréablement les temps "forts" du métrages, le métrage étant ici proposé en version anglaise accompagnée de sous-titres anglais et espagnols.
Par contre, au niveau des bonus, il faudra se contenter de quelques bandes-annonces issues du catalogue de l'éditeur.

Pour ceux qui voudraient quand même découvrir cette malédiction pas franchement percutante, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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17.11.08

08:05:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : L'échange
Réalisateur : Clint Eastwood
Avec : Angelina Jolie, John Malkovich, Michael Kelly, Jeffrey Donovan, Jason Butler Harner...
Durée du film : 2 h 21
Date de sortie en salles : 12 novembre 2008

Par Nicofeel

L'échange

Dernier film en date de Clint Eastwood (auteur d'excellents films comme Million dollar baby ou Mystic river), L'échange lui a permis d'obtenir au festival de Cannes un prix spécial pour l'ensemble de sa carrière.
Inspiré d'une histoire vraie, L'échange nous ramène dans le Los Angeles des années 20. On est précisément en 1928. Une mère célibataire, Christine Collins (interprétée par Angelina Jolie) travaille dans un centre de télécommunication. Très sérieuse sur le plan professionnel, elle accepte, un peu à contrecoeur, de travailler le samedi alors qu'elle devait passer la journée avec Walter, son fils âgé de neuf ans. A son retour, son fils a disparu. Elle alerte aussitôt la police. Près de cinq mois plus tard, la police lui affirme qu'elle a retrouvé son fils. Mais c'est un autre garçon qui l'attend sur le quai de la gare.
L'échange est un drame où l'émotion est omniprésente. Avec une mise en scène classique particulièrement bienvenue, Clint Eastwood retranscrit parfaitement le combat de cette mère à retrouver son véritable. Car dès le départ Christine Collins est convaincue que ça n'est pas son enfant qu'on lui a ramené. On appréciera dans le film l'interprétation d'Angelina Jolie, qui est tout à fait convaincante dans le rôle de Christine Collins. C'est de loin le meilleur rôle et la meilleure interprétation d'Angelina Jolie, habituée à jouer les bimbos de service. Ici, elle est très sobre dans son jeu. Elle est tout à la fois déterminée à retrouver son enfant et fragile sur le plan émotionnel.
Mais surtout L'échange est l'occasion pour Clint Eastwood de critiquer une ville de Los Angeles où la corruption semble monnaie courante. Et le pire dans cette histoire est le fait que la corruption provient de la police elle-même. La police abuse de son pouvoir, faisant ce qu'elle veut et surtout ne reconnaissant jamais ses torts. La police fait tout pour étouffer cette histoire d'enfant retrouvé qui ne serait pas le bon. A tel point que Christine Collins va être traînée dans la boue (son instinct maternel étant même remis en cause) va être interné dans un hôpital psychiatrique de façon totalement arbitraire. Clint Eastwood nous révèle des événements incroyables qui ont lieu dans les années 20 : des gens, considérés par la police, étaient déclarés fous et passaient directement par la case hôpital psychiatrique. De nombreuses personnes ont visiblement fait l'objet d'un internement sous le code 12, c'est-à-dire à l'initiative de la police.

L'échange

Mais Christine Collins peut compter sur des personnes intègres qui sont prêtes à l'aider. On a ainsi le révérend Briegleb, interprété par un toujours aussi bon John Malkovich, qui fait le maximum pour donner un coup de main à Christine Collins. Le révérand souhaite pour sa part que la police redevienne une administration qui aide le citoyen. Ce qui n'est alors pas le cas puisque comme il le dit si bien, la police, qui possède les lois, se croît au-dessus des lois. Mais toute la police n'est pas corrompue. Ainsi, un officier de police est celui qui va permettre de débloquer la situation en faveur de Christine Collins.

L'échange

Une autre réussite du film de Clint Eastwood est le fait que le cinéaste américain arrive à mélanger une histoire personnelle avec des faits qui nous ramènent à la vie publique. De surcroît, le film mélange tout à la fois drame et thriller. Car on va de découverte en découverte (et la raison de l'absence de réapparition du vrai Walter Collins fait froid dans le dos) et au bout du compte, le spectateur peut avoir un avis tout à fait personnel sur la fin du film et donc sur la fin de cette histoire.

On appréciera aussi la musique du film, composée par Clint Eastwood, qui accroît l'émotion que l'on a à regarder cette histoire qui semble bien injuste.
Mais au-delà de toutes ces injustices, Clint Eastwood n'est pas totalement négatif sur le genre humain. Ce n'est pas un hasard si dans les dernières minutes du film Christine Collins déclare qu'elle aimerait bien que le film New York-Miami le prix de meilleur film lors des Oscars. Ce qui est le cas. Et cette information, au demeurant anecdotique, montre que Christine Collins est prête à continuer une nouvelle vie. En effet, New York-Miami est une comédie romantique de Frank Capra, réalisateur connu pour garder foi en le genre humain.
Au final, L'échange est un drame intense sur une femme qui veut connaître la vérité. Le film bénéficie d'un excellent scénario et de très bons acteurs, notamment d'Angelina Jolie, qui tient là le rôle de sa vie.
Une nouvelle fois, Clint Eastwood livre un film d'un excellent niveau.

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08:02:30, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : The duchess
Réalisateur : Saul Dibb
Avec : Keira Knightley, Ralph Fiennes, Charlotte Rampling...
Durée du film : 1 h 50

Date de sortie en salles : 12 novembre 2008

Par Nicofeel

The duchess

Réalisé par l'anglais Saul Dibb, The duchess est un drame romanesque en costumes. Adaptation d'un roman (qui se base sur des faits réels) d'Amanda Foreman devenu un best-seller Outre-Manche, The duchess raconte l'histoire d'une femme, Georgiana Spencer (Keira kgnightley) qui s'est mariée très jeune avec le duc de Devonshire (Ralph Fiennes). Ne pouvant donner des enfants mâles à son époux, elle doit faire avec les relations extra-conjugales de ce dernier. Pour tenter de vivre sa vie, elle s'engage en politique où elle soutient la candidature de Charles Grey, jeune homme du parti libéral qu'elle a connu quelques années plus tôt.
The duchess est un film qui retrace parfaitement l'ambiance et les moeurs de l'Angleterre du XVIIIème siècle. Et pas seulement en raison des costumes, des beaux décors et de la musique classique (du Beethoven, du Bach, du Vivaldi) que l'on entend tout au long du film. The duchess évoque parfaitement la société anglaise de cette époque où la liberté est extrêmement limitée.
La liberté est unilatérale : l'homme a tous les droits. La femme n'existe que par rapport à l'homme. La femme est avant tout celle qui va porter en elle la descendance de l'homme. Le personnage peu sympathique du duc de Devonshire (incarné par un Ralph Fiennes aux antipodes des rôles romantiques qu'il interprète habituellement) est à ce propos un pur produit de son époque. Il ne s'est marié et ne souhaite qu'une chose de son épouse : qu'elle lui donne une descendance, mâle de surcroît. Dès ses premiers minutes, le film fait état d'une sorte de pacte qui est conclu entre le duc de Devonshire et la mère de Georgiana (jouée par Charlotte Rampling). Cette dernière s'engage oralement à ce que sa fille donne un fils au duc de Devonshire. C'est la condition pour que le mariage ait lieu. Dans cet entretien qui dénote des personnages d'une extrême froideur où le sentiment n'a pas sa place, la mère de Georgiana se porte garante de sa fille.
Et le film va s'attacher à nous étayer cette idée d'une société où la femme n'existe que par rapport à l'homme. Pourtant, à l'instar de son personnage d'Elizabeth Bennet dans Orgueil et préjugés (très beau film de Joe Wright), Keira Knightley incarne une femme qui cherche l'amour et qui est éprise de liberté.
C'est d'ailleurs la raison pour laquelle elle participe activement à la campagne du jeune Charles Grey (joué par un Dominic Cooper un peu fallot). Georgiana est d'ailleurs très lucide sur la notion de liberté, comme lorsqu'elle s'adresse pour la première fois au libéral mister Fox. Dans un discours d'une grande justesse, elle lui demande ce qu'est la liberté si tout le monde n'y a pas droit. Elle prend l'exemple du droit de vote qui est limité. Elle met cet exemple en parallèle avec celui d'un mort : un homme mort peut-il être moyennement mort ?
Si le parti libéral, alors parti d'opposition, n'est que pour une ouverture moyenne sur le droit de vote (auquel n'ont par exemple pas accès les femmes), on comprend aisément pourquoi la révolution (qui n'a pas encore eu lieu en France) est tant attendue par certains, notamment en Angleterre.
Avant cela, le duc de Devonshire peut continuer à profiter de son statut, qui fait de lui un homme riche et influent. En étant un homme, il s'autorise des choses qu'il refuse à sa femme. Ainsi, il lui impose la présence de sa maîtresse dans la demeure familiale. A contrario, la duchesse ne peut ni coucher ni même seulement voir l'homme qu'elle aime et qui l'aime. Une des réussites du film tient au déchirement provoqué par cette histoire d'amour impossible.

The duchess

La duchesse se bat contre cette injustice mais face à cette société où les convenances sont primordiales et où l'homme est omnipotent, elle ne peut pas faire grand chose.
Il n'est pas déraisonnable de faire un parallèle entre la situation de la duchesse et celle de la princesse Lady Diana. En effet, l'une et l'autre ont dû vivre aux côtés d'un homme qu'elles n'aiment pas et qui ne les aiment pas. Par ailleurs, elles ont dû supporter une situation d'adultère qui est devenue quasiment naturelle. Ainsi, elles ont dû subir le même destin tragique (sans compter pour la duchesse de Devonshire des fausses couches, un viol de la part de son époux ou encore un enfant abandonné). En revanche, ces deux femmes étaient adorées à leurs époques respectives par le peuple. En somme, ce n'est pas forcément un hasard si Georgiana est l'arrière-arrière-arrière-grand-tante de Lady Di.
Comme Lady Diana, Georgiana devient l'héroïne bien malgré elle d'une véritable tragédie. Le film retranscrit parfaitement le côté très conservateur d'une Angleterre où le raison prend inmanquablement le pas sur les sentiments. De son côté, Keira Knightley continue à interpréter avec force des rôles de femmes au destin tragique, comme cela avait déjà été le cas dans le très réussi Reviens-moi de Joe Wright, sorti sur les écrans au début de l'année 2008. Aux côtés de Keira Knightley, on retrouve dans le film La duchesse un Ralph Fiennes dans un rôle peu enviable. Il interprète un homme qui n'a rien pour lui sur le plan humain. Il n'a de sentiment pour personne et il ne s'intéresse à rien de particulier, hormis son idée fixe d'avoir comme descendance des enfants mâles. Cependant, le personnage joué par Ralph Fiennes est bien le personnage dominant car il possède deux facteurs qui sont essentiels à cette époque : c'est un homme et il est riche. Ralph Fiennes est de son côté parfaitement crédible dans le rôle de cet homme égocentrique, lequel est représentatif des mentalités de cette période de l'Histoire.

The duchess

Au final, The duchess est un drame humain bien réalisé qui bénéficie, outre d'un scénario compétent, d'une distribution solide, de beaux décors et d'une BO en parfaite adéquation avec le film. The duchess est donc un film à voir.

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08:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Varver

Réalisé par Franklin Guerrero Jr (déjà auteur du sympathique The 8th plague), ce Carver proposera à son spectateur un voyage glauque dans la violence sordide et malsaine autour d'une intrigue certes simpliste mais captivante et par moments envoûtante.
Le script met en scène un groupe de jeunes adultes qui, en route pour un séjour de camping, vont se retrouver être les victimes d'un psychopathe s'amusant à filmer et à mettre en scène ses meurtres.

CarverD'entrée, le métrage va annoncer la couleur en avançant lors de sa séquence pré-générique une demoiselle se réveillant ligotée dans une cave crasseuse sans qu'elle n'ait le temps d'essayer de se libérer avant d'un imposant personnage ne vienne la maltraiter et finalement la décapiter, pour ensuite laisser la place à la présentation des personnages principaux et d'abord Bryan et Pete, deux frères en route pour retrouver Rachel et Zack, un couple d'amis à eux avec qui ils ont organisé une partie de camping dans les bois. Le point de ralliement se trouvera être un bar miteux, le "QG", qui au-delà même de son apparence décrépi et nauséabonde (les toilettes...), permettra au réalisateur de déjà faire monter une certaine tension aussi bien au travers du tenancier étrange et de son compagnon patibulaire que par l'intrusion d'un policier qui va justement emmener ce dernier avec lui. Au moment de repartie, le propriétaire du bistrot, handicapé d'une jambe, va demander de l'aide au groupe pour rentrer quelques fournitures, en échange de la promesse d'une soirée avec boissons gratuites lors du prochain karaoké, ayant justement lieu le soir même. Après l'avoir aidé, les quatre personnages vont donc se rendre dans la forêt et faire la connaissance de Kate, une campeuse attendant des nouvelles se son amie disparue quelques temps auparavant.

CarverCette mise en situation présentera des personnages définitivement éloignés des stéréotypes du genre pour leur permettre d'avoir l'air naturel, entre la gaieté du couple et les petits problèmes existants entre les deux frères, Bryan se sentant étouffé par son frère plus âgé et trop protecteur, ce qui facilitera une certaine identification qui ne fera que rendre les événements à venir plus douloureux et impactants. Et justement ensuite les cinq protagonistes vont s'en aller faire une petite randonnée, à la recherche de l'amie de Kate, pour découvrir une vielle maisonnette apparemment abandonnée dans laquelle ils vont bien entendu pénétrer pour inspecter les lieux.

CarverAu cours de leur exploration, ils vont découvrir de vielles bandes de films en 8mm ainsi qu'un projecteur. Leur curiosité éveillée, ils vont lancer une des bandes pour tomber sur une sorte de films d'horreur amateur montrant un individu massacrer des campeurs, le tout d'un réalisme insoutenable. Bien sûr, le spectateur reconnaîtra sans problème l'assassin comme étant celui de l'introduction, alors que le réalisateur arrivera à présenter cette bande 8mm à la manière d'un "snuff" de façon largement efficace et parvenant à mettre mal à l'aise sans pour autant verser dans un gore franc, mais le montage adoptée rendra cette séquence particulièrement efficace, achevant d'installer une atmosphère lourde de menace et de tension, surtout que Bryan, s'étant déjà permis de voler une des bandes, croira reconnaître les lieux du "tournage" du film qu'ils viennent de voir dans les bois, retrouvant même par terre une dent humaine.

CarverCela n'empêchera par les cinq personnages de se rendre à la soirée donnée au "QG", laissant ainsi peu à peu le piège se refermer sur eux, d'autant que Pete va insister pour retrouver dans la maisonnette reposer la bande substituée par son frère, ouvrant ainsi une seconde partie au cours de laquelle le métrage va sombrer dans la folie sanglante la plus glauque qui n'épargnera personne lors d'une série de situations toute plus brutales et vicieuses les unes que les autres. En effet, le réalisateur va alors faire intervenir son meurtrier qui va d'abord s'en prendre à Zack pour une scène inédite au cours de laquelle ce dernier va se faire écraser les testicules avec une pince (en gros plan s'il vous plaît !), avant que l'intrigue ne se déplace dans les bois et surtout dans la maisonnette qui va se révéler être le lieu de tous les carnages, laissant le tueur s'amuser avec ses victimes de façon sauvage et perverse (les clous enfoncés dans différentes parties de l'anatomie d'une demoiselle) mettant en avant une brutalité sans nom dans l'art de mutiler et de copieusement massacrer ses victimes agonisantes à coups de marteau ou à l'aide d'outils divers et variés.

CarverMais malgré ce qu'on pourrait croire, le métrage ne versera jamais dans le voyeurisme béat, laissant ses abominations terribles s'inscrire dans une action sans cesse renouvelée qui laissera même au-delà de la tension permanente percer un certain suspense pour mieux réussir à amener des effets de surprise globalement performants, tout en arrivant également à interpeller dans le choix précaire des survivants potentiels pour ainsi s'écarter des principes de base du genre et continuer à surprendre pour même devenir sévèrement nihiliste dans son final refusant toute "happy-end" pour mieux assener un dernier coup au spectateur.

CarverRendus humains et attachants par une approche naturelle, les personnages subiront donc des violences qui affecteront le spectateur, le mettant mal à l'aise, coincé entre le caractère débridé et "jouissif" de la cruauté barbare du tueur et l'empathie ressentie pour les protagonistes, sentiment qui sera encore renforcé par l'atmosphère glauque et sordide enveloppant le métrage (même si parfois cet aspect pourra sembler trop appuyé, comme lorsque le réalisateur "s'amusera" avec les excréments), avec ces images "snuff" de la première partie et l'ambiance délétère et suffocante de la maisonnette, renvoyant directement aux grandes heures du premier Massacre à la tronçonneuse avec lequel le métrage entretiendra d'étroites relations, avec en plus aussi bien son tueur imposant et masqué (même si ici ce ne sera pas de la peau humaine) qu'avec le traitement fait des restes humains.

CarverAlors bien sûr l'intrigue ne sera pas follement originale dans son concept et laissera quelques longueurs d'avance au spectateur qui n'aura que très peu de doutes sur l'identité du meurtrier rapidement mis en scène et déclaré comme tel (avec notamment la séquence ou le policier va l'emmener à travers bois jusqu'à la dépouille torturée d'une jeune femme), mais le réalisateur aura l'intelligence de laisser plusieurs zones d'ombre traîner tout au long du film pour ne jamais devenir prévisible sur le fond ( et ce même si quelques situations auront un goût de "déjà-vu"), mais surtout aucun twist foireux ne viendra endeuiller le dernier acte pour préférer une simplicité désarmante et tout aussi efficace.

CarverL'interprétation est exemplaire, avec de jeunes acteurs n'en faisant jamais trop et parvenant à faire passer leurs sentiments et leur douleur, tandis que la mise en scène de Franlin Guerrero Jr (un auteur à suivre dans l'avenir qui après la bonne impression de son premier long métrage confirme ici un talent indéniable et une volonté jusqu'auboutiste rare) est efficace pour imprégner son film d'une atmosphère lourde et sordide tout en suivant l'action de près pour rendre ses temps forts dramatiques et tétanisant, tout en faisant preuve d'un sens du suspense avéré. Les effets spéciaux sont largement probants pour verser dans un gore franc et direct qui ne cherchera pas pour autant l'outrance ou la surenchère afin de toujours demeurer réaliste et ainsi de montrer une violence brute et sans rémission.

Donc, ce Carver arrivera sans peine à devenir complètement immersif dans son art d'atteindre des sommets de sauvagerie franche mais sans jamais devenir contemplatif ou inutile pour un résultat qui méritera largement d'être découvert par sa capacité à mettre mal à l'aise et pour son jusqu'auboutiste définitif !

CarverLe DVD de zone 2 anglais édité par Danger After Dark avancera une image nette mais qui aura hélas tendance à perdre quelques détails lors des séquences se déroulant dans l'obscurité, tandis que la bande-son sera largement efficace en renforçant encore l'atmosphère trouble du film tout en appuyant certains temps forts pour mieux se montrer discrète ailleurs, le métrage étant ici proposé en version anglaise sans aucun sous-titres.
Au niveau des bonus, on pourra suivre un petit mais intéressant making-of laissant surtout la parole aux différents interprètes du film, quelque scènes coupées non dénuées d'intérêt, une courte galerie de photos, ainsi que la bande-annonce du film suivie de celles d'autres titres de l'éditeur.

Pour ceux qui voudraient plonger dans l'ambiance macabre et sauvage de ce film d'une brutalité absolue, le DVD de zone 2 anglais est disponible ici ou !

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16.11.08

15:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Home sick

Petite production indépendante au budget serré, ce Home sick pourra néanmoins s'appuyer sur une intrigue certes un peu bancale mais prétexte à de nombreuses explosions sanglantes pour alterner ses passages délirants et décalés avec d'autres bien plus tendus pour un résultat final prenant et largement volontaire.
Le script va suivre les déboires d'un groupe de jeunes qui après avoir été confronté à un mystérieux individu qui leur aura demandé de nommer la personne que chacun haïssait le plus, vont voir les individus cités périr dans d'atroces circonstances avant d'être eux-mêmes la proie de cette étrange malédiction, puisque l'un d'eux aura dit qu'il détestait tout le gens présents dans la pièce à ce moment-là.

Home sickD'entrée le métrage va mettre son spectateur dans le bain en suivant lors d'une séquence pré-générique un junkie lassé de voir deux de ses amies lesbiennes se trémousser sur un lit qui va sortir acheter des cigarettes pour ensuite revenir chez lui et trouver sa baignoire ensanglantée et jonchée de débris humains avant d'être lui-même la victime d'un mystérieux personnages masqué qui va lui perforer le crâne avec un couteau, livrant ainsi au métrage sa première scène sanglante très graphique à défaut d'être foncièrement originale.

Home sickEnsuite, l'intrigue va nous présenter ses principaux personnages et notamment Claire, une demoiselle pas franchement ravie de revenir passer les fêtes de fin d'année en Californie (et pour cause…) qui va se rendre à une soirée chez un groupe d'amis à elle pour découvrir ceux-ci en train de siroter de la bière en regardant Evil dead trap 2 à la télévision. Vaguement longuette, cette mise en place des personnages tournera court avec l'apparition d'un individu non invité qui va réellement déclencher l'action de manière envoûtante.

Home sickEn effet, un homme vêtu comme un vendeur itinérant va pénétrer dans l'appartement et, après avoir ouvert sa mallette pleine de lames de rasoir et pris en otage Candice, une demoiselle présente, il va demander à chacun de citer une personne détestée, s'entaillant le bras à chaque réponse, jusqu'à ce que Tim, après avoir déclaré haïr l'homme en question, dira détester tous les gens présents dans la pièce, dans un souci d'abréger l'incident. L'homme s'en ira ensuite et chacun va penser reprendre une vie normale.

Home sick Mais ce ne sera qu'illusion, puisque rapidement les personnes cités (dont le junkie vu en introduction) vont périr les unes après les autres jusqu'à ce que ce soir au tour de Candice de mourir également, tué par cet inconnu masqué et déclenchant une prise de conscience des survivants qui vont chercher à se protéger du danger en allant chez l'oncle de l'un d'eux, celui-ci étant un féru d'armes à feu, mais mal leur en prendra comme nous le découvrirons dans un dernier acte terriblement jouissif et sanguinolent.

Home sickAutour de cette intrigue quelque peu foutoir, le réalisateur Adam Wingard (dont c'est le premier long métrage) va pouvoir s'orienter vers différents genres pour amener ses rebondissements. Ainsi, certains meurtres lorgneront de manière évidente vers le giallo, avec cet assassin masqué et ganté de noir, mais les débordements graphiques tireront plus vers le slasher pur et dur, avec par exemple cet explosion de tête sur un mode directement hérité de la scène du "trottoir" d'American history X, en version gore et graphique. Mais l'élément surnaturel ne sera pour autant complètement oublié, avec la nature même du boogeyman qui se révélera être un monstre (fort réussi) issu d'on ne sait où. Et c'est justement de là que viendra le seul véritable reproche que l'on pourra faire au film, en effet, jamais l'identité ni l'origine de l'homme au rasoirs ne sera ne serait-ce qu'esquissée, et ce bras armé qui viendra occire la majorité du casting ne trouvera pas plus d'explication ni de passé, laissant de fait quelque peu le spectateur sur sa faim de ce côté-là.

Home sickMais heureusement, ceci ne restera qu'un détail tant le réalisateur parviendra à dérouler son intrigue sur un mode jubilatoire, passé l'exposition et quelques temps morts qui reviendront ralentir légèrement le rythme à mi-parcours, pour accumuler des séquences d'abord quasiment uniquement franchement graphiques et n'hésitant pas à verser dans un gore franc et direct (avec par exemple ce coup de hache au résultat surprenant par son réalisme graphique), pour laisser quand même parfois des idées glauques et déviantes venir parcourir le film, avec notamment la réaction saugrenue et malsaine de Candice lorsqu'elle trouvera sa mère morte, puisqu'elle se roulera littéralement dans le sang répandu sur le carrelage, donnant ainsi un aspect érotique trouble à cette séquence, avant de se mettre à vomir sur la cadavre ensanglanté. Mais par petites touches le métrage va aussi imposer un ton résolument porteur d'un humour décalé et outrancier qui trouvera son apothéose lors de la visite chez l'oncle de Tim.

Home sickEn effet, Devin, l'un des protagonistes, timide et maniéré, apportera d'entrée un touche comique avérée qui prendra un peu plus d'ampleur au fur et à mesure que l'intrigue avancera jusqu'à nous offrir quelques passages bien fous. Mais cela ne sera rien comparé à la séquence hystérique de la découverte de l'arsenal de l'oncle de Tim, complètement décalée et délirante et qui tranchera carrément avec les situation suivantes, l'auteur excellant alors dans l'art de faire en un instant passer l'ambiance jusque là souriante en une gravité porteuse d'une tension sévère et consistante. Enfin, d'autres situations amèneront un humour toujours souriant en étant jubilatoire et déplacé.

Home sickLes protagonistes parviendront à avoir une vie propre malgré leur apparence appartenant un genre "grunge: métal" guère impactante et le spectateur arrivera même à s'attacher quelque peu à Claire, personnage blessé tout au long du métrage qui ne sera pas du tout épargnée lors d'un final refusant en bloc la "happy end" d'usage pour se montrer bien vicieux et méchant, et l'interprétation sera ici convaincante et permettra de suivre avec un plaisir réel Bill Moseley et Tom Towles dans des rôles collant à leur démesure tandis que la "scream queen" Tiffany Shepis viendra apporter une touche d'érotisme non dissimulé à l'ensemble.
La mise en scène du réalisateur collera parfaitement au style des différentes séquences pour arriver à créer une atmosphère glauque et prenante lorsqu'il le désirera, mais hélas certains effets clippesques viendront gâcher quelque peu certains plans.

Home sickMais l'une des grandes qualités du métrage restera ses effets spéciaux impeccables qui verseront dans un gore débordant parfois d'imagination dans l'art de massacrer les victimes du tueur masqué, pour nous offrir ainsi des plans carrément surprenants et ouvertement jouissifs (la main passant littéralement au travers d'une tête, par exemple), surtout à la vue du petit budget alloué au film, ce qui ne fera d'ailleurs que renforcer l'impact de ces plans gores qui pour certains seront mémorables et même inédits.

Donc, ce Home sick sera réjouissant de bout en bout grâce à sa volonté avérée d'en donner à son spectateur pour son argent, tout en arrivant à générer de la tension et à envoûter même parfois par ses séquences maîtrisées, faisant aisni du métrage une excellente surprise parmi les nombreux petits budgets inondant le marché !

Home sickLe DVD de zone 0 édité par Synapse Films avancera une image nette et sans défaut, tandis que la bande-son sera grandement efficace grâce à une partition musicale adaptée et partie prenante dans l'ambiance tendue de certaines situations, le métrage étant ici proposé en version anglaise sans aucun sous-titres.
Au niveau des bonus, on pourra suivre une séquence d'introduction sucrée au montage et heureusement car celle-ci, bien que développant les personnages, n'apportait pas grand-chose, une interview de Bill Moseley bien délirante, un petit module suivant le réalisateur à bout de souffle revivre pour nous certaines séquences du film et nous racontant quelques situations, telle sa première rencontre avec Bill Moseley justement et enfin, trois courts-métrages du réalisateur vraiment intéressants et prometteurs viendront clore ces bonus globalement passionnants.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce petit film très généreux et méritant vraiment d'être découvert, le DVD de zone 0 est disponible ici ou !

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14.11.08

08:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Les bureaux de Dieu
Réalisatrice : Claire Simon
Avec : Nathalie Baye, Nicole Garcia, Isabelle Carré, Béatrice Dalle, Emmanuel Mouret, Michel Boujenah...
Durée du film : 2h02
Date de sortie en salles : 5 novembre 2008

Par Nicofeel

Les bureaux de Dieu

Réalisé par la française Claire Simon, Les bureaux de Dieu est un film qui entraîne le spectateur dans un centre du planning familial. Si la cinéaste a choisi une distribution de stars, les différents dialogues qui ont lieu entre les conseillères conjugales et familiales et les femmes venues les voir, sont issues d'entretiens réels qui ont eu lieu de 2000 à 2007.
Le film réunit une pléiade d'actrices célèbres : Nathalie Baye, Nicole Garcia, Isabelle Carré, Béatrice Dalle, Emmanuel Mouret ainsi que les acteurs Emmanuel Mouret et Michel Boujenah. Ces stars se révèlent toutes très probantes dans leurs rôles respectifs. On oublie d'ailleurs assez rapidement que l'on a affaire à des stars et on se focalise sur les entretiens qui se déroulent dans ce planning familial.
Car l'une des forces du film de Claire Simon est de nous donner l'impression que ces stars sont des conseillères familiales. Il faut dire que la mise en scène n'est nullement télévisuelle : il n'y a pas de champ/contre-champ lors de ces entretiens. Il y a une caméra qui est en mouvement et qui nous montre tantôt la conseillère (interprétée par l'une des stars) tantôt la femme venue la voir, seule ou accompagnée.
Avec des personnalités très différentes, ces conseillères ont pour autant un but commun : aider les jeunes femmes venues les voir et répondre à leurs interrogations. Dans ce film, on a droit à tous types de situation. Le film démarre avec des entretiens assez drôles avec une jeune femme qui demande si une grossesse sans pénétration est possible. Il faut bien dire que la conseillère familiale est là pour ça : donner des explications sur l'éducation sexuelle. Une autre déclare qu'elle cache dehors ses pilules afin que sa mère ne tombe pas dessus.


Mais par la suite le film comporte des scènes avec des femmes qui sont véritablement aux abois : on a ainsi une jeune femme qui voudrait garder son enfant mais qui d'un autre côté ne sait pas si celui-ci est de son mari ou d'un homme qu'elle a fréquenté. On a également une jeune femme qui sort d'un hôpital psychiatrique et qui voudrait avorter car elle ne sent pas capable d'élever seule un enfant. Il y a enfin ces femmes qui ont trop tardé pour avorter en France et que l'on aide afin qu'elles aillent avorter en Espagne. Les conseillères sont surtout là d'ailleurs pour conseiller les femmes qui ne souhaitent pas avoir d'enfants (pilule, stérilet) ou qui souhaitent avorter (IVG, le film faisant d'ailleurs une référence à Simone Veil lorsque l'actrice Isabelle Carré lit un extrait d'un ouvrage de cette dernière).
Le dernier entretien du film a lieu avec une prostituée. Celle-ci avoue que c'est la troisième fois qu'elle fait l'amour avec un ami qu'elle aime et c'est la troisième fois qu'elle tombe enceinte. Elle vient donc avorter pour la troisième fois. Cette femme fait preuve d'un sens du romantisme évident. Elle aime cet homme et c'est la raison pour laquelle, à la différence du traitement qu'elle effectue avec ses clients, elle a une relation sexuelle non protégée. La nature semble prouver qu'elle aime cet homme puisqu'elle tombe à chaque fois enceinte une fois qu'elle a fait l'amour avec celui-ci. La conseillère familiale lui fait d'ailleurs savoir de manière amicale que c'est très étonnant.
Très proche d'un documentaire dans les éléments qu'il délivre, le film de Claire Simon s'en démarque cependant sur certains points. On voit les rapports entre les conseillères en dehors des entretiens. Par ailleurs, de nombreux moments quotidiens sont montrés, comme ces moments de repos à fumer une cigarette ou à boire un café. Eh oui, ces femmes ont elles aussi une histoire. C'est d'ailleurs ce qui fait qu'on ne les voit pas comme des actrices mais bien comme les conseillères qu'elles interprètent.

Profondément humain, le film Les bureaux de Dieu porte un regard animé par un certain respect envers ces conseillères qui font tout pour sortir ces femmes, jeunes et moins jeunes, venues pour obtenir des renseignements, du réconfort, de l'aide.
Car comme le dit si bien une des conseillères dans le film, on va tout faire pour que vous ne soyez pas un chiffre. Ici, au centre du planning familial, on s'occupe des gens, qui sont plus ou moins angoissés, pour tenter de les aider dans leurs démarches. Car chaque cas est un cas différent.

Les bureaux de Dieu est un film animé par un sentiment humaniste, où l'être humain (par le biais de la conseillère conjugale et familiale) apparaît sous un jour favorable. Mais le film n'en n'est pas moins lucide sur la société et sur les différents problèmes qu'elle comporte (exemples : le jeune homme qui est venu avec sa copine au centre de planning familial pour savoir si elle est vierge ; les deux jumelles qui ont fui leur famille pour ne pas être mariées de force à des cousins qu'elles ne connaissent pas, et surtout pour ne pas faire un mariage blanc qui aurait uniquement pour but le fait que ces cousins obtiennent la nationalité française).
En plus d'être bien mis en scène, le film est instructif. Il mérite donc que l'on aille le voir.

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08:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Stella
Réalisatrice : Sylvie Verheyde
Avec : Léora Barbara, Karole Rocher, Benjamin Biolay, Guillaume Depardieu, Melissa Rodrigues...
Durée du film : 1h43
Date de sortie en salles : 12 novembre 2008

Par Nicofeel

stella


Réalisé par Sylvie Verheyde, Stella est une chronique sur la société des années 70 assez réussie. Le film est très largement autobiographique. En effet, comme dans le film, la cinéaste française est entrée en classe de 6ème en 1977. Sylvie Verheyde s'est donc servie de ses souvenirs d'enfance pour faire son film.
Ici, Stella est une jeune fille, une pré-adolescente, qui vit dans le XIIIème arrondissement de Paris avec des parents qui tiennent un bistro. Elle a la chance d'intégrer pour son entrée en 6ème un lycée de « riches », le lycée La Fontaine, dans le XVIème arrondissement. Elle ne se rend pas immédiatement compte de cette chance mais elle finira par le comprendre.
Dès le début du film, on saisit qu'il y a deux univers : celui de la France populaire que l'on retrouve au bistro des parents de la petite Stella. Là, tous les gens sont un peu paumés et claquent tout leur argent au bar. La plupart sont devenus des amis de Stella et notamment Alain-Bernard (un des derniers rôles au cinéma du regretté Guillaume Depardieu) qui est pour elle une sorte de prince charmant.

Alain-Bernard a tout de l'homme gentil, attentionné et qui porte une certaine tristesse en lui. Il est l'Ami de Stella. A l'opposé de cet univers, Stella a bien du mal à se faire une place parmi les enfants de riches de son lycée parisien. Elle n'arrive pas à suivre l'enseignement qui est inculqué dans son lycée et a fortiori elle n'a pas envie d'apprendre. Il faut dire que ses parents ne l'aident pas pour faire ses devoirs et l'empêchent même de dormir avec les nombreuses fêtes nocturnes qui ont lieu dan leur bar.
Le film comporte de nombreux passages humoristiques qui montrent le désarroi de Stella. En effet, comme elle le dit si bien, pour ce qui est de la musique, des jeux de cartes, du bar ou encore des cocktails, elle est incollable. Pour le reste, elle est nulle ! Et cela s'en ressent à l'école où elle ne fait au début pas le moindre effort et obtient logiquement des notes catastrophiques. Oui mais voilà, les choses sont amenées à changer. Elles sont dues à la nouvelle fréquentation de Stella, Gladys, une jeune fille de sa classe. Gladys est la seule amie que s'est fait Stella au lycée La Fontaine.

