Archives pour: Novembre 2008

28.11.08

08:05:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Hunger
Réalisateur : Steve McQueen
Avec : Michael Fassbender, Liam Cunningham...
Durée du film : 1h40
Date de sortie en salles : 26 novembre 2008

Par Nicofeel

Hunger


Réalisé par l'anglais Steve McQueen (un homonyme du célèbre acteur), Hunger a été présenté cette année à Cannes. Le cinéaste y a obtenu la Caméra d'Or du meilleur premier film. Bruno Dumont, le président du jury de la sélection de la Caméra d'Or, avait alors évoqué « la naissance d'un très grand metteur en scène, d'une grande puissance ».
Bruno Dumont ne s'est pas trompé. Hunger est un film brillamment mis en scène et qui se révèle particulièrement marquant.
Se basant sur des faits réels, Hunger raconte les conditions de détention de membres de l'IRA, dans la prison de Maze en Irlande du Nord, en 1981. Le récit se focalise sur la personne de Bobby Sands, républicain à qui on refusait le statut de prisonnier politique. Le film raconte ses conditions de vie en prison. Et sur ce plan le film est vraiment très cru. On nous montre des hommes qui sont traités comme des bêtes. Hunger ne peut que révolter le spectateur devant tant d'inhumanité.
On voit ces hommes qui sont en prison qui refusent de porter des habits de prisonniers et qui se retrouvent nus avec comme seul moyen de se protéger du froid (le film se déroule en hiver, avec de la neige visible pendant les rares moments où l'on voit l'extérieur de la prison) une unique couverture. Les cellules de ces prisons sont encore plus révoltantes. Elle sont petites et particulièrement dégouttantes. On demeure circonspect de voir que ces hommes emprisonnés doivent faire leurs peines, qui vont de 6 à 12 ans (cas de Bobby Sands), dans ces cellules. En plus, niveau intimité, c'est plus que limité, avec chaque cellule qui est habitée par deux personnes.
Dans ces conditions, la notion de respect de l'homme est bien loin d'être présente. Où sont les droits de l'homme dans tout ça ? Ils sont tout simplement baffoués comme le prouvent les moments où les prisonniers sont tabassés par les gardiens ou le moment où ils sont forcés de prendre un bain, lequel bain donne l'impression que l'on lave non pas des hommes mais des animaux.
Le film de Steve McQueen a évidemment une connotation politique. Si le personnage de Margareth Thatcher n'apparaît jamais à l'écran, en revanche on entend sa voix à deux reprises qui évoque son intransigeance. Le premier Ministre britannique ne souhaite pas accéder à la seule chose qui reste à ces hommes, c'est-à-dire leurs idéaux. Madame Thatcher ne veut pas reconnaître à ces hommes le statut de prisonniers politiques. Or, qu'ont fait de mal ces hommes ? Il n'est nullement prouvé qu'ils se soient livrés personnellement à des meurtres ou à des actes de terrorisme.
Surtout, au-delà de ces considérations politiques, le film Hunger pose des questions en terme de morale. Ainsi, dès le début du film, Steve McQueen filme de manière quasi clinique un surveillant de prison depuis son réveil le matin chez lui jusqu'à son entrée en fonction à la prison. Comme on le verra plus tard dans le film, cet homme agit comme une brute, n'hésitant pas à tabasser des prisonniers, notamment pour leur couper les cheveux. On comprendra dès lors la vie morne, déshumanisée et les remords de cet homme qui se blesse continuellement aux mains pour se calmer. Il se condamne lui-même d'une certaine façon.


La notion de morale est également présente lorsque l'on voit à un moment des policiers arriver en renfort dans la prison et qui se mettent à tapper sur des prisonniers. Le cadrage de Steve McQueen est bien réalisé puisque dans la même scène, on a l'impression que l'écran est coupée en deux (split-screen) avec d'un côté des policiers brutaux et de l'autre ce jeune policier qui a mis peu de temps pour perdre ses idéaux et qui se met à pleurer devant tant d'injustice. Car comment servir l'ordre et la justice lorsqu'on donne aux policiers des ordres injustes ? Surtout, comment ces personnes peuvent accepter sans broncher de commettre des actes indignes ?
Le réalisateur Steve McQueen offre un film sans concession où il pointe du doigt les comportements inadmissibles de ces policiers. Mais il n'en fait pas un cas général, comme l'idée de montrer ce jeune policier qui refuse d'entrer dans un tel système.
Mais la force du film n'en reste pas là. Dans toute sa deuxième partie, on va avoir droit aux derniers jours de Bobby Sands qui a décidé, avec près de 75 autres prisonniers, de débuter une grève de la faim, tant qu'on ne leur aura pas reconnu le statut de prisonniers politiques. Cette grève a comme originalité de débuter avec une personne et d'être suivie par une autre personne 15 jours plus tard. Ainsi, la grève peut durer des mois avec la survenance progressive de morts pour tenter d'infléchir la position du gouvernement britannique. C'est Bobby Sands qui explique cette manière d'agir dans le film à un prêtre dans un entretien très marquant où toutes les motivations de cet homme sont clairement évoquées. Dans cet entretien qui prend des allures de discours funèbre, les notion de morale, de suicide, de choix, d'idéal, sont mises en avant. Le personnage de Bobby Sands acquiert un statut quasi christique. D'ailleurs, la suite du film, qui montre sa grève de la faim, tend à étayer cette idée. Ainsi, on assiste aux 66 jours de grève de la faim de Bobby Sands. Le cinéaste Steve McQueen filme la lente agonie de Bobby Sands qui se caractérise par une perte de poids très importante, par une fatigue excessive, par une perte progressive de l'usage des sens, par la survenance d'horribles blessures sur tout le corps. Bobby Sands terminera d'ailleurs ses derniers jours dans un lit avec des docteurs qui se relaient jour et nuit pour l'assister dans son quotidien. On ne pourra que saluer l'incroyable performance d'acteur de Michael Fassbender (vu récemment dans le marquant Eden lake) qui a dû faire un sacré travail sur le plan physique, quand on voit la dégénérescence physique du personnage qu'il interprète à l'écran.

Hunger

Pour terminer, saluons également le fait que Steve McQueen n'omet pas dans son film de signaler que ces grèves de la faim, qui vont s'achever pour certaines par des morts, ont des répercussions autres que politiques. En effet, à plusieurs reprises, les prisonniers sont visités. Ils ont chacun une famille ou des amis qui pensent à eux. Leurs conditions de détention, leurs choix de faire cette grève de la faim sont donc d'autant plus des crèves-coeur.
Au final, Hunger de Steve McQueen est un film difficilement supportable par ce qu'il montre à l'écran mais il s'agit d'une oeuvre brillante à tous points de vue.

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08:00:00, Catégories: Nouveautés  

par Ivenpast

Dvdpascher étant le site des bonnes affaires, il est difficile de ne pas partager cette offre promotionnelle incroyable. Les fans de mangas type Cowboy Bebop ou Trigun savent que jusqu’à maintenant, pour acquérir leur série fétiche en coffret VF / VOST , il faut généralement débourser entre 40 et 80€.

Manga Distribution va, pour compenser ces prix complètement borderlines, proposer pour la mi décembre une nouvelle collection chez votre marchand de journeaux.

Chaque série se verra disponible à l’achat pour le prix unique de 19.99€ . A raison d’un coffret par mois, que ce soit dans la série « Gold » ou la série « Nostalgie » , force est de reconnaître qu’avoir l’intégrale d’Evangelion ou de Hellsing pour ce prix est plus que raisonnable.

Plus fort encore, si vous souscrivez à l’abonnement en ligne, vous recevrez chez vous directement chaque coffret au prix de 16.95€ port inclus ! Les deux collections font chacune 33 coffrets ce qui reste faisable pour n’importe quel budget. Pour les plus curieux, voici les listes complètes des deux collections (je cite le site) :

Collection Nostalgie

Collection Nostalgie

« Ranma ½ », « Théo ou la Batte de la victoire », « Rémi sans Famille », San Ku Kaï », « BT’X », « Albator 84 », « Creamy », « Jeanne et Serge », « Emi Magique », Cynthia, Laura, Sharivan, Judo Boy, Geogie, Sakura, Lamu.

Pour les autres titres, nous envisageons : « Bioman », « Tom Sawyer », « Max & Compagnie », « L’Empire des Cinq », « Shurato », « Gigi », « Vanessa », « Susy aux fleurs Magiques ».