A son contact, Stella fréquente un autre monde, prend goût à la lecture et finit par se battre pour passer en classe de 5ème.
Stella est un film nostalgique, sur une époque qui représente beaucoup aux yeux de son auteur. La passion initiale de Stella pour les chanteurs de variétés se retrouve au niveau de la BO. On reconnaît ainsi plusieurs tubes de Sheila : Love me baby ; Tu es le soleil ; Les femmes mais aussi des tubes d'Eddy Mitchell, notamment Couleur menthe à l'eau. Le juke-box qui eest installé dans le bar des parents de Stella nous donne également l'occasion d'entendre Michèle de Gérard Lenorman, 15ème round de Bernard Lavilliers ou encore Où sont les femmes de Patrick Juvet. Toute cette musique est progressivement oubliée par Stella qui décide de sortir de son univers. Elle comprend que sa chance ne peut venir que d'une intégration au lycée La Fontaine. Très lucide la petite. Et cela montre par la même occasion que l'école peut jouer son rôle comme facteur d'ascension sociale.
Le passage d'une culture musicale populaire à une culture littéraire marque bien le changement d'attitude de Stella. Cette petite fille, de pré-adolescente, devient une adolescente comme le prouvent de manière explicite plusieurs éléments du film : le moment où elle a pour la première fois ses règles ; son premier émoi amoureux qui fait suite à sa première boum (où l'on aura reconnu le tube Ti amo d'Umberto Tozzi).
Stella ne renie pas pour autant ses origines : ainsi, elle passe ses vacances chez sa meilleure amie, une petite fille du Nord dont la situation familiale est encore moins enviable que celle de Stella avec un père alcoolique et les deux parents qui sont au chômage.
Film portant un regard attendrissant sur son héroïne, Stella ne baigne pas pour autant dans un océan de bons sentiments. En effet, le film évoque les discordes qui ont lieu entre les parents de Stella, rendant cette dernière spectatrice bien impuissante. Elle ne peut rien faire, même si elle aime ses deux parents. Benjamin Biolay dans le rôle du père faible et cocu et Karole Rocher dans le rôle de la mère sur laquelle tout repose, sont particulièrement bons au niveau de leurs interprétations. La réussite du film tient pour partie à cette relation familiale compliquée.

En somme, voilà un beau film nostalgique qui dresse le portrait d'une jeune fille qui entre de plein pied dans l'adolescence. La chanson finale, intitulée La chanson de Stella, et interprétée de façon très émouvante par la réalisatrice du film, résume à elle seule très bien le ton de ce long métrage.

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13.11.08

08:30:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Tropical Manila
Réalisateur : Lee Sang-Woo
Film sud-coréen et philippin
Durée du film : 1h29
Date de sortie en salles : Indéterminée(film vu le 5 novembre 2008 en présence du réalisateur dans le cadre du 14ème festival Cinémas et Cultures d'Asie de Lyon)


Par Nicofeel

Tropical manila

Réalisé en 2008 par le cinéaste sud-coréen Lee Sang-Woo, Tropical Manila (Manila signifiant Manille, la ville en Philippines où se déroule l'action du film) traite d'une réalité assez dure qui a lieu aux Philippines.
Le personnage principal du film, un sud-coréen, a quitté son pays d'origine après avoir commis un meurtre. Il attend dès lors qu'il y ait prescription pour regagner son pays. En effet, il faut savoir qu'en Corée du Sud, quand quelqu'un commet un meurtre, on peut poursuivre le meurtrier pendant une durée limitée à quinze ans.
Le début du film se situe à un moment où ce personnage a quasiment achevé cette période. D'ailleurs, il barre sur un calendrier les derniers jours qui lui restent à attendre.
Pendant ces quinze ans, ce personnage a fondé une famille aux Philippines. Il vit avec une philippine dont il a eu un enfant, lequel est désormais un adolescent.
Le film Tropical Manila est particulièrement frontal car on a droit à du sexe explicite. Le réalisateur a voulu être fidèle à la réalité. Ainsi, la femme qui vit avec le sud-coréen est traitée comme un objet. Elle doit porter un masque lorsqu'elle fait l'amour. Le réalisateur montre des scènes de sexe explicite et notamment des fellations en gros plan pour marquer la domination du sud-coréen sur sa compagne. Cette dernière est véritablement maltraitée. Elle doit se plier aux exigences de son compagnon quant aux à leurs relations sexuelles. Elle est parfois violentée, même violée et il lui arrive que son compagnon lui gerbe dessus lors d'une relation sexuelle après avoir trop bu.
De manière plus générale, le film dénonce une réalité peu glorieuse : le fait que de nombreux sud-coréens se rendent aux Philippines pour du tourisme sexuel. Ceux qui restent aux Philippines ne se satisfont généralement pas d'avoir une seule femme. Ils n'ont donc aucune considération pour ces femmes.
Le réalisateur du film, qui a été assistant réalisateur pour Kim Ki Duk, a établi son scénario à partir d'une histoire qui lui a été racontée entre une mère philippine et son fils né de l'union avec un sud-coréen.
On comprend aisément dans le film que cette femme ne vit pas pour elle mais pour son enfant. Elle souhaite donner un avenir meilleur à son fils. Elle ne demande dès lors qu'une chose à son compagnon : qu'il amène avec lui son fils lorsqu'il décide de retourner en Corée du Sud.
La relation dans le film entre le père et le fils est conflictuelle mais il lui arrive d'être normale. D'un côté, le fils ne supporte pas que sa mère soit considérée comme une rien du tout. Il souvent animé par l'envie de tuer son père.

Tropical manila

Il faut dire que ce dernier le frappe par moments ou lui fait l'humiliation de l'enfermer dans une cage, qui est vue par tous les passants. D'un autre côté, le père a tout de même un certain respect pour son fils, comme le prouvent la scène du bain ou la scène durant laquelle le père met un pédophile qui s'en prend à son fils dans une cage.
Sur ce dernier point, il est utile de noter que le film explique une autre réalité pour le moins sordide. Certains adultes qui vivent aux Philippines abusent sexuellement de mineurs. Il n'est ainsi pas rare dans ce pays qu'un homme d'une cinquantaine d'années se prête à des abus sexuels sur des garçons ou filles de 15 ou 16 ans, contre une somme d'argent. Ce qui arrive au fils du sud-coréen dans le film est terrible, et ce d'autant plus lorsque l'on sait que ceci est basé sur des faits réels.
Le film Tropical Manila est très dur à regarder. Ce sentiment est rehaussé par les images marquantes qui apparaissent à l'écran. Ainsi, le personnage principal du film vend des poules et des poissons (qui sont omniprésentes aux Philippines) sur le marché. Le réalisateur nous montre en gros plan les scènes où sont tués ces animaux et poissons. Ce filmage est certainement fait pour marquer les esprits et pour montrer le caractère bien brutal du personnage principal.
Venons-en à des éléments du film qui sont moins réussis. Le principal défaut tient à la mise en scène. Les images se succèdent dans le film à un rythme un peu trop soutenu, ce qui ne semble pas vraiment utile au vu de la thématique du film. Par exemple, la scène d'ouverture, filmée caméra à l'épaule, n'apporte rien, sinon de donner mal au crâne au spectateur.
On regrettera également le peu de dialogues du film, mais ce bémol reste mineur.
Au final, Tropical Manila est dans l'ensemble un film plutôt réussi qui le mérite de mettre le doigt sur une réalité bien injuste qui existe aux Philippines. Le cinéaste, qui a mis deux ans pour réaliser son film, a fait preuve d'un courage certain, dénonçant l'injustice que vivent de nombreuses femmes dans ce pays pauvre.
Son film prend d'autant plus d'ampleur que le récit est basé sur une situation familiale déterrminée qui se termine en véritable drame. La fin du film laisse d'ailleurs entendre que le fils va reprendre le même chemin que son père.

Tropical manila
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08:30:00, Catégories: Test / Critique  

Titre de l'animé : Evangelion 1.0 : You are [not] alone
Réalisateur : Hideaki Anno
Avec les personnages de : Shinji Ikari, Rei Ayanami, Misato Katsuragi, Ritsuko Akagi, le commandant Ikari
Durée du film : 1h38
Date de sortie en salles : Pas encore prévue (film d'animation vu le 8 novembre 2008 dans le cadre du 14ème festival Cinémas et Cultures d'Asie de Lyon)

Par Nicofeel

Evangelion 1.0

Sorti fin 2007 au Japon, Evangelion 1.0 constitue le meilleur démarrage pour un animé au Japon.
Ce film d'animation a été fait pour célébrer les dix ans de la célèbre série Evangelion, qui constitue la série la plus rentable au niveau de l'animation au Japon. Quant au manga à l'origine de l'animé, il en est actuellement à onze volumes ; le douzième volume verra peut-être la conclusion de la série.
Réalisé par Hideaki Anno, Evangelion 1.0 est en fait un remontage des six premiers épisodes de la série. Le studio Gainax, à l'origine de la série, devrait sortir au premier semestre 2009 Evangelion 2.0. Suivront ensuite Evangelion 3.0 et enfin Evangelion 4.0
A l'instar d'un George Lucas avec Star Wars, Hideaki Anno a décidé d'offrir une nouvelle version de son oeuvre. Le film d'animation en gagne en limpidité et dans l'animation en elle-même qui a fait l'objet de progrès techniques. On a droit à des éléments en 3 D qui sont tout à fait appréciables.
Au niveau de la trame scénaristique, on retrouve évidemment toous les personnages principaux de la série, à savoir les deux jeunes Shinji Ikari et la jeune fille Rei Ayanami. Shinji, qui est le fils du commandant Ikari, travaille pour l'organisation secrète, la NERV, qui est rattachée aux Nations Unies. Il pilote l'humain de synthèse qui donne son nom à la série et ici au film d'animation : l'Evangelion, et précisément l'Evangelion, unité 01.
Quant à Rei Ayanami, elle pilote le premier Evangelion qui a été créé, l'unité 00.
Le film d'animation Evangelion 1.0 : You are [not] alone nous amène dans un univers de science-fiction où la Terre doit faire face à des attaques de terribles monstres, les anges, qui détruisent le monde avec leurs assauts. Pour faire face à ces assauts, il n'y a qu'une solution : opposer aux anges des robots gigantesques (des mechas), les fameux Evangelion, qui seront pilotés par des humains.
Très réussi aussi bien dans la série que dans ce film d'animation, Evangelion offre une vision très intéressante des rapports entre l'être humain et le robot. Ici, Shinji Ikari et Rei Ayanami ne font qu'un avec l'Eva. Il y a une véritable fusion qui s'opère entre les deux. L'être humain est celui qui pilote à tous points de vue l'Eva.
Dans ce film, les trois combats auxquels on assiste sont des combats titanesques, qui concernent l'humanité, même s'ils se déroulent à Tokyo. On constate que le film d'animation est plus fluide et plus rythmé que la série. D'ailleurs, les éléments qui ont lieu avant le combat sont plus développés. Les combats gagnent eux-mêmes énormément en intensité. Ce qui est une bonne chose car pour les non-initiés les trois combats qui ont lieu peuvent paraître un peu redondants.

Evangelion 1.0

Un autre élément intéressant offert par ce premier film Evangelion 1.0 est le fait qu'Hideako Anno a plus concentré les rapports entre les personnages. On voit plus clairement les rapports difficiles qui ont lieu entre Shinji Ikari et son père. Ce dernier a peu de considérations pour son fils, lequel fait pourtant son maximum pour réaliser les projets de la NERV et donc pour sauver l'humanité. Le commandant Ikari a par contre une relation privilégiée avec Rei Ayanami.
On notera que globalement le film d'animation est très sérieux. Seuls quelques éléments permettent de respirer et d'avoir droit à des moments drôles. C'est la belle et extravertie Misato Katsuragi qui nous offre des scènes marrantes, notamment dans des rapports avec le jeune Shinji qui est pour sa part très timide. On appréciera également le moment où l'on voit le pingouin d'eau chaude (!), le sympathique Pen Pen.
Signalons également que comme dans la série, au milieu du film, on a droit à une mi-temps qui indique qu'on est au milieu du film.
Se terminant par la chanson Beautiful world, interprétée par la célèbre chanteuse Utada Hikaru, qui donne une véritable intensité à la fin du film (qui termine en queue de poisson puisqu'il y a encore trois films qui sont attendus pour former une tétralogie), Evangelion 1.0 : You are [not] alone est une belle réussite. Mais on ne peut s'empêcher de penser qu'il s'agit surtout d'une opération économique car le film ne nous apporte au final pas grand chose de plus que la série. L'animation est certes meilleure mais les éléments nouveaux sont peu nombreux. Voilà donc un film qui reste avant tout réservé aux fans de la série.

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08:30:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Summer trip
Réalisateur : Hiroshi Toda
Film japonais
Durée du film : 1h12
Date de sortie en salles : Pas encore prévue (film vu le 9 novembre 2008 en avant-première mondiale en présence du réalisateur et de l'acteur Shinichi Okayama dans le cadre du 14ème festival Cinémas et Cultures d'Asie de Lyon)

Par Nicofeel

Summer trip


Réalisé par le japonais Hiroshi Toda, Summer trip (Un voyage de l'été) est une ode à la nature et à la vie.
Le film s'intéresse à deux vieux amis, qui sont à la retraite, et qui ont décidé de s'offrir un voyage en forêt. Notons que le film a été tourné dans la campagne de Fukui et de Kyoto. Le film nous montre deux personnages qui, accablés par le poids des années, se sentent fatigués. L'un des amis a des douleurs au dos tandis que l'autre a des douleurs aux genoux. Ce voyage se veut donc un moyen d'oublier ses soucis.
Le réalisateur du film, Hiroshi Toda, est directeur de clinique en plus d'être cinéaste. Il nous fait comprendre dans ce film qu'il y a une part non négligeable des douleurs qui tient de la psychologie. C'est la raison pour laquelle dans le quotidien le plus banal il introduit une part de fantastique.
En effet, les deux personnages de son film vont trouver au bord d'une route un restaurant. Dans celui-ci ils vont avoir le plaisir de manger des plats succulents, qui sont surtout des plats naturels. Loin des produits surgelés qu'ils mangaient peu de temps auapravant, les deux personnages vont manger des nouilles soba aux champignons. Ces champignons « de la chance » auraient la faculté de rendre les gens qui les mangent immortels. Il faut pour cela les cuisiner d'une certaine façon. Evidemment, tout cela n'est qu'une croyance mais cela permet surtout au réalisateur de faire passer son message, à savoir que certaines douleurs (ici le dos et les genoux) sont psychologiques. La seconde fois que les deux personnages se rendent dans ce restaurant étrange, les deux personnages ont droit à des champignons de la chance bouillis dans de la sauce de soja et ils boivent de l'alcool de riz qui les rend particulièrement joyeux.
Avec un filmage quasi contemplatif (des plans fixes et des plans resserés), le réalisateur Hiroshi Toda cherche à transmettre au spectateur un amour de la vie. Les deux personnages évoquent d'ailleurs au début du film leur point de vue sur la vie : l'un des deux a besoin d'un sens à sa vie tandis que l'autre profite simplement de la vie.
Les personnages s'abandonnent dans la nature. Ils profitent de leurs rapports avec la nature : ils dorment à la belle étoile, ils boivent de l'eau de source, ils se reposent. A l'instar des deux personnages, le spectateur ressent une sorte d'apaisement à voir le film, sentiment qui est accru par la musique atmosphérique de Miho Kashiwagi.
Le réalisateur aime filmer la beauté de la nature : on voit une nature en mouvement avec les vagues de l'eau, les nuages. Les différents éléments de la nature symbolisent clairement la vie. D'ailleurs, cela n'est pas un hasard si le film démarre avec un poème de Matsuo Bashô (1644-1694) : « Les cigales vont mourir mais leur cri n'en dit rien ». Evidemment, les cigales, ce sont nos deux personnages. Le réalisateur semble nous dire que ces deux-là ne sont pas encore arrivés au terme de leur vie. Il faut donc qu'ils profitent de la vie. Ils n'ont rien à craindre de cette nature qui est accueillante. On est loin des moments où, comme l'indique un des personnages, on abandonnait les personnes âgées dans les montagnes pour ne plus avoir à les nourrir.
La nature est clairement ici bienveillante. D'ailleurs, la scène où l'on voit une rivière rouge (symbole de vie pour le réalisateur) avec des champignons qui s'en vont est le symbole de l'écoulement de la vie.
Dernière qualité du film : le fait que le surnaturel, l'étrange s'immisce de façon naturelle dans le quotidien le plus banal. D'ailleurs, le réalisateur en joue puisqu'il nous offre à la fin quelques rebondissements (on pourrait presque parler de twist) avec l'idée du rêve ou encore avec l'existence du restaurant.
Le film Summer trip comporte également quelques défauts. Le principal de ceux-ci est l'idée même d'avoir filmé en DV. Le film perd en netteté, ce qui est dommage au vu de la beauté des paysages naturels. Un autre défaut, mais qui est variable selon chacun, est cet aspect contemplatif qui ne plaîra pas à tout le monde.
Au final, Summer trip est un film agréable qui apporte une vision positive de la vie, comme le signifie clairement le dernier plan.

Summer trip
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12.11.08

08:00:00, Catégories: Nouveautés  

Par Le Doc

Pour ceux qui seraient impatient de découvrir ou re-découvrir les films actuellement en salle chez nous sur notre support favoris, l'Amérique est là, et ses DVD Zone 1 (qui comporte de plus en plus de sous-titre français) reste une très bonne alternative pour ceux qui ne veulent pas attendre ! Je vous propose donc de faire un rapide tour des sorties DVD Zone 1 de ce mois de novembre 2008.

kung fu panda zone 1Vous pouvez d'ores et déjà retrouver trois films d'animation présents dans nos salles récemment : tout d'abord Kung-Fu Panda, le fameux Panda gaffeur auquel Jack Black prête sa voix. Il bénéficie d'une édition simple qui comporte une piste audio française ainsi que des sous-titre français mais aussi quelques courts bonus. Pour quelques dollars de plus, vous aurez droit à un dvd supplémentaire comportant des bonus interactifs supplémentaire. L'édition Blu-ray Disc est également disponible.wall-e zone 1

Star Wars: The Clone Wars, le nouveaux volet de la saga de George Lucas est également disponible. En édition simple comme en édition double DVD comportant tous deux une piste audio et des sous-titre français. Il en est de même pour l'édition Blu-ray, sur lequel il est cependant précisé que la piste audio est du français canadien.

Mais le grand film d'animation qui a fait l'unanimité cette année, c'est bel et bien Wall-E. Vous pourrez vous le procurer à partir du 18 novembre prochain en édition simple comme en édition double DVD comportant vraisemblablement de nombreux bonus. Les mêmes éditions sont disponibles en Blu-ray Disc, simple et double. Seul la VO est disponible ici.

hellboy 2 zone 1

N'oublions pas la sortie en fanfare de ce cher " big red monkey", j'ai nommé Hellboy pour son nouvel opus Hellboy II : The Golden Army...et comme à l'accoutumée, Guillermo DelToro nous offre des éditions toujours aussi riche ! L'édition simple comporte déjà plusieurs bonus, tandis qu'une édition 3 DVD bourrée de bonus complémentaire est disponible...mais il reste l'édition ultime, comportant également un livret collector, une affiche du film et une statuette d'un soldat de la Golden Army...une édition prestigieuse également disponible en Blu-ray à moins que vous ne lui préfèreriez l'édition simple... Toutes ces éditions comporte une piste audio et des sous-titres français, pour notre plus grand plaisir !

A noter également la sortie, le 18 novembre, de Tropic Thunder, édition simple, deux DVD et Blu-ray Disc, comportant à leur tour tout ce qu'il faut pour les francophones, tout comme Les Chimpanzés de l'espace, fraichement sortie dans nos salles et disponible dès le 25 novembre prochain outre-atlantique.

scrubs saison 7 zone 1Côté série, à noter la sortie le 18 novembre de la troisième saison de la série Bones, proposant des sous-titres français, tout comme l'intégral de la septième saison de Scrubs, disponible depuis le 11 novembre. La quatrième saison de la célèbre série Doctor Who sera quant à elle disponible à partir du 18 novembre malheureusement uniquement en VO.

Du côté du cinéma bis, le 18 novembre verra apparaitre un coffret consacré à l'oeuvre érotique de Jean-Marie Pallardy, bien connu des férues de nanar. Executive Koala, que notre cher Nicore ne tardera pas à tester j'en suis sûr sort quant à lui en version originale japonaise sous-titrée anglais. Un nouveau volume de la collection "Exploitation Cinema" montre également le bout de son nez avec comme d'habitude un double programme, cette fois-ci Chinese Hercules/Black Dragon, malheureusement disponible uniquement en VO.

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10.11.08

07:50:00, Catégories: Test / Critique  

In Living Color : Saison 1"You can do what you wanna do, in living color", c'est ce que clame haut et fort les paroles du générique de cette série, devenue culte Outre-Atlantique où elle connu son heure de gloire au début des années 90. Ce show TV fut créé par les frères Wayans (auteur du célèbre Scary Movie) et en particulier par Keenen (l'ainé) et Damon Wayans. Le principe de l'émission est simple : il s'agit d'une succession de sketchs réalisé parfois en publique, avec des personnages récurrents, parodiant les stars et les émissions de la télé américaine de l'époque. C'est en quelques sorte l'équivalent des émissions parodique que présentait Les inconnus ou encore Les nuls à peu près à la même époque. Mais ce qui fait la particularité d'In Living Color, c'est l'accent mis sur le côté coloré de la série. En effet, la majorité du casting est constitué d'Afro-américain et les sujets sont souvent traités du point de vue de la communauté noir, parlant des sujets comme le racisme ou la pauvreté. Le casting est donc composé en grande partie de comédiens afro-américain, pour la plupart des membres de la famille Wayans. Sont présent Keenen Ivory Wayans, frère ainé, créateur et producteur du show, les frères Damon et Shawn Wayans que l'on a pu apercevoir au cinéma dans Scary Movie ou encore la comédie Spoof Movie ainsi que d'autres membres un peu moins connu comme l'une de leur soeur Kim Wayans. Seul deux blancs font partie de la troupe dans cette première saison : Kelly Coffield et un jeune comédien encore inconnu à l'époque, monsieur Jim Carrey, qui apparait à l'époque sous son vrai nom : James Carrey. Toutes cette jeune équipe, motivé, va faire démarrer cette première saison sur les chapeaux de roues.

Le premier épisode, diffusé le 15 avril 1990 annonce bien...la couleur ! On assiste à une parodie d'émission télé "Love Connection", sorte de "Tournez Manège" américain dans laquelle Damon Wayans parodie...Mike Tyson en amoureux transi analphabète. Puis vient "Great Moments in Black History", une mini-rubrique récurrente dans la série qui présente des grands moments de l'histoire parodié d'un point de vue noir. On y découvre ici le premier noir sur la lune, ayant été volontairement laissé là-haut par Armstrong pour alléger le poids de la navette. Acide et hilarant. Puis le "Homeboy Shopping Network" nous dévoile un télé-achat animé par deux gangstas et leur marchandises de provenance douteuse...Viens ensuite "Redd Foxx for Hire", vieil homme au foyer harcelé par sa femme. Le sketch suivant, "Equity Express" reflète bien les intentions de la série. Il s'agit en effet d'une fausse pub à propos d'un homme noir dans une banque qui se voit refuser un retrait d'argent avec sa "Gold Card" sous prétexte que ce genre de "personne" ne possède pas assez d'argent pour posséder une telle carte...Le sketch est très drôle et montre l'aspect intéressant de la série, celui de parler de sujet sensible (les USA ayant connu de nombreux conflits avec la communauté noir) ici le racisme primaire qui subsiste aujourd'hui encore. Puis, pour finir sur un sujet plus...gaie...Damon Wayans et David Alan Grier nous présente "Men on films", l'actualité culturel américaine présenté par deux homosexuels très extravagants...un sketch hilarant, encore une nouvelle preuve de la volonté de rire des minorités, tenant à la fois à dénoncer mais aussi à divertir en gardant un oeil léger et second degré sur les différences. Chaque épisode dure un peu plus d'une vingtaine de minutes. Les Fly Girls, un groupe de danseuse interviennent également quelques minutes dans chaque épisode pour livrer une chorégraphie très...année 90. Il faut avouer que c'est vite ennuyeux (sauf si vous aimez la danse) mais heureusement, cela ne dure qu'une petite minute. A noter qu'une chose porte vraiment à sourire : le look des danseuses ainsi que de l'équipe qui apparaît à chaque fin d'épisode sur le plateau pour clore le show, look très cheap, même ringards mais qui rappel tellement de souvenirs (ah, les t-shirt jaune fluo à pois vert et les pantalons à rayures rose et noir...)

La première saison, diffusé d'avril à septembre 90 fût un gros succès. Elle donne naissance à des personnages et des sketches qui vont rapidement devenir cultes tel que Homey the Clown, un clown fraichement sorti de prison, VeraDeMilo la culturiste sado-masochiste interprété par Jim Carrey ou encore The Buttmans, une parodie de sitcom avec des personnages...ayant un postérieur à la place du front !

La série est facilement trouvable en DVD, étant édité depuis 2003 chez la 20th Century Fox. N'ayant jamais été exporté en Europe, elle est uniquement disponible en VO avec des sous-titre anglais ou espagnol...Il vaux mieux donc avoir une assez bonne compréhension de la langue de Shakespeare et de la culture américaine pour capter toutes les subtilisées. Les DVD comprennent également quelques courts bonus. Cette première saison comprend une rétrospective avec des interviews de certains membres de l'équipe à propos de la série en elle-même puis des numéros de danse des fameuse Fly Girls.

Vous pourrez trouver cette première saison facilement, notamment sur le MarketPlace d'Amazon France ou encore sur le site américain Deep Discount.

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09.11.08

18:45:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Septième ciel
Réalisateur : Andreas Dresen
Avec : Ursula Werner, Horst Rehberg, Horst Westphal...
Durée du film : 1 h 36
Date de sortie en salles : 5 novembre 2008

Par Nicofeel

Réalisé par Andreas Dresen, Septième ciel a déjà réussi à attirer plus de 350 000 spectateurs en Allemagne. Pourtant, Spetième ciel est le prototype même du film au sujet casse-gueule. En effet, le réalisateur a pris le parti de s'intéresser à la sexualité des gens dits du troisième âge. Et le film comprend plusieurs scènes de nudité (principalement au début du film) qui mettent en scène des personnes âgées.
En fait, le réalisateur allemand a voulu dans son film tordre le cou à certaines idées reçues, véhiculées d'ailleurs par les médias et par les films que l'on voit habituellement sur les écrans. Andreas Dresen s'en prend clairement au jeunisme. Il tend à montrer qu'après 60 ans, on peut toujours avoir une sexualité et plus généralement on peut tomber amoureux à cet âge. Eh oui, le réalisateur part d'une idée fort logique : il n'y a pas d'âge pour aimer.
Ce qui aurait pu paraître comme un film choquant n'en n'est pas un. Le cinéaste ne filme pas des personnages nus de manière purement gratuite. C'est tout simplement pour montrer qur lorsque l'on fait partie de ce troisième âge, on a encore des envies, des passions. Bref, ce n'est pas parce que l'on est dans la dernière partie de sa vie que l'on a un pied dans la tombe.
Rien que pour cela, le film d'Andreas Dresen est important. On voit des personnes âgées qui tombent amoureuses comme des jeunes, qui sont passionnées, qui vivent des moments intenses.
Mais Septième ciel est aussi et surtout une histoire universelle. C'est un pur drame. En effet, ce n'est pas parce que l'on est âgé que l'on a plus de sentiments.
Dans ce film, Inge, la soixantaine, qui est mariée à Werner depuis 30 ans, tombe amoureuse de Karl, âgé de 76 ans. Si c'est le grand amour entre Inge et Karl, on comprend rapidement que le couple formé par Inge et Werner ne peut pas se terminer sans heurts.
En filmant notamment les visages de ses protagonistes en gros plan, Andreas Dresen privilégie les réactions physiques aux paroles (il y a relativement peu de dialogues dans le film). Car c'est bien une attirance physique entre Inge et Karl qui va leur donner l'envie d'être ensemble.
Le film peut clairement être divisé en deux parties. Dans une première partie, il y a Inge qui trompe son mari avec Karl : avec ce dernier, elle s'adonne à des plaisirs qu'elle avait oubliés depuis des années, à savoir des balades en vélo ou encore le fait d'aller nu dans un étang.

La deuxième partie tire plus du côté du drame. En effet, Inge, qui a des remords, doit faire le choix entre son époux et son amant. Et ce n'est pas facile. Il risque d'y avoir de la casse.
Le réalisateur Andreas Dresen montre que la passion amoureuse est possible à tout âge, mais que lorsqu'une famille est bien établie et que l'habitude a commencé à s'installer, il est difficile de changer. Le changement risque de poser des problèmes au niveau sociétal et familial : c'est d'ailleurs ce que dit clairement dans le film la fille de Inge. Elle conseille à sa mère de fréquenter son amant en douce et de continuer de vivre avec son époux, comme si de rien n'était. En d'autres termes, la fille d'Inge part du principe que dans une affaire aussi grave, il vaut mieux cacher la vérité.
Si Septième ciel est réussi, c'est d'abord en raison de son réalisateur qui a réussi à trouver une justesse dans le ton de son film. Comportant plusieurs scènes assez drôles (en tout cas au début du film), comme l'habitude pour Inge d'aller à la chorale avec des femmes de son âge, mais aussi des scènes qui virent progressivement vers le drame, Septième ciel bénéficie également de l'interprétation de ses trois acteurs principaux qui se révèlent véritablement impeccables. On sent tout le vécu et tous les sentiments qui submergent les personnages que jouent ces acteurs. La première scène du film avec la passion qui envahit Inge et Karl est vraiment très bien rendue. On se croirait finalement comme dans une relation entre deux jeunes adultes qui font preuve de maladresses et d'une douceur certaine dans leurs rapports.
En somme, sur un sujet délicat, à savoir la sexualité des gens du troisième âge, Septième ciel se révèle tout à fait intéressant. Le spectateur ressort de sa séance avec une émotion certaine, ce drame étant au final universel.

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07.11.08

06:30:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

coffret Hammer collection

Histoire de faire rêver un peu les collectionneurs (ou de préparer les cadeaux de fin d’année…), voici un imposant coffret dédié à la mythique firme anglaise "Hammer" qui inonda dans les années soixante/ soixante-dix le cinéma fantastique d'œuvres majeures et s'imposa comme un lien évident entre le classicisme d'alors et la nouvelle vague horrifique plus graphique et généreuse en érotisme et en effets sanglants.

C'est à l'éditeur anglais Optimum home entertainment que nous devons ce coffret énorme regroupant vingt et un titres de la firme, mais paradoxalement, ce ne sont pas forcément les "classiques" de la "Hammer" qui sont présents, puisque nous retrouvons ici "Blood From The Mummies Tomb", "Demons Of The Mind", "The Devil Rides Out"( aka "Les vierges de Satan"), "Viking Queen", "Dracula, Prince Of Darkness" ( aka "Dracula, prince des ténèbres"), "Fear In The Night"( aka "Sueur froide dans la nuit"), "Frankenstein Created Women" (aka "Frankenstein créa la femme"), "The Horror Of Frankenstein", "The Nanny" (aka "confession à un cadavre"), "One Million Years BC", "The Plague Of The Zombies" ( aka "L'invasion des morts-vivants"), "Prehistoric Women", "Quartermass And The Pit"( aka "Les monstres de l'espace"), "Rasputin The Mad Monk" (aka "Raspoutin, le moine fou"), "The Reptile"( aka "La femme reptile"), "The Scars Of Dracula" (aka "Les cicatrices de Dracula"), "SHE"( aka "La déesse de feu"), "To The Devil A Daughter" (aka "Une fille pour le Diable"), "The Vengeance Of SHE", "Straight On Till Morning" and "The Witches" (aka "Les sorcières").

coffret Hammer collection

Comme on peut le voir, ce coffret s'intéresse aussi bien aux mythes de Dracula et de Frankenstein qu'à la science-fiction, à l'"heroic fantasy" et au surnaturel, tout en représentant aussi le thriller avec notamment le "Confession à un cadavre" avec Bette Davis.
Et justement, au détour des films présents ici, on pourra retrouver les pincipaux acteurs fétiches de la firme, Christopher Lee, mais aussi bien entendu Peter Cushing et Vincent Price, tandis que les réalisateurs emblématiques de la "Hammer" seront représentés, Terence Fisher, mais aussi Jimmy Sangster ou encore John Gilling.

Cet imposant coffret comprendra en plus des films (présentés en version anglaise) un booklet sur la "Hammer" et des cartes reproduisant les affiches de certains films. Les DVD avançant pour la plupart en bonus les bandes-annonces des œuvres contenues, tandis qu'en plus nous aurons droit à quelques commentaires audios, des interviews et deux documentaires : "Les nombreux visages de Christopher Lee " et le remarquable "To the devil…Death of the Hammer" d'une durée de vingt-quatre minutes.

Pour ceux qui voudraient investir dans ce remarquable coffret disparate sur les productions de cette firme emblématique du fantastique anglais, c'est ici qu'il faut aller !

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06.11.08

06:50:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Quatre nuits avec Anna
Réalisateur : Jerzy Skolimowski
Avec : Artur Steranko, Kinga Preis
Durée du film : 1 h 27
Date de sortie en salles : 5 novembre 2008

Par Nicofeel

Quatre nuits avec Anna


Réalisé par le polonais Jerzy Skolimovski (auteur de films tels que Le départ ; Deep end ; Travail au noir), Quatre nuits avec Anna est un film intimiste.
Il met en scène Léon, un homme qui a assisté au viol d'une jeune femme, Anna P. Ayant téléphoné à la police pour signaler ce viol, Léon a été incarcéré, ayant été considéré comme le coupable. Pourtant, il n'en n'est rien. Et ce qui est arrivé à Léon en prison est loin d'être sympathique. Tous ces événements, on les apprend progressivement par le biais de flashbacks qui sont quelque peu perturbants mais qui rendent bien compte des enjeux du film. Le réalisateur indique clairement de la sorte que Léon est une victime dans cette société. Son seul reproche est son incapacité à réagir.
Le départ du film montre Léon qui observe sa voisine, Anna. Pour cela, il se situe près d'un incinérateur où il travaille. Sa vie est particulièrement morne. Et ses conditions de vie et d'hygiène sont très limites. Léon ne mange et boit selon un rythme qui répond au rythme de vie d'Anna.

En fait, Léon est obsédé par sa voisine. Depuis qu'il a assisté à ce viol, étrangement il est tombé amoureux de cette jeune femme. Mais Léon n'est pas pour autant un pervers. Cet homme timide, qui ne dit quasiment rien (le film comprend d'ailleurs peu de paroles), ne cherche qu'à être auprès d'Anna. Il ne lui veut aucun mal.
Lorsque celle-ci sera endormi, Léon va s'introduire chez elle. A aucun moment, Léon a des idées malveillantes. D'ailleurs, chacun de ses passages donne lieu à des scènes tout à la fois drôles et pathétiques. Léon ne fait qu'observer une femme qu'il aime. Selon les circonstances, pour ne pas se faire remarquer, il se planque sous le lit ou alors il se dépêche de rentrer chez lui, c'est-à-dire juste en face de sa voisine. L'acteur qui joue le rôle de Léon est vraiment très bon ; il donne vie à son personnage. Il est très crédible dans le rôle difficile qu'il interprète à l'écran.
On appréciera la scène de l'anniversaire d'Anna que tente de se réapproprier Léon.

Quatre nuits avec Anna

A tel point que Léon achète une bague à Anna qu'il lui mettra au doigt lors d'un de ses passages. Léon est en fait dans son monde. Il pense qu'il fait partie de la vie d'Anna.
Si tout cela est très excessif, c'est tout de même caractéristique d'une société où les gens se sentent cruellement seuls et doivent faire avec leur solitude. D'ailleurs, Anna n'est-elle pas elle-même seule ?
Le film de Jerzy Skolimowski n'est pas d'un accès très facile. Surtout, l'ambiance du film est assez pesante. Les endroits où se déroule l'action sont des paysages peu accueillants. Il ne semble y avoir aucune vie là-dedans. On se croirait dans des lieux post-seconde guerre mondiale.
Et pour en ajouter un peu plus, le réalisateur polonais filme souvent des paysages froids, et de nuit. Car une grande partie de l'action se déroule dans une quasi obscurité. Léon vient souvent voir la femme qu'il aime, muni d'une lampe.
Le constat que dresse Jerzy Skolimowski n'est pas vraiment des plus réjouissants. D'autant que l'on sait, et Anna elle-même lorsqu'elle assistera au deuxième jugement de Léon, que celui-ci n'est pas coupable.
Oui mais voilà, comme souvent, on s'en prend aux faibles, à ceux qui ne peuvent pas se défendre. Le portrait que fait le réalisateur polonais de la justice est sans équivoque. Il en va de même de la police dont l'objectivité est des plus conternantes.
Au final, Quatre nuits avec Anna est un film d'amour, mais malheureusement il s'agit d'un amour unilatéral. La timidité de Léon fait que celui-ci n'osera jamais aller vers cette femme qui semble être son unique raison de vivre.
Mélange de Kafka (dans ce récit étrange où tous les événements semblent aller contre Léon qui est la victime au sein de ce système) et de Kieslowksi (dans l'incapacité du voyeur à dire qu'il aime sa voisine, ce que fera pourtant Léon mais ça sera trop tard), Quatre nuits avec Anna est un film d'auteur bien mis en scène mais qui ne plaîra pas à tout le monde. A voir en connaissance de cause.

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05.11.08

09:40:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Automaton transfusion

Malgré son budget plus qu’étriqué (30000 dollars pour neuf jours de tournage), ce Automaton transfusion n’en demeurera pas moins un "zombie movie" très énergique et agrémenté de scènes gores étonnantes qui viendront compenser une intrigue largement simpliste.
Le script suit les déboires et la lutte pour survivre de quelques lycéens confrontés à une invasion de zombies affamés ayant envahi leur ville.

Automaton transfusionAprès une séquence d'introduction déjà très graphique suivant un jeune interne ayant bien du mal à s'habituer à son travail dans la morgue d'un hôpital et qui offrira au métrage sa première victime lors d'une scène très visuelle, le métrage sa s'installer brièvement dans le "film de campus" pour nous présenter ses principaux personnages, trois lycéens ordinaires, Tim, Scott et Chris ayant plus ou moins maille à partir avec l'élite du lycée que fréquente Jackie, la petite amie de Chris partagée entre son amour pour celui-ci et ses amis. Mais heureusement, cette présentation ne va pas traîner en longueur, loin de là (surtout qu'elle sera en plus entrecoupée par une seconde amorce de l'invasion à venir avec cet élève hirsute qui va s'en prendre à un professeur pour le mordre), et va rapidement diviser l'intrigue en deux segments différents. D'un côté Jackie va se rendre à une fête dans une maison en retrait en compagnie de ses amis, tandis que Chris et ses deux comparses vont prendre la route pour un concert en ville dans un bar, laissant quand même le temps au métrage de continuer à avancer d'autres scènes d'attaques éparses, prémices qui permettront également au réalisateur de s'essayer aux fausses alertes hélas bien facilement anticipables.

Automaton transfusionEnsuite le métrage va donc suivre ses deux sous intrigues en parallèle, pour voir Chris, Tim et Scott s'inquiéter de ne croiser personne sur la route à une heure de grande influence avant de pénétrer dans la ville déserte et d'être attaqués aux abords du bar leur servant de destination et dans lequel ils n'auront que le temps de s'enfermer avant que les zombies ne fassent le siège de l'endroit. Pendant ce temps-là Jackie va assister à une fête classique, laissant l'auteur apporter quelques touches d'un humour pas franchement drôle avant que les zombies n'attaquent, pour une séquence bien sanglante et donnant lieu à quelques réjouissances gores originales et très graphiques (la mâchoire arrachée, par exemple) mais laissant Jackie réussir à se cacher dans les toilettes sans être tuée ni contaminée.

Automaton transfusionMais bien entendu, l'intrigue va faire se retrouver les deux groupes, Chris et ses amis venant au secours de sa belle et le quatuor va tenter de rejoindre leur lycée pour espérer y trouver du secours, offrant ainsi au métrage une seconde partie tout aussi vivace que la première et foisonnant de rebondissements sanglants jusqu'au dernier acte qui nous offrira quand même une explication (pas plus stupide qu'une autre !) sur la raison de cette invasion tout en laissant un final largement ouvert et appelant ouvertement à une suite venir clore (provisoirement ?) les débats sur une note pas forcément optimistes et laissant les deux survivants en bien mauvaise posture.

Automaton transfusionLe gros point négatif du métrage restera son intrigue, facile et guère originale qui se contentera de puiser ses idées ici ou là pour en tirer des situations laissant forcément un arrière-goût de "déjà-vu", telle cette entrée dans la ville désertée qui rappellera l'entame du Jour des morts-vivants de Georges A. Romero, tandis que l'énergie et la "vitalité" des morts-vivants sera directement issue de la vigueur des zombies de L'armée des morts, mais surtout, à de trop rares exceptions, les petits effets de surprise tentés par le réalisateur tomberont à plat et le spectateur aura régulièrement l'impression d'avoir une longueur d'avance sur les personnages, plombant ainsi l'éventuel suspense tout en réduisant à néant les quelques passages essayant de véhiculer une tension qui ne montera hélas jamais.

Automaton transfusionMais heureusement, cette intrigue simpliste et prévisible sera largement compensée par la volonté de l'auteur de donner à son métrage une énergie de tous les instants, en ne laissant aucun répit aux personnages et au spectateur pour multiplier les rebondissements sans aucun temps mort, passant d'une action à l'autre rapidement et ne s'attardant jamais sur des considérations morales ou psychologiques des personnages (même si cela aurait pu donner un peu d'ampleur à des protagonistes bien lisses) pour une succession de séquences d'action bien souvent sanglantes et ne lésinant pas sur les plans gores démonstratifs portés par des effets spéciaux impeccables, et même si ces scènes pourront donner quelque peu l'impression de verser dans la redite (les repas des zombies).

Automaton transfusionLes personnages, guère fouillés, ne se démarqueront pas de l'habituelle bande de jeunes souvent servie dans le genre et n'arriveront pas à devenir attachants, malgré une certaine volonté du réalisateur, avortée par des situations trop faciles (les brimades des "BCBG" du lycée) et des sentiments à peine esquissés qui certes ne viendront pas ralentir l'action mais qui aurait pu permettre au spectateur de s'impliquer davantage dans l'intrigue, et ce même si l'interprétation est ici largement cohérente, avec de jeunes acteurs parvenant à expliquer leur colère ou leur rage dans ce combat à l'issue plus qu'incertain.

Automaton transfusionLa mise en scène du réalisateur (dont c'est le premier long métrage) est bien entendu vive et dynamique, mais hélas les mouvements de caméra aléatoires et trop saccadés viendront régulièrement gêner la lisibilité des séquences et laisseront l'empreinte d'une inexpérience parfois trop prégnante. Les effets spéciaux, versant surtout dans le gore franc et direct, puisque les maquillages des zombies ne seront qu'entraperçus, sont largement convaincants et osent des choses étonnantes (surtout à la vue du budget du métrage) pour quelques plans mémorables et serviront ainsi le métrage de façon exemplaire en venant en plus très régulièrement inonder le film de façon sanglante et démonstrative.

Donc, ce Automaton transfusion parviendra quand même à tirer son épingle du jeu grâce à son énergie débordante et par la qualité de ses effusions sanglantes volontaires qui viendront compenser les aléas d'une intrigue sommaire !

Automaton transfusionLe DVD de zone 1 édité par Dimension extreme avancera une image claire et nette, seulement perturbée par les mouvements de caméra imputables au réalisateur, tandis que la bande-son sera efficace grâce à une partition musicale inspirée venant renforcer l'impact de certaines séquences fortes du film, celui-ci étant ici proposé en version anglaise, sous-titrée en anglais et en espagnol.
Au niveau des bonus, on pourra suivre quelques scènes coupées guère passionnantes (si ce n'est la compilation des plans gores du film !), un long making-of débarrassé du ton promotionnel d'usage pour laisser la parole aux principaux membres de l'équipe du film qui reviendront sur la genèse du projet et sur les difficultés rencontrées (parfois assez surprenantes), deux vidéo-clips musicaux bruyants mais sympathiques, ainsi qu'un court-métrage du réalisateur guère passionnant, laissant quelques bandes-annonces (dont celle du film) clore ces bonus prolongeant globalement de façon intéressante la vision du métrage.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce petit budget gore volontaire et dynamique, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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04.11.08

10:15:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

Black sheep

S’il y avait bien un animal guère exploité dans le cinéma fantastique, c’était bien le mouton, qui se contentait d’être explosé par un Peter Jackson alors débutant dans Bad taste, mais avec ce Black sheep, nous venant lui aussi de Nouvelle-Zélande, l’animal tient largement sa revanche pour une comédie horrifique très référentielle qui après son passage dans les salles obscures en début d’année, revient dès le 6 novembre en DVD grâce à TF1 Vidéo.

Black sheep

Le script renvoie Henry, un jeune homme, dans son pays d’origine après quinze ans d’absence, où il va retrouver sa famille tenant une exploitation de moutons, un calvaire pour Henry qui a une phobie profonde de ces animaux suite à une mauvaise blague survenue dans sa jeunesse. Le frère d’Henry se livre non loin de là à des expériences génétiques aussi secrètes qu’obscures, mais des activistes vont venir lui voler un bocal contenant un fœtus animal qui va par inadvertance se retrouver hors de son récipient et va contaminer toutes les espèces animales qu’il va croiser, moutons et humains, transformant ses victimes en créatures assoiffées de sang...

Black sheep

Auréolé de ses deux prix reçus à Gérardmer (prix du public et prix du jury), le métrage a globalement reçu de bonnes critiques qui, malgré des références régulièrement trop présentes mais assumées et une action parfois poussive, ont salué l’aspect déjanté et un peu fou du métrage qui ne se prend jamais au sérieux pour assener des gags loufoques au milieu des exactions sanglantes de moutons hilarants et de mutants orientés "loup-garou" réussis, pour un ensemble cartoonesque bien délirant.

Black sheep

Le DVD édité par TF1 Video avancera une image en 16/9 anamorphique, tandis que le film sera proposé en version française et anglaise sous-titrée en DD2.0 et en DD5.1.
Au niveau des bonus, on pourra suivre un petit making-of de huit minutes, des interviews des membres de l'équipe du film, ainsi que la bande-annonce. Deux jours auparavant, l'édition belge du film éditée par Videodis sortira, sans bonus.

Black sheep

C'est donc à partir du 6 novembre que nous allons pouvoir suivre les aventures de ces moutons très "spéciaux" et bien délirants qui on peut l'espérer vont redorer quelque peu le blason de ces animaux guère chanceux jusque-là dans le cinéma de genre !

Et un dernier projet d'affiche bien déluré, rien que pour le plaisir :

Black sheep

Black sheep (2008)

Black sheep (2008)
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Black sheep (2008) - Edition belge

Black sheep (2008) - Edition belge
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03.11.08

12:35:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : The visitor
Réalisateur : Thomas Mac Carthy
Avec : Richard Jenkins, Hiam Abbas, Haaz Sleiman, Danaï Gurira ...
Durée du film : 1h43
Date de sortie en salles : 29 octobre 2008

Par Nicofeel

The visitor


Réalisé par Thomas Mac Carthy, The visitor a obtenu le Grand Prix au festival de Deauville en 2008. Et cela est parfaitement mérité. Car ce drame social est un très bon film.
The visitor raconte l'histoire d'un homme, Walter Vale (incarné par un émouvant Richard Jenkins), la soixantaine, qui est professeur d'université dans le Connecticut et qui doit se rendre à New York pour faire un discours lors d'une conférence qui dure plusieurs jours. Ayant un appartement à New York, il s'y rend afin de se loger le temps de la durée de la conférence. Il découvre alors que son logement est déjà habité par un couple, Tarek (qui est syrien) et Zainab (qui est sénégalaise). Afin de permettre au couple de se reloger dans de bonnes conditions, Walter leur propose de les héberger quelques jours.
The visitor est un film très fin sur le plan humain. En effet, il montre que l'on a beaucoup à apprendre de l'autre. Ainsi, les relations entre le jeune Tarek et Walter sont très réussies. Sans but réel dans sa vie, Walter, qui errait jusque-là comme un fantôme (sa défunte épouse lui manquant énormément), trouve en Tarek un ami qui lui apprend sa passion : le djembé. L'un et l'autre se retrouvent dans des parcs à New York pour profiter de la vie et donner des concerts de djembé.

Mais Tarek, en situation irrégulière sur le territoire américain, se retrouve arrêté et Walter remue ciel et terre pour lui venir en aide : il va le voir en prison au parloir (Walter est la fameux visiteur du titre du film), engage un avocat et loge la mère de Tarek.
La politique en matière d'immigration des Etats-Unis est clairement pointée du doigt par l'exemple de Tarek. Après tout, ce dernier ne souhaite que vivre de sa passion. Comme il le dit très justement dans le film, il n'est pas un terroriste. D'ailleurs, les terroristes ne restent pas en prison puisqu'ils ont des contacts et de l'argent qui leur permettent de sortir rapidement. On comprend dans le film que la politique des Etats-Unis en matière d'immigration s'est nettement durcie depuis les événements du 11 septembre 2001.
Et le réalisateur, par le biais de son personnage principal, s'émeut de cette situation qu'il trouve particulièrement injuste.
On apprécie dans ce film la volonté de Walter Vale qui se bat pour son ami Tarek. Ce dernier lui a redonné goût à la vie et Walter veut lui rendre pour sa part la liberté qu'il a perdu (puisqu'il est en prison). Le combat auquel se livre Walter pour tenter de faire retrouver à Tarek sa liberté semble quasiment perdu d'avance mais il garde la foi. Il ne veut pas abandonner son nouvel ami. Le réalisateur du film se sert évidemment du personnage de Walter et de son humanisme pour exprimer son point de vue.
Walter entretient également une relation très tendre avec la mère de Tarek, ce qui ne lui était plus arrivé depuis le décès de son épouse. Walter revit à nouveau au contact de cette femme. Lui qui ne s'intéressait à plus rien (même pas à son travail d'enseignant) et qui ne fréquentait plus personne retrouve des joies dans sa vie quotidienne. Quant à la mère de Tarek, elle apprécie l'humanité qui émane de cet homme et qui est aux petits soins avec elle.
Le drame auquel on assiste se joue sur plusieurs niveaux : les relations entre Tarek et sa famille (Walter inclus) ; les relations entre Walter et la mère de Tarek.
The visitor est un film qui joue avant tout sur l'intime et qui touche progressivement son spectateur. Si le réalisateur du film fait un constat pessimiste sur son pays, notamment au niveau du sort réservé aux immigrants illégaux, il laisse entendre qu'une solution autre que l'expulsion est possible, dès lors que les personnes souhaitent s'intégrer dans la société.
Hormis tous ces éléments, le film bénéficie de la très bonne interprétation de ses acteurs, et notamment de Walter Vale qui exprime ses sentiments rien qu'à la vue de son visage.

Le rythme du film est tout à fait satisfaisant. On ne s'ennuie pas une minute devant ce film indépendant américain.
Excellente surprise, The visitor est une très belle étude des rapports humains et un portrait lucide de la politique américaine en matière d'immigration. Voilà donc un film à voir qui rappelle par certains aspects l'oeuvre de Ken Loach.

Permalink 807 mots par nicofeel Email , 1613 vues • 1 réaction
12:30:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Riparo
Réalisateur : Marco Simon Puccioni
Avec : Maria de Medeiros, Antonia Liskova, Mounir Ouadi...
Durée du film : 1h34
Date de sortie en salles : 29 octobre 2008

Par Nicofeel

Riparo

Réalisé par l'italien Marco Simon Puccioni, Riparo (qui signifie abri) est un film qui nous ramène au plus près de thématiques de la réalité quotidienne.
Riparo nous raconte l'histoire de trois personnes : Anna (interprétée par Maria de Medeiros), Mara (Antonia Liskova) et Anis (Mounir Ouadi). Anna travaille en tant que cadre dans une usine familiale qui fabrique des chaussures. Elle vit avec Mara, qui elle travaille dans la même usine en tant qu'ouvrière. Anna et Mara ont trouvé Anis, un marocain, qui s'est caché dans leur voiture, lorsque celles-ci rentraient de vacances passées en Tunisie. Tout le film s'intéresse aux rapports entre ces trois personnages qui lui permet de développer plusieurs éléments.

Une des idées que ne cesse de véhiculer le réalisateur est une inégalité latente entre les pays du Nord et les pays du Sud, que l'on retrouve au travers de nos trois personnages. Le début du film montre l'état de pauvreté d'un pays comme la Tunisie. A contrario, l'Italie est un des pays riche. Cet état de fait se retrouve dans les relations entre les personnages. Anna, cadre dans son entreprise, qui a décidé de recueillir Anis chez elle, a toutes les cartes en main pour décider de son destin. C'est elle qui détient l'argent et qui a donc une supériorité sur Anis mais aussi sur son amie Mara, qu'elle a recueillie avant Anis chez elle. De là s'explique le titre du film Riparo, qui signifie abri. La maison d'Anna est un abri pour Anis et Mara. Mais cet abri est particulièrement fragile car il dépend du bon vouloir d'Anna. Or, le film montre clairement que plusieurs éléments sont capables de rendre précaire cette relation à trois.
Les deux amis d'Anna font chacun preuve d'un manque d'ouverture qui se caractérise chez Mara par un racisme certain. Celle-ci est d'abord farouchement opposé à la présence d'Anis, qu'elle traite quasiment comme un sous-homme. Quant à Anis, il n'a de cesse d'avoir une vision bien classique du couple : pour lui, un homme doit fréquenter une femme, se marier avec elle et lui faire des enfants. Il ne supporte pas les relations femme-femme qu'il ne comprend pas. Anis, qui arrive à avoir à des crises de colère à cause de cela, est clairement homophobe.

Quant à Anna, elle n'est pas non plus une sainte. En effet, si elle a la gentillesse de trouver un logis et un travail pour Anis, par jalousie, elle est amenée à remettre en cause ces faveurs accordées. On appréciera cependant qu'Anna pense sans cesse avant tout à sa relation affective plutôt qu'à des notions économiques. Mais sur ce point, il faut bien reconnaître qu'elle n'a pas de problème d'argent, à l'inverse d'Anis et de Marta. Elle n'a donc pas la même approche de la vie.
Ce film est finalement le reflet des habitants de notre société. En effet, ceux-ci agissent en raison de leurs valeurs morales et de leurs conditions sociales. Or, le problème est que les trois personnages du film ont des valeurs morales très différentes. Quant à leurs conditions sociales, il en va de même puisque chacun a un niveau de vie très différent.
D'ailleurs, sur le plan économique, le film évoque également les ravages du capitalisme, lorsqu'il montre des personnes de l'usine familiale qui vont se retrouver au chômage car une partie de la production va être délocalisée en Roumanie, où le coût de la vie est beaucoup moins élevé.
Riparo est un film appréciable car il parle de choses très actuelles : l'immigration, l'homosexualité, le capitalisme.
Et tout cela fait des ravages au niveau des rapports entre les gens. D'ailleurs, la fin du film semble démontrer qu'on est revenu à la case départ. Les trois personnages doivent vivre à nouveau chacun de leur côté.
Globalement intéressant dans son propos, Riparo est pour autant loin d'être parfait. Le film souffre de deux éléments qui sont liés. Le premier élément est le fait que le scénario est finalement relativement attendu, du coup les événements qui se succèdent n'apportent pas l'émotion que l'on aurait souhaité, malgré la bonne interprétation des trois acteurs principaux. Le second élément est le fait que le réalisateur a une certaine tendance à évoquer des situations générales par le biais de ses personnages qui rendent ceux-ci prochent par instants de la caricature ou en tout cas de l'archétype. Heureusement, les acteurs sauvent les meubles à ce niveau-là.
Au final, ce film, pavé de bonnes intentions, est un peu trop attendu et démonstratif.

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31.10.08

07:45:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : W.
Réalisateur : Oliver Stone
Avec : Josh Brolin, Elizabeth Banks...
Durée du film : 2h10
Date de sortie en salles : 29 octobre 2008
Par Nicofeel

W

Pas vraiment au meilleur de sa forme lors de ses derniers films (Alexandre ; World trade center), Oliver Stone nous revient en 2008 avec un film, W., qui ne va manifestement pas lui permettre de revenir sur le devant de la scène.
Avec ce titre, W. (le film bénéficie d'un titre plus long pour la France, à savoir W. l'improbable président), Oliver Stone s'intéresse au président actuel des Etats-Unis, George W. Bush.
Connaissant Oliver Stone, on aurait pu s'attendre à un film polémique. D'ailleurs, dans les médias, le film a été vendu comme tel. Le film aurait d'ailleurs eu des difficultés pour être diffusé dans les salles de cinéma aux Etats-Unis.
Pourtant, après avoir vu le film, on ne peut être qu'étonné de la publicité qui a été faite autour du film.
A mon sens, Oliver Stone s'est pris les pieds dans le tapis. Reconnaissons tout de même que tout n'est pas à jeter dans ce film.
La première partie du film comporte quelques éléments intéressants. Ainsi, Oliver Stone nous montre le président des Etats-Unis à partir de 2002 (le choix a été fait de démarrer peu de temps après les événements du 11 septembre 2001, ce qui en soi peut se concevoir puisque les attentats du 11 septembre ont eu un effet traumatique et ont déclenché l'envoi de troupes américaines en Irak).
On voit alors un président hésitant, qui ne sait pas vraiment quelle position adopter. Peu de temps après, on assiste au célèbre fait divers qui a amené George W. Bush à s'étouffer avec des bretzels !
Oliver Stone émaille la première partie de son film de nombreux flashbacks qui mettent en évidence le passé peu glorieux de George W. Bush : alcoolique, fainéant, instable dans ses choix professionnels. Bref, on est loin de penser que cet homme va être 30 ans plus tard élu deux fois consécutivement président des Etats-Unis.
On appréciera également dans W. les rapports conflictuels qui ont eu lieu entre George Bush père et George W. Bush. Le film montre plutôt bien ce rapport de force qui semble avoir marqué George W. Bush.

Voilà pour les points positifs du film.
Mais ce film m'a globalement nettement déçu. Je m'attendais à plus de finesse de la part d'Oliver Stone. Or, de ce côté là, c'est plutôt l'inverse qui semble avoir prévalu.
D'abord, la mise en scène est par moments exaspérante. Pour donner du rythme à, son film, Oliver Stone s'est plu à faire des mouvements de caméra à l'épaule ou à d'autres moments à faire tourner la caméra autour de personnages. Tout ceci n'est nullement justifié. Je ne suis pas plus convaincu des images télévisées qui donnent l'impression qu'on assiste par instants à un documentaire.
Par ailleurs, et c'est là le plus grave dans le film (en tout cas ce qui m'a carrément gêné), c'est que le réalisateur américain a fini par rentrer en empathie avec le personnage de George W. Bush. Sur une musique douce qui tend à apporter une vague d'émotion au spectateur, Oliver Stone nous propose des scènes de la vie privée entre W. et son épouse Laura (jouée par Elizabeth Banks) ou des scènes de la vie publique entre W. et plusieurs de ses collaborateurs. George W. Bush, considéré dans la vie comme un gaffeur et un personnage peu fin, est ici présenté comme un président assez sûr de ses choix (même s'il reconnaît certaines erreurs, erreurs qu'il ne va pas jusqu'à citer, évidemment) et qui fait tout pour son pays. Le réalisateur de Platoon va jusqu'à nous présenter un président très religieux et qui fait tout pour le bien-être de son peuple. On est quasiment dans la démagogie. Et le problème est qu'Oliver Stone ne prend pas vraiment de distanciation par rapport à un personnage qu'il est censé à la base dénoncer. Du coup, ce qui aurait dû être une critique des années de George W. Bush à la tête des Etats-Unis finit par donner lieu à un film particulièrement inoffensif.
D'ailleurs, Josh Brolin, qui interprète George W. Bush, se montre assez bon en tant qu'acteur ce qui assoit la thèse (dans le film) d'un W. sûr de ses choix et personnage au final assez charismatique. Ce qui est un comble !
En somme, on comprendra aisément que ce film très orienté ne m'a pas du tout convaincu. J'en attendais beaucoup de la part du réalisateur de Platoon et je reconnais être au final assez loin de mes exigences.

W

En plus, on pourra se poser la question de savoir quel impact peut avoir un tel film alors que George W. Bush arrive au terme de son mandat de président (la même remarque valait pour Karl Zéro lorsqu'il a sorti son film Dans la peau de Jacques Chirac).
A mon sens, W. est une des grandes déceptions de l'année cinématographique 2008.

Alexandre

Alexandre
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World Trade Center - Edition collector / 2 DVD

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Platoon - Travel book

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30.10.08

08:30:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Seed

Le controversé Uwe Boll, réalisateur du très moyen Alone in the dark et des sympathiques mais régulièrement (et injustement ! ) dénigrés House of the dead et Bloodrayne quitte ses adaptations de jeux vidéos et change littéralement de registre avec ce Seed, un film "old-school" d’une noirceur absolue et d’une violence franche et sans retenue délivrée sur un mode graphique sans recul.
Le script suit l’arrestation mouvementée d’un serial-killer qui, condamné à la chaise électrique, va résister aux décharges et après avoir été enterré vivant, va revenir se venger de ses "bourreaux", tout en continuant à sévir.

SeedD'entrée, le métrage prend aux tripes en nous montrant un homme (que nous devinerons aisément comme étant l'assassin du métrage) au visage recouvert d'un tissu regardant à la télévision des images "snuff" de meurtres d'animaux, laissant ainsi déjà apparaître la volonté de choquer du réalisateur. Ensuite, après une exécution capitale très graphique via une chaise électrique vieillotte et une séquence onirique excellente et provocatrice, l'intrigue va, sous forme de flashbacks, nous faire suivre l'arrestation du meurtrier, sanglante et stressante, brutale et réservant quelques pièges macabres, ainsi que l'historique de ce tueur au travers de son mode opératoire terrible, puisqu'il s'"amusait" à enfermer différents êtres vivants dans un cellule et à les laisser mourir de faim pour ensuite filmer leur décomposition, obtenant de la sorte plusieurs scènes macabres bluffantes et la aussi assenant au spectateur une surprise de taille extrémiste.

SeedCe sera donc en suivant l'enquête du lieutenant Matt Bishop que l'intrigue va amener à l'arrestation et à la condamnation de ce meurtrier, nommé Max Seed, que nous retrouverons alors en prison pour un dernier carnage gore avant que n'arrive sa mise à mort au cours de laquelle nous reverrons les personnages vus au début du film se lamentant de devoir une fois encore se servir de cette chaise électrique défaillante et usagée. Bien entendu, ce qui devait arriver va se produire et au bout des deux décharges légales (comme l'extrait de loi lu en pré-générique nous en a informé), le cœur de Seed battra toujours, obligeant le directeur de la prison à faire mentir le médecin présent pour déclarer Seed mort, sous peine de devoir autrement le relâcher. Enterré vivant, Seed ne va pas rester longtemps sous terre pour s'en aller se venger du personnel de la prison puis du lieutenant Bishop lors d'un final aussi barbare que nihiliste qui laissera s'achever le métrage sur une note pessimiste et malsaine en diable.

SeedAllant directement à l'essentiel, l'intrigue restera certes assez simpliste (ressemblant quelque peu sur le fond au Shocker de Wes Craven, l'élément surnaturel en moins !) mais s'avérera être terriblement efficace dans sa mise en œuvre bien découpée en deux parties distinctes. La première nous laissera faire connaissance bien plus avec l'assassin dont nous réaliserons le degré d'inhumanité de façon cinglante, tandis que ses nombreux méfaits seront vite alignés sous forme de coupures de journaux traversant l'écran, qu'avec le lieutenant Bishop, autre personnage principal qui ne nous sera que très brièvement présenté, avec juste la mise en évidence du traumatisme causé par cette affaire et de son dégoût pour "l'œuvre" de Seed, tandis que le réalisateur ne dispensera qu'une petite séquence intimiste (mais importante pour la suite !) pour mettre en avant l'affectation portée par Bishop à sa fille. L'utilisation des flashbacks déroulés de façon non chronologique renforcera l'impact de ce portrait du tueur qui n'hésitera pas à se montrer malsain et volontairement choquant tout en impliquant de façon foncièrement voyeuriste le spectateur en multipliant les détails sur les atrocités commises par l'assassin, sans pour autant avoir recours à une surenchère de scènes sanglantes pour l'instant.

SeedEn effet, Uwe Boll réservera pour la seconde partie du métrage la violence sanglante la plus brute, d'abord au travers de quelques meurtres graphiques mais assez classiques dans leur cheminement, avant de nous gratifier d'un incroyable plan-séquence sauvage au cours duquel Seed va littéralement s'acharner sur la visage et le crâne d'une malheureuse victime féminine qu'il va d'abord titiller avec son arme avant de progressivement lui administrer des coups de plus en plus violents faisant jaillir et gicler le sang pour un résultat inédit plus que bluffant par son déroulement en un seul plan de plusieurs minutes de barbarie. Et le final ne sera pas en reste, certes bien moins graphique après cette explosion, mais illustrera parfaitement la volonté du réalisateur qui ne fera aucune concession dans un défaitisme et une volonté farouche d'éviter le "happy-end" d'usage pour laisser au contraire un goût amer à l'issue délétère du métrage.

SeedIncessamment attaqué par la critique dénigrant systématiquement ses films, Uwe Boll a certainement voulu avec ce Seed mettre les choses au point et se défouler dans une ambiance réaliste bien éloignée de ses délires formels et des effets de styles de ses précédents longs-métrages, pour nous livrer une œuvre sans aucune pitié, froide, brutale et sanglante tout en retrouvant avec un bonheur certain une atmosphère "old-school" bien sûr largement aidée par une intrigue se déroulant à la fin des années soixante-dix mais aussi par une mise en scène classique, collant de près à l'action sans pour autant être hachée pour rester limpide tout en innovant, notamment avec ce plan-séquence cité plus haut.

SeedL'interprétation est plutôt convaincante, même si on voit bien que le réalisateur n'a accordé qu'un intérêt plutôt limité à ses protagonistes pour leur préférer l'intrigue de fond et ce tueur sans visage dont même l'origine du traumatisme ne sera que brièvement abordée, mais cela n'empêchera pas certains seconds rôles d'être souriants et crédibles. Les effets spéciaux sont plus que probants en profitant d'une crédibilité réaliste avérée, même pas perturbée par les quelques inserts numériques discrets jusqu'à en devenir invisibles.

Donc, ce Seed nous révélera rapidement son penchant radical et jusqu'auboutiste omniprésent pour un résultat mémorable et ce malgré un certain manque de consistance des protagonistes !

SeedLe DVD de zone 1 édité par Vivendi Entertainement avancera une image nette et sans défaut, tandis que la bande-son sera efficace, avec une partition musicale adaptée et sachant se montrer discrète pour renforcer le réalisme de certains temps forts du métrage, celui-ci étant ici proposé en version anglaise sans aucun sous-titres.
Au niveau des bonus, on pourra suivre quelques scènes coupées, dont une certes amusante mais malvenue à la vue du ton final du film, un petit making-of s'attardant uniquement sur les dessous d'une séquence, la bande-annonce, et enfin un excellent court-métrage", "Criticized" suivant un réalisateur de films d'horreur dénigré par un critique se venger méchamment de ce dernier, pour une ultime provocation d'Uwe Boll, plus que de raison vilipendé lui aussi par la critique. Sur un second disque, un jeu vidéo, "Advent rising", sera disponible.

Pour ceux qui voudraient affronter ce tueur barbare et sanguinaire, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

Seed
Permalink 1268 mots par nicore, 1848 vues • Réagir

28.10.08

21:38:58, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

At dawn they sleep

Pour son premier méfait le réalisateur/ acteur Brian Paulin, plus tard auteur du terriblement gore mais fauché Bone sickness, signe avec ce At dawn they sleep un petit film au budget anémique transparaissant immanquablement à l’écran mais porteur de quelques idées intéressantes en plus d’un goût immodéré pour l’action sanglante, hélas plombée par une interprétation aléatoire.
Le script suit la transformation de deux dealers, vampirisés par de biens étranges anges féminins qui vont leur offrir une apparente immortalité, mais à quel prix ?

At dawn they sleepD’entrée, la métrage va s’attacher à ses deux personnages principaux, Stephen et Ian, deux dealers qui vont lors de la séquence pré-générique régler leurs comptes à deux transporteurs de drogue ayant tenté de les flouer et se livrer à un petit gunfight avec des membres d’un gang rival, pour une première scène assez sanglante mais laissant déjà paraître les limites d’une interprétation guère crédible avec ces deux dealers se voulant brutaux et dangereux mais n’en ayant hélas pas du tout la carrure ni le physique. Après avoir laissé Stephen s’entretenir avec un de ses comparse qui va s’énerver lorsque notre homme va lui annoncé avoir tué les deux individus de l’introduction, l’intrigue va en parallèle suivre la vampirisation du duo, menée séparément mais sur un mode analogue, par deux jeunes femmes avec lesquelles ils espéraient passer la nuit mais qui vont les mordre au cou avant de laisser se réveiller au petit matin fourbu, nauséeux et surtout amnésique, incapable de se rappeler du moindre détail de leur nuit.

At dawn they sleepEt ce ne sera que lorsque Stephen aurait du se faire tuer par un adversaire qu’il va se rendre compte que quelque chose cloche, puisque les balles reçues en pleine poitrine ne le laisseront qu’endolori et prêt à se venger de son "meurtrier", pour une seconde scène gore bien plus prolixe. Ensuite, l'intrigue va faire réapparaître les jeunes femmes qui vont expliquer à Stephen et à Ian leur transformation (qui ne se fera réellement qu'après par un changement d'état symbolisé par un passage dans une chrysalide) ainsi que leur condition d'anges, mais bien en dehors des références religieuses traditionnelles, puisqu'elle se moqueront grassement des humains avant d'inviter le duo à aller se repaître de sang humain, ce qu'ils feront lors d'une séquence cherchant à se montrer choquante et blasphématrice puisque ce sera une église et ses occupants qui seront choisi pour cible.

At dawn they sleepMais qui dit ange dit diable, et après une vengeance du duo envers une bande rivale qu'ils vont massacrer en s'aidant de leur invulnérabilité, forcément le penchant obscur de ces anges atypiques ne va pas tarder à apparaître, sous la forme d'un démon au look lorgnant du côté de celui du "Darkness" du Legend de Ridley Scott, pour tenter de fourvoyer Stephen en lui promettant une vraie immortalité, laissant ainsi de classiques rebondissements venir occuper le seconde partie du métrage qui verra bien entendu une lutte fratricide entre Stephen et Ian s'installer, pour quelques développements sanglants sans que le dénouement ne donne de vainqueur et au contraire n'offre qu'une dernière séquence bien pessimiste et diabolique pour achever les débats sur une note très graphique.

At dawn they sleepHélas, le métrage souffrira de façon frontale de son petit budget, qui viendra notamment plomber définitivement les scènes d'action, mollassonnes et sans aucun impact, pour ces quelques collisions entre véhicules au ralenti ou ces décors explosés, et même lorsque l'auteur se lancera dans des gunfights qu'il espérera endiablés, ce sera pour uniquement prêter à sourire devant ces séquences cherchant en vain à retrouver la veine des classiques du genre et prétexte à voir les acteurs sauter partout en tirant dans tous les sens. Et justement les "acteurs" (dont Brian Paulin qui s'octroiera un des deux rôles principaux, en plus de la réalisation et de la confection des effets spéciaux) n'aideront nullement le film à gagner en crédibiliser ou tout au moins en intérêt en ne proposant que des prestations aléatoires et pas forcément bien gérées (les grimaces de douleur auraient plutôt tendance à faire une fois encore sourire, par exemple !).