Collection Gold

Collection Gold

« N° 1 Cowboy Bebop», « N° 2 Gungrave + Paranoia Agent», « N° 3 Rahxephon», « N° 4 Samuraï Shamploo», « N° 5 Escaflowne », « N° 6 Evangelion», « N° 7 Trigun », « N° 8 Yu Yu Hakusho vol 1 », « N° 9 Hunter X Hunter vol 1», « N° 10 Ergo Proxy », « N° 11 Yu Yu Hakusho vol 2 », « N° 12 Hunter X Hunter vol 2», « N° 13 Yu Yu Hakusho vol 3 », « N° 14 Noir », « N° 15 Kenshin vol 1 + Soul Traker», « N° 16 Surprise ***** vol 1», N° 17 Kenshin vol 2 », « N° 18 Berserk », « N° 19 Excel Saga », « N° 20 Surprise*****vol 2 », « N° 21 Kenshin vol 3 », « N° 22 Gunsword », « N° 23 Shana », « N° 24 Entre elle & lui », « N° 25 Fushigi Yugi vol 1 », « N° 26 Surprise**** », « N° 27 Captain Herlock », « N° 28 Hellsing », « N° 29 Ailes Grises », « N° 30 Fushigi Yugi vol 2 », « N° 31 Surprise **** ».

Pour ceux qui resteraient dubitatifs, je vous invite à regarder les tarifs pour les séries en question vendues à l’unité, rondelle par rondelle…. Un bon plan à priori, confirmé par le sérieux de manga Distribution.

Enfin, voici le lien :

http://www.declic-collection.fr/declic_collection_v2/index.php?script=accueil

Les tops sérigraphies et packagings devraient fuser dans les mois à venir !

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27.11.08

08:00:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

La "Troma", c'est cette société de production et de distribution de films à petits budgets largement orientés horreur et érotisme, le tout bien souvent secondé par un humour terriblement premier degré débile mais complètement assumé. La "Troma" et son président, le déjanté Lloyd Kaufman, nous ont au fil des années régulièrement gratifiés de film "cultes", comme le véritable étendard de la firme, le Toxic avenger.

Toxic avenger

Jusqu'en 2003, les titres de la "Troma" n'étaient quasiment pas disponible chez nous en DVD, et il fallut compter sur L.C.J. Editions et Sony Music Video qui lancèrent conjointement une collection d'œuvres produites ou uniquement distribuées par Lloyd Kaufman et ses amis, dont les principaux titres de gloire que sont Tromeo & Juliet, la série des Toxic avenger et autres Sgt Kabukiman N.Y.P.D.. Mais au fil du temps, ces éditions sont devenues quasiment introuvables, même si elles continuent d'apparaître sur les catalogues de certains sites de vente.

Sgt Kabukiman

Et donc, parmi les bonnes nouvelles de cette fin d'année, une réédition d'une partie de ces titres, sous l'impulsion de L.C.J. Editions, avec une première salve prévue pour le 1er décembre, comprenant de purs produits "Troma" mais également des films uniquement distribués par la firme.

Monster in the closet

C'est ainsi que nous allons pouvoir (re) découvrir le terrible Combat shock et son vétéran du Vietnam perdant complètement pied avec la réalité jusqu'à sombrer dans une folie homicide, pour un film qui détonera dans le catalogue de la "Troma" en étant sombre et nihiliste. Et comme autres titres qui ne sont que distribués par la "Troma" et dans un style bien plus léger, l'excellent Cannibal ! The musical de Trey Parker, le fondateur de "South park" viendra suivre les aventures du premier cannibale américain, entre comédie musicale délirante et gore jouissif, tandis que Monster in the closet nous conviera à un autre délire mémorable avec ce monstre investissant les placards, et The G.I. executioner, film assez obscur de Joël M. Reed datant de 1975.

Cannibal the musical

Parmi les purs produits "Troma", Mother's day réalisé par le frère de Lloyd Kaufman fera quelque peu bande à part en appartenant au genre "rape and revenge" sadique et cruel, mais teinté d'un humour noir ayant plutôt tendance à mettre mal à l'aise. Car en effet, les autres titres bénéficiant d'une réédition véhiculeront tous l'esprit "Troma", que ce soit Troma's war et son groupe de rescapés d'un accident d'avion luttant contre un groupuscule terroriste dans un délire total, le second et le troisième volet de la saga des Class of nuke'em high, films de campus déjantés et festifs, ou encore les amusants The first turn-on que l'on pourra considérer comme l'ancêtre des American pie et When nature calls et son retour à la nature farfelu, sans oublier Vegas in space et son délire grotesque définitivement assumé. Enfin, si le "Toxic avenger" sera le grand absent de cette vague de rééditions, nous pourrons retrouver son compère justicier le Sgt Kabukiman N.Y.P.D. dans des aventures forcément décapantes.

Mother's day

Donc, tout en souhaitant que L.C.J. Editions continue sur sa lancée pour nous proposer des rééditions des autres titres de la collection dédiée à la "Troma", on aura largement avec cette première salve de quoi combler nos envies de folie burlesque, parfois saignante ou sexy !

Troma

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26.11.08

08:05:00, Catégories: Nouveautés  

L’année 2009 sera Gotham ou ne sera pas. Il y a quelques jours déjà, nous vous annoncions la sortie prochaine de Batman : Mask of the Phantasm et de Batman Beyond : saison 1, ce qui restait déjà en soi deux excellentes nouvelles pour les fans de Caped Crusader. Mais la Warner ne compte pas s’arrêter en si bon chemin et sort enfin dans nos contrées le coffret de l’intégrale des Anges de la Nuit (Birds of Prey pour la version originale) dès le 3 décembre 2008.

Anges de la Nuit

Cette série plutôt méconnue chez nous car sous médiatisée par rapport à un Smallville et même à une série déjà morte sur Dick Grayson se propose de présenter en une douzaine d’épisodes une variation possible de l’Univers de Batman en réussissant le tour de force d’être passionnante sans pour autant mettre ce dernier en scène. Se basant sur un comic book d’Alan Moore, la série s’ouvre sur l’une des dernières frasques du Joker qui cloue littéralement au sol Barbara Gordon, l’obligeant de fait à renoncer à sa carrière de batgirl pour devenir Oracle. Dans le même temps, Catwoman est tuée et laisse derrière elle sa fille , fruit de ses amours avec Bruce Wayne.

Face à cette hécatombe, celui-ci part sans laisser d’adresse tandis qu’Alfred reste au service de Barbara dans une tour de guet improvisée tandis qu’Helena qui a bien grandi entame une carrière de justicière. Arrive alors un flic moins corrompu que les autres et une nouvelle fille douée de pouvoirs télékinésiques (entre autre) ….

Lorgnant tout à la fois du côté de sa propre écurie (DC) et sur celle de la concurrence (Marvel) , nonobstant un petit coup d’œil sur ce qui se faisait à la télévision alors (Dark Angel, Mutant X et j’en passe) , Birds of prey parvient à se créer une identité propre, à grand renfort de méta humains du jour (c’est ainsi que la série appelle les personnages à pouvoirs ) tout en proposant des personnages attachants et assez fouillés psychologiquement parlant. A tout ceci, il reste légitime d’ajouter un traitement des décors assez respectueux du style mis en place par Tim Burton au cinéma et un fil rouge magnifique effectuant une continuité sans borne avec le Diniverse, puisque la bad guy de la série est Harley Quinn Herself, et que cette dernière , sans le garde fou qu’était le Joker, démontre une envie certaine de faire de Gotham son univers.

Cette série donc mérite d’être redécouverte , sans compter un casting juste tant au niveau des acteurs que des personnages fictifs (Clayface étant lui-même de la partie dans un épisode charnière).

Si la Warner continue sur cette voie, les mois à venir vont être riches en surprise. Peut être auront nous alors droit à l’édition deluxe de The Dark Knight et pourquoi pas même à des sorties Z2 de Superman Doomsday, Batman Gotham Knight, Justice league the new Frontier et pourquoi pas même Wonder Woman ? Wait and see….

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08:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Catacombs

C'est uniquement du côté de ses décors qu'il faudra espérer trouver une quelconque originalité dans ce Catacombs à l'intrigue simpliste et encore mis à mal par une réalisation régulièrement irritante.
Le script envoie dans les catacombes parisiennes deux sœurs américaines se rendant à une "rave party" sans se douter qu'un assassin arpente les lieux.

CatacombsAprès un petit texte nous informant de l'histoire des catacombes situées sous Paris, le métrage va avancer un générique mêlant des images d'une "rave party" à celles d'une jeune femme courant dans les tunnels et poursuivie par un mystérieux individu qui aura raison d'elle, pour une mise en condition plutôt réussie, avant que le métrage ne nous présente son personnage principal, Victoria, une jeune américaine débarquant à Paris suite à l'invitation de Carolyn, sa sœur déjà sur place. Passée une petite halte à la douane qui sera caricaturale sur l'état d'esprit des douaniers français inquisiteurs se gaussant en outre sans raison de l'héroïne, Victoria va donc retrouver sa sœur et se rendre avec elle en taxi jusqu'à son appartement, laissant alors les deux réalisateurs nous gratifier de quelques vues typiques de Paris, avant de plonger les deux sœurs dans l'immeuble sordide où habite Carolyn, celle-ci s'amusant même à raconter une histoire de serial-killer ayant vécu sur place pour effrayer Victoria et permettant aux auteurs de visualiser les fruits de l'imagination de Victoria pour quelques petits plans sanglants de bonne augure.

CatacombsMais après un effet de surprise navrant de bêtise introduisant les amis de Carolyn, les deux sœurs vont aller faire du shopping dans Paris, laissant encore un aspect "carte postale" accaparer le métrage quelques temps, avant que nos héroïnes se rendent à une soirée techno clandestine donnée dans les catacombes parisiennes que nous aurons le loisir de suivre quelques instants au cours de plans saccadés irritants et stéréotypés avançant des individus farfelus jusqu'à ce que Victoria, Carolyn et leurs amis choisissent de s'isoler un peu pour boire un verre, laissant Jean-Michel, l'organisateur de la soirée, raconter à Victoria une légende concernant un enfant élevé dans les catacombes par des satanistes et errant depuis dans les tunnels à la recherche de victimes, histoire que nous visualiserons par de courts plans syncopés assez graphiques.

CatacombsPuis le petit groupe va décider d'aller se baigner laissant seule Victoria sur la berge et après quelques moqueries, celle-ci va décider d'aller rejoindre la "party" accompagnée par sa sœur, pour tomber dans les griffes d'un meurtrier coiffé d'un masque de bouc qui va tuer Carolyn et poursuivre Victoria dans les multiples couloirs des catacombes. Véritablement lancée, l'intrigue ne va pas pour autant laisser seule Victoria bien longtemps puisqu'elle va réussir à rejoindre la "rave party" bientôt précocement achevée par l'arrivée en nombre de la police, renvoyant ainsi Victoria avec la foule dans les tunnels où, dans sa fuite, elle va se cogner la tête pour se réveiller désespérément seule et complètement perdue, mais pour combien de temps ?

CatacombsA partir de ce postulat de base intéressant, les deux réalisateurs ne vont hélas développer que des situations communes et donnant très vite l'impression de tourner en rond pour suivre caméra à l'épaule d'abord la fuite de Victoria puis son errance dans les tunnels qu'une rencontre fortuite ne rendra guère plus motivante en ne proposant que des situations classiques, prévisibles et sommaires pour gentiment nous amener à un premier twist facilement anticipable que viendra compenser quelque peu un final plus méchant et enfin quelque peu saignant puisque passés les petits coups d'éclats de la première partie le métrage demeurera désespérément sage au niveau gore.

CatacombsHeureusement les décors magnifiques de ces catacombes aux murs ornés de crânes humains viendront donner au film un petit côté macabre appréciable, tout en laissant sporadiquement une atmosphère claustrophobe s'installer et qui viendra s'ajouter à la barrière de la langue qui isolera dès le départ de manière avérée et parfaitement retranscrite Victoria des autres protagonistes. Dans ce contexte l'assassin du film n'aura qu'une toute petite présence à l'écran, ce qui sera quand même dommage à la vue de son look performant et de ses cris rauques surpuissants, mais surtout il ne fera pas beaucoup de victimes (deux...), handicapant d'entrée le métrage au niveau plans sanglants.

CatacombsLes personnages seront ici plutôt transparents, à l'exception de Victoria dont la personnalité largement à l'opposé de celle de sa sœur sera mise en avant avec en toile de fond un caractère introverti couplé à une névrose jamais clairement annoncé et juste sous-entendue par ces nombreuses pilules contenues dans son sac de voyage inspecté par les douaniers. De ce fait, l'interprétation ne brillera pas par son charisme, et aussi bien Alecia Moore (connue comme chanteuse sous son nom de scène Pink) que les autres acteurs seront bien fades laissant seule Shannyn Sossamon (déjà vue dans Le purificateur et bientôt à l'affiche du remake One missed call d'Eric Valette) dans le rôle de Victoria paraître réellement impliquée.

CatacombsLa mise en scène du duo de réalisateurs est mitigée, parfois plutôt convaincante pour suivre les déboires de Victoria en utilisant des effets classiques mais toujours efficaces (l'écran noir et les éclairages alternatifs) et un rythme vif bien maîtrisé pour alimenter le petit suspense qui accompagnera ces séquences mais la réalisation sera aussi régulièrement trop hachée et épileptique, notamment pour les plans suivant la "rave party" qui finiront pas donner mal au crâne et à faire mal aux yeux avec ces éclairages agressifs insistants. Les quelques petits effets spéciaux sanglants du métrage sembleront probants dans la mesure où la caméra ne s'attardera pas dessus pour clairement paraître trop soft à ce niveau-là.

Donc, ce Catacombs ne fera pas date dans le genre et relèvera même du gâchis à la vue des possibilités offertes par des décors somptueux et une intrigue qui aurait largement pu s'ouvrir vers d'autres directions moins conventionnelles et rabâchées.

CatacombsLe DVD de zone 2 anglais édité par Lions gate UK bénéficiera d'une image nette et ne connaissant pas de défaut notables, tandis que la bande-son sera efficace en étant adaptée et dynamique tout en sachant se montrer discrètes lors de certains temps forts du métrage, le métrage étant ici proposé en version anglais avec des sous-titres anglais optionnels.
Par contre, au niveau des bonus il faudra se contenter de quelques bandes-annonces d'autres titres de l'éditeur (Saw 3 bien évidemment mais aussi celle du Fragile de Jaume Balaguero).

Pour ceux qui voudraient se plonger dans les catacombes parisiennes en compagnie de l'héroïne, le DVD de zone 2 anglais est disponible ici ou !

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25.11.08

08:05:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Satan's blood

Nous venant d’une Espagne se libéralisant fortement après la fin du franquisme à la fin des années soixante-dix, ce Satan’s blood mettra surtout en avant l’aspect érotique de son intrigue satanisme parfois confuse mais riche en séquences osées et en références démoniaques.
Le script va placer entre les griffes de deux satanistes un couple qu’ils vont inviter dans leur demeure isolée dans le but caché de les initier à leurs messes noires orgiaques.

Satan's bloodAprès un petit monologue d’un spécialiste de l’occulte sur la véracité de l’existence du Mal mise en corrélation avec celle du Bien, le métrage va avancer une séquence pré-générique forte et déjà sensuelle pour suivre une demoiselle se faire violer par un prêtre sataniste sous le regard de ses disciples avant que ce dernier ne sorte un couteau, pour nous laisser uniquement deviner ses intentions puisque cette scène s’arrêtera là. Ensuite, le métrage va nous présenter ses deux personnages principaux, Andy et Anna, un couple en week-end s’ennuyant raisonnablement en n’arrivant pas à joindre le moindre de leurs amis pour finalement décider d’aller faire un tour dans un parc avec leur berger allemand ainsi qu’une ballade en ville.

Satan's bloodCe sera au retour de cette promenade, arrêtés à un feu rouge, qu’ils vont être harangué par le couple occupant la voiture à côté de la leur et surtout par un certain Bruno qui semblera connaître Andy puisqu’il affirmera avoir été au collège avec lui et s’empressera d’inviter Anna et Andy à venir boire un verre chez eux. Après un trajet qui semblera interminable, les deux voitures vont quitter la ville pour prendre une toute petite route de campagne qui débouchera sur la villa isolée de Bruno et de sa compagne Berta. D’entrée, le métrage rendra cette rencontre "fortuite" bizarre en plaçant différents petits indices étranges qui pourtant ne viendront pas perturber plus que cela Andy et Anna, même quand ils verront leur adresse écrite derrière une vieille photo de classe montrée par Bruno.