At dawn they sleepMalgré ces défauts récurrents, on ne pourra pas reprocher au réalisateur de manquer d'audace ni d'être radin au niveau de son volontarisme. En effet, l'intrigue aura quand même l'originalité de nous offrir une variation atypique dans l'éternel combat entre le Bien et le Mal, avec notamment ces anges spéciaux pas très catholiques, tout en osant s'attaquer frontalement au clergé, ici coupable de voler les ouailles, mais surtout pour nous gratifier d'une séquence très graphique et blasphématoire avançant au passage un petit clin d'œil à la "nunsploitation" qui laissera s'exprimer un érotisme par ailleurs ici souvent présent.
Mais la principale qualité du métrage viendra de ses effets spéciaux, ici nombreux et variés pour de multiples plans gores (hélas parfois trop amateur !) graphiques et presque outranciers, préfigurant quelque part le terrible Bone sickness, mais également pour divers maquillages plutôt réussis.

At dawn they sleepEnfin, visiblement inspiré par les ambiances gothiques et macabres, Brian Paulin va régulièrement nous offrir des plans lugubres (le très visuel générique d'entrée alignant des clichés d'un cimetière à l'abandon) d'une beauté appréciable dans leur aspect morbide, tout en laissant sporadiquement éclater une rage musicale issue du "death-metal" venir dynamiser certaines scènes sanglantes ou d'action pour un résultat du meilleur effet donnant même un certain impact à celles qui auraient été presque fades sans cet apport sonore dévastateur, mais qui risquera de casser les oreilles aux spectateurs rétifs à ce genre musical bruyant.

Donc, ce At dawn they sleep, devra bien entendu bénéficier de l'extrême indulgence de son spectateur pour pouvoir espérer se faire apprécier un minimum et à sa juste valeur, celle d'un petit film volontaire et graphique qui aura au moins l'attrait d'avancer quelques idées originales !

At dawn they sleepLe DVD de zone 2 anglais édité par Shriekshow avancera une image quelque peu granuleuse mais sans que cela ne devienne gênant, tandis que la bande-son sera largement efficace grâce à une partition musicale endiablée et dynamique, le métrage étant ici proposé dans sa version anglaise sans aucun sous-titres.
Au niveau des bonus, il faudra se contenter de la bande-annonce du film, accompagnée par une kyrielle de celles d'autres titres de l'éditeur.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce galop d'essai pour l'auteur de gorissime Bone sickness, le DVD de zone 2 anglais est disponible ici ou !

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08:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Art of the devil

C'est de Thailande que nous vient ce Art of the devil et, alors que le cinéma oriental est en pleine crise post Ring en démultipliant à l'infini les intrigues matinées de fantômes aux cheveux longs, c'est en s'orientant vers la magie noire et ses conséquences que le métrage va nous livrer une intrigue pas forcément facile à suivre au premier abord, mais pourvue de fulgurances sanglantes originales.
Le script va suivre la vengeance d'une jeune femme, délaissée par un amant adultère lorsqu'elle va tomber enceinte, contre celui-ci et surtout le reste de sa famille, en ayant recours à la magie noire pour faire assassiner ses différentes victimes.

Art of the devilD'entrée, le métrage intriguera avec cette séquence d'ouverture en noir et blanc faisant évidemment penser à un flash-back, suivant l'affrontement entre deux jeunes femmes, l'une semblant responsable du massacre d'un garçonnet et d'une femme plus âgée et voulant faire signer un document à l'autre. Mais après le générique, le métrage reprendra des couleurs pour mettre en scène son héroïne, déjà vue auparavant, que nous découvrirons en train de draguer un homme riche plus âgé qu'elle pour rapidement commencer à entretenir une relation charnelle avec lui, jusqu'à ce qu'elle lui apprenne qu'elle est enceinte et lui demande un gros chèque pour se taire et ne pas dévoiler leur relation à la famille de l'homme, qui signera le chèque, mais trouvant que cela fait cher, il offrira un peu plus tard la demoiselle à trois de ses amis qui la violeront sur une plage, lors d'une séquence forte mais jamais crue.

Art of the devilEncore plus aigrie, le jeune femme va révéler la liaison adultère à la famille de l'homme (dans un restaurant, alors que la famille fêtait l'anniversaire de leur plus jeune fils, histoire de rendre la scène bien méchante sur la forme), avant que les trois violeurs et toute cette famille ne décèdent dans des circonstances mystérieuses et que la jeune femme toujours enceinte, ne soit renversée par une voiture. Cette entame du métrage sera rapidement expliquée au spectateur, tout en continuant d'alterner par bribes ces séquences en noir et blanc intrigantes, sans temps morts pour aller à l'essentiel tout en laissant déjà percer une pointe de mystère, notamment lors de la mort de la famille qui avancera un élément fantastique pour l'instant inexplicable, mais en nous faisant bien ressentir la douleur intérieur de cette demoiselle doublement bafouée par son amant qui semblera donc s'être uniquement servie d'elle pour satisfaire ses pulsions sexuelles.

Art of the devilEnsuite, l'intrigue va nous faire faire connaissance avec la première femme et les enfants issus donc d'un premier mariage de l'homme décédé, qui vont hériter de la vaste demeure et s'y installer après avoir fêter l'héritage, alors que nous découvrirons l'héroïne (n'étant plus enceinte) au bras d'un des fils avec qui elle est fiancée, avec pour but avéré de continuer à se venger en utilisant la magie noire pour occire ses victimes. Ce sera donc cette vengeance que va nous dépeindre cette seconde partie du film, bien plus en détails, surtout qu'un journaliste va s'intéresser de près aux tourments multiples de cette famille décidément peu chanceuse puisque les deux fils aînées vont mourir dans des circonstances bizarres, graphiques (avec bien entendu cette scène ayant largement servi à la promotion du film, hélas bien moins graphique que prévu, au cours de laquelle un des protagoniste va vomir de nombreuses lames de rasoir) et sanglantes, mais sans verser dans un gore franc pourtant à la portée de l'intrigue.

Art of the devilLe réalisateur s'offrira ainsi le loisir de détailler une partie des rituels déclenchant ces phénomènes surnaturels, mais sans tomber dans le piège d'effets pittoresques trop appuyés, tout en amenant en plus une touche purement fantastique avec ce fantôme enfantin albinos qui viendra lui aussi troubler la quiétude de cette famille en "jouant" avec la petit garçon et en faisant des apparitions inopportunes convaincantes en parvenant à semer un brin d'effroi parfaitement orchestré par l'auteur, mais même cet élément trouvera une résonance concluante dans l'intrigue globale qui sera mis en lumière lors du dernier acte du métrage, celui-ci achevant de laisser les différentes pièces du puzzle s'emboîter pour révéler la teneur réelle du propos du métrage.

Art of the devilBizarrement mené au niveau de sa narration, exposant d'entrée une bonne partie des enjeux de l'intrigue et fournissant presque l'issue finale de celui-ci, le métrage parviendra facilement et rapidement à troubler son spectateur grâce à sa violence certes pas toujours franchement graphique, mais volontaire dans ses attributs et qui trouvera son apothéose lors de la seconde moitié du film avec quelques meurtres originaux et parfois quand même porteurs de plans sanglants volontaires, mais sans que cela ne semble être une fin en soi pour le réalisateur qui préférera la brutalité du propos et de ses idées plutôt que de les exposer de façon jusqu'auboutises devant la caméra, frustrant ainsi quelque peu l'amateur de gore qui devra donc se contenter de quelques effets, alors que la réputation du film était tout autre. Mais ce en quoi le film pourra donc décevoir quelque peu de ce côté-là, il le regagnera au niveau de son intrigue qui impliquera le spectateur de manière continue, pour appréhender les différents niveaux de lecture, mais aussi pour vérifier la bonne compréhension des différentes couches du film et de sa narration spéciale, ce qui n'empêchera pas pour autant de ressentir des émotions pour les différents protagonistes en présence.

L'interprétation est plutôt convaincante, portée par deux héroïnes naturelles, et la mise en scène du réalisateur est efficace, rythmée et dynamique pour ne pas laisser de répit au spectateur. Les effets spéciaux sont ici probants pour quelques dérives sanglantes plutôt sympathiques mais timides quand on sait ce dont les orientaux sont capables.

Donc, ce Art of the devil offrira un spectacle envoûtant qui saura impliquer tout en obligeant son spectateur à rester sur le qui-vive, avec des sursauts graphiques originaux!

Art of the devilLe DVD de zone 1 édité par Media-blasters avancera une image propre et sans défaut, tandis que la bande-son sera convaincante, avec une partition musicale partie prenante dans la création des séquences de "trouille" du film, la métrage étant ici proposé en version anglaise ou thaï, avec des sous-titres anglais optionnels. Au niveau des bonus, on pourra suivre une sorte de making-of sous la forme d'une émission de télévision locale donnant la parole au réalisateur et à ses interprètes, tout en proposant quelques plans du film, le tout restant quand même très promotionnel, ainsi que la bande-annonce du film accompagné par celles d'autres titres de la collection "Japan Shock" de l'éditeur.

Pour ceux qui voudraient se plonger dans les méandres parfois sanglants de la magie noire thaïlandaise, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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27.10.08

08:05:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Un conte d'été polonais
Réalisateur : Andrzej Jakimowski
Avec : Damian Ul, Ewelina Walendziak
Durée du film : 1 h 34
Date de sortie en salles : 22 octobre 2008

Par Nicofeel

Seconde réalisation du polonais Andrzej Jakimowski, Un conte d'été polonais est bien loin des oeuvres polonaises que l'on a l'habitude de voir où l'ambiance est assez pesante. Ici, le film a un ton plutôt léger.
Le réalisateur polonais met en scène un film ludique avec cet enfant, Stefek (joué par Damian Ul, alors âgé de 8 ans), qui passe son temps à disposer des pièces de monnaie ou ses soldats de plomb sur les rails d'un chemin de fer.

Stefek tente d'influencer le destin pour faire revenir son père qui l'a abandonné, lui, sa mère et sa soeur Elka (interprétée par Ewelina Walendziak). D'ailleurs, on notera que la traduction littérale du titre du film en polonais signifie tour de passe-passe ou tour de magie. Le titre original du film est bien révélateur de cet état de fait où Stefek essaie d'agir sur le destin comme un magicien.
Et beaucoup d'éléments sont symboliques de cette recherche du père : les pigeons voyageurs (spécificité de la Silésie) que fait s'envoler à de nombreuses reprises Stefek ; les fameux soldats et pièces de monnaie qui font arrêter les trains ; la scèn trèd rôle où Stefek, alliée avec sa grande soeur, tente d'attirer la chance sur un homme qui vend des pommes.
Le réalisateur nous raconte une histoire qui se déroule dans des décors naturels, dans une ville pauvre dont les murs des maisons et bâtiments sont bien décrépis. Il n'empêche, dans cette ville qui semble bien vide, Jakimowski cherche en fait à nous ancrer dans la réalité et à faire opérer un certain charme avec ces paysages naturels. Par ailleurs, avec cette musique slave qui nous rappelle les films de Kusturica, le ton est clairement ludique.
Encore une fois, on est loin des oeuvres polonaises dramatiques que l'on a l'habitude de voir. Si le milieu du film est ouvrier, le réalisateur ne va pas plus loin dans ses descriptions sociales. Il préfère axer son film d'une part sur cet enfant qui cherche à choisir son père et d'autre part sur des marivaudages que l'on voit partout.
On s'amuse des différentes situations qui amènent le père choisi par l'enfant à ne jamais arriver à prendre son train. Il y a également beaucoup d'humour dans le relations entre les différents personnages, notamment entre Stefek, sa soeur et le petit ami de celle-ci. Le réalisateur semble passionné par les motos avec le petit ami de la soeur de Stefek qui traverse le village et va chercher sa copine sur sa moto. Cela donne lieu sur l'écran à des travellings qui donnent un sentiment d'évasion.

D'autres travellings, ceux que l'on voit avec les trains qui circulent, nous montrent une histoire en marche. Les trains sont comme la symbolique du destin.
Le film a en outre à de nombreux instants un côté fellinien évident. Ainsi, le petit Stefek a une attirance certaine envers Violka, qui est considérée par certains comme la fille facile du village. La poésie de Fellini se retrouve également dans les deux belles scènes où l'on voit d'abord Stefek avec sa mère, sa soeur, Violka et le copain de sa soeur au bord de l'étang en train de flaner. L'amour de ce gamin pour Violka est tout à la fois drôle et touchant. Ensuite, une autre scène qui rappelle Fellini est le moment où le père supposé de Stefek se rend àn l'étang et découvre trois jeunes femmes en train de s'amuser dans l'eau, telles des naïades. La fin de cette scène est d'ailleurs elliptique. On ne sait pas vraiment comment elle se conclue. Sur l'Italie, il est utile aussi de signaler que le clin d'oeil du réalisateur est évident avec la soeur de Stefek, Elka, qui apprend la langue italienne et tente de se faire embaucher dans une société italienne pour voir son condition s'améliorer. Mais l'amour d'un père qu'elle a longtemps refusé est plus fort que l'entretien qu'elle doit passer. A l'instar de Stefek, elle préfère privilégier sa vie familiale à sa vie professionnelle.

Un conte d'été polonais n'est certes pas un chef d'oeuvre (le train-train quotidien qui est retranscrit rend le film d'un intérêt inégal) mais il s'agit d'un film très optimiste (c'est bien là le côté conte de l'oeuvre) qui fait plaisir à voir. Il a déjà obtenu un succès d'estime non négligeable. Ainsi, en France, il a remporté le grand prix du jury et le prix du public au festival d'Angers. Le film vient même récemment d'être sélectionné pour représenter la Pologne aux Oscars dans la catégorie meilleur film étranger.

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24.10.08

07:00:00, Catégories: Dossier  

par Le Doc

4 devils affiche 1En 1927, F.W. Murnau (réalisateur allemand du célèbre Nosferatu) réalise, sous l'égide de William Fox, le fondateur de la 20 Century Fox, L'aurore (Sunrise en VO), une œuvre étant reconnu aujourd'hui comme l'un des meilleurs films de toute l'histoire du cinéma. "Le plus beau film du monde" comme le qualifiait Truffaut.
Murnau dispose à l'époque d'une carte blanche totale pour réaliser son film et avec un budget illimité, il devient alors le réalisateur étranger le mieux "traité" d'Hollywood. Murnau créer alors un film quasi-parfait qui ne rencontrera malheureusement pas son public à sa sortie mais qui sera salué par la critique. Le film sera en outre récompensé par 3 oscars en 1929.

Murnau se vante d'avoir un contrôle absolu sur ses films, dont aucun détails ne peu lui échapper.
C'est dans ce contexte que Murnau réalise la même année 4 Devils (Les Quatre Diables en VF). Ce film écrit par Berthold Viertel et Murnau lui-même dispose d'une production confortable, avec à la tête du casting Janet Gaynor, grande star de l'époque, déjà présente dans L'aurore.
Seulement voilà, malgré le fait que le film soit produit par la Fox avec un gros budget, et que le film
ai fait l'objet de multiples sortis à la fin des années 20, il n'existe aujourd'hui plus aucune copie du film à la connaissance des historiens. Les dernières personnes a avoir vu le film sont les acteurs et les spectateurs qui était à Hollywood en 1929, année de sortie de la dernière version du film.
Il existe néanmoins plusieurs documents qui ont permis aux historiens de reconstituer ce à quoi devait ressembler ce 4 Devils.

4 Devils 1En effet, de nombreuses photographies de tournage, des croquis du directeur de la photographie ainsi que de nombreux extraits de scénarios nous permettent aujourd'hui d'imaginer le film tel qu'il était visible à l'époque. L'histoire, en résumé, était celle de quatre orphelins, deux sœurs d'un côté, deux frères de l'autre, vivant dans un vieux cirque dont le directeur est un tyran. Les quatre enfants, maltraités vont alors être recueilli par le clown de la troupe et vont s'enfuir sur les routes. Le clown devient alors leur père adoptif. Tous ensemble, ils vont monter un spectacle à travers tous le pays, et nos 4 orphelins devenu adultes vont devenir des trapézistes hors-pair. On les appelle les "4 diables"...Mais l'un des frères va se laisser séduire par une riche vampe qui va tout faire pour s'accaparer le jeune homme...entrainant ainsi de forte tension dans le groupe, le jeune homme étant littéralement vampirisé par sa séductrice (thème récurant chez Murnau que l'on avait déjà vu dans L'aurore). Toutes ces tensions vont alors devenir dangereuse lorsque les 4 compères doivent exécuter un saut unique, extrêmement dangereux...car sans filets...
Tous ces éléments sont donc connus grâce aux nombreuses archives papier qu'il reste du film. Les archives de la Fox contiennent également les réponses aux questionnaires qui avaient été donné aux spectateurs lors des projections test du film. Ces questionnaires ont aidé à comprendre les différentes fins du métrage. En effet, pas moins de 4 fins furent écrite. Deux furent vraisemblablement tournées. L'une étant commentée par les spectateurs de la projection test, suppliant la production de laisser la fin tel quel, triste mais pleine de puissance. On ne connait l'existence de l'autre que par une minuscule photo sur une affiche d'époque qui semble représenter l'une des différentes fin écrite dans les dossiers de la Fox.

4 devils 3Les notes du réalisateur et de l'équipe technique tendent à prouver que 4 Devils était une œuvre dense et complexe, Murnau ayant mis en place de multiples point de vue, cadrages et autres spécifications technique pour appuyer sa narration. Les photos de tournage montrant l'équipe au travail sont rares, quasi inexistante. Une seule photo de Murnau sur le plateau est à la disposition des historiens, une photo éloigné et pas très net mais sur laquelle on croit distinguer deux caméras...ce qui signifierait qu'il existe deux négatifs originaux du film...ce qui signifierait donc plus de chance de retrouver un jour une copie de ce chef-d'œuvre inconnu.
Le film sort finalement en salle en octobre 1928 et fera beaucoup d'entrées. L'année suivante, les exécutifs de la Fox décident de sortir une version parlante du métrage, le sonore étant à la mode. On écrit donc des dialogues et on retourne une grande partie du métrage...mais sans Murnau qui a quitté la Fox et les Etats-Unis après plusieurs conflits sur le tournage de son film suivant Our Daily Bread (ré-intitulé par la Fox après le départ de Murnau City Girl). Murnau ne verra jamais la version parlante (et vraisemblablement désastreuse d'après les critiques de l'époque) de son œuvre, puisqu'il décède à la fin du tournage de son dernier film Tabou, dans un accident de la route, en 1931. Il avait 42 ans.

4 devils affiche 2Depuis, toutes les copies du film ont donc disparues. Mais les chercheurs et les historiens ne désespèrent pas de retrouver un jour, dans un grenier ou dans un coin sombre de la cave d'un collectionneur, une copie. Cela fut par exemple le cas il y a quelques semaines pour le chef d'oeuvre de Fritz Lang Metropolis dont on a retrouvé une version entière du métrage, version qui avait disparu depuis la sortie du film en 1927 (et que l'on aura certainement le plaisir de découvrir d'ici quelques mois en DVD) ! Retrouver un tel film relèverait alors du miracle et le chef-d'œuvre décrit par les archives pourrait alors être exposé pour la première fois depuis des décennies, aux spectateurs du 21ème siècle...

Pour avoir plus de précisions concernant ce 4 Devils, un documentaire de 40 minutes très complet dont est inspiré cet article, est disponible dans les bonus du magnifique DVD de L'aurore. Retrouvez ci-dessous les éditions DVD des films de Murnau cité dans cet article.

Nosferatu / 2 DVD

Nosferatu / 2 DVD
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Tabou - Edition 2008

Tabou - Edition 2008
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23.10.08

06:50:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

Butcher, la légende de Victor Crowley

Derrière ce Butcher, la légende de Victor Crowley (à ne pas confondre avec la trilogie gore underground allemande d'Ude Maik également appelée "Butcher"!) se cache en fait le slasher "old-school" intitulé Hatchet datant de l'année dernière et déjà disponible dans une version non censurée en zone 1, et qui connaît cette semaine une sortie quelque peu tardive sous la houlette de l'éditeur Europa.

Butcher, la légende de Victor Crowley

Simpliste, le script envoie un groupe hétéroclite de personnages incluant une bande de collégiens dans les bayous de la Louisiane pour une promenade en bateau qui va tourner au cauchemar quand, suite à une grossière erreur du conducteur, leur embarcation coule, forçant les protagonistes à continuer leur chemin à pied, pour forcément se perdre et pénétrer, sur le terrain de Victor Crowley, un enfant difforme supposé brûlé dans un incendie douteux mais qui, selon la légende, en fait continuerait à hanter les lieux. Hélas pour les personnages, la légende va s'avérer être vraie et des marécages va surgir un colosse ayant la mauvaise habitude de démembrer ses victimes à la hache.

Butcher, la légende de Victor Crowley

Largement bien accueilli dans les différents festivals où il a été projeté, ce Butcher, dernier film tourné en Louisiane avant que l'ouragan Katrina ne vienne décimer le paysage, retrouverait la verve glorieuse des années quatre-vingt en alliant un goût pour le gore immodéré et terriblement graphique (le métrage a été classé NC-17 en première intention), avec des effets spéciaux réalisés en "live" et donc excluant tout effet numérique, à un humour apparemment percutant qui va venir faire oublier une intrigue très classique. En plus, le métrage est peuplé de visages emblématiques du cinéma horrifique, entre Kane Hodder, qui interpréta par le passé Jason Voorhees, et les apparitions de Tony todd (le Candyman en personne) et de Robert Englund.

Butcher, la légende de Victor Crowley

Le DVD édité par Europa avancera une image en 1.77 (16/9 anamorphique) et en 1.85 (16/9 anamorphique), tandis que la bande-son sera disponible en français et en version anglaise sous-titrée en DD2.0 et en DD5.1. Les bonus reviendront sur la légende du tueur au travers d'une rencontre avec Victor Crowley, tandis qu'un making-of sera également présent, tout comme un bêtisier, l'analyse d'une séquence et des effets spéciaux du métrage.

Butcher, la légende de Victor Crowley

Donc, c'est à partir du 22 octobre que nous allons pouvoir enfin découvrir le slasher bourrin et jouissif renouant avec la tradition de la grande époque du genre !

Butcher, la légende de Victor Crowley
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22.10.08

06:55:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

Doomsday

Réalisateur britannique réputé depuis son excellent The descent, Neil Marschall change quelque peu de registre avec ce Doomsday au script post-apocalyptique musclé qui connaît aujourd'hui une sortie en DVD et en Blu-Ray grâce à M6 Video, après son passage sur grand écran au printemps.

Doomsday

Le script prend place alors qu'un virus a décimé presque toute la population de l'Ecosse, obligeant le gouvernement à ériger un mur infranchissable pour enrayer l'épidémie. De ce fait, les rares survivants bloqués à l'intérieur sont coupés du monde et vivent dans un no man's land anarchique et barbare. Trente ans plus tard, le fameux virus fait son apparition en plein cœur de Londres, poussant un commando de choc à s'introduire derrière le mur à la rechercher d'un éventuel vaccin, tout en devant faire attention aux deux gangs rivaux y faisant la loi...

Doomsday

Après le succès public et critique rencontré par The descent, le moins que l'on puisse dire, c'est que le réalisateur Neil Marschall était attendu au tournant, celui-ci surprenant son monde avec ce Doomsday au script que l'on dirait issu des "post-nuke" des années quatre-vingt, sentiment d'ailleurs confirmé par un métrage qui serait un pur produit tel que le cinéma-bis, en notamment celui d'Italie, savait si bien nous en offrir, en étant violent, nerveux, blindé de délires punk et d'un graphisme exacerbé dans un style ancré dans les années soixante-dix/quatre-vingt (avec des références évidentes à Mad Max ou encore à New-York 1997 en plus de celles lorgnant vers le pan rital du cinéma d'exploitation italien voué au sous-genre), reflétant parfaitement l'amour que peut vouer au genre le réalisateur qui aura osé faire un film gentiment anachronique au regard de la production actuelle, tout en magnifiant ses scènes hallucinantes de combats dignes des gladiateurs, de dérives cannibales d'un des gangs opposé à l'aspect médiéval de ses rivaux tout aussi sanglants.

Doomsday

Le DVD édité par M6 Video avancera une image en 2.35 (16/9 anamorphique) et en 1.85 (16/9 anamorphique), tandis que la bande-son sera disponible en français et en anglais (sous-titré en français) en DD2.0, DD5.1 et en DTS5.1. Au niveau des bonus, outre le commentaire audio du réalisateur, on pourra suivre un making-of décliné en plusieurs modules revenant sur l'aspect global du métrage et ensuite plus particulièrement sur les effets visuels et enfin sur les armes, gadgets et les véhicules choisis pour le métrage. L'édition Blu-Ray du métrage reprendra les même bonus, et proposera le métrage avec une bande-son en DTSHDMA5.1.

Doomsday

Donc, à l'amateur de cinéma-bis de se ruer sur ce Doomsday à partir du 22 octobre pour vérifier si Neil Marschall a respecté ses engagements de liberté pour son hommage à un sous-genre aujourd'hui quasiment oublié !

Doomsday

Doomsday

Doomsday
Amazon à 2.6€
Fnac à 10.99€
Voir la fiche
Doomsday (Blu-ray)

Doomsday (Blu-ray)
Fnac à 19.71€
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21.10.08

06:50:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Eden lake
Réalisateur : James Watkins
Avec : Kelly Reilly, Michael Fassbender
Durée du film : 1 h 30
Date de sortie en salles : 8 octobre 2008
Par Nicofeel

Eden lake

Réalisé par James Watkins, Eden lake (littéralement le lac d'Eden) est un film d'horreur bien ancré dans notre société contemporaine.
Le postulat de base du film est la rencontre houleuse au fameux Eden lake entre un couple d'amoureux, interprété côté féminin par la très british Kelly Reilly et côté masculin par Michael Fassbender, et une bande de jeunes assez hostile. Les jeunes se plaisent à faire preuve d'incivilités (pour faire les malins et prouver qu'ils existent) à l'égard du couple et vont jusqu'à voler leur voiture, un beau 4X4. Le meurtre accidentel du chien d'un des jeunes marque le début concret des hostilités.
Le film tourne alors à la chasse à l'homme.

De chaque côté est présente l'idée de la vengeance. Le réalisateur James Watkins n'y va pas de main morte dans sa decription de l'horreur avec notamment un Michael Fassbender qui est tabassé par les jeunes, lesquels vont l'un après l'autre le blesser à coups de couteau et de cutter. Cette agression est de surcroît filmée par le biais du téléphone portable, par amusement d'une part et pour que chacun des jeunes se sente impliqué, ce que ne manquera jamais de rappeler le chef du groupe. A ce propos, on remarque que, comme souvent dans ce genre d'attaque en bande, plusieurs jeunes agissent par la volonté d'un chef qui les oblige ici à violenter Michael Fassbender, alors qu'ils ne le souhaitent pas vraiment. Mais les faits sont là. Et cette histoire a le mérite de nous rappeler à quel point notre société actuelle peut être particulièrement violente.
Ce qui peut-être le plus terrible dans Eden Lake, c'est qu'on a conscience que cette attaque purement gratuite pourrait arriver à n'importe qui. D'ailleurs, James Watkins utilise au mieux les paysages naturels de l'Angleterre, et notamment cette forêt à l'intérieur de laquelle se trouve l'Eden lake, pour maintenir sous pression le spectateur. Les nombreux plans lointains ou en plongée nous montrent à quel point Kelly Reilly et Michael Fassbender, qui cherchent à s'en sortir, sont peu de choses dans cet immense paysage.
On comprend dès lors aisément que survivre dans cet environnement s'avère très difficile pour le couple d'amoureux, d'autant que les jeunes qui les pourchassent avec leurs vélos connaissent pour leur part très bien les lieux. Le film comporte de ce point de vue certaines parentés avec le film de John Boorman, où la forêt était peu accueillante. Dans Délivrance, il y avait par ailleurs une confrontation avec de rustres personnages. Ici, les jeunes se comportent comme des personnages qui agissent en dehors des codes créés par la société.
James Watkins nous met en situation de voyeur. On a le triste honneur d'assister à l'effrayant parcours de Michael Fassbender et de Kelly Reilly.

Dans ce film sans compromis, de nombreuses personnes décèdent. Dans Eden Lake, la violence et le sentiment de vengeance qu'elle engendre ne semblent pas avoir de limites. On a droit pêle-mêle à : deux immolations à l'essence, un meurtre par un coup de couteau à la carotide, un tabassage mortel, une personne renversée par une voiture, etc. Bref, tout y passe dans Eden lake et il faut reconnaître que les effets sanguinolents sont bien faits et particulièrement bien rendus à l'écran.
Mais Eden lake n'est pas seulement une succession de meurtres. Il comporte aussi une analyse sociologique. Ainsi, comme l'indiquent les informations que l'on entend au début du film et comme le montre clairement la fin bien abrupte du film, les parents de ces enfants peu conscients de la portée de leurs actes, ont bien entendu leur part de responsabilités. En effet, ce sont ces parents qui ont éduqué ces enfants. Mais concrètement que faire quand les parents sont déjà eux-mêmes des personnages alcooliques et violents ? Autrement dit, comment faire quand les parents sont aussi peu en phase avec les codes sociaux ? Ainsi, Eden lake est certes un film d'horreur contemporain mais qui évoque également des problèmes liés à notre société.
La mise en scène dynamique de James Watkins qui épie avec sa caméra les faits et gestes des personnages filmés, laisse bien souvent le spectateur dans un état fragile. On ressort secoué à la vision d'un tel film.

A n'en pas douter, Eden lake constitue un des meilleurs films d'horreur de ces dernières années. Les britanniques sont décidément passés maîtres dans le cinéma de genre, après le choc qu'avait pu constituer l'excellent The descent de Neil Marshall.

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06:45:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Chop Shop
Réalisateur : Ramin Bahrami
Avec : Alejandro Polanco, Isamar Gonzales
Durée du film : 1 h 24
Date de sortie en salles : 15 octobre 2008
Par Nicofeel

Réalisé par Ramin Bahrani, un américain d'origine iranienne, Chop Shop est certes une fiction mais le film a tout du documentaire contemporain. Le film nous expose une vision des Etats-Unis qui est loin de l'univers glamour d'Hollywood.
Il faut dire que l'action se déroule dans un quartier pauvre du Queens. Ici, les gens (pour beaucoup des américains d'origine sud-américaine voire même tout simplement des immigrés) travaillent en réparant des voitures dans des conditions très précaires. La façon dont sont trouvés les clients est tout aussi précaire puisqu'ils sont interpellés dans la rue par des gamins. Et ces interpellations sont fondamentales car tout client potentiel c'est un revenu supplémentaire.
Par ailleurs, dans ce quartier on fait le commerce de pièces de véhicules volées. Cela explique le choix du titre du film puisque Chop Shop est un mot d'argot qui signifie hacher et vendre. Chop Shop est le film de la débrouille. Il montre des personnages qui, à coups de petite combine, tentent de vivre ou plutôt de survivre dans des conditions acceptables.
Le jeune Alejandro, qui est le principal protagoniste du film, a une multitude d'activités malgré son jeune âge : il répare des voitures durant la journée, il vend occasionnellement des chocolats et des bonbons dans le métro, il vend à ses compatriotes des CD et des DVD, il participe certains soirs au démontage de voitures volées. Bref, le film montre que pour s'en sortir, ces gens de condition modeste prennent leur destin à bras le corps, quitte à commettre des actes illégaux (ventes à la sauvette, vols).
Un intérêt du film est d'évoquer que tout acte rendu fait l'objet d'une rémunération économique. Autrement dit, l'argent est au centre de toutes les préoccupations. Le réalisateur Ramin Bahrani montre avec efficacité la prédominance de l'argent dans la vie quotidienne. L'argent commande tout.
Et il faut dire que si le petit Alejandro est conscient de la situation dans laquelle il se trouve, ce petit garçon qui n'a pas jamais été à l'école conserve secrètement un espoir, celui de pouvoir acheter à terme une camionnette lui permettant de vendre avec sa soeur aînée (qui l'a rejoint), sandwichs et boissons.

C'est pour cela qu'Alejandro économise tout ce qu'il peut ; il a peu foi en les personnes qui l'entourent puisqu'il ne garde pas l'argent qu'il possède dans le garage où il vit mais dans une cachette qu'il est le seul à connaître. La soeur d'Alejandro, Isamar, qui travaille aussi durant la journée, donne aussi de l'argent à son frère pour le futur achat de la cammionnette. Sauf que l'argent qu'elle donne ne provient pas de cette activité. Le réalisateur Ramin Bahrani en remet une couche sur la pauvre condition sociale de ce quartier du Queens avec des femmes qui se prostituent le soir pour obtenir un supplément de salaire. C'est ainsi le cas d'Isamar qui se prostitue et ce sans que son frère soit au courant de tels agissements. Attention, il n'y a pas pour autant de place au misérabilisme dans Chop Shop : les personnages du film se battent pour que leur condition s'améliore à terme, ils ne sont pas abattus. Encore une fois, toute action (ici le fait de vendre son corps) a comme but l'obtention d'une somme d'argent.
Il serait par contre inéquitable de penser que ce film décrit uniquement les conditions de vie d'un quartier pauvre du Queens et qu'il ne comporterait que des considérations économiques. En effet, le film comporte aussi des moments de joie, de plaisir. Les relations entre Alejandro et son copain du même âge donnent lieu à des moments d'une grande simplicité, révélatrices d'une amitié évidente.

Mais surtout le film s'attache à nous montrer les liens importants entre Alejandro et sa soeur Isamar. S'ils ne sont pas toujours d'accord sur tout, ce frère et cette soeur sont solidaires l'un envers l'autre. En trouvant un emploi à sa soeur et en lui rappelant les règles qui dominent dans ce quartier et plus précisément dans le garage où ils vivent, Alejandro agit comme s'il était le père de la famille. A son jeune âge, il prend clairement en main les rennes de cette famille. Pour preuve, sa réaction lorsqu'il apprend que sa soeur se prostitue.
En défintive, Chop Shop offre une vision particulièrement réaliste d'un quartier pauvre de New York. Cependant, le film ne se veut pas une démonstration misérabiliste. De ce point de vue, la fin de Chop Shop, où l'on voit des pigeons s'envoler, est le symbole de l'espoir d'un changement positif pour les deux principaux personnages du film.

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20.10.08

06:40:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

[REC]

Réalisé par Jaume Balaguero, un des piliers du cinéma fantastique ibérique depuis La secte sans nom et auquel nous devons le magnifique Fragile, et Placo Plaza, le jeune auteur des Enfants d’Abraham et de L’enfer des loups, ce [REC] s’impose comme l’une des grande réussites de cette année, avec plus de 500 000 spectateurs en salles sur notre territoire et surtout des critiques quasiment unanimes pour saluer le métrage qui, sous l’égide de l’éditeur Wild Side Video, va débarquer en DVD et Blu-Ray à partir du 23 octobre.

[REC]

Le script va suivre Angela, une journaliste pour une télévision locale portant avec son cameraman son intérêt vers les travailleurs de la nuit. Ce sera au cours d’une nuit dans une caserne de pompiers qui pourtant s’annonçait très calme qu’elle va être confrontée à l’impensable, alors qu’elle suivait une équipe de pompiers se rendant au chevet d’une vielle dame ayant lancé un appel au secours pour découvrir sur place des voisins très inquiets par les cris entendus en provenance de l’appartement de le vieille dame. Pensant enfin tenir un sujet sortant de l’ordinaire, Angela était loin de s’imaginer plonger dans l’horreur absolue, surtout que la résidence va bientôt être mise en quarantaine par l’armée, laissant les habitants, Angela, son cameraman et les pompiers appelés sur place en bien mauvaise compagnie !

[REC]

Ce sera donc en utilisant une caméra subjective à la mode en ce moment (Cloverfield, Diary of the dead...) pour créer une sorte de faux documentaire que les deux auteurs marchent sur les traces du Projet blair Witch et du précurseur Cannibal holocaust, mais les critiques ont été d’accord pour s’accorder à écrire que le film renouvelle, voir même révolutionne, le genre avec des effets de trouille complètement réussis et inédits pour non pas nous montrer la peur mais nous la faire vivre en nous impliquant carrément dans le métrage, tout en maniant un humour tordu et noir qui viendra naturellement se mêler à l’ensemble, et sans pour autant se contenter l’accumuler les séquences horrifiques pour laisser également des phases d’attente venir stresser le spectateur tout en développant la personnalité des protagonistes.