Satan's bloodMais auparavant l'intrigue aura pris soin de placer les personnages dans cette demeure perdue au milieu de nulle part et avançant un air sinistre avéré, surtout que l'intérieur sera riche en symboles d'origine sataniste que les invités ne sembleront pas remarquer et en tout cas cela ne les gênera pas, Anna trouvant même amusant un livre décrivant photos à l'appui des rites démoniaques. Et rapidement la conversation dévira vers le surnaturel et Berta proposera un petite séance de ouija qui offrira au métrage une séquence certes troublante mais languissante jusqu'à devenir quelque peu fastidieuse (surtout que les questions posées à l'esprit présent seront quand même largement saugrenues), qui clôturera la soirée, Anna et Andy ne pouvant pas rentrer chez eux avec l'orage grondant au dehors de peur de se perdre.

Satan's bloodAprès une autre petite scène érotique dans la salle de bains, Andy et Anna vont donc se coucher mais Anna, réveillée par les aboiements de son chien venant de l'extérieur, va se relever et arpenter la demeure pour finalement être agressée par un inconnu déjà vu plusieurs fois dans la maison sans que l'on sache qui il peut bien être qui va tenter de la violer mais Anna réussira à s'enfuir et à rejoindre Andy. Le couple désireux d'avoir des explications va quitter sa chambre à la recherche de bruno et de Berta pour tomber sur eux en pleine messe noire sexuel et, envoûtés, ils vont y participer pour ce qui sera La séquence du métrage.

Satan's bloodEn effet, le réalisateur va nous offrir une longue séquence érotique où les corps huilés des quatre personnages vont se mêler dans tous les sens pour une orgie des sens volontaire et presque même provocatrice avec ses références religieuses fortes, tel ce tableau du Christ prenant feu, mettant ainsi en avant la présence silencieuse du Malin. Mais malgré le côté osé évident de cette séquence, le réalisateur parviendra à éviter de tomber dans le graveleux ou l'obscénité en avançant un esthétisme fort et troublant. Mais hélas, passé ce temps fort remarquable, le métrage sombrera dans la confusion pour laisser le piège se refermer sur Anna et Andy, au travers de situations souvent prévisibles (la voiture qui ne démarre pas, par exemple) et pas vraiment claires, notamment dans son dernier acte, largement influencé par le "Rosemary's baby" de Roman Polanski auquel le métrage se référera régulièrement, notamment en insistant sur le début de grossesse d'Anna, sans que cela ne vienne le moins du monde prendre part au déroulement propre de l'intrigue.

Satan's bloodPar contre, pour réussir à rentrer dans le film, il faudra que le spectateur accepte le rythme languissant imposé par le réalisateur qui s'attardera sur chaque des situations, parfois de manière justifiée pour laisser paraître la menace sourde qui pèsera sur Andy et sur Anna, mais hélas souvent aussi de façon pas franchement utile, comme le prouveront ces séquences de dialogue anodins qui parcourront le métrage, tout en n'évitant pas également une certaine redite dans les événements. Mais cela ne viendra pas occulter l'ambiance sinistre et parfois même malsaine qui accompagnera l'ensemble, portée par ces nombreux détails liés au Mal et au satanisme, et même si cela se fera dans un élan folklorique évident.

Satan's bloodL'interprétation sera ici plutôt cohérente, avec des acteurs concernés par leur rôle, tandis que la mise en scène du réalisateur confortera l'atmosphère étrange et sensuelle entourant le métrage, aussi bien pour affirmer les scènes érotiques régulières que pour respecter ses engagements sataniques débridés, tout en nous offrant quand même une dernière séquence bien sadique et violente mais qui ne viendra pas pour autant faire toute la lumière sur l'intention de la seconde moitié du film. Les quelques effets spéciaux sont plutôt rudimentaires mais feront leur petit effet (le corps déchiqueté dans le congélateur, par exemple).

Donc, ce Satan's blood pourra rebuter certains spectateurs par son faux rythme mais réussira invariablement à envoûter les autres par sa démence dans la perversion satanique !

Satan's bloodLe DVD de zone 0 édité par Mondo Macabro avancera une image plutôt nette et ne connaissant pas de défaut flagrants, tandis que la bande-son sera efficace, avec une partition musicale collant parfaitement à l'ambiance globale du film, le métrage étant ici proposé en version originale espagnole sous-titrée en anglais et en version anglaise.
Au niveau des bonus, on pourra lire un petit laïus sur la genèse du film et l'histoire du classement "S" en Espagne, plusieurs galeries de photos assez conséquentes, une séquence d'ouverture alternative, mais surtout un passionnant documentaire sur la relation entre la satanisme et le cinéma de genre, "The devil's disciples" donnant la parole à Gavin Baddeley, un érudit du satanisme.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette petite perle du cinéma érotico-fantastique espagnol, le DVD de zone 0 est disponible ici ou !

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08:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Happy hell night

Petit "slasher" oublié des années quatre-vingt-dix sans grande envergure, ce Happy hell night parviendra quand même à se montrer graphique et aura le mérite d'avancer un meurtrier (une sorte de goule) très visuel.
Le script confronte une bande de lycéens à un prêtre revenu d'entre les morts suite à un rituel effectué par les membres d'une confrérie estudiantine.

Happy hell nightCalibré, le métrage va suivre à la lettre les règles du genre pour d'abord avancer une séquence se voulant angoissante au cours de laquelle un infirmier d'un hôpital psychiatrique va montrer à l'une de ses collègues une ombre recluse dans une cellule depuis vingt-cinq ans, pour bien entendu effrayer cette demoiselle. Ensuite, l'intrigue fera un bond en arrière de vingt-cinq ans pour la traditionnel flash-back d'ouverture qui suivra un jeune homme ensanglanté allant réveiller un prêtre pour le conduire sur les lieux d'un carnage, un crypte où a eu lieu une sorte de bizutage qui a mal tourné et ramené d'entre les morts un autre prêtre Zachary Malius, qui se sera empressé de massacrer les jeunes présents, comme nous le montrera une caméra s'attardant sur les détails de ces corps en charpie.

Happy hell nightDe retour au présent, le métrage va nous présenter ses personnages, quelques lycéens préparant la fête d'Halloween au sein de leur confrérie estudiantine et notamment trois de ses membres, Sonny, Eric, le maître de la confrérie et Bara qui s'occupe de la télévision locale du campus. Cette mise en situation des personnages restera lourdingue et guère palpitante, notamment en avançant l'éternel triangle amoureux puisque Sonny va faire des galipettes avec Liz, la petite amie d'Eric qui va découvrir le pot aux roses. C'est dans ce contexte que la confrérie va avoir vent de la "légende" de Zachary Malius et Eric va envoyer Sonny et un novice prendre des photos de Malius à l'asile psychiatrique.

Happy hell nightL'expédition à l'asile va installer un petit suspense basique lorsque les deux jeunes vont tenter de s'y introduire sans se faire repérer avant de véritablement déclencher l'action puisque Malius, pourtant décrit auparavant comme quelqu'un n'ayant pas bougé ni mangé depuis vingt-cinq ans, va se mettre en mouvement et s'abattre sur les jeunes pour tuer le novice et ne laisser à Sonny que le temps de s'enfuir. La "résurrection" de Malius nous offrira une scène assez flippante dans sa mise en scène s'appuyant aussi bien sur les décors humides et glauques de sa cellule que sur un montage haché pour suivre ce personnage très graphique se lever de sa chaise poussiéreuse.

Happy hell nightEt bien entendu Malius va se diriger vers la fête donnée par la confrérie pour Halloween afin de décimer une partie du casting lors de quelques séquences de meurtres qui vont s'enchaîner sans aucun temps morts, directement les unes derrière les autres, nous gratifiant au passage de quelques effets sanglants rapides mais efficace puisque Malius maniera son petit piolet avec virtuosité. Cherchant à se donner un peu de profondeur, l'intrigue va alors mêler au débat un vieux prêtre, celui qui a découvert le massacre de l'introduction, et le père de Sonny, le seul rescapé de cette même introduction, permettant ainsi au métrage de mettre en avant le côté surnaturel de l'intrigue, notamment lors d'une séquence blasphématoire qui verra un Christ en plâtre prendre vie sur sa croix pour un effet surprenant et très réussi.

Happy hell nightLa dernière partie du film donnera lieu à une partie de cache-cache au siège de la confrérie, agrémenté d'un des personnages (Bara) qui suivra derrière les caméras de surveillance les déplacements du tueur pour en informer ses amis, pour utiliser les lieux communs du genre et même carrément repiquer à l'identique une des situations du Halloween de John Carpenter avec l'assassin qui, allongé au sol après un vol plané au travers d'une fenêtre du premier étage, aura disparu lorsque les personnages regarderont à nouveau par cette fenêtre. L'issue du métrage alimentera encore l'élément fantastique pour achever ce meurtrier lors d'un final prévisible mais plutôt volontaire (le meurtrier pris dans un piège n'hésitera pas par exemple à se couper un bras pour espérer s'en sortir) avant qu'un dernier clin d'œil amusant ne vienne présager l'éventualité d'une potentielle suite... qui ne viendra jamais !

Happy hell nightSi les différents personnages resteront désespérément superficiels et plutôt stéréotypés (seul ce Bara voyeur et amateur de films pornographiques sera un brin souriant, exposant ainsi quelque plans assez osés qui viendront s'ajouter à l'érotisme léger déjà présent dans le métrage), le boogeyman du film assurera à lui seul le spectacle en avançant une tronche pas possible, diabolique et très visuelle, alors qu'en plus il ponctuera chacun de ses crimes par une petite phrase sardonique ironique puisque se référant aux pêchés de l'église. Et donc on pourra regretter son peu de temps de présence à l'écran, essentiellement situé dans la seconde moitié du métrage.

Happy hell nightL'interprétation est cohérente mais sans aucun charisme autre que celui de Charles Cragin dans le rôle du tueur, tandis que la mise en scène du réalisateur (qui ne signera après ce film que le pas terrible Brainscan) est classique pour alimenter le suspense minime qui accompagnera le métrage et pour modérer ses petits effets de surprise incluant notamment de nombreux mannequins chauves ressemblant au tueur dans les arrières plans comme autant de fausses menaces. Les effets spéciaux seront globalement probants, pour des plans gores réguliers et assez volontaires, mais sans non plus tomber dans la démesure ou la surenchère à ce niveau-là.

Donc, ce Happy hell night se suivra sans déplaisir grâce à sa seconde partie plutôt généreuse et surtout grâce à son meurtrier au faciès très visuel, mais ne laissera bientôt aucune trace dans la mémoire de son spectateur.

Happy hell nightLe DVD de zone 1 édité par Anchor Bay avancera une image assez nette mais parfois granuleuse et perdant quelques petits détails lors de ses séquences se déroulant dans l'obscurité, tandis que la bande-son sera appréciable par sa partition musicale parfois bien impactante lors des temps forts du métrage, ce qui compensera sa prédominance parfois gênante lors des séquences de dialogues, rendant certains de ceux-ci presque inaudibles, le métrage étant ici proposé dans sa version originale anglaise, sans aucun sous-titre.
Par contre, au niveau des bonus, il faudra uniquement se contenter de la bande-annonce du film.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce meurtrier charismatique, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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24.11.08

08:05:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Musée haut, musée bas
Réalisateur : Jean-Michel Ribes
Avec : Michel Blanc, Victoria Abril, Pierre Arditi, Josiane Balasko, Isabelle Carré, André Dussollier, Gérard Jugnot, Philippe Khorsand, Valérie Lemercier, Fabrice Luchini, Yolande Moreau, François Morel, Dominique Pinon, Daniel Prévost, Muriel Robin, Evelyne Bouix, Pierre Lescure, Jean-Michel Ribes...
Durée du film : 1h33
Date de sortie en salles : 19 novembre 2008

Par Nicofeel

Musée haut, musée bas

Avec Musée haut, musée bas, Jean-Michel Ribes adapte sa pièce à succès. En venant au cinéma, on aurait pu craindre que le résultat de l’adaptation de cette pièce soit plus proche d’un téléfilm que d’un film. Heureusement, il n’en n’est rien. Jean-Michel Ribes profite du cinéma pour nous donner un certain rythme à son film, avec notamment des mouvements que l’on ne retrouve quasiment que sur le grand écran (mouvements à la grue en particulier).
Au niveau du film en lui-même, ils montrent une variété de personnes, venues au musée André Malraux, pour voir des œuvres artistiques. A l’image de la société, on a droit à de multiples comportements.
Jean-Michel Ribes semble prendre un certain plaisir à s’attaquer aux gens qui fréquentent les musées. Il y a par exemple les étrangers qui sont fustigés pour leur côté inculte : ainsi, tel est le cas des Anglais dans le film qui n’arrivent même pas à prononcer le nom de Gauguin ; il y a les Allemands qui sont dès le départ pressés d’en finir et qui font une visite du musée au pas de course ; il y a les Japonais qui prennent des photos de tout ce qu’ils voient. Il y a enfin un couple dont la femme est joué par Victoria Abril qui fait preuve d’une inculture assez incroyable avec notamment l’incompréhension qui a lieu quant à la notion d’œuvre qui reste de manière permanente ou non au musée.
Les Français en prennent aussi pour leur grade. Il y a ceux qui cherchent à voir précisément un artiste et qui sont excédés de ne pas le voir directement : tel est le cas du personnage joué par la comique Muriel Robin. Il y a également les personnes qui ne connaissent rien à l’art et qui critiquent ouvertement des grands maîtres sans avoir la moindre idée de leur œuvre : tel est le cas par exemple de la famille dont l’épouse ne supporte pas Picasso. Il y a aussi les gens qui s’extasient devant tout et n’importe quoi, comme c’est le cas du personnage joué par Isabelle Carré.

Musée haut, musée bas

D’ailleurs, Jean-Michel Ribes en profite pour critiquer ouvertement l’évolution de la notion d’art ou d’œuvre reconnue dans la société. Comme le dit l’un des personnages dans le film, ce qui fait une œuvre d’art, c’est nous, à savoir les membres d’une société. Ce qui peut sembler être du vide aux yeux de certains sera une grande œuvre pour d’autres. Cette notion d’œuvre d’art est donc parfois toute relative. C’est notamment l’art contemporain qui fait l’objet de certaines critiques. C’est le cas notamment dans le film avec quelques créations qui sont exposées dans le musée qui peuvent paraître vraiment ridicules : tel est le cas de la galerie où sont photographiées de nombreux sexes d’hommes ; la galerie où sont exposées des reproductions de mammouths ; la création faite à base de bouteilles en plastique, ou encore la prochaine exposition qui devrait avoir lieu concernant l’art africain.

Jean-Michel Ribes critique également le politiquement correct qui a lieu depuis plusieurs années avec l’écologie qui est désormais la préoccupation de tous. Par le biais du conservateur du musée, joué par un très amusant Michel Blanc, l’écologie est mise à mal. Comme s’il s’agissait d’un recul de la société. Evidemment, le trait est grossi mais sur le fond le réalisateur du film n’a pas forcément tort. L’écologie est certes importante mais on en fait peut-être un peu trop.
Dans tous les cas, avec Musée haut, musée bas, Jean-Michel Ribes fustige les comportements des personnes qui se rendent au musée. Servi par une pléiade d’acteurs connus (citons entre autres Michel Blanc, Victoria Abril, Pierre Arditi, Josiane Balasko, Isabelle Carré, André Dussollier, Gérard Jugnot, Philippe Khorsand, Valérie Lemercier, Fabrice Luchini, Muriel Robin) qui en font des tonnes, le film réserve des moments très drôles. C’est par exemple le cas lors des apparitions de Victoria Abril, qui joue le rôle d’une femme qui ne connaît nullement les œuvres unanimement reconnues ; la conversation entre une femme et des gardiens de musée (galerie réservée aux mammouths) sur la notion d’art ; le moment très drôle où André Dussollier, qui joue le rôle du ministre de la culture, fait dans le politiquement correct lorsqu’il tombe sur la galerie où sont exposées des photographies de sexe alors qu’il considère cela comme parfaitement ridicule ; le moment où des personnes sont isolées dans une pièce et participent à une culture qui se crée par leur biais en direct. C’est pour ma part un des moments les plus amusants du film, montrant à quel point la notion de culture a été tellement élargie de nos jours que l’on peut y ranger tout et n’importe quoi.
Cependant, à mon sens, le film de Jean-Michel Ribes est assez inégal. Plusieurs gags ne sont pas drôles et certains se révèlent même assez agaçants comme l’insistance du mot Gauguin dans le rapport entre le guide et les visiteurs anglais ; les élèves qui viennent au musée et ne cessent de crier ; le rapport entre le personnage joué par Isabelle Carré qui ne cesse de s’émerveiller de tout ce qu’elle voit alors que dans le même temps son compagnon à l’écran, joué par Pierre Arditi, ne cesse de faire la tête et en a dès le départ raz-le-bol d’être dans ce musée.
De plus, à mon sens, le film part complètement en vrille à la fin avec son côté quasiment apocalyptique. En fait, ce qui dessert le film, c’est la redondance ou l’excès de certaines scènes. Le réalisateur Jean-Michel Ribes a trop joué sur la répétition de scènes et il a trop grossi le trait par instants. Du coup, son film s’essouffle sérieusement et tire en longueurs.
Au final, Musée haut, musée bas, est une comédie inégale qui réserve tout de même plusieurs moments assez drôles.