[REC]

Le DVD édité par Wild Side Video avancera une image en 1.85 (16/9 anamorphique), avec une bande-son en français et en anglais en DD2.0 et en DTS5.1, tandis que la version espagnole sera en DD5.1, avec bien entendu des sous-titres français.
Au niveau des bonus, nous retrouverons un making-of d’une quarantaine de minutes, ainsi qu’un documentaire tourné par les deux réalisateurs sur la manière de réaliser un film d’horreur, tandis qu’un court-métrage gagnant d’un concours organisé par Nokia et intitulé "Les ongles" viendra clore ces bonus.

[REC]

Mais Wild side Video va nous proposer également une édition "collector", avec sur un second disque plusieurs entretiens avec les membres de l'équipe (les deux réalisateurs, mais aussi avec le chef-opérateur Pablo Rosso, le sound designer Oriol Tarrago et l'actrice Manuela Velasco qui nous livrera ses confidences), plusieurs scènes coupées, l'analyse d'une séquence du film, les essais des comédiens, les archives secrètes, un court métrage de Paco plaza, ainsi qu'une rencontre croisée avec Paco Plaza, Jaume Balaguero, J.A. Bayona (le réalisateur de L'orphelinat) et Gonzalo Lopez-Galledo (l'auteur de Les proies), et un bonus caché à découvrir dans l'un des menus du disque. Et enfin, la désormais inévitable édition "Blu-ray" reprendra l'intégralité des bonus de l'édition "collector".

[REC]

Donc, à partir du 23 octobre prochain, nous allons pouvoir flirter avec la frayeur engendrée par ce [REC] directement dans notre salon grâce à cette sortie DVD et Blu-Ray très attendue !

[REC]

[REC] - Edition collector / 2 DVD

[REC] - Edition collector / 2 DVD
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[REC] (Blu-ray) - Edition 2008

[REC] (Blu-ray) - Edition 2008
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18.10.08

08:50:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Tokyo !
Réalisateurs : Michel Gondry, Léos Carax et Bong Joon-Ho
Avec : Denis Lavant, Jean-François Balmer, Ayako Fujitani, Ryo Kase, Ayumi Ito...
Durée du film : 1 h 45
Date de sortie en salles : 15 octobre 2008

Par Nicofeel

Tokyo ! est un film à sketchs réalisé par trois cinéastes très différents : Michel Gondry, Léos Carax et Bong Joon-Ho. Chacun d'entre eux a livré à cette occasion sur un format court une vision particulièrement originale de Tokyo !
Si les sketchs sont en soi très différents, ils montrent tous le fait que la ville nous enferme dans un système où il devient de plus en plus difficile de communiquer. La ville nous fait soi disparaître d'un point de vue individuel (sketch de Michel Gondry), soit elle nous offre de telles possibilités grâce aux nouvelles technologies que l'on est même plus obligé de communiquer avec l'extérieur (sketch de Bong Joon-Ho). Dans ce cas, on peut de manière radicale être amené à se révolter (sketch de Léos Carax).
Le premier sketch de Tokyo ! est celui de Michel Gondry. Il montre un couple de jeunes qui n'arrive pas à trouver un appartement à un prix raisonnable dans Tokyo pour se loger (la cherté de l'immobilier qui sévit qui sévit depuis plusieurs années est évoquée sans détours, sachant que Tokyo est sur ce point l'une des villes les plus chères de la planète). Ce couple réside ainsi provisoirement chez une amie. Le sketch évoque l'exiguité de certains dans Tokyo. Comment vivre en effet de manière décente à quatre dans un petit appartement ? Ce sketch, bien ancré dans la réalité, vire progressivement dans le fantastique avec la jeune femme du couple, qui se sent quelque peu isolée (on lui reproche notamment son manque d'ambition) et qui finit par se transformer en chaise. Cette jeune femme trouve donc désormais une place dans la société et même une certaine utilité. De façon très poétique, comme il sait le faire très bien dans son chef d'oeuvre Eternal sunshine of the spotless mind, Michel Gondry évoque pleinement une ville gigantesque qui finit par happer ses habitants, leur faisant perdre leur individualité face au grand nombre personnes qui résident dans cet endroit. Le problème est également récurrent dans plusieurs grandes villes telles que Paris, New York, Londres, etc.
Le second sketch de Tokyo ! marque le retour de Léos Carax. Neuf ans après l'échec (commercial) de son film Pola X (qui est il faut le reconnaître un film d'auteur bien dérangeant), Léos Carax revient de façon rageuse avec un sketch complètement anarchiste. L'excellent acteur Denis Lavant, pour le coup méconnaissable, interprète un personnage issu de nulle part qui sort des égoûts et agresse la population, allant jusqu'à balancer des bombes.

Denis Lavant est vraiment impressionnant dans son rôle de Monsieur Merde, qui semble insaisissable et qui déteste ouvertement la population nippone (bien que le propos puisse être valable pour tous les pays, et notamment pour les Etats-Unis). Sketch à l'humour bien corrosif, les aventures de monsieur Merde amènent le spectateur à se poser des questions sur la société contemporaine. Sans aucun doute, le sketch de Léos Carax est le plus intéressant et celui qui amène le plus à réfléchir.
Le troisième et dernier sketch de Tokyo ! est l'oeuvre de Bong Joon-Ho, auteur notamment de l'excellent film The host. Dans un Tokyo qui paraît vidé de ses habitants, lesquels restent chez eux, le cinéaste traite du problème de l'incommunicabilité. Il prend pour cela un exemple extrême avec ce personnage qui vit seul depuis 10 ans à Tokyo dans son appartement, en totale autarcie.

Cet exemple très particulier n'est pourtant pas si loin de la réalité avec des gens qui désormais s'ouvrent de moins en moins sur l'extérieur avec les possibilités qu'offre notamment Internet. Le tableau décrit par Bong Joon-Ho n'est pas totalement noir car l'amour peut changer la donne et faire que notre personnage s'ouvre sur l'extérieur. Particulièrement atypique et dérangeant sur la vision de notre monde, le sketch de Bong Joon-Ho souffre d'une certaine lenteur, dû à son scénario. Le cinéaste sud-coréen met un peu trop de temps à exposer son propos.
De manière plus générale, les trois sketchs de Tokyo ! sont très bien mis en scène et se révélent particulièrement originaux. Oui mais voilà, ils souffrent de facto du même problème : la démonstration est trop surréaliste et décalée et fait que le spectateur ne se sent pas totalement impliqué. C'est dommage car cette vision des choses est non dénuée d'un certain intérêt et l'humour est omniprésent.
Il convient de noter pour terminer que Tokyo !, en compétition au festival international du film fantastique à Neuchâtel, y a obtenu une mention spéciale du jury.

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17.10.08

06:45:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Live feed

C’est en s’inspirant largement du Hostel d’Eli Roth que ce Live feed va dérouler une intrigue terriblement simpliste mais prétexte à de nombreuses abominations, tout en ayant la bonne idée de déplacer l’action en Asie, histoire d’apporter un dépaysement différent et ce même si le métrage a entièrement été tourné au Canada.
Le script envoie donc cinq touristes américains à la découverte de l’Asie, mais ceux-ci, en cherchant surtout à s’amuser et à se donner du bon temps, vont aller se fourvoyer dans un cinéma porno, sans ce douter que celui-ci sert de façade à des activités bien plus glauques et sanglantes.

Live feedD’entrée, après un générique accrocheur avançant différentes photos de torture assez graphiques, le métrage va mettre en avant ses principaux personnages, cinq américains débarquant sur le sol asiatique que nous suivront pour la visite d’un marché de nuit où ils vont avoir bien du mal à accepter les coutumes locales, et notamment la tuerie d’un petit yorkshire destiné à être mangé. Cette mise en situation sera agréablement agencée par le réalisateur, en alternant les plans suivant ces américains hautains et caricaturaux au possible avec d’autres nous montrant l’intérieur d’un bar où une stripteaseuse effectuera son numéro lascif sous l’œil d’un groupe d’hommes facilement identifiés comme étant des yakuzas appartenant à la pègre locale, tandis que nous suivrons ensuite ceux-ci pour un interrogatoire musclé et brutal d’un individu qui subira différents sévices.

Live feedSuperficiels et presque antipathiques dans leur démarche et leur air supérieur affiché, les protagonistes principaux américains ne s’attireront jamais la sympathie du spectateur, mais les situations demeureront suffisamment attractives pour ne pas ennuyer (contrairement à celle d'Hostel avec en plus cet humour potache qui énervait et qui sera ici absent), avec ensuite cette courte visite dans un bar où l’un des américains va bousculer et renverser son verre sur le chef des yakuzas, déclenchant ainsi une mini bagarre et les obligeant à quitter les lieux en compagnie d’un autochtone avec qui ils auront fait connaissance, pour atterrir dans ce cinéma pornographique crasseux qu’ils vont visiter avant que le groupe ne se sépare, chacun cherchant un coin tranquille pour satisfaire ses besoins sexuels.

Live feedCette partie du métrage sera ouvertement érotique et parfois même très osée, en n'hésitant pas à bien nous montrer ce qui se passe sur l'écran du cinéma, tandis que dans son aspect glauque et malsain, l'endroit sera inondé de photos érotiques hardcores, notamment dans les toilettes où ira se réfugier un couple pour un ébat sexuel debout, mais également en suivant un autre couple ayant loué une "chambre" pour satisfaire leurs pulsions sexuelles. Mais très vite le métrage va commencer à placer des éléments intrigants et commençant à installer un malaise évident, notamment en nous faisant découvrir que les différents personnages sont filmés dans chacune des pièces qu'ils vont parcourir, installant ainsi parfois le spectateur dans une position avérée de voyeur.

Live feedMais bien entendu, les choses vont rapidement dégénérer et un bourreau très graphique et charismatique va faire son apparition pour s'en prendre au couple enfermé dans leur "chambre" lors d'une première séquence véritablement gore et avançant des sévices innovants (le serpent) et volontaires dans leur démarche sanglante, sans pour autant négliger l'aspect érotique qui survivra au passage en mode gore du métrage, d'autant qu'ensuite une autre demoiselle sera à son tour mutilée et assassinée de façon clairement sensuelle. Et ensuite, le métrage avancera différentes situations laissant les survivants du groupe lutter pour leur survie dans une ambiance assez jouissive et débridée jusqu'au règlement de comptes final.

Live feedRésolument tournée vers son aspect horrifique et vers l'action, cette seconde partie s'octroiera même le luxe de flirter avec le "snuff-movie", en avançant ces séquences filmée et destinées à distraire le chef yakuza vu auparavant de manière plutôt réaliste et graphique, mais sans que le spectacle ne devienne trop malsain grâce à une certaine outrance jouissive qui ne collera pas avec la réalité glauque de rigueur pour incommoder le spectateur. Et puisqu'il est inévitable de comparer le métrage à celui d'Eli Roth, ce Live feed s'avérera largement plus généreux en plans sanglants mais par contre, on ne retrouvera pas l'ampleur ni la puissance dramatique d'Hostel, avec une justification des abominations commises bien superficielle et n'apportant aucune profondeur à l'ensemble.

Live feedSi la révélation sur l'identité d'un des protagonistes (en plus facilement anticipable) n'entraînera que des situations mêlant des sentiments classiques et éculés (vengeance, honneur…), le véritable personnage prépondérant du film restera bien ce bourreau au look très visuel, inspiré de l'univers sado-masochiste, simpliste mais efficace avec en plus une stature plus qu'imposante qui va illuminer chaque des scènes où il apparaît d'un charisme fort et cette fois réellement malsain, d'autant plus qu'il demeurera muet d'un bout à l'autre du métrage, pour se contenter d'agir comme une brute inhumaine massacrant ses victimes pour le plaisir de son maître jusqu'à ce qu'en plus, le dernier acte ne vienne lui insuffler une certaine "dignité" loyale considérable, tout en nous donnant furieusement envie de revoir ce personnage à l'oeuvre.

Live feedL'interprétation sera ici aléatoire, cernée par de jeunes acteurs guère performants et peu crédibles et ne parvenant pas à faire passer la moindre émotion, mais à la limite cela ne sera pas trop préjudiciable de ce contexte où il ne sont là que pour servir de victimes avant d'être recyclés d'une façon très immorale. La mise en scène du réalisateur est assez efficace, avec cette caméra toujours en mouvement renforçant ainsi l'aspect "snuff" du film mais avance hélas parfois un aspect télévisuel guère plaisant.
Les effets spéciaux sont globalement probants, et si certains trucages sont trop visibles, on ne pourra pas leur reprocher d'être timides, tant le sang va gicler abondamment au cours du film, tout en laissant certains plans suivre de près les mutilations commises par ce bourreau charismatique.

Donc, ce Live feed sera une agréable surprise malgré son côté superficiel et son manque de moyens parfois flagrant, grâce à sa générosité dans sa partie sanglante et en nous offrant un nouveau personnage fort digne d'appartenir au bestiaire des plus "beaux" tueurs du cinéma horrifique !

Live feedLe DVD de zone 1 édité par MTI Video avancera une image qui ne connaîtra pas de défauts visibles, tandis que la bande-son sera percutante, avec notamment une partition musicale métallique adaptée et renforçant les temps forts du film, le métrage n'étant ici proposé qu'en version anglaise avec seulement des sous-titres espagnols.
Au niveau des bonus, on pourra suivre un long making-of explicatif sur la genèse du projet tout en laissant la parole à certains membres de l'équipe du film et surtout à son réalisateur, sans que celui-ci ne verse dans l'auto-promotion, quelques scènes coupées (essentiellement des dialogues qui auraient ralenti le rythme du métrage) ou alternatives, un spot télévisé de promotion du "Richmond Night Market" où fut tournée la première séquence du film, et quelques bandes-annonces (dont celle du métrage).

Live feed

Pour ceux qui voudraient découvrir ce bourreau très visuel au service de sévices graphiques et sanglants, le DVD de zone 1 est disponible ici ou là !

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16.10.08

06:15:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Buried alive

Réalisé par Robert Kurtzman, grand spécialsite des effets spéciaux (il fut avec deux compères le fondateurs de l'atelier KNB à qui nous devons par exemple les effets spéciaux de Une nuit en enfer, du Vampires de John Carpenter ou encore des deux Hostel), ce Buried alive ne versera hélas que dans le slasher surnaturel des plus basiques, tout en préférant s'axer sur des personnages heureusement plutôt attachants que sur une violence sanglante bien timide.
Le script envoie six jeunes gens dans la maison familiale retirée en plein désert de deux d'entre eux où ils comptent passer le week-end, sans se douter d'une entité issue du passé sordide de leur famille va chercher à les éliminer un par un.

Buried aliveAprès une séquence d'introduction assez réussie mettant en scène Renée, une demoiselle discutant dans sa baignoire avec son cousin Zane de leur relation fusionnelle jusqu'à ce que la situation dégénère aussi brutalement que bizarrement, le métrage va nous présenter ses personnages principaux et outre les deux protagonistes déjà vus, nous allons découvrir le boy-friend de Renée ainsi qu'un de leur acolyte timide et obnubilé par l'informatique, ce qui lui aura permis de découvrir sur la toile l'histoire douteuse de la famille de Zane et de Renée, puisqu'un de leurs aïeuls richissime grâce à la découverte d'une mine d'or aurait enterré vivant sa première femme d'origine indienne avant de se remarier pour finalement périr dans l'incendie de leur demeure, reconstruite depuis et destination de la petite bande.

Buried aliveMais afin de pimenter un peu l'intrigue, deux autres demoiselles vont être conviées au voyage puisqu'elles sont les bizuts de Renée, désireuses de rentrer dans son "club" typiquement américain et vont donc finir leur initiation en compagnie du groupe dans le désert.
Cette mise en situation des protagonistes ne s'éternisera heureusement que le strict nécessaire pour mettre en place le contexte familial qui servira de toile de fond à la malédiction qui va s'acharner sur la bande, tout en introduisant un autre personnage, Lester, un homme fouillant une cave pour y découvrir de l'or, que nous retrouverons plus tard comme étant le gardien déjanté et un peu fou de la propriété familiale qui préférera la compagnie de ses animaux sauvages empaillés à celle des humains.

Buried aliveL'installation dans la bâtisse qui aura de quoi décevoir pas son aspect moderne et fonctionnel (malgré de traditionnels petits soucis d'électricité…) sera guère palpitante et offrira surtout l'opportunité aux personnages de s'amuser, offrant ainsi au passage au métrage sa petite scène érotique bien timide, tout en multipliant les allers et venues scrutées par une caméra subjective annonçant clairement une présence malfaisante qui finira par se matérialiser lors d'une séquence joliment maîtrisée (la sortie de la baignoire remplie de sang) mais hélas avortée et sabordée. Et il faudra encore laisser passer plusieurs situations liées en partie à ce bizutage quelque peu stérile pour qu'un premier meurtre sanglante mais rapide ne vienne lancer véritablement l'intrigue.

Buried aliveMais hélas, même après ce premier assassinat, le métrage va s'occuper de ses personnages qui vont continuer à évoluer dans la demeure sans se préoccuper de l'absence de leur ami qu'ils penseront être au téléphone dans leur voiture, pour divers rebondissements mettant aussi en avant ce Lester, qui ferait un coupable idéal puisque la présence des jeunes retarde ses plans liés à la découverte de l'or, tout en continuant à placer des séquences un peu débiles mais amusantes forçant les bizuts à se livrer à des gages stupides mais permettant au métrage de se livrer à des instants porteurs d'un léger suspense au milieu de ces éléments plus farfelus (la course d'une des demoiselles uniquement vêtue de bottes pour aller chercher un objet chez ce fou de Lester). Ainsi, seul le dernier acte se montrera quelque peu violent et brutal, mais restera superficiel et évasif dans l'explication finale qui aura quand même l'ultime mérite de ne pas se limiter à un quelconque twist faisandé complètement improbable pour plutôt laisser le métrage se terminer sur une touche sinistre.

Buried aliveCe sera donc en privilégiant l'ambiance et surtout en créant un climat d'attente perpétuel que le métrage va dérouler ses situations, mais si ce concept fonctionnera régulièrement, il finira quand même par lasser, surtout que les fausses alertes, trop nombreuses, et les situations inachevées ponctuées d'invraisemblances notoires laisseront un goût amer qui sera encore accentué par quelques explosions sanglantes qui resteront timides malgré une volonté graphique avérée pour mettre en avant des effets spéciaux évidemment (trop ?) sophistiqués et originaux dans l'art de découper les victimes à la hache.

Buried aliveHeureusement, Robert Kurtzman ne tombera pas vraiment dans le piège facile de mettre en scène des personnages stéréotypés et malgré un "jeunisme" flagrant, ceux-ci auront un naturel plutôt sympathique qui les rendra presque attachants, et cette (bonne) idée de mettre au service de Renée deux "esclaves" au féminin alimentera de manière réjouissante l'intrigue, mais on pourra quand même regretter que la relation ambiguë qu'elle entretiendra avec son cousin, et clairement avancée lors de l'introduction, ne vienne pas se mêler au débat pour ne laisser percer qu'une pointe de jalousie lorsque Zane s'intéressera de très près à l'une des deux bizuts.

Buried aliveEnfin, l'élément surnaturel qui déclenchera la malédiction semblera bien superficiel, aussi bien dans sa conception vaguement basée sur les légendes indiennes que sur les éléments apportés, avec cette amulette transmise de génération en génération qui sera censée protéger des mauvais sort à peine évoquée de façon bien opportune (le tatouage), et tandis que l'exploration du passé familial sera lui aussi sous-exploité (avec à peine une lecture sans grand intérêt d'un morceau de journal intime de l'une des deux femmes de l'aïeul) alors que les possibilités offertes étaient immenses et auraient pu donner plus de consistances à l'ensemble, même si cela aurait ralenti le rythme vif et constant que le réalisateur aura réussi à insuffler au film.

Buried aliveL'interprétation est plutôt convaincante, avec de jeunes acteurs pas foncièrement expérimentés mais qui arriveront à rester crédibles et à donner la réplique à un Tobin Bell excellent échappé de la franchise des Saw. La mise en scène de Robert Kurtzman est plutôt dynamique, mais n'utilise que des effets faciles (la caméra subjective) de façon guère innovante. Les effets spéciaux sont bien entendu probants, aussi bien pour le maquillage du boogeyman très visuel que pour les quelques meurtres sanglants cherchant à se montrer originaux, surtout au niveau de l'élaboration de trucages étonnants.

Donc, ce Buried alive se suivra facilement grâce aux facéties amusantes de l'intrigue mais n'engendrera ni l'effroi ni même la tension désirée en demeurant le plus souvent prévisible et en peinant à renouveler son climat d'attente.

Buried aliveLe DVD de zone 1 édité par Dimension Extreme avancera une image claire et ne connaissant aucun défaut, tandis que la bande-son sera efficace, grâce notamment à une partition musicale discrète mais efficiente, le métrage n'étant proposé ici qu'en version anglaise, avec des sous-titres anglais destinés aux malentendants.
Par contre, cette édition ne proposera pas le moindre bonus, pas même une petite bande-annonce, alors que l'éditeur possède plusieurs autres titres horrifiques dans sa collection, dont le convaincant Storm warning.

Pour ceux qui voudraient affronter ce tueur surnaturel revanchard, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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15.10.08

06:45:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

The eye

Réalisé par les deux auteurs français du plutôt sympathique Ils, Xavier Palud et David Moreau, ce The eye, remake américain du film homonyme des frères Pang datant de 2003, arrive, après un passage en salles obscures au printemps, en DVD sous la houlette de Warner Home Vidéo.

The eye

Le script met en scène la célèbre violoniste Sydney Wells, une jeune femme aveugle depuis un accident survenu dans sa jeunesse qui, grâce à une opération, va pouvoir enfin percer les ténèbres et revoir. Aidée par le docteur Paul Faulkner et par sa sœur Helen, Sydney retrouve donc peu à peu la vue. Mais rapidement, d’étranges images principalement effrayantes lui apparaissent sans explication cohérente. Serait-ce des séquelles de l’opération, une réaction du cerveau ou quelque chose de plus terrifiant. Alors que son entourage commence à douter de sa santé mentale, Sydney se persuade que ces nouveaux yeux lui ont ouvert la porte d’un monde qu’elle seule peut voir...

The eye

Ayant reçu un accueil mitigé de la part des critiques qui ont mis en avant la fadeur d’un script réduit à sa plus simple expression, une interprétation aléatoire avec une prestation de Jessica alba qui divise et une mise en scène parfois sacrifiée des deux réalisateurs et surtout cédant aux effets faciles du genre, le film s’offre une seconde chance en DVD pour nous faire partager son atmosphère prenante à défaut d’être originale et une œuvre qui se suit facilement et sans ennui.

The eye

Le DVD édité par Warner Home Vidéo avancera une image en 1.85 (16/9 anamorphique), tandis que la bande-son sera proposée en français et en anglais sous-titré dans notre langue en DD5.1.
Au niveau des bonus, on pourra suivre une fin alternative, quelques scènes coupées non censurées (donc plus sanglantes ?) ainsi qu’un making-of, hélas orienté promo.
Quant au Blu-Ray, il proposera en outre quatre documentaires, sur la naissance du "Shadow-man", sur le personnage de Sydney et les difficultés rencontrées pour rentrer dans ce rôle pas évident pour Jessica Alba, sur le "monde des morts" et enfin sur le final du métrage, alors que le métrage sera disponible avec une image en 1.85 mais également en 2.35, avec un son en DDTHD5.1 en plus du DD5.1.

The eye

Donc, il ne nous reste plus qu’à patienter jusqu’au 15 octobre pour pouvoir se faire sa propre idée sur ce nouveau remake hollywoodien braconnant sur les terres orientales !

The eye

The eye (2008)

The eye (2008)
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The eye (2008) (Blu-ray)

The eye (2008) (Blu-ray)
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Ils

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14.10.08

11:15:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Blindness
Réalisateur : Fernando Meirelles
Avec : Julianne Moore, Mark Ruffalo, Danny Glover, Gael Garcia Bernal.
Durée du film : 2 h 01
Date de sortie en salles : 8 octobre 2008

Par Nicofeel

Blindness

Auteur de films tels que La cité de Dieu ou plus récemment de The constant gardener, Fernando Meirelles nous revient avec un long métrage (produit par le Japon, le Brésil et le Canada) teinté de fantastique.
En effet, le synopsis raconte qu'à notre époque actuelle, plusieurs personnes deviennent aveugles en un instant. La spécificité de cette cécité est que les gens ne voient pas le monde qui les entoure en noir comme un aveugle « normal » mais une lumière blanche. Cette maladie inconnue est intitulée le mal blanc. Les gens victimes du mal blanc sont rapidement mis en quarantaine dans des abris d'urgence. Parmi les contaminés a réussi à se glisser l'épouse d'un médecin (interprétée par Julianne Moore), et ce pour aider son mari (lequel est interprété par Mark Ruffalo).

A partir de ce scénario original, le réalisateur Fernando Meirelles livre un film politique et social.
Le propos politique est on ne peut clair avec ces personnes, considérées comme des contaminés, qui sont obligées de vivre dans des batiments peu accueillants. Ils sont surveillés en permanence par des soldats qui les empêchent de quitter ces lieux. On se retrouve dans un véritable régime dictatorial où les libertés de chacun ont disparu.
Mais le plus difficile à vivre est le fait que dans ces batiments, qui ressemblent à des entrepots qui ont été aménagées à la va-vite, c'est la loi du plus fort qui prédomine. Les autorités, situées à l'extérieur du batiment, ne cherchent pas à savoir ce qui se passe à l'intérieur. Elles se contentent de donner de la nourriture aux contaminés pour qu'ils ne meurent pas de faim. Or, quand c'est le plus fort qui domine, on ne s'étonnera pas que les lois qui prédominaient jusque là laissent la place à l'arbitraire. Un système de troc se met ainsi en place entre les dominants (dont le chef est joué par Gael Garcia Bernal, qui tient là un beau rôle de salaud) et les dominés avec évidemment tous les abus que l'on peut imaginer.

D'une certaine façon, Fernando Meirelles dresse le portrait d'une micro-société livrée à elle-même qui, sans l'intervention de règles impartiales, fonctionne de manière totalement arbitraire.
Quelques personnages dans le film sont à sauver et montrent que dans une société individualiste, certains sont prêts malgré tout à aider les autres. Le personnage de Julianne Moore est de ce point de vue un véritable symbole, aidant au maximum son mari et les gens qui l'entourent, ce qui est d'autant plus aisé qu'elle est la seule à voir. Elle n'a pas été touchée par le mal blanc. On peut quasiment y voir là un côté religieux. D'ailleurs, à un moment donné du film, plusieurs individus, guidés, par le personnage de Julianne Moore, réussissent à quitter le batiment où ils étaient parqués et à rejoindre à nouveau le monde extérieur. Tout cela donne l'impression que Julianne Moore interprète une sorte de Noé et qu'elle doit mener les autres personnes qui l'accompagnent vers une nouvelle existence. L'arche de Noé serait tout simplement la maison du médecin (joué par Mark Ruffalo) et de son épouse qui servent de refuge à quelques autres évadés.
Blindness n'a pas qu'une portée politique ou religieuse. Fernando Meirelles y introduit sans aucune ambiguité une notion sociale. Il montre que dans des mouvements de panique, tels que ceux qui sont caractérisés par le mal blanc, les gens sont en grande majorité individualistes. Ils pensent avant tout à eux. Ceci est d'autant plus significatif quand on voit dans des rues plusieurs personnes qui meurent de faim et s'entredéchirent les quelques aliments qui sont encore disponibles. Un exemple symptomatique de cet état de chaos est le moment où l'on voit des chiens affamés en train de dévorer un homme mort. Le meilleur ami de l'homme a lui-même disparu...
Si les connotations politiques, religieuses et sociales de Blindness sont intéressantes, en revanche la mise en scène du film laisse beaucoup plus à désirer.
Dans une thématique assez proche, Blindness pourrait rappeller le Phénomènes de Shyamalan où un mal étrange (dans le film de Shyamalan des personnes se suicidaient de façon soudaine) survenait du jour au lendemain sans aucune explication rationnelle. Mais à la différence de Shyamalan dont la mise en scène est particulièrement sobre, Fernando Meirelles se complaît dans des effets de style (floutages, images parfois quasi intégralement blanches, gros plans) qui n'apportent rien au récit et qui sont au contraire assez saoulants. En voulant nous donner le point de vue de ces personnes qui ont perdu la vue et sont victimes du mal blanc, le réalisateur de Blindness hache son récit (le montage est par moments quelque peu saccadé) et manque dès lors de clairvoyance. On pourra par ailleurs regretter sur le plan scénaristique un happy end un peu rapide et qui n'est a fortiori pas forcément le meilleur choix final.
Un dernier mot sur les acteurs qui se révèlent tous assez bons, avec notamment Julianne Moore qui a toujours un jeu d'actrice aussi nuancé.
En définitive, Blindness est un film qui comporte un vrai message politique et social mais qui est en partie plombé par une mise en scène trop stylisée et hachée.

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06:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Vicky Cristina Barcelona
Réalisateur : Woody Allen
Avec : Javier Bardem, Pénélope Cruz, Scarlett Johansson, Rebecca Hall...
Durée du film : 1 h 36
Date de sortie en salles : 8 octobre 2008

Par Nicofeel

Vicky Cristina Barcelona

Plutôt en forme ces derniers temps avec des films tels que Match point, Scoop, Le rêve de Cassandre, Woody Allen nous revient avec sa thématique préférée : l'amour.
Pour montrer à quel point la notion d'amour est compliquée, le réalisateur new-yorkais nous raconte les vacances de deux amies qui ont décidé de passer l'été ensemble à Barcelone. Vicky, la brune (interprétée par Rebecca Hall) est une femme de raison qui est fiancée et va bientôt se marier ; Cristina, la blonde (interprétée par Scarlett Johansson, qui est décidément très utilisée par Woody Allen dans ses derniers films) est une femme qui est célibataire et se fie avant tout à ses pulsions. Si le film avait été une adaptation de Jane Austen, on aurait pu le renommer Raison et sentiments. Cependant l'approche de Woody Allen est plus moderne.
Dès le début du film, on comprend que l'on va assister à une sorte de théorie sur l'amour. Le point de départ est le film de 12 minutes de Cristina qui traite de la complexité de l'amour. En fait, Woody Allen se sert de cet élément pour développer la notion d'amour, de passion durant les 1h36 de son film. D'ailleurs, ce n'est pas un hasard si une voix-off vient continuellement nous expliciter les événements qui se déroulent sous nos yeux.
Woody Allen change son cadre habituel puisque le film se déroule ni Etats-Unis ni en Angleterre mais en Espagne. Le film est a fortiori bercé de nombreuses musiques espagnoles. La majeure partie de l'action du film a lieu à Barcelone (le reste à Oviedo), qui constitue la ville espagnole la plus touristique (avec évidemment Madrid) et où se cotoient le plus de nationalités pendant l'été.
Woody Allen se plaît à montrer au spectateur que le sentiment amoureux n'est pas si simple qu'il en a l'air. Les rapports amoureux dans le film se jouent entre plusieurs personnages : d'un côté on trouve Cristina, Vicky qui sont les deux américaines du film et d'un autre côté on trouve les « locaux » Juan Antonio (interprété par Javier Bardem) et Maria Elena (jouée par Pénélope Cruz).
Juan Antonio, le peintre, fréquente Cristina et il forme même pendant un moment un couple à trois avec son ex-petite amie Maria Elena. Mais les pensées de Juan Antonio vont vers Vicky la raisonnable.
Vicky a quant à elle son petit ami. Elle va se marier avec celui-ci mais le charme de Juan Antonio (et la nuit qu'elle a passée avec) font qu'elle perd un certain nombre de ses certitudes. Par le biais de ce personnage, Woody Allen nous pose une question on ne peut plus claire : vaut-il mieux une vie de raison ou un amour passionnel ? Le point de vue de Woody Allen sur le sujet est sans ambiguïté mais le réalisateur américain nous fait aussi comprendre que chacun des points de vue a ses avantages et inconvénients. Ainsi, une vie de raison peut paraître routinière mais elle a au moins l'avantage de durer et surtout elle nous permet de rester avec quelqu'un qui nous aime pour toujours. A l'inverse, un amour passionnel peut sembler magnifique sur l'instant mais l'amour passionnel a quelque chose d'éphémère, comme l'indique clairement le personnage de Juan Antonio au début du film. D'ailleurs, Juan Antonio vit des relations chaotiques avec son ex-petite amie dans un style que l'on pourrait qualifier de je t'aime, moi non plus.

Il peut donc sembler préférable d'apprécier une vie tranquille. Le principal est de réussir à conserver le désir de l'un envers l'autre. Si la monotonie s'installe, le risque est grand que le conjoint aille voir ailleurs. C'est ce qu'explique clairement Judy, qui a accueilli Vicky et Cristina, et qui déclare à Vicky ne plus aimer son époux. En raison de son expérience plus grande, elle souhaite que Vicky ne reproduise pas les mêmes erreurs qu'elle. Oui mais voilà, Vicky a-t-elle réellement le choix ? Les dernières images du film laissent entendre qu'elle et Cristina ne sont pas satisfaites de leur sort mais peuvent-elles vraiment changer de vie, partir dans l'inconnu ?

Vicky Cristina Barcelona n'est pas qu'une réflexion autour de l'amour. C'est est aussi un film qui nous plonge dans la culture espagnole avec les différents protagonistes qui sont amenés à visiter quelques-uns des fleurons de Barcelone, que l'on doit par exemple à Gaudi (on voit une église dans le style de Gaudi ou à plusieurs reprises le fameux parc Güel). Woody Allen s'intéresse beaucoup à l'art dans ce film avec le principal protagoniste, Juan Antonio, peintre de son état, dont on peut admirer plusieurs de ses peintures.
Cristina est aussi une artiste à sa façon puisqu'elle s'intéresse énormément à l'art photographique.
Quant à Vicky, elle est attirée par l'Espagne puisqu'elle prend des cours d'espagnol (qui lui valent d'ailleurs d'être courtisée par un autre larron) et qu'elle est titulaire d'une maîtrise de l'Identité catalane.
Tous les personnages semblent liés soit à l'art, soit à l'Espagne, soit aux deux.
Un dernier mot au sujet des acteurs : Woody Allen a réuni pour ce film une brochette d'acteurs qui se révèlent tous très bons. Javier Bardem confirme tout le bien que l'on pense de lui par la variété de son jeu d'acteur (après avoir notamment interprété un véritable psychopathe dans le film No country for old men des frères Coen) ; Scarlett Johansson est plus en retrait que d'habitude, mais elle joue parfaitement le rôle de cette femme hésitante, qui ne sait dans quelle direction aller puisqu'elle sait seulement « ce qu'elle ne veut pas » ; Rebecca Hall est impeccable dans le rôle de Vicky, une femme troublée qui hésite à se laisser aller à ses envies et à ses rêves ; Pénélope Cruz est parfaite dans le rôle de cette femme artiste mais surtout psychologiquement instable.
En somme, voilà un film de Woody Allen tout à fait appréciable où l'amour est au coeur de toutes les conversations et de toutes les pensées.

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13.10.08

06:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Raigyo

Film véritablement étrange et atypique au sein des "Pinku" japonais, ce Raigyo s'avérera être une œuvre aussi pessimiste que troublante dans la description de son univers parfois à la limite de l'onirisme pour mieux s'articuler autour des aléas du destin qui va décider du sort des protagonistes.
Le script va suivre la rencontre grâce à une agence spécialisée d'un homme et d'une femme, tous deux esseulés, qui va se terminer dans le sang.