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08:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Tombs of the blind dead

Premier volet de la tétralogie dédiée aux templiers morts-vivants du réalisateur espagnol Amando de Ossorio, ce Tombs of the blind dead (connu chez nous sous le titre La révolte des morts-vivants) privilégiera une ambiance macabre et parfois presque surréaliste au service d’une intrigue assez classique mais présentant des morts-vivants dont la singularité viendra de leurs origines.
Le script suit l’enquête d’une demoiselle et d’un homme de ses connaissances suite à la disparition de Virginia, une amie à elle, disparue près d’un village aussi abandonné que réputé hanté.

Tombs of the blind deadAprès un générique très réussie promenant la caméra dans ce village déserté et décrépi avec pour fond une musique envoûtante se terminant par les cris d’une femme à la vue d’une main squelettique, le métrage va nous présenter son personnage principal, Betty, une demoiselle se promenant autour d’une piscine, où elle va rencontrer une ancienne camarade d’école, Virginia et Roger, un ami à elle. Après quelques palabres, le trio va se donner rendez-vous le lendemain pour une escapade hors de Lisbonne. Très rapide, cette introduction permettra ensuite au métrage de donner un peu de profondeur à ses protagonistes lorsque nous les retrouverons à bord d’un train où Betty, sans gêne va ouvertement draguer Roger sous les yeux de Virginia, irritant celle-ci au point de la faire quitter le compartiment pour aller prendre l’air au bout du train, bientôt rejointe par Betty avec qui elle va se remémorer un épisode trouble de leur adolescence commune puisqu’elles se seront livrées à un ébat saphique visualisé lors d’un court flash-back sulfureux mais prude.

Tombs of the blind deadMais bientôt Virginia, sans doute jalouse de la connivence de ses deux compagnons, va quitter précipitement le train en sautant de celui-ci en marche, chose rendue possible par la lenteur de ce tortillard, avant de s’enfoncer dans la prairie. Roger et Betty vont vouloir faire stopper le train, mais, à la vu de ruines au loin, le conducteur, effrayé, va refuser de s’arrêter, créant ainsi un sentiment de menace autour de l’avenir de Virginia, d’autant que celle-ci va bien entendu aller visiter les ruines, nous faisant par la même occasion découvrir l’étendue de cet endroit dominé par un vieux cimetière sinistre, pour finalement décider de s’y installer pour passer la nuit.

Tombs of the blind deadMauvaise idée bien sûr, puisque, alors qu’elle aura fait du feu et se sera "confortablement" installée dans son sac de couchage à l’intérieur d’un des bâtiments, la cloche du village va retentir, sonnant le réveil des templiers morts-vivants qui vont s'extirper de leurs tombeaux lors d'une séquence splendide, macabre et profitant de cette ambiance sonore parfaitement adaptée pour aller attaquer Virginia qui malgré sa tentative de fuite sur un des chevaux des templiers, sera rattrapée. Cette première apparition des morts-vivants sera tout simplement magnifique, avec en plus ce décalage de vitesse les faisant évoluer dans un ralenti presque surréaliste et onirique qui les rendra encore plus impressionnant (la poursuite à cheval) avec déjà un look terriblement graphique les faisant même ressembler à la Mort elle-même avec leur capuchon recouvrant leurs visages squelettiques, et tandis que la sortie de leur tombeaux sera efficace dans cette atmosphère brumeuse adéquate.

Tombs of the blind deadN'ayant pas de nouvelles de Virginia, Betty et Roger vont aller mener l'enquête en partant de leur hôtel à cheval, pour rejoindre les ruines où ils vont découvrir les affaires de Virginia et surtout deux policiers qui vont leur apprendre la mort de leur amie, retrouvée en plein champ, mordue de partout et vidée de son sang. Après une séquence d'identification du corps de Virginia qui sera rendue savoureuse par l'apparent plaisir que prendra le gardien de la morgue à d'abord dévoiler un autre cadavre à une Betty déjà bien mal à l'aise, l'intrigue va continuer à suivre l'enquête des deux protagonistes, d'abord par le témoignage de l'assistante de Betty dans son atelier de confection de mannequins pour les magasins d'habillement qui originaire de la région, va les initier à la légende des templiers, avant qu'un expert en la matière ne les renseigne plus précisément sur l'origine de ce templiers, au cours d'un second flash-back, qui adeptes des forces du Mal, auront sacrifié de jeunes vierges (sacrifice qui sera visualisé pour une séquence sadique et quelque peu sanglante convaincante) avant d'être pendus sur la place publique, laissant ainsi des corbeaux venir leur manger les yeux. Ce spécialiste en la matière semblera largement croire à la légende et préviendra même ses interlocuteurs que le seul moyen d'échapper aux templiers est de ne pas faire de bruit car ceux-ci, aveugles, se repèrent avec les sons.

Tombs of the blind deadEnsuite, après ces situations intéressantes mais guère rythmées rehaussées par la résurrection de Virginia qui donnera lieu à un autre meurtre et à une bagarre dans l'atelier de confection de mannequins entre l'assistante de Betty et le cadavre animé de Virginia, l'intrigue va renvoyer Roger et Betty dans les ruines pour une dernière nuit d'horreur, en compagnie de deux personnages un peu lourdement avancés, dans le but de vérifier la véracité de la légende. Evidemment, ils en seront largement pour leurs frais lorsque la cloche va retentir, pour un dernier acte qui avancera à nouveau ces templiers squelettiques pour d'autres situations assez graphiques et toujours aussi admirables dans leur agencement, avant qu'un final plus saugrenu mais démonstratif ne vienne clore l'ensemble.

Tombs of the blind dead L'intrigue aura parfois tendance à s'éparpiller quelque peu inutilement, avec des sous intrigues qui n'apporteront au final que peu de choses (la relation trouble entre Betty et Virginia), tout en proposant des situations annexes purement gratuites mais délectables ( la réapparition d'une Virginia morte-vivante) et en disposant de protagonistes quasiment inutiles (le couple qui accompagnera Roger et Betty lors de la dernière partie bien superficiel et qui n'offrira au métrage qu'un brin de perversité avec cet accouplement plus ou moins forcé au milieu des tombes), mais ces digressions seront bien nécessaires pour meubler l'ensemble entre les deux temps forts clairement identifiés composés des séquences mettant en scène les templiers.

Tombs of the blind deadL'interprétation est cohérente mais sans réel charisme devant la caméra, tandis que la mise en scène d'Amando de Ossorio sera convaincante, avec l'utilisation d'un éclairage qui rendra ces ruines largement menaçantes, tandis que les effets de ralenti agrémentant les déplacements des templiers seront envoûtants.
Les effets spéciaux sont globalement réussis, avec ces remarquables morts-vivants décharnés ayant un effet évident en étant tout simplement effrayants, tandis que les quelques écarts sanglants du métrage offriront des effets certes faciles et parfois disgracieux (les coups d'épées dans la poitrine de la suppliciée du second flash-back), mais généreux pour l'époque.

Donc, ce Tombs of the blind dead offrira un spectacle globalement efficace et captivant, rendu très photogénique par ses templiers morts-vivants originaux et remarquables.

Tombs of the blind deadLe DVD de zone 2 édité par Anchor Bay avancera une image claire et débarrassée de ses défauts d'origine, tandis que la bande-son sera particulièrement efficace grâce à une partition musicale ensorcelante, le métrage en ici proposé en version espagnole agrémentée de sous-titres anglais.
Au niveau des bonus, on pourra consulter une large galerie de photos, d'affiches et de Lobby cards du film, ainsi que les bandes-annonces des quatre titres de la franchise des templiers et une séquence d'ouverture ahurissante et incroyable d'opportunisme destinée au marché américain et essayant de relier le métrage à La planète des singes pour surfer sur le succès de ce film.

Pour ceux qui voudraient rencontrer ces templiers maudits et terriblement graphiques, le DVD de zone 2 anglais est disponible ici ou dans le coffret regroupant l'intégralité de la franchise !

Tombs of the blind dead
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21.11.08

08:00:00, Catégories: Nouveautés  

batman logoAvis à tous les fans de Batman ! Pour accompagner la sortie dvd des multiples éditions de The Dark Knight de Christopher Nolan, la Warner met les petits plats dans les grands et nous offre une arlésienne longtemps convoitée et seulement réalisable via l’import , la sortie simultanée de Batman contre le fantôme masqué et de la première saison avec piste audio en version française de l’excellente série Batman Beyond (Batman la relève dans nos contrées).

La date officielle reste pour le moment le 4 février 2009.

Pour mémoire, Batman contre le fantôme masqué propose de se replonger dans la jeunesse de Bruce Wayne et de voir une des nombreuses interprétations modernes qui ont fait de lui le Batman du Diniverse. Machinations, pègre, Joker et autre Beaumont sont de la partie dans une histoire mélangeant avec astuce passé idéaliste et présent douloureux. La version française, encore inédite sur le support serait présente en remplacement de la version québéquoise disponible sur le zone1.

Batman Beyond revient quand à elle sur le futur de Batman. Alors que Bruce Wayne porte encore le costume lors d’un casse et d’une prise d’otage, ce dernier est victime d’un malaise cardiaque qui le conduit à sauver sa vie en ayant recours à une arme. Ecoeuré par cette option désespérée, il raccroche alors le masque pendant plusieurs dizaines d’années avant que ne surgisse dans sa vie Terry McGinnis qui va reprendre le flambeau contre toute attente pour venger la mort de son père ….
Série d’anticipation prenant une liberté totale avec l’univers des comics, Batman Beyond réussira à se créer un monde cohérent et unique dans lequel les Batman de la JLU et de la JLA (autres séries toujours attendues dans nos contrées) et un certain Static feront quelques apparitions dans des doubles épisodes temporels fameux.

Les bonus devraient être les mêmes que sur les zone 1 , sous titres en sus of course.

La seule question reste de sa voir si les packagings originaux seront conservés ou si nous auront droit à l’affreux travail d’édition de Warner Belgique qui avait remplacé les luxueux fourreaux par d’horrible dvd slims.

Quand à une sortie française de Batman : Gotham Knight, vu que le début 2009 sera incontestablement placé sous le signe de la chauve souris, on peut commencer à espérer, qui sait …

Batman et le fantôme masqué

Batman et le fantôme masqué
Alapage à 4.98€
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Batman la relève : Saison 1

Batman la relève : Saison 1
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The Dark Knight

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07:55:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

SL8N8

Coproduction entre la Belgique et la Hollande, ce SL8N8, abréviation phonétique de "Slacht nacht" qui trouvera sa justification dans les développements du métrage, est connu à l'international sous le titre de Slaughter night et vient nous prouver que le Benelux peut lui aussi nous fournir des œuvres horrifiques performantes, tant au niveau d'une intrigue recherchée quant à l'origine et aux motivations de son assassin surnaturel que pour les effusions sanglantes plus que volontaires.
Le script enferme une bande de jeunes dans les sous-sols d'une mine désaffectée où ils vont devoir affronter le spectre d'un assassin passant de corps en corps pour accomplir son funeste dessein.

SL8N8Dans sa séquence d'introduction le métrage va se propulser au dix-neuvième siècle pour y suivre un meurtrier s'en prenant à de jeunes enfants qu'il va kidnapper et emmener dans son antre pour les décapiter afin d'accrocher leurs têtes à des pics dans un but mystérieux, mais il sera perturbé dans sa besogne par des policiers venus l'arrêter avant qu'il ne puisse tuer sa dernière victime. Cette première scène sera largement accrocheuse en osant montrer une décapitation d'enfant, brisant ainsi un tabou rarement visité (si ce n'est dans l'oriental et complètement fou The untold story) et avançant ainsi d'entrée la volonté graphique des deux jeunes réalisateurs.

SL8N8Ensuite, le métrage va revenir au présent pour nous présenter rapidement ses personnages principaux participant à une fête dans leur université, et surtout Kristel, une demoiselle refusant les avances d'un de ses camarades et voulant quitter l'endroit pour rentrer chez elle, accompagnée par deux de ses amies, mais sa voiture refusera de démarrer. Ce sera donc son père qui viendra cueillir le trio et déposer les amies de Kristel chez elles avant de prendre le chemin de leur domicile, tout en ayant une conversation houleuse (à propos d'un futur voyage planifiée par la demoiselle sans en avoir parlé à son père) qui va perturber la vigilance de ce dernier et provoquer un accident avec une fourgonnette, tuant ainsi le père de Kristel, lors d'une seconde séquence percutante et bluffante dans la mise en scène de cet accident.

SL8N8A partir de ce moment-là Kristel va commencer à avoir de brèves hallucinations, comme lors de l'enterrement de son père, et ce sera en furetant dans son bureau qu'elle va tomber sur un dossier étudié par le défunt traitant du cas de Andries Martiens, un assassin du siècle dernier ayant massacré sept fillettes dans le but d'accomplir une cérémonie vaudou afin de pouvoir aller en enfer interroger ses parents à propos d'un héritage caché, mais interrompu par la police, renvoyant ainsi de fait à l'introduction sanglante du métrage. Sur ce fait, elle tombera sue sa mère qui évoquera les derniers manuscrits de son père restés en Belgique et qui acceptera que Kristel aille les chercher.

SL8N8Bien entendu, elle n'ira pas seule et sa bande d'amis va l'accompagner dans ce périple qui va les mener dans une ancienne mine de charbon aujourd'hui désaffectée et étant juste visitée par des touristes. Après avoir récupéré divers objets de son père, dont une boîte à musique et un ouija ayant appartenu à ce fameux Andries Martiens, Kristel va être conviée avec ses amis à une visite guidée des sous-sols de la mine au cours de laquelle le lien entre l'endroit et l'assassin du siècle dernier sera évidemment mis en avant de façon effective et judicieuse. Mais une fois la visite terminée, l'ascenseur censé les ramener à la surface refusera de fonctionner, laissant le petit groupe de Kristel, leur guide et trois autres touristes coincés dans les méandres de la mine.

SL8N8Après cette mise en situation qui prendra bien le temps de s'attarder sur le passé de ce meurtrier dont d'après la légende le fantôme hanterait la mine, l'intrigue va s'approprier les règles du "slasher" pour d'un côté laisser les protagonistes faire plus ou moins n'importe quoi (comme prendre des pilules d'ecstasy ou improvise une séance de ouija auquel bien sûr ce sera Andries Martiens qui répondra présent) et se disperser dans la mine plutôt que de rester groupés, et de l'autre côté lancer une vague de meurtres puisque l'esprit de Martiens va posséder tout à tour les visiteurs pour chercher à reproduire son rituel inachevé un siècle auparavant. Mais heureusement, cette seconde partie du métrage sera bien prenante et parfois même suffocante grâce à ses décors étroits et suintants.

SL8N8En effet, passées les imbécillités des personnages, l'intrigue reprendra ses droits pour accumuler les séquences sanglantes sur un rythme vif et tendu qui s'accommodera parfaitement de son élément surnaturel pour au contraire renforcer l'impact des différentes situations tout en plaçant des coups de théâtre et autres effets de surprise radicaux (mais hélas guère renouvelés pour se reproduire plusieurs fois) régulièrement qui mettront harmonieusement en avant ce tueur passant de corps en corps à chaque fois que ses adversaires l'auront réduit en pièces. Et même si les situations donneront parfois l'impression de se répéter, l'intrigue parviendra à rester prenante de bout en bout et à gérer parfaitement son suspense pour maintenir sous pression le spectateur tout en lui balançant régulièrement des scènes très gores comme autant d'électrochocs.