RaigyoD'entrée le métrage va par séquences interposées nous faire suivre le début de journée de ses trois personnages principaux, avec d'abord cet homme retirant ses filets de pêche dans un canal et apportant les poissons récupérés dans une boutique pour les vendre avant de se rendre à la station essence où il travaille, pour y observer un de ses collègues plus âgé s'acoquiner avec une autre employée, tandis qu'ensuite nous découvrirons cet autre homme se faisant porter malade à son travail afin d'avoir une journée de détente au cours de laquelle il va aussi bien se promener et acheter un petit vêtement pour le bébé attendu par sa femme enceinte qu'aller ensuite dans un club de rencontres et attendre l'appel d'une éventuelle demoiselle à la recherche de "réconfort". Le troisième personnage sera une jeune femme qui quittera discrètement l'hôpital où elle séjournait pour aller chez le coiffeur avant d'essayer de joindre son ancien professeur de mathématiques, sans succès, avant d'appeler le club de rencontres grâce à un autocollant apposé à l'intérieur de la cabine téléphonique.

RaigyoCette mise en situation imposera une atmosphère étrange, quasiment hors du temps pour décrire les faits et gestes des personnages dans ces endroits sinistres, entre campagne marécageuse et urbanisme industriel pollué, le tout déroulé sur un rythme languissant, rendant ainsi presque palpable la monotonie et la décrépitude mentale des protagonistes perdus et insatisfaits dans ce monde également parfois sordide, par les touches macabres étranges que le réalisateur apposera régulièrement par des détails morbides, notamment avec ces cadavres d'animaux (l'oiseau mort, les poissons flottant dans le canal). Dans ce contexte, les protagonistes évolueront sans que l'auteur n'attache beaucoup d'importance à nous décrire leurs motivations ou encore leurs personnalités, laissant de nombreuses ellipses parcourir l'ensemble sans que cela ne vienne gêner la limpidité de l'ensemble, jusqu'à cette rencontre programmée par le destin.

RaigyoEn effet, après un court passage à la station-service déjà visitée par l'intrigue, le "couple" va se rendre dans un hôtel pour se livrer à un acte sexuel qui ne dégagera aucun érotisme voyeur ni aucune vulgarité en restant bien dans l'ambiance désespérée du film et en laissant la jeune femme dans sa solitude perpétuelle, pour qu'ensuite, le meurtre à peine graphique de l'homme par sa compagne d'un jour survienne sans crier gare, comme un aboutissement presque logique et sans motif apparent, laissant alors le spectateur spéculer et s'interroger sur le pourquoi du comment, sans que le réalisateur n'apporte ensuite de réponse réelle en laissant juste quelques pistes sur le passé tortueux de la demoiselle s'immiscer dans les dialogues.

RaigyoCar ensuite, et sans transition, l'intrigue va placer la meurtrière dans les griffes de la police qui va l'interroger sur son emploi du temps, tout en demandant à plusieurs témoins de tenter de la reconnaître, laissant alors notre pompiste/ pêcheur mentir avant de chercher à revoir la jeune femme, pour un dernier acte qui semblera lui aussi inéluctable et achèvera d'enfoncer le métrage dans le défaitisme le plus total et le plus sordide jusqu'à la dernière séquence toute aussi mystérieuse et quasiment surréaliste, tout en continuant à dérouler ses situations sur le même rythme lardé de sous-entendus et de non-dits qui ne chercheront même pas à masquer les omissions dans l'imbrication des événements entre eux sans que l'invraisemblance ne vienne entacher l'enchaînement des événements.

RaigyoContrairement à ce qu'une certaine publicité autour du métrage pouvait chercher à nous faire croire (sentiment renforcé par la jaquette très graphique du DVD), la métrage ne sera quasiment jamais graphique, aussi bien lors des rares séquences érotiques qui ne viendront jamais flatter vraiment l'érotomètre du spectateur en étant agencées de manière froide et alors que le réalisateur ne s'attardera jamais sur ces plans que pour bien montrer l'attitude détachée et solitaire de l'héroïne, qu'ensuite lors de la thématique violente qui n'avancera qu'un meurtre presque entièrement caché par un cadrage adapté forçant l'imagination à se mettre au travail et les rares plans sanglants qui suivront ne seront pas plus volontaires.

RaigyoCe sera donc bien l'atmosphère et cette ambiance sinistre qui auront ici intéressé le réalisateur Takahisa Zeze, qui arrivera à rendre parfaitement troublant cet univers sordide et surréaliste dans lequel ces personnages solitaires et esseulés évolueront de façon tragique dans des décors tout aussi sinistres et délétères parfaitement choisis et mis en avant par une photographie tout à fait adaptée plus que percutante, tandis que la mise en scène de l'auteur renforcera encore cette impression irréelle en donnant un rythme lent à l'ensemble. L'interprétation sera elle aussi adaptée, avec des acteurs impliqués et tout à fait crédibles pour paraître désabusés.

Donc, ce Raigyo offrira un spectacle à part, désespéré, qui saura envoûter son spectateur, à la condition express que celui-ci parvienne à rentrer dans cet univers lent et peu rythmé !

RaigyoLe DVD de zone 2 anglais édité par Salvation avancera une image juste quelque peu granuleuse, tandis que la bande-son sera efficace, en contribuant immanquablement à instaurer l'ambiance du film grâce à une partition musicale pleureuse percutante, le métrage étant ici proposé en version originale japonaise heureusement sous-titrée en anglais.
Au niveau des bonus, on pourra suivre une très courte galerie de photos, un petit laïus sur le cinéma "pinku", le vidéo-clip de "Triple silence", le groupe phare de l'éditeur, ainsi que "Blood", un court-métrage.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette œuvre atypique au sein du cinéma érotique contemporain japonais, le DVD de zone 2 anglais est disponible ici !

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10.10.08

07:30:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Nightmare man

Sélectionné pour faire partie du dernier After Dark Horrorfest avec entres autres Lake dead ou encore le pas terrible Unearthed, ce Nightmare man ne brillera pas par son originalité ni sa démesure, mais se laissera voir facilement en allant directement à l’essentiel tout en conservant de bout en bout un rythme soutenu.
Le script suit la traque d’une jeune femme poursuivi par un mystérieux tueur qu’elle croit diabolique, car portant un masque de fertilité qu’elle avait commandé afin de pouvoir avoir un enfant avec son mari.

Nightmare manD’entrée, le métrage va nous présenter son personnage principal, Ellen, une jeune femme recevant un colis qu’elle va s’empresser d’ouvrir car devant contenir un masque de fertilité devant l’aider elle et son mari à pouvoir enfin avoir un enfant, mais ledit masque sera en fait une horreur qui va la dégoûter, juste avant qu’une bien opportune panne de courant ne la plonge dans l’effroi, surtout qu’elle va sentir une présence furtive autour d’elle qui finira par se matérialiser en une entité portant le masque qui va la violer. Après cette séquence d’introduction assez réussie et presque stressante, nous retrouverons Ellen en compagnie de Bill, son mari, sur la route d’un hôpital psychiatrique où Ellen va essayer de se faire soigner car personne ne croira à son histoire de viol par un démon masqué, l’entraînant dans une paranoïa permanente.

Nightmare manMais une panne d’essence va contraindre Ellen et Bill à s’arrêter sur le chemin, en pleine forêt, Bill décidant d’aller seul chercher de l’essence en laissant Ellen dans la voiture. Bien évidemment la nuit va tomber sans que Bill ne revienne et au contraire, l’entité ayant attaqué Ellen, qu’elle surnomme le "Nightmare man", va revenir la harceler dans le véhicule et même chercher à la tuer, l'obligeant à fuir, poursuivie par son agresseur armé d'un long couteau, pour une séquence complètement rattachée au "slasher" dans ses péripéties mais pour autant assez dynamique malgré une impression évidente de déjà-vu. Le salut provisoire d'Ellen viendra d'une maison isolée dans les bois où deux couples s'offrent une petite soirée souriante autour d'un jeu de questions qui dérivera bien sûr vers le sexe, offrant ainsi au métrage sa petite séquence érotique avec un strip-tease et une simulation d'orgasme montée en parallèle avec le fuite d'Ellen pour obtenir un effet plutôt amusant dans un tel contexte.

Nightmare manEnsuite, le mystérieux tueur va bien sûr s'attaquer au petit groupe enfermé dans la maison, tout en ayant laissé le temps à Bill de pouvoir communiquer par téléphone avec les habitants de la maison et les mettre en garde contre la névrose dont il pense sa femme atteinte, installant ainsi une atmosphère étrange et blindée de suspicion jusqu'au premier assaut du tueur qui entraînera une première mort violente, et installera un climat d'attente qui ne traînera pas trop en longueur pour laisser les crimes s'enchaîner jusqu'à l'arrivée de Bill sur place. Pour son dernier acte, le métrage avancera un twist même pas travaillé et largement prévisible dans sa nature, avant de laisser l'intrigue s'enfoncer dans un aspect surnaturel enfin quelque peu jouissif et débridé avec l'arrivée d'un vrai démon qui prendra possession d'Ellen.

Nightmare manSi la première partie très orientée vers le "slasher" restera plus que commune et aura bien du mal à espérer faire croire à l'irrationalité de l'assassin qui par exemple s'enfuira sous les coups de feu et ne semblera pas apprécier les coups bien placés, pour ne nous offrir que quelques meurtres rapides et pas spécialement graphiques malgré de petits effets gores fugaces, la seconde partie sera quant à elle bien plus souriante et décapante avec ce démon au féminin qui finir le travail du tueur masqué tout en avançant hélas trop brièvement ses pouvoirs surnaturels (le réveil des cadavres) avant de s'offrir un joli duel avec la dernière survivante du groupe.

Nightmare manMais pour masquer son manque d'originalité flagrant, une fois dépassé le postulat de base avec ce masque qui semblera "habiter" Ellen au point de lui faire croire qu'elle est possédée de l'intérieur, le métrage va s'octroyer un érotisme assez récurrent mais bien léger à base de demoiselles dévêtues, et notamment la "scream queen" Tiffany Shepis, ancienne égérie de l'écurie "Troma" qui ne sera pas avare de ses charmes en jouant le rôle d'une demoiselle bien délurée. Le réalisateur va également apporter un humour bien souvent souriant au métrage, avec des réparties des différents personnages décalées et amusantes en détournant les situations, tout en avançant quelques scènes ouvertement tournées vers l'humour, qui sera presque parodique.

Nightmare manEnfin, s'il ne sera pas vraiment graphique, le film s'offrira quand même quelques séquences à la violence avérée et parfois relativement percutante (avec des coups qui font mal !) et les exactions du démon du final rendront enfin l'ensemble plus volontaire sans pour autant verser dans le gore franc ou direct, le réalisateur préférant s'appesantir sur l'aspect un tantinet pervers de sa créature au look hélas assez commun et presque raté, donnant quand même un aspect assez "Z" à cette dernière partie, sans que l'on sache si c'était ou non voulu par l'auteur. Mais heureusement, la toute dernière séquence viendra remettre un peu d'ordre en nous gratifiant d'un splendide maquillage, réussi celui-là.

Nightmare manL'interprétation est vraiment commune, laissant ainsi tout le loisir à Tiffany Shepis de s'exprimer et de dominer la situation sans faire de gros efforts, mais même sa prestation manquera de charisme, ce qu'elle tentera de camoufler sous des grimaces et autres mimiques outrancières. La mise en scène du réalisateur est plutôt efficace, aussi bien en donnant du rythme au métrage qu'en s'offrant des effets adaptés (avec même un ou deux effets de surprise réussis) allant jusqu'à l'utilisation d'une photographie spéciale et de couleurs rouges prédominantes dans le dernier acte que ne seront pas sans rappeler le cinéma de Dario Argento en signifiant l'arrivée du surnaturel dans l'intrigue.
Les effets spéciaux sont plutôt probants pour quelques effets sanglants rapides dans leur discrétion, mais comme on l'a évoqué précédemment, les maquillages laisseront largement à désirer, sauf celui de la dernière séquence du métrage.

Donc, ce Nightmare man ne sera pas exempt de défauts qui réduiront continuellement son impact pour le rendre quand même acceptable et souriant, mais hélas son classicisme et son côté prévisible annihileront l'éventuelle implication du spectateur dans l'intrigue !

Nightmare manLe DVD de zone 1 édité par Lionsgate avancera une image claire mais perdant hélas de nombreux détails lors de séquences se déroulant dans l'obscurité, tandis que la bande-son sera cohérente, avec une partition musicale trop discrète et ne soutenant pas assez efficacement les temps forts du film, le métrage étant ici proposé en version anglaise, sous-titrée en espagnol et en anglais.
Au niveau des bonus, on pourra suivre un bêtisier souriant, quelques scènes plus longues que le résultat final, une assez conséquente galerie de photos du film et de son tournage, une sorte de making-of séparé en deux modules, le premier étant plus orienté vers les interprètes du métrage et notamment Tiffany Shepis qui passera son temps à faire le pitre, tandis que le second, s'il continuera à démontrer la bonne humeur ayant régné sur le tournage s'attardera également sur la confection des effets spéciaux. Enfin, comme sur chaque DVD de cette saison de l'After Dark Horrorfest, on pourra suivre les webisodes de l'élection de Miss horrorfest.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce slasher mâtiné de fantastique pas déplaisant du tout mais bien trop commun, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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09.10.08

08:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Vinyan
Réalisateur : Fabrice Du Weltz
Avec : Emmanuelle Béart, Rufus Sewell...
Durée du film : 1 h 40
Date de sortie en salles : 1er octobre 2008

Par Nicofeel

vinyan

Auteur d'un premier film, Calvaire, pour le moins éprouvant et malaisant, le belge Fabrice Du Weltz nous revient avec un film encore plus ambitieux mais aussi beaucoup plus difficile d'accès.
Vinyan est une production franco-belge-britannique. Le film a été tourné en partie en Thaïlande (alors que l'action est censée se dérouler à la frontière birmane) ce qui donne évidemment tout le côté dépaysant et exotique de ce long métrage.
Le film de Du Weltz a comme origine une révolte. En effet, le cinéaste est en colère contre le fait que l'on donne dans un événément tel que la survenance d'un tsunami, plus d'importance à la vie d'un enfant blanc qu'un enfant local, à savoir un enfant thaï ou birman.
Vinyan (qui signifie grosso modo d'après les informations données dans le film, le terme de haine de l'âme d'un mort) raconte l'histoire d'un couple franco-britannique, joué par les acteurs Emmanuelle Béart et Rufus Sewell, qui a perdu toute trace de son enfant dans un tsunami. Dans les premières minutes du film, Jeanne (qu'interprète Emmanuelle Béart) croit voir son enfant sur un documentaire relatant les conséquences du tsunami en Birmanie. Elle réussit à convaincre son époux de mener des recherches pour trouver l'enfant.
C'est alors que commence toute une quête qui va se révéler éprouvante pour le couple mais également pour le spectateur de Vinyan.
Fabrice du Weltz a réalisé un film avec une image qui donne une impression très inquiétante. D'autant que les forces naturelles sont souvent bien difficiles dans ces endroits. Les vents et les pluies semblent incessants et ils se révélent assez violents.
Pour ne rien arranger aux affaires du couple à la recherche de son enfant, la Birmanie est un pays très peu accueillant au niveau de son contexte géopolitique. La loi de l'argent est omniprésente. Tout se monnaye dans cet endroit. Les multiples guides du couple demandent de fortes sommes d'argent pour l'accompagner vers un endroit qui est loin d'être rassurant. Surtout, le couple n'a nullement l'assurance de retrouver son enfant.
Le monde qui est montré dans Vinyan ne semble attiré que par cette idée de toucher de l'argent. Et puisque la Birmanie n'a aucune ressource en tant que tel, elle monnaye la seule chose qui lui reste : l'être humain.
Certaines scènes nous plongent dans d'incroyables bas-fonds où des femmes sont obligées de se prostituer (on se croirait dans un film de Philippe Grandrieux, et notamment La vie nouvelle). A d'autres endroits, des enfants, des blancs notamment, sont vendus puisqu'ils correspondent à une valeur marchande (voir la scène où l'on souhaite vendre un enfant au couple alors que l'on sait pertinemment qu'il ne s'agit pas de leur enfant). Le film est clairement assez malaisant. Il prouve aussi que l'exploitation de l'homme par l'homme existe toujours.
Une autre donnée importante voire essentielle du film est son côté intime avec la nature. Avec un filmage en cinémascope et une photo très travaillée, Vinyan donne l'impression que les différents protagonistes doivent faire avec une nature hostile, ou à tout le moins inquiétante. Le film est un véritable trip sensoriel, sentiment renforcé par la musique ambiante (qui pourrait faire penser à du Tangerine Dream, notamment dans Le convoi de la peur de William Friedkin). Emmanuelle Béart et Rufus Sewell perdent progressivement pied.

On a même l'impression que plus leur quête avance, plus ils reviennent aux origines de l'homme. Emmanuelle Béart est véritablement impressionnante avec son regard qui paraît toujours perdu. Le personnage qu'elle joue est obsédé par l'idée qu'elle va retrouver son fils. Elle en perd toute autre considération. Le personnage joué par Rufus Sewell finit d'ailleurs par être dévoré par la volonté de Jeanne.
Cette quête de l'impossible qui nous ramène dans la nature n'est pas sans rappeler des oeuvres aussi marquantes que sont Aguirre la colère de Dieu ou encore Le convoi de la peur. L'homme revient à ses origines. D'ailleurs, la fin du film est très belle (avec cette éclaircie qui donne le sentiment d'un apaisement) avec le personnage d'Emmanuelle Béart qui est quasiment déifié. Surtout, elle est devenue une sorte de Dame Nature. Elle est la mère nourricière. L'absence de son enfant est dès lors comblé. La boucle est en quelque sorte bouclée. Mais avant d'en arriver là, le spectateur de Vinyan aura assisté à un trip pour le moins incroyable. Les effets de style clippesques sont (heureusement) peu nombreux et sont relativement justifiés : ainsi, lorsque l'époux de Jeanne est ivre, il perd progressivement la notion des choses ; un montage saccadé pour l'occasion est donc approprié.
En fin de compte, Vinyan est un film à part qui mérite largement d'être vu. S'il n'est pas évident de rentrer dans cette expérience sensorielle, d'autant que le film comporte certaines lenteurs (notamment au début), il n'empêche que la beauté des images mérite à elle seule que l'on décide de s'attarder sur cette oeuvre atypique.

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08.10.08

06:30:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Wackness
Réalisateur : Jonathan Levine
Avec : Ben Kingsley, Josh Peck, Famke Janssen, Mary-Kate Olsen, Method Man...
Durée du film : 1 h 40
Date de sortie en salles : 24 septembre 2008

Par Nicofeel

Jonathan Levine est l'auteur d'un slasher original, Tous les garçons aiment Mandy Lane, qui malheureusement n'a pas encore trouvé de distributeur en France.
On a cependant la possibilité de voir son second film, Wackness. Comme pour son premier film, Jonathan Levine nous offre un film très personnel. Wackness raconte l'histoire de plusieurs personnes assez originaux.
Voilà d'ailleurs la première force de Jonathan Levine. Les personnages de son film ne sont nullement des caricatures. Ils ont chacun une histoire qui leur est propre. A commencer par le héros du film, Luke, jeune garçon qui deale de l'herbe qu'il vend dans la rue en prenant le subterfuge de se faire passer pour un marchand de glace ! Luke vient de terminer ses années de lycée et va rejoindre prochainement l'université.
Le film se déroule durant l'été de l'année 1994, de juin à août. Luke est un dealer un peu particulier. Il est très solitaire et il n'a aucune copine. Par ailleurs, Luke vit chez ses parents qui ont pour leur part de graves problèmes financiers.
Luke est un garçon qui se retrouve quelque peu isolé ce qui explique sans doute qu'il va souvent voir un psy, le docteur Squires, à qui il paye ses séances en échange de plusieurs grammes de marijuana !
On comprend assez rapidement que le film va laisser la part belle à de nombreux moments de franche rigolade. Le film est de ce point de vue une totale réussite. Mais ça serait une grave erreur que de limiter Wackness à une simple pochade.
Le film est aussi et surtout particulièrement réussi car il allie à merveille des scènes hilarantes avec des scènes beaucoup plus graves, qui sont tout simplement le témoin de ce qui peut arriver à tout un chacun dans la vie.
Jonathan Levine arrive à prendre du recul par rapport à l'histoire qu'il met en scène et notamment par rapport à la jeunesse (un peu comme Gregg Araki). Ce lui permet de décrire de façon optimale toute la subtilité sur le plan relationnel de ses personnages.
On appréciera ainsi particulièrement la relation entre Luke et le docteur Squires, deux personnages qui sont quelques peu perdus et qui vont être amenés à devenir de véritables amis. Le docteur Squires tente de relancer sa vie (alors que son couple n'est pas au mieux) avec l'aide de Luke tandis que ce dernier se sert de plusieurs des remarques de son psy pour trouver ce qu'il cherche : l'amour.
La belle-fille du docteur Squires, la belle Stephanie, est celle qui a tapé dans l'oeil de Luke. Il fait tout pour séduire la belle. Les relations entre Stephanie et Luke, qui est un garçon sans expérience avec les filles, sont une nouvelle fois bien senties. Luke vit avec Stephanie ses premières amours. Le jeune dealer est amoureux et cela se voit clairement à l'écran. Le réalisateur Jonathan Levine a la bonne idée de changer la texture originale de l'image (par le biais de filtres) ce qui donne un aspect quasiment irréel à plusieurs scènes du film. On est bien ancré dans la réalité mais certaines images donnent l'impression que Luke vit sa relation avec Stephanie comme dans un rêve.

Le contraste est saisissant entre ce jeune homme qui est amoureux (il déclare d'ailleurs de façon très romantique sa flamme à Stephanie) mais qui est un dealer dans la vie courante (il achète sa came auprès d'un black qui est joué par le célèbre rappeur Method Man) et qui écoute du rap, comme le prouvent les musiques de Notorious B.I.G. Et de Wu Tang Clan, qui émaillent le récit.
Luke vit en fait les expériences de base de tout jeune homme et qui le mènent jusqu'à la faculté. Si les expériences ne sont pas toutes plaisantes pour lui, il réussit malgré tout à en tirer des leçons de façon positive. Ainsi, Luke vient à un moment donné du film sauver le docteur Squires qui est alors au bout du rouleau, avec un credo que l'on devine être le point de vue du réalisateur Jonathan Levine : la vie n'est certes pas toujours rose mais elle comporte de bons moments qui permettent d'oublier les moments moins plaisants. En somme, le jeune héros nous livre une véritable leçon de vie, qu'il est d'ailleurs le premier à appliquer. En effet, au-delà de ses problèmes personnels (la perte de l'être aimé, le déménagement de ses parents en raison de problèmes financiers), Luke sait que La vie vaut bien d'être vécue et qu'il faut en profiter.
On voit donc clairement que Wackness, sous sa cool-attitude est un film assez sérieux sur le fond.
Wackness est même un film qui comporte une certaine portée politique. En effet, à de nombreuses reprises, la politique répressive de Rudoph Giulianni, élu alors depuis peu maire de New York, est critiquée. On s'amusera du fait que plusieurs des personnages du film s'inquiètent de cette politique où les policiers sont censés être omniprésents alors que l'on en croise aucun dans Wackness !
Véritable anti-dépresseur, Wackness est une très belle leçon de vie. Son réalisateur, Jonathan Levine, est sans nul doute un cinéaste à suivre. Signalons également l'excellence de l'interprétation du film, notamment de Ben Kingsley qui joue le rôle du psy et de Josh Peck qui interprète de façon très juste le personnage de Luke Shapiro.

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07.10.08

06:45:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Gestapo's last orgy

Comptant parmi les fleurons "ultimes" de la "Nazisploitaion", avec entre autres le terrible SS hell camp, ce Gestapo's last orgy sera quand même lourdement offensif au travers de quelques sévices graphiques complaisamment étalés dans une intrigue assez commune, mais aussi en se montrant ambigu dans son traitement de la question juive, notamment au sein d'une scène de banquet cannibale dégradante jusqu'à en devenir presque grotesque dans son jusqu’au-boutisme.
Le script suit l'arrivée de Lise, une jeune juive, dans un camp de prisonniers pour femmes dirigé comme un bordel par un officier qui va bientôt devenir obsédé par Lise, devant son recul et sa passivité face à la mort et à la souffrance, allant jusqu'à entamer avec elle une relation amoureuse très spéciale.

Gestapo's last orgyEn guise d'introduction, le métrage va suivre un homme assez âgé au volant de sa voiture, tandis qu'en voix-off, nous suivrons les débats du procès d'un dignitaire nazi, prétexte à un rappel des exactions commises dans un camp de prisonnières où de nombreuses femmes juives périrent. Arrivé à ce qui se révélera être les vestiges du camp en question, notre homme va retrouver une femme bien plus jeune que lui qu'il va tendrement enlacer avant de se lancer dans une petite visite des lieux avec elle, lançant alors en flash-back l'intrigue, puisque cet homme, Conrad Von Starker, sera en fait le commandant du camp de prisonnières où vient juste d'arriver notre demoiselle, Lise.

Gestapo's last orgyLa première partie du métrage sera très certainement la plus choquante et dégradante, en accumulant après cette petite introduction une succession de séquences assez nauséabondes pour décrire le parcours de Lise à son arrivée dans ce camp, avec d'abord cette rapide sélection faite par un officier allemand décidant en un instant du sort de chacune des prisonnières en faisant uniquement un tri fondé sur le physique, les femmes trop âgés ou ingrates étant comme nous le verrons destinées à une mort horrible, avant qu'un examen gynécologique ne vienne vérifier la bonne "tenue" des demoiselles sélectionnées pour devenir le jouet des soldats, comme une première séquence avilissante nous le fera découvrir. En effet, après avoir regardé quelques diapositives déshonorant les femmes juives montrées comme amatrice d'excréments par exemple, une rangée de jeunes soldats allemands vont pouvoir dans un gymnase humilier, violer et battre un groupe de jeunes femmes, dont Lise, qui paraîtra déjà bien amorphe, ailleurs.

Gestapo's last orgyMais le point d'orgue de cette série d'abominations (avec également une jeune femme négligemment jetée en pâture à quelques dobermans enfermés dans une cage parce qu'elle avait le malheur d'avoirs es règles au moment de l'inspection d'une officier SS sadique) sera sans conteste ce banquet au cours duquel, après avoir écouté les théories fumeuse d'un professeur, les convives vont se gaver d'un plat préparé à base de fœtus juifs avant carrément de flamber une jeune femme au cognac pour ensuite la déguster. Bien entendu, il faudra compter sur les sous-entendus et laisser travailler notre imagination puisque le métrage restera quand même assez sage au niveau gore, mais cette scène restera quand même hautement perturbante et troublante, pour s'achever par le déclenchement de l'obsession que va éprouver Conrad pour la jeune Lise, puisque celle-ci sera la seule "invitée" à rester debout au milieu de cette abomination.

Gestapo's last orgyL'intrigue va alors se lancer dans une seconde partie qui peu à peu bifurquera de sa tendance graphique, pour, après que Conrad ait infligé quelques sévices à Lise pour essayer de la casser moralement et physiquement (avec une petite séance de coups de fouets et une autre où Lise sera suspendue la tête en bas très près de rats affamés, par exemple), laisser s'exprimer la bluette ambiguë naissante entre Lise et Conrad, celle-ci ayant changé brutalement d'attitude envers son bourreau pour se laisser faire, jusqu'à ce qu'une dernière horreur ne vienne tout casser et imposer de fait le dénouement attendu lorsque le métrage reviendra au présent.

Gestapo's last orgyHélas, les différents personnages resteront froids et ne parviendront pas à impliquer le spectateur, notamment pour le calvaire enduré par une Lise qui n'aura que son physique pour attirer l'œil, surtout que les supplices infligés demeureront bien "gentils", notamment la scène avec les rats, en fait de pauvres gerboises pas méchantes pour deux sous, ce qui viendra casser inexorablement la dureté voulue par le réalisateur. Mais par contre, les premières séquences cherchant à choquer le spectateur atteindront régulièrement leur but, non pas par une profusion d'effets sanglants, mais par cet aspect sordide et malsain qui se dégagera, avec un avilissement humain total et une volonté de dénigrer incroyable, rabaissant les jeunes femmes constamment.

Gestapo's last orgyEt si l'horreur sera plutôt suggéré, l'érotisme sera par contre bien présent au sein d'un métrage qui verra régulièrement son héroïne évoluer à moitié nue, quand elle ne se livrera pas à des ébats sexuels avérés, ou quand elle ne titillera pas le commandant en se livrant à une sorte de fellation sur un canon de pistolet lors d'une autre séquence au pouvoir érotique fort. Mais en dehors des développements de l'intrigue mettant en scène Lise, l'érotisme sera également de la partie, notamment pour cette sorte d'orgie dans le gymnase, très volontaire et détaillée par la caméra et pour de nombreux détails de la vie dépravée de ce camp.

Gestapo's last orgySi l'interprétation ne brillera donc pas par son charisme, avec une Daniela Poggi très belle mais trop froide et inexpressive, laissant ainsi seule le rôle secondaire de l’officier nazi au féminin bien sadique et perverse venir véritablement titiller le spectateur, la mise en scène de Cesare Canevari sera elle impactante, en multipliant les effets de style convaincants qui donneront de l'ampleur à certaines séquences, avec un montage à base de plans très courts et une utilisation du ralenti adaptée.
Les quelques effets spéciaux resteront primaires pour quelques traînées de sang qui en diront parfois long et de petits plans sanglants guère osés.

Donc, ce Gestapo's last orgy comptera certainement parmi les titres de la "Nazisploitation" allant le plus loin dans l'abject et le sordide, tout du moins à l'époque de sa réalisation, au point qu'il a fait partie des "Video nasties" en Angleterre, et même si sa violence pourra sembler quelque peu désuète de nos jours.

Gestapo's last orgyLe DVD de zone 1 édité par Exploitation digital avancera une image parfois granuleuse et perdant ses détails lors des séquences se déroulant dans l'obscurité, mais il faudra savoir pardonner à l'éditeur qui a dû se servir de montages différents pour obtenir une version intégrale du film, avec notamment une fin visiblement rallongée, tandis que la bande-son sera efficace, avec une partition musicale étrange et débridée qui donnera parfois un air "arty" au métrage, celui-ci étant ici proposé en version anglaise ou italienne, mais sans le moindre sous-titre.
Au niveau des bonus, il faudra se contenter d'une courte galerie de photos du film et des bandes-annonces de quatre titres de l'éditeur.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce fleuron virulent de la "nazisploitation", le DVD de zone 1 est par exemple disponible ici ou !

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06.10.08

06:45:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Unearthed

Sélectionné pour faire partie du dernier After Dark Horrorfest, avec entres autres Lake dead ou Mulberry street ce Unearthed ne méritait certainement pas tant d’honneur en n’avançant qu’une nième histoire de monstre surgit du passé pour attaquer quelques quidams qui serviront de personnages au métrage.
Le script suit donc les attaques d’une créature issue du folklore indien, réveillée par des fouilles archéologiques, contre les habitants d’une minuscule bourgade perdue au milieu du désert.

UnearthedAprès une courte séquence d’introduction essayant de nous montrer discrètement le réveil du monstre dans ce qui semblera être des fouilles archéologiques menées par un individu louche et une première séquence suivant un conducteur de camion-citerne faisant une drôle de rencontre aboutissant à un accident et générant un des seuls effets de surprise réussis du métrage, l’intrigue va s’atteler à nous présenter progressivement ses personnages principaux, avec d’abord Caya, une jeune femme faisant des expériences sur des plantes et aidant son grand-père à tenir sa station-service sur cette route isolée, puis le métrage va mettre en scène le shérif Annie Flynn, une autre jeune femme vraisemblablement hantée par une bavure et ayant sombré dans l’alcool (il n’y aura qu’à voir son petit déjeuner à base de jus d’orange et de vodka...) qui sera appelé pour se rendre sur les lieux de l’accident du camion-citerne, celui-ci s’étant renversé et obstruant la route. Sur place, elle ne trouvera rien d’autre qu’une sorte de mandibule étrange qu’elle donnera à examiner à Caya.

UnearthedEt afin de venir grossir le nombre de victimes potentielles, un noir tout droit sorti d’un ghetto des années soixante viendra se perdre à la station-service à sec d’essence (puisque le camion devant la ravitailler aura eu cet accident) et sera donc obligé de rester sur place, bientôt rejoint par deux demoiselles et un automobiliste en panne qu’elles auront pris en stop. Cette mise en situation sera à la limite du fastidieux, notamment en insistant trop sur l’alcoolisme du shérif à quelques jours de se faire évincer lors d’une prochaine réunion municipale, et sera heureusement entrecoupée par plusieurs scènes suivant les investigations menées par l’homme de l’introduction sur le cadavre du chauffeur de camion qu’il aura récupéré, découvrant des sortes de vers grouillant dans son abdomen. Mais bien entendu, la créature ne va pas tarder à faire son apparition et à semer la panique.

UnearthedCe sera en respectant à la lettre le schéma classique du genre que la créature va commencer à s’attaquer au casting, d’abord pour une agression isolée qui parviendra à faire son petit effet en étant méchante et sanglante, voir même un peu sadique lorsque la victime essayant de s’enfuir par une fenêtre cassée va s’y écorcher salement et y rester bloquée, pour que bientôt la bête ne prenne d’assaut la station-service où le reste des personnages étaient regroupés.
Après un petit carnage éliminant certains protagonistes, et pas forcément ceux auxquels on pouvait s’attendre, l’intrigue va suivre la fuite des survivants qui après plusieurs situations, vont aller se jeter dans les griffes de Kale, l’homme ayant réveillé le monstre pour y découvrir ses véritables intentions (peu claires, mais bon...) et pouvoir enfin livrer le combat pour leur survie.

UnearthedHélas, le métrage s’essoufflera copieusement une fois rentré dans sa seconde partie, renouvelant trop rapidement ses situations pour n’assurer que des redites et des développements confus lorsque le groupe devra faire face et affronter aussi bien Kale que la créature, et l’histoire de cette légende à base de monstre hibernant depuis neuf cent ans grâce à un poison crée par les indiens aura bien du mal à tenir la route plus de cinq minutes, surtout que l’élément manquant pour assurer la bonne formule nécessaire à stopper la bête sera complètement ridicule et trop fortuitement trouvé par des protagonistes normalement dépassés par les événements. Et ce ne sera pas le final, malgré son sacrifice final qui le privera du happy end réglementaire, qui viendra inverser la donne.

UnearthedMais en plus de ces déboires scénaristiques, le métrage souffrira également d’un manque de rythme notoire et récurent, alourdissant même les scènes d’action, ce qui sera quand même plus qu’étonnant venant de la part de Matthew Leutwyler, précédemment auteur du très sympathique, dynamique et jouissif Dead & breakfast, et dont la mise en scène manquera ici de façon flagrante de punch et d’audace, et ce même si quelques uns des effets de surprise présents fonctionneront un minimum ( dont un lorgnant ouvertement vers le Creep de Christopher Smith). Mais le réalisateur aura quand même le bon goût de ne pas nous assener les traditionnels plans en caméra subjective qui ici auraient eu bien du mal à fonctionner.

UnearthedAutre faiblesse, les personnages. En effet, aucun d’eux ne parviendra à devenir attachant ou ne serait-ce qu’à s’attirer la sympathie du spectateur, soit à cause de stéréotypes nuisibles (ce qui sera notamment valable pour le black de service heureusement ne véhiculant qu’un humour discret, pour une fois…) ou tout simplement par un manque d’exposition les rendant lisses et sans intérêt, ce qui sera même le cas du shérif, dont les traumatismes passés ne viendront même pas titiller le spectateur en étant simplifiés à l’extrême et donc ouvertement prévisibles avant la "révélation" finale.

UnearthedEt donc, ce sera légitimement que le seul motif de satisfaction du métrage provienne des effets spéciaux, avec déjà une créature assez graphique, méchante et photogénique, qui sera d'ailleurs presque sous-employée et toujours filmée de nuit, et surtout des effets sanglants presque réguliers et généreux dans leur conception et leur volonté graphique avérée (la tête coupée en deux dans le sens de la hauteur, par exemple), venant donner une bouffée d'oxygène au milieu du marasme ambiant. Mais par contre, l'utilisation du numérique restera flagrante et ne viendra pas seconder les effets en "live" de manière convaincante.

Donc, ce Unearthed pourra s'éviter sans trop de remords, si ce n'est pour ses petites dérives sanglantes, mais qui seront quand même largement noyées dans une intrigue trop faciles et manquant définitivement d'originalité.

UnearthedLe DVD de zone 1 édité par Lionsgate avancera une image juste parfois quelque peu granuleuse, mais restant nette lors des nombreuses séquences se déroulant dans l'obscurité, tandis que la bande-son sera cohérente, malgré une partition musicale terne et sans emphase, n'accompagnant que très modérément les temps forts du film, le métrage étant ici proposé en version anglaise, avec des sous-titres anglais et espagnols disponibles.
Au niveau des bonus, on ne retrouvera que les webisodes de l'épopée kitsch et sexy des demoiselles concourrant au trône de Miss Horrorfest, ainsi que quelques bandes-annonces d'autres titres de l'éditeur.

Pour ceux qui voudraient quand même rencontrer cette créature en manque d'originalité mais assez sanglante, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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03.10.08

06:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Welcome to the jungle

Hommage même pas déguisé au terrible Cannibal holocaust de Ruggero Deodato tourné sous la forme et l'influence du Projet Blair Witch remise au goût du jour par Cloverfield ou encore [REC], ce Welcome to the jungle peinera largement à intéresser son spectateur dans sa longue partie d'exposition et ses rebondissements sans enjeu avant de placer une dernière partie enfin captivante, graphique et convaincante.
Le script envoie quatre jeune gens dans la jungle de Nouvelle-Guinée où ils espérent retrouver la trace de Michael Rockefeller, le fils d'un vice-président américain disparu quarante ans plus tôt au cours d'une expédition.

Welcome to the jungleD'entrée, le métrage va nous présenter progressivement ses principaux personnages, d'abord pour situer deux jeunes femmes, Mandi et Bijou, deux amies qui vont se retrouver à un aéroport avant de rejoindre la plage où elles vont rejoindre Colby, le petit ami de Mandi, et s'arranger pour que Bijou rencontre Mikey, un barman expressif avec qui elle va s'acoquiner.
Dès sa première séquence, le métrage va mettre en place son style de mise en scène laissant croire que ce sont les personnages qui se filment entre eux, procédé bien entendu déjà utilisé mais qui donnera un rythme certain à cette mise en place au cours de laquelle les quatre protagonistes vont décider quasiment sur un coup de tête, après avoir entendu une rumeur, de se lancer dans une expédition à la recherche de Michael Rockefeller, le fils d'un ancien vice-président disparu dans la jungle de Nouvelle-guinée dans les années soixante et dont la famille offrirait beaucoup d'argent en échange de la moindre information le concernant.

Welcome to the jungleContrairement au procédé avancé par les auteurs du Projet Blair Witch, ce Michael Rockerfeller a véritablement existé et a vraiment disparu dans la jungle en 1961, peut-être dévoré par des cannibales ou par un crocodile, alors que le mystère reste entier. Et donc après avoir entendu quelqu'un évoquer un vieil homme vu dans la jungle, les personnages vont s'improviser explorateurs, ce qui demeurera quand même peu crédible pour de jeunes adultes citadins ne pensant qu'à s'armer de GPS et de caméras pour leur équipée, venant ainsi casser la volonté du réalisateur de tenter de faire rentrer son spectateur dans l'histoire et donc de "croire" à la véracité de ce qui défile sur l'écran.

Welcome to the jungleDe même, le début de leur voyage semblera bien opportun et facile, car ils retrouveront très (trop ?) facilement l'homme ayant vu un vieillard dans la jungle et pourra leur communiquer l'emplacement exact, et alors que les dangers évoqués pour essayer sans succès de faire monter une tension se révéleront bien entendu justifiés mais bien vite écartés (le piège tendu par des mercenaires armés). Par contre, dès l'arrivée du groupe à la fin de son périple en van pour devoir continuer à pieds et enfin s'enfoncer dans la jungle, le spectateur était légitimement en droit de s'attendre à un agencement de l'intrigue capable de créer et de maintenir une pression permanente.

Welcome to the junglePeine perdue ! Au lieu de générer des situations pouvant laisser craindre l'arrivée des indigènes cannibales, le métrage va s'enfoncer dans des développements presque ridicules mettant en scènes les quatre personnages festoyant et se saoulant en pleine jungle autour d'un feu de camp, laissant de la sorte le fossé entre les deux couples se créer. En effet, Bijou et Mikey passeront leur temps à boire et à se droguer en fumant, tandis que Mandi et Colby sembleront bien plus impliqués dans le but de leur excursion, ce qui fatalement entraînera des dissensions et des querelles bien inutiles et délaissant complètement le sujet du métrage.

Welcome to the jungleAinsi naîtra une immense frustration pour le spectateur qui finira pas en avoir assez de ces situations hors-sujet qui dureront quand même presque une heure avant que Bijou et Mikey ne décident une "mutinerie" et s'enfuient sur un lac avec le radeau du groupe, abandonnant l'autre couple sur la berge. Et, enfin, les cannibales vont faire leur apparition, venant brusquement redonner de l'intérêt au métrage lorsque nous allons suivre le destin croisé des deux couples autour de situations dégageant une tension palpable par moments (notamment au sujet de l'intention belliciste ou non des différents indigènes), tout en offrant quelques rares plans sanglants volontaires, laissant l'intrigue aller plus loin dans son propos que celle du Projet Blair witch mais sans jamais pouvoir espérer atteindre le degré de violence et de sauvagerie des titres ritals des années quatre-vingt, pour nous gratifier d'un dernier plan hautement perturbant et inattendu qui pourra venir hanter le spectateur après la vision du film, à condition que celui-ci ait envie de rester dans l'ambiance et l'histoire du métrage.

Welcome to the jungleHormis ces rebondissements fastidieux et quand même peu crédibles (qui aurait l'idée lors d'une telle expédition de passer son temps à boire et à fumer…), le principal point faible du métrage restera ses quatre personnages principaux très rarement à la hauteur dans leurs personnalités et dans leurs actions/ réactions. En effet, si ces protagonistes, uniquement motivés par l'appât du gain, se lanceront tête baissée et sans réfléchir dans ce périple sans aucune préparation réelle, trop sûr d'eux et de leur supériorité d'américains blancs, ils ne parviendront ainsi jamais à devenir attachants ou même sympathiques, éloignant définitivement toute identification qui aurait pu faire rentrer le spectateur dans le métrage, alors que le procédé de mise en scène était assurément propice à cela. Ensuite, leurs réactions stupides en pleine jungle et ces accrochages au sein du groupe ne serviront à rien, si ce n'est à justifier l'éparpillement des personnages qui aboutira à leur mort, et surtout cette partie sera bien trop étendue dans le temps pour ne pas agacer fortement.

Welcome to the jungleMais quelque part, cette médiocrité donnera certainement plus d'impact au dernier acte pourtant peu graphique, peut-être dans un exutoire salvateur en voyant ces jeunes gens se faire attraper, dénigrant ainsi leur imbécile insouciance et leur inconscience face au danger, mais il est vrai que les apparitions des cannibales feront leur petit effet, en étant bien agencées, tandis que les plans gores, qui ne montreront que brièvement le résultat des exactions des cannibales, viendront trouer l'obscurité de manière adéquate. Et surtout, l'idée finale certes facile mais osée et dérangeant aura de quoi venir ébranler efficacement le spectateur bien accaparé dans l'intrigue à ce moment-là.

Welcome to the jungleL'interprétation est plutôt terne et sans charisme, n'aidant aucunement le métrage à gagner en crédibilité, tandis que la mise en scène du réalisateur est par contre assez efficace pour nous faire croire à un sujet tourné caméra à l'épaule par les protagoniste, impression bien sûr renforcée par l'absence de partition musicale et de tout effet de style.
Les effets spéciaux sanglants sont plutôt probants, avec notamment cette victime pendue par du bois lui traversant la bouche et le crâne, dans un hommage à peine dissimulé à la cultissime scène de Cannibal holocaust de l'empalement, et quelques restes humains bien graphiques.

Donc, ce Welcome to the jungle tardera largement à se montrer efficace en partant dans des digressions fatales, mais parviendra in fine à se sauver du naufrage par un dernier acte plutôt réussi.

Welcome to the jungleLe DVD de zone 1 édité par dimension Extreme avancera une image et exempte de tout défaut, tandis que la bande-son sera agréable, avec des bruitages typiques de la jungle présents mais pas envahissants.
Au niveau des bonus, on pourra suivre un petit making-of assez exhaustif et ne sombrant pas vraiment dans le ton promotionnel d'usage pour décrire les différentes étapes du projet et nous montrer les dessous des effets spéciaux, une scène coupée renforçant le présentation des personnages qui a bien fait de ne pas figurer dans le montage final car elle aurait fait chuter le rythme du film, ainsi que la bande-annonce du métrage.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce petit hors d'oeuvre en attendant la sortie à venir du futur Cannibals de Ruggero Deodato lâchant ses anthropophages en pleine ville, le DVD de zone 1 est disponible ici !

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30.09.08

06:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Entre les murs
Réalisateur : Laurent Cantet
Durée du film : 2h08
Date de sortie en salles : 24 septembre 2008

Avec : François Bégaudeau et des élèves du collège Dolto de Paris XXème.

Par Nicofeel

entre les murs

Auteur entre autres du remarquable film Ressources humaines, Laurent Cantet a obtenu avec Entre les murs la palme d'Or au festival de Cannes qui lui permet d'obtenir une reconnaissance internationale.
Laurent Cantet ne part pas de zéro avec Entre les murs. En effet, ce cinéaste social adapte (librement) le roman éponyme de François Bégaudeau. Ce dernier est d'ailleurs omniprésent dans la conception du film puisqu'il est co-scénariste du film avec Laurent Cantet et Robin Campillo. Surtout, François Bégaudeau est l'acteur principal d'Entre les murs. Il interprète le rôle de François Marin, un professeur de français qui entame sa cinquième année au sein d'un collège du vingtième arrondissement de Paris. François Marin se retrouve professeur principal d'une classe de quatrième. Ainsi, on suit pendant l'espace d'une année scolaire cette classe.
Prenant l'aspect d'un documentaire, Entre les murs est pourtant bel et bien une fiction. Le film comporte un scénario qui va crescendo (on commence avec le début de l'année scolaire qui se fait de manière relativement calme pour se retrouver vers la fin du film à un conseil de discipline concernant un élève perturbateur).
Laurent Cantet s'intéresse à l'enseignement au sein de l'école et aux rapports entre professeur et élèves. La caméra de Laurent Cantet se focalise sur François Bégaudeau et sur les élèves qui jouent leurs propres rôles. On notera que dès le départ Laurent Cantet montre par le simple jeu de sa mise en scène que les rapports entre le professeur et ses élèves sont difficiles : le champ représente le professeur qui parle et tente de transmettre son savoir et le contre-champ les élèves qui se sentent diversement impliqués.
Cependant, les moments où professeur et élèves sont ensemble existent bel et bien. Pour preuve, l'épisode de l'auto-portrait.
Le regard que porte Laurent Cantet sur l'école d'aujourd'hui est particulièrement lucide. Par ailleurs, on appréciera le fait que le réalisateur français ne soit nullement complaisant : il évoque sans ambages la difficulté d'être dans la société actuelle un enseignant. Cependant, il montre aussi que le même enseignant peut commettre des erreurs. Tout aussi impliqué et sérieux que peut être François Marin, l'enseignant est comme tout un chacun parfaitement perfectible. Et cela paraît assez logique. En effet, le travail de François Marin est loin d'être une sinécure. L'enseignant doit faire face à des jeunes qui proviennent d'horizons très différents (maghrébins, Afrique Noire, asiatique) et dont certains sont particulièrement indisciplinés. Dès le début, ces jeunes font d'ailleurs savoir au professeur qu'ils ont honte d'être français. Ils refusent souvent les leçons qui leur sont délivrées. On comprend aisément qu'il faut beaucoup de patience et de volonté pour avoir envie d'inculquer un savoir à ces jeunes.
Le premier travail de l'enseignant, avant de transmettre son savoir, est de se faire respecter. Il doit montrer que c'est sa classe et qu'on doit l'écouter quand il parle. Très pédagogue, François Marin sait se montrer autoritaire quand il le faut, refusant par dessus-tout qu'un élève se permette de le tutoyer.
Mais Laurent Cantet laisse aussi entrevoir les faiblesses de François Marin (quand celui-ci met un coup de pied dans du matériel après un entretien raté avec une élève) voire même des sautes d'humeur qui l'amènent malencontreusement à traiter deux élèves de pétasses.
Entre les murs ne s'intéresse pas simplement aux rapports entre François Marin et sa classe de quatrième.
Le film montre ainsi de manière globale comment se passe la vie dans un collège avec la rentrée des professeurs, les récréations, la tenue des conseils de classe, les réunions du conseil d'administration du collège, la rencontre entre le professeur et les parents d'élèves, les rapports entre les différents professeurs.
Tous ces moments forts dans la vie de l'école permettent de confronter les points de vue. On voit que des choses futiles (une professeur sse plaint lors d'un conseil d'administration de l'augmentation du prix de la machine à café de 40 centimes à 50 centimes) côtoient des choses beaucoup plus graves (le destin d'un élève que l'on va éventuellement passer en conseil de discipline ; un parent d'élève en situation irrégulière sur le territoire français qui fait l'objet d'un arrêté de reconduite à la frontière). Surtout, les rapports entre les professeurs permettent de voir que certains souhaitent laisser une chance aux élèves lorsque ceux-ci ont commis des actes graves (point de vue de François Marin et donc certainement celui du réalisateur) tandis que d'autres sont favorables aux punitions. Notons cependant que le film ne verse jamais dans la caricature. Ainsi, une des professeurs, qui se révèle toujours assez énergique pour condamner des élèves, n'hésite pas à louer l'un d'entre eux en espérant que l'enfant qu'elle porte (elle a déclaré quelques instants auparavant être enceinte) sera aussi intelligent que cet élève.

De plus, le film n'omet pas une chose essentielle : la notion de la transmission des savoirs. Même dans cette classe réputée difficile, les élèves (mais pas tous, comme le montre l'exemple de l'élève qui vient voir à la fin du cours le professeur en lui déclarant qu'elle n'a rien appris lors de cette année scolaire) ont appris plusieurs choses. Reste que certaines personnes, les élèves notamment, mais pas seulement eux, restent dubitatifs quant à certains savoirs qui sont inculqués.
Le regard critique que porte Laurent Cantet est double : il s'interroge sur les difficultés d'enseigner mais aussi sur le contenu de l'enseignement qui peut porter à réflexion.
Malgré tout, Laurent Cantet n'est pas spécifiquement négatif : la cohabitation entre professeurs et élèves est difficile mais elle peut se faire sans heurts. La partie de football à la fin du film entre professeurs et élèves est le symbole de cette union retrouvée.
En somme, Entre les murs montre que l'école républicaine est en danger mais que rien n'est perdu. Si chacun y met du sien et si l'on se pose les bonnes questions, la transmission du savoir pourra se faire dans de bonnes conditions. Ce film de fiction est donc très riche d'enseignements. On comprend aisément pourquoi le jury de Cannes a offert la palme d'Or à ce film sociétal, qui aborde des questions universelles.

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29.09.08

06:30:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

L'orphelinat

Depuis maintenant quelques années ( et certainement depuis La secte sans nom de Jaume Balaguero), le cinéma fantastique espagnol connaît un réel regain de vitalité et nous offre régulièrement des œuvres traditionnelles remarquables flirtant même parfois avec le chef d’œuvre. L’orphelinat, premier long-métrage de Jose Antonio Bayona sous la gouverne de Guillermo Del Toro, semble s’inscrire dans cette mouvance, et, après une sortie en début d’année en salles, auréolé de son grand-prix à Gérardmer, le métrage hérite d’une sortie en DVD le 30 septembre sous la houlette de l’éditeur cinéphile Wild Side Video, qui nous propose donc plusieurs éditions du film.

L'orphelinat

Le script renvoie Laura, une femme ayant passé sa jeunesse dans un orphelinat au bord de la mer en compagnie d’autres enfants, son mari et leur jeune fils Simon sur les lieux de son enfance qu’elle compte réhabiliter pour en faire un foyer pour enfants handicapés. La nouvelle demeure et le cadre mystérieux qui l'entoure réveillent l'imagination de Simon, qui se met à évoluer dans un univers fantasmagoriques où il se livre à des jeux pas si innocents que cela en compagnie de ses "amis". Lentement, Laura va se laisser entraîner dans l'étrange univers de son fils qui semble trouver des échos dans ses propres souvenirs d'enfance, jusqu'au moment où Simon disparaît...

L'orphelinat

Souvent acclamé par la critique qui a largement mis en avant la personnalité propre du métrage (loin des effets sanglants à outrance à la mode en ce moment) qui tend à se rapprocher des classiques du cinéma fantastique comme Les innocents ou La maison du diable pour créer une ambiance propice au mystère et aux secrets enfouis, alors que le soin apporté par le réalisateur ira jusque dans chaque détail (photographie, décors) pour alimenter une intrigue riche en hypothèses diverses ou la réalité et l'imaginaire vont se mélanger adroitement jusqu'à engendrer la peur entre effets chocs et drames réels.

L'orphelinat

Les différentes éditions de Wild Side Video proposeront le film avec une image au format 2.35 (16/9 anamorphique), avec une bande-son en DD5.1 pour la version française et en DD2.0 et DTS5.1 pour la version espagnole (avec des sous-titres français optionnels). Si l'édition simple ne comprendra en bonus que le commentaire audio et les premières minutes de "Hellboy 2", l'édition collector avancera une présentation du film par son réalisateur, plusieurs scènes coupées, un making-of, des entretiens avec Guillermo Del Toro, Jose Antonio Bayona et Belen Rueda (l'actrice principale du film), plusieurs scènes commentées sur les couleurs et l'étalonnage, des séquences de parapsychologie commentées par un ingénieur du son, une galerie de photos du film, une autre sur les affiches du métrages, ainsi qu'un module sur le générique de début, sur les décors et les maquillages.
L'édition "ultime" reprendra bien entendu ces bonus en y ajoutant un livret collector, ainsi que notamment sur un troisième DVD d'autre interviews du réalisateur et de son producteur, une conférence avec l'équipe du film, un module sur les influences du réalisateur, plusieurs animatiques commentées par Juan Antonio Bayona, un comparatif entre le story-board et le résultat à l'écran et les essais comédien pour le rôle du jeune Simon.
L'édition Blu-ray du métrage reprendra quant à lui l'intégralité de l'édition "ultime", et enfin, le film sera également disponible accompagné du Labyrinthe de Pan de Guillermo Del Toro, en DVD et en Blu-Ray.

L'orphelinat

Donc, il ne reste plus qu'à attendre le 30 septembre pour faire son choix parmi les différentes éditions du film proposées par Wild Side Video et pouvoir tenter de percer les mystères enfouis dans cet orphelinat ibérique...

L'orphelinat

L'orphelinat

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L'orphelinat - Edition collector / 2 DVD

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26.09.08

06:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Lake dead

Faisant partie des titres sélectionnés pour le dernier "After dark horrofest", ce Lake dead s'inscrira dans la mouvance du "survival" sans faire preuve de la moindre originalité mais en parvenant pour autant à se montrer parfois efficace et en tout cas plaisant à suivre malgré une constante prévisibilité.
Le script envoie deux soeurs et quelques uns de leurs amis dans un coin perdu au milieu de nulle part afin d'y visiter un hôtel qu'elles viennent d'hériter de leur grand-père. Mais une fois arrivés sur place, le petit groupe va devoir affronter les membres d'une famille consanguine bien décidée à les mettre en pièces.

Lake deadAprès une séquence d'introduction déjà sanglante montrant un vieil homme bien décidé à stopper une mystérieuse tradition familiale qui va se faire abattre d'une balle dans la tête par un policier, le métrage va nous présenter son personnage principal, Brielle, réveillée en pleine nuit par un coup de téléphone de son père lui annonçant le décès de son grand-père, alors qu'elle pensait que ses grands-parents étaient morts avant sa naissance, tout du moins, c'est ce qu'on lui avait toujours fait croire. Dès cette première séquence, le métrage va démontrer les liens houleux existants entre ce père et sa fille, pour ensuite nous présenter la première de ses deux soeurs, Samantha, une droguée notoire que Brielle et son petit ami vont à leur tour réveiller pour évoquer la mort de ce grand-père et surtout l'héritage qu'il leur a laissé, un hôtel qu'elles vont se mettre d'accord pour aller visiter le week-end suivant en compagnie de Kelly, la dernière sœur à prendre part au métrage, puisqu'elle nous sera présentée en même temps qu'un couple d'amis, possédant un "mobil home" qui va leur servir de véhicule pour se rendre à cet hôtel que les trois soeurs espèrent vendre pour se faire de l'argent. Dernier protagoniste à prendre part à l'expédition, Tanya, une amie de Kelly viendra compléter cette galerie de personnages plus ou moins stéréotypés en jouant l'allumeuse de service.

Lake deadHeureusement, cette mise en situation ne traînera pas trop en longueur pour quand même tenter avec une certaine réussite à rendre certains protagonistes attachants, notamment Brielle et sa sœur Kelly, tout en avançant quelques situations traditionnelles cherchant à amuser la galerie (la prise de drogue, les tentatives de drague) sans pour autant tomber dans le piège des fausses alertes récurrentes dans le genre, pour placer sa première séquence horrifique plutôt réussie lorsque Samantha, ayant décidé de se rendre seule et en avance sur les autres à l'hôtel, sera attaquée dans sa chambre par deux individus aux visages horribles qui vont la maltraiter salement avant de lui enfoncer une chaîne au travers des chevilles qui servira à la lester avec la brique qui servira à la faire couler puisque ensuite elle va se faire balancer dans un lac tout proche par ses deux tortionnaires. Cette scène bien sanglante montrera une volonté certaine du réalisateur de verser un minimum dans le gore franc, tout en avançant ces deux tueurs graphiques aux cheveux longs cachant un visage que l'on devinera être difforme.

Lake deadEnsuite, l'intrigue va bien entendu suivre l'arrivée dans cet hôtel inquiétant du petit groupe qui va faire la connaissance de la vieille tenancière des lieux avant de se décider à aller camper près du lac situé à proximité, ce qui nous vaudra par contre quelques situations bien faciles et porteuses d'un petite suspense surfait (le portefeuille tombé dans le lac juste à côté du cadavre flottant entre deux eaux de Samantha...) sans aboutir à rien de concret, et ce ne sera que lorsque le propriétaire du "mobil home" partira chercher du bois en compagnie de Tanya que les choses sérieuses commenceront véritablement, prouvant encore une fois qu'il n'est pas bon de céder à la tentation puisque après avoir trompé sa compagne avec Tanya, les deux tueurs vont leur tomber dessus et les éliminer.

Lake deadSans traîner, l'intrigue va faire découvrir aux autres les cadavres des deux tourtereaux, lançant une fuite provisoirement stoppée par les meurtriers avant que le groupe ne parvienne à s'échapper du piège tendu et ne rencontre un policier se croyant ainsi sauvés, mais ce ne sera que le début d'une seconde partie qui, au cours de rebondissements hélas bien trop souvent anticipables, va mettre en avant le caractère incestueux et malsain de cette famille dégénérée à laquelle appartiendra Brielle et Kelly, ce qu'elle découvriront avec horreur et répulsion, laissant les différentes situations s'acheminer vers un happy end tout aussi prévisible qui infligera une certaine morale à un ensemble qui en avait bien besoin.

Lake deadEn effet, le métrage se complaira à avancer des idées manifestement destinées à essayer de choquer le spectateur, aussi bien dans la tradition de cette famille résolument incestueuse (ce qui expliquera entre autre la difformité des deux frères assassins) que dans ses détails parfois surprenants (le baiser d'un fils à sa mère), ou encore en sous-entendant les tendances perverses et le penchant pour le viol de l'un des frères qui n'hésitera à pas à s'en prendre à une demoiselle maintenue figée à un arbre par une pioche enfoncée en pleine tête.

Lake deadMais contrairement à ce que l'on pourrait croire, le métrage ne sera pas un sommet d'ultra violence, en sous-entendant beaucoup de choses et en n'avançant que quelques scènes véritablement sanglantes assez percutantes il est vrai, mais quand même noyées dans des développements complètement prévisibles, ce qui amoindrira leur impact tout en laissant apparaître les ficelles d'une intrigue peut-être trop démonstrative dans ses débuts pour espérer surprendre son monde (les intentions du policier par exemple, seront évidemment claires dès son apparition, tout comme le rôle de la tenancière de l'hôtel, deux personnages vus dans l'introduction et dont le mystère sera ainsi déjà défloré ). A cela, il faudra ajouter un opportunisme bien flagrant (la facilité avec laquelle les survivants vont réussir à s'échapper des griffes familiales, ou encore la rapidité avec laquelle certains protagonistes vont parcourir de grandes distances à pieds en un rien de temps) qui viendra quand même plomber en partie la crédibilité de l'ensemble.

Lake deadL'interprétation est assez convaincante, portée par de jeunes acteurs et surtout actrices ravissantes et pas toutes avares de leurs charmes (laissant ainsi un léger érotisme planer sur le métrage et notamment dans sa première partie) assez crédibles, tandis que la mise en scène du réalisateur sera plutôt dynamique pour suivre les rebondissements tout en arrivant à donner une réelle vigueur aux séquences violentes du métrage. Les quelques effets spéciaux sanglants seront efficaces et réalistes en versant dans un gore direct mais pas démesuré.

Donc, ce Lake dead parviendra à tirer quelque peu son épingle du jeu grâce à l'aspect immoral de son intrigue et par ses quelques débordements, venant ainsi compenser une prévisibilité presque affligeante !

Lake deadLe DVD de zone 1 édité par Lionsgate avancera une image claire et sans défaut, tandis que la bande-son sera appréciable, malgré une partition musicale terne et ne renforçant pas l'ampleur des temps forts du film, le métrage étant ici proposé en version originale anglaise, avec des sous-titres espagnols et anglais disponibles.
Par contre, au niveau des bonus, il faudra se contenter de quelques bandes-annonces d'autres titres de l'éditeur et de l'épopée assez kitsch et sexy de quelques demoiselles dans leur quête afin d'être élues "Miss horrofest", qui sera présentée sous forme de webisodes.

Pour ceux qui voudraient rencontrer cette famille incestueuse et sanglante mais guère originale, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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25.09.08

07:15:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Cold prey

Nous venant de Norvège, ce Cold prey prouvera une fois de plus que le "slasher" peut encore nous délivrer d'excellents films, tendus, violents mais sans verser dans le gore outrancier pour préférer jouer sur une ambiance et un climat propices au suspense.
Le script envoie cinq amis dans les montagnes norvégiennes pour un week-end de ski et de snowboard, mais, suite à un accident qui blessera l'un d'eux, ils vont devoir trouver refuge dans un vieil hôtel désaffecté qui semblera en apparence abandonné... En apparence seulement !

Cold preyAprès une séquence d'introduction suivant un jeune garçon poursuivi dans la neige par quelqu'un qui va essayer de l'ensevelir et un générique mettant en avant de nombreuses disparitions de skieurs dans les montagnes, le métrage va nous présenter ses cinq personnages principaux en route dans leur véhicule pour une sortie destinée à faire du ski en hors piste puisqu'ils détesteront se conformer à la masse des skieurs qu'ils railleront verbalement au cours de leur conversation destinée à tuer le temps du trajet mais qui nous permettra de faire connaissance avec ces protagonistes résolument réalistes et loin de tout stéréotypes, ce qui finira par les rendre attachants au fur et à mesure des développements de l'intrigue. Arrivés à leur destination, ils vont se lancer à l'assaut de la montagne à ski pour une fois au sommet, pouvoir contempler l'autre versant qu'ils dévaleront en snowboard.

Cold preyCette mise en situation aura également l'opportunité de mettre en avant la beauté immaculée de la montagne norvégienne avec ses décors splendides et grandioses, mais qui démontreront l'isolement de lequel les personnages vont se retrouver lorsque l'un d'eux va faire une mauvaise chute et se casser la jambe par une fracture ouverte qui sera aisément rendue douloureuse par un montage convaincant du réalisateur. Les téléphones portables ne captant aucun réseau, c'est avec une certaine délivrance que les protagonistes vont alors découvrir au loin un ensemble de bâtiments qu'ils vont s'empresser de rejoindre, pour y découvrir un hôtel abandonné dans lequel ils vont pénétrer par effraction, sans que cela ne puisse gêner personne à la vue de leur éloignement de toute civilisation.

Cold preyL'exploration de cet endroit sinistre donnera lieu à un climat de tension palpable (même si les fausses alertes décrétées par l'intrigue demeureront facilement anticipables et pourront paraître bien faciles dans leur exécution), grâce à des décors froids et presque sordides mais qui éviteront les clichés du genre (pas de rats ou autres bestioles répugnantes ici) pour devenir parfois malsains (la chambre brûlée). Mais au bout d'un moment, l'ambiance va se détendre, avec la mise en marche du générateur qui délivrera de l'électricité et le petit groupe va même prendre un peu de bon temps au coin du feu autour d'un verre d'alcool avant d'aller se coucher. A l'instar de l'australien Wolf Creek, le métrage va prendre le temps de bien présenter les personnages et la situation dans laquelle ils vont se retrouver avant de commencer le jeu de massacre, laissant ainsi largement le temps au spectateur de se familiariser avec chacun des protagonistes sans qu'aucun d'eux ne prenne de l'ampleur par rapport aux autres, laissant de la sorte planer le danger sur chacun d'eux.

Cold preyIl faudra donc attendre qu'une dispute n'éclate dans l'un des deux couples pour que le premier meurtre survienne, brutal, imprévisible et saisissant dans son agencement porteur d'une ironie sadique (lorsque la victime apercevra son compagnon qui ne la verra pas juste avant d'être achevée et entraînée par l'assassin), sans pour autant déclencher la moindre panique chez les autres personnages qui ne se rendront compte de rien jusqu'au matin et laisseront l'un des hommes valides partir chercher du secours dans la vallée. Les trois jeunes restés à l'hôtel vont donc continuer à s'affairer comme si de rien n'était, mais la découverte dans la cave, proche du générateur qui faisait des siennes, d'un local crasseux et sordide, que l'on devinera être l'antre de l'assassin, contenant des tas d'objets récents "empruntés" à ses victimes (clés, bagues, lunettes...) et contrastant amplement dans cet endroit fermé depuis des années, ce qui mettra la puce à l'oreille des personnages qui vont alors être amenés à penser qu'ils ne sont pas seuls dans l'hôtel. La découverte de flaques de sang dans la chambre de la première victime achèvera de les convaincre et lancera la traditionnelle partie de cache-cache au cours de laquelle ils vont être confronté au tueur.

Cold preyCette partie du métrage sera largement efficace aussi bien en amenant des effets de surprise réussis et inattendus qu'en accumulant les rebondissement sur un rythme vif mais empreint d'un suspense et d'une tension conséquente, tout en laissant les protagonistes agir avec une logique tout à fait crédible dans leur quête de survie, bien loin de l'imbécillité habituelle stéréotypée répandue dans les films du genre. Mais malgré les apparitions sporadiques du meurtrier, le métrage continuera de se focaliser sur les victimes qui vont occuper largement le terrain et reléguer l'assassin au second plan, celui offrant pourtant un look réussi mais assez neutre et son histoire rapidement expédiée à l'issue du métrage restera secondaire face à détermination du dernier survivant du groupe qui va bien entendu affronter le tueur lors d'un final encore une fois douloureux (les corps jetés dans la crevasse) et prenant dans sa mise en scène.

Cold preyAlors, même s'il respectera certains codes du genre (meurtrier insaisissable et monolithique, découverte des corps par les derniers survivants, traque dans les couloirs de l'hôtel, par exemples), ce Cold prey arrivera à garder une autonomie propre grâce à ses personnages placés au centre de l'intrigue et réagissant de manière cohérente, apportant de la sorte son lot d'émotions parfois contradictoires au spectateur, en plus de l'atmosphère froide et sinistre parfaitement retranscrite et de la tension omniprésente, rarement troublée par un humour de situation discret et efficient, et ce même si l'assassin tardera à faire son apparition. Et s'il ne sera pas très sanglant, le métrage avancera quelques scènes brutales qui montreront la détermination sans faille et l'inhumanité du tueur qui saura aussi se montrer vicieux quand il le faut pour mieux piéger ses adversaires.

Cold preyL'interprétation est convaincante, sans surjouage néfaste dans un souci de crédibilité qui fonctionnera amplement, tandis que la mise en scène du réalisateur est efficace, vive et parvient à reproduire l'isolement, le froid (grâce à une photographie adéquate parfaitement maîtrisée), mais aussi l'étendue de l'hôtel sans pour autant sombrer dans le "film de couloirs". Les quelques effets spéciaux sanglants sont probants, mais on voit bien que l'auteur n'a pas voulu verser dans le gore franc pour préférer une violence sèche et brutale.

Donc, ce Cold prey pourra largement être considérée comme une réussite du "slasher" en étant efficace, tendu et tout en impliquant largement son spectateur qui sera alors d'autant plus réceptif aux déboires des personnages et aux effets de surprise de l'intrigue !

Cold preyLe DVD de zone 2 édité par Metrodome avancera une image nette et sans défaut, même lors des séquences se déroulant dans l'obscurité, tandis que la bande-son sera efficace avec une partition musicale qui renforcera activement les temps forts du film, le métrage étant ici proposé en version originale norvégienne, avec d'indispensables sous-titres anglais.
Au niveau des bonus, on pourra suivre la bande-annonce du film et surtout un petit making-of assez superficiel donnant la parole aux différents membres de l'équipe du film.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette perle nordique du "slasher", le DVD de zone 2 anglais est disponible ici ou !

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23.09.08

06:30:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Ambiguous

C’est en surfant sur un sujet très en vogue au Japon, le suicide de groupe, que ce Ambiguous va s’inscrire dans la veine des "Pinku-eiga" des années soixante pour apporter son lot de séquences érotiques osées à sa réflexion humaniste et teintée d'un optimisme mesuré, pour un résultat certes minimaliste mais hors norme et volontaire.
Le script suit la rencontre grâce à internet de cinq individus d'horizons différents, réunis par la même volonté de mourir, qui vont se trouver confronter à leur désir macabre.

AmbiguousD'entrée, le métrage va nous présenter séparément ses cinq protagonistes pour autant de séquences pessimistes et teintées d'un désespoir réel qui va rendre ces déçus de la vie non pas réellement attachants mais plus ou moins sympathique selon les cas. Ainsi, le premier individu que nous allons rencontrer aura une vie morne et rêvera d'un idéal qu'il n'a pas et d'avoir une cause à défendre et à être prêt à mourir pour en regardant à la télévision des images de la guerre du Golfe, tout en recherchant désespérément l'âme soeur. Le second sera un autiste dont nous suivrons les déboires souriants mais amers lorsqu'il tentera de se faire embaucher comme serveur dans un restaurant, tandis qu'ensuite nous découvrirons les trois femmes qui vont compléter le groupe. Classique, cette jeune femme battue par son mari n'aura que peu d'impact, tandis que cette lycéenne qui se livrera à la prostitution (pratique commune au Japon) pour pouvoir offrir des cadeaux à ses amies et ainsi espérer être acceptée par eux sera quand même largement pathétique. Enfin, la dernière n'hésitera pas à se livrer à des pratiques issues du bondage dans l'acte sexuel filmé par son petit ami, tout cela dans l'espoir de le garder vers elle.