SL8N8De plus les personnages, malgré leur comportement ridicule, arriveront à avoir une vie propre malgré les stéréotypes et surtout et de façon évidente Kristel, héroïne désignée d'entrée de jeu, qui sera le fer de lance dans le combat à mort mené contre le spectre d'Andries Martiens, sans pour autant devenir une "superwoman" en affichant une certaine fragilité éperdument crédible et qui augmentera encore la force de la violence contenue dans les différents rebondissements du métrage. Ces personnages pourront ainsi compter sur une interprétation convaincante, porté par la toute mignonne Victoria Koblenko, mais laissant les autres acteurs apporter leur pierre à l'édifice de façon largement honorable.

SL8N8Par contre, la mise en scène des deux réalisateurs sera parfois trop saccadée, et notamment lors des scènes d'action du film pour parfois rendre presque illisibles ces séquences à cause d'une caméra aux mouvements trop brusques, mais sinon ils parviendront à gérer aussi bien l'ambiance claustrophobe que le rythme global du métrage. Les effets spéciaux sont largement probants, avec des maquillages très graphiques pour les possédés, tandis que les plans sanglants du métrage seront volontaires et parfois même bien méchants, telle la décapitation de l'introduction ou encore ce visage coupé en deux dans la largueur par une pelle, sans oublier des morsures graphiques du plus bel effet et cette explosion de tête jouissive.

Donc, ce SL8N8 remplira largement son contrat en étant graphique, tendu et volontaire pour servir une intrigue réussissant à avancer un boogeyman convaincant !

SL8N8Le DVD de zone 2 hollandais édité par Paramount avancera une image qui ne sera que sporadiquement granuleuse, tandis que la bande-son sera efficace, avec une partition musicale adaptée et renforçant agréablement les temps forts du film, le métrage étant ici proposé dans se version originale néerlandaise, avec de précieux sous-titres anglais.
Au niveau des bonus, une interview des deux réalisateurs et des principaux interprètes sera présente, mais hélas non sous-titrée, tandis qu'un bêtisier et la bande-annonce viendront compléter la vision du métrage.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce "slasher" surnaturel réussi et graphique, le DVD de zone 2 hollandais est disponible ici ou !

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20.11.08

08:05:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Two Lovers
Réalisateur : James Gray
Avec : Joaquin Phoenix, Gwyneth Paltrow, Vinessa Shaw, Isabella Rossellini, Elias Koteas...
Durée du film : 1 h 50
Date de sortie en salles : 19 novembre 2008

Par Nicofeel

Two Lovers

Après ses trois films sur la mafia (Little Odessa ; The yards et La nuit nous appartient), le réalisateur américain James Gray change radicalement de genre. Avec Two lovers, on est clairement dans le film romantique.
Mais comme on pouvait s’en douter, si le genre du film change, en revanche le style et les thèmes de prédilection de James Gray demeurent.
D’ailleurs, on retrouve son acteur fétiche, Joaquin Phoenix (dont c’est censé être le dernier film puisqu’il a déclaré qu’il arrêtait sa carrière d’acteur), particulièrement remarqué dans La nuit nous appartient. Comme dans ce film, Joaquin Phoenix va devoir faire des choix.
Joaquin Phoenix incarne dans Two lovers Leonard Kraditor, un jeune homme dont la sensibilité est à fleur de peau. Ceci, on le comprend dès les premiers plans du film avec sa tentative de suicide lorsqu’il se met à sauter du haut d’un pont. On comprend d’ailleurs très rapidement qu’il n’en n’est pas à sa première tentative de suicide. Leonard Kraditor est sur le plan sentimental un écorché vif. Il a du mal à se remettre de sa séparation avec son ex-fiancée.
Mais le destin va lui apporter non pas une mais deux jeunes femmes. Leonard, qui travaille dans le pressing de ses parents et vit chez ceux-ci, va rencontrer par leur biais la fille d’amis, à savoir la belle brune qu’est Sandra Cohen, jouée dans le film par Vinessa Shaw. Sandra est la fille de bonne famille par excellence. Elle est vraiment ce dont rêvent beaucoup de personnes. Elle est belle, elle est simple, elle est agréable et elle a une situation aisée et stable (elle travaille dans l’industrie pharmaceutique chez Pfizer). Et pour ne rien gâcher, elle est dès le départ amoureuse de Leonard. Ce dernier l’aime bien mais ce n’est pas la passion.

Two Lovers

En fait, la passion, Leonard l’a pour Michelle, sa nouvelle voisine, qu’il a rencontré de manière fortuite. Jouée par la blonde Gwyneth Paltrow, Michelle est tout l’inverse de Sandra. Elle est instable sur de multiples points : elle déménage assez souvent ; elle a un travail d’assistante dans un cabinet d’avocats ; elle n’est pas libre, à la différence de Sandra, puisqu’elle fréquente un homme marié, qui fait partie d’ailleurs du cabinet d’avocat où elle travaille ; elle s’adonne de temps en temps à l’absorption de substances illicites. Malgré tout ça, Leonard Kraditor a tout de suite eu le coup de foudre pour cette femme dont il apprécie le côté écorché vif, le côté instable, qui lui donne l’impression qu’ils sont faits l’un pour l’autre.

Two Lovers

La grande qualité du film de James Gray est d’avoir réalisé un film furieusement romantique, au premier sens du terme. Leonard est véritablement passionné par Michelle, à tel point qu’il la suit de temps en temps ou qu’au moment où il a sympathisé avec elle, il se met à lui téléphoner fréquemment ou à lui envoyer des SMS. Par ailleurs, il joue le rôle du confident et dès que Michelle a des difficultés, il joue le rôle de l’ami fidèle. Mais dès le départ, on voit bien que cette passion est vouée à l’échec. Le film est certes romantique mais c’est bien un drame romantique auquel on assiste.
Une autre force du film de James Gray est le fait que ce dernier a donné de l’épaisseur à tous ces personnages. On comprend la douleur intérieure, les espoirs et les rêves de chacun. Le personnage de Sandra n’est pas qu’un simple faire-valoir. Elle déclare d’ailleurs à un moment donné à Leonard que de nombreux garçons souhaiteraient sortir avec elle. Femme tendre mais bien déterminée, Sandra fait tout pour obtenir le cœur de Leonard. D’ailleurs, c’est au moment où elle lance cet ultimatum à Leonard que va démarrer leur relation.
Le personnage de Michelle est lui aussi celui d’une femme qui a ses envies, ses rêves et qui est triste intérieurement. Elle sort avec cet homme marié (joué par Elias Koteas) dont elle n’espère qu’une chose : qu’il quitte sa femme. C’est aussi une passionnée.
On comprend aisément que le problème provient du fait que chacun a bien une passion pour une personne, mais que cette passion n’est pas réciproque. Du coup, la question du choix est clairement posée : est-ce que Leonard doit choisir un amour de raison avec Sandra, qui lui apportera amour et équilibre dans sa vie personnelle et professionnelle ou un amour de passion avec Michelle qui est certes instable mais qui semble être sa raison de vivre ?
En fait, comme le destin fait bien les choses, Leonard n’aura au bout du compte plus de choix à effectuer puisque l’une des deux portes va se refermer. Mais avant, le personnage va être confronté à ses démons intérieurs et il va encore faire un choix : celui de la vie (et donc d ce qu’il compte faire de celle-ci ou celui de la mort. La scène qui se déroule sur la plage, au bord de l’eau, est vraiment très belle et résume parfaitement le ton du film.
Au final, servi par une belle brochette d’acteurs (signalons que Ruth Kraditor est interprétée par Isabella Rossellini), à commencer par Joaquin Phoenix qui incarne parfaitement cet homme passionné mais tourmenté, Two lovers un drame romantique très bien réalisé par James Gray. On notera également l’excellente BO du film, qui permet au spectateur d’appréhender le plus justement possible les sentiments vécus par Leonard Kraditor. Voilà donc un très beau film qui réserve des émotions intenses.

Two Lovers

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08:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

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