AmbiguousAu travers de ces séquences, le réalisateur Toshiya Ueno avancera bien entendu quelques passages érotiques osés, entre cette rencontre d'un jour pour le premier personnage qui ne débouchera pas comme il s'y attendait sur une demande en mariage et surtout la demoiselle se livrant à son compagnon harnachée et ligotée dans le but de satisfaire ses fantasmes pervers. Mais malgré leur graphisme volontaire, ces séquences ne seront jamais vulgaires en s'intégrant logiquement à l'intrigue et surtout en restant réalistes tout en ne cherchant visiblement pas à émoustiller le spectateur dans une démarche réaliste et naturaliste.

AmbiguousCes présentations passées, l'intrigue va faire se rencontrer via la Toile ses personnages mais heureusement le métrage ne s'attardera aucunement sur ces dialogues d'internautes qui auraient pu devenir fastidieux pour les inscrire dans la continuité de la découverte de chacun des personnages. C'est ainsi que vont se retrouver chez le premier personnage d'abord la femme battue puis le jeune autiste, celui-ci désirant d'entrée aller s'allonger, laissant les deux autres discuter avant de sombrer et de se livrer à un acte sexuel empreint d'une frustration maternelle douloureuse de la jeune femme. Ensuite, la jeune lycéenne rejoindra le petit groupe qui va s'offrir un dernier repas en commun.

AmbiguousCette seconde partie du métrage optera pour un huit-clos assez étouffant (sensation rendue encore plus palpable par la semi obscurité qui régnera sur place) dont on finira bien par sentir le manque de courage de chacun à se donner la mort et qui trouvera peut-être dans le groupe la force de passer à l'acte, laissant planer ainsi une sorte de suspense axé sur la potentielle rétractation des personnages à tout moment ou au contraire sur la précipitation des événements. Et l'arrivée de la cinquième "invitée", qui aura malencontreusement étranglé son compagnon lors d'un ébat sexuel "spécial", ne viendra pas bouleverser la donne.

AmbifuousEt il faudra le suicide prématuré et solitaire de l'un des protagoniste pour que les autres se décident, en se calfeutrant dans une pièce pour espérer s'asphyxier au monoxyde de carbone, mais rapidement la situation va dégénérer en une scène érotique salvatrice mais terriblement souriante qui prônera donc l'acte sexuel en cas de déprime sévère, redonnant ainsi l'envie de vivre à ces pessimistes qui vont trouver leur rédemption en enterrant leur compagnon qui aura eu la force et le courage de passer à l'acte, laissant ainsi une note résolument optimiste clore le métrage, quand même tempérée par le meurtre brutal du mari violent par son épouse rescapée.

AmbiguousSi l'intrigue comportera son quota de séquences érotiques directes et osées, toujours à la limite du hardcore sans jamais y sombrer, cela n'empêchera pas le réalisateur de livrer sa réflexion sur ce sujet tabou qu'est le suicide, et qui plus est le suicide de groupe, au travers de personnages hautement crédibles aussi bien dans leur désespoir que dans leur expérience en commun qui semblera leur redonner goût à la vie et à ses plaisirs, certes au travers d'une certaine morale quelque peu fade et simpliste, pour mettre progressivement en avant le manque de cran des protagonistes qui se défileront finalement dans la sexualité afin de rester en vie. Mais ce sera aussi avec un humour presque délicat dans une telle situation que l'auteur fera passer son message humaniste, sans que cela vienne nuire à la crédibilité des situations.

L'interprétation est convaincante, sans aucun surjouage ni débordement pour donner un réalisme probant à l'ensemble, encore conforté par la réalisation impliquante de Toshiya Ueno qui parviendra à créer une certaine complicité entre le spectateur et les protagonistes.

Donc, ce Ambiguous se révélera être une œuvre largement captivante sous ses atours minimalistes, qui parviendra à utiliser les caractéristiques des "films roses" japonais à des fins humanistes et ceci racolage flagrant !

AmbiguousLe DVD de zone 2 édité par Salvation avancera une image quelque peu granuleuse qui perdra de petits détails lors des séquences se déroulant dans la pénombre, tandis que la bande-son sera efficace, avec notamment une partition musicale quasiment absente pour renforcer le réalisme de l'ensemble, le métrage étant ici proposé dans sa version originale sous-titrée en anglais.
Au niveau des bonus, une très courte galerie de photos viendra prolonger le métrage, tandis qu'un petit laïus écrit viendra retracer l'histoire des "pinku-eiga". Les autres bonus seront plus axés sur l'univers de la société éditrice et distributrice de Nigel Windgrove, avec un clip musical du groupe de la compagnie, "Triple silence", reproduisant bien l'ambiance SM gothique de Salvation, ainsi qu'un détail des objets dérivés disponibles à la vente. Enfin, un court métrage intéressant surfant sur l'atmosphère des ring sera également visionnable.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette réflexion différente sur le suicide en se basant sur un érotisme pudique, le DVD de zone 2 anglais est disponible ici !

Permalink 1175 mots par nicore, 1066 vues • 1 réaction

22.09.08

06:45:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

2ème sous-sol

Alexandre Aja, fidèle représentant du cinéma de genre français (à qui nous devons entre autres l'excellent Haute tension, le remake barbare de La colline a des yeux et le récent Mirrors) a préféré confier à son collaborateur de toujours Franck Khalfoun la réalisation de ce Deuxième sous-sol, un thriller lorgnant du côté du slasher qui aura comme première originalité son décor. Après son échec lors de sa sortie en salles en début d'année, une seconde chance est donnée au métrage avec cette sortie en DVD le 24 septembre prochain, sous la houlette de l'éditeur M6 Vidéo.

2ème sous-sol

Le script met en scène Angela, une jeune cadre ambitieuse restée travailler tard en ce 24 décembre avant de se rendre au réveillon familial. Mais lorsqu'elle va regagner sa voiture dans le parking sous-terrain déserté de son lieu de travail, celle-ci ne va pas vouloir démarrer et comble de malchance, son téléphone portable ne capte pas. La seule âme qui vive sur place sera Thomas, le gardien qui va se proposer de l'aider (en vain, puisque le véhicule restera muet) avant de lui proposer de rester avec lui pour partager le souper préparé dans sa loge. Angela refusera, sans se douter que Thomas l'espionne depuis des mois...

2ème sou-sol

Boudé par le public et chahuté par la critique pour son manque d’audace et d’originalité notamment, le métrage a quand même plusieurs atouts dans son jeu. Déjà, le choix d’un décor claustrophobe avec ce parking souterrain déserté en pleine nuit aura vraisemblablement de quoi intriguer le spectateur et l’intrigue démarre là où généralement les productions se terminent, avec la confrontation de l’héroïne avec le tueur et enfin, une mise en scène classique sans effets de style inutiles devrait plaire aux amateurs de slashers à l’ancienne.

2ème sous-sol

Le DVD édité par M6 Vidéo avancera une image au format 2.35 (16/9 anamorphique) pour proposer le film en version française et anglaise sous-titrée en DD2.0 et en DD5.1, tandis qu’en bonus, un making-of scindé en trois parties (le making-of proprement dit, une interview du réalisateur et une dissection des effets de terreur du métrage) viendra compléter la vision du film, suivi de la bande-annonce du film.
Deux jours après la sortie du DVD français, soit le 26 septembre, ce sera l’édition belge supervisée par Belga Home Video qui sera disponible pour une édition techniquement semblable et agrémentée d’une piste audio en DTS, mais vide de tout bonus.

2ème sous-sol

Donc, il ne reste plus qu’à attendre le 24 septembre pour pouvoir se faire sa propre idée sur ce Deuxième sous-sol parfois injustement et trop sévèrement décrié !

Permalink 481 mots par nicore, 1203 vues • 2 retours

19.09.08

06:45:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Entrails_of_a_beautiful_woman

Après son Entrails of a virgin mélangeant ouvertement érotisme osé et horreur gore, le réalisateur japonais Gaira reprend cette même formule pour ce Entrails of a beautiful woman mais avec cette fois-ci une intrigue plus consistante qui rendra le métrage moins superficiel que son prédécesseur mais tout aussi fou et même plus troublant par un aspect global plus sérieux.
Le script suit le calvaire d’une demoiselle enlevée par un gang de yakuzas qui finira par se donner la mort après avoir subi des sévices sexuels, poussant la jeune doctoresse qui l’avait recueilli à chercher à se venger de ses bourreaux.

Entrails_of_a_beautiful_womanAprès une petite séquence d‘introduction sans réel intérêt suivant un homme attablé dans un restaurant en train de se goinfrer, nous retrouverons ce personnage, en fait un chef de gang yakuza, en compagnie de ses sbires auprès d’une demoiselle qu’ils séquestrent pour un obscur motif lié à la sœur de celle-ci, vendue en Afrique et qu’ils ont fait venir à eux en lui jouant un tour, réparant ainsi l’erreur de l’un des hommes présents. Rapidement, la jeune femme, vierge, va subir les derniers outrages par un gaillard tatoué avant de se faire injecter une drogue appelée "Angel rain" qui va la transformer en une véritable nymphomane.

Entrails_of_a_beautiful_womanMalgré un caractère assez confus du fait d'explications trop vagues quant au motif de l'enlèvement de cette demoiselle (la vraie raison sera évoquée plus tard, liant sa sœur à un trafic d'argent via des codes bancaires volés), cette entame du métrage restera quand même efficace et bien sordide dans l'agencement de ce viol en réunion qui s'il ne sera pas vraiment violent restera quand même dérangeant, notamment lorsque le réalisateur s'aventurera à un gros plan sanglant démontrant la virginité de la jeune femme. Et malgré les recommandations de leur chef, la captive va réussir à s'échapper pour trouver refuge dans une clinique où Yoshimi, une jeune doctoresse, va prendre soin d'elle et écouter son histoire, mais qui ne pourra rien faire quand, toujours sous l'effet de la drogue, elle se suicidera en sautant du haut de l'immeuble.

Entrails_of_a_beautiful_womanVisiblement émue par le sort tragique de sa protégée, Yoshimi va se mettre en tête d'infiltrer le gang de yakuzas, en séduisant un des membres un peu naïf pour ainsi réussir à l'hypnotiser, le poussant de la sorte à s'attaquer à ses collègues. Mais ce subterfuge n'échappera pas à la vigilance du chef yakuza qui va avec ses complices s'acharner sur cette nouvelle victime, sans se douter que l'"Angel rain" va la transformer épisodiquement en un monstre sanguinaire, armé d'un énorme pénis affublé d'une bouche dentée, qui va faire le ménage en massacrant les yakuzas un par un.

Entrails_of_a_beautiful_womanComme on peut le voir, le métrage n'entretiendra aucun rapport direct avec son prédécesseur, si ce n'est la présence d'un monstre s'attaquant au casting, mais ici l'intrigue sera fouillée et avancera de "vrais" personnages, et notamment ce chef yakuza complètement immoral puisqu'il n'hésitera pas par exemple à s'accoquiner avec la femme de son maître en échange d'un peu de drogue pour cette dernière et à se montrer sadique envers ses jeunes victimes, avec bien entendu une préférence pour les violences sexuelles qu'il fera orchestrer par ses sbires. Les autres protagonistes seront également travaillés, entre cette épouse délaissée droguée jusqu'aux yeux et ces complices stupides apportant au métrage sa touche d'humour gras et jouissif.

Entrails_of_a_beautiful womanMais le réalisateur respectera son cahier des charges en trouvant de multiples prétextes à des scènes érotiques largement osées et flirtant même avec le hardcore (vive les ombres chinoises lors d'une fellation…), qui iront quand même assez loin en allant jusqu'à sous-entendre par exemple une sodomie forcée ou en plaçant plusieurs séquences de masturbation masculines ou féminines en plus des actes simulés mais exposés complaisamment devant la caméra. Mais ces différentes séquences érotiques viendront se mêler à l'intrigue globale de manière harmonieuse et pourront presque paraître en partie justifiées par le sujet du film, qui s'attachera ainsi à démontrer la violence des yakuzas, tout en moquant régulièrement de leur virilité ici souvent défaillante.

Entrails_of_a_beautiful_womanPar contre, l'aspect sanglant du métrage sera trop discret en demeurant concentré dans le dernier acte du métrage avec l'arrivée de cet être monstrueux qui décimera les yakuzas dans la violence, avec notamment une tête arrachée en son milieu et cette femme qui sera obligée de sucer le membre denté avant de se faire pénétrer par la chose qui lui perforera le ventre pour ressortir à l'air libre, mais ces deux écarts extrêmement volontaires resteront bien esseulés, puisque même le personnage démembré le sera rapidement et sans véritable impact graphique. Le monstre en lui-même s'offrira un look plutôt appréciable mais pourra aussi paraître quand même un peu grotesque, notamment au niveau de son terrible faciès.

Entrails_of_a_beautiful_womanL'interprétation est assez convaincante dans un tel contexte avec des acteurs paraissant y croire un minimum, tandis que la mise en scène du réalisateur est sobre et n'utilisera que peu d'effets pour arriver malgré tout à donner un rythme linéaire et alerte à l'ensemble.
Les effets spéciaux sont globalement réussis pour les effets gores décrits qui brilleront par leur tournure volontaire et graphique épatante, alors que la créature sera quant à elle plus limite en montrant parfois les contraintes d'un costume enfilé par un acteur.

Donc, ce Entrails of a beautiful woman assumera complètement son aspect érotique volontaire qui servira une intrigue certes pas foncièrement originale mais limpide et graphique et parvenant à troubler sporadiquement son spectateur tout en avançant un monstre final bien délirant.

Entrails_of_a_beautiful_womanLe DVD de zone 0 édité par Synapse Films avancera une image ne connaissant pas de défaut visible, tandis que la bande-son sera plutôt efficace malgré une partition musicale effacée, le métrage étant ici proposé en version originale bien évidemment sous-titrée en anglais.
Au niveau des bonus, seule la bande-annonce du film et la seconde partie de l'interview du réalisateur Gaira commencée dans l'édition de Entrails of a virgin viendront compléter le métrage pour laisser l'auteur repartir dans ses digressions hallucinées souriantes.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette vengeance érotique et sanglante, à réserver à un public averti, le DVD de zone 0 est disponible ici ou !

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18.09.08

06:10:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Altered

Malgré son succès international Le project Balir Witch n’aura pas forcément porté chance à ses auteurs, puisque derrière ce Altered, nous retrouvons l’un de ses deux réalisateurs, Eduardo Sanchez qui, pour son second long métrage, signe un petit budget presque contre toute attente convaincant malgré un pitch improbable.
En effet, le script introduit quatre hommes ayant été enlevé par des extraterrestres dans leur jeunesse et désireux de venger la mort de leur ami d’alors tué lors de ce rapt qui vont à leur tour capturer un des aliens sans se douter des conséquences qui vont en découler.

AlteredD’entrée, le métrage va mettre en scène trois des personnages principaux en pleine chasse nocturne dans une forêt où ils vont rapidement retrouver la trace de leur proie, une entité extraterrestre qu’ils vont finir par capturer après plusieurs rebondissements et fausses alertes qui pimenteront cette introduction en laissant s’égrainer un certain suspense et une tension palpable parfaitement gérée par le réalisateur qui se gardera bien par contre de dévoiler la nature physique de l’alien chassé par préférer ne nous laisser que l’apercevoir brièvement avant qu’il ne tombe dans le piège tendu. Cette entame permettra également à l’intrigue de commencer à placer ses éléments relatifs aux antécédents amenant ces trois hommes à pourchasser cette créature tout en laissant planer un certain mystère autour de ce passé trouble ayant entraîné la mort du frère de l’un des personnages.

AlteredUne fois l’alien chargé dans leur véhicule, les trois acolytes vont décider de se rendre chez un quatrième protagoniste semblant apparemment bien au fait de l’activité de ces créatures. Le métrage s‘installera alors dans un huit-clos parfois oppressant mais hélas parcouru de trop nombreuses séquences de dialogues venant ralentir le rythme jusque là vif du métrage, pour ainsi développer la relation houleuse existante entre le quatrième larron, lui aussi enlevé en même temps que les autres, et ses anciens amis avec lesquels il avait "coupé les ponts". Mais bien entendu, au-delà de ces palabres qui dévoileront au fur et à mesure la véritable histoire commune a ces quatre personnages, l'intrigue va également profiter de cet isolement et de ce décor unique pour avancer quelques séquences tendues lorsque l'extraterrestre va s'échapper, ou encore avec l'arrivée bien opportune et attendue du shérif local qui va faire les frais de sa curiosité.

AlteredCe huit-clos autorisera aussi le métrage à mettre en avant les particularités propres à cet envahisseur télépathe et ayant la capacité de posséder l'esprit humain rien que par le regard tout en nous laissant enfin découvrir son look très graphique et suffisamment habilement montré par le réalisateur pour lui éviter de sombrer dans le ridicule qui le guettait. Mais ce sera surtout sa frénésie haineuse envers l'être humain qui forcera le respect en déployant une hargne sans nom lorsqu'il pourra s'attaquer à ses oppresseurs d'un soir, mordant et se débattant férocement avec des conséquences douloureuses puisque sa morsure contaminera et altérera progressivement le physique de sa victime.

AlteredLe dernier acte sera quant à lui bien plus généreux en scènes sanglantes et d'une violence affirmée, avec entre autres un étripage sévère et étrangement réaliste, tandis que la dégradation physique de l'un des personnages prendra une tournure éminemment douloureuse et tragique, pour des rebondissements certes souvent anticipables mais là aussi bizarrement, la pilule passera sans problèmes et cette prévisibilité ne viendra pas nuire à la cohérence globale d'une intrigue assez bien ficelée avec son caractère incroyable qui n'empêchera pas le spectateur de se prendre rapidement au jeu et de rentrer dans l'action pour s'impliquer et suivre avec intérêt les situations les unes après les autres.

AlteredL'une des principales qualités du métrage qui assurera une cohérence globale et ne viendra jamais faillir, c'est le sérieux clairement affiché par le métrage, ne s'autorisant pas la moindre parcelle d'humour pour décrire cette lutte vengeresse entre humains et cet alien belliqueux, pour préférer mettre en avant les conséquences de ce événement passé qui a conditionné le présent des personnages réfugiés soit dans la peur, soit dans la haine blindée de ressentiments et qui trouveront dans cette nuit une apothéose inattendue et délétère. Et pour appuyer cette démarche sérieuse de tous les instants, le métrage pourra compter sur des personnages "normaux" prenant un caractère humain loin de tout stéréotype gênant et dont les réactions resteront toujours cohérentes et crédibles, même lors des séquences s'intéressant à l'inévitable bluette du film.

AlteredAlors bien sûr, à côté de ces indéniables qualités, l'intrigue ne sera pas exempte de petits défauts notoires, comme l'aspect anticipable des rebondissements, l'accumulation de fausses alertes qui pourra finir à agacer quelque peu, sans oublier ces temps morts heureusement explicatifs qui viendront nuire au rythme global du film et sans compter que l'étroitesse du budget alloué obligera l'intrigue à se concentrer dans cette baraque qui servira presque de seul décor à la lutte à mort que vont se livrer les personnages et l'alien, et enfin, certaines pistes pourtant intéressantes seront bien vite négligées (la guerre totale devant entraîner l'extermination de la race humaine), imposant de curieuses ellipse et autres invraisemblances parfois flagrantes. Mais ces petites faiblesses ne viendront pas entacher l'ensemble de manière irréversible pour uniquement rappeler au spectateur une certaine maladresse du réalisateur heureusement largement compensée ailleurs.

AlteredL'interprétation est convaincante, sans surjouage inutile dans un souci de crédibilité évident, tandis que la mise en scène du réalisateur est le plus souvent adaptée et dynamique, aidant ainsi quand même l'ensemble à ne pas trop subir de pleine fouet les pauses orchestrées par l'intrigue. Les effets spéciaux sont probants, aussi bien dans l'animation et le maquillage de l'alien très graphique que pour les plans gores du film et aussi cette altération physique très volontaire.

Donc, ce Altered s'avérera être une bonne surprise qui parviendra à impliquer et à captiver son spectateur sur la longueur en dépit d'une intrigue pas toujours très recherchée et handicapée par de menus défauts.

AlteredLe DVD de zone 1 édité par Universal Studios avancera une image claire et sans défaut, tandis que la bande-son sera efficace, malgré une partition musicale quelque peu en retrait et guère emphatique, le métrage étant ici proposé en version anglaise, avec la présence de sous-titres français (enfin québécois) optionnels.
Au niveau des bonus, il faudra se contenter de quelques scènes coupées approfondissant encore la personnalité des protagonistes mais qui plombé encore un peu plus le rythme de la partie centrale du métrage.

Pour ceux qui voudraient rencontrer cet alien belliqueux, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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17.09.08

07:20:00, Catégories: Dossier  

par ninnin4

A l’occasion de la sortie de « CJ7 » en DVD et en Blu-ray, il était temps de faire le point sur la carrière de Stephen Chow, acteur comique hongkongais par excellence et réalisateur reconnu au niveau international depuis l’aube des années 2000.

Stephen Chow

Après un début de carrière télévisé il passe au grand écran tout d’abord comme acteur de styles divers puis dans le sien qu’il invente lui-même, un univers burlesque où non sens verbal et visuel sont de mise qu’il intitule le Mo Lei Tau, art difficile d’approche et qui explique sa popularité extrême en Chine mais qui n’a guère trouvé preneur ailleurs le tout étant mêlé à un humour scato très au ras des pâquerettes. Il se fait connaître principalement dans quelques comédies parodiques qui explosent le box office local puis passe à la réalisation avec un ersatz bondien intitulé « Bons baisers de Pékin » (Voir le DVD à la loupe) première œuvre à trouver écho en occident, le thème facilitant certainement la chose.


Mais c’est surtout avec le génialissime et hilarant « Shaolin Soccer » (Voir le DVD à la loupe) qu’il va réellement se démarquer de son passé scato car sans le renier complètement, il nous offre une comédie complètement barrée, qui se fera bidonner la terre entière, basée sur une histoire de génie du foot, fortement mâtinée de kung-fu et qui trouvera une résonance particulière en cette période où ce sport est devenu plus que jamais une religion et où le cinéma asiatique est définitivement ancré dans la cinéphilie grand public. De ce film, il faut surtout en retenir une histoire vraiment originale, parodie non forcée du film de sport en général, servie par des effets spéciaux étonnants et des acteurs qui servent admirablement bien leurs personnages attachants.

Tout aussi parodique mais pourtant moins grand public, bien qu’encore plus destiné au marché international car financé par quelques studios américains, Stephen Chow nous livre ensuite son « Crazy Kung Fu » (Voir les critiques) , spectacle total et jouissif, grand hommage aux films de Kung Fu des années 80 voire antérieur et dans lequel commence à poindre une poésie cartoonesque qui fait que son œuvre devient différente, plus sensible bien que tout aussi drôle. Ceci est dû principalement à des gags très Tex Avery qui font dégager une sensibilité très nostalgique.
Rien à voir avec toutes ses parodies périssables qui fleurissent depuis plus de 20 ans. On est bien plus proche d’un « Helzapoppin’ »

Mais rien ne laissait présager le choc « CJ7 » que je viens d’avoir en visionnant ce film, sorti il y a peu de jours en catimini, dans une campagne publicitaire plus que nulle puisque inexistante. Et pourtant, voilà bien son œuvre la plus grand public, capable d’émouvoir aussi bien petits que grands, un film magnifique, poétique, une réflexion sur l’imaginaire, sur la dureté de la vie, sur la notion de pauvreté et de richesse, sur l’honneur….un film qui s’adresse au plus grand nombre sans verser dans la concession bassement mercantile (ce qui explique peut être sa piètre mise en avant dans les linéaires). Complètement insolite, il raconte la vie d’un enfant et de son père, très pauvre, qui se ruine (le porte monnaie et la santé) pour pouvoir lui payer une très grande école où il est la risée de tous les autres enfants, sa seule amie étant une espèce de géante énorme au visage lunaire à laquelle personne n’ose physiquement s’attaquer. Le film décrit dans un premier temps les difficultés relationnelles entre le père et son enfant, qui a envie de rivaliser pécuniairement avec les autres (dénonciation de la société de consommation). Puis arrive CJ7, que son père découvre dans une décharge et qui va bouleverser leur vie, pas forcément dans le bon sens. Traversé de séquences d’émotions très fortes, d’autres plus absurdes voire surréaliste (cet énorme personnage démesuré, avec une toute petite voie), d’autres beaucoup plus drôles voire parfois une fois de plus scato (un mitraillage de merde), ce film ne peut décemment laisser indifférent tant il sent l’implication de Chow à tous les niveaux, un savoir faire indéniable dans la réalisation (étonnants effets spéciaux et séquences de kung fu) et une description des relations humaines touchante. Je ne tiens pas à en dire plus pour éviter de spoiler cette histoire magnifique et surtout ce petit personnage aussi original qu'imprévisible et vous conseille viement l'achat de ce film pour tous ceux qui ont envie de voir quelque chose de différent.
Cj7 (Blu-ray)

Cj7 (Blu-ray)
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Pour les possesseurs de lecteurs Blu-ray, je vous invite à l'achat de ce disque. L'image est absolument superbe et le son de même. Vous trouverez dessus comme bonus un petit jeu qui conviendra tout à fait aux enfants, un making of, un commentaire audio de l'équipe du film et un documentaire fractionné selon l'histoire, le petit personnage et les décors.

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16.09.08

06:30:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Nails

Pour son premier "long" métrage, le réalisateur russe Andrey Iskanov s'est livré avec ce Nails à un délire expérimental vraiment spécial et étrange, mélangeant un esthétisme d'avant-garde à une thématique vaguement horrifique pour un résultat déroutant qui risquera de ne pas convenir au plus grand nombre.
Le script suit la déchéance d'un tueur professionnel qui, habité par des maux de tête effroyables perturbant se perception des choses, ne va pas trouver d'autre moyen pour calmer sa douleur que de s'enfoncer des clous dans le crâne, ce qui ne va pas forcément arranger les choses...

NailsD'entrée, le métrage aura de quoi étonner, d'abord par l'utilisation d'un noir et blanc et d'un montage sec, haché, pour suivre le personnage principal (et quasiment unique, d'ailleurs) s'atteler à une nouvelle mission au sein du gouvernement moralisateur pour lequel il semble travailler, à savoir éliminer un couple dont l'homme se sera moqué du président, ce qu'il fera lors d'une séquence vaguement sanglante mais déjà hypnotique. Son forfait accompli, l'homme rentrera chez lui et après avoir nettoyé ses pistolets, il sera assailli d'une migraine fulgurante qui finira par lui faire perdre connaissance. Il se réveillera couché à même le sol, étendu sur un journal évoquant le cas d'un homme s'étant enfoncé des bouts de métal dans la tête, sans pour autant perdre ses différentes perceptions. Croyant avoir trouvé une thérapie, notre homme va s'enfoncer pour sa part un long clou dans le crâne.

NailsEt d'un coup, le noir et blanc d'origine va brusquement s'effacer pour laisser sa place à un kaléidoscope de couleurs vives ou pastels qui vont suivre les hallucinations du personnage qui va se mettre à voir le dessous des choses. La suite du métrage serait quasiment irracontable tellement Andrey Iskanov va mélanger ses différents plans sans réelle imbrication linéaire pour suivre le calvaire de cet homme, calvaire qu'il nous fera aisément partager au travers des images qui parviendront à retranscrire admirablement ce chaos mental, tout en glissant quand même quelques petites salves dénonciatrices sur notre société de consommation, entre cette séquence où nous allons découvrir ce que nous mangeons"vraiment" et ce qui défile sur l'écran de télévision. Seul rebondissement notoire, l'arrivée de la petite amie du personnage principal qui ne va être perçue tel qu'elle l'aurait souhaité et va au contraire provoquer encore une aggravation de son état, puisqu'il la verra sous un jour guère flatteur, celle-ci ayant à ses (et donc à nos) yeux pris l'apparence d'une sorte de fantôme à la démarche inspirée de celle du spectre sortant de la télévision du premier Ring de Hideo Nakata qu'il éliminera lors d'une scène peu ragoûtante, mais qui restera bénigne comparée au final bien plus sanglant et presque écoeurant qui viendra clore cette folie visuelle.

NailsCar le moins que l'on puisse dire, c'est que malgré un budget vraisemblablement ridicule le réalisateur a soigné chacun de ses plans, dans le but évident de nous faire partager le mal dont est atteint son personnage, aussi bien par ces plans hallucinogènes ne représentant rien de précis mais dont les spirales aux couleurs criardes feront mal aux yeux que par l'avilissement permanent de la perception de son entourage, avec encore une utilisation judicieuse et originale des éclairages de couleurs étranges, mais surtout par ce travestissement de la réalité qui deviendra tout à tour nauséabond ou répugnant (l'espèce de gelée violette ou verdâtre qui sortira des boîtes de conserves, sans même évoquer le reste du contenu…) ou plus délirant (voir la destinée de la petite amie), quand ce ne sera pas sur un mode franchement vomitif que l'auteur cherchera à atteindre son spectateur (le final). Mais au-delà même de cet aspect quelque peu nauséeux, le métrage va également avancer des idées également bien folles, mais plus orientées vers le domaine artistique pur, comme cette peinture murale à laquelle le personnage va littéralement prendre part par exemple, mais aussi par les stratagèmes cinématographiques employés par nous faire participer à la déchéance du personnage, qui rendront l'ensemble largement envoûtant jusqu'à scotcher littéralement, à condition de réussir à rentrer dans cet univers très spécial.

NailsBien entendu, les personnages n'auront que peu d'importance et ne seront pas fouillés, si ce n'est pour permettre à Andrey Iskanov de se livrer à une petite critique de la politique de son gouvernement dans la phase introductive du métrage, et l'interprétation assez aléatoire ne viendra donc pas gêner l'ensemble, surtout qu'ensuite le personnage principal deviendra au fur et à mesure que l'on avancera dans sa dégénérescence de plus en plus crédible.
La mise en scène du réalisateur est évidemment primordiale pour rendre le métrage attractif et cohérent, en reproduisant parfaitement cet univers complètement détraqué.
Les effets spéciaux sont hélas parfois peu crédibles, laissant transparaître le manque de budget alloué au film, mais cela ne sera pas non plus contrariant, en participant en quelque sorte au délire général.

Donc, ce Nails constituera une expérience originale et psychédélique aberrante mais fascinante pour qui arrivera à se mettre sur la même longueur d'onde que son auteur.

NailsLe DVD de zone 1 édité par Unearted Films avancera une image nette qui rendra parfaitement l'importance des couleurs du métrage, tandis que la bande-son sera efficace grâce à une partition musicale lancinante qui participera activement à rendre le métrage envoûtant, celui-ci étant proposé ici en version originale russe, heureusement accompagnée de sous-titres anglais.
Au niveau des bonus, un making-of reviendra sur la conception du métrage tout en exposant des cas "réels" de personnes s'étant mutilées de manière analogues, alors que deux interviews écrites du réalisateur lui permettront de revenir sur sa carrière et sur le film et que quatre galeries de photos viendront agréablement prolonger l'expérience, pour laisser quelques bandes-annonces clore ces bonus.

Pour ceux qui voudraient se plonger dans cet univers démentiel et original, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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15.09.08

06:45:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

The_mist

Alors que la plupart de écrits de Stephen King avaient déjà été adapté pour le cinéma ou la télévision, une de ses plus anciennes et meilleures nouvelles, "Brume", restait désespérément absente de ces nombreuses transpositions à l'écran, jusqu'à ce The mist réalisé par Frank Darabont qui connaîtra une sortie en DVD le 18 septembre prochain sous l'égide de TF1 Vidéo après son passage en salles en début d'année.

The_mist

Le script bloque ses deux personnages principaux, David Drayton et son jeune fils Billy, dans un supermarché, entourés par une étrange brume. Alors que tous les clients, enfermés, essayent de cohabiter dans le calme, David se rend compte à travers les vitres que le brouillard semble dangereusement habité. Alors qu'ils vont tenter de survivre et de résister aux choses surgies du brouillard, les individualités vont s'affirmer, et notamment celle de madame Carmody, une fanatique religieuse.

The_mist

Globalement acclamé par la critique, le film est régulièrement décrit comme une œuvre terrifiante, arrivant sans mal à créer une ambiance claustrophobe, tout en avançant des monstres (aux looks très graphiques) dont les interventions bien sanglantes seront terriblement efficaces. Mais le vrai danger viendra véritablement de l'intérieur de ce supermarché qui servira de camp retranché à des personnages hétéroclites qui vont se regrouper en plusieurs clans, avec bien sûr cette fanatique religieuse qui va profiter de la faiblesse de certains pour les rallier à sa cause, permettant ainsi au métrage de se doubler d'une réflexion sociologique tétanisante et troublante. Enfin, le réalisateur clôturera son film par une scène s'éloignant du récit original de Stephen King (mais complètement approuvé par ce dernier !) apparemment diablement choquante et surprenante qui devrait hanter le spectateur bien après la vision du film... Alléchant, non ?

The_mist

Le DVD édité par TF1 Vidéo proposera le film en version française et anglaise sous-titrée en DD 5.1 et en DTS 5.1, avec une image au format 1.85 (16/9 anamorphique). Au niveau des bonus, cette édition deux DVD avancera un making-of, plusieurs scènes coupées, un documentaire sur les monstres du métrage, un autre sur les effets spéciaux et les de plus en plus courants webisodes du tournage du film.

The_mist

Donc, rendez-vous à partir du 18 septembre pour pouvoir découvrir ce qui se cache réellement dans la brume de ce The mist extrêmement prometteur ! On notera enfin que l'édition Blu-ray, un temps, prévue en simultané de l'édition DVD est reporté début décembre.

The_mist

The mist / 2 DVD

The mist / 2 DVD
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The mist (Blu-ray)

The mist (Blu-ray)
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The mist - Edition belge

The mist - Edition belge
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12.09.08

06:30:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

See_no_evil

Slasher décérébré mais extrêmement brutal et glauque, ce See no evil mettra tous les atouts en sa possession de son côté pour devenir efficace et jouissif et ce malgré un postulat de départ assez atypique en prenant pour personnage central une star du catch et en ayant pour auteur un réalisateur s’étant souvent affirmé dans le cinéma "X".
Le script place une bande de petits voyous dans un immense hôtel désaffecté pour un week-end de travaux d'intérêt général censés réduire leur peine de prison, mais ils ne savent pas qu'une brute épaisse psychotique hante les lieux.

See_no_evilLa séquence d'introduction suivra deux policiers se rendant dans un pavillon, suite à un appel de voisins ayant entendu des cris émaner de l'endroit, où ils sont découvrir une jeune femme dont les yeux ont été arraché avant d'être sauvagement agressés par un colosse qui va littéralement défoncer l'un des policier à la hache avant de couper l'avant-bras de l'autre, lui laissant juste le temps de tirer une balle dans la tête de son agresseur qui s'enfuira malgré tout.
Cette introduction donnera d'entrée le ton du métrage en étant bien brutale et en avançant, certes très rapidement, un assassin immense et sans pitié, dont nous découvrirons l'ampleur des méfaits sous forme d'extraits de journaux télévisés décrivant l'horreur découverte dans la maison après l'intervention des deux policiers.

See_no_evilEnsuite, le métrage passera par l'obligatoire présentation des futures victimes, deux groupes de délinquants incarcérés (l'un composé uniquement de demoiselles et l'autre de petites frappes masculines) qui vont se retrouver, avec deux accompagnateurs, dans un bus en direction d'un endroit où ils vont devoir effectuer quelques travaux afin de réduire leur peine, participant ainsi à un projet gouvernemental. Heureusement, cette partie de l'intrigue ne traînera pas trop (grâce à un procédé simple mais efficace en indiquant en un cliché la nature des infractions commises, cataloguant ainsi chaque personnalité), surtout que les individus présents n'avanceront que des stéréotypes flagrants (l'intello, la blonde bimbo, le black comique, le dur à cuire…), pour très vite amener ce petit monde devant cet hôtel aussi délabré et vétuste qu'imposant où ils vont être accueilli par une vieille femme qui va leur présenter l'endroit et leur raconter brièvement son histoire tragique, puisque l'hôtel a brûlé en tuant son propriétaire et diverses personnes il y a longtemps et est aujourd'hui en voie de restauration grâce au soutien de ce projet de réinsertion par le travail